Actualité – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr Therwandan Journal Wed, 19 Sep 2018 08:54:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.7 http://www.therwandan.com/fr/wp-content/uploads/sites/2/2016/10/therwandan1-e1476990118446.png Actualité – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr 32 32 Nous serons tous riches ensemble ou nous nous noyerons ensemble http://www.therwandan.com/fr/nous-serons-tous-riches-ensemble-ou-nous-nous-noyerons-ensemble/ http://www.therwandan.com/fr/nous-serons-tous-riches-ensemble-ou-nous-nous-noyerons-ensemble/#respond Tue, 18 Sep 2018 12:40:52 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6292 « Aujourd’hui je voulais m’indigner pour le silence de l’Union Africaine. Les gens-là qui meurent sur les plages – et je mesure mes mots – si c’était des Blancs, la Terre entière serait en train de trembler. Ce sont des Noirs et des Arabes, alors quand eux ils meurent, ça coûte moins cher.

Si on voulait sauver les gens dans l’Atlantique, dans la méditerranée, on le ferait. Mais on attend qu’ils meurent d’abord. C’est à croire que le ‘laisser mourir’ est un outil dissuasif.

Mais laissez-moi vous dire quelque chose: cela ne dissuade personne ! Parce quelqu’un qui part et qui envisage l’éventualité d’un échec, celui-là peut trouver le péril absurde et donc l’éviter. Mais celui qui part pour la survie, qui considère que la vie qu’il a à perdre ne vaut rien, celui-là sa force est inouïe, parce qu’il n’a pas peur de la mort ! »

Ces mots ont été prononcés à la télévision française en Avril 2015 par une paneliste d’un débat. Thème assez provocateur ‘Accueillir ou pas la misère du monde ‘.

Les mots que j’ai transcrits ici ne sont qu’un petit fragment de toute son intervention.

La voix de cette auteure Sénégalo-Française née dans une petite ile de 20.000 habitants près de la ville de Fatick au Sénégal, a instantanément et incontestablement conquis le monde entier et est devenue l’une des voix les plus fortes pour les sans voix dans cette thématique de la ‘crise des migrants’.

Sa diatribe a enflammé et continue à enflammer le web – trois ans après ce débat de France 2 – tant la justesse et le choix de ses mots, la puissance de son argumentaire et la manière dont elle ne laisse pas désarçonner même devant les propos cyniques qui ne se voilent même plus, a résonné chez beaucoup de personnes, surtout les gens en Afrique et dans la diaspora d’origine Africaine.

Sans le savoir et sans le vouloir, elle est devenue de facto la porte-parole de tous ceux qui se sont souvent senti frustrés par le fait que les africains et ces migrants de toutes origines qui s’aventurent dans ce voyage désespéré de la méditerranée, sont rarement invités aux nombreuses tables où l’on débat de leur sort et de leur avenir.

Aujourd’hui je suis inspiré par Fatou Diome du Sénégal. Fatou est née en 1968 sur la petite île de Niodior, dans le delta du Saloum, au sud-ouest du Sénégal. Née d’un amour ‘illicite’ entre deux jeunes de 18 ans dans une communauté musulmane conservative qui condamnait leur relation, la petite Fatou est élevée par sa grand-mère maternelle, Aminata.

Fatou décrit sa grand-mère comme une femme pragmatique dont la priorité était de la nourrir, la soigner et la préparer pour une vie sans ennuis, sans plus. Sa grand-mère venait d’une autre époque, une époque où les filles ne devait avoir d’autres ambitions que de fonder une famille.

Fatou elle, avait d’autres aspirations. Elle n’accepte pas les traditions de sa terre natale qui relèguent les femmes à préparer les repas et assurer les tâches ménagères. De la maison de sa grand-mère, Fatou voyait l’école et elle rêvait d’être comme les autres enfants qu’elle voyait là-bas. Sa grand-mère ne voulait rien entendre.

Le matin, Aminata amenait la petite fille avec elle dans son jardin potager et elles passaient des heures à arroser les légumes. Mais dès que sa grand-mère allait s’occuper d’autres taches ménagères, la petite fille s’enfuyait et allait à l’école.

«Je restais au fond de la classe, mais l’instituteur me renvoyait.»

Malgré tout, elle continuait à venir, en cachette. Finalement, voyant à quelle point la petite fille était déterminé et conscient qu’elle ne pourrait s’éduquer en cachette très longtemps dans cette petite communauté sans que sa grand-mère ne le découvre, l’enseignant décide d’aller la rencontrer pour la convaincre de laisser Fatou poursuivre ses études.

Sa grand-mère finira par accepter son choix, et l’année suivante, elle a inscrit officiellement la petite fille de 7 ans à l’école.

Fatou ne lui en a jamais voulu de l’avoir mis à l’école à contrecœur. Elle sait que sa grand-mère l’aimait plus que tout et voulait que sa petite-fille ait une belle vie, différente de celle de sa mère, mais elle ne comprenait pas ce que ce monde éduqué représentait.

Pour Fatou, l’éducation était tout: c’est là où elle découvre la langue Française et petite déjà, développe ce rêve de devenir enseignante.

Son petit village n’ayant pas d’école secondaire, Fatou est envoyée à 13 ans vivre dans la ville voisine de M’Bour chez des parents qui devaient normalement l’aider à aller à l’école. Mais c’était l’opposé.

«J’étais leur bête de somme. On me disait : aujourd’hui, tu ne vas pas en classe, tu fais le linge! Alors, à 14 ans, j’ai pris ma chambre, que je payais avec des petits boulots.»

Fatou commence ainsi ce qu’elle décrira plus tard comme une vie de ‘nomade’, faisant des petits boulots de bonne pour financer son rêve d’avoir un diplôme. Tant bien que mal, elle finira ses études secondaires au Lycée de M’Bour. Bien qu’elle reconnaisse la valeur de l’éducation, pour elle, c’est cette vie d’enfant qui s’est retrouvée livrée à elle-même qui a vraiment forgé son caractère.

« La rue ! Lorsque j’étais adolescente, je louais une chambre pour me débrouiller toute seule. Evidemment, lorsque vous vivez comme ça, vous êtes confrontée à la société brute, elle est sans fard et vous l’affrontez telle qu’elle est.»

Loin de l’aigrir, cette vie a libéré son esprit, lui a appris à questionner le monde, et questionner les adultes et leurs responsabilités dans les maux de la société.

Toujours à la recherche de moyen pour continuer à étudier, Fatou se retrouve en Gambie, pays voisin du Sénégal, où elle travaille comme bonne. Avec l’argent qu’elle gagne, elle revient s’inscrire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, mon ancienne université. Un petit fait qui n’a rien à avoir avec notre histoire: j’étais moi-même étudiant à l’université historique de Dakar à la même époque et j’ai peut-être croisé la jeune Fatou au campus sans le savoir.

Passionnée de la langue Française, elle rêve à devenir professeur de français. Elle confie qu’elle ne pensait pas à quitter son pays natal. Ses projets devaient quelque peu changer quand, à 22 ans, elle tombe amoureuse d’un coopérant Français, avec lequel elle se marie et suit en France, en Alsace.

Mais loin d’être un beau conte de fée, son histoire d’amour a rapidement tourné au vinaigre. Elle décrira plus tard sa relation avec beaucoup d’humour “C’était une erreur de casting” confiera-t-elle.

En entrant dans cette relation, il ne lui venait pas à l’idée que cela importerait à qui que ce soit que leur couple soit mixte. En fait, elle ne voyait pas son mari comme quelqu’un de ‘peau différente’. Mais le regard que les autres portaient sur son couple n’était pas aussi fan de la mixité. La famille de son mari l’a particulièrement maltraitée, et sous leur pression, leur couple n’a pas tenu.

