Opinion – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr Therwandan Journal Mon, 21 Jan 2019 21:59:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.8 http://www.therwandan.com/fr/wp-content/uploads/sites/2/2016/10/therwandan1-e1476990118446.png Opinion – LeRwandais http://www.therwandan.com/fr 32 32 RD Congo : élections ou acoquinage, que veulent les Congolais? http://www.therwandan.com/fr/rd-congo-elections-ou-acoquinage-que-veulent-les-congolais/ http://www.therwandan.com/fr/rd-congo-elections-ou-acoquinage-que-veulent-les-congolais/#respond Tue, 15 Jan 2019 19:14:58 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6646 Avant que la France ne complote contre lui jusqu’à orchestrer son kidnapping en direction du pénitencier de la CPI à La Haye, Laurent Gbagbo, ex-président ivoirien était surnommé « le boulanger ». Ce sobriquet, il le devait, rapporte-t-on, à son habileté à « rouler dans la farine » ceux qu’il considérait comme ses adversaires politiques. Il n’était pas le seul sur le continent : plusieurs chefs d’état sont en effet passés maîtres dans la duperie et experts ès combinards. En politique s’entend. C’est tout méritoirement que le futur ex-président de la RD Congo vient de rejoindre ce club de ses pairs longtemps habités par le souci de faire et de défaire le présent (et le futur) de leurs concitoyens. Au terme d’un suspens de presque 2 ans, le fils du Mzee (LD Kabila) vient donc de servir, sur un plateau « électoral », le fauteuil présidentiel au fils du Sphinx de Limete (E. Tshisekedi). Martin Fayulu, l’autre candidat-favori, aura beau protester, il semble que l’affaire est pour le moment pliée… Qu’en dire ?

Pour la première fois dans ce pays de plus de 80 millions d’habitants, le pouvoir est en passe d’être transmis pacifiquement, sans qu’il n’y ait effusion de sang. Pas encore. Bravo. L’on aurait de ce fait tendance à s’en réjouir et soutenir que les élections devraient justement servir à cela : organiser une alternance au pouvoir de la manière la plus civilisée, la plus soft qui soit. Et c’est là que le bât blesse. Qui a voté dans ce pays ou, plus précisément, pourquoi a-t-on voté ? Cette question risque, si elle ne rencontre pas une bonne analyse (donc un bon traitement), de réveiller les vieux démons du sécessionnisme congolais. L’église catholique qui revendique quelques 35 millions de fidèles dans ce pays n’a pas sa langue dans la soutane et, à travers ses évêques, elle laisse nettement entendre que la victoire du peuple lui a été volée, que leur candidat a frauduleusement été écarté et les répercussions de cet évangile risquent très bientôt de faire trembler les bases de cette timide et caricaturale démocratie des « fils de » que sont Joseph Kabila et son successeur pressenti, Félix Tshisekedi.

Félix Tshilombo Tshisekedi. Pourquoi lui et pas un autre candidat pour présider aux destinées de la patrie de Patrice Lumumba et de « Franco » Luambo Makiadi ? Officiellement, il a « gagné » le scrutin. En réalité, le choix s’est porté sur lui parce que, nous explique-t-on, c’est (c’était) le plus faible de tous les opposants : « pas charismatique et pas brillant en plus d’être le plus enclin à toutes les compromissions pour arriver à ses fins ». Kabila l’a également choisi pour « punir » la traitrise de Moïse Katumbi, jadis très proche du pouvoir. D’avoir en effet soutenu la candidature de Martin Fayulu, Katumbi n’a en réalité fait que plomber et enterrer implacablement ce dernier et le président Kabila que l’écrivain Patrick Mbeko qualifie de « plus rusé que le cousin du diable » a dès lors saisi la balle au bond et n’a pas peiné à dribbler son propre dauphin (E. Shadary) pour ensuite adouber un « Fatshi » (surnom de l’élu) qui devra travailler avec un appareil sécuritaire toujours entre les mains de son prédécesseur. En somme, le poste, mais pas la fonction. Saura-t-il se défaire de l’ombre de Kabila ? Là sera son vrai grand test s’il est confirmé et accepté comme prochain mokonzi.

Par son choix, Kabila aura également déjoué tous les plans des Français et de leurs alliés d’Américains qui ont toujours des yeux gourmands bien rivés sur le « scandale géologique » du continent. Les premiers n’ont pas su retenir leur amertume en piaillant par la voix de leur ministre Y. Le Drian qui cacha mal le dégrisement de voir le Congo leur échapper après l’incertitude du Gabon tout proche ainsi que la Centrafrique où les Russes ont pris pied. Quant aux seconds, leur bâton (des marines pré-positionnés en décembre à Libreville) n’a pas eu l’effet dissuasif escompté puisqu’il y a longtemps que la carotte chinoise a appris à certains dirigeants africains à relativiser les tintamarres de l’Oncle Sam en particulier et des Occidentaux en général. Dans le même mois, c’est la Belgique qui avait jugé bon de nier l’envoi de ses troupes à Brazzaville. C’est donc un Occident démasqué et désorienté qui piteusement se rabat sur l’Eglise catholique du Congo et sa fameuse « Cenco » pour rattraper le retard tactique qu’ils ont pris sur Kabila, le nouveau boulanger…

Reste à savoir ce que veulent vraiment les premiers concernés, les Congolais qui ont voté. Dans leur majorité ils rejettent tous le diable (le président sortant) et tous ses œuvres (Fatshi et Kamerhe) au motif qu’ils roulent pour le Rwanda de Paul Kagame. Sont-ils vraiment prêts à confier leur grand et majestueux pays à Martin Fayulu, un candidat déjà perçu comme une marionnette entre les mains de Katumbi et de Bemba, eux-mêmes roulant, semble-t-il pour d’autres parrains à Washington, Paris, Bruxelles et Tel Aviv ? C’est en tout cas la terre promise que risque de leur offrir Moïse, Katumbi de son nom. En son temps, le Vieux Sekula (surnom de Mobutu) disait qu’ « entre un frère et un ami, le choix est clair » ; serait-il entendu aujourd’hui ?

Pierre Rugero, écrivain

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France : les gilets jaunes fragilisent le mandat du président Macron. Les gilets rouges sont en tergiversation en Afrique et le Canada en attente de choisir la couleur de son exaspération. http://www.therwandan.com/fr/france-les-gilets-jaunes-fragilisent-le-mandat-du-president-macron-les-gilets-rouges-sont-en-tergiversation-en-afrique-et-le-canada-en-attente-de-choisir-la-couleur-de-son-exasperation/ http://www.therwandan.com/fr/france-les-gilets-jaunes-fragilisent-le-mandat-du-president-macron-les-gilets-rouges-sont-en-tergiversation-en-afrique-et-le-canada-en-attente-de-choisir-la-couleur-de-son-exasperation/#respond Wed, 26 Dec 2018 22:53:11 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6610 La rareté des ressources planétaires a fait exploser les coûts de la vie partout sur terre. Ainsi beaucoup de pays sont déjà techniquement en faillite et d’autres attendent tranquillement de rejoindre ce club de nations en difficultés. Coloniser ou néo-coloniser des pays du tiers monde comme la France le faisait et le fait encore en Afrique, en confisquant manu militari des ressources ne la suffit plus à satisfaire sa demande sociale. Le gouvernement français doit taxer davantage sa population afin de faire face à ses obligations.  Cette façon de faire qui consiste à puiser plus d’argent dans les poches des contribuables aurait généré un mécontentement populaire, car la population n’en pouvait plus. Ce sont ces gens touchés par ce mécontentement qu’on appelle aujourd’hui les gilets jaunes qui manifestent leur ras le bol partout en France. Qu’en est-il de la population africaine suppliciée et ne profitant que très peu de ses ressources ?  Ce mouvement mondial d’exaspération et d’insatisfaction gagnerait-il également le Canada un jour ?

La France est un pays en faillite.

Après la Grèce, l’Italie et l’Espagne c’est au tour de la France de goûter à la presque insolvabilité et aux difficultés économiques de sa population. La France traverse actuellement un crise politique et sociale sans précèdent. En effet, les citoyens de ce pays ne se reconnaissent plus dans les fondements de leur pays. C’est traditionnellement un pays d’accueil et d’asile. Les immigrés répertoriés seraient près de 5.7 millions soit 8.9 % de la population. Ceux et celles qui étaient persécutés à travers le monde trouvaient refuse en France et les citoyens de ce pays en étaient fiers. Par ce fait, le pays est devenu un pays d’immigrants venus principalement des pays du Maghreb et de l’Afrique noire où la persécution politique, ethnique et religieuse est encore féroce. Mais c’est une immigration non intégrée, discriminée, marginalisée et pointée du doigt pour tout le mal que connait cette ancienne puissance coloniale. Son taux de chômage tourne au tour de 20%. Ainsi au lieu de participer pleinement à la vie active du pays comme aux Etats-Unis, elle est devenue en partie, une lourde charge économique pour la société française. Le taux de chômage national et actuel de ce pays est de 10.00 % alors qu’il est de 3.4% en Allemagne, 3.7% aux Etats-Unis et près de 5.6 % au Canada. Sa dette publique serait de 2300.00 milliards d’euros et elle représenterait 97.6 % du PIB (produit intérieur brut).

La France n’est plus un pays d’attraction et sa richesse est relative. Elle gère un système social très coûteux et elle traine un lourd déficit de près de 61 milliards d’euros qu’elle ne peut absorber qu’en augmentant les taxes et les impôts. C’est également une puissance nucléaire et son budget de la défense serait de 34.2 milliards d’euros ce qui est énorme pour un pays dont les ressources naturelles sont très limitées.

Encore une fois, c’est l’hexagone qui vient de voir la colère et la frustration de son peuple exploser violemment sur la place publique. Rapidement, les mécontents frappés par des salaires bas, un coût de la vie exorbitant et des taxes de tous genres, se sont constitués en mouvement en portant des gilets jaunes symbolisant ainsi de leur agitation. Les français avaient élu monsieur Emmanuel Macron, un nouveau venu dans l’échiquier politique, préférant laisser tomber les candidats issus de traditionnels partis politiques. Ils pensaient que ce dernier allait faire la rupture et solutionner miraculeusement leurs problèmes de pauvreté chronique. Au contraire, le président actuel n’a trouvé comme solution qu’alourdir les charges fiscales, appauvrissant davantage une population déjà pauvre.

Mais elle possède encore et malheureusement un vaste empire colonial ou néocolonial en Afrique, où ses entreprises confisquent et pillent les ressources qui ne les appartiennent pas. C’est pour quoi d’aucuns disent que c’est l’Afrique qui nourrit la France.  D’ailleurs les gilets jaunes de ce pays veulent également mettre fin à ce pillage. Ils appellent les autres peuples à s’inspirer d’eux et à lancer leurs mouvements de protestation. Cet appel sera-t-il entendu en Afrique pour enfin libérer et soulager ce continent noir ?

