Actualité – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr Therwandan Journal Fri, 18 Jan 2019 22:52:37 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.8 http://www.therwandan.com/fr/wp-content/uploads/sites/2/2016/10/therwandan1-e1476990118446.png Actualité – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr 32 32 Human Rights Watch:Rwanda Événements de 2018 http://www.therwandan.com/fr/human-rights-watchrwanda-evenements-de-2018/ http://www.therwandan.com/fr/human-rights-watchrwanda-evenements-de-2018/#respond Fri, 18 Jan 2019 22:52:37 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6649

Le Front patriotique rwandais (Rwandan Patriotic Front, RPF) au pouvoir et le président Paul Kagame ont continué d’exercer leur contrôle sur le paysage politique rwandais, les dirigeants de l’opposition politique ayant fait l’objet de mesures d’intimidation, été réduits au silence, visés par des arrestations ou forcés à s’exiler. Le RPF a remporté une victoire écrasante lors des élections législatives de septembre, suite à la réélection de Kagame avec un score annoncé de 98,8 % des voix lors de l’élection présidentielle de 2017. En 2015, un référendum avait conduit à un amendement de la Constitution du pays et autorisé Kagame à briguer des mandats supplémentaires.

En juillet, le Sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture (SPT) a annulé sa visite au Rwanda en raison d’un manque de coopération de la part des autorités rwandaises. C’était la première fois en 11 ans que le SPT annulait une visite. La Commission nationale des droits de l’homme du Rwanda n’a pas encore publié de rapport sur le massacre de réfugiés congolais aux mains de la police dans la province de l’Ouest.

Les groupes de la société civile, les médias locaux et internationaux, les organisations internationales de défense des droits humains et les opposants politiques sont dans l’incapacité d’opérer de manière indépendante ou de critiquer la politique gouvernementale. Un chercheur de Human Rights Watch s’est vu refuser l’accès au pays en janvier 2018. Le même mois, un consultant rwandais qui travaillait pour Human Rights Watch a été appréhendé et détenu de manière arbitraire pendant six jours, au secret pendant les douze premières heures.

Liberté d’expression

Si certaines stations de radio privées diffusent parfois des émissions sur des sujets « sensibles », la majeure partie de la presse écrite et des médias audiovisuels reste fortement dominée par les opinions pro-gouvernementales. La plupart des journalistes n’ont pas pu ou pas voulu prendre part à un travail d’enquête sur des questions politiquement sensibles et n’ont guère critiqué les politiques gouvernementales en raison des mesures d’intimidation, des menaces et des poursuites en justice mises en œuvre au cours des années précédentes.

Le service de la BBC en langue kinyarwanda reste suspendu depuis 2014.

En raison de nombreuses années d’intimidation et d’ingérence de la part de l’État, les organisations de la société civile indépendantes sont très faibles, et rares sont celles qui documentent et mettent en évidence les atteintes aux droits humains perpétrées par les agents de l’État.

Pluralisme politique

Le RPF a remporté les élections législatives en septembre avec 40 des 53 sièges élus. Le Parti vert démocratique du Rwanda a quant à lui remporté au moins 5 % des voix, obtenant ainsi deux sièges au Parlement. Il s’agit là de la première voix indépendante à siéger au Parlement rwandais depuis plusieurs années.

Le procès de Diane Rwigara, qui avait porté sa candidature à l’élection présidentielle de 2017, et de sa mère, Adeline Rwigara, a démarré en mai 2018. Ces deux femmes, ainsi que quatre autres personnes jugées par contumace, étaient accusées d’« incitation à l’insurrection ou à des troubles parmi la population ». Diane Rwigara a également été accusée de « faux et usage de faux » et d’« usage de faux documents », et Adeline Rwigara, de « discrimination et sectarisme ». Le 5 octobre, la Cour suprême a ordonné leur libération sous caution. Le 6 décembre, les femmes ont été acquittées de toutes les charges retenues contre elles.

Diane Rwigara, sa sœur Anne et leur mère avaient été arrêtées en septembre 2017, après que Diane Rwigara s’était vu interdire de se présenter à l’élection présidentielle du mois d’août. Quelques jours avant son arrestation, elle s’était entretenue avec des médias internationaux et avait critiqué les actions de la police et les accusations portées contre elle. Quelques heures avant d’être arrêtée, Rwigara avait déclaré à l’un de ces médias que sa famille était « persécutée pour ses critiques à l’égard du gouvernement ». Anne Rwigara a été libérée un peu plus tard et les accusations portées contre elle ont été abandonnées.

L’accusation d’incitation à l’insurrection concernait des commentaires émis par Diane Rwigara lors d’une conférence de presse en juillet 2017 pendant laquelle elle avait critiqué le gouvernement. L’accusation de faux et usage de faux découlait d’allégations faites par la Commission électorale nationale selon lesquelles un grand nombre des signatures qui appuyaient sa candidature n’étaient pas valides. Les accusations d’incitation et de discrimination portées contre Adeline Rwigara semblent avoir reposé sur des messages privés échangés sur WhatsApp. Certains de ces messages fuités à la presse rwandaise pro-gouvernementale critiquaient le gouvernement.

Un recours à la force disproportionné dans le camp de réfugiés de Kiziba

En février 2018, la police rwandaise a recouru à une force excessive et tiré à balles réelles pour réprimer une manifestation de plusieurs milliers de réfugiés congolais qui protestaient contre les conditions de vie dans le camp et contre une baisse des rations alimentaires dans le district de Karongi, dans la province de l’Ouest. Certains réfugiés, qui n’étaient pas armés, ont jeté des pierres à la police. Si la police a affirmé que cinq réfugiés avaient été tués, le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a publiquement déclaré qu’au moins 11 réfugiés avaient été abattus et a réclamé une enquête indépendante. Human Rights Watch a reçu des témoignages de survivants indiquant qu’au moins 15 réfugiés avaient été tués ; plusieurs autres sont encore portés disparus et l’on redoute qu’ils ne soient morts.

La police a arrêté 15 réfugiés lors de cet incident, et d’autres ont été arrêtés dans les jours et les semaines qui ont suivi la manifestation. Le camp de réfugiés de Kiziba a connu un regain de tension en mai, conduisant à la mort d’un réfugié et à l’arrestation d’au moins 42 autres personnes. Au moment de la rédaction des présentes, un grand nombre de ces réfugiés restaient en détention, accusés d’avoir organisé des manifestations ou d’avoir jeté des pierres à des policiers, entre autres chefs d’inculpation.