En 1994, la jeune divorcée se retrouve pratiquement à la rue, une époque qui lui rappellera son adolescence, quand elle a décidé de quitter sa famille d’accueil de M’Bour. Et comme à l’époque de son adolescence, elle ne se laisse pas décourager par les évènements: Fatou se lance dans des petits boulots pour gagner sa vie. Et comme à l’époque de M’Bour, de Gambie et de Dakar, elle met tout ce qu’elle gagne, aussi minime que ce soit, dans son éducation.

Cela durera six ans, six ans pendant lesquelles elle va à la faculté à l’université de Strasbourg et fait le ménage pendant ses moments de liberté. Elle est tellement déterminée à se sortir de la précarité et de ne jamais plus dépendre de quelqu’un d’autres pour sa survie qu’elle continuera à faire des petits boulots même quand son parcours académique exceptionnel lui vaudra de décrocher un poste de chargée de cours pendant qu’elle complète son DEA.

Vous vous dites sûrement qu’une jeune étudiante qui passe des jours et des nuits à préparer un doctorat, faire de la recherche pour son sujet de thèse, passe les journées à donner des cours et faire des petits boulots ne trouverai pas le temps de faire autre chose?

Eh bien Fatou, elle a trouvé ce temps-là pour poursuivre une passion née en elle depuis son adolescence : l’écriture.

« Je ne suis pas venue à la littérature, c’est elle qui est venue à moi. J’ai commencé à écrire quand j’ai quitté mon village, j’avais treize ans. A cause du fait de devoir aller dans d’autres villes au Sénégal pour étudier j’étais souvent très seule, donc je lisais énormément et ça m’a donné envie d’écrire de petites histoires et c’est venu comme ça petit à petit. J’étais très jeune, j’ai commencé à écrire et je n’ai jamais arrêté depuis. Je ne savais pas forcément à quoi ça pouvait me mener. »

Amoureuse de la vie mais révoltée par les injustices de ce monde, vivant tous les jours les revers de ce rêve européens si dur à acquérir, la jeune femme décide de canaliser toutes ces émotions et expériences dans des histoires courtes tournant autour du thème de l’immigration, vue sous le regard d’une jeune fille qui lui ressemble et qui grandit au cours des récits.

En 2001, pendant qu’elle complète un doctorat de lettres modernes sur le thème du ‘Voyage, les échanges et la formation dans l’œuvre littéraire et cinématographique de Sembène Ousmane’, elle publie ‘La Préférence nationale’, un recueil de toutes ces nouvelles qu’elle écrit depuis des années.

‘La Préférence nationale’ a été bien reçue des critiques littéraires mais ce sera ‘Le Ventre de l’Atlantique’, son premier roman qu’elle publiera deux ans plus tard, qui mettra le nom de Fatou Diome sur toutes les lèvres et lui donnera une renommée internationale.

Là encore, elle puise dans son expérience personnelle et son vécu pour raconter l’histoire de la migration vue par les africains.

“Attirée, puis filtrée, parquée, rejetée, désolée. Nous sommes les Malgré-nous du voyage” écrit-elle dans ce livre qui a été un succès littéraire dès sa parution – avec plus de 200.000 exemplaires vendus – qui a en partie lancé ce que d’aucun appellent ‘le phénomène Diome’.

« J’en avais un peu assez des clichés : l’immigration ce n’est pas que des pauvres gens exploités, ce n’est pas toujours ça. L’immigration c’est aussi des gens qui partent pour leur émancipation, qui partent au nom de leur liberté…qui partent pour des tas d’autres raisons que la société d’accueil ne perçoit pas forcément. Vous avez donc certes des gens qui partent pour des raison économiques, mais d’autres qui partent pour des raisons plus vivables. Je voulais aussi parler des rapports qui existent entre les immigrés qui vivent en Europe et leurs familles restées au pays. On parle toujours des sans-papiers, mais on ne sait pas pourquoi ils sont partis. On ne sait pas ce qu’ils vivent quand ils reviennent sur place et je voulais dévoiler ces aspects-là. »

Fatou Diome fait le tour des plateaux télévisés et des émissions de radio, séduisant le public par son charisme, son franc-parler, sa facilité avec les mots et sa façon de vous amener malgré vous à voir ce qui était devant vous tout ce temps mais auquel vous n’aviez jamais vraiment prêté attention: les rêves de tous ces gens dont on ne voit souvent que la souffrance et misère.

D’étudiante qui fait le ménage pour payer ses études, Fatou devient une auteure a succès qui continuera à dévoiler le monde de la migration à travers des riches ouvrages littéraires.

Dans les années qui ont suivi la publication de ce roman qui lui a ouvert les mondes de la littérature française, Fatou Diome est petit à petit devenue la voix de référence pour tout ce qui est immigration et intégration en France.

Depuis cette émission d’Avril 2015 avec laquelle j’ai commencé mon article, la voix de Fatou Diome, et non plus seulement ses textes, ont franchi les frontières de l’Hexagone pour atterrir dans les coins les plus éloignés possibles, y compris son petit village de Nodior qu’elle a quitté à 13 ans.

Sa grand-mère, qui vivait toujours sur la petite ile, s’inquiétait à chaque fois qu’elle entendait parler de sa petite fille dans les nouvelles.

« Qu’est-ce que tu as fait? » lui demandait-elle quand elle l’appelait. Pour la vielle dame, on ne parle de vous comme ça que quand vous êtes dans les ennuis.

Mais Fatou la rassurait: « Non grand-mère, je ne suis pas dans des ennuis! »

Et pour la rassurer, elle a pris le temps de lui traduire chacun de ses livres dans leur langue natale, le sérère, afin de partager avec son aïeule un peu de ce monde magique qu’elle a découvert il y a plus de quarante ans, quand elle a franchi la porte de l’école primaire de Niodor.

Je ne peux compter le nombre de fois que des amis m’ont envoyé la vidéo de son intervention dans l’émission ‘Ce soir ou jamais!’ et à chaque fois, je suis accroché à tous ses mots, fasciné par sa facilité à dire tout ce que j’ai à l’esprit, ne se laissant jamais emporter dans des mots ou argumentaires creux.

Je ne vais pas vous dire plus. Aujourd’hui, j’ai juste voulu vous dévoiler un peu de la vie de cette femme admirable dont la vidéo a certainement dû atterrir dans votre messagerie favorite.

Fatou Diome doit s’écouter et se lire, et ne peux être appréciée que quand vous l’entendez de sa propre voix, avec ses propres mots. Je vous encourage à rechercher les images de ses interviews et conférences, cherchez ses livres si vous avez le temps de lire entre deux choses et découvrez la verve de cette femme de lettres exceptionnelle.

Je ne sais pas si vous aimerez nécessairement ce qu’elle dit mais je peux vous assurer qu’elle ne vous laissera pas indifférente.

«Vous ne resterez pas comme des petits poissons rouges dans la forteresse européenne. Au jour d’aujourd’hui, l’Europe ne sera plus jamais épargnée, tant qu’il y aura des conflits ailleurs dans le monde, l’Europe ne sera plus jamais opulente tant qu’il y aura des carences ailleurs dans le monde.
Alors trouvons une solution collective ou déménagez d’Europe car j’ai l’intention de rester.»

Bien dit, Fatou ! Tu es la voix de ceux privés de voix, ceux dont l’histoire n’est réduite qu’a quelques chiffres et à des images insoutenables de centaines de gens entassés sur des embarcations de misère ou se débattant dans la mer pour ne pas se noyer, entourés de morceaux de leurs pirogues et de corps sans vie flottant sur ces eaux loin de chez eux. Ceux dont l’histoire n’est que censée être vue d’aussi loin que possible et jamais entendue, et quand on l’entend, on ne daigne pas l’écouter.

