Rwanda – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr Therwandan Journal Fri, 21 Sep 2018 21:36:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.7 http://www.therwandan.com/fr/wp-content/uploads/sites/2/2016/10/therwandan1-e1476990118446.png Rwanda – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr 32 32 « J’avais voulu purger ma peine avec une attitude d’humilité » Kizito Mihigo http://www.therwandan.com/fr/javais-voulu-purger-ma-peine-avec-une-attitude-dhumilite-kizito-mihigo/ http://www.therwandan.com/fr/javais-voulu-purger-ma-peine-avec-une-attitude-dhumilite-kizito-mihigo/#respond Thu, 20 Sep 2018 17:56:10 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6306 Après plus de quatre années passées en prison, et alors qu’il avait été condamné pour tentative de meurtre du président de la République et atteinte à la sécurité du pays, Kizito dit être prêt à reprendre son métier d’artiste. Même s’il est conscient d’avoir touché un sujet très sensible en parlant du génocide, une raison pour laquelle sa musique est interdite dans les radios et télévisions du pays. Kizito Mihigo s’est entretenu avec Etienne Gatanazi, notre correspondant à Kigali.

DW : Kizito Mihigo, bonjour. Vous venez de passer plus de quatre ans derrière les barreaux. Est-ce que votre libération a été une surprise ou bien est-ce que vous vous y attendiez ?

Kizito Mihigo : Une surprise, oui et non. Depuis le jour de mon arrestation au mois d’avril 2014, j’avais voulu purger ma peine avec une attitude d’humilité, en demandant pardon au président de la République. Vous savez que le crime dont j’étais accusé était contre le président de la République et le pouvoir en général. En fait, j’espérais que le président, qui connait bien mon cas, allait être sensible à ma demande de pardon. D’un autre côté, cela a été une surprise puisque la radio l’a annoncé dans la soirée du 24 septembre, vers 23 heures, et toute la prison s’est réveillée et a commencé à crier. Je l’ai appris à ce moment-là. Donc je n’étais pas au courant de la décision avant qu’elle soit annoncée.

DW : L’une de vos compositions, »Igisobanuro cy’urupfu », traduit comme « La définition de la mort », a causé un émoi dans la société. Certains estiment que vous avez évoqué un sujet très sensible, les massacres qui n’ont pas été qualifiés comme génocides. Un sujet qui n’est évoqué que rarement. Comment vous êtes-vous senti devant cette réaction de certains Rwandais?

KM : Oui, j’ai été au courant de cette polémique, l’œuvre chrétienne a créé beaucoup de polémiques à l’intérieur du pays et à l’extérieur. Mais ça m’a vraiment désolé puisque mon intention n’était aucunement de soulever des polémiques. Par ailleurs, mon intention n’était pas du tout négationniste ou révisionniste comme certains essayaient de le qualifier. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il s’agissait d’une chanson chrétienne avec l’objectif de transmettre un message de compassion envers tous, un message de pardon, de réconciliation profonde. Je démontrais dans cette chanson que le génocide perpétré contre les Tutsi, que nous avons vécu, est pour nous, les rescapés, une école pour apprendre le pardon et la compassion. C’est-à-dire que la souffrance ne nous apprend pas à nous éloigner de l’autre ou le rejeter. Au contraire, la souffrance nous apprend à être sensibles à la souffrance de l’autre, d’être plus compatissant et miséricordieux.

DW : Diriez-vous que les artistes rwandais jouissent de leurs droits de composer leurs œuvres sans se soucier des répercussions?

KM : Moi je dirais qu’il faut quand-même se soucier de ça. C’est-à-dire qu’avant de composer une chanson, la chanson étant un message envoyé à la société, il faut tenir compte de la réceptivité de la société. Il serait naïf d’envoyer ce message dans une société sans savoir ce que nos fans vivent, ou ont envie d’entendre pour avancer.