Les gilets rouges en Afrique  

En Afrique, toute action politique des populations envers les gouvernements est très souvent contenue par les pouvoirs politiques. Ces pouvoirs cruels et maléfiques répriment dans la plupart des cas dans le sang, toute forme d’exercice de la liberté et de la démocratie. La façon la plus sûre de s’exprimer sans être inquiéter, serait de le faire chez soi, autour d’un bon plat de riz ou d’une théière avec des amis. Autrement dit, on s’expose à la violence, à l’emprisonnement et à la mort surtout pendant les manifestations publiques. En Guinée- Conakry Il y a toujours eu au moins une victime d’origine peule dans les manifestations publiques. Le président de ce pays réprime souvent ces genres de manifestations par des assassinats ciblés et orientés vers l’ethnie peule, qui a toujours subi des exactions par les différents pouvoirs politiques, depuis l’indépendance avec le premier président Sékou Touré.

La population africaine va passer de 1 à 1,6 milliards de personnes entre 2010 et 2030 pour atteindre 19% de la population mondiale à cet horizon. Le taux de fécondité peut atteindre jusqu’à 5.5 enfants par femme. En Afrique centrale comme et en Afrique de l’Ouest, les moins de 25 ans représentent 64% de la population. Une classe d’âge frappé par un chômage moyen de 60%. Le fait est bien connu : ces jeunes se heurtent à des problèmes d’accès à l’éducation, à l’emploi et aux soins de santé. Ce qui pousse certains à émigrer et à se radicaliser. Et d’ailleurs une enquête réalisée en 2011 par la banque mondiale, a montré que 40% de ceux qui rejoignent des mouvements rebelles se disent motivés par le manque d’emplois. C’est là une réalité inacceptable pour un continent possédant une réserve aussi impressionnante de jeunes, talentueux et créatifs. Le chômage des jeunes serait une bombe à retardement qui semble maintenant dangereusement proche de l’explosion. Ahmad Salkida, le journaliste nigérian qui a été l’un des rares à avoir pu approcher les militants du groupe BOKO HARAM, a déclaré à Afrique Nouveau que, bien que la motivation de la secte soit principalement idéologique, l’omniprésence du chômage dans le nord du Nigeria facilite le recrutement des jeunes.

Un déclic est nécessaire pour sortir ce peuple africain de cette prison conçue par les puissances occidentales comme la France où il meurt à petit feu et dont la gestion est confiée aux dirigeants du continent noir actuel. Pourtant l’Afrique avec une population très jeune est une poudrière. Cependant un mouvement porté par des gilets rouges et porté par les jeunes est en train de naître. Sera-t-il assez important pour libérer et sortir l’Afrique de la misère ? Le temps nous le dira. Qu’en est-il de l’Amérique ?

Au Canada

Les contribuables canadiens sont lourdement taxés et le mécontentement populaire envers le gouvernement Trudeau est palpable. On en parle presque dans tous les forums de discussions politiques. Ici, les gens pensent que tous les partis politiques sont pareils et que les politiciens sont des voleurs et ils ne sont au pouvoir que pour remplir leurs poches en oubliant leurs électeurs. C’est pourquoi, ils les surveillent de très près et ils n’hésitent pas à les sanctionner lourdement au moindre faux pas. Beaucoup de gens pensent également que, les programmes des partis politiques ne sont que des tromperies pour accéder au pouvoir et augmenter les charges fiscales des citoyens.

De plus une fois une pouvoir, ces derniers offrent les meilleurs postes et contrats à leurs amis, à leurs proches ou aux contributeurs des caisses de leurs partis. Une fois pris en flagrant délit, ces politiciens-voleurs sont défendus par de puissants firmes d’avocats et s’en sortent avec des peines ridicules car la justice canadienne fonctionne à l’argent. Et ce sont les gens de la classe moyenne et les immigrants qui en sont les plus grands perdants du système politique et social canadien. La corruption, le favoritisme politique ou familial et la discrimination constituent les principales souffrances de la société canadienne. Ce mécontentement de la population sera accentué par la suppression de 2500 emplois chez Bombardier, la multinationale québécoise ainsi que par la fermeture de l’usine de GM à Oshawa en Ontario où près de 2000 emplois seront également perdus. De plus, le gouvernement libéral actuel de Mr Justin Trudeau aurait ouvert le marché du lait canadien aux producteurs étrangers dont les américains jusqu’à hauteur de 8.79%. Cette démarche entreprise par ce gouvernement constitue une perte de souveraineté selon les producteurs de lait canadien et ils accusent le premier ministre actuel, Mr Trudeau de les avoir menti.

Que faire

C’est en Occident que la plupart des ressources mondiales sont consommées et gaspillées. C’est aussi une poudrière malgré l’abondance des ressources. En Afrique et dans les pays pauvres on consomme peu de ressources et on ne dit rien de peur d’être sévèrement puni. Mais la colère est palpable et les populations ne savent plus sur quels saints se vouer. Elles ne comprennent pas que leurs dirigeants soient parfois plus cruels à leurs égards que les colonisateurs venus d’ailleurs. Il est plus qu’urgent de libérer l’Afrique et les pays pauvres pour que, leurs peuples puissent choisir démocratiquement leurs dirigeants et vivre librement en profitant pleinement de leurs ressources. Il faut avoir peur de l’avenir car les ressources se raréfient alors que la population de notre chère planète augmente très vite. Le déplaisir, l’irritation et la grogne ont atteint la population mondiale. Un rééquilibrage du partage des ressources est une condition sine q

Gondiel Ka

Montréal, Canada

Chroniqueur

Expertise Relation Afrique Canada

gondielka@hotmail.com

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LE PRÉSIDENT MACRON SE SOUMET À L’IMPUNITÉ DU PRÉSIDENT KAGAME http://www.therwandan.com/fr/le-president-macron-se-soumet-a-limpunite-du-president-kagame/ http://www.therwandan.com/fr/le-president-macron-se-soumet-a-limpunite-du-president-kagame/#respond Wed, 26 Dec 2018 22:49:49 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6608 Le Président Emmanuel Macron a finalement entériné l’impunité du Président Paul Kagame. Ce déni de justice attendu depuis longtemps en France est enfin une vraie trahison contre les Rwandais par des régimes français successifs. Les juges français Jean-Marc Herbaut et Nathalie Poux ont, après près de vingt ans d’enquêtes et de nombreuses preuves rassemblées par les juges Jean-Louis Bruguiere et Marc Trevidic, arrivés à une conclusion politiquement motivée pour clore l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion présidentiel qui a tué toutes les personnes à bord, à savoir:

Délégation rwandaise :

1) le Président Juvénal HABYARIMANA; 2) le Général Major Déogratias NSABIMANA; 3) l’Ambassadeur Juvénal RENZAHO; 4) le Colonel Elie SAGATWA; 5) le Dr. Emmanuel AKINGENEYE; 6) le Major Thaddée BAGARAGAZA.

Délégation burundaise :

1) le Président Cyprien NTATYAMIRA ; 2) son secrétaire particulier Bernard CIZA ; 3) le Ministre Cyriaque SIMBIZI.

L’équipage français :

1) le Colonel Jean-Pierre MINABERRY ; 2) le Major Jack HÉRAUD ; 3) le Sergeant-Major Jean-Marie PERRINE

Il existe de nombreuses preuves crédibles qui confirment que le Général Major Paul Kagame du FPR, des militaires et des agents de renseignement tutsis placés sous son commandement ont assassiné tous ceux qui ont péri dans cet acte terroriste. L’obstruction persistante du président Kagame et de ses collègues officiers tutsis de l’armée et des renseignements militaires contre toute enquête sur leurs responsabilités par le Tribunal pénal international pour le Rwanda jusqu’à sa fermeture, ainsi que la protection délibérée du régime de Kigali contre toute responsabilité par des gouvernements américain et britannique depuis 1994, constituent un déficit de crédibilité important dans le système de justice internationale. Les juges français ont de toute évidence choisi d’ignorer l’abondance des preuves et d’approuver les arrangements erronés du président Macron pour des intérêts politiques et géostratégiques.

En récompensant le président Kagame d’innocence dans un attentat historique qui a déclenché le génocide des Tutsis et des Hutu, la France vient de dilapider les leçons qu’elle aurait dû tirer de son passé impérial en Indochine, en Algérie et au Rwanda dans les années 1990.

L’alliance de la France avec le régime du MRND dans les années 90 a été un fiasco stratégique aux proportions énormes, menant au génocide contre les Tutsi et au meurtre de milliers de Hutus opposés au régime Hutu. Dans un tournant dangereux de l’histoire du XXIe siècle, la France a maintenant ignoré les exigences de la justice pour s’aligner sur le régime du FPR qui a des antécédents, bien connus du public, d’actes de terrorisme, d’assassinats, de règne tyrannique; de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide contre les Hutu au Rwanda et en République démocratique du Congo et de massacres de millions de Congolais.

Il faut maintenant rappeler de manière catégorique au président Macron que, bien qu’il soit autorisé à prendre des décisions concernant la France, l’histoire ne lui permet pas de décider unilatéralement de questions liées à la douloureuse responsabilité passée, présente et future du Rwanda dans sa quête de guérison. Ce devoir et cette obligation incombent en premier lieu au peuple rwandais et, secondairement, à la communauté internationale, qui comprend la France. À tout le moins, la France ne devrait pas faire de mal. Au lieu de cela, elle a choisi de faire du mal aux Rwandais.

Le président Macron a trahi les citoyens français et toutes les familles qui ont perdu un être cher dans cet attentat terroriste du 6 avril 1994. Il a trahi tous les Rwandais et Burundais dont les dirigeants ont été assassinés par le président Kagame et sa bande d’assassins. Il a trahi les Africains qui se souviennent encore du racisme, de la cupidité, de la violence et de l’inhumanité qui ont caractérisé l’impérialisme occidental et dont la France faisait partie intégrante.

Comme cela a souvent été le cas, il y aura un jour des comptes devant l’histoire. Et même, si jamais ce jour n’arrivait, l’histoire retiendrait que la France s’est encore trompée, comme en Indochine et en Algérie.

De notre côté, nous sommes convaincus que Rwandais, Burundais, Congolais, Africains, et toute autre personne qui partage notre opinion que ce soit en France et dans le monde ont ce devoir ultime de résister à ce pacte impie, Macron-Kagame, qui perpétue le cycle sans fin de l’impunité et de conflits violents dans la région des Grands Lacs Africains.

Aussi longtemps que nous vivrons, nous assurons à toutes les familles qui ont perdu leurs bien-aimés dans cette attaque terroriste, et même à toutes les victimes des régimes criminels successifs au Rwanda, de lutter ensemble pour éradiquer une fois pour toutes la culture de l’impunité au pays.