Félicitation pour ta contribution à l’héritage de l’Afrique, Fatou! Que Dieu continue à entretenir ce talent extraordinaire et à toujours t’aider à trouver les mots justes pour réveiller même les consciences les plus endormies ! #BeTheLegacy #WeAreTheLegacy #Mandela100#UMURAGEkeseksa

Contributeurs
Um’Khonde Patrick Habamenshi

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Rwanda: Victoire Ingabire et Kizito Mihigo libérés de prison http://www.therwandan.com/fr/rwanda-victoire-ingabire-et-kizito-mihigo-liberes-de-prison/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-victoire-ingabire-et-kizito-mihigo-liberes-de-prison/#respond Sat, 15 Sep 2018 17:22:30 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6284

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Rwanda: «je vais continuer ma lutte», dit Victoire Ingabire à RFI http://www.therwandan.com/fr/rwanda-je-vais-continuer-ma-lutte-dit-victoire-ingabire-a-rfi/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-je-vais-continuer-ma-lutte-dit-victoire-ingabire-a-rfi/#respond Sat, 15 Sep 2018 14:18:26 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6281

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Kizito Mihigo et Victoire Ingabire libérés http://www.therwandan.com/fr/kizito-mihigo-et-victoire-ingabire-liberes/ http://www.therwandan.com/fr/kizito-mihigo-et-victoire-ingabire-liberes/#respond Fri, 14 Sep 2018 21:07:45 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6275 Kigali, le 14 septembre 2018 – Le Conseil des ministres présidé par le président Paul Kagame a approuvé aujourd’hui la libération anticipée de 2 140 condamnés déclarés éligibles en vertu des dispositions légales. Parmi eux se trouvent M. Kizito Mihigo et Mme Victoire Ingabire Umuhoza, dont le reste des peines a été commué par une prérogative présidentielle à la suite de leurs demandes de clémence les plus récentes en juin de cette année.

FIN

Note aux rédacteurs:

1. Distribution des détenus à libérer tôt:

· Bugesera: 23

· Nyarugenge: 447

· Musanze: 149

· Gicumbi: 65

· Nyanza: 63

· Rubavu: 158

· Rwamagana: 455

· Nyagatare: 24

· Huye: 484

· Muhanga: 207

· Ngoma: 35

· Rusizi: 7

· Nyamagabe: 23

2. Les articles 245 et 246 du code de procédure pénale (loi n ° 30/2013 du 24/5/2013) prévoient la libération conditionnelle d’un condamné ayant purgé au moins un tiers de la peine de moins de cinq ans. des années ou deux tiers d’une peine supérieure à cinq ans (ou au moins vingt ans dans le cas d’une peine à perpétuité), à condition qu’au moins l’une des conditions suivantes soit remplie: donne de sérieux engagements de réinsertion sociale; (2) Il souffre d’une maladie grave et incurable approuvée par une commission médicale composée d’au moins trois médecins reconnus.

3. L’article 109 de la Constitution du Rwanda: «Le Président de la République a le pouvoir d’exercer le droit de grâce, conformément aux procédures prévues par la loi et après consultation de la Cour suprême.»

4. Mme Ingabire a été condamnée à 15 ans de prison en 2013 par la Cour suprême, tandis que M. Mihigo a été condamné à 10 ans en 2015 par la Haute Cour.

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Enlevez vos chaines de mes rêves et laissez-moi m’en aller! http://www.therwandan.com/fr/enlevez-vos-chaines-de-mes-reves-et-laissez-moi-men-aller/ http://www.therwandan.com/fr/enlevez-vos-chaines-de-mes-reves-et-laissez-moi-men-aller/#respond Wed, 12 Sep 2018 09:02:42 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6258 «Des grands garçons bien forts pour des travaux de la ferme ! Quatre cents, sept cents, huit cents, neuf cents, mille, mille cent. Vendus pour mille deux cents dinars.» 400 dollars par personne. Une vente d’êtres humains, en 2017!

Imaginez que vous étiez une journaliste dans une grande maison internationale et que vous receviez une vidéo montrant ce qui semble être une vente aux enchères d’êtres humains en Libye. Que feriez-vous avec ces images? Quelles mesures prendriez-vous pour que le monde entier sache ce qui se passe dans ce pays d’Afrique du Nord?

Quand elle a reçu ces images dans son bureau à CNN, elle n’en croyait pas ses yeux. Serait-ce possible?

«Lorsque nous avons reçu cette première vidéo montrant des hommes mis aux enchères, il semblait tellement incroyable qu’il pourrait y avoir de l’esclavage, en 2017, que nous pourrions etre en train d’assister à une vente aux enchères d’êtres humains.»

Après avoir authentifié la vidéo, elle a pris une décision qui allait changer sa vie et changer la vie de centaines de personnes détenues et victimes de la traite dans cet État fracturé de l’Afrique du Nord: elle a décidé d’en aller voir cela de ses propres yeux.

Elle savait que ce ne serait pas facile, mais elle n’a pas hésité un instant vu la gravité et les ramifications de l’histoire. Elle a réuni son équipe et s’est rendue à Tripoli. Son idée? Entrer dans une vente aux enchères de façon incognito et avec des cameras masquées.

Elle avait découvert que les migrants qui tentaient de se rendre en Europe étaient, dans de trop nombreux cas, détenus dans des entrepôts par les trafiquants, ceux-là même qu’ils avaient payés pour les aider à traverser la Méditerranée. Pourquoi? Simplement pour essayer d’obtenir plus d’argent de leur part.

«Il y a environ un an, il était devenu évident pour nous que les trafiquants se demandaient comment ils pourraient tirer le maximum de profit de ces entrepôts remplis de migrants. Et la réponse a été de commencer à les vendre. »

Quand elle est arrivée à Tripoli, elle a pu confirmer que le type de ventes aux enchères qu’elle avait vu sur les images se déroulait dans plusieurs régions du pays, et ce plusieurs fois par semaine. Avec l’aide de ses contacts, son équipe et elle se sont rendues dans un quartier de la banlieue de Tripoli où se tenait l’une de ces ventes aux enchères. Leur prétexte été qu’ils étaient à la recherche d’un parent disparu.

Arrivés dans le quartier, on les a fait entrer dans la cour d’une maison, une grande maison similaire aux maisons avoisinantes excepté que la cour intérieure était éclairée par de grands spots lumineux qui vous aveuglait pratiquement.
Les journalistes ont discrètement ajusté les caméras cachées qu’ils transportaient et ont attendu que la vente aux enchères commence.

Là, au milieu de la nuit, on a fait défiler des hommes devant des acheteurs potentiels et les a vendus comme du bétail. 400 dinars, 500 dinars, les prix ne faisaient qu’augmenter et les hommes achetés l’un après l’autre.

Elle n’en croyait pas ses yeux! Là devant leurs yeux, douze hommes du Niger ont été vendus en l’espace de six ou sept minutes.

Après la vente aux enchères, elle a essayé de dire quelques mots pour la caméra, mais c’était trop, la jeune femme ne trouvait aucun mot pour décrire ce qu’elle venait de voir !
«En les faisant sortir, ils utilisaient le mot arabe qui veut dire ‘marchandise’. Je ne sais pas quoi dire. C’est l’une des choses les plus incroyables que j’aie jamais vues.»

Après cette opération secrète dans un marché de vente aux enchères, elle est retournée à Tripoli et a demandé l’autorisation de parler avec des migrants détenus dans les centres de détention des services de l’immigration. C’était un autre lieu tout aussi troublant que le marché qu’elle avait visité en banlieue: des centaines de jeunes hommes de nombreux pays sub-sahariens, soi-disant ‘sauvés ‘ des entrepôts de trafiquants, pour se retrouver détenus ici avant d’être déportés vers leurs pays.

C’était un bâtiment surpeuplé avec des murs en béton à l’extérieur et une grande pièce, une sorte de grand hangar cloisonné par des grillages métalliques. Une autre prison pour ces pauvres âmes en quête d’un avenir meilleur!

Ces jeunes hommes venaient de différents pays d’Afrique, du Nigeria, d’Erythrée, du Ghana, du Niger, tous impatients de sortir de là. Dès qu’elle est entrée dans la pièce avec son équipe de cameraman, non cachées cette fois, les jeunes hommes se sont approchés d’elle comme s’ils attendaient depuis quelqu’un à qui raconter leurs histoires.

