LeRwandais http://www.therwandan.com/fr Therwandan Journal Wed, 19 Sep 2018 08:54:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.7 http://www.therwandan.com/fr/wp-content/uploads/sites/2/2016/10/therwandan1-e1476990118446.png LeRwandais http://www.therwandan.com/fr 32 32 MON INDIGNATION CONTRE LA MANIPULATION DE L’HISTOIRE TRAGIQUE DE MON PAYS. http://www.therwandan.com/fr/mon-indignation-contre-la-manipulation-de-lhistoire-tragique-de-mon-pays/ http://www.therwandan.com/fr/mon-indignation-contre-la-manipulation-de-lhistoire-tragique-de-mon-pays/#respond Wed, 19 Sep 2018 08:54:33 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6295 En ce moment, je suis perturbé et attristé non seulement par la falsification de l’histoire de mon pays d’origine, le Rwanda, mais aussi par un acharnement virulent de quelques politiciens et journalistes belges contre de jeunes belges d’origine rwandaise qui ont souhaité récemment se présenter aux élections communales d’octobre 2018.

Les reproches qui sont faits à ces jeunes, ayant grandi exclusivement en Belgique pour la plupart, sont des plus injustes et certains sont mêmes ignobles et scandaleux.

Il semblerait que le régime de Paul Kagame, sur lequel pèse de lourdes accusations de crimes contre l’humanité, commis au Rwanda et en dehors, n’apprécie guère que des jeunes belges d’origine rwandaise qui ne partagent pas sa vision de l’histoire du Rwanda, puissent envisager de faire partie de la classe politique d’un pays dans lequel ils ont trouvé refuge.

Je souhaite dénoncer cette ingérence de l’Etat Rwandais dans les élections communales belges, et je condamne spécialement avec force cette pratique qui consiste à traiter de négationniste toute personne qui ose réclamer justice pour les millions de Rwandais, Hutu en particulier, et congolais massacrés en toute indifférence et totalement oubliés volontairement par l’humanité ainsi que les plus hautes instances internationales en charge d’assurer la paix, la sécurité et la défense des droits de l’homme dans le monde!

Car il ne s’agit que de cela !

Les jeunes de Jambo asbl ont tout simplement eu l’audace de revendiquer justice pour des centaines de milliers de Rwandais, assassinés parce qu’ils étaient tout simplement Hutu, alors qu’ils n’avaient rien à voir avec les Interehamwe ayant perpétré le génocide d’avril à juillet 1994.

Ces massacres historiques, commis sur le territoire Rwandais et celui de la RDC, principalement de novembre 1996 à fin 1997, sont pourtant connus de plusieurs institutions tant belges qu’internationales et ont fait l’objet d’un rapport dit : « Mapping Report » publié par les Nations Unies, le 1 octobre 2010, dans lequel il est écrit que ces massacres « révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de génocide ».

Pour ma part, ce n’est ni par « le seul génocide tutsi », ni par l’embargo sur la reconnaissance officielle du « génocide » des millions de Hutu massacrés par l’armée de Paul Kagamé, le Président actuel du Rwanda (« Our kind of guy » selon Bill Clinton, ancien Président des USA), que l’unité du peuple rwandais sera réalisée.

L’unité de ce peuple, aujourd’hui divisé, ne peut être réalisée que si elle est fondée sur une base de vérité émanant des Rwandais eux‐mêmes et non sur base de calomnies ou de menaces, ou encore de vérités tricotées par les lobbys, les experts et autres « Blancs menteurs » pour reprendre l’expression du journaliste Pierre Péan.

Pourquoi l’Etat Rwandais s’acharne‐t‐il contre une nouvelle génération qui ne cherche qu’à connaître toute la vérité sur ce qu’il s’est passé dans leur pays d’origine, sans être trompé par la communauté internationale qui a abandonné le peuple rwandais entre les mains de ses bourreaux de tous bords, dès la nuit du 6 avril
1994 après l’assassinat du Président rwandais, Juvénal Habyarimana, jusque juillet 1994 ?

Mais également, de fin 1996 jusque fin 1998, lorsque les réfugiés rwandais étaient pourchassés par les troupes du FPR depuis l’Est de la RDC jusqu’à Kinshasa.

Depuis quand réclamer Justice pour les Hutu est‐il devenu une offense pour les Tutsi ?

Si dans le Rwanda actuel, il n’y a plus de séparation instituée entre les ethnies, pourquoi devrait‐il y en avoir entre les morts ? C’est‐à‐dire une sorte d’apartheid mémoriel entre les victimes Hutu qu’il faut oublier comme si ces personnes n’étaient pas humaines, et les victimes Tutsi pour lesquelles il faut construire des mémoriaux en guise de souvenirs à travers le pays, alors que tous ont été massacrés, les uns par les Inkotanyi et les autres par les Interahamwe?

Cette politique instituée carrément pour le souvenir des uns et le rejet et l’oubli obligés pour les autres, est une politique enseignant une idéologie haineuse, divisionniste et raciste, aujourd’hui forgée de toutes pièces et d’arguments mensongers dans un pays comme le Rwanda, unique en Afrique, où tout un peuple forme une même nation, fondée sur base d’une même culture.