Dr. Theogene Rudasingwa
Président
ISHAKWE-Rwanda Freedom Movement
Washington, DC
Contact: ngombwa@gmail.com

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Extrader le général Dallaire au Rwanda pas Bernard Ntuyahaga ! http://www.therwandan.com/fr/extrader-le-general-dallaire-au-rwanda-pas-bernard-ntuyahaga/ http://www.therwandan.com/fr/extrader-le-general-dallaire-au-rwanda-pas-bernard-ntuyahaga/#respond Thu, 20 Dec 2018 23:06:05 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6604 Par Dr Charles Onana

La vérité et la justice ont la peau dure dans la tragédie du Rwanda. Plus de vingt ans après les événements, il est surprenant de constater que la raison, la rigueur et le sérieux restent encore des exceptions dans la gestion politique et judiciaire de tous les dossiers concernant certains Rwandais éternellement présumés coupables. Le cas de Bernard Ntuyahaga, officier des ex-Forces Armées Rwandaises, lors des massacres en 1994, est éloquent. Il est aujourd’hui menacé d’expulsion vers le Rwanda alors qu’il vient de purger une peine de vingt (20) ans de prison en Belgique pour un crime qu’il n’a jamais commis.

Maintenu en centre fermé depuis le mois de juin, sans titre de séjour ni titre d’asile, qu’il a pourtant demandé, la Belgique a finalement pris la décision de l’expédier au Rwanda où il est considéré comme un « génocidaire » et risque la mort. Décidément, vu de Belgique, le droit sous toutes ses formes, est incompatible avec Bernard Ntuyahaga.

Cette affaire est un énorme scandale politico-judiciaire qui devrait faire l’objet de multiples dissertations pour étudiants en droit pénal européen et en droit pénal international.

L’affaire Ntuyahaga est un non sens juridique, un traitement effroyable des droits l’Homme, une irruption de l’irrationnel dans le discours juridique et politique contemporain.

Tout commence lorsque le 7 avril 1994, dix casques bleus belges sont assassinés au camp militaire de Kigali. Le major Bernard Ntuyahaga qui les avait pris dans son car parce qu’ils étaient menacés par des militaires rwandais en furie les a conduit au camp militaire de Kigali, près d’un bureau de la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR), où ils furent lynchés par des blessés de guerre qui les suspectaient d’avoir tué le chef de l’Etat rwandais Juvénal Habyarimana. En 1995, les autorités belges lancent un mandat d’arrêt contre Bernard Ntuyahaga sans avoir mené des investigations approfondies sur l’assassinat des dix casques bleus belges.

En 1997 le Sénat belge publie un rapport de plus de 600 pages sans clarifier cette affaire et l’enquête de l’auditorat militaire belge reste très superficielle… Manifestement, les autorités belges ne souhaitent pas en savoir davantage et se contentent d’accusations générales alors qu’un officier togolais de la MINUAR, le capitaine Apedo Kodjo, présent au camp Kigali, a rédigé un rapport circonstancié sur ces faits qui ne seront jamais approfondis. Il apparaît en outre que le commandant de la MINUAR, le général Dallaire, informé de la situation, est personnellement venu à la rencontre du capitaine Apedo et a vu que ses soldats, dont les soldats belges, étaient en danger de mort. Il est reparti sans intervenir comme il le reconnaît lui-même à la page 308 de ses mémoires sur le Rwanda. Les autorités belges ont tenté de mettre sur pied un comité de suivi de ce dossier qui est resté lettre morte.

Entre-temps, angoissé par des rumeurs persistantes sur son éventuelle arrestation, le major Ntuyahaga se rend de son propre chef devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) en Tanzanie. Le TPIR affirme d’abord ne pas avoir de dossier contre lui puis, sous la pression des dirigeants rwandais, il est arrêté. Le procureur adjoint du TPIR, le Camerounais Bernard Muna, fabrique à la hâte un dossier d’accusation qu’il soumet au ministre de la Justice de Tanzanie. Il prétend avoir « de sérieuses indications qui confirment que ce suspect a participé aux crimes commis en République du Rwanda entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994 ». Il sera placé en détention provisoire au TPIR et pendant qu’il y est, le gouvernement belge, par amicus curiae, adresse une requête au TPIR, pour obtenir le retrait de l’acte d’accusation et faire juger Bernard Ntuyahaga à Bruxelles.

Pourquoi vouloir juger un suspect devant une juridiction nationale alors qu’il est devant une juridiction internationale compétente?

Le procureur de la cour d’Appel de Bruxelles, M. Van Oudenhove, vient en renfort d’arguments du gouvernement belge. Objectif : arracher le dessaisissement du TPIR et permettre à la justice belge de s’emparer du dossier Ntuyahaga.

Pendant que la Belgique s’acharne donc à obtenir la tête de l’officier rwandais, le Rwanda de Paul Kagame lance à son tour un mandat d’arrêt contre le même homme pour « crimes de génocide et crime contre l’humanité ». L’auditeur militaire Andrew Rwigamba, qui signe le mandat d’arrêt le 19 mars 1999, demande immédiatement l’extradition de M. Ntuyahaga au Rwanda. Deux jours après, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Amri Sued, écrit aux autorités tanzaniennes pour obtenir l’extradition de M. Ntuyahaga. Il est est donc demandé en même temps et avec insistance par la Belgique et par le Rwanda pour être jugé en Belgique et au Rwanda. A en croire toute cette agitation autour de l’officier rwandais, on pourrait penser qu’il est l’auteur principal ou au moins l’architecte des massacres de 1994 au Rwanda.

A l’opposé de ce harcèlement judiciaire et contre toute attente, le procureur du TPIR Carla Del Ponte signe un sauf-conduit relaxant Bernard Ntuyahaga « en l’absence de toute charge contre lui ». Ce document déstabilise les accusations du Rwanda et de la Belgique et permet au relaxé de se déplacer librement pendant quinze jours « sans entrave dans tout pays ». M. Ntuyahaga est enfin libre mais pas pour longtemps.

Le même jour, il est arrêté par la police tanzanienne en violation de son sauf-conduit. Cette fois, ce n’est plus pour l’assassinat des casques bleus belges. La police tanzanienne lui reproche un séjour irrégulier en Tanzanie alors qu’il bénéficie de quinze jours d’immunité du TPIR grâce à son sauf-conduit. Une fois en prison, le motif de séjour irrégulier est vite abandonné. Il apprend qu’il est arrêté pour son implication dans l’assassinat des dix casques bleus belges. Il passe cinq ans en prison en Tanzanie sans que les raisons de son incarcération soient clairement établies. Pas d’indignation internationale, pas de réaction d’associations des droit de l’Homme, rien!

Finalement, les autorités belges décident de mener une ultime négociation avec les autorités tanzaniennes et font croire à Bernard Ntuyahaga qu’il peut se rendre en Belgique pour témoigner dans le procès de l’assassinat des dix casques bleus qui doit s’ouvrir à Bruxelles.

A son arrivée en Belgique, l’officier rwandais est accueilli par un impressionnant parterre de journalistes rassemblés à l’aéroport.

Contrairement à ce qui lui avait été annoncé au départ de la Tanzanie par les autorités belges, ce n’est pas un témoin mais « l’assassin des dix casques bleus belges » qui est assailli par les paparazzi à sa descente d’avion. La manœuvre est parfaite. L’opinion publique belge est gavée d’accusations sur ce « génocidaire » qui aurait envoyé les soldats belge à l’abattoir. Celui qui a été relaxé par le TPIR est, en l’espace d’un vol Dar-es-Salaam-Bruxelles, devenu « assassin ».

Au terme d’un procès-spectacle, l’officier rwandais est condamné à vingt ans de réclusion. Après avoir purgé sa peine, alors que sa famille vit au Danemark, la Belgique refuse de le libérer afin qu’il recouvre sa totale liberté et partage le temps qui lui reste à vivre avec sa femme et ses enfants. Les autorités belges considèrent que Bernard Ntuyahaga est en situation irrégulière sur le territoire belge et par conséquent, il doit être expulsé au Rwanda. Après avoir épuisé tous les recours internes, son avocate saisit, dans un courrier du 28 novembre 2018 et au titre de l’article 39 de son règlement, la Cour Européenne des droits de l’Homme. Elle demande à la cour d’empêcher l’expulsion de Bernard Ntuyahaga vers le Rwanda où sévit depuis vingt quatre ans une implacable et sanglante dictature. La Cour Européenne des droits de l’Homme s’empare du dossier et répond immédiatement en exigeant dans sa lettre du 29 novembre que le gouvernement belge précise deux choses :

1- des assurances prouvant que les autorités rwandaises ne risquent pas de porter atteinte à l’intégrité physique de M. Ntuyahaga ;

2- le résultat obtenu à la suite des démarches initiées par le gouvernement belge auprès des dirigeants rwandais.

Au vu des excellents rapports que Bruxelles entretient avec Kigali, au lieu de poser des questions et d’attendre les réponses, le directeur général de l’office des étrangers, Freddy Roosemont, agissant au nom du secrétaire d’état belge, Théo Francken, se lance dans un coaching en règle de l’ambassadeur du Rwanda à Bruxelles. Il lui indique clairement dans sa lettre du 3 décembre 2018 la façon de répondre à la demande de la Cour Européenne des droits de l’Homme :

«je me permets de vous informer du suivi de la procédure concernant le ressortissant rwandais Bernard Ntuyahaga. Celui-ci a introduit une requête en extrême urgence devant la Cour Européenne des droits de l’Homme le 29 novembre 2018. Ce 29 novembre 2018, la Cour a décidé, dans l’intérêt des parties et du bon fonctionnement de la procédure, de ne pas renvoyer M. Ntuyahaga avant le 6 décembre. De plus, la cour invite l’État belge à répondre à plusieurs questions, et à fournir des renseignements sur les assurances diplomatiques de la part des autorités rwandaises quant au sort réservé au requérant après son éloignement. Il y a lieu d’apporter toutes les garanties qu’aucun traitement inhumain ou dégradant ne sera infligé à M. Ntuyahaga à son arrivée au Rwanda, conformément à l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Les risques d’un tel traitement doivent être totalement écartés. Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me faire parvenir un document écrit attestant de ces garanties de la part des autorités rwandaises».

Dans un courrier du 5 décembre 2018, l’ambassadeur du Rwanda à Bruxelles, Rugira Amandin, répond à son interlocuteur belge qui a pris soin de donner à la dictature du Rwanda de judicieux conseils :

«Après consultations avec M. le ministre de la justice et Garde des sceaux de la République du Rwanda, j’ai l’honneur de vous assurer que le Rwanda est un pays de droit où les droits et les libertés de ses concitoyens sont scrupuleusement respectés, par conséquent ceux de M. Ntuyahaga le seront également».