En mars, la Commission nationale des droits de l’homme a publié une déclaration déplorant les morts et les blessés lors des manifestations et affirmant qu’une enquête donnerait lieu à un rapport public détaillé. Au moment de la rédaction des présentes, la Commission n’avait pas publié ce rapport.

En avril, le ministère de la Gestion des catastrophes et des réfugiés, l’agence gouvernementale chargée de la gestion de Kiziba, a dissout un comité exécutif de réfugiés à Kiziba, l’accusant d’être à l’origine des « troubles ». Cette décision, conjuguée aux arrestations, a incité de nombreux membres du comité exécutif à fuir le pays.

La plupart des réfugiés, issus de l’ethnie banyamulenge en République démocratique du Congo, pays voisin, se trouvent au Rwanda depuis 1996.

Détentions arbitraires, mauvais traitements et actes de torture

En 2018, ne pouvant accéder au pays, Human Rights Watch a eu du mal à confirmer les allégations de nouveaux cas de détention illégale. Les médias ougandais ont rendu compte des dossiers très en vue de Dennis Karera, homme d’affaires et frère de l’actuel ministre de la Justice, et de Karenzi Karake, ancien chef des renseignements, qui auraient été victimes de disparitions forcées après avoir été arrêtés par des agents de la sécurité d’État le 25 juillet. Karera a été libéré le 6 août. Karake est toujours porté disparu. Interrogées par les médias ougandais, les autorités rwandaises ont nié détenir Karake.

Des personnes précédemment arrêtées et accusées de délits contre la sécurité de l’État sont restées dans des centres de détention illégaux. En juillet s’est ouvert à Nyanza, dans la province du Sud, le procès d’un groupe de 25 personnes accusées d’atteintes à la sécurité de l’État. Elles avaient été arrêtées en 2017 et détenues dans un commissariat à Gikondo, quartier résidentiel de Kigali, communément appelé « Kwa Gacinya ». Certains des accusés ont fait état à Human Rights Watch de passages à tabac et d’actes de torture commis à Kwa Gacinya.

La mise en détention de vendeurs ambulants, de travailleurs du sexe, d’enfants des rues et d’autres personnes démunies dans des centres dits « de transit » s’est poursuivie à travers le pays. La détention dans ces centres est arbitraire et les conditions y sont dures et inhumaines.

En avril, l’avocat rwandais Donat Mutunzi a été retrouvé mort pendant sa garde à vue dans des circonstances suspectes, dix jours après son arrestation.

La justice pour le génocide

En juin 2017, le Mécanisme international de l’ONU appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux (MTPI) à Arusha, en Tanzanie, a accédé à la requête d’Augustin Ngirabatware relative à une révision de son jugement en appel. Sa requête s’appuie sur de « nouvelles informations de nature probante » pertinentes pour son dossier. En 2012, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avait condamné Ngirabatware, ancien ministre du Plan du gouvernement de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, à une peine d’emprisonnement de 35 ans pour génocide, incitation à commettre le génocide et viol constitutif de crime contre l’humanité.

En 2014, la chambre d’appel du TPIR avait réduit sa peine à 30 années d’emprisonnement. Ngirabatware a été arrêté en Allemagne en 2007 et transféré au TPIR en 2009. L’audience de révision, dont l’ouverture était prévue pour le 24 septembre 2018, a été ajournée jusqu’à nouvel ordre.

En lien avec l’affaire Ngirabatware, cinq Rwandais ont été arrêtés et transférés à Arusha en septembre en raison d’une mise en accusation prononcée par le Procureur général du MTPI. Le Tribunal a fait savoir dans une déclaration que ces cinq individus avaient « offert des pots-de-vin et exercé des pressions pour influencer la déposition de témoins protégés » dans cette affaire. Ces cinq personnes ont été accusées d’outrage au tribunal, d’incitation à commettre un outrage et d’entrave au cours de la justice.

En juin, une cour d’appel à Bruxelles, en Belgique, a statué que l’État belge n’était pas responsable du massacre de quelque deux mille Tutsis à l’École technique officielle (ETO) lors du génocide de 1994. Elle a estimé que la responsabilité incombait à l’ONU étant donné que les militaires belges qui avaient évacué le site et n’avaient pas protégé les civils rwandais opéraient dans le cadre de la force de l’ONU. La Commission nationale rwandaise de lutte contre le génocide (CNLG) a qualifié cette décision de jugement politiquement motivé.

Principaux acteurs internationaux

En juillet, le SPT, qui surveille l’application du Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture (Optional Protocol to the Convention against Torture, OPCAT), que le Rwanda a ratifié en 2015, a mis fin à sa visite au Rwanda. Cette visite avait été suspendue en octobre 2017 en raison de mesures d’obstruction de la part du gouvernement rwandais. Dans sa décision de mettre fin à sa visite, le SPT a invoqué un manque de coopération du gouvernement et conclu : « Il n’y avait pas de perspective réaliste que la visite puisse reprendre et être conclue avec succès dans des délais raisonnables. » C’est la première fois que le STP a pris une telle décision en 11 années d’existence.

Le gouvernement a rejeté les allégations de manque de coopération, les qualifiant de mauvaise foi.

Un rapport annuel du Secrétaire général de l’ONU, publié en septembre, a identifié le Rwanda comme l’un des 38 pays où les défenseurs des droits humains font l’objet de représailles s’ils coopèrent avec l’ONU dans le domaine des droits humains.

Source: HRW

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Lettre ouverte à Martin Fayulu Madidi http://www.therwandan.com/fr/lettre-ouverte-a-martin-fayulu-madidi/ http://www.therwandan.com/fr/lettre-ouverte-a-martin-fayulu-madidi/#respond Sun, 13 Jan 2019 09:01:05 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6641 Cher Martin Fayulu Madidi,

Je n’ai jamais été un partisan des élections dans un pays occupé et sous-tutelle. Je n’ai jamais cru en la nécessité d’organiser des élections dans un État failli. Vous savez aussi bien que moi que la République à démocratiser du Congo (RDC) ne réunit pas les conditions requises pour pouvoir organiser des élections crédibles et transparentes. Vous savez aussi bien que moi et tant d’autres compatriotes que les élections auxquelles vous venez de prendre part sont des élections piège-à-con. Nous vous avons pourtant prévenu, mais vous n’avez pas voulu nous écouter. Vous avez refusé d’entendre raison malgré les expériences passées de 2006 et 2011. Vous avez cru que vous pouvez mettre fin à la Kabilie en jouant selon les règles de la Kabilie dans un système totalement contrôlé par Kabila. Vous avez cru à tort que vous pouvez répéter les mêmes erreurs du passé en arrivant à des résultats différents. C’est ce qu’Albert Einstein a qualifié de « folie ». Vous avez joué et vous avez perdu. Mais heureusement pour vous, le peuple congolais, qui a cru en vous, lui, refuse de s’avouer vaincu. Il est allé à votre rencontre durant la campagne électorale; vous, qui disait-on alors, n’avez aucune «base»; il a crié votre nom à tue-tête alors que vous étiez jusqu’au début de la campagne peu connu de la scène politique nationale ; il a rejeté les opposants de la compromission et de la traitrise et au final il vous a choisi.