DW : Pensez-vous que vous êtes le bienvenu dans une société qui a déjà des préjugés sur vous? Comme par exemple le bannissement de vos compositions dans tous les médias locaux

KM : Justement, ça va être difficile de retrouver la société, de me réintégrer, comme on dit. Pour moi, la société rwandaise, qui est ma famille, s’est quelque part trompée sur la personne parce que je me dis que mes chansons n’avaient aucun autre objectif a part celui de guérir, de consoler, de soutenir, de réconcilier, d’accompagner sur le chemin de la guérison que nous suivons depuis la fin du génocide. Alors, j’espère avoir l’autorisation de la part du gouvernement de pouvoir continuer mes œuvres. Je ne me sens pas du tout complexé, je n’aurai pas peur de les approcher. Si j’ai l’autorisation de continuer mon travail, je continuerai sans complexe. Mais si jamais on ne m’autorise pas à continuer, alors je commencerai à réfléchir à autre chose.

DW : Vos amis artistes vous ont-ils apporté du soutien pendant votre séjour en prison? Des visites, par exemple?

KM : Malheureusement, non, je n’ai pas eu le soutien d’artistes rwandais pendant toute cette souffrance que j’ai vécu pendant quatre ans. Artistiquement parlant, cette expérience, je l’ai vécue seul. Ce ne sont que des individus qui m’ont rendu visite, des amis que j’avais, mais aucun artiste rwandais ne m’a soutenu. Peut-être qu’ils avaient peur de se montrer compatissants envers une personne qualifiée de dangereuse. Mais je ne les condamne pas.

Source: DW

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Rwanda: l’avertissement de Paul Kagame à Victoire Ingabire http://www.therwandan.com/fr/rwanda-lavertissement-de-paul-kagame-a-victoire-ingabire/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-lavertissement-de-paul-kagame-a-victoire-ingabire/#respond Thu, 20 Sep 2018 10:00:01 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6304

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L’opposante Victoire Ingabire est menacée par le président Kagame http://www.therwandan.com/fr/lopposante-victoire-ingabire-est-menacee-par-le-president-kagame/ http://www.therwandan.com/fr/lopposante-victoire-ingabire-est-menacee-par-le-president-kagame/#respond Wed, 19 Sep 2018 23:18:04 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6300

À peine sortie de prison après huit ans de séjour carcéral, l'opposante Victoire Ingabire est menacée par le président du Rwanda @PaulKagame qui indique qu'elle devrait "faire attention". Mais Victoire #Ingabire se montre elle aussi sereine. #Rwanda pic.twitter.com/jEi9zzljWO

— DW Afrique (@dw_francais) September 19, 2018

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Rwanda: Victoire Ingabire et Kizito Mihigo libérés de prison http://www.therwandan.com/fr/rwanda-victoire-ingabire-et-kizito-mihigo-liberes-de-prison/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-victoire-ingabire-et-kizito-mihigo-liberes-de-prison/#respond Sat, 15 Sep 2018 17:22:30 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6284

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Rwanda: «je vais continuer ma lutte», dit Victoire Ingabire à RFI http://www.therwandan.com/fr/rwanda-je-vais-continuer-ma-lutte-dit-victoire-ingabire-a-rfi/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-je-vais-continuer-ma-lutte-dit-victoire-ingabire-a-rfi/#respond Sat, 15 Sep 2018 14:18:26 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6281

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Kizito Mihigo et Victoire Ingabire libérés http://www.therwandan.com/fr/kizito-mihigo-et-victoire-ingabire-liberes/ http://www.therwandan.com/fr/kizito-mihigo-et-victoire-ingabire-liberes/#respond Fri, 14 Sep 2018 21:07:45 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6275 Kigali, le 14 septembre 2018 – Le Conseil des ministres présidé par le président Paul Kagame a approuvé aujourd’hui la libération anticipée de 2 140 condamnés déclarés éligibles en vertu des dispositions légales. Parmi eux se trouvent M. Kizito Mihigo et Mme Victoire Ingabire Umuhoza, dont le reste des peines a été commué par une prérogative présidentielle à la suite de leurs demandes de clémence les plus récentes en juin de cette année.