Au vu de ce qui précède, non seulement les autorités belges n’ont pas pris la peine de saisir en amont les autorités rwandaises pour avoir leur avis -qui était manifestement déjà connu-, puisque c’est la requête de l’avocate de Ntuyahaga qui va permettre de procéder à cette régularisation administrative précipitée de dernière minute. Mais en plus, la Belgique sachant bien que cette réponse de Kigali est nulle puisque c’est le secrétaire d’État belge qui donne « bénévolement » ce conseil, qui peut croire que Ntuyahaga, que Kigali voulais juger pour « génocide » en 1999, sera le bienvenu ou en sécurité au Rwanda ? Dans ce dossier, la Belgique n’a pas une attitude digne et honorable comme dans d’autres concernant le Rwanda. Il va falloir enfin, plus de vingt ans après la tragédie rwandaise, retrouver la raison, la rigueur et la rationalité juridiques qui ont permis à beaucoup de juristes belges et africains d’apprécier la qualité de la formation que beaucoup ont reçue dans les universités et les institutions belges.

J’ai été appelé à témoigner personnellement dans le procès de Bernard Ntuyahaga à la cour d’assises de Bruxelles, pas une seule question ne m’a été posée à son sujet alors que j’avais tous les documents sur les manipulations et les mensonges orchestrés contre lui. Il me reste aujourd’hui un seul témoignage sur cette affaire rocambolesque que je relis sans cesse, c’est bien celui du juge sénégalais Laïty Kama, qui avait traité le dossier de Bernard Ntuyahaga devant le TPIR.

Interrogé en 2000, il affirmait : «C’est l’affaire Bernard Ntuyahaga. L’histoire d’un ancien officier que j’ai eu moi-même à juger, puisqu’il était déféré devant la chambre que je présidais. Ntuyahaga était poursuivi par le Procureur, à un moment, celui-ci a cru bon de retirer l’acte d’accusation. Comme les débats l’ont prouvé, nous avons pensé au départ que c’était dans le but de le remettre aux autorités belges, parce qu’il faisait l’objet d’une instruction de la part de la Belgique. Parce que, entre autres, Ntuyahaga était accusé d’être l’auteur, ou en tout cas le complice de l’assassinat des dix casques bleus belges. J’ai dit au Procureur :  »c’est votre droit, votre ordre d’interpellation, si vous le retirez quelle sera donc la justification pour maintenir ce monsieur en prison ? Vous retirez l’acte d’accusation, on met la personne en liberté, c’est du droit pur ». Le Procureur a fait du forcing, nous l’avons mis en liberté. L’histoire maintenant est devenue politique, je ne sais plus ce qui s’est passé entre le Procureur, la Belgique et la Tanzanie, qui l’a remis en prison officiellement pour y être entré sur son territoire sans visa ! Peu de temps après, le Procureur général rwandais a réuni des preuves contre lui et les a déposées à Arusha. J’ai fait mon travail en âme et conscience ».

Il faut reconnaître que tout a été fait pour briser cet homme mais il est toujours debout, silencieux, digne, tutoyant l’injustice, le harcèlement et le mensonge. Jusqu’où ira-t-on avec la falsification de l’histoire de la tragédie rwandaise et avec des accommodements avec le droit ? Il faut croire que l’action de la Belgique procède d’abord d’une volonté de satisfaire les autorités rwandaises qui harcèlent, elles aussi, Bernard Ntuyahaga depuis 1999. Dans ces conditions, ce dossier ne relève plus du droit mais de la cuisine politicienne belgo-rwandaise où l’on fraternise allègrement avec la dissimulation et le faux plutôt qu’avec le vrai et la justice.

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Kagame a été contraint par les FDLR d’avouer contre son gré !!! http://www.therwandan.com/fr/kagame-a-ete-contraint-par-les-fdlr-davouer-contre-son-gre/ http://www.therwandan.com/fr/kagame-a-ete-contraint-par-les-fdlr-davouer-contre-son-gre/#respond Thu, 20 Dec 2018 15:22:25 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6598 Dans la nuit du 09 au 10 décembre 2018 vers minuit, alors que la quasi-totalité des domiciliés de BUGESHI était plongée dans un sommeil profond, les localités de KANYESHEJA, KABUHANGA, MUTI, KABUMBA, MUDENDE et environs ont été réveillées par des crépitements et détonations assourdissants de bombes, roquettes, grenades, mitrailleuses de tous calibres, cris et sifflets des assaillants. Les combattants des FDLR venaient d’ouvrir un concert inhabituel en pénétrant incognito dans les tranchées et fortifications des FRD (l’armée de Kagame) pour la démonstration de leur expédition punitive avant de laisser la grande partie de la position à feu et à sang et après trois heures d’occupation. De l’avis des spécialistes, c’était une attaque d’une rare efficacité dans les conditions particulièrement difficiles, hautement soignée par les stratèges jusqu’aux moindres détails et qui, désormais mérite d’entrer dans l’histoire à l’image du fameux raid israélien d’Entebbe!

Au chapitre des dégâts subis par Kigali, les informations recueillies auprès de la population locale, les images et supports audiovisuels rendus public par les FDLR sur leur butin de guerre restent sans équivoque ( hôpital de Gisenyi débordé de morts et blessés, le nombre impressionnant d’ambulances mis en œuvre pour interventions, matériels et équipements divers récupérés, position incendiée ). Les  » Inkotanyi  » n’ont eu droit de s’enfuir laissant le tout derrière : caisses de munitions, armement léger et lourd, matériel de transmission, uniformes militaires, documents administratifs, cartes de service des militaires et j’en passe.

En effet, tout un bataillon lourd armé jusqu’aux dents venait d’être battu à plate couture et mis en déroute dans un laps de temps ; le pire était à craindre. Ces fuyards peuvent remercier le facteur chance d’une nuit totalement obscure qui n’a pas permis la poursuite, sinon les dégâts allaient s’alourdir!

Dès l’ouverture du feu, les hostilités donnaient l’impression d’un combat inégal et des salves de tirs à sens unique. Soudain, les habitants perchés dans leurs observatoires des fenêtres entendirent et virent les troupes gouvernementales courir à toute vitesse (telle lors de la grande peur des animaux), pieds nus et sans armes, déshabillées mais traînant draps et couvertures pour cacher les caleçons, tellement la surprise était totale dans ce grouillement de sauve-qui-peut … Terrible et du jamais vu !

L’humiliation, la honte, la consternation, l’angoisse et le désarroi dans  » le pays de mille problèmes  » ont été d’autant plus graves que cette épreuve venait de s’abattre sur l’une des unités des FRD souvent présentées comme forces d’élites qui rentraient des missions onusiennes du Darfour ! Voilà qui pourrait expliquer en partie pourquoi le lendemain matin, Paul Kagame a choisi ce moment précis pour renouer avec son uniforme militaire qu’il avait pratiquement enterré depuis l’an 2000 ! A cette occasion des cérémonies de clôture des entraînements et des exercices de son armée à Gabiro, il voulait visiblement calmer les esprits ébahis de son clique au pouvoir et donner l’impression qu’il restait malgré tout un buffle solitaire impitoyable même après la perte de ses propres cornes de défense.

Pour la énième fois, le régime-champion dans la manipulation du mensonge a soufflé le chaud et le froid pour tenter de falsifier et rassurer l’opinion sur le bilan de cette opération innommable. Le régime du FPR a tour à tour nié l’existence de cette incursion, désigné la population civile comme cible de cette attaque, désorienté les pertes plutôt du côté des assaillants et inventé le bilan positif en sa faveur. Du même coup, il lui a fallu trouver les bouc-émissaires qui devaient endosser la responsabilité de ce fiasco et le choix fut tombé sur 3 officiers supérieurs de la chaîne de commandement qui se sont vus soumis aux interrogatoires serrés avant d’être arbitrairement suspendus. Comme cela ne suffisait pas, la population locale a quant à elle, été traumatisée par les autorités locales et l’armée en la forçant de produire médiatiquement les fausses déclarations favorables au régime.

Au finish, c’est le président Kagame lui-même qui a fait mine de lever la confusion après plus de 4 jours des faits, en reconnaissant ouvertement et pour la première fois de son histoire que les FDLR lui avaient causé autour de 3 pertes en personnel, dans un style pour le moins évasif et propre aux menteurs … Il venait de se rendre compte que malgré sa politique de cache-cache, le monde entier était déjà inondé de preuves matérielles irréfutables sur le revers subi par son armée. Son grand regret, il a été contraint par les FDLR d’avouer contre son gré !!!

Paul MUGABO / Rubavu

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« Que la Belgique ait le courage d’exécuter mon père » http://www.therwandan.com/fr/que-la-belgique-ait-le-courage-dexecuter-mon-pere/ http://www.therwandan.com/fr/que-la-belgique-ait-le-courage-dexecuter-mon-pere/#respond Mon, 17 Dec 2018 17:07:53 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6590 Je m’appelle Bernadette Muhorakeye et vous écris en ma qualité de la fille de Bernard Ntuyahaga afin de vous implorer de ne pas enfreindre les valeurs les plus fondamentales sur lesquelles est bâtie la nation  belge en renvoyant mon père au Rwanda. 

Le 10 décembre 1948, il y’a 70 ans presque jour pour jour, l’Assemblée générale des Nations unies, « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde » a proclamé la Déclaration universelle des Droits de l’Homme consistant en un ensemble de droits fondamentaux dont chaque individu devrait pouvoir jouir « sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. » 

La Belgique était parmi les fers de lance de cette nouvelle ère qui proclamait la dignité de la personne comme socle de la société et a depuis lors traduit, dans son ordre juridique interne, l’ensemble de ces droits, notamment au travers de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. 

Parmi les droits érigés par la Belgique en libertés fondamentales, figurent trois libertés que la Belgique dénierait à notre famille en renvoyant mon père au Rwanda à savoir le droit à la vie familiale, l’interdiction de la double peine ainsi que la prohibition de la soumission d’un individu à des traitements inhumains et dégradants.   

Le droit à la vie familiale

L’article 8 de la CEDH proclame que toute personne a droit à la vie privée et familiale. Le 5 Juillet 2007, mon père a été condamné à une peine de 20 ans d’emprisonnement par la Cour d’assises de Bruxelles. Je n’évoquerais pas ici toutes les péripéties qui ont entouré son procès, puisque ce n’est pas l’objet de ma lettre, mais par cette condamnation, la société a considéré que mon père avait commis une faute et qu’il avait une dette à payer envers la société. Pendant 20 ans,  mon père a payé cette dette que la société estimait qu’elle lui devait. Pour nous sa famille, ce fût une période particulièrement difficile mais que nous avons traversé sans broncher par respect pour une décision prise par la justice.  

Tout comme chaque enfant de cette planète, je n’ai qu’un seul papa, et ma Maman n’a qu’un seul mari. Pourquoi, alors que mon père a fini de payer la dette que la société estimait qu’il lui devait, devrions nous être privé d’un des droits les plus fondamentaux consacrés par l’Etat belge ? 

