Destructions ciblées de logements des quartiers pauvres dans la Ville de Kigali.

Communiqué 

Paris, le 21 décembre 2019

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Depuis lundi 16 décembre 2019, des images, des témoignages et des informations inondent actuellement les médias et les réseaux sociaux sur les destructions systématiques des maisons dans certains quartiers de la Ville de Kigali au Rwanda notamment sur ordre des autorités de la Ville de Kigali. 

Des images et vidéos montrent les personnes prises en photos en train de détruire des maisons des quartiers pauvres et des personnes en détresse dans les ruines ne sachant où aller et ou se loger. La plupart de ces victimes de destructions sont des gens qui vivent en ville de leur travail et qui avaient pu obtenir des petits crédits pour la construction de logements très modestes en bois, en briques adobes ou en briques cuites. 

Les quartiers concernés sont notamment Mulindi, Muhima, Rwampara du secteur de Nyarugenge. Ces quartiers existent depuis plusieurs dizaines d’années (plus de 30 ans pour certains) et des maisons ont été construites souvent avec des autorisations des autorités locales.  Les autorités prétendent que ce sont des maisons d’habitation jugées à risques situées dans des zones humides et menacées d’inondation.  Ces opérations de destructions seraient dans un plan concernant tout le pays pour la protection de la population contre les catastrophes naturelles dont les inondations et glissement de terrain. La question qui se posent est le respect du droit à la propriété privée. Les personnes chassées de ces quartiers ne sont ni relogées ni indemnisées. Mais il se trouve que les quartiers détruits ne sont pas tous des zones à risques et la plupart sont des zones que l’Etat pouvait aménager sans détruire des habitations. 

Des témoignages recueillis auprès des propriétaires et des victimes de ces destructions déclarent qu’ils sont forcés par les autorités locales et les forces de sécurité de détruire leurs maisons. Ils auraient le choix de détruire eux-mêmes leurs habitations ou de se faire arrêter et de payer les frais de destruction. 

Les victimes attendaient comme dernier recours non pas la justice mais le simple mot du président de la République pour qu’ils soient protégées et défendues. Mais ces victimes sont déçues par la déclaration du Président. Dans son intervention dans la session annuelle du dialogue national le 19 décembre 2019, il a déclaré que c’est un programme du gouvernement qui allait continuer mais que l’administration notamment les autorités locales et les ministères concernées n’ont pas su expliquer aux populations concernées. A tous ceux qui ont critiqué cette action en demandant le respect des droits des victimes, il a simplement répondu qu’ils devraient attendre le jour où la population les élira pour mettre en place leur propre mesures de protection.

Les actions de destructions de logement (à risques selon lui) planifiées mais sans indemnisation des propriétaires pour les protéger, engagent la responsabilité de l’Etat tout comme l’autorité qui a autorisé la construction dans ses quartiers. L’Etat ne protège pas ses citoyens en les mettant plus encore dans des conditions de précarité.   

L’ODHR rappelle que, pour présenter l’image de villes sans bidonvilles avec de belles constructions propres, et ainsi cacher la misère aux visiteurs étrangers, le gouvernement rwandais a l’habitude de forcer ces citoyens à détruire leurs propres maisons sans payer les indemnisations d’expropriation. Cela a été le cas dans la Ville de Huye (ancien Butare), à Gicumbi (ancien Byumba), à Kamembe et dans plusieurs quartiers de la Ville de Kigali.  Ceci est la continuité des actions de destruction qui ont rasé le quartier de Kiyovu (des pauvres) et Kimicanga il y a une dizaine d’années. Des organisations ont dénoncé cette urbanisation et aménagement du territoire à marche forcée[1]. C’est une urbanisation forcée avec un plan directeur des villes mais non financé.  

L’ODHR demande au gouvernement rwandais de respecter et de protéger ses citoyens dans leur droit à la vie, à la propriété et à la sécurité sans discrimination.  Le Président Rwandais en qualité de garant en dernier recours, devrait protéger les populations démunies dans le strict respect de la constitution, des lois et règlements qui disposent que toute expropriation est sujette à une indemnisation préalable et juste. Ces déguerpissements forcés sans préavis et destructions brutales constituent des atteintes à la sécurité physique, psychologique et mentale de la population. 

Le droit au développement d’un pays passe par le respect du droit à la propriété, au logement et à la dignité de tous ses citoyens.