FIN

Note aux rédacteurs:

1. Distribution des détenus à libérer tôt:

· Bugesera: 23

· Nyarugenge: 447

· Musanze: 149

· Gicumbi: 65

· Nyanza: 63

· Rubavu: 158

· Rwamagana: 455

· Nyagatare: 24

· Huye: 484

· Muhanga: 207

· Ngoma: 35

· Rusizi: 7

· Nyamagabe: 23

2. Les articles 245 et 246 du code de procédure pénale (loi n ° 30/2013 du 24/5/2013) prévoient la libération conditionnelle d’un condamné ayant purgé au moins un tiers de la peine de moins de cinq ans. des années ou deux tiers d’une peine supérieure à cinq ans (ou au moins vingt ans dans le cas d’une peine à perpétuité), à condition qu’au moins l’une des conditions suivantes soit remplie: donne de sérieux engagements de réinsertion sociale; (2) Il souffre d’une maladie grave et incurable approuvée par une commission médicale composée d’au moins trois médecins reconnus.

3. L’article 109 de la Constitution du Rwanda: «Le Président de la République a le pouvoir d’exercer le droit de grâce, conformément aux procédures prévues par la loi et après consultation de la Cour suprême.»

4. Mme Ingabire a été condamnée à 15 ans de prison en 2013 par la Cour suprême, tandis que M. Mihigo a été condamné à 10 ans en 2015 par la Haute Cour.

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Rwanda: le blogueur Jean de Dieu Ndamira a disparu en mars http://www.therwandan.com/fr/rwanda-le-blogueur-jean-de-dieu-ndamira-a-disparu-en-mars/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-le-blogueur-jean-de-dieu-ndamira-a-disparu-en-mars/#respond Mon, 13 Aug 2018 17:32:46 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6165

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OBSERVATOIRE DES DROITS DE L’HOMME AU RWANDA (ODHR) : ALERTE ET APPEL URGENT SUR LA DISPARITION DE JEAN DE DIEU NDAMIRA http://www.therwandan.com/fr/observatoire-des-droits-de-lhomme-au-rwanda-odhr-alerte-et-appel-urgent-sur-la-disparition-de-jean-de-dieu-ndamira/ http://www.therwandan.com/fr/observatoire-des-droits-de-lhomme-au-rwanda-odhr-alerte-et-appel-urgent-sur-la-disparition-de-jean-de-dieu-ndamira/#respond Sat, 11 Aug 2018 02:12:38 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6158 OBSERVATOIRE DES DROITS DE LHOMME AU RWANDA (ODHR)

Paris – le 10 août 2018

L’Observatoire des droits de l’homme au Rwanda (ODHR), a reçu des informations fiables sur la disparition de Jean de Dieu NDAMIRA. L’ODHR exprime ses vives inquiétudes d’autant que NDAMIRA aurait disparu depuis le 09 mars 2018 et qu’aucune action n’a été faite pour le retrouver et aucun signe de vie de sa part ni de ses proches ou de ses amis n’a été depuis lors enregistré.

Les faits :

Les informations obtenues des sources fiables requérant un appel urgent et alerte sur la disparition de Jean de Dieu Ndamira indique qu’il est rwandais ayant autour de 40 ans, originaire de KIMISANGE dans la Ville de KIGALI et résidait à Nairobi au Kenya.

Il écrivait des récits sur sa vie qu’il publiait sur des réseaux sociaux ou sur des sites professionnels. Son récit très connu sur les réseaux est Ndamira qu’il publiait en épisode (Ndamira-épisode 1 à 31). Il les a publiés sur facebook et des sites professionnels tels que The Rwandan Media Network (http://www.therwandan.com/ki/ndamira-episode-1) et kanyarwanda.net (http ://www.kanyarwanda.net/ki/blog/2018/01/21/ndamira-episode-1/). La première épisode a été publiée le 20 janvier 2018. Il a continué à envoyer ses récits jusque le 07 mars 2018 lorsqu’il a envoyé Ndamira-épisode 31 à The Rwandan.com. Dans ses écrits, il a indiquéqu’il n’avait pas de membres proches dans la famille (ses parents adoptifs sont décédés).

Ces récits l’ont connecté avec beaucoup de lecteurs qui aimaient ses récits. Beaucoup de ces lecteurs lui écrivaient pour demander l’épisode suivante. Parmi eux se trouvaient d’anciens camarades d’école. Il y en a qui n’ont pas aimé qu’il révèle ce qu’ils qualifiaient « de secrets de famille ». Ceux qui le connaissaient et même ceux qui ne le connaissaient pas ou qui se considéraient comme membre de sa famille lui ont demandé de publier ses récits par des voies autres que celles qu’ils considéraient comme appartenant à l’opposition. Il a rejeté leur demande parce que les partenaires qui publiaient ses récits lui accordaient une liberté absolue dans ses publications pendant qu’il craignait de perdre son indépendance avec les sites pro-gouvernementaux et d’être censuré.