C’est cette politique imposée à notre peuple que soutiennent « les experts » et même sans honte « la communauté internationale »!

L’histoire du génocide des Tutsi a été détournée de son contexte par ceux que j’appelle « les négationnistes du véritable génocide rwandais », par ceux‐là même qui veulent une immunité totale pour couvrir leurs horribles crimes commis contre des populations civiles totalement innocentes, étrangères aux divisions actuelles servant d’instrument de domination comme du temps de la monarchie traditionnelle.

Aujourd’hui, ce sont les jeunes de Jambo asbl qui en font les frais, mais hier c’était des journalises, des chercheurs voire même des juges au seul motif qu’ils ont osé dénoncer le crime des crimes que les militaires du FPR ont commis contre la population Hutu.

Je connais personnellement le président de Jambo asbl, Gustave Mbonyumutwa. Je l’ai connu quand il était encore enfant et je l’ai vu grandir au Rwanda et ensuite ici en Belgique, affranchi de toute considération ethnique, comme ses parents et ses grands‐parents, toujours à la recherche de la vérité et de l’apaisement du peuple rwandais.

Les accusations de négationnisme contre Gustave Mbonyumutwa, président de Jambo asbl, ainsi que les insinuations à l’égard de ses parents que je connais bien et ses grands‐parents que j’ai connus sont tout simplement ignobles et j’espère que la Justice belge, elle au moins, pourra faire son travail sereinement.

Son grand père, Dominique Mbonyumutwa, vers fin 1959, fût l’un des pionniers de la révolution du « menu peuple », ce peuple paysan du Rwanda soumis et exploité par la noblesse. Il sera choisi par ses compagnons des partis révolutionnaires, partis fondateurs de la République Rwandaise pour en devenir le premier Président avant le référendum qui consacrera l’abolition définitive de la monarchie et la confirmation officielle de la République Rwandaise, organisé par l’ONU en septembre 1961.

Après la victoire militaire du FPR en juillet 1994, les fils et les filles de l’ancienne haute noblesse dominée par le clan des Abega, sont revenus au pouvoir et semblent avoir restauré la « monarchie Bega », prétendument constitutionnelle, sous couvert d’une république sanguinaire et ravageuse, qui a instauré malicieusement une politique raciste, fondée sur l’idéologie du « génocide des Tutsi », idéologie instrumentalisée à tort ou à
raison, plutôt à tort en ce qui me concerne, pour les besoins de la domination absolue de notre peuple, en se
servant des appuis de certains pays et lobbys dont les intérêts sont évidents.

La Belgique ne doit pas devenir l’extension de cette idéologie raciste en Europe et j’appelle donc tout rwandais et tout ami du Rwanda vivant en Belgique à ne pas se laisser flouer par cette pratique, savamment orchestrée depuis Kigali, et à soutenir le maintien de ces jeunes belgo‐rwandais sur les listes électorales de leur pays d’accueil.

Fait à Bruxelles, le 19 septembre 2018

Faustin TWAGIRAMUNGU
Président du parti RDI-Rwanda Rwiza et
Ancien Premier Ministre du Rwanda
De juillet 1994 à août 1995

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Nous serons tous riches ensemble ou nous nous noyerons ensemble http://www.therwandan.com/fr/nous-serons-tous-riches-ensemble-ou-nous-nous-noyerons-ensemble/ http://www.therwandan.com/fr/nous-serons-tous-riches-ensemble-ou-nous-nous-noyerons-ensemble/#respond Tue, 18 Sep 2018 12:40:52 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6292 « Aujourd’hui je voulais m’indigner pour le silence de l’Union Africaine. Les gens-là qui meurent sur les plages – et je mesure mes mots – si c’était des Blancs, la Terre entière serait en train de trembler. Ce sont des Noirs et des Arabes, alors quand eux ils meurent, ça coûte moins cher.

Si on voulait sauver les gens dans l’Atlantique, dans la méditerranée, on le ferait. Mais on attend qu’ils meurent d’abord. C’est à croire que le ‘laisser mourir’ est un outil dissuasif.

Mais laissez-moi vous dire quelque chose: cela ne dissuade personne ! Parce quelqu’un qui part et qui envisage l’éventualité d’un échec, celui-là peut trouver le péril absurde et donc l’éviter. Mais celui qui part pour la survie, qui considère que la vie qu’il a à perdre ne vaut rien, celui-là sa force est inouïe, parce qu’il n’a pas peur de la mort ! »

Ces mots ont été prononcés à la télévision française en Avril 2015 par une paneliste d’un débat. Thème assez provocateur ‘Accueillir ou pas la misère du monde ‘.

Les mots que j’ai transcrits ici ne sont qu’un petit fragment de toute son intervention.

La voix de cette auteure Sénégalo-Française née dans une petite ile de 20.000 habitants près de la ville de Fatick au Sénégal, a instantanément et incontestablement conquis le monde entier et est devenue l’une des voix les plus fortes pour les sans voix dans cette thématique de la ‘crise des migrants’.