Oui, nous savons tous que c’est vous qui avez été plébiscité par les mères de Lubumbashi, les pères de l’Équateur, les jeunes du Kongo central et j’en passe. Vous êtes le choix des Congolais. Le choix de ces millions d’hommes, de femmes et de jeunes gens qui ont bravé la pluie, attendu des heures devant les bureaux de vote pour sortir d’une machine venue d’on ne sait où un bulletin avec votre visage. Ne l’oubliez pas. Même si je n’ai pas voté comme le reste de la diaspora, même si je ne suis pas toujours d’accord avec vous sur un certain nombre de sujets, sachez que vous êtes désormais notre président. À moins que vous décidiez d’accepter l’inacceptable. Ce qui ne semble pas être une option pour vous. Car voyez-vous, M. le Président, votre patron, le peuple congolais, attend de vous une action forte afin de lui redonner cette dignité qui lui a été retirée et confisquée par qui vous savez. Le peuple congolais a désormais le regard braqué vers vous. Vous lui avez présenté un programme politique durant la campagne électorale. Aujourd’hui, il vous demande de lancer un mot d’ordre. De dire juste un, deux ou trois mots… Des mots qui sortiront, certes, d’une bouche humaine, mais qui résonneront sur les collines du Nord et du Sud-Kivu, qui ont vu défilé la douleur, l’horreur et la mort, avec une telle puissance que, je crois, ils redonneront le sourire et la joie à des millions de Congolais, après avoir bien entendu balayé définitivement les forces du statu quo et leurs alliés longtemps CACHés dans l’opposition.

Je suis conscient que la tâche qui vous attend est énorme. Vous avez en face de vous une monstrueuse tyrannie, sans égale dans les sombres et désolantes annales du crime. Mais sachez que vous n’êtes pas seul. Les Congolais sont à vos côtés et le seront. Pour paraphraser une célèbre phrase de l’ancien premier ministre britannique Winston Churchill, vous n’avez rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. Vous n’avez qu’un seul choix : engager le combat à tous les niveaux contre les forces du mal qui ont pris en otage le peuple congolais depuis maintenant 20 ans et qui s’apprêtent à prolonger ses souffrances à cause de certains de nos compatriotes avides de pouvoir. C’est une épreuve qui sera certainement douloureuse. Mais les Congolais conduits par vous en sortiront victorieux. « Le peuple gagne toujours », dixit feu Rossy Mukendi. Le peuple. Celui-là même, je répète, qui vous a choisi malgré les manigances de la CENI pour le conduire à la victoire. « La victoire à tout prix, disait Churchill, alors que les Panzers allemands commençaient à envahir la Belgique et la France. La victoire en dépit de la terreur, la victoire aussi long et dur que soit le chemin qui nous y mènera ; car sans victoire, il n’y a pas de survie ».

Que le Dieu que vous priez vous protège et que les ancêtres veillent sur cette terre que ce Très Haut leur a donnée et que eux nous ont léguée…

Patrick MBEKO
Un amoureux du Congo et de son peuple

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Grands Lacs: La Tanzanie après le Zimbabwe? http://www.therwandan.com/fr/grands-lacs-la-tanzanie-apres-le-zimbabwe/ http://www.therwandan.com/fr/grands-lacs-la-tanzanie-apres-le-zimbabwe/#respond Thu, 03 Jan 2019 14:02:26 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6632 Par Pierre Rugero

Karigamombe. Ce nom ferait partie d’une question d’examen que seulement peu d’Africains y répondraient. C’est pourtant l’autre nom de Mugabe, l’ex-président du Zimbabwe démis de ses fonctions après un interminable bras de fer avec un Occident emmené par la Grande Bretagne. Robert Gabriel Karigamombe Mugabe, on le sait aujourd’hui, a fait face à la traîtrise, à la condescendance et à l’agression des nostalgiques de la colonisation ainsi que les tenants à Londres (et ailleurs) de l’arrogance impérialiste. Mugabe s’est battu contre ces derniers et a décroché l’indépendance de son pays avec une promesse (tenue) de ne pas s’en prendre aux fermiers blancs de son pays (3%) qui détenaient une grande partie des terres (40%). C’est alors que par la voix de Clare Short, une ministre de la Reine Elisabeth, la Grande Bretagne renia la signature apposée aux accords de Lancaster House, ceux-là mêmes qui garantissaient les bonnes conditions de la réforme agraire à venir. Le Mugabe « docile » reprit du poil de la bête et la Perfide Albion dut répliquer par l’imposition de sanctions parmi les plus cruelles jamais imposées à un pays. En ce début 2019, pourquoi revenir sur ce conflit ?

Dans son « Discours sur le colonialisme » (Présence africaine, Paris 1955), Aimé Césaire écrivait déjà que « Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent. Donc que leurs maîtres sont faibles ». Apparemment, certains de ces anciens maîtres n’ont pas bien assimilé leur leçon et croient toujours vivre dans les années 50 ; c’est à se demander s’ils ne veulent pas la peau de Magufuli après avoir loupé celle de Mugabe. Tenez : il n’y a pas de semaine depuis au moins un trimestre sans que leur presse ne titre à peu près ceci : « La Tanzanie dans la ligne de mire de ses bailleurs » (Le Point Afrique), « Tanzanie : bailleurs et donateurs perdent patience face à la dégradation des droits de l’homme », « Tanzanie : quand le pouvoir autoritaire de John Magufuli inquiète… » (Jeune Afrique), « Tanzanie: le président inquiète les bailleurs de fonds et les milieux d’affaires » (RFI Afrique), «Tanzanie: bailleurs et donateurs perdent patience face au président Magufuli » (La Croix), etc. Cela ne peut plus guère surprendre car leurs attaques commencent si souvent de la même façon : en affirmant, en soutenant, en répétant tout l’inverse de ce qu’ils louaient hier encore ; ici : « La Tanzanie, pays préféré des bailleurs de fonds (Le Monde, octobre 2005). Alors, la Tanzanie après le Zimbabwe ?