La personne sûre qui signale sa disparition indique que la dernière communication avec lui a eu lieu le 09 mars 2018 à Kigali.  Il est parti vendredi le 02 mars 2018 à Kigali par bus via Kampala pour renouveler son passeport. Il est arrivé à Kigali samedi 03 mars 2018 vers 02H00. Dans un audio envoyé à cette personne le 05/03/2018 avant d’entamer les procédures de renouvellement de son passeport, il lui donnait son téléphone de contact à Kigali (+250789147496). Il a écrit à Kigali Ndamira Episode 31 (qui est son dernier récit) et le lui a envoyé le 6 mars 2018 à partir de Kigali. Ce dernier récit a été publié par The Rwandan le 7 mars 2018. En date du 9 mars 2018, il lui a envoyé son dernier message l’informant que son passeport a été renouvelé et qu’il allait immédiatement rentrer à Nairobi. Depuis lors il n’a pas fait signe de vie ni via sa ligne de communication whatsapp (+254790617702), ni via son email (lbe125@yahoo.fr), ni via son numéro de contact à Kigali (+250789147496).

Sa dernière communication sur facebook date du 07 mars 2018, mais en date du 06 avril 2018, un fait inhabituel s’est passé sur son compte facebook.  Un internaute qui se nomme Brenda Gitego demandait sur facebook les nouvelles de Ndamira et un nommé Philbert Muzima lui répondait qu’il constatait que Ndamira était connecté mais tout en se demandant si c’était réellement lui ou un autre internaute qui aurait utilisé son code (password) pour entrer dans son compte.

De l’avis de cette personne fiable, le nom de Brenda Gitego sur facebook serait un nom d’emprunt- et considère que ce compte est souvent utilisé dans la propagande de soutien du régime actuel au Rwanda pour s’en prendre aux opposants.  Il estime en outre que les difficultés que Ndamira aurait rencontrées se situeraient entre 15H30 et 18H30 en date du 9 mars 2018. Il présume que Ndamira a été enlevé à causes de ses écrits et ses opinions libres publiés sur les sites considérés par certains comme critiques contre le gouvernement rwandais.

Observation et actions demandées

Pour rappel le Rwanda n’a jamais voulu signer la convention internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forces, adoptée le 20 décembre 2006 par l’Assemblée Générale de l’ONU, qui est conçue comme un instrument contraignant de lutte contre les disparitions forcées. Selon l’article 1, personne ne doit être victime de tels agissements. La Convention n’admet aucune exception. Ni la guerre, ni le risque de guerre, ni l’instabilité politique, ni aucune autre situation d’urgence ne permet de justifier la disparition de personne quelle qu’elle soit. La Convention est entrée en vigueur le 23 décembre 2010.

Le Rwanda a toujours refusé des recommandations relatives à la ratification de cette convention faites par les différents intervenants notamment les rapports alternatifs des OING de défense des droits de l’homme lors de l’Examen Périodique Universel (EPU 2010 et 2015) au Conseil des Nations Unies pour les droits de l’homme et lors de la procédure spéciale devant le comité contre la torture à Genève en novembre 2017.

Considérant ce qui précède, l’ODHR condamne fermement tout acte de disparition et spécialement la disparition de Jean de Dieu Ndamira et demande au Gouvernement Rwandais de faire des enquêtes pour le retrouver et établir les circonstances de sa disparitions et garantir son droit à la vie.

L’ODHR prie les missions diplomatiques, les OING de défense des droits de l’homme et tout défenseur des droits de l’homme d’écrire au Gouvernement Rwandais pour :

  • Appeler le Gouvernement Rwandais à rechercher et à libérer Jean de Dieu NDAMIRA disparu à Kigali en date du 09 mars 2018, à clarifier les circonstances de sa disparition et à traduire les responsables devant la justice pour faire cesser ses actes.
  • Appeler le Gouvernement Rwandais à respecter les droits garantis par les instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains ratifiés par le Rwanda en matière de respect du droit à la vie, de lutte contre la torture, de liberté d’expression et d’opinion.
  • Demander au Gouvernement Rwandais de signer et de ratifier la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées pour la protection de ses citoyens.
  • De se conformer aux dispositions de la déclaration universelle des droits de l’homme et des instruments internationaux et régionaux pour les protections des droits humains.