Sa diatribe a enflammé et continue à enflammer le web – trois ans après ce débat de France 2 – tant la justesse et le choix de ses mots, la puissance de son argumentaire et la manière dont elle ne laisse pas désarçonner même devant les propos cyniques qui ne se voilent même plus, a résonné chez beaucoup de personnes, surtout les gens en Afrique et dans la diaspora d’origine Africaine.

Sans le savoir et sans le vouloir, elle est devenue de facto la porte-parole de tous ceux qui se sont souvent senti frustrés par le fait que les africains et ces migrants de toutes origines qui s’aventurent dans ce voyage désespéré de la méditerranée, sont rarement invités aux nombreuses tables où l’on débat de leur sort et de leur avenir.

Aujourd’hui je suis inspiré par Fatou Diome du Sénégal. Fatou est née en 1968 sur la petite île de Niodior, dans le delta du Saloum, au sud-ouest du Sénégal. Née d’un amour ‘illicite’ entre deux jeunes de 18 ans dans une communauté musulmane conservative qui condamnait leur relation, la petite Fatou est élevée par sa grand-mère maternelle, Aminata.

Fatou décrit sa grand-mère comme une femme pragmatique dont la priorité était de la nourrir, la soigner et la préparer pour une vie sans ennuis, sans plus. Sa grand-mère venait d’une autre époque, une époque où les filles ne devait avoir d’autres ambitions que de fonder une famille.

Fatou elle, avait d’autres aspirations. Elle n’accepte pas les traditions de sa terre natale qui relèguent les femmes à préparer les repas et assurer les tâches ménagères. De la maison de sa grand-mère, Fatou voyait l’école et elle rêvait d’être comme les autres enfants qu’elle voyait là-bas. Sa grand-mère ne voulait rien entendre.

Le matin, Aminata amenait la petite fille avec elle dans son jardin potager et elles passaient des heures à arroser les légumes. Mais dès que sa grand-mère allait s’occuper d’autres taches ménagères, la petite fille s’enfuyait et allait à l’école.

«Je restais au fond de la classe, mais l’instituteur me renvoyait.»

Malgré tout, elle continuait à venir, en cachette. Finalement, voyant à quelle point la petite fille était déterminé et conscient qu’elle ne pourrait s’éduquer en cachette très longtemps dans cette petite communauté sans que sa grand-mère ne le découvre, l’enseignant décide d’aller la rencontrer pour la convaincre de laisser Fatou poursuivre ses études.

Sa grand-mère finira par accepter son choix, et l’année suivante, elle a inscrit officiellement la petite fille de 7 ans à l’école.

Fatou ne lui en a jamais voulu de l’avoir mis à l’école à contrecœur. Elle sait que sa grand-mère l’aimait plus que tout et voulait que sa petite-fille ait une belle vie, différente de celle de sa mère, mais elle ne comprenait pas ce que ce monde éduqué représentait.

Pour Fatou, l’éducation était tout: c’est là où elle découvre la langue Française et petite déjà, développe ce rêve de devenir enseignante.

Son petit village n’ayant pas d’école secondaire, Fatou est envoyée à 13 ans vivre dans la ville voisine de M’Bour chez des parents qui devaient normalement l’aider à aller à l’école. Mais c’était l’opposé.

«J’étais leur bête de somme. On me disait : aujourd’hui, tu ne vas pas en classe, tu fais le linge! Alors, à 14 ans, j’ai pris ma chambre, que je payais avec des petits boulots.»

Fatou commence ainsi ce qu’elle décrira plus tard comme une vie de ‘nomade’, faisant des petits boulots de bonne pour financer son rêve d’avoir un diplôme. Tant bien que mal, elle finira ses études secondaires au Lycée de M’Bour. Bien qu’elle reconnaisse la valeur de l’éducation, pour elle, c’est cette vie d’enfant qui s’est retrouvée livrée à elle-même qui a vraiment forgé son caractère.

« La rue ! Lorsque j’étais adolescente, je louais une chambre pour me débrouiller toute seule. Evidemment, lorsque vous vivez comme ça, vous êtes confrontée à la société brute, elle est sans fard et vous l’affrontez telle qu’elle est.»

Loin de l’aigrir, cette vie a libéré son esprit, lui a appris à questionner le monde, et questionner les adultes et leurs responsabilités dans les maux de la société.

Toujours à la recherche de moyen pour continuer à étudier, Fatou se retrouve en Gambie, pays voisin du Sénégal, où elle travaille comme bonne. Avec l’argent qu’elle gagne, elle revient s’inscrire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, mon ancienne université. Un petit fait qui n’a rien à avoir avec notre histoire: j’étais moi-même étudiant à l’université historique de Dakar à la même époque et j’ai peut-être croisé la jeune Fatou au campus sans le savoir.

Passionnée de la langue Française, elle rêve à devenir professeur de français. Elle confie qu’elle ne pensait pas à quitter son pays natal. Ses projets devaient quelque peu changer quand, à 22 ans, elle tombe amoureuse d’un coopérant Français, avec lequel elle se marie et suit en France, en Alsace.