En plus d’avoir débarrassé le continent des extravagances et autres frasques du légendaire Idi Amin Dada, le pays du Mwalimu Nyerere est en effet, sur le plan africain, couvert par la gloire d’avoir servi d’importante base arrière pour tous les mouvements de libération de l’Afrique australe lorsque cette dernière ployait sous le double poids des boers racistes ainsi que des colonisateurs portugais et anglais. Dans une région aux turbulences régulières, la Tanzanie jouit d’une stabilité politique plutôt enviable, ce qui a sans doute un rapport étroit avec son évolution sur le plan économique. Le site www.afrique.latribune.fr écrivait ainsi en août 2018 que « ces dernières années, l’Etat tanzanien a connu une reprise de son économie avec un taux de croissance économique annuel de 7%. Un succès que le pays doit notamment aux mesures d’austérité imposées par le président Magufuli, pour réduire les dépenses pouvant être évitées et rétablir la discipline au gouvernement et à la fonction publique pour augmenter la transparence et la responsabilité ». Longtemps classé parmi les économies planifiées, le pays est en passe de réussir sa transformation et cela se ressent concrètement au niveau des ménages. Il y a donc lieu de se demander ce qu’éprouvent comme sentiment les décideurs occidentaux face aux pays africains qui s’en sortent et dont les présidents, comme JPM (Magufuli), ne font presque jamais les capitales européennes, laissant cette responsabilité à son ministre d’Affaires étrangères ?

Sous un discours alambiqué, les capitales occidentales cachent mal qu’elles sont en train de mettre en place des sanctions contre la Tanzanie. Le Danemark (10 millions de dollars), l’Union européenne (100 millions) et même le Banque mondiale (300 millions) ont gelé (ou proposé de le faire) des fonds destinés à différents projets tanzaniens. Motif : les droits de l’homme ou plutôt ceux de la petite communauté d’homosexuels tanzaniens que Paul Makonda le commissaire général de Dar Es Salaam a vertement critiquée, allant jusqu’à les déclarer indésirables dans la capitale. En réalité, la Tanzanie est en train de faire les frais de la guéguerre entre Occident et Chine, ce dernier étant un allié presque traditionnel de la Tanzanie et des pays de l’ancienne ligne de front. Voilà pour la vision globale du tableau. Au plan strictement régional, l’incertitude qui plane sur 4 au moins des voisins de la Tanzanie dans un avenir très proche suscite l’inquiétude de cette attitude des adeptes de « sanctions » autant qu’elle appelle à la dénonciation de cette approche déstabilisatrice. Il y a la véritable bombe à retardement que constituent les élections présidentielles en RDC, il y a, comme vient de le rappeler le président rwandais Paul Kagame, les relations exécrables de son pays avec le Burundi et, dans une moindre mesure, avec l’Ouganda. Une poudrière que n’importe quelle étincelle pourra embraser. Que gagnent donc ceux qui veulent ralentir ou perturber le « calme » de la Tanzanie, seule pôle de stabilité ?

C’est là que l’on ne comprend pas du tout la logique d’anciens « maîtres » de l’Afrique ou plutôt que l’on découvre la constance de leur jubilation dans la déliquescence des sociétés africaines : hier en Libye et au Zimbabwe, aujourd’hui au Congo et demain (peut-être) en Tanzanie. A chaque fois qu’il y en a un qui sort la tête hors de l’eau, il se trouve immédiatement, comme par hasard, des experts de l’orthodoxie financière et de la bien-pensance politique pour troubler la fête. Ils mentent, les Occidentaux ; les Amérindiens disaient si justement d’eux qu’ils avaient une langue fourchue. C’est cette même duplicité qui est à la base du mouvement des « gilets jaunes » et autres phénomènes populistes en Europe. Comme pour exorciser leur impuissance à régler cette « révolution » chez eux, dans leurs « démocraties » de plus en plus contestées, certains cols blancs n’ont rien d’autre à faire que d’œuvrer à l’étranglement de certains pays africains jusqu’à ce qu’instabilité s’en suive. Comme lorsqu’à l’époque de leurs guerres commerciaux et religieux, ils ont essaimé le continent en y exportant un nazisme qui, ironiquement, leur explosera à la figure des siècles plus tard.

Prenant la parole un jour au cours du forum économique Afrique du Sud-Zimbabwe organisé en Afrique du Sud (avril 2015), Mugabe eut ces mots : « Mais l’enjeu est juste de renverser le leadership pour que l’Occident puisse contrôler les ressources naturelles. Vous avez vu ce qui s’est passé quand ils [les Occidentaux] ne peuvent pas enlever une personne du pouvoir : ils commencent à élaborer des mensonges à son égard… ». Ressources naturelles. Celles-là mêmes qui ont fait Barack Obama préférer la Tanzanie à son Kenya ancestral lors de son périple africain en 2013. Celles-là mêmes dont le secteur a été réorganisé par JPM (voir saga Barrick Vs Etat tanzanien). Celui que les Anglais n’avaient pas autorisé à assister à l’enterrement de son fils Nhamo (3 ans seulement en 1966) a donc prévenu, mais est-ce qu’un Tanzanien (Africain) averti en vaudra vraiment deux ? Les Rwandais, eux, disent que « Pierre dévoilée ne peut plus casser de houe »…

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RWANDA : La puissance médiatique de Kigali est étonnante http://www.therwandan.com/fr/rwanda-la-puissance-mediatique-de-kigali-est-etonnante/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-la-puissance-mediatique-de-kigali-est-etonnante/#respond Fri, 14 Dec 2018 20:04:58 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6585 PAR

Alain Juppe constate à la minute 16’ de cette interview que : « La puissance médiatique de Kigali est étonnante »

« La puissance médiatique de Kigali est étonnante » – Ce constat est fait très souvent  – et assez cruellement – en France. On voit chaque jour combien cette puissance médiatique s’exerce de manière plus prégnante que partout ailleurs, essentiellement en petits comités très parisiens. On la trouve à l’EHESS, très influencée par l’enseignant José Kagabo qui fut jadis récompensé d’un titre de sénateur rwandais pour l’efficacité de l’entrisme dont il a fait preuve dans cette école où, grâce à lui, la vérité de Kagame est aujourd’hui parole d’évangile. Et, plus récemment, cette puissance kagamesque transparait au Grand Orient de France, lors de tenues blanches bien évidemment fermées au cours desquelles on écoute Guillaume ANCEL, fils spirituel d’Audoin-Rouzeau qui, lui-même a été formaté à l’école de Kagabo.