Je suis aujourd’hui prête avec ma mère à accueillir notre père dans notre pays le Danemark, dont nous possédons la nationalité et dans lequel nous sommes intégrées. Nous priver de ce droit, sans motifs, consiste à nous denier notre dignité en tant que personne humaine jouissant de ce droit. 

L’interdiction de la double peine

L’article 7 de la CEDH stipule que nul ne peut se voir infligé une « peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’infraction a été commise »

Depuis sa prise du pouvoir en juillet 1994, le gouvernement du Rwanda, dominé par le FPR a toujours manifesté son manque de considération au sujet des décisions de la justice internationale concernant ses anciens adversaires politiques et militaires. 

Il est fréquemment arrivé que ce dernier proteste contre une peine de prison jugée trop faible, voire un acquittement prononcé par le tribunal pénal international, traduisant par là, un manque de respect vis-à-vis des décisions des justices, même internationales, agissant selon les standards universellement reconnus. 

Au mois de mai 2018 par exemple, plusieurs officiels rwandais s’en sont pris au Juge Théodor Meron, président du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux, ce dernier étant même qualifié de « Honte à la justice internationale » par le New Times, le principal quotidien pro gouvernemental rwandais. 

C’est d’ailleurs ce manque de considérations envers les décisions de la justice internationale qui est à l’origine du fait qu’aucune des personnes acquittées par le TPIR n’a accepté d’être rapatriée au Rwanda. Ces personnes acquittées, préférant, dans l’attente d’un pays d’accueil, vivre depuis parfois depuis 14 ans, dans une safe house des Nations Unies à Arusha, sans liberté de mouvements, plutôt que de retourner au Rwanda. 

Dans ces conditions, quel espoir est il permis de voir les autorités rwandaises respecter la décision de la justice belge ? 

La prohibition des traitements inhumains et dégradants

Il est difficile de décrire ce qui arriverait à mon père lors des son arrivée au Rwanda tant les possibilités sont multiples, mais ce qui est certain est qu’il a des craintes avérées d’être persécutées. 

Je ne suis pas politiquement active concernant le Rwanda et pourtant je suis moi-même persécutée, et harcelée sur les réseaux pour le simple fait d’être la fille de Bernard Ntuyahaga comme le montre cet article daté du mois de juin 2018, publié par Rushyashya, un média aux mains des renseignements militaires rwandais et intitulé «Urubyiruko rw’Abahezanguni bahekuye u Rwanda rurakataje mu gupfobya Jenoside yakorewe Abatutsi.» 

Ce genre d’attaques, qui m’affectent, lancées sur les réseaux sociaux ou dans des médias pro-régimes sont faites sans que l’on ne me dise jamais quels propos ou actions de ma part me seraient reprochés. Si des personnes au Rwanda estiment aujourd’hui bon de me persécuter en raison de ma filiation,  on peut aisément imaginer ce qui peut arriver à mon père une fois rapatrié dans ce pays qu’il avait fui avant d’être reconnu comme réfugié en Zambie.  

Le Rwanda est régulièrement pointé du doigt pour son absence de respect des droits de l’Homme par les Nations Unies ou des organisations internationales telles que Human Rights Watch ou Amnesty international.

En décembre 2017, le comité contre la torture des Nations Unies a exprimé ses inquiétudes à propos de violations graves – torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées et intimidation de journalistes, de défenseurs des droits humains et de membres de partis de l’opposition  qui se commettent au Rwanda. 

Ces constatations du comité contre la torture sont venues confirmer les éléments documentés par Human Rights Watch qui a appelé, en vain, le gouvernement rwandais à prendre la torture au sérieux. 

Dans les conditions actuelles, renvoyer mon père au Rwanda reviendrait à le soumettre au risque de le voir subir des traitements inhumains et dégradants et ce serait infliger un châtiment moral dégradant à sa famille qui serait contrainte de constamment vivre dans l’angoisse au sujet du sort de mon père.

Je ne vous demande pas une faveur, je vous demande simplement de respecter en ce qui concerne notre famille, les principes que la Belgique a érigé en valeurs fondamentales en nous considérant comme une famille méritant de jouir de la dignité humaine. 

Je suis consciente que le cas de mon père, n’est pas le cas le plus médiatiquement favorable pour un gouvernement, mais c’est justement dans des cas comme celui-ci, qu’un Etat peut tester son attachement aux valeurs qui lui sont le plus chères. 

Si malgré cette lettre, vous maintenez la décision de vouloir renvoyer mon père  au Rwanda, ce que je vous demande à vous, représentante de l’Etat belge, en tant que la fille unique de Bernard Ntuyahaga, est d’avoir le courage d’exécuter mon père, plutôt que de le condamner, en violation de vos lois, à un sort qui serait, pour lui et pour sa famille, pire qu’une peine de mort.

Bernardette Muhorakeye 

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Le discours du Dr Denis Mukwege lors de la remise de son prix Nobel 2018 à Oslo http://www.therwandan.com/fr/le-discours-de-mukwege-lors-de-la-remise-de-son-prix-nobel-2018-a-oslo/ http://www.therwandan.com/fr/le-discours-de-mukwege-lors-de-la-remise-de-son-prix-nobel-2018-a-oslo/#respond Mon, 10 Dec 2018 20:18:09 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6568 Discours du lauréat du Prix Nobel de la Paix 2018 Denis Mukwege

Dans la nuit tragique du 6 octobre 1996, des rebelles ont attaqué notre hôpital à Lemera, en République Démocratique du Congo (RDC). Plus de trente personnes tuées. Les patients abattus dans leur lit à bout portant. Le personnel ne pouvant pas fuir tué de sang-froid. Je ne pouvais pas m’imaginer que ce n’était que le début. Obligés de quitter Lemera, en 1999 nous avons créé l’hôpital de Panzi à Bukavu où je travaille encore aujourd’hui comme gynécologue-obstétricien. La première patiente admise était une victime de viol ayant reçu un coup de feu dans ses organes génitaux. La violence macabre ne connaissait aucune limite. Cette violence malheureusement ne s’est jamais arrêtée.

Un jour comme les autres, l’hôpital a reçu un appel. Au bout du fil, un collègue en larmes implorait : « S’il vous plaît, envoyez-nous rapidement une ambulance. S’il vous plait, dépêchez-vous. » Ainsi, nous avons envoyé une ambulance comme nous le faisons habituellement.

Deux heures plus tard, l’ambulance est revenue. A l’intérieur une petite fille de tout juste dix-huit mois. Elle saignait abondamment et a été immédiatement emmenée en salle d’opération. Quand je suis arrivé, les infirmières étaient toutes en larmes. La vessie du nourrisson, son appareil génital, son rectum étaient gravement endommagés. Par la pénétration d’un adulte.

Nous prions en silence : mon Dieu, dites-nous que ce que nous voyons n’est pas vrai. Dites-nous que c’est un mauvais rêve. Dites-nous qu’au réveil tout ira bien.

Mais, ce n’était pas un mauvais rêve. C’était la réalité. C’est devenu notre nouvelle réalité en RDC.

Quand un autre bébé est arrivé, j’ai réalisé que ce problème ne pouvait pas trouver une solution au bloc opératoire, mais qu’il fallait se battre contre les causes profondes de ces atrocités. Je me suis rendu au village de Kavumu pour parler avec les hommes : pourquoi vous ne protégez pas vos bébés, vos filles et vos femmes ? Où sont les autorités ? À ma grande surprise, les villageois connaissaient le suspect. Tout le monde avait peur de lui, car il était membre du Parlement provincial et jouissait d’un pouvoir absolu sur la population.

Depuis plusieurs mois sa milice terrorisait le village entier. Elle avait instillé la peur en tuant un défenseur des droits humains qui avait eu le courage de dénoncer les faits. Le député s’en est tiré sans conséquences. Son immunité parlementaire lui permettait d’abuser en toute impunité.

Ces deux bébés ont été suivis de dizaines d’autres enfants violés. Lorsque la quarante-huitième victime est arrivée, nous étions désespérés.

Avec d’autres défenseurs des droits humains, nous avons saisi un tribunal militaire. Finalement, ces viols ont été poursuivis et jugés comme crimes contre l’humanité. Les viols des bébés à Kavumu ont cessé. Les appels à l’hôpital de Panzi aussi. Mais l’avenir psychologique, sexuel et génésique de ces bébés est hypothéqué.

Ce qui s’est passé à Kavumu et qui continue aujourd’hui dans de nombreux autres endroits au Congo, tels que les viols et les massacres à Béni et au Kasaï, a été rendu possible par l’absence d’un État de droit, l’effondrement des valeurs traditionnelles et le règne de l’impunité, en particulier pour les personnes au pouvoir.

Le viol, les massacres, la torture, l’insécurité diffuse et le manque flagrant d’éducation, créent une spirale de violence sans précédent.

Le bilan humain de ce chaos pervers et organisé a été des centaines de milliers de femmes violées, plus de 4 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et la perte de 6 millions de vies humaines. Imaginez, l’équivalent de toute la population du Danemark décimée.

Les gardiens de la paix et les experts des Nations Unies n’ont pas été épargnés. Plusieurs ont trouvé la mort dans l’accomplissement de leur mandat. La Mission des Nations Unies en RDC reste présente jusqu’à ce jour afin que la situation ne dégénère pas davantage.

Nous leur en sommes reconnaissants.

Cependant, malgré leurs efforts, cette tragédie humaine se poursuit sans que tous les responsables ne soient poursuivis. Seule la lutte contre l’impunité peut briser la spirale des violences.

Nous avons tous le pouvoir de changer le cours de l’Histoire lorsque les convictions pour lesquelles nous nous battons sont justes.

Vos Majestés, Vos Altesses Royales, Excellences, Distingués membres du Comité Nobel, Chère Madame Nadia Murad, Mesdames et Messieurs, Amis de la paix,

C’est au nom du peuple congolais que j’accepte le prix Nobel de la Paix. C’est à toutes les victimes de violences sexuelles à travers le monde que je dédie ce prix.

C’est avec humilité que je me présente à vous portant haut la voix des victimes des violences sexuelles dans les conflits armés et les espoirs de mes compatriotes.

Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux qui pendant ces années ont soutenu notre combat. Je pense, en particulier, aux organisations et institutions des pays amis, à mes collègues, à ma famille et à ma chère épouse, Madeleine.

Je m’appelle Denis Mukwege. Je viens d’un des pays les plus riches de la planète. Pourtant, le peuple de mon pays est parmi les plus pauvres du monde.

La réalité troublante est que l’abondance de nos ressources naturelles – or, coltan, cobalt et autres minerais stratégiques – alimente la guerre, source de la violence extrême et de la pauvreté abjecte au Congo.