Mais loin d’être un beau conte de fée, son histoire d’amour a rapidement tourné au vinaigre. Elle décrira plus tard sa relation avec beaucoup d’humour “C’était une erreur de casting” confiera-t-elle.

En entrant dans cette relation, il ne lui venait pas à l’idée que cela importerait à qui que ce soit que leur couple soit mixte. En fait, elle ne voyait pas son mari comme quelqu’un de ‘peau différente’. Mais le regard que les autres portaient sur son couple n’était pas aussi fan de la mixité. La famille de son mari l’a particulièrement maltraitée, et sous leur pression, leur couple n’a pas tenu.

En 1994, la jeune divorcée se retrouve pratiquement à la rue, une époque qui lui rappellera son adolescence, quand elle a décidé de quitter sa famille d’accueil de M’Bour. Et comme à l’époque de son adolescence, elle ne se laisse pas décourager par les évènements: Fatou se lance dans des petits boulots pour gagner sa vie. Et comme à l’époque de M’Bour, de Gambie et de Dakar, elle met tout ce qu’elle gagne, aussi minime que ce soit, dans son éducation.

Cela durera six ans, six ans pendant lesquelles elle va à la faculté à l’université de Strasbourg et fait le ménage pendant ses moments de liberté. Elle est tellement déterminée à se sortir de la précarité et de ne jamais plus dépendre de quelqu’un d’autres pour sa survie qu’elle continuera à faire des petits boulots même quand son parcours académique exceptionnel lui vaudra de décrocher un poste de chargée de cours pendant qu’elle complète son DEA.

Vous vous dites sûrement qu’une jeune étudiante qui passe des jours et des nuits à préparer un doctorat, faire de la recherche pour son sujet de thèse, passe les journées à donner des cours et faire des petits boulots ne trouverai pas le temps de faire autre chose?

Eh bien Fatou, elle a trouvé ce temps-là pour poursuivre une passion née en elle depuis son adolescence : l’écriture.

« Je ne suis pas venue à la littérature, c’est elle qui est venue à moi. J’ai commencé à écrire quand j’ai quitté mon village, j’avais treize ans. A cause du fait de devoir aller dans d’autres villes au Sénégal pour étudier j’étais souvent très seule, donc je lisais énormément et ça m’a donné envie d’écrire de petites histoires et c’est venu comme ça petit à petit. J’étais très jeune, j’ai commencé à écrire et je n’ai jamais arrêté depuis. Je ne savais pas forcément à quoi ça pouvait me mener. »

Amoureuse de la vie mais révoltée par les injustices de ce monde, vivant tous les jours les revers de ce rêve européens si dur à acquérir, la jeune femme décide de canaliser toutes ces émotions et expériences dans des histoires courtes tournant autour du thème de l’immigration, vue sous le regard d’une jeune fille qui lui ressemble et qui grandit au cours des récits.

En 2001, pendant qu’elle complète un doctorat de lettres modernes sur le thème du ‘Voyage, les échanges et la formation dans l’œuvre littéraire et cinématographique de Sembène Ousmane’, elle publie ‘La Préférence nationale’, un recueil de toutes ces nouvelles qu’elle écrit depuis des années.

‘La Préférence nationale’ a été bien reçue des critiques littéraires mais ce sera ‘Le Ventre de l’Atlantique’, son premier roman qu’elle publiera deux ans plus tard, qui mettra le nom de Fatou Diome sur toutes les lèvres et lui donnera une renommée internationale.

Là encore, elle puise dans son expérience personnelle et son vécu pour raconter l’histoire de la migration vue par les africains.

“Attirée, puis filtrée, parquée, rejetée, désolée. Nous sommes les Malgré-nous du voyage” écrit-elle dans ce livre qui a été un succès littéraire dès sa parution – avec plus de 200.000 exemplaires vendus – qui a en partie lancé ce que d’aucun appellent ‘le phénomène Diome’.

« J’en avais un peu assez des clichés : l’immigration ce n’est pas que des pauvres gens exploités, ce n’est pas toujours ça. L’immigration c’est aussi des gens qui partent pour leur émancipation, qui partent au nom de leur liberté…qui partent pour des tas d’autres raisons que la société d’accueil ne perçoit pas forcément. Vous avez donc certes des gens qui partent pour des raison économiques, mais d’autres qui partent pour des raisons plus vivables. Je voulais aussi parler des rapports qui existent entre les immigrés qui vivent en Europe et leurs familles restées au pays. On parle toujours des sans-papiers, mais on ne sait pas pourquoi ils sont partis. On ne sait pas ce qu’ils vivent quand ils reviennent sur place et je voulais dévoiler ces aspects-là. »

Fatou Diome fait le tour des plateaux télévisés et des émissions de radio, séduisant le public par son charisme, son franc-parler, sa facilité avec les mots et sa façon de vous amener malgré vous à voir ce qui était devant vous tout ce temps mais auquel vous n’aviez jamais vraiment prêté attention: les rêves de tous ces gens dont on ne voit souvent que la souffrance et misère.