On ne trouvera pas la clef de cette puissance médiatique de Kigali en France mais à l’étranger où le poids des lobbies pro-Kagame , également très présents, reste néanmoins moindre.

Car les Africains ne sont pas dupes, même s’ils ne peuvent que constater les errements de l’Occident. Quelques voix s’élèvent aujourd’hui. Ainsi la diplomate congolaise Justine M’Poyo Kasa-Vubu[1] a tenu à s’exprimer publiquement sur l’infiltration rwandaise dans les institutions américaines. Elle parle aussi des institutions françaises. Entre autres, elle s’est exprimée très clairement lors d’une conférence de Presse donnée au Club Presse de l’Union Européenne à Bruxelles.

M’Poyo Kasa-Vubu y fait une description factuelle et détaillée de ce qu’elle a vécu aux universités de Los Angeles et Stanford aux USA, des avertissements qu’elle a reçus et des pressions qu’elle y a constatées au cours des différents briefings qui ont précédé et/ou suivi ses interventions universitaires. Elle indique comment, par la sémantique, qu’elle appelle « code de syntaxe » Kigali et ses seconds couteaux manipulent les faits et l’histoire.

Elle raconte aussi les craintes de certains rwandais qui, lucides, mesure « l’héritage de haine »  qui leur sera légué par Kagame.

Elle dénonce toute la corruption dont use Kigali pour séduire une certaine intelligentsia et ne recule pas devant l’exemple de la francophonie où on chercherait, dit-elle, à mieux encore infiltrer et soumettre les media français tels que RFI, France 24 et TV 5.

Juppe, très discret voire subliminal selon son habitude, et Mme Kasa-Vubu, plus passionnée et tranchante, se retrouvent donc dans une alliance assez inattendue. Il doit bien y avoir un gros fonds de vérité.

 

[1] Fille du premier président du Congo libre (1960-65), elle a été ambassadrice de RDC en Belgique. Elle  est actuellement   présidente de la diaspora congolaise.

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Justice: le Rwanda condamné par la CADHP pour la détention de Victoire Ingabire http://www.therwandan.com/fr/justice-le-rwanda-condamne-par-la-cadhp-pour-la-detention-de-victoire-ingabire/ http://www.therwandan.com/fr/justice-le-rwanda-condamne-par-la-cadhp-pour-la-detention-de-victoire-ingabire/#respond Sun, 09 Dec 2018 22:26:16 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6564

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«Gilets jaunes», Macron pris au piège d’un mouvement social délibérément désorganisé http://www.therwandan.com/fr/gilets-jaunes-macron-pris-au-piege-dun-mouvement-social-deliberement-desorganise/ http://www.therwandan.com/fr/gilets-jaunes-macron-pris-au-piege-dun-mouvement-social-deliberement-desorganise/#respond Tue, 04 Dec 2018 19:01:19 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6554 Bertrand Valiorgue, Université Clermont Auvergne et Thomas Roulet, University of Cambridge

Le mouvement des « gilets jaunes » surprend la société française par son ampleur, sa spontanéité et sa radicalité. Les travaux portant sur l’organisation des mouvements sociaux permettent de comprendre les caractéristiques inédites de cette dynamique et les moyens d’y répondre.

Qu’est-ce qu’un mouvement social ?

Il n’existe pas vraiment de définition stabilisée d’un mouvement social, mais on appréhende généralement ce dernier comme un mécontentement plus ou moins violent d’une population donnée qui s’exprime en dehors de canaux institutionnalisés et qui cible des acteurs sociaux jugés dominants et à l’origine du problème (élites, État, firmes multinationales…). La lecture des travaux de référence de Sydney Tarrow, Charles Tilly et Doug McAdam permet de dégager quatre conditions pour qu’un mouvement social fonctionne et arrive à provoquer le changement sociétal ou politique espéré.

  • Un cadrage de l’enjeu : pour fonctionner, un mouvement social doit porter sur un enjeu précis qui résonne dans l’opinion publique. Si l’enjeu est trop large ou trop générique, il n’est pas compris et donc partagé par l’opinion publique. Le mouvement n’est alors pas soutenu, il s’essouffle très rapidement ou peut faire l’objet d’une répression. Le mouvement Nuit debout, par exemple, avait des revendications très larges et imprécises qui n’ont pas eu d’échos durables dans l’opinion publique. L’action de Greenpeace sur l’huile de Palme qui a ciblé des entreprises comme Nutella a, en revanche, eu d’importants impacts car l’enjeu était précis et socialement bien cadré.
  • Une structure de mobilisation : un mouvement social n’est jamais totalement désorganisé, car il s’appuie sur des structures de mobilisation qui prennent en main la logistique et le caractère opérationnel du mouvement. Il peut s’agir d’une association de riverains, d’une association, d’un syndicat, d’une ONG ou encore d’un parti politique. Cette structure de mobilisation organise le mouvement dans son volet opérationnel et managérial. C’est à travers cette structure de mobilisation et ses représentants qu’un dialogue se construit avec les autorités compétentes.
  • Un répertoire d’actions : un mouvement social s’appuie également sur un répertoire d’actions pour se faire entendre et faire connaître sa cause. Il peut organiser une grève, un défilé, un sit-in, un conflit, une pétition, un boycott, une prise d’otage, des attentats… Il existe toute une panoplie d’actions que le mouvement social peut choisir pour provoquer le changement social désiré en affectant des parties prenantes qui peuvent faire – directement ou indirectement – pression sur les acteurs concernés.
  • Une structure d’opportunité : le mouvement s’inscrit dans un contexte institutionnel donné qui favorise la cause du mouvement et assure un large soutien. Il doit choisir une institution cible pour concentrer ses forces afin d’obtenir une réforme. Il s’agit, ici, de faire converger la lutte sur une structure sociale qui est envisagée comme étant responsable du mécontentement et du désordre social. Le mouvement social converge alors sur cette institution qui est pointée du doigt pour sa responsabilité. Il peut s’agir d’une entreprise, d’une industrie, d’un État ou d’une élite. Chaque institution cible a évidemment des caractéristiques singulières qui la rendent plus ou plus moins perméable et résistante au mouvement social.

Les gilets jaunes, un mouvement inédit

Cette caractérisation de l’organisation des mouvements sociaux à partir des travaux spécialisés permet de mieux comprendre la spécificité du mouvement des gilets jaunes et son caractère inédit.