Coordination de l’ODHR

MUNYANDILIKIRWA Laurent

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Rwanda: un ex-chef d’état-major français s’explique sur l’opération Turquoise http://www.therwandan.com/fr/rwanda-un-ex-chef-detat-major-francais-sexplique-sur-loperation-turquoise/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-un-ex-chef-detat-major-francais-sexplique-sur-loperation-turquoise/#respond Mon, 09 Jul 2018 17:02:36 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6107

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En 1994, selon Jean-François Dupaquier 90.000 Hutus ont été tués par des actes de vengeance des membres du FPR http://www.therwandan.com/fr/en-1994-selon-jean-francois-dupaquier-90-000-hutus-ont-ete-tues-par-des-actes-de-vengeance-des-membres-du-fpr/ http://www.therwandan.com/fr/en-1994-selon-jean-francois-dupaquier-90-000-hutus-ont-ete-tues-par-des-actes-de-vengeance-des-membres-du-fpr/#comments Tue, 26 Jun 2018 17:42:16 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6048

Au Rwanda en 1994, il y aurait eu, non seulement le génocide des Tutsis, mais aussi le génocide des Hutus, affirme la journaliste canadienne Judi Rever dans son livre « In the praise of blood » – « Eloge du sang – Les crimes du Front patriotique rwandais », qui vient de paraître aux éditions Random House et fait polémique dans le monde entier. Pour le journaliste et écrivain français Jean-François Dupaquier, les actes de vengeance commis par le FPR contre les Hutus n’ont rien à voir avec le génocide commis contre les Tutsis.

RFI : Judi Rever affirme que, parallèlement au génocide des Tutsis, il y a eu un génocide des Hutus au Rwanda entre 1994 et 1996. Qu’est-ce que vous en pensez?

Jean-François Dupaquier : Elle dit un peu n’importe quoi, car sa thèse c’est que les victimes sont des coupables et les coupables sont des victimes. En quelque sorte, les Tutsis auraient été tués par des Tutsis, je pourrais presque dire déguisés en Hutus ou en se faisant passer pour des Hutus. Par contre, les Hutus auraient été exterminés par ordre de Paul Kagamé, le patron à l’époque du Front patriotique, dans une vue typiquement génocidaire. Donc Judi Rever mélange un petit peu tout. Elle mélange les actes de vengeance du Front patriotique et le génocide réel des Tutsis, reconnu par le Tribunal pénal international pour le Rwanda [TPIR] comme indiscutable.

A l’appui de ces accusations, Judi Rever cite un rapport confidentiel qui aurait été réalisé en octobre 2003 par le Bureau des enquêtes spéciales du TPIR. Est-ce que ce ne serait pas alors une pièce à conviction ?

Si c’était une pièce sérieuse, il faudrait qu’on nous la montre, qu’on puisse la discuter, trouver d’autres sources, vérifier dans quel cadre ce document aurait été écrit et par qui… Au TPIR, il existe des millions de feuilles de documents ! Beaucoup de ces documents sont authentiques, mais beaucoup d’autres sont faux. Donc on ne peut pas dire que, parce qu’un document serait même estampillé TPIR, il serait forcément vrai. Donc, un document qui n’est pas présenté, des témoins dont on ne connaît pas les noms… C’est quand même extrêmement faible, sinon insuffisant.

C’est vrai que Judi Rever ne publie pas ce rapport dans son livre, mais elle dit que c’est pour protéger les nombreuses personnes qui sont citées dans le rapport et qui risquent d’être intimidées ou ciblées par le FPR. Est-ce que, de fait, ces vingt dernières années, le FPR n’a pas montré une certaine hostilité à l’égard de ses dissidents ? On pense notamment à PatrickKaregeya, qui a été tué en Afrique du Sud ou à Faustin Kayumba Nyamwasa, qui a essuyé une tentative d’assassinat dans ce même pays.