D’étudiante qui fait le ménage pour payer ses études, Fatou devient une auteure a succès qui continuera à dévoiler le monde de la migration à travers des riches ouvrages littéraires.

Dans les années qui ont suivi la publication de ce roman qui lui a ouvert les mondes de la littérature française, Fatou Diome est petit à petit devenue la voix de référence pour tout ce qui est immigration et intégration en France.

Depuis cette émission d’Avril 2015 avec laquelle j’ai commencé mon article, la voix de Fatou Diome, et non plus seulement ses textes, ont franchi les frontières de l’Hexagone pour atterrir dans les coins les plus éloignés possibles, y compris son petit village de Nodior qu’elle a quitté à 13 ans.

Sa grand-mère, qui vivait toujours sur la petite ile, s’inquiétait à chaque fois qu’elle entendait parler de sa petite fille dans les nouvelles.

« Qu’est-ce que tu as fait? » lui demandait-elle quand elle l’appelait. Pour la vielle dame, on ne parle de vous comme ça que quand vous êtes dans les ennuis.

Mais Fatou la rassurait: « Non grand-mère, je ne suis pas dans des ennuis! »

Et pour la rassurer, elle a pris le temps de lui traduire chacun de ses livres dans leur langue natale, le sérère, afin de partager avec son aïeule un peu de ce monde magique qu’elle a découvert il y a plus de quarante ans, quand elle a franchi la porte de l’école primaire de Niodor.

Je ne peux compter le nombre de fois que des amis m’ont envoyé la vidéo de son intervention dans l’émission ‘Ce soir ou jamais!’ et à chaque fois, je suis accroché à tous ses mots, fasciné par sa facilité à dire tout ce que j’ai à l’esprit, ne se laissant jamais emporter dans des mots ou argumentaires creux.

Je ne vais pas vous dire plus. Aujourd’hui, j’ai juste voulu vous dévoiler un peu de la vie de cette femme admirable dont la vidéo a certainement dû atterrir dans votre messagerie favorite.

Fatou Diome doit s’écouter et se lire, et ne peux être appréciée que quand vous l’entendez de sa propre voix, avec ses propres mots. Je vous encourage à rechercher les images de ses interviews et conférences, cherchez ses livres si vous avez le temps de lire entre deux choses et découvrez la verve de cette femme de lettres exceptionnelle.

Je ne sais pas si vous aimerez nécessairement ce qu’elle dit mais je peux vous assurer qu’elle ne vous laissera pas indifférente.

«Vous ne resterez pas comme des petits poissons rouges dans la forteresse européenne. Au jour d’aujourd’hui, l’Europe ne sera plus jamais épargnée, tant qu’il y aura des conflits ailleurs dans le monde, l’Europe ne sera plus jamais opulente tant qu’il y aura des carences ailleurs dans le monde.
Alors trouvons une solution collective ou déménagez d’Europe car j’ai l’intention de rester.»

Bien dit, Fatou ! Tu es la voix de ceux privés de voix, ceux dont l’histoire n’est réduite qu’a quelques chiffres et à des images insoutenables de centaines de gens entassés sur des embarcations de misère ou se débattant dans la mer pour ne pas se noyer, entourés de morceaux de leurs pirogues et de corps sans vie flottant sur ces eaux loin de chez eux. Ceux dont l’histoire n’est que censée être vue d’aussi loin que possible et jamais entendue, et quand on l’entend, on ne daigne pas l’écouter.

Félicitation pour ta contribution à l’héritage de l’Afrique, Fatou! Que Dieu continue à entretenir ce talent extraordinaire et à toujours t’aider à trouver les mots justes pour réveiller même les consciences les plus endormies ! #BeTheLegacy #WeAreTheLegacy #Mandela100#UMURAGEkeseksa

Contributeurs
Um’Khonde Patrick Habamenshi

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RWANDA : Commutation de peine pour 2140 prisonniers parmi lesquels le chanteur Kizito MIHIGO et l’opposante politique Victoire INGABIRE Umuhoza http://www.therwandan.com/fr/rwanda-commutation-de-peine-pour-2140-prisonniers-parmi-lesquels-le-chanteur-kizito-mihigo-et-lopposante-politique-victoire-ingabire-umuhoza/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-commutation-de-peine-pour-2140-prisonniers-parmi-lesquels-le-chanteur-kizito-mihigo-et-lopposante-politique-victoire-ingabire-umuhoza/#respond Sat, 15 Sep 2018 22:39:48 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6287 Paris – le 15 septembre 2018

L’Observatoire des droits de l’homme au Rwanda (ODHR), apprécie à sa juste valeur la commutation de peine par grâce présidentielle de 2140 prisonniers parmi lesquels l’opposante politique UMUHOZA Victoire INGABIRE et le chanteur MIHIGO Kizito et salue ce geste et la décision présidentielle. Selon le Ministère de la Justice, la décision a été prise en conseil des Ministres hier le 14 septembre 2018. Le Président de la République exerce le droit de grâce dans les conditions définies par la loi et après avis de la Cour Suprême (Article 109 de la nouvelle constitution rwandaise). A part ces deux personnes très connues, les noms des autres prisonniers ne sont pas encore connus du grand public.