Leurs récits étaient bouleversants : les abus, les harcèlements subis des mains des trafiquants – prouvés par les cicatrices sur leurs corps – et les histoires de beaucoup d’entre eux qui avaient été vendus avant de réussir à s’échapper ou être libérés après avoir remboursé «leur dette».

CNN a immédiatement partagé les vidéos des enchères avec les autorités libyennes, qui ont promis d’enquêter. Il n’y a aucune preuve qu’ils l’aient jamais fait.

La vidéo a été diffusée sur CNN le 13 novembre 2017 et a immédiatement été relayée par les médias du monde entier, suscitant l’indignation à travers le globe! Comment était-ce possible que l’on organise la vente d’êtres humains, dans des lieux à peine cachés, a des gens qui allaient les utiliser dans des travaux les plus ingrats, et ce, 200 ans après l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage qui reste une des plus grandes abominations de l’histoire du monde.

Cela n’a pas pris longtemps avant que les journaux révèlent l’histoire du deal passé entre l’Italie avec le gouvernement Libyen pour empêcher les migrants de traverser. Et ceux, avec la bénédiction des pays de l’Union Européenne!

Je suis heureux que l’histoire ait suscité tant d’indignation dans le monde et n’a laissé personne indifférent, ce qui en soi est un grand exploit en ces temps où nous sommes devenus tellement habitués aux images les plus horribles sans plus y prêter d’attention aux vraies tragédies de notre époque.

L’une des personnes qui a vu cette vidéo de CNN et qui ne pouvait contenir son indignation et sa tristesse à la pensée de cet esclavage moderne, était un homme, une personnalité des médias français d’origine antillaise.

Immédiatement après avoir vu le documentaire de CNN sur les ventes d’esclaves en Libye, il a posté un message vidéo très personnel sur les réseaux sociaux.

«Je crois que je n’ai jamais été si en colère et aussi triste qu’en ce moment. Moi le descendant d’esclave dont les ancêtres furent portés d’Africa pour être des bêtes de somme dans le nouveau monde, je découvre qu’en début de ce 21ème siècle, en cette fin d’année 2017, je découvre qu’en Libye, ce que nous redoutions après les accords passés entre les uns et les autres, on est en train de vendre des africains, des jeunes, nos jeunes, on les enferme dans des cages puis on les vend au plus offrant. Moi le descendant d’esclave j’ai la haine, je me demande que faut-il faire après cela. Vous ne comprenez pas ce qui se joue ? C’est l’avenir d’une part de l’humanité, l’avenir de toute l’humanité qui est en jeu, lorsque des êtres humains sont capables de vendre d’autres êtres humains. Jusqu’où devons-nous aller pour nous faire entendre. Et là je m’adresse aux dirigeants africains levez-vous, faites quelque chose ! »

L’homme de la vidéo a expliqué plus tard qu’il avait presque effacé la vidéo quelques minutes après l’avoir enregistrée, pensant que c’était trop passionné, trop en colère. Je suis content qu’il ne l’ait pas effacé. La vidéo est devenue virale quelques instants après avoir été publiée en ligne ! En quelques jours, il avait été vu plus d’un million de fois. Aujourd’hui, moins d’un an après sa publication, elle a été vue plus de 4 millions de fois !

Encouragé par la réaction immédiate à sa première vidéo, il a réalisé une seconde vidéo appelant toutes les personnes révoltées comme lui par les atrocités subies par les Noirs en Libye à se retrouver pour une manifestation devant l’ambassade de Libye à Paris. La réaction a été bien plus grande que ce dont il n’a jamais rêvé: non seulement des centaines de personnes ont manifesté à Paris, mais la même manifestation a eu lieu devant les ambassades libyennes à Bruxelles, Londres, Bamako, Conakry et bien d’autres capitales du monde.

Qui sont cet homme et cette femme, qui au demeurant ne se connaissent même pas et qui n’ont été liés dans cette histoire que par la magie des images et des réseaux sociaux ?

Aujourd’hui, je suis inspiré par Nima Elbagir du Soudan, la journaliste courageuse qui est allée incognito en Libye pour rapporter cette histoire au monde, et Claudy Siar, l’homme en France qui a appelé le monde à protester et à agir pour y mettre fin.

Nima Elbagir est née à Khartoum en 1978. Son père, le docteur Ahmed Abdullah Elbagir, était un journaliste de grande renommée dans le pays. Avant sa naissance, ses parents ont fui en Egypte. Sa mère, Ibtisam Affan, était enceinte d’elle au Caire, quand son père a été capturé et ramené au Soudan où il a été emprisonné pendant quatre ans. Nima devait le voir pour la première fois à l’âge de trois ans.

Après la libération de son père, la famille s’est installée au Royaume-Uni. Elle avait huit ans quand ils sont retournés vivre au Soudan. Dans les années 1980, Ahmed Abdullah Elbagir a fondé le journal El Khartoum. Sa mère en était l’éditeur. Nima est fière de son héritage familial, de son père rebelle et de sa mère, première femme éditrice au Soudan.

Après avoir terminé ses études secondaires à Khartoum, Nima est retournée au Royaume-Uni pour obtenir une licence en philosophie à la London School of Economics.

Parlant couramment l’anglais et l’arabe, Nima a commencé sa carrière de journaliste au Soudan en décembre 2002, avec l’agence Reuters. C’était le début d’une riche carrière couvrant des sujets difficiles tels que le conflit dévastateur dans la région du Darfour, le bombardement américain en Somalie, l’enlèvement de 250 filles par Boko Haram. Chaque fois, que ce soit au Darfour, à Mogadiscio ou à Chibok, elle était parmi les premiers journalistes, sinon la première sur les lieux.

Elle a rejoint CNN en février 2011 en tant que correspondante basée à Johannesburg avant de rejoindre le bureau de Nairobi puis celui de Londres. C’est là qu’elle travaillait quand elle a reçu les images d’une vente aux enchères d’esclaves. Lors de son voyage à Tripoli à l’automne 2017, Nima a voyagé avec le producteur Raja Razek et le photojournaliste Alex Platt.

Leur documentaire a été récompensé par le prix George Polk 2018 dans la catégorie des reportages télévisés à l’étranger, le prix RTS pour le scoop de l’année et un prix Golden Nymph dans la catégorie Meilleur article télévisé.

Le documentaire a mené à l’adoption de sanctions sans précédent par les Nations Unies contre six hommes identifiés comme trafiquants en juin 2018.

«Il faut faire plus. Nous devons rappeler à ces enfants qui tentent de poursuivre leurs rêves en Europe que leurs rêves valent la peine et qu’ils en valent la peine et que le monde entier se soucie. Je ne sais pas que nous sommes encore là», dit Nima.

Claudy Siar est quant à lui né dans le 11e arrondissement de Paris, en 1964. D’origine guadeloupéenne, il a grandi à Vigneux-sur-Seine dans l’Essonne avec une mère infirmière et un père chauffeur de bus. Pendant son adolescence, il est placé en pension chez des viticulteurs à Pierre Longue, un village de la Drôme, pendant quatre ans il apprend les valeurs de la terre.

A l’âge de 20 ans, Claudy Siar intégrant l’équipe de la radio antillaise de Paris et Europe 1. Deux années plus tard, il rejoint France Inter, où il interview des artistes antillais et africains.

En 1995, il rejoint Radio France Internationale et lance l’émission pour laquelle il est le plus connu aujourd’hui, Couleur Tropicale, considérée aujourd’hui comme une référence pour les amoureux des musiques « Afro » dans le monde entier.

Engagé pour la cause africaine, il lance le concept de la « Génération consciente », ce qui lui vaut d’être autant connu comme activiste que comme animateur de radio. Sa vie d’activiste le mènera au cours des ans à mener plusieurs manifestations contre les injustices et le racisme. Le 23 avril 1993 il est l’organisateur de la première marche pour commémorer l’abolition de l’esclavage en France. Plus de 10 000 personnes se déplacent et parcourent la place de la République à la place de la Nation.