Nous aimons les belles voitures, les bijoux et les gadgets. J’ai moi-même un smartphone. Ces objets contiennent des minerais qu’on trouve chez nous. Souvent extraits dans des conditions inhumaines par de jeunes enfants, victimes d’intimidation et de violences sexuelles.

En conduisant votre voiture électrique, en utilisant votre smartphone ou en admirant vos bijoux, réfléchissez un instant au coût humain de la fabrication de ces objets.

En tant que consommateurs, le moins que l’on puisse faire est d’insister pour que ces produits soient fabriqués dans le respect de la dignité humaine.

Fermer les yeux devant ce drame, c’est être complice.

Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard.

Mon pays est systématiquement pillé avec la complicité des gens qui prétendent être nos dirigeants. Pillé pour leur pouvoir, leur richesse et leur gloire. Pillé aux dépens de millions d’hommes, de femmes et d’enfants innocents abandonnés dans une misère extrême… tandis que les bénéfices de nos minerais finissent sur les comptes opaques d’une oligarchie prédatrice.

Cela fait vingt ans, jour après jour, qu’à l’hôpital de Panzi, je vois les conséquences déchirantes de la mauvaise gouvernance du pays.

Bébés, filles, jeunes femmes, mères, grands-mères, et aussi les hommes et les garçons, violés de façon cruelle, souvent en public et en collectif, en insérant du plastique brûlant ou en introduisant des objets contondants dans leurs parties génitales.

Je vous épargne les détails. Le peuple congolais est humilié, maltraité et massacré depuis plus de deux décennies au vu et au su de la communauté internationale.

Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, plus personne ne peut dire : je ne savais pas.

Avec ce prix Nobel de la Paix, j’appelle le monde à être témoin et je vous exhorte à vous joindre à nous pour mettre fin à cette souffrance qui fait honte à notre humanité commune.

Les habitants de mon pays ont désespérément besoin de la paix.

Mais :

Comment construire la paix sur des fosses communes ?
Comment construire la paix sans vérité ni réconciliation ?
Comment construire la paix sans justice ni réparation ?

Au moment même où je vous parle, un rapport est en train de moisir dans le tiroir d’un bureau à New York. Il a été rédigé à l’issue d’une enquête professionnelle et rigoureuse sur les crimes de guerre et les violations des droits humains perpétrés au Congo. Cette enquête nomme explicitement des victimes, des lieux, des dates mais élude les auteurs.

Ce Rapport du Projet Mapping établi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits Humains, décrit pas moins de 617 crimes de guerre et crimes contre l’humanité et peut-être même des crimes de génocide.

Qu’attend le monde pour qu’il soit pris en compte ? Il n’y a pas de paix durable sans justice. Or, la justice ne se négocie pas.

Ayons le courage de jeter un regard critique et impartial sur les événements qui sévissent depuis trop longtemps dans la région des Grands Lacs.

Ayons le courage de révéler les noms des auteurs des crimes contre l’humanité pour éviter qu’ils continuent d’endeuiller cette région.

Ayons le courage de reconnaître nos erreurs du passé.

Ayons le courage de dire la vérité et d’effectuer le travail de mémoire.

Chers compatriotes congolais, ayons le courage de prendre notre destin en main. Construisons la paix, construisons l’avenir de notre pays, ensemble construisons un meilleur avenir pour l’Afrique. Personne ne le fera à notre place.

Mesdames et Messieurs, Amis de la paix,

Le tableau que je vous ai brossé offre une réalité sinistre.

Mais permettez-moi de vous raconter l’histoire de Sarah.

Sarah nous a été référée à l’hôpital dans un état critique. Son village avait été attaqué par un groupe armé qui avait massacré toute sa famille, la laissant seule.

Prise en otage, elle a été emmenée dans la forêt. Attachée à un arbre. Nue. Tous les jours, Sarah subissait des viols collectifs jusqu’à ce qu’elle perde connaissance.

Le but de ces viols utilisés comme armes de guerre étant de détruire Sarah, sa famille et sa communauté. Bref détruire le tissu social.

À son arrivée à l’hôpital, Sarah ne pouvait ni marcher ni même tenir debout. Elle ne pouvait pas retenir ni ses urines ni ses selles.

A cause de la gravité de ses blessures génito-urinaires et digestives couplées à une infection surajoutée, personne ne pouvait imaginer qu’elle serait un jour en mesure de se remettre sur ses pieds.

Pourtant, chaque jour qui passait, le désir de continuer à vivre brillait dans les yeux de Sarah. Chaque jour qui passait, c’était elle qui encourageait le personnel soignant à ne pas perdre espoir. Chaque jour qui passait, Sarah se battait pour sa survie.

Aujourd’hui, Sarah est une belle femme, souriante, forte et charmante.

Sarah s’est engagée à aider les personnes ayant survécu à une histoire semblable à la sienne.

Sarah a reçu cinquante dollars américains, une allocation que notre maison de transit Dorcas accorde aux femmes souhaitant reconstruire leur vie sur le plan socioéconomique.

Aujourd’hui, Sarah dirige sa petite entreprise. Elle a acheté un terrain. La Fondation Panzi l‘a aidée avec des tôles pour faire un toit. Elle a pu construire une maison. Elle est autonome et fière.

Son histoire montre que même si une situation est difficile et semble désespérée, avec la détermination, il y a toujours de l’espoir au bout du tunnel.

Si une femme comme Sarah n’abandonne pas, qui sommes-nous pour le faire ?

Ceci est l’histoire de Sarah. Sarah est Congolaise. Mais il y a des Sarah en République Centrafricaine, en Colombie, en Bosnie, au Myanmar, en Iraq et dans bien d’autres pays en conflit dans le monde.

A Panzi, notre programme de soins holistiques, qui comprend un soutien médical, psychologique, socioéconomique et juridique, montre que, même si la route vers la guérison est longue et difficile, les victimes ont le potentiel de transformer leur souffrance en pouvoir.

Elles peuvent devenir des actrices de changement positif dans la société. C’est le cas déjà à la Cité de la Joie, notre centre de réhabilitation à Bukavu où les femmes sont aidées pour reprendre leur destin en main.

Cependant, elles ne peuvent pas y arriver seules et notre rôle est de les écouter, comme nous écoutons aujourd’hui Madame Nadia Murad.

Chère Nadia, votre courage, votre audace, votre capacité à nous donner espoir, sont une source d’inspiration pour le monde entier et pour moi personnellement.

Le prix Nobel de la Paix qui nous est décerné aujourd’hui n’aura de valeur réelle que s’il peut changer concrètement la vie des victimes de violences sexuelles de par le monde et contribuer à ramener la paix dans nos pays.

Alors, que pouvons-nous faire ?
Que pouvez-vous faire ?

Premièrement, c’est notre responsabilité à tous d’agir dans ce sens.

Agir c’est un choix.

C’est un choix :

– d’arrêter ou non la violence à l’égard des femmes,
– de créer ou non une masculinité positive qui promeut l’égalité des sexes, en temps de paix comme en temps de guerre.

C’est un choix :

– de soutenir ou non une femme,
– de la protéger ou non,
– de défendre ou non ses droits,
– de se battre ou non à ses côtés dans les pays ravagés par le conflit.

C’est un choix : de construire ou non la paix dans les pays en conflits.

Agir, c’est refuser l’indifférence.

S’il faut faire la guerre, c’est la guerre contre l’indifférence qui ronge nos sociétés.

Deuxièmement, nous sommes tous redevables vis-à-vis de ces femmes et de leurs proches et nous devons tous nous approprier ce combat ; y compris les États qui doivent cesser d’accueillir les dirigeants qui ont toléré, ou pire, utilisé la violence sexuelle pour accéder au pouvoir.

Les États doivent cesser de les accueillir avec le tapis rouge et plutôt tracer une ligne rouge contre l’utilisation du viol comme arme de guerre.

Une ligne rouge qui serait synonyme de sanctions économiques, politiques et de poursuites judiciaires.

Poser un acte juste n’est pas difficile. C’est une question de volonté politique.

Troisièmement, nous devons reconnaître les souffrances des survivantes de toutes les violences faites aux femmes dans les conflits armés et les soutenir de façon holistique dans leur processus de guérison.

J’insiste sur les réparations ; ces mesures qui leur donnent compensation et satisfaction et leur permettent de commencer une nouvelle vie. C’est un droit humain.

J’appelle les États à soutenir l’initiative de la création d’un Fonds global de réparation pour les victimes de violences sexuelles dans les conflits armés.

Quatrièmement, au nom de toutes les veuves, tous les veufs et des orphelins des massacres commis en RDC et de tous les Congolais épris de paix, j’appelle la communauté internationale à enfin considérer le Rapport du Projet « Mapping » et ses recommandations.

Que le droit soit dit.

Cela permettrait au peuple congolais d’enfin pleurer ses morts, faire son deuil, pardonner ses bourreaux, dépasser sa souffrance et se projeter sereinement dans le futur.

Finalement, après vingt ans d’effusion de sang, de viols et de déplacements massifs de population, le peuple congolais attend désespérément l’application de la responsabilité de protéger les populations civiles lorsque leur gouvernement ne peut ou ne veut pas le faire. Il attend d’explorer le chemin d’une paix durable.

Cette paix passe par le principe d’élections libres, transparentes, crédibles et apaisées.

« Au travail, peuple congolais ! » Bâtissons un État où le gouvernement est au service de sa population. Un État de droit, émergent, capable d’entraîner un développement durable et harmonieux, non seulement en RDC mais dans toute l’Afrique. Bâtissons un État où toutes les actions politiques, économiques et sociales sont centrées sur l’humain et où la dignité des citoyens est restaurée.

Vos Majestés, Distingués membres du Comité Nobel, Mesdames et Messieurs, Amis de la paix,

Le défi est clair. Il est à notre portée.

Pour les Sarah, pour les femmes, les hommes et les enfants du Congo, je vous lance un appel urgent de ne pas seulement nous remettre le Prix Nobel de la Paix mais de vous mettre debout et de dire ensemble et à haute voix : « La violence en RDC, c’est assez ! Trop c’est trop ! La paix maintenant ! »

Je vous remercie.

Denis Mukwege

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Acquittement de Diane Rwigara et de sa maman: Joie ou soulagement? http://www.therwandan.com/fr/acquittement-de-diane-rwigara-et-de-sa-maman-joie-ou-soulagement/ http://www.therwandan.com/fr/acquittement-de-diane-rwigara-et-de-sa-maman-joie-ou-soulagement/#comments Fri, 07 Dec 2018 18:38:58 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6559 Par Jean Claude Nkubito

Pour moi c’est juste un soulagement. Soulagé parce qu’elles vont jouir d’un peu de tranquillité.

Tranquillité incomplète certes, car elles ont perdu le chef de leur famille dans une mort toujours mystérieuse et qu’aucune suite n’a encore été réservée à son sort immérité jusqu’ici par le gouvernement..