Pour rappel :

L’opposante politique INGABIRE UMUHOZA Victoire a été arrêtée en 2010 lorsqu’elle est rentrée dans son pays natal pour faire enregistrer son parti politique et présenter sa candidature aux élections présidentielles de 2010. Elle a été condamnée par la Cour Suprême à quinze ans de prison de prison ferme, le 13 décembre 2013, pour conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre, minimisation du génocide et propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence, et cela après un procès controversé marqué par beaucoup d’irrégularités et un manque de transparence.

Elle a été arrêtée après avoir réclamé pendant la visite d’un mémorial de génocide des tutsi, la reconnaissance des victimes des massacres du Front patriotique rwandais (FPR) dirigé par Paul Kagame.

Durant le procès elle et sa défense ainsi que les membres de son parti venus la soutenir ont été intimidés, harcelés et menacés. Plusieurs membres de son parti au Rwanda ont été arrêtés, torturés et mis en prison. D’autres ont été assassinés- ici nous citons le cas de Jean Damascène HABARUGIRA représentant local du parti, déclaré disparu début mai 2017 par sa famille. Son son corps a retrouvé torturé et yeux enlevés, quelques jours plus tard le 8 mai 2017 à l’hôpital Nyamata à Bugesera. Aucune poursuite n’a été jusqu’à présent pas menée pour que le ou les coupables répondent de leur actes. D’autres parmi lesquels Illuminée IRAGENA membre des FDU-Inkingi, sont portés disparus. Mme IRAGENA illuminée est portée disparue depuis le 26 mars 2016 et malgré les appels de sa famille, des membres de son parti et des organisations des droits de l’homme, aucune poursuite n’a été faite pour faire la lumière sur sa disparition.  Pour certains parmi lesquels Boniface TWAGIRIMANA (un des vice-présidents du parti), SIBOMANA Sylvain (secrétaire général du parti) et Léonille GASENGAYIRE (trésorière du parti), les procès sont en cours.

Elle a fait recours devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) en octobre 2014 pour dénoncer le harcèlement judiciaire dont elle a été victime et les violations commises par l’État rwandais.  La cour a reconnu la violation des ses droits et a donné au gouvernement rwandais six mois pour rétablir Victoire INGABIRE dans ses droits. Mais le Rwanda avait claqué la porte en dénonçant l’instrumentalisation de la cour.

Quant au célèbre chanteur Kizito MIHIGO, il a d’abord été porté disparu pendant une semaine vers fin mars 2014. Et suite à beaucoup de bruits qui ont entouré cette disparition incriminant les services de sécurité, il est réapparu quelques jours plus tard puis arrêté. Il a été jugé et condamné à dix ans de prison le 27 février 2015. Il avait plaidé coupable et a été condamné pour conspiration contre le gouvernement.

Il était avec trois coaccusés à savoir: – le journaliste Cassien NTAMUHANGA, directeur de la radio confessionnelle Amazing Grace  condamné   à une peine de 25 ans de prison (il avait plaidé non coupable et a été reconnu coupable de formation d’un groupe criminel,  de conspiration contre le gouvernement ou le président de la République, de complicité de terrorisme, et d’entente en vue de commettre un assassinat ; – Jean-Paul DUKUZUMUREMYI condamné à une peine de 30 ans de réclusion et – Agnès NIYIBIZI acquitée.

Ils avaient été arrêtés au moment où Kizito MIHIGO avait dénoncé, dans sa fameuse chanson sur la mort, une discrimination dans la commémoration pour les morts pendant la guerre au Rwanda. Comme Kizito MIHIGO, Cassien NTAMUHANGA avait été porté disparu le 7 avril 2014. Il est réapparu puis réarrêté le 14 avril par la police rwandaise sans préciser comment et le lieu de son arrestation. Dans le procès NTAMUHANGA Cassien a dénoncé les aveux extorqués et la détention illégale.

Les trois condamnés ont tous fait appel devant la cour Suprême. Mais dans l’entretemps avec la création d’une cour d’appel entre la Cour Suprême et la Haute Cour, la loi de compétence a changé et le procès en appel reporté et renvoyé en date du 11 juin 2018 à la cour d’appel. Le prévenu Cassien NTAMUHANGA s’étant évadé et ayant quitté le pays, il ne restait dans le procès que deux prévenus. A la surprise générale, le procès a été rappelé le 10 septembre 2018 à la Cour Suprême devant laquelle MIHIGO Kizito et le coaccusé DUKUZUMUREMYI Jean-Paul présentent leur désistement.

Observation et actions demandées

Pour rappel le Rwanda n’a jamais voulu signer la convention internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forcées adoptée le 20 décembre 2006 par l’Assemblée Générale de l’ONU, est conçu comme un instrument contraignant de lutte contre les disparitions forcées. Selon l’article 1, personne ne doit être victime de tels agissements. La Convention n’admet aucune exception. Ni la guerre, ni le risque de guerre, ni l’instabilité politique, ni aucune autre situation d’urgence ne permet de justifier la disparition de personne quelle qu’elle soit. La Convention est entrée en vigueur le 23 décembre 2010. Il a par contre signé la convention contre la torture et jamais il n’a poursuivi les membres des organes de sécurité étatique ou privé qui ont violé la convention en torturant les personnes arrêtées ou détenues.