Sa passion pour les droits de l’homme et ses combats contre le racisme que subissent les noirs en France le mènent à être nommé délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer en mars 2011.

De nombreuses personnalités ont suivi l’exemple de Claudy, elevant leurs voix pour dénoncer ce qui se passe en Libye, incitant les pays africains et leurs homologues européens à prendre des mesures pour évacuer les migrants détenus en Libye.

Il est difficile de savoir combien de personnes ont été évacuées à ce jour ou combien sont encore détenues en Libye. Selon un rapport publié par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à la fin de l’année dernière, environ 18 000 personnes étaient détenues dans des centres de détention pour immigrants contrôlés par le gouvernement de Tripoli.

Personne ne sait combien sont détenus dans des zones contrôlées par les différentes milices qui se partagent ce pays dirigé jadis par le Colonel Mouammar Kadhafi.

Merci pour vos contributions à l’Héritage de l’Afrique, Nima et Claudy! Grace à vous, le monde a vu de ses propres yeux les preuves de l’esclavage de jeunes africains en Libye, Nima, et a été encouragé d’agir par vos mots passionnés, Claudy!

#BeTheLegacy #WeAreTheLegacy #Mandela100 #UMURAGEkeseksa

Contributors

Um’Khonde Habamenshi
Lion Imanzi

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Congo-Brazzaville: des réfugiés rwandais non candidats au retour témoignent http://www.therwandan.com/fr/congo-brazzaville-des-refugies-rwandais-non-candidats-au-retour-temoignent/ http://www.therwandan.com/fr/congo-brazzaville-des-refugies-rwandais-non-candidats-au-retour-temoignent/#respond Sun, 09 Sep 2018 14:03:55 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6256

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Communales belges d’octobre 2018 : Faisons connaissance avec « ces candidats rwandais qui dérangent » http://www.therwandan.com/fr/communales-belges-doctobre-2018-faisons-connaissance-avec-ces-candidats-rwandais-qui-derangent/ http://www.therwandan.com/fr/communales-belges-doctobre-2018-faisons-connaissance-avec-ces-candidats-rwandais-qui-derangent/#respond Sun, 09 Sep 2018 13:41:47 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6252

Laure Uwase

Laure Uwase

Tout a commencé en 2012 lorsque Laure Uwase, jeune belge originaire du Rwanda et habitante de Denderleeuw, engagée depuis 2007 dans le secteur associatif au sein de sa commune, participe à la campagne électorale d’un militant du CD&V qui se présentait aux élections. L’énergie que la jeune femme déploie, les idées qu’elle soumet lors des réunions et sa facilité à communiquer aux citoyens, le projet du candidat qu’elle soutient n’échappe pas aux regards des ténors du parti.  En 2014, à la fin de ses études de droit à la KUL, Laure est contactée par un cadre du CD&V qui lui suggère de postuler comme assistante parlementaire. Cette dernière, séduite fortement par l’idée, hésite longuement avant de finalement opter pour la voie du barreau à laquelle elle aspirait depuis son enfance.

A côté de cet ancrage local au sein de sa commune, Laure s’est, dès son plus jeune âge, intéressée aux questions touchant le Rwanda son pays d’origine. Son intérêt sur les questions rwandaises, en particulier la question des droits de l’Homme, la pousse à rejoindre l’ASBL Jambo en 2010 à l’âge de 18 ans.  Au sein de l’association, elle assure différentes responsabilités notamment rédactrice en chef de Jambonews, puis secrétaire générale de l’ASBL avant de prendre du recul en 2016 au terme de son mandat pour se recentrer sur son engagement associatif et militant au sein de la commune de Denderleeuw et du parti CD&V.

Mugabe Nizeyimana

Mugabe Nizeyimana

Mugabe Nizeyimana, ingénieur civil de formation travaillant aujourd’hui dans la consultance a, tout comme Laure Uwase, grandi dans la commune de Denderleeuw, commune au sein de laquelle il est connu pour son engagement au sein du club de football local et surtout de la fanfare de Denderleeuw au sein de laquelle il joue du saxophone. « A Denderleeuw, la fanfare qui existe depuis plus 100 ans, est une véritable institution au cœur du vivre ensemble entre citoyens », nous a confié Mugabe.

En 2012, ce dernier, également intéressé par les questions touchant son pays d’origine en particulier la question de la mémoire, Mugabe participe à une commémoration organisée par l’ASBL Jambo. « Bouleversé » par les témoignages qu’il entend ce jour là, il décide, quelques mois après, de rejoindre l’ASBL au sein de laquelle il occupera notamment la tête du département « Mpore Mémoire et Justice  » . Il précise : « Je voulais apporter ma petite pierre à l’édifice, je trouvais le travail de mémoire que faisait l’ASBL indispensable et étais particulièrement séduit, à toutes les victimes,  c’est pourquoi je me suis engagé dans Mpore ».

En décembre 2017, alors qu’il avait entretemps déménagé dans la commune de Schaerbeek, il aide un ami qui voulait se présenter aux élections communales de préparer son projet et c’est dans dans ce cadre que l’idée de se présenter lui a été insufflée. « J’avais tellement de sujets de préoccupations pour la commune notamment la sécurité de la communauté cycliste dont je fais partie, que je ne cessais de présenter« , déclare-t-il.

Gustave Mbonyumutwa

Gustave Mbonyumutwa

Gustave Mbonyumutwa, qui travaille dans le secteur bancaire en tant qu’informaticien, est connu dans le milieu associatif bruxellois, pour avoir été l’initiateur de l’ASBL « Muzaze », une ASBL qui avait pour objectif d’organiser des moments de rencontre et d’échanges entre jeunes de différentes communautés. Ces moments se terminaient souvent autour d’activités festives dont il assurait lui-même l’animation musicale. A côté de Muzaze, il entraînait une équipe féminine de basketball et était l’administrateur de « Aventuria », une ASBL bruxelloise réunissant une trentaine de jeunes d’origines diverses autour du mini-foot. C’est justement sous l’aspect sportif qu’il découvre l’ASBL Jambo en aidant dans l’organisation de journées sportives que l’ASBL organise alors sur base annuelle. En 2016, il rejoint pleinement Jambo et coordonne l’équipe en charge du suivi d’une loi qui visait au départ à sanctionner les personnes niant  « le génocide commis par le régime hutu power rwandais en 1994 » et qui contenait plusieurs éléments et formulations qui suscitaient de vives inquiétudes au sein de l’association. Presque deux ans plus tard, en février 2018, Gustave Mbonyumutwa était élu Président du Conseil d’administration de l’ASBL Jambo pour un mandat de deux ans.

En mai 2018, suite à une énième discussion politique avec un ami membre du parti DéFI, Gustave décide de franchir le pas et de s’engager en politique au sein de sa commune.  Il nous confie, avec étonnement : « Je souris car ces derniers mois, on a tendance à réduire ma personnalité à l’ASBL Jambo dont j’assure la présidence, alors qu’à 41 ans, mes années d’engagement au sein de Jambo ne représentent même pas un 20ème de ma vie, j’ai plusieurs centres d’intérêts, plusieurs aspirations de changement, que soit au niveau du Rwanda, mon pays d’origine, au niveau de la Belgique, mon pays d’accueil, ou au niveau local au sein de ma commune, c’est en ce sens que j’ai souhaité m’engager ».

« Pour moi, les enjeux locaux sur lesquels je souhaitais m’investir étaient différents des enjeux fédéraux ou internationaux. Ayant vécu à Watermael-Boitsfort pendant 7 ans, une commune longtemps gérée par DéFI (ex-FDF),  et dont j’appréciais particulièrement la bourgmestre, le choix pour DéFI était évident pour les matières communales » .

