Ethiopie: La mort du Premier ministre Meles Zenawi

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, poids lourd parmi les dirigeants africains, au pouvoir depuis deux décennies, est décédé à l’hôpital dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé le gouvernement éthiopien.

« Le Premier ministre Meles Zenawi est décédé hier soir aux environs de minuit, » a précisé mardi matin le porte-parole du gouvernement Bereket Simon.

Le vice-Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, va assurer l’intérim du pouvoir.

« Conformément à la Constitution éthiopienne, le vice-Premier ministre devra aller devant le Parlement et prêter serment, » a affirmé devant la presse le porte-parole du gouvernement Bereket Simon, ajoutant que le gouvernement faisait en sorte que le Parlement soit convoqué « le plus vite possible ».

M. Meles, âgé de 57 ans, n’avait plus été vu en public depuis juin et son état de santé faisait l’objet de nombreuses rumeurs. En juillet, des sources diplomatiques à Bruxelles avaient indiqué à l’AFP que M. Meles était hospitalisé dans la capitale belge et qu’il se trouvait dans un état critique.

le 4 Juillet 2009, Meles Zenawi a été décoré par le Président Kagame pour avoir aidé le FPR à prendre le pouvoir en 1994

« Il récupérait bien mais tout d’un coup il s’est passé quelque chose et il a dû être emmené d’urgence en unité de soins intensifs et ils n’ont pu le maintenir en vie, » a ajouté mardi M. Bereket, sans donner de précision sur la maladie dont souffrait M. Meles.

Le porte-parole a ajouté que le Premier ministre éthiopien se trouvait « à l’étranger » au moment de son décès, sans non plus fournir davantage de détails.

Une conférence de presse des autorités éthiopiennes est prévue mardi matin à Addis Abeba.

Meles Zenawi dirigeait l’Ethiopie d’une poigne de fer depuis qu’il avait pris le pouvoir en 1991 à la tête d’une guérilla qui venait de faire tomber le régime du dictateur Mengistu Hailé Mariam.

Cet homme austère était entré dans le club fermé des dirigeants africains en poste depuis plus de deux décennies après une victoire écrasante aux élections de 2010 — il avait alors raflé 99% des voix.

Et il incarnait à lui seul le pouvoir dans son pays, dont il avait fait au fil des ans un allié clé des Etats-Unis dans la lutte contre l’extrémisme dans la Corne de l’Afrique.

Conséquences sérieuses pour la Corne de l’Afrique

En juillet, quand avait été évoquée l’hospitalisation de M. Meles à Bruxelles, une source diplomatique avait souligné que sa disparition aurait de sérieuses conséquences pour cette région très instable.

« Il a su imposer son autorité à ses voisins », et il est « un pôle de stabilité entre le Soudan, l’Erythrée et la Somalie », avait expliqué la source.

Les mandats de M. Meles ont notamment été marqués par une guerre frontalière très meurtrière avec l’Erythrée voisine entre 1998 et 2000 et deux interventions militaires en Somalie — la première de fin 2006 à début 2009, la deuxième depuis fin 2011 contre les insurgés islamistes shebab.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement éthiopien se voulait rassurant sur l’état de santé de M. Meles.

Mais depuis l’annonce de son hospitalisation à Bruxelles par des sources diplomatiques sur place, l’incertitude régnait sur qui est actuellement, effectivement, aux commandes dans le deuxième plus peuplé des pays d’Afrique sub-saharienne.

La Constitution éthiopienne est muette en ce qui concerne le constat de vacance ou d’empêchement du chef du gouvernement, et sur les procédures de remplacement le cas échéant.

Son article 75 prévoit seulement que le vice-Premier ministre « agit au nom du Premier ministre en son absence », sans autre précision, notamment de durée. Le poste de vice Premier ministre est actuellement occupé par Hailemariam Desalegn.

Meles Zenawi et le Rwanda

Selon le Major BEM Emmanuel Neretse, un ancien des Forces Armées Rwandaises et Gaspard Musabyimana un écrivain rwandais, dans une série d’articles publiées sur le site de Gaspard Musabyimana  comme:

Les personnalités décorées à Kigali le 04/07/2010 sont des fossoyeurs du peuple rwandais.

La reconquête du Rwanda (1990-1994) : aveu d’un complot international

Avec le soutien de l’administration Clinton, le FPR ne pouvait que conquérir le Rwanda

L’Ethiopie dirigée par Meles Zenawi a aidé considérablement le FPR à prendre le pouvoir au Rwanda. J’ai retenu quelques extraits issus de ces articles:

« A l’époque, l’homme fort actuel de l’Ethiopie, Meles Zenawi, venait de s’emparer du pouvoir par les armes à Addis-Abeba. Il était alors présenté par ses mentors américains comme l’un des modèles des  »nouveaux leaders » dont avait besoin l’Afrique, tout comme son collègue Yoweri Museveni. Les Américains voulaient alors étendre ces modèles dans toute la région en commençant par le Rwanda. »

« De même, on savait que le président éthiopien Meles Zenawi était très lié à Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda dont il avait bénéficié l’appui pour conquérir l’Ethiopie ; qu’il était, comme Museveni, un pion installé par les puissances anglo-saxonnes dans la région. On savait aussi qu’après avril 1994, des unités éthiopiennes étaient aux avant-postes pour conquérir certains points stratégiques (camp Kanombe, aéroport de Kigali, etc.) ; qu’après la reconquête de tout le pays en juillet 1994, les troupes éthiopiennes, qui avaient participé à cette conquête, furent, en un tournemain, transformées en troupes de la MINUAR II alors qu’elles étaient visibles sur les postes-frontières de Rusizi II, Corniche,…, dès le 15 juillet, avant même que le FPR ne forme son premier gouvernement et que l’ONU ne décide de l’envoi de nouvelles troupes pour constituer la MINUAR II. Mais ce 04 juillet 2009, ce fut la première fois que Kagame admit officiellement et publiquement que les soldats éthiopiens de Meles Zenawi faisaient partie de ceux qui l’ont aidé à conquérir le Rwanda. »

 

La Rédaction

 

 

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