Entre le moment de disparition et de réapparition et de ré-arrestation de personnes, la vie est entre les mains de l’autorité d’arrestation et beaucoup de choses parmi lesquelles la torture ou la mort peuvent arriver.

Le droit à un procès équitable que ce soit pour Kizito MIHIGO ou INGABIRE Victoire a été violé et leur arrestation et condamnation étaient liés à d’autres intérêts inavoués pour les faire taire et étouffer la liberté d’expression et d’opinion.

L’ODHR salue donc la libération de tous les prisonniers quels qu’ils soient (politiques, d’opinion, de conscience ou autre) Il  demande toutefois de libérer aussi d’autres prisonniers politique ou d’opinion et toute autre personne poursuivie et condamnée injustement notamment NIYITEGEKA Théoneste, candidat aux élections présidentielles de 2003, Mlle Diane RWIGARA qui a présenté sa candidature aux élections présidentielles de 2017, sa mère Adéline RWIGARA, MUSHAYIDI Déo président du parti PDP-Imanzi condamné à perpétuité, Boniface TWAGIRIMANA, Sylvain SIBOMANA, GASENGAYIRE Léonille et leur coaccusés et toutes les personnes injustement poursuivis ou condamnés.

L’ODHR demande aussi au Gouvernement rwandais de mener des enquêtes fiables sur les cas de torture, d’assassinat et de disparition des personnes citées ci-haut et d’autres personnes qui sont dans la même situation pour combattre l’impunité et la corruption ainsi que la protection partisane et le népotisme qui minent les institutions publiques et privées.

L’ODHR demande en outre d’ouvrir l’espace à la vraie opposition politique à l’indépendance de la société civile pour que tous les citoyens, dans toute leur diversité, œuvrent au développement réel et durable du pays pour la sécurité et la dignité humaine. Un développement discriminatoire qui exclut une partie de sa population est un mirage et il est porteur d’insécurité à moyen et long terme. Il mine la gouvernance équitable, l’inclusion socio-économique, la mémoire et l’environnement global d’un développement qui sont des piliers de la sécurité humaine.

L’ODHR demande enfin au gouvernement rwandais de respecter la déclaration universelle des droits de l’homme et les conventions internationales ratifiées par lui  notamment le protocole concernant les droits civils et politiques, le protocole relatif aux droits socio-économique et culturels, la convention contre la torture, la charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance,  ainsi que tous les instruments internationaux des droits de l’homme.

Pour l’ODHR

Laurent MUNYANDILIKIRWA

Coordinateur

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Rwanda: Victoire Ingabire et Kizito Mihigo libérés de prison http://www.therwandan.com/fr/rwanda-victoire-ingabire-et-kizito-mihigo-liberes-de-prison/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-victoire-ingabire-et-kizito-mihigo-liberes-de-prison/#respond Sat, 15 Sep 2018 17:22:30 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6284

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Rwanda: «je vais continuer ma lutte», dit Victoire Ingabire à RFI http://www.therwandan.com/fr/rwanda-je-vais-continuer-ma-lutte-dit-victoire-ingabire-a-rfi/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-je-vais-continuer-ma-lutte-dit-victoire-ingabire-a-rfi/#respond Sat, 15 Sep 2018 14:18:26 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6281

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RWANDA : LES FDU-INKINGI ACCUIELLENT AVEC BONHEUR LA LIBERATION DE SA PRESIDENTE VICTOIRE INGABIRE UMUHOZA MAIS RESTENT VIGILANTES. http://www.therwandan.com/fr/rwanda-les-fdu-inkingi-accuiellent-avec-bonheur-la-liberation-de-sa-presidente-victoire-ingabire-umuhoza-mais-restent-vigilantes/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-les-fdu-inkingi-accuiellent-avec-bonheur-la-liberation-de-sa-presidente-victoire-ingabire-umuhoza-mais-restent-vigilantes/#respond Sat, 15 Sep 2018 12:57:06 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6278 Communiqué de presse (pdf)

La nouvelle de la libération de Madame Victoire Ingabire Umuhoza nous parvient par voie de la presse et nous nous en réjouissons. Nous nous réjouissons également de ce qu’un autre prisonnier de conscience, Monsieur Kizito Mihigo, ait été libéré en même temps que 2138 autres prisonniers.

Les FDU-Inkingi se félicitent de cette avancée sur la reconnaissance des droits de cette combattante de liberté emprisonnée injustement depuis 8 ans.

Les FDU-Inkingi tiennent à rappeler que l’Arrêt n° 003/2014 de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples du 24 novembre 2017 dans l’Affaire Victoire Ingabire contre l’Etat du Rwanda, en son paragraphe 173 (x), ordonne à l’Etat défendeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la Requérante dans ses droits et faire rapport à la Cour dans un délai de six (6) mois sur les mesures prises.