Kigali avertit les membres de Jambo ASBL

Le 26 juillet 2018, alors que plusieurs de ces candidats entraient en campagne,  ils reçurent un avertissement de la part de la diplomatie rwandaise lorsqu’Olivier Nduhungirehe, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères du Rwanda et à ce titre, numéro deux des relations étrangères de Kigali et ancien ambassadeur du Rwanda en Belgique a averti, via son deuxième compte twitter « Ndoli Gitare », les membres de l’ASBL Jambo qui entendaient se présenter aux élections : « Si vous croyez que des éléments négationnistes et subversifs rwandais peuvent tranquillement se porter candidats sur des listes de grands partis politiques belges sans conséquences diplomatiques, vous vous fourrez le doigt dans l’œil ! ».

Bonne chance aux candidats

Le parti DéFi a cédé aux pressions des laudateurs de Kigali, mais les autres candidats continuent, contre vents et marées, leurs campagnes pour les élections communales 2018. Souhaitons-leur bonne chance.

Gaspard Musabyimana

Cet article a été publié pour la première fois sur ECHOS D’AFRIQUE

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Des bras ouverts aux portes fermées: comment l’humanité se meurt lentement dans la mer Méditerranée, 1000 migrants à la fois. http://www.therwandan.com/fr/des-bras-ouverts-aux-portes-fermees-comment-lhumanite-se-meurt-lentement-dans-la-mer-mediterranee-1000-migrants-a-la-fois/ http://www.therwandan.com/fr/des-bras-ouverts-aux-portes-fermees-comment-lhumanite-se-meurt-lentement-dans-la-mer-mediterranee-1000-migrants-a-la-fois/#respond Fri, 07 Sep 2018 21:37:52 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6243 En 2011, à la suite du Printemps Arabe et l’augmentation soudaine de migrants traversant la méditerranée qui s’en est suivi, une petite île proche de la Sicile, connue auparavant pour ses belles plages touristiques, s’est retrouvée décrite dans les media nationaux et internationaux comme le symbole par excellence de ce qu’on appelle aujourd’hui la crise des migrants.

Aujourd’hui je suis inspiré par la population de Lampedusa. Le monde entier a été touché par la manière extraordinairement accueillante dont les habitants de cette petite île ont traité les réfugiés, qui étaient souvent plus nombreux que sa population de 6 000 habitants.

Lorsque François a été élu pape, Lampedusa a été le premier lieu visité par le Pontife en dehors de Rome. C’était le 8 juillet 2013.

Au cours de sa visite, le Pape des pauvres a prié pour les migrants illégaux qui se sont noyés en tentant d’atteindre l’Europe et a jeté une gerbe de fleurs dans la mer, en signe de deuil.

Dans son homélie, Francis a dénoncé ce qu’il a appelé la «mondialisation de l’indifférence», affirmant que les cris et le sang des migrants qui ont péri dans la mer fait que Dieu s’interroge sur la manière dont nous traitons nos frères et sœurs migrants.

En octobre 2013, trois mois plus tard presque jour pour jour, un bateau de pêche de 20 mètres de long transportant 500 migrants de différents pays d’Afrique subsaharienne a quitté Misrata, en Libye, en direction de l’Europe.

Malheureusement, le moteur du bateau est tombé en panne à une courte distance de la côte et le navire a commencé à se remplir d’eau.

Comme la nuit était déjà tombée, l’un des passagers a décidé de brûler une couverture pour qu’ils puissent être vus par les bateaux de sauvetage.

Ce qui s’est passé ensuite ce 3 octobre 2013 est l’une des pires tragédies que vous pouvez imaginer: l’incendie est devenue hors de contrôle, ce qui a mis le feu aux réserves de carburant du bateau et puis au bateau tout entier. De nombreux passagers ont sauté à l’eau, mais les secousses ont fait chavirer le navire, qui a coulé avec des passagers coincés en dessous!

Seules 155 personnes ont été sauvées du naufrage et plus de 360 personnes ont été retrouvées après une mission de recherche et de sauvetage qui a mobilisé des avions et robots. Une centaine de personnes ont été retrouvées dans les profondeurs de la mer, piégées dans l’épave du bateau!

Le journal The Guardian a récemment publié un article écrit par un médecin de Lampedusa, Pietro Bartolo, qui a partagé son souvenir de cet événement tragique:

« Je ne peux pas oublier ce qui s’est passé le 3 octobre 2013, non loin du port de Lampedusa. Ce jour-là, 368 personnes ont perdu la vie – à quelques centaines de mètres du salut! Qaund j’ai effectué les autopsies sur tous ces petits corps, j’ai été frappé par la facon dont ils étaient bien habillés – leurs petites chaussures, leurs cheveux en tresses. Leurs parents les avaient habillés avec soin pour les préparer à leur entrée dans un nouveau monde et entamer une nouvelle vie, une vie finalement sans soucis. Ils n’ont jamais vu ce monde. Et cela me brise le cœur de penser que je n’entendrai jamais leurs histoires. Ce jour-là a marqué ma vie. Souvent, ces petits visages me hantent dans mes cauchemars.  »

Une semaine plus tard, le 11 octobre, un deuxième navire transportant 200 migrants, venant cette fois de Syrie et de Palestine, a coulé à une cinquantaine de kilomètres de l’endroit où le premier bateau a coulé, près de la même île italienne. Quelque 34 personnes sont mortes dans l’accident.

Cette double tragédie et l’afflux de migrants secourus ont encore une fois placé cette petite île de Lampedusa au cœur du débat sur la migration.

L’’île italienne est et restera à jamais connue pour les deux naufrages et la manière extraordinaire dont les habitants de l’île ont accueilli les réfugiés.

Au lendemain de la tragédie de Lampedusa, le 18 octobre 2013, deux semaines après le premier et une semaine après le deuxième naufrage, le gouvernement italien a spontanément décidé de lancer une vaste opération appelée «Mare Nostrum» (ce qui signifie « Notre Mer » en latin), une opération navale et aérienne visant à sauver les migrants et à prévenir de nouvelles tragédies.

C’était il y a presque 5 ans.

Si vous n’avez pas regardé les nouvelles des migrants depuis l’épisode tragique de Lampedusa, vous avez probablement été surpris le 11 juin 2018, en voyant dans les nouvelles le Premier ministre italien nouvellement élu, Giuseppe Conte, refuser d’accueillir un bateau de migrants transportant 629 migrants. Dieu merci, le navire d’aide a été reçu par l’Espagne!

Quoi, vous demanderez-vous? Qu’est-ce que j’ai raté? Pourquoi? Comment?

Comment est-ce que nous sommes passés de «Ceci est ‘notre mer’, pour vous et pour nous» à «Ceci est notre mer et vous n’y êtes pas les bienvenus» en seulement cinq ans?

Ce qui s’est passé, c’est que la politique a gagné son match contre l’humanité. Enfin presque, car le match n’est pas fini, tous les sets n’ont pas encore été joués.

Premier set: Notre mer est votre mer

L’opération «Mare Nostrum» était la réponse humaine et naturelle à une tragédie qui avait choqué toute la nation. Des personnes étaient mortes dans la mer auparavant, mais quelque chose dans les naufrages de Lampedusa, avec le bateau en feu et le nombre impressionnant de réfugiés qui se sont posés sur cette petite île, ont touché l’opinion publique italienne et les politiciens ont agi dans le sens attendu.

L’opération de sauvetage a été sans précédent: elle a mobilisé une flotte de 32 bateaux, un sous-marin, des avions et des hélicoptères, 700 à 1 000 membres du personnel aérien et maritime de la marine, des forces aériennes, des carabiniers, et d’autres organes du judiciaire et ceux impliqués dans le contrôle des flux migratoires par voie maritime.

L’initiative provenait d’une bonne intention, mais son budget de 12 millions de dollars par mois était trop lourd pour un seul pays. Sans le soutien tangible d’autres pays européens, l’opération n’a duré qu’un an. Au 31 octobre 2014, l’Italie avait sauvé 130 000 personnes et offert des soins médicaux, des logements, de la nourriture et même une aide juridique.