Il est exact que certains opposants au régime de Kigali ont été assassinés. C’est une évidence. Est-ce qu’on peut construire là-dessus une explication générale, en disant que ce régime est un régime génocidaire ? Là, on saute un pas que Judi Rever ne documente en aucune façon. Qu’on veuille dire que le régime de Kigali est un régime autoritaire, oui. Une dictature, cela mériterait peut-être plus d’explications, parce que c’est un mot qu’elle emploie à toutes les sauces. On pourrait plutôt dire, peut-être, que Paul Kagamé, au sens du siècle des Lumières, pratique une forme de « despotisme éclairé ».

Vous doutez de l’existence de ce fameux rapport, mais n’y a-t-il pas eu, à l’initiative de la procureure de l’époque, la Suisse Carla Del Ponte, la création d’un Bureau d’enquêtes spéciales pour enquêter sur les crimes du FPR ?

Exactement, il y a eu effectivement toute une équipe qui a été chargée d’enquêter sur ces crimes. Les résultats n’ont, semble-t-il, pas été probants. En tout cas, c’est ce que le successeur de Carla Del Ponte, [le Gambien] Hassan Bubacar Jallow, a déclaré à l’ONU. Je dois reconnaître que, ayant fréquenté à plusieurs reprises le TPIR, on savait que ce groupe d’enquêteurs était phagocyté, quand même, par toute une série de services de renseignements et que leur travail laissait à désirer.

Selon l’enquête de Judi Rever, il y a eu quelque 500 000 Hutus tués par le FPR entre 1994 et 1996, notamment dans la forêt Akagera, dans l’est du pays, où beaucoup de civils hutus auraient été transportés par camion, puis leurs corps brûlés.

Il n’y a pas vraiment de forêt. C’est une région de savanes avec des arbres un peu partout. On a beaucoup parlé de cela, mais – encore une fois – d’où vient ce chiffre de 500 000 morts ? On a l’impression qu’elle le sort de son chapeau, sans jamais de preuve.

A l’appui de sa démonstration, Judi Rever donne plusieurs exemples, tel celui du massacre dans le stade Byumbale 23 avril 1994, un stade où 2 500 civils hutus, hommes, femmes et enfants, auraient été massacrés par le FPR. Ce massacre, il a existé ou pas ?

Effectivement, on a parlé d’actes de vengeance commis par des militaires du Front patriotique. Et pourtant, quoi que dise Judi Rever, au Rwanda, les actes de vengeance ont été sanctionnés et ils sont documentés. La vengeance n’était pas – contrairement à ce qu’elle dit – une option politique. Bien au contraire. Le nouvel Etat rwandais a choisi la voie de la réconciliation et de la résilience. Ce n’est pas facile, mais le résultat est palpable aujourd’hui. Je vous rappelle qu’en 1995 Hubert Védrine avait signé un article dans Le Point, titré Hutus et Tutsis, à chacun son pays. Eh bien, les Rwandais ont choisi une autre option, c’est de vivre ensemble et c’est très difficile.

Et à combien estimez-vous les victimes de ces actes de vengeance ?

Selon les estimations, on trouve des chiffres qui vont entre 30 000 et 80 000 ou 90 000 Hutus, qui ont été tués par des actes de vengeance.

Donc, si on va vers le chiffre haut de votre échelle : 90 000, c’est quand même un chiffre considérable !

Considérable. Quand je vous dis que c’est la suite d’un génocide, on ne peut pas excuser ces actes de vengeance, mais on ne peut pas les présenter comme une volonté délibérée d’exterminer la population hutue du Rwanda. Ce qu’on voit bien, dans la façon dont Judi Rever présente les choses, c’est [qu’elle veut] présenter les victimes comme coupables et les coupables comme victimes. Je voudrais, à ce sujet, parler des rescapés, parce qu’on oublie de parler des rescapés et de leurs familles. On imagine difficilement les souffrances que leur font endurer les négationnistes. L’historien Pierre Vidal-Naquet avait parlé à leur sujet « d’assassins de la mémoire ». Parce que, pour les rescapés, la négation ou la dénaturation de leur mémoire, c’est comme une seconde mort. Après la parution du livre de Pierre Péan, des rescapés m’ont appelé. Il faut comprendre qu’ils pleuraient au téléphone. Il faut donc être conscient que tendre le micro à des personnes comme Judi Rever, cela fait aussi des dégâts.

RFI

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