A l’alinéa xiii du même paragraphe 173 de l’ Arrêt du 24 novembre 2017, la Cour accorde à Madame Victoire Ingabire Umuhoza, en application de l’article 63 du Règlement intérieur de la Cour, un délai de trente (30) jours pour déposer sa requête  aux fins de réparation à compter de la date de l’arrêt et, à l’Etat défendeur, d’y répondre dans un délai de trente (30) jours, à compter de la date de réception des observations de la Requérante.

Madame Victoire Ingabire a déposé ses observations en demande de réparation devant la Cour africaine mais l’Etat défendeur n’a pas encore envoyé les siennes. Nous osons espérer que Madame Victoire Ingabire bénéficiera, entre autres, de tous ses droits civils et politiques sans restriction aucune.

Les FDU-Inkingi espèrent par ailleurs qu’il y a une réelle sincérité d’ouverture démocratique derrière ces libérations et que d’autres actions suivront dans le sens de permettre à tout le peuple rwandais de recouvrer toutes les libertés démocratiques auxquelles il aspire et pour lesquelles nous luttons depuis longtemps. Les FDU-Inkingi espèrent surtout qu’il n’y a pas là une volonté cachée d’une quelconque instrumentalisation à des fins  de politique nationale ou internationale.

Par la présente nous attirons l’attention, notamment, sur une décision contradictoire, prise par les instances judiciaires sous contrôle du régime de Kigali ce 14/09/18, de maintenir en détention les cadres des FDU-Inkingi emprisonnés depuis un an sous de fausses accusations et de les transférer à Nyanza. Cette attitude de vouloir souffler le chaud et le froid n’est pas du tout rassurante de la part d’un régime connu pour ses subterfuges politiques. Nous demandons qu’il y ait une réelle cohérence politique et que nos camarades dont les noms suivent soient libérés sans condition.

Il s’agit des membres des FDU Inkingi suivant qui sont en prison :

  1. Boniface Twagirimana (1er Vice-Président des FDU-Inkingi)
  2. Sylvain Sibomana, premier secrétaire général des FDU Inkingi
  3. Fabien Twagirayezu (responsable de la mobilisation)
  4. Gasengayire Leonille (trésorière adjointe)
  5. Gratien Nsabiyaremye (Commissaire-adjoint à la Stratégie et aux affaires politiques des FDU-Inkingi)
  6. Théophile Ntirutwa coordinateur des FDU-Inkingi à Kigali
  7. Vénant Abayisenga Coordinateur  FDU-Inkingi dans la Province de l’Ouest.
  8. Norbert Ufitamahoro
  9. Evode Mbarushimana

Les FDU-Inkingi demandent, par la même occasion la libération sans condition de tous les prisonniers politiques dont Madame Diane Rwigara, Déo Mushayidi,  Théoneste Niyitegeka, etc.

 

Fait à Londres  le 15/09/2018

FDU INKINGI

Justin Bahunga

2° Vice-Président et Porte-parole

Contacts: infocomrelext@fdu-rwanda.com Phone: +44-7988-883-576

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Kizito Mihigo et Victoire Ingabire libérés http://www.therwandan.com/fr/kizito-mihigo-et-victoire-ingabire-liberes/ http://www.therwandan.com/fr/kizito-mihigo-et-victoire-ingabire-liberes/#respond Fri, 14 Sep 2018 21:07:45 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6275 Kigali, le 14 septembre 2018 – Le Conseil des ministres présidé par le président Paul Kagame a approuvé aujourd’hui la libération anticipée de 2 140 condamnés déclarés éligibles en vertu des dispositions légales. Parmi eux se trouvent M. Kizito Mihigo et Mme Victoire Ingabire Umuhoza, dont le reste des peines a été commué par une prérogative présidentielle à la suite de leurs demandes de clémence les plus récentes en juin de cette année.

FIN

Note aux rédacteurs:

1. Distribution des détenus à libérer tôt:

· Bugesera: 23

· Nyarugenge: 447

· Musanze: 149

· Gicumbi: 65

· Nyanza: 63

· Rubavu: 158

· Rwamagana: 455

· Nyagatare: 24

· Huye: 484

· Muhanga: 207

· Ngoma: 35

· Rusizi: 7

· Nyamagabe: 23

2. Les articles 245 et 246 du code de procédure pénale (loi n ° 30/2013 du 24/5/2013) prévoient la libération conditionnelle d’un condamné ayant purgé au moins un tiers de la peine de moins de cinq ans. des années ou deux tiers d’une peine supérieure à cinq ans (ou au moins vingt ans dans le cas d’une peine à perpétuité), à condition qu’au moins l’une des conditions suivantes soit remplie: donne de sérieux engagements de réinsertion sociale; (2) Il souffre d’une maladie grave et incurable approuvée par une commission médicale composée d’au moins trois médecins reconnus.

3. L’article 109 de la Constitution du Rwanda: «Le Président de la République a le pouvoir d’exercer le droit de grâce, conformément aux procédