Ça chauffe à nouveau à Paris pour le criminel de guerre rwandais Paul Kagame !

Le Président rwandais, Paul Kagame

Par Charles Onana

Alors qu’il finissait à peine sa coupe de champagne en fêtant ses 98,8% d’une élection tronquée, censée lui garantir une immunité ad vitam æternam, le fantôme de Juvénal Habyarimana s’est invité pour gâcher l’ambiance. Il demande des comptes à ses assassins. Feu le général-président Habyarimana hante les nuits de ceux qui ont pulvérisé son Falcon 50 le 6 avril 1994 à Kigali. Kagame Paul croyait qu’en posant un acte d’une telle cruauté (il a quand-même fait éliminer deux présidents d’un coup), il réussira avec l’aide des yankee à étouffer l’affaire. Il a effectivement étouffé l’affaire en vendant des hypothèses et des thèses aux journalistes et à de nombreux chercheurs.

Depuis 20 ans, Kagame ment sur l’élimination d’Habyarimana comme un arracheur de dents et dit même qu’il se moque éperdument de son cadavre. Et ça, Habyarimana n’apprécie pas !

Depuis 1997, Kagame n’a qu’un souhait, que la justice française cesse d’enquêter sur cette affaire qui risque de faire exploser son château de cartes soigneusement construit autour du génocide. Il expose abusivement des crânes et des ossements pour ne pas affronter l’assassinat de deux chefs d’État qu’il a commandité et supervisé. Il aurait menacé de liquider le juge Bruguière si celui-ci s’aventurait à enquêter à Kigali. Le procureur du TPIR Carla Del Ponte a avisé le juge français de ne pas faire le voyage à Kigali.

Furieux, Kagame a lancé, « mais pourquoi ce juge ne vient pas ici pour enquêter ? » En fait, le criminel de guerre a eu la migraine en apprenant que Bruguière demandait la boîte noire du Falcon 50 à l’ONU. Il s’est alors déchaîné contre Carla Del Ponte qui a ouvert les portes du TPIR au juge afin que celui-ci poursuive son enquête. Il devient complètement fou lorsqu’il apprend que certains membres de son propre mouvement voudraient témoigner en France pour faire éclater la vérité. Là, Kagame décide de multiplier les cadavres autour d’Habyarimana pour que personne ne parle.

Il commence avec son ancien chef d’état-major Kayumba Nyamwasa qui cherche à parler au juge français : deux balles à bout portant dans l’abdomen mais Kayumba ne meut pas. Deuxième tentative, Kayumba ne meurt toujours pas. L’Afrique du Sud s’indigne des méthodes de Kagame et il change de procédé. Cette fois, c’est au tour de Patrick Karegeya, ancien patron des services secrets, qui veut,lui aussi, parler à la justice française. Son corps est retrouvé sans vie dans une chambre du complexe hôtelier Michelangelo à Johannesburg. Ravi de l’action de ses agents, Kagame déclare que « la trahison a des conséquences ». Le crime est signé.

Ensuite c’est un autre officier rwandais Emile Gafirita qui souhaite parler au juge français Marc Trévidic. Mais, celui-ci ne s’intéresse plus aux témoins qui veulent lui donner des preuves depuis qu’il a effectué un voyage semi-touristique à Kigali. En fait, soit Kagame l’a séduit, soit il lui a fait peur.

En tout cas, le juge est revenu avec la tête à l’envers. Certains témoins de l’attentat me demanderont pourquoi ce juge refuse de prendre leur déposition. Évidemment, je n’en savais rien. Mais, son attitude semblait satisfaire Kagame. Ses proches diront avec assurance et un certain enthousiasme que ce juge, qui veut bâcler le dossier, est formidable et bien meilleur que son prédécesseur Bruguière. Comme le formidable Trévidic ne répondait toujours pas à Gafirita, alors qu’il disait être en danger de mort, Kigali l’a enlevé avant de l’assassiner.

Le cortège de cadavres des témoins de l’attentat commence à s’allonger dangereusement au FPR. Il veut les éliminer tous pour dire : « mais où sont les preuves que c’est moi qui suis responsable de l’assassinat d’Habyarimana ? ». Même pris la main dans le sac, dans les minerais et les massacres du Congo, il nie en bloc et dit : « demandez aux Congolais !» Le nouveau juge parisien en charge de l’affaire n’est apparemment ni pleutre ni irrévérencieux envers ses prédécesseurs dans ce dossier. Il semble chercher la vérité et rien que la vérité.

Il est bien surprenant que certains journalistes continuent à parler de « deux thèses qui s’affrontent ». C’est intellectuellement discutable et peu conforme à la réalité du dossier judicaire. Il n’y a pas deux thèses sur l’assassinat d’Habyarimana et de son homologue burundais Cyprien Ntariamira. Il y a une seule histoire qui devient embarrassante pour tous ceux qui ont très rapidement cru à la fausse version des Hutus qui auraient tué leur président pour commettre le génocide. Le juge tranchera sur les faits et pas sur deux thèses qui n’existent pas.

Pour l’instant, aucun extrémiste hutu (pour les partisans de deux thèses) n’est cité dans ce dossier. Même les enquêteurs de l’ONU, qui n’ont rien à voir avec les juges français ou espagnols ne parlent pas de deux thèses. Ils ont trouvé des éléments de preuve au sein du FPR/APR et contre le FPR. Pourquoi donc continuer à parler superficiellement de deux thèses ?

Où sont les noms et les preuves de l’autre thèse ? Le nouveau témoin qui relance l’enquête en France vient encore du FPR et le juge demande une confrontation entre membres du FPR. Il n’y a donc rien dans ce dossier qui permet, plus de vingt ans après, de continuer à parler deux thèses. La justice cherche aujourd’hui à confirmer des éléments de preuve qui s’accumulent et qui sont plus que jamais établis.

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