  • Un enjeu initialement bien cadré : le mouvement des gilets jaune prend naissance autour d’un enjeu bien cadré qui est celui de la taxe carbone, puis très rapidement de la pression fiscale. Cet enjeu est bien cadré, car il parle à la société française et l’opinion publique a facilement suivi le mouvement. La réduction de la pression fiscale est généralement une cause plutôt populaire. Ce cadrage de l’enjeu évolue depuis le 1er décembre, et l’on parle désormais d’une réforme du système, ou de manière plus extrême et excessive, de démission ou encore de destitution du président de la République. Ce nouveau cadrage devrait se montrer beaucoup moins efficace et il est probable que ses élans révolutionnaires refroidiront très vite une partie de l’opinion publique.
  • Un mouvement délibérément déstructuré : le mouvement n’a pas de structure organisationnelle et ne veut pas en avoir. Il est vécu comme un mouvement spontané de la part de citoyens. Il en découle une absence de représentants légitimes et les porte-parole d’un jour défilent sur les plateaux télé ou dans les ministères avec des messages fluctuants et des revendications imprécises. Les réseaux sociaux ont permis l’organisation logistique du mouvement, mais ils ne permettent pas de faire émerger des leaders suffisamment légitimes pour engager un dialogue avec le gouvernement. Le gouvernement et les corps intermédiaires n’ont aucune prise sur le mouvement et le dialogue ne peut pas s’engager. On a observé le même phénomène avec Nuit debout ou Occupy Wall Street qui refusaient de faire émerger des leaders et donc d’engager un dialogue avec les acteurs officiels.
  • De la manifestation bon enfant à la violence : les images parlent d’elles-mêmes et l’on voit bien que le mouvement mobilise sans aucun filtre un répertoire politique et d’actions très large qui va d’un apéritif sur les routes à la violence, en passant par des blocages et l’attaque de préfectures. Le mouvement n’étant pas organisé et structuré, les gilets jaunes se fractionnent et certaines franges ne s’interdisent rien, tout simplement parce qu’il n’y a personne pour leur interdire (ou même juger illégitime) une action extrême au sein de leur propre mouvement. Il y a ici une nette différence entre les mouvements Nuit debout et Occupy Wall Street, qui s’étaient donnés pour mot d’ordre l’action pacifique.
  • La classe politique dans le viseur : le mouvement des gilets jaunes s’inscrit dans un contexte institutionnel qui est celui de la modernité avancée et du capitalisme tardif. Il peine à trouver une institution cible sur laquelle se retourner et focaliser sa colère et ses revendications. Il se retourne contre la classe politique française et les partis politiques traditionnels. Le sommet de ce système étant le président de la République, il est aujourd’hui érigé en bouc-émissaire idéal qu’il suffirait, tel le pharmokos grec, d’expulser de la cité pour régler les troubles sociaux. Un tel phénomène de focalisation sur le président de la République est commun en France du fait des caractéristiques de la Ve république qui donne un rôle et une visibilité centrale au président (phénomène exacerbé par le quinquennat).

Le gouvernement comme traducteur-interprète

Le mouvement des gilets jaunes, de par ses caractéristiques organisationnelles, n’est donc pas un mouvement social comme les autres – il manque de structure, de clarté, d’homogénéité et de leaders pour faire entendre sa voix. Paradoxalement, ce sont aussi des avantages : le mouvement est protéiforme et peut s’attribuer le soutien d’audiences diverses en termes d’origine et d’orientations politiques.

Il n’en reste pas moins que l’ampleur du mouvement du fait des capacités logistiques des réseaux sociaux, sa radicalité dans le répertoire d’actions mobilisées, l’absence de buts précis ainsi que le retournement contre la classe politique obligent le gouvernement à repenser la logique du dialogue en l’absence d’interlocuteur et de demandes cohérentes.

Il revient aujourd’hui au gouvernement le rôle paradoxal d’effectuer tout le travail de traduction politique du mouvement des gilets jaunes. Faute d’opposants qui fixent clairement les objectifs et les cibles de réforme, il doit lui-même traduire le mouvement avec des objectifs précis et choisir les institutions qu’il faut réformer dans un contexte ou la surenchère politicienne et populiste est permanente.

La tâche n’est pas impossible, mais elle nécessite de la clairvoyance sur les causes à la racine du mouvement, du sang-froid et forcément de l’autocritique.

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The Conversation

Bertrand Valiorgue, Professeur de stratégie et gouvernance des entreprises – Titulaire de la Chaire Alter-Gouvernance, Université Clermont Auvergne et Thomas Roulet, Senior Lecturer in Organisation Theory and Fellow in Sociology & Management, University of Cambridge

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Paris et Prétoria sont favorables au dialogue entre Kagame et l’Opposition rwandaise selon RFI http://www.therwandan.com/fr/paris-et-pretoria-sont-favorables-au-dialogue-entre-kagame-et-lopposition-rwandaise-selon-rfi/ http://www.therwandan.com/fr/paris-et-pretoria-sont-favorables-au-dialogue-entre-kagame-et-lopposition-rwandaise-selon-rfi/#respond Sun, 25 Nov 2018 09:27:25 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6532

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Message de détresse des réfugiés rwandais du Camp Lt Gen Bahuma à Kisangani http://www.therwandan.com/fr/message-de-detresse-des-refugies-rwandais-du-camp-lt-gen-bahuma-a-kisangani/ http://www.therwandan.com/fr/message-de-detresse-des-refugies-rwandais-du-camp-lt-gen-bahuma-a-kisangani/#respond Wed, 21 Nov 2018 21:07:11 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6523

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Les lobbies pro-Kagame continuent d’induire certaines autorités des Pays Bas en erreur. http://www.therwandan.com/fr/les-lobbies-pro-kagame-continuent-dinduire-certaines-autorites-des-pays-bas-en-erreur/ http://www.therwandan.com/fr/les-lobbies-pro-kagame-continuent-dinduire-certaines-autorites-des-pays-bas-en-erreur/#respond Wed, 21 Nov 2018 16:40:34 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6519 Par Emmanuel Neretse

Après la prise du pouvoir par les armes au Rwanda par le général Paul Kagame en 1994, plusieurs ressortissants rwandais fuyant la répression et/ou la dictature ont trouvé asile dans des pays occidentaux dont les Pays Bas. Ils se sont intégrés et beaucoup ont obtenu la nationalité de ce pays et ont donc pu exercer leurs droits politiques, ce qui leur était et reste impossible au Rwanda. Certains se sont engagés et milités dans des organisations de défense des droits de l’homme et ont donc dénoncé les multiples violations des droits humains dont se rend coupable le régime rwandais de Paul Kagame. D’autres ont même osé fonder des partis politiques ou ont adhéré à ceux qui se sont déclarés opposants au parti-état, à savoir le FPR de Paul Kagame. Ils se sont alors attirés les foudres du dictateur et ont été déclarés terroristes et ennemis du Rwanda.