Tranquillité incomplète certes car leur famille a été dépouillée de leur biens et que leur bâtiment a été injustement rasé et sans indemnité aucune. Tranquillité incomplète encore, car les deux dames ont purgé une année de prison victimes d’un sort immérité.

Je suis soulagé et je crois que je ne suis pas le seul à l’être, mais je souhaite mieux. Je souhaite un jour passer du soulagement à la joie. J’aurais souhaité que ce genre d’injustices cesse dans mon Rwanda natal.

J’aurais souhaité voir d’autres prisonniers politiques libérés sans condition, et c’est le cas de mon ami Deo Mushayidi et de ses compagnons d’infortune dans différentes prisons du Pays.

J’aurais souhaité ne plus devoir retenir mon souffle en attendant avec inquiétude un verdict dans une affaire similaire à celle de Diane et sa maman.

Je souhaiterais ne plus entendre parler de disparition de personnes, de manque d’espace politique, d’injustice sociale encouragée et bien d’autres comportements indignes de notre siècle.

Je souhaite voir un jour le Rwanda comme un pays où la fraternité règne et où tous les conflits soient réglés dans un contexte d’échange et de convivialité.

Quand le Rwanda comprendra que l’unité ne se fait ps contre mais avec, alors, je passerai du soulagement passager à la joie totale malgré les blessures du passé qui auront laissé de séquelles.

Je partage avec Dianne et sa maman leur choix de remercier Dieu pour sa bonté ni plus ni moins. Imana isingizwe kandi ishimwe.

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LE DIALOGUE : LE PILIER DE LA POLITIQUE DU PRÉSIDENT JUVÉNAL HABYARIMANA http://www.therwandan.com/fr/le-dialogue-le-pilier-de-la-politique-du-president-juvenal-habyarimana/ http://www.therwandan.com/fr/le-dialogue-le-pilier-de-la-politique-du-president-juvenal-habyarimana/#respond Tue, 27 Nov 2018 11:19:28 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6539
PRÉSIDENT JUVÉNAL HABYARIMANA

Par Victor Manege Gakoko

Un des points de l’actualité rwandaise fait écho des informations qui se croisent et s’entrecroisent relatives à la demande explicite de dialogue de l’opposition politique avec le gouvernement rwandais qui fait la sourde oreille. Cette situation me rappelle celle des années 1990, où le président Habyarimana faisait face en même temps à trois fronts et non des moindres: la pression militaire du FPR, les revendications de l’opposition démocratique naissante et le radicalisme des ultra-conservateurs du MRND.

Force est alors de constater que le président Habyarimana, jouant pleinement son rôle de chef de l’État, a su gérer cette situation complexe en se plaçant au dessus de la mêlée, Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, qu’on qualifie son régime de dictatorial, ou qu’on l’accuse des assassinats politiques qui ont suivi sa prise de pouvoir, on reconnaîtra cependant que le président Juvénal Habyarimana a été lâchement assassiné par les ennemis de la paix alors qu’il tentait de sauver le peuple rwandais d’une des pires tragédies de fin du XXème siècle. Discutable, me diront certaines personnes ancrées à toujours déshonorer leur propre président tué alors qu’il exerçait encore ses prérogatives constitutionnelles.

On ne le dit pas assez où on feint de ne pas le savoir, le président Habyarimana et son gouvernement avaient entrepris avant l’attaque du FPR, le 1er octobre 1990, toutes les initiatives possibles pour essayer de trouver une solution appropriée et durable au problème des réfugiés rwandais. (Cf. les archives nationales).

Autant, malgré l’opposition des irréductibles du MRND (qui avait le monopole du pouvoir), le président Habyarimana a engagé le Rwanda sous la voie du multipartisme en privilégiant le dialogue politique, responsable et consensuel. Le couronnement des pourparlers francs entre les parties prenantes fut l’entrée de l’opposition politique au gouvernement avec un bonus de poste de premier ministre.

Cependant, le plus grand mérite à mettre à l’actif du président Habyarimana fut l’acceptation des négociations directes avec les rebelles Inkotanyi. Cette décision était le reflet d’un courage politique exceptionnel et la matérialisation d’une volonté politique positive.

Honneur à ce Grand Homme, le président Juvénal Habyarimana qui a su faire la différence en mettant sa vie en danger pour la survie de la République et la sauvegarde de la paix nationale. Oui, le temps le jugera et, sans nul doute, l’Histoire l’acquittera. Et ainsi, le Peuple Rwandais réhabilitera sa mémoire en le proclamant Héros National.

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Victoire Ingabire dans le collimateur d’André Twahirwa. Décryptage. http://www.therwandan.com/fr/victoire-ingabire-dans-le-collimateur-dandre-twahirwa-decryptage/ http://www.therwandan.com/fr/victoire-ingabire-dans-le-collimateur-dandre-twahirwa-decryptage/#comments Sat, 17 Nov 2018 08:38:43 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6506 André Twahirwa, se fait l’avocat du régime dictatorial et répressif du Général Kagame contre Victoire Ingabire Umuhoza, icône de la résistance pacifique.

Monsieur André Twahirwa est un propagandiste rwandais vivant en Ile-de-France (Sarcelles) où il est élu municipal. Il ne s’embarrasse pas de louer la dictature du Rwanda malgré ses multiples violations très graves des droits humains  et au mépris des victimes. Après s’être attaqué à ceux qu’il appelle les quatre multinationales droits-de-l’hommistes, FIDH, AMNESTY INTERNATIONAL, RSF et HRW pour leur louable travail de dénonciation des violations des droits de l’homme, il a tourné sa colère contre Madame Victoire INGABIRE Umuhoza, présidente des FDU-Inkingi et icône de la résistance pacifique contre le régime dictatorial et répressif de Paul Kagame.

Dans son article paru sur internet le 2/11/2018, sous le titre « Victoire Ingabire, la présidente des FDU-Inkingi, n’est pas une opposante mais une négationniste« , André TWAHIRWA tente de l’attaquer, la décrédibiliser, la disqualifier par des propos diffamatoires, des interprétations erronées et en lui prêtant des idées qui ne sont pas les siennes. Le cas de Monsieur André Twahirwa n’est pas unique dans la sphère du régime rwandais : il reflète l’état d’esprit des propagandistes de cette dictature.

Les droits de l’homme: un moindre souci pour Monsieur André Twahirwa

Dans son article intitulé «Des multinationales droits de l’hommistes et de comment se libérer de leur ingérence », Monsieur André Twahirwa précise que « la question n’est pas tellement de savoir si ce qu’elles [ces organisations de défense des droits de l’homme] publient dans leurs rapports ou autres communiqués est vrai ou non » mais plutôt qu’elles « sont un outil de la sempiternelle ingérence de l’Occident au nom de l’universalisme européen ». Il s’oppose à leur revendication d’un « droit et le devoir de défendre les droits universels de l’Homme » puisqu’une telle initiative « occidentalise et aliène un peuple ». Et pourtant, M. Twahirwa ne trouve aucun problème à recourir aux valeurs dites occidentales pour se faire élire en France (Sarcelles).

Sachant que ces mêmes organisations ont apporté leur appui à la cause du FPR dans sa lutte pour le pouvoir, M. Twahirwa ne déplore pas non plus qu’il y ait eu une quelconque aliénation ou occidentalisation du FPR.

Monsieur André Twahirwa : adepte et nostalgique d’un pouvoir brutal et monarchique

Twahirwa glorifie le mode de gouvernance du dictateur Kagame au Rwanda, puisqu’il s’agit, dit-il, d’une forme de « démocratie consensuelle» non seulement conforme aux valeurs de partage de la société rwandaise mais aussi parce qu’elle s’inscrit dans une continuité historique des pratiques politiques du Rwanda de la monarchie tutsi, avant la colonisation.

Un des aspects de la féodalité royale au Rwanda

Il rappelle à ceux qui l’ignore que « les pôles du pouvoir central étaient occupés par des clans différents : le roi appartenait au clan des Abanyiginya tandis que la reine-mère était issue des clans matri-dynastiques (Abasinga, Abega, Abakono, Abaha) ; enfin, les gardiens de la Constitution dite Code dynastique, les Abiru, étaient principalement des Abatsobe».

Cette approche de faire le parallélisme entre la nature de la gouvernance monarchique et la dictature du président Paul Kagame est quelque part vraie. Ce qui est anormal, c’est que M. Twahirwa glorifie ainsi une période monarchique précoloniale, pourtant globalement reconnue par beaucoup de rwandais, comme caractérisée par des inégalités criantes et une ethnisation de la gouvernance qui sont les causes profondes et réelles des soubresauts cruels que connaît régulièrement la société rwandaise.

Effectivement, à y regarder de près, le Président Kagame se comporte comme un roi et le pouvoir est géré comme dans une monarchie. Et comme du temps de la monarchie, après la désignation du nouveau roi, tous les rivaux potentiels étaient éliminés physiquement ou prenaient le chemin de l’exil pour sauver leur peau. C’est ce modèle de gouvernance que Kagame pratique à la lettre et auquel la vision de démocratie prônée par Madame Victoire INGABIRE Umuhoza se heurte.

A défaut d’éliminer physiquement la présidente des FDU-Inkingi, les acolytes du régime dont M. Twahirwa tentent de ternir son image en vue de l’éliminer politiquement. Pour ce faire, M. Twahirwa recourt aux arguments habituels de génocide/négationnisme, le génocide étant devenu un instrument pour asseoir la dictature et la soutenir en écartant toute opposition politique. Pourtant le discours à Gisozi ne contient aucun élément négationniste et la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples l’a confirmé dans son arrêt prononcé le 24 novembre 2017 dans l’Affaire n°003/2014.

Instrumentaliser le génocide pour développer un extrémisme d’exclusion

Le régime installé au Rwanda et dirigé par le président Paul Kagame et le FPR depuis 24 ans tire ses origines et sa légitimité dans le génocide de 1994. Le FPR a provoqué les violences et le terrorisme ayant abouti en un génocide pour enfin prendre tout le pouvoir. André TWAHIRWA, et bien d’autres extrémistes et penseurs du régime à l’exemple de Tom Ndahiro et Albert Rudatsimburwa, part du postulat que tout opposant au régime est un génocidaire, et par conséquent un négationniste. Ainsi posé leur balisage, les extrémistes développent leurs théories, s’acharnent sur qui ils veulent, le qualifiant de tous les noms, pour le faire taire, le disqualifier, l’éliminer politiquement.

L’article d’André TWAHIRWA, cité ci-dessus, se place dans cette logique (Victoire Ingabire, la présidente des FDU-Inkingi, n’est pas une opposante mais une négationniste). Il s’attaque à Madame Victoire INGABIRE et à son parti, les Forces Démocratiques Unifiées (FDU-INKINGI). Le titre lui-même est assez révélateur : tout opposant politique devient de ce fait un négationniste.