Pour l’ODHR

Munyandilikirwa Laurent

Président


[1] Voir ttps://www.fidh.org/fr/regions/afrique/rwanda/rwanda-la-democratie-mise-sous-tutelle- Un plan d’urbanisation et d’aménagement du territoire dicté à marche forcée – Page 8

1 COMMENT

  1. Kagame a traités ces Rwandais de crapauds. En réplique, ceux-ci lui ont répondu qu’ils ne sont pas de crapauds mais qu’ils sont Rwandais comme lui.
    C’est Kagame qui les a mis dans la situation infra-animale dans laquelle ils se trouvent.
    Par son agissement, Kagame a prouvé qu’il est dépourvu d’humanité la plus élémentaire.
    Par conséquent, c’est un rêver de penser qu’il puisse exprimer la moindre compassion à l’endroit de ces Rwandais majoritairement enfants et personnages âgées.
    Il convient de préciser que certains de ces personnes traitées comme des chiens sans maîtres par Kagame sont les Rwandais historiques de Kigali c’est-à-dire qui habitent sur le sol de leurs ancêtres depuis des siècles. Par ailleurs, seules les Tutsi dignes de ce nom reconnus comme tel par FARG sont pris en charge par celui-ci en application de l’article 50 de la constitution rwandaise de 2003 révisée en 2015. Il s’ensuit qu’outre la cruauté de Kagame à leur égard, la majorité écrasante des victimes de celui-ci sont frappées de discrimination caractérisée. Enfin, Kagame a bafouée la constitution rwandaise
    1/ Article 3: Suprématie de la Constitution
    La Constitution est la loi suprême du pays.
    Toute loi, décision ou acte contraires à la présente Constitution sont sans effet.
    2/ Article 15: Egalité devant la loi
    Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Ils jouissent d’une égale protection de la loi.
    3/ Article 16: Protection contre la discrimination
    Tous les Rwandais naissent et demeurent égaux en droits et en libertés.
    4/ Article 19: Droit de l’enfant à la protection
    Tout enfant a droit, de la part de sa famille, de la société et de l’Etat, aux mesures de protection spéciale qu’exigent son âge et ses conditions de vie, conformément au droit national et international.
    5/Article 20: Droit à l’éducation
    Tout Rwandais a droit à l’éducation.
    6/ Article 21: Droit à une bonne santé
    Tous les Rwandais ont droit à une bonne santé.
    7/ Article 34: Droit à la propriété privée
    Toute personne a droit à la propriété privée individuelle ou collective.
    La propriété privée individuelle ou collective est inviolable.
    Il ne peut être porté atteinte au droit de propriété que pour cause d’utilité publique et conformément aux dispositions légales.
    Kagame a bafoué toutes ces dispositions qui ne souffrent d’aucune interprétation.
    Au vu de ces dispositions constitutionnelles et des agissements de Kagame, celui-ci est un hors-la-loi notoire. Une personne dépourvue de compassion humaine envers les Rwandais et d’humanité les plus élémentaires ne peut nullement prétendre être dirigeant de notre pays. Il n’est qu’un mercenaire dont l’unique objectif est d’optimiser ses intérêts en tous genres. C’est pourquoi Kagame a transformé le Rwanda en patrimoine personnel de sorte que les Rwandais sont devenus ses sujets qu’il traite comme il l’entend, le tout sans conséquence aucune pour lui. Kagame a vidé le Rwanda. C’est ce qui lui a permis d’entrer dans le club des millionnaires ( classé cinquième président le plus riche en Afrique avec un portefeuille bien garni soit 500 millions de dollars US hors avoirs placés dans les paradis fiscaux). Son cas est sui generis dans les annales de l’histoire de l’Afrique. Que celui qui connaît inyeshyamba sans sous qui, avoir pris le pouvoir dans un pays, en l’espace de quelques années de règne sur celui-ci est entré dans le club des millionnaires en cite en exemple.
    Le conseil à prodiguer à nos compatriotes, victimes de spoliation de leurs biens et de la cruauté de Kagame:
    – Réduits à l’échelle infra-animale, les conséquences encourues sont d’une extrême gravité quant à leur santé en particulier.
    Par conséquent, il est préférable et judicieux qu’ils restent mu matongo yabo. Kagame finira le travail comme il l’a dit devant des millions de Rwandais. Le monde entier en sera témoin.
    Il est digne de mourir c’est-à-dire rejoindre les anciens sur le sol de ses ancêtres que dans crever dans la rue et être inhumé dans les fosses communes comme un chien sans maître.
    Il est regrettable qu’ils soient les Sans Voix alors que les violations de leurs droits droit et de la constitution par Kagame est flagrante. Il serait utile que les Rwandais de l’extérieur de bonne volonté portent à grande échelle leur cas aux organisations internationales de défense des droits de l’homme. Je n’ignore pas que les intérêts des protecteurs de Kagame qui lui ont garanti l’impunité passent avant ceux des Rwandais et que conséquemment la vie des Rwandais est pour eux un point insignifiant.

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