C’est le cas notamment de Madame Victoire Ingabire Umuhoza. Cette dame était arrivée bien avant 1994 aux Pays Bas pour des études à la fin desquelles elle n’a pas pu regagner son pays entretemps conquis par les combattants tutsi issus de l’armée régulière de l’Ouganda et commandée par Paul Kagame alors Major et Chef des Renseignements militaires de l’Ouganda. Elle fut rejointe par les quelques rescapés de sa famille qui avaient fui par la RDC ex-Zaïre pour échapper aux troupes de Paul Kagame.

Face à la détresse du peuple rwandais, elle s’engagea dans une action politique au sein des partis d’opposition jusqu’à devenir Présidente de l’un des plus importants : « Les Forces Démocratiques Unies, FDU-Inkingi ». C’est en tant que leader de ce parti qu’elle décida de rentrer au Rwanda pour se présenter comme candidate de son parti à la présidence dans l’élection qui était prévue pour août 2010. Mal lui en pris, car aussitôt arrivée au Rwanda, elle fut jetée en prison et accusée de crimes aussi imaginaires que abominables. Dans une mascarade de procès dans laquelle les instances policières néerlandaises ont malheureusement et scandaleusement participés, elle fut condamnées à 15 ans de réclusion et enfermée dans la tristement célèbre prison centrale de Kigali dite 1930, en référence à son année de construction. Face au tollé général que soulève ce cas, le dictateur Paul Kagame, pour faire taire des critiques et continuer à bénéficier de de l’immunité dont il jouit depuis sa conquête du pays, il vient de libérer Victoire Ingabire après HUIT ans d’enfermement. Il n’a d’ailleurs pas tardé à la menacer de retourner sous les verrous au moindre écart de langage. A une autre occasion, ce dernier, le général Paul Kagame, n’a pas manqué de souligner, comme pour se défendre de ceux qui avançaient qu’il avait injustement emprisonné Victoire Ingabire, que ce sont les services néerlandais qui lui ont fourni des preuves fabriquées pour la faire condamner.

Présent du côté de Paris le 11 novembre pour participer au Forum sur la paix, le dictateur rwandais, Paul Kagame, a accepté de répondre à quelques journalistes. Au cours de son entretien, il a entre autres parlé des opposantes au pouvoir en place, Victoire Ingabire et Diane Rwigara.

Concernant la première, selon lui, «la justice néerlandaise a fourni des preuves très claires à la justice rwandaise concernant l’appartenance d’Ingabire à des mouvances extrémistes.»

En réalité en guise de «preuves très claires…», il s’agissait des récépissés de Western Union à travers lesquels Victoire Ingabire avait envoyé quelques centaines d’euros à une famille de réfugiés rwandais dans la détresse à l’Est de la RD-Congo pour qu’elle puisse au moins s’acheter des médicaments. Voilà ce que les services néerlandais ont pris comme une preuve de financement, par cette opposante, des mouvements terroristes pour déstabiliser le Rwanda et la région en demandant à Kagame de l’en condamner. Elle écopa donc de 15 ans. Et dire que les autorités néerlandaises peuvent croire pouvoir convaincre leur opinion que l’on peut déstabiliser un pays, même africain, avec seulement une centaine d’euros, il n’y avait qu’un pas qu’elles ont franchi et que le dictateur rwandais a exploité.

D’autres cas victimes des agents zélés de Paul Kagane au Pays Bas

Sans être exhaustif, on peut seulement citer les cas de Madame feu Yvonne Basebya qui fut trainée devant les tribunaux et incarcérée plusieurs années sur simplement des accusations non fondées de ses anciens voisins qui voulaient s’emparer de sa propriété. Il y aussi le cas de Jean Baptiste Mugimba qui a été livré à Kagame sur simple accusation d’avoir été Secrétaire d’un parti, pourtant à l’époque agréé : la CDR . Il a suffi au syndicat de délateurs opérant sous la couverture des associations comme « Ibuka » de relayer les affabulations des ces faux-témoins aux services néerlandais via les puissants lobbies pro-Kagame infiltrés jusque très haut dans les instances de ce pays pour qu’il soit embarqué vers Kigali où il subit la torture morale et publique en guise de procès avant sa condamnation annoncée de prison à perpétuité en isolement.

Beaucoup d’autres subissent des harcèlements et même la nationalité néerlandaise leur est retirée surtout s’ils se sont montrés actifs dans l’opposition contre le régime du parti-état le FPR de Paul Kagame et qu’il ne le cachent pas.

Cas récent de Faustin Ngarambe

Faustin Ngarambe est un ressortissant rwandais ayant acquis la nationalité néerlandaise en 2006. Depuis, à coté de ses activités professionnelles, il est actif dans les associations de défense des droits de l’homme surtout celles en rapport avec les réfugiés rwandais disséminés dans la région des Grands Lacs. Les agents du régime dictatorial l’ayant repéré et non contents de ses actions humanitaires et de ses convictions politiques, ils n’ont pas cherché loin pour le déstabiliser.

Natif de la commune Mukingo dans l’ancienne préfecture de Ruhengeri, ils ont instruits les syndicats des délateurs de l’accuser aux services hollandais d’avoir pris part aux actes violents qui ont eu lieu dans cette commune après le 06 avril 1994. Il se fait que celui qui était à l’époque bourgmestre de cette commune Monsieur Juvénal Kajelijeli a été inculpé , jugé et condamné par le TPIR d’Arusha en 2005, et qu’il purge sa peine au Bénin. Les menteurs professionnels que l’on a souvent entendu à l’œuvre au TPIR ou dans les procès intentés en Occident allèguent que Faustin Ngarambe aurait fait la chasse aux Tutsi dans sa commune de Mukingo dés le 07 avril en dressant notamment des listes et en les désignant en compagnie du Bourgmestre Kajelijeli. Or, c’est archifaux car pratiquement impossible, Faustin Ngarambe qui le 6 avril vaquait à son emploi à Kigali s’est terré chez lui à Kicukiro dès l’annonce de l’attentat contre l’avion présidentiel. Il n’a jamais mis les pieds dans sa commune d’origine de Mukingo au mois d’avril et après. N’étant pas doué du don d’ubiquité, on se demande comment Faustin Ngarame pouvait se trouver à Kigali et à Ruhengeri au même instant.