Bien que le gouvernement ait tenté de rationaliser les raisons pour lesquelles il mettait fin au programme humanitaire, des critiques ont fait remarquer que la raison en était peut-être que l’Italie avait été critiquée par d’autres pays européens à huis clos de laisser les migrants quitter l’Italie et aller demander l’asile dans d’autres pays européens.

Deuxième set: les ONG comblent le Vide

En l’absence d’une réponse coordonnée par plusieurs États, les philanthropes et les ONG internationales ont décidé de combler le vide et de prendre les choses en main.

Aujourd’hui, je suis inspiré par: l’entrepreneur italo-américain Regina et Christopher Catrambone, qui en 2014 ont transformé un ancien bateau de pêche en un bateau de sauvetage, le Migrants Offshore Aid Station (MOAS); L’ONG allemande Sea-Watch et les agences de Bruxelles et de Barcelone de MSF qui ont créé des installations flottantes similaires en 2015, les Bourbon Argos et Dignity I; SOS Méditerranée qui, en 2016, a affrété un navire de 77 mètres, rebaptisé The Aquarius, a opéré en partenariat avec la filiale d’Amsterdam de MSF, pour n’en citer que quelques-uns.

Ces navires effectuent des opérations de sauvetage entre 20 et 50 km au large des côtes libyennes et les amènent du côté européen, principalement dans les ports italiens.

Comme vous avez tous suivi l’actualité de cette tragédie en cours, vous savez que ce deuxième set n’est pas le dernier du match, que ce n’était pas la fin de la tragédie ou l’épilogue heureux d’un conte jusque- là assez macabre.

Troisième set: Priorité: Contrôle des frontières

Au lieu de soutenir ces initiatives louables, différents pays européens ont préféré leur imposer des restrictions, les forçant à abandonner leurs opérations une par une. Aujourd’hui, il ne reste plus que deux des douze bateaux à but non lucratif qui sauvait les immigrants.

Quatrième set: Le Deal Libyen

Il y a quelques mois, lorsqu’une journaliste infiltrée clandestinement en Libye a révélé au monde entier les ventes d’esclaves qui y ont lieu, nous avons découvert que le gouvernement italien – celui-là même que nous avions applaudi pour sa réponse humanitaire aux naufrages de Lampedusa en octobre 2013 – avait conclu un accord avec les autorités libyennes en février 2017 pour empêcher les migrants d’atteindre l’Europe !

Même la personne toujours indulgente que je suis, la personne qui essaie toujours de trouver le bien chez les gens ne peut trouver aucune once de bonté ou de bonnes intentions dans un tel accord! La partie la plus choquante est que les dirigeants européens ont approuvé l’accord, le louant pour le fait qu’il «contribue à réduire de manière significative le nombre de migrants voyageant vers le continent depuis la Libye».

Et c’est vrai, les chiffres ont diminué. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, à la mi-avril de cette année, seuls 18 575 migrants et réfugiés sont arrivés en Italie, en Grèce, à Chypre et en Espagne en traversant la mer Méditerranée, contre plus de 200 000 en 2016.

Cinquième set: LHumanité met la Politique KO.

Ce cinquième set nes’est pas encore joué mais j’ose espèrer que ça viendra. Ne jetons donc pas nos tickets, on ne sait jamais.

En attendant ce cinquième set, laissez-moi vous poser cette question: qu’est-ce qui a fait que le nombre de migrants a diminué de manière aussi drastique? Est-ce que

(a) les conditions de vie dans leur pays ont été tellement miraculeusement améliorées qu’elles ont abandonné l’idée de partir;

(b) les images de personnes noyées dans la mer et les traitements cruels qu’elles subissent à leur arrivée en Europe ont convaincu les gens que cela ne valait pas la peine de faire le voyage; ou

(c) ils quittent toujours leur pays d’origine mais ils sont capturés, détenus, torturés et tués avant de pouvoir embarquer sur les navires des migrants?

Je n’ose pas répondre à ça !!

Quelle leçon tirons-nous de cet article ? Eh bien, lorsqu’un étranger aide un enfant de l’autre côté de la rue ou des personnes âgées avec des sacs d’épicerie, cela s’appelle un acte de bonté aléatoire. Certains disent que ce genre de choses ne se produisent plus, que le monde est devenu trop égoïste pour ça.

Je suis heureux que les habitants de Lampedusa et les personnes extraordinaires qui ont créé et géré les missions de sauvetage en mer nous prouvent que l’altruisme n’est pas tout à fait mort.

Ils n’étaient pas obligés de sauver ces migrants, mais ils ont bravé les eaux si cruelles et défié les politiques les plus intransigeantes pour donner espoir à des milliers de migrants africains qui ont fait le voyage périlleux à travers la Méditerranée à la recherche d’une vie meilleure.

Le flux de migrants arrivant en Europe a peut-être ralenti mais la crise est toujours en cours. Nous prions pour que l’histoire renverse son cours et que l’humanité soit la seule réponse possible face à une tragédie de cette ampleur.

En ce qui concerne les migrants qui se rendent de l’autre côté de la mer, j’espère que leur moral ne sera pas brisé par l’accueil cruel dont ils font l’objet et ne seront pas découragés de poursuivre leurs rêves. Et j’espère que ces petits enfants que je vois être sauvés des eaux grandiront pour devenir des médecins, des avocats, des artistes, des écrivains. Et des historiens, beaucoup d’historiens, pour nous aider à comprendre ce mouvement et empêcher le monde d’effacer leur indifférence honteuse ou de réécrire en leur faveur cet épisode troublant de notre histoire collective!

Félicitations pour votre contribution à l’Héritage de l’Afrique, Sauveteurs de la Méditerranée et population de Lampedusa et des villes Européennes qui ont reçu les migrants à bras ouverts, se sacrifiant pour eux sans rien attendre en retrou! Nous vous devons beaucoup! #BeTheLegacy #WeAreTheLegacy # Mandela100 #UMURAGEkeseksa

Contributeurs

Um’khonde P Habamenshi
Lion Imanzi

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Combattants FDLR Cantonnés au camp Lt Gen Bauma à Kisangani. Enième cri de détresse. http://www.therwandan.com/fr/combattants-fdlr-cantonnes-au-camp-lt-gen-bauma-a-kisangani-enieme-cri-de-detresse/ http://www.therwandan.com/fr/combattants-fdlr-cantonnes-au-camp-lt-gen-bauma-a-kisangani-enieme-cri-de-detresse/#respond Wed, 05 Sep 2018 21:09:42 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6239 Nous, combattants FDLR désarmés volontairement et cantonnés avec nos dépendants en majorité des enfants (+/- 63 % des cantonnés), lançons un énième cri de detresse, le troisième du genre en moins d’un mois. Les précédents dénonçaient l’inanition subie et prolongée pendant 17 jours du 08 au 23 Août 2018. Situation impensable dans un camp géré par une mission onusiènne qu’est la MONUSCO via la DDRRR.

Au moment où nous espérions nous remettre des dommages physiques et physiologiques causés par cette inanition, nos gestionnaires passent plutôt brusquement à une vitesse supérieure en nous privant cette fois-ci d’un besoin vital, qu’est l’EAU et ce, depuis le 31 Août 2018 ! Ce qui est le prolongement de l’inanition sous une autre forme beaucoup plus cruelle ( impossibilité de cuire sans eau).

Cette privation d’eau a pour d’autres conséquences: la soif, le manque d’hygiène corporelle et celles des installations sanitaires ayant entre autres pour corollaires un cortège de malheurs: la déshydratation, l’apparition d’épidémies de choléra et/ou de dysenterie, les maladies de la peau de tout genre,… bref un holocauste en perspective à l’image de celui des Juifs à l’époque nazie dans les camps de concentration.