Pour ces extrémistes et penseurs, le FPR a arrêté le génocide et seuls ses membres ont le droit d’exercer le pouvoir au Rwanda et de s’accaparer de toutes les richesses du pays. Pour eux, critiquer la politique criminelle du FPR revient à remettre en question le génocide. Et pourtant, il est de notoriété publique que les crimes du FPR dépassent tout entendement, allant des massacres de population au Rwanda et en RDC (Byumba et Ruhengeri, Kibeho, Rapport Mapping, pour ne citer que ça) aux pillages des ressources congolaises et à la politique d’appauvrissement. La population du Rwanda vit dans la terreur et la misère; le pouvoir et ses propagandistes ne tolèrent pas que cela soit évoqué.

Pour les extrémistes du FPR, il y a des bons contre les méchants

Pour André Twahirwa, la logique est dichotomique : soit on est pour la politique du FPR et on est bon, soit on est contre la politique du FPR et on est méchant, génocidaire, et/ou négationniste. Personne n’a le droit de critiquer la politique d’accaparement des avantages du pays (politiques, économiques et sociaux) et d’appauvrissement de la population, d’assassinats et de disparitions répétées de personnes, d’emprisonnements arbitraires. Pour eux, critiquer ou remettre en cause les mensonges du régime rwandais revient à nier le génocide, à propager l’idéologie du génocide, à faire une conspiration contre les autorités de l’Etat, à fomenter une organisation terroriste.

Boniface Twagilimana

Pour André Twahirwa et ceux qui partagent ses idées, il n’y a qu’une vérité et elle vient du FPR. Seule l’histoire racontée par le pouvoir doit être répétée et enseignée. Sortir de ce balisage et faire de l’opposition politique revient à s’exposer à une répression par les lois sur le génocide. C’est de cette façon que la séparation entre les « bons » et les « méchants » est faite et que les « méchants » sont traînés devant les tribunaux à la solde du pouvoir. Les plus malchanceux parmi eux disparaissent tout simplement, volatilisés à la suite des enlèvements opérés par les forces de l’Etat ou jetés dans des prisons secrètes. Le cas actuel du premier vice-président des FDU-Inkingi, Monsieur Boniface Twagirimana, est assez caractéristique de ces disparitions, de cette insécurité et de cette terreur entretenue par l’Etat rwandais. Monsieur André Twahirwa se moque de ces victimes ; ce qui l’intéresse, c’est faire l’apologie de la dictature sanguinaire du Rwanda.

Attaquer et chosifier les « méchants », rwandais et non rwandais

André Twahirwa attaque Madame Victoire INGABIRE Umuhoza en prétextant qu’elle n’est pas admise à exprimer une opinion. Tout ce qu’elle dit est d’office considéré comme du négationnisme. Et cela est martelé pour lui enlever toute parole. Faut-il le répéter encore, André Twahirwa ignore sciemment l’arrêt rendue par la cour Africaine de Droits de l’Homme et des Peuples  (CADHP, Arusha) qui précise que Madame Victoire INGABIRE Umuhoza doit être rétablie dans ses droits car dans son discours à Gisozi   et ailleurs elle a exprimé ses opinions politiques, loin de tout idée de nier ou minimiser le génocide.

Dans un deuxième temps, André Twahirwa affirme que Madame Victoire INGABIRE Umuhoza n’existerait « guère sans leurs amis et complices d’ici » (ici en Europe, c’est à dire les occidentaux). C’est là une façon de dire qu’elle n’est rien. Et pourtant, André Twahirwa prend son stylo pour écrire sur quelqu’un qu’il méprise tant, d’où la contradiction entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. Mme Victoire INGABIRE est présidente des FDU-Inkingi, un parti qui compte dans l’opposition et qui, par sa politique et ses propositions constructives, fait peur aux extrémistes. De ce fait, elle existe, elle fait parler d’elle. Son parti, sans être encore reconnu légalement, existe de fait bel et bien au Rwanda. Ses militants ne se cachent pas, malgré qu’ ils fassent l’objet d’une chasse à l’homme par les services de police et de renseignement. Quand Madame Victoire INGABIRE s’exprime, elle le fait aussi au nom de ceux-là qui sont quotidiennement harcelés et qui se reconnaissent en elle.

Et André Twahirwa de dire que « ceux qui ne cessent d’enjoindre le Rwanda d’ouvrir son espace politique sont les amis et complices des négationnistes »: ainsi la liaison est vite faite entre négationnisme et opposition politique et tous ceux qui la soutiennent. Cette habitude d’attaquer tout le monde, rwandais ou étranger qui ose parler de ce qui ne va pas au Rwanda, relève du mépris et de l’arrogance de Monsieur André Twahirwa et de ses amis. Ce comportement hautain est caractéristique de la dictature rwandaise et de ses propagandistes, dans leurs discours et sur les réseaux sociaux comme Twitter.

Diaboliser pour détourner l’attention et couvrir ainsi les crimes du FPR

Victoire Ingabire Umuhoza

Mme Victoire INGABIRE, opposante politique et présidente des FDU-INKINGI, ne fait pas du négationnisme et la cour CADHP l’a confirmé dans son arrêt. Quand elle s’exprime, elle le fait au nom de l’opposition politique, un droit reconnu par la constitution rwandaise, que cherchent à lui nier certains extrémistes rwandais comme André Twahirwa. Et pourtant, ils sont nombreux les rwandais sans voix qui se reconnaissent en elle, en ses idées et ses opinions.

Jouer la carte de l’élimination politique des opposants par des accusations de négationnisme, de génocidaire ou d’idéologie du génocide est une méthode injuste qui a fonctionné dans le passé mais qui atteint aujourd’hui ses limites. De telles accusations visent simplement à couvrir les crimes commis par le FPR et à lui assurer une impunité et une pérennité au pouvoir. Dès lors que cette tactique est démasquée et connue, les extrémistes ne pourront plus s’en servir longtemps. Il est temps qu’ils apprennent à jouer franc jeu : le mensonge et la diabolisation d’autrui ont assez duré, la carte de l’instrumentalisation du génocide ne peut plus être brandie indéfiniment en politique rwandaise.

André Twahirwa/photo facebook

Un extrémisme politique qui jouit de l’impunité

Quand André Twahirwa et ses amis s’octroient le droit d’enlever aux autres rwandais le droit d’exprimer leurs opinions, cela relève simplement de l’extrémisme et de la discrimination qui ont toujours sous-tendu la politique du FPR. C’est de l’intolérance qui doit être combattue par les rwandais, et notamment par les FDU-Inkingi. En effet, les FDU-Inkingi mettent en avant une politique inclusive de rassemblement, d’unité et de liberté d’expression, loin de toute exclusion. C’est ensemble et unis que les rwandais pourront construire un Etat fort et pacifique, où il fait bon vivre.

L’intolérance et l’extrémisme devraient être réprimés par les lois rwandaises, mais quand ceux qui violent les lois sont ceux qui sont chargés de les appliquer ou leurs propagandistes, cela finit par consacrer l’impunité des extrémistes. Ils sont confortés ainsi par leur position au-dessus des lois.

 L’usage des amalgames pour brouiller les pistes

Considérer toute revendication d’ouverture de l’espace politique comme du négationnisme ou encore prétendre que l’opposition politique est héritière des régimes passées, c’est créer sciemment des amalgames visant simplement une élimination politiques des opposants, ce qui est contraire à la constitution. Ces amalgames seront aussi combattus pour permettre à chaque rwandais de se positionner librement sur la scène politique et laisser à la population le droit de choisir une politique qui réponde au mieux de leurs intérêts. Monsieur André Twahirwa doit reconnaître que les temps changent et que la scène politique rwandaise est appelée à changer aussi. Il s’accroche au passé pour mieux prêter à Mme Victoire INGABIRE et à son parti politique les idées qui ne sont pas les leurs. C’est une propagande qui ne tient pas la route et qui ne trompe personne. Les rwandais qui souffrent de la dictature savent très bien que la politique du FPR est à l’origine de cette souffrance.

Faire l’éloge du pouvoir en répétant les mensonges grossiers

Monsieur André Twahirwa prétend que le Rwanda est doté d’un modèle endogène, de partage du pouvoir et de consensus institutionnalisé, modèle à l’origine du « miracle rwandais ». C’est là un pur mensonge et de beaux mots creux.

En effet, le « miracle rwandais » est un mirage fondé sur des statistiques faussées, forgées de toute pièce dans le but de donner une image qui est loin de la réalité du pays  (ce constat a été récemment corroboré par le Sénat rwandais). La réalité du pays est que la population rwandaise est misérable (surtout en milieu rural), que toute la richesse est détenue par une poignée d’individus membres du FPR, que le Rwanda est caractérisé par un terrorisme d’État (tortures, assassinats, enlèvements de personnes et disparitions forcées, appauvrissement, misère et terreur….), que la liberté d’opinion n’existe pas (l’article de M. André Twahirwa est assez révélateur), que les arrestations arbitraires et la fabrication des dossiers à charge sont monnaie courante, bref que le FPR a un lourd passé criminel qu’il cherche à couvrir par cette terreur, pour éviter toute contestation. Le modèle endogène au Rwanda est mort avant sa naissance, tout comme la « Vision 2020 » est un mirage longtemps étalé aux yeux des bailleurs de fonds et autres soutiens financiers. Dans moins de 14 mois, nous entrerons dans l’année 2020 : le bilan de la « Vision 2020 » révèle aujourd’hui une pauvreté sans précédent de la population et des problèmes sociaux inextricables. La montagne a déjà accouché d’une souris. Le mensonge du pouvoir rwandais est plus que visible : il crève les yeux.

En conclusion : Madame Victoire INGABIRE Umuhoza mène un combat pour la liberté

Mme Victoire INGABIRE Umuhoza, en sa qualité de présidente des FDU-Inkingi, mène un combat d’opposition politique visant à garantir à chaque rwandais la liberté et les droits de base : le droit à la vie, droit à la propriété, droit d’association et droit d’expression. C’est en cela que beaucoup de rwandais de l’intérieur et de l’étranger se reconnaissent en elle et ont fait d’elle l’icône de la résistance pacifique des opprimés.

La politique de terreur doit cesser pour laisser la place à un espace politique ouvert et permettre aux rwandais de se retrouver dans un dialogue national, dialogue où chacun pourra s’exprimer et participer à la décision d’ensemble quant à notre avenir commun.

Les Forces Démocratiques Unifiées (FDU-Inkingi) se battent sur ce terrain et leur présidente, Mme Victoire INGABIRE, est appelée à exprimer toujours en leur nom son opinion pour un changement politique en cette direction, n’en déplaise aux extrémistes, comme André Twahirwa, qui brandissent immanquablement leur arme passe-partout : génocide/négationnisme pour bâillonner les opposants politiques.

Théophile Mpozembizi
Commissaire des FDU-Inkingi chargé de la Communication.

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