Et puis, Juvénal Kajelijeli, qui fut arrêté par le TPIR en 1998 au Bénin, a été aussitôt transféré à Arusha en Tanzanie siège du TPIR. Après un procès qui a duré sept ans, il fut définitivement condamné en 2005 à 45 ans d’emprisonnement. Or, que ce soit dans le jugement en première instance ou l’arrêt de la Cour d’Appel qui totalisent près de 400 pages, comme on peut les lire dans les liens suivants [Lien1, Lien2] le nom de Faustin Ngarambe ne fut mentionné aucune fois ni par le Procureur ni par les nombreux faux témoins venus du Rwanda et qui devaient charger le Bourgmestre Kajelijeli. Force est de se demander alors comment 25 ans après les faits et 13 ans après ce procès-fleuve, les agents du régime découvrent qu’un citoyen hollandais en l’occurrence Faustin Ngarambe, aurait été complice du bourgmestre de Mukingo en 1994 mais qu’il n’avait pas été identifié pendant toutes ces procédures.

Il paraît que la procédure pour le déchoir de la nationalité hollandaise est engagée sur base des ces accusations fallacieuses. Faustin Ngarambe est visiblement victime de son militantisme dans les associations de défense des droits de l’homme qui dénoncent entre autres les crimes et les violations des droits de l’Homme par le régime rwandais de Paul Kagame.

Nous osons espérer que cette fois-ci, pour le cas de Faustin Ngarambe, les instances habilites des Pays Bas seront clairvoyantes et ne tomberont plus dans le piège qui leur est tendu à savoir servir de « bâton pour frapper et sanctionner » les opposants et les militants de défense des droits de l’homme qui osent dénoncer le régime dictatorial qui règne sur le Rwanda depuis 1994.

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L’ONU complice pour forcer les réfugiés à rentrer au Rwanda http://www.therwandan.com/fr/lonu-complice-pour-forcer-les-refugies-a-rentrer-au-rwanda/ http://www.therwandan.com/fr/lonu-complice-pour-forcer-les-refugies-a-rentrer-au-rwanda/#respond Tue, 20 Nov 2018 20:54:14 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6516 Les FDLR ont démontré au monde entier leur volonté de s’engager pour retrouver la paix au Rwanda en particulier ainsi que dans la région des grands lacs en général.

Pour ce faire, les FDLR ont désarmé un grand nombre de leurs combattants. Ces derniers et leurs dépendants ont été cantonnés dans les camps de Kanyabayonga, Walungu et à Kisangani suivant les accords conclus avec la SADC, la MONUSCO et le gouvernement de la RDC.

À vrai dire, les FDLR ont respecté leurs engagements tandis que les autres parties ont opté à œuvrer contrairement à leurs engagements pour satisfaire à la volonté de Paul Kagame afin que ce dernier finisse ce qu’il avait commencé dès le 01 octobre 1990.

En déposant les armes, la SADC, la MONUSCO et la RDC avaient promis aux FDLR qu’ils feront tout ce qui était à leur pouvoir jusqu’à ce qu’ils amènent le gouvernement rwandais sur la table de négociation. Jusqu’alors, aucun geste montrant la bonne volonté de Kigali de dialoguer avec ces réfugiés est indétectable. Par contre, le gouvernement rwandais a mis toutes ses forces et outils afin que ces réfugiés ne trouvent aucune assistance. Ceci en vue de . C’est le pouvoir de Kigali qui a corrompu la MONUSCO et le gouvernement de la RDC afin que ces réfugiés ne bénéficient plus de la nourriture, de l’eau, soins médicaux et tout traitement digne d’une personne humaine.

Ce qui est très déplorable et intolérable, depuis le 17 novembre 2018, les Fardc commandées par le Général Edmond ILUNGA viennent d’attaquer le champ des cantonnés de Kanyabayonga. Les pauvres réfugiés ont pris fuite vers le camps des soldats de la MONUSCO. Au lieu de secourir ces malheureux, la MONUSCO s’est contentée se mettre en place une clôture de fil des barbelés pour empêcher ces victimes d’entrer dans le camps onusien. Alors, c’est ça le maintien de la paix? C’est ceci l’impartialité de l’ONU? C’est ça la protection des civils?

Notons que parmi ces cantonnés réfugiés, il y a bon nombre d’enfants, de femmes et des vieillards.

Au cours de ce cachette dans la brousse, deux femmes ont mis au monde en catastrophe. Jusqu’à l’heure actuelle, ces dernières restent coucher dans une tranchée et l’on connait pas si elles et les nouveaux nés sont vivants ou morts car, ils n’ont pas reçu aucun soin de premier nécessité.

Le Major DHARMEND (de nationalité indienne) qui commande les casques bleus chargés de protéger ces cantonnés, ce matin, est arrivé sur les lieux et a constaté la situation extrêmement dégradante et inhumaine dans laquelle se trouve ces réfugiés. Ce qui est très choquant, il n’a rien fait pour secourir et protéger ces créatures mourantes.

Encore aujourd’hui, le 20 novembre, dans l’avant midi, le responsable de ce camps de Kanyabayonga en la personne de Major FIKIRI MACHIBYA (Tanzanien) est arrivé également sur place. Au lieu de faire quelque chose réconfortant ces victimes, il s’est contenté de les photographier et après, il a monté à bord de son véhicule et il les a laissés dans la gueule du loup (les Fardc).

Imaginez-vous, depuis le 17 jusqu’alors, ces personnes se trouvent dans les tranchées et d’autres dans des buissons. Elles n’ont reçu aucune ration ( nourriture et eau). Qui peut résister durant tout ce temps? Leurs bourreaux veulent que ces réfugiés soient complètement affaiblis pour qu’ils puissent les attraper sans résistance et les rapatrier contre leur gré au Rwanda.

Quel est le rôle de la MONUSCO? Que dira l’ONU si tous ces réfugiés meurent à cause de la sa complicité avec les Fardc et le gouvernement rwandais?

Que dira la SADC qui a signé les engagements lors de la mise en place de ces camps de cantonnement? Pourquoi la CIRG, UA, SADC, UE et ONU sont si silencieuses alors qu’une partie de la population hutu est sur le point d’être exterminée? Est-ce les Hutu ne font pas partie des personnes à protéger?

Il est temps que les leurs viennent à leur secours et usent tous leurs moyens afin de dire à leur oppresseurs que: « Trop, c’est trop ».

Tous les hommes et femmes de bonnes volonté sont priés de venir au secours à ces paisibles créatures que le FPR et ses alliés cherchent à exterminer à l’instar des amérindiens.

Fait à Masasi, le 20 novembre 2018

Camarade A
(sé)

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