Ce qui est entrain de nous arriver, nous rappelle la déstruction des camps des réfugiés rwandais à l’Est de l’ex-Zaïre en 1996 par l’armée du FPR- INKOTANYI lorsqu’ils furent ignominieusement massacrés, pourchassés ou rapatriés de force au vu et au su des Nations Unies. Ces dernières ont commandé une enquête sur cette tragédie qui s’est soldée par un rapport dit « MAPPING REPORT » qui moisit jusqu’à date dans leurs tiroirs de New York.

Nos tententives de joindre le DDRRR de la MONUSCO se sont toutes soldées par une fin de

non-recevoir, et notre lettre du 15 Août 2018 adressée au Secrétaire Général de l’ONU reste sans suite; il ne nous reste donc que comme ultime recours les Organisations de défense des Droits de l’Homme, des Humanitaires et/ou des tierces personnes physiques ou morales éprises de paix et d’humanité.

Fait à Kisangani, le 04/09/2018

Responsable des Cantonnés

Maj MUGISHA Faustin (Sé)

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Belgique-Rwanda : Kigali choisit pour les partis politiques en lice les candidats aux élections communales belges. http://www.therwandan.com/fr/belgique-rwanda-kigali-choisit-pour-les-partis-politiques-en-lice-les-candidats-aux-elections-communales-belges/ http://www.therwandan.com/fr/belgique-rwanda-kigali-choisit-pour-les-partis-politiques-en-lice-les-candidats-aux-elections-communales-belges/#comments Wed, 05 Sep 2018 18:48:28 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6231 Par Emmanuel Neretse

Aussi incroyable que cela peut paraitre le régime de Paul Kagame est entrain d’imposer des candidats aux partis politiques ou de faire invalider d’autres pour les élections communales du 14 octobre 2018 en Belgique!

Contexte

Les citoyens belges d’origine rwandaise constituent actuellement l’une des importantes communautés  de Belges allochtones. Ses membres se sont donc intégrés dans tous les secteurs de la société belge. Certains, surtout les jeunes qui n’ont connu que la Belgique comme seule patrie, commencent même à tâter à la politique.

Cependant, cette communauté rwandaise reste traversée par le clivage qui marque l’histoire et la politique du Rwanda depuis 1994 exacerbée par la conquête du pays par les éléments tutsi issus de l’armée régulière de l’Ouganda sous le commandement de Paul Kagame, conquête qui s’est accompagnée des massacres interethniques depuis 1990. Ces massacres allaient atteindre leur paroxysme en avril 1994 après l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 06/4/1994 quand son avion fut abattu dans le ciel de Kigali par un missile sol-air tiré par un commando envoyé par le même Paul Kagame. Ainsi donc, tout belge d’origine rwandaise est classé soit comme un pro-Kagame, donc un bon ; soit un mauvais selon qu’il est critique envers le régime Kagame ou lié de près ou de loin au régime qu’il a renversé.

Le poids des lobbies

On savait que le régime dictatorial de Paul Kagame disposait de puissants lobbies en Belgique surtout dans la famille politique libérale et dans le monde des affaires. Mais on ne pouvait pas s’imaginer qu’il pouvait s’ingérer ouvertement, et avec arrogance, dans l’exercice de leurs droits politiques de certains citoyens belges.  Ce qui, ailleurs, pouvait être jugé intolérable et dénoncé avec fracas, est, en Belgique, endossé et la tendance est même de s’excuser devant Paul Kagame.

Modus operandi : pressions politiques sous amalgames juridiques

Les initiateurs et exécutants de cette opération (les services secrets du gouvernement rwandais, les associations de Rwandais de Belgique liées à l’ambassade : Ibuka, CRB-Rugali), agissent sur deux axes. Après avoir scruté minutieusement les listes des candidats de tous les partis, quand ils y décèlent quelqu’un qui n’est pas un partisan du parti au pouvoir (le FPR), ils crient d’avoir découvert un « négationniste ». Car, pour eux, quiconque critique la dictature du FPR de Paul Kagame ou dénonce les crimes de guerre commis par les combattants tant au Rwanda qu’en RDC, devient « négationniste ».

Même si ces accusations ridicules et non fondées sont juridiquement inopérantes, elles deviennent politiquement destructrices car les Etats-majors des partis veillent à ne pas s’encombrer d’un cas qui leur coûterait des voix en crédibilité, quand leurs adversaires, ceux-là mêmes qui sont des lobbies du FPR de Kagame, pourront clamer que ces partis ont aligné dés « négationnistes et génocidaires » sur leurs listes. Pourtant, au même moment, des agents du FPR vivant en Belgique et même des membres de sa milice « Intore » revenant des entraînements militaires annuels, sont mis sur des listes de ces partis pro-Kagame sans qu’aucune voix n’ose relever ce fait.

Victimes idéales

Quel est le profil de ces candidats aux élections belges qui sont dits « rwandais » ??? et accusés  d’être «  négationnistes ou génocidaires » ? Si d’aventure celui-ci serait un descendant d’un des révolutionnaire ayant aboli la monarchie féodale en 1959-1961, ou d’un dignitaire ou d’un cadre du régime renversé en 1994, il s’ajoute sur sa tête la charge de « génocidaire ».

Sans faire un inventaire exhaustif des victimes de cette campagne, nous avons noté quelques cas qui sont caricaturaux : un candidat d’un parti  a été accusé par les lobbies pro-Kagamé d’être un petit fils d’un des leaders de la Révolution de 1959. Donc, pour eux, un « génocidaire ». Une autre a été accusée d’être la fille d’une journaliste qui donne la parole aux opposants au régime de Kagame. Enfin « l’Ultima ratio regum» de ces puissants lobbies est de dire que les candidats collaborent ou ont collaboré avec une asbl qui ose dire que le FPR de Paul Kagame en général et son armée APR en particulier, ont commis des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité et que le régime viole systématiquement les droits de l’homme. Cette association n’invente pourtant rien car elle ne fait que reprendre le contenu des rapports des ONG qui ont été produits à ce sujet.

Hélas, cela suffit pour priver certains jeunes belges d’origine rwandaise de leurs droits politiques sans qu’ils soient défendus par les partis auxquels ils avaient adhéré tellement les lobbies pro-Kagame sont omnipuissants en Belgique.

Vulgarisateurs zélés et écoutés 

Il est vrai que la campagne est menée par des vulgarisateurs (pour ne pas dire des Vuvuzela) zélés. En première ligne on trouve un certain Alain Destexhe, un sénateur belgo-rwandais. Celui-ci est plus connu pour ses éclats médiatiques que pour son travail parlementaire. Il a ainsi défrayé la chronique dans des affaires de corruption et de conflits d’intérêts depuis Kinshasa (RDC) jusqu’à Bakou (Azerbaïdjan) en passant par Paris (France).  L’autre est la journaliste du Soir connue comme « spécialiste de la région des Grands Lacs surtout du Rwanda », la trop célèbre Colette Braeckman. Grande admiratrice (adoratrice) devant l’Eternel de Paul Kagame (d’abord comme tutsi comme elle l’a affirmé), elle a accompagné sa conquête du Rwanda depuis l’Ouganda dans les années 1987 jusqu’aujourd’hui. Elle n’hésite pas à falsifier grossièrement les faits historiques quand il faut voler médiatiquement au secours de son idole Paul Kagame.

Conclusion

Le problème est essentiellement politique et est donc d’autant plus difficile à résoudre. La portée des attaques du régime de Paul Kagame  relayées par ses lobbies de Belgique est d’ordre politique. Les formations politiques démocratiques auxquelles appartiennent ces jeunes devraient avoir le courage d’y répondre car les arguments ne manquent pas. Mais quand on connaît les calculs politiques, les compromis à la « belge »…on ne peut qu’être pessimiste. Quant au volet judiciaire, il est le plus facile à gérer. Les intéressés peuvent se défendre car ceux qui les accusent d’être  « négationnistes ou génocidaires » doivent être déférés devant la justice pour donner des preuves de ces graves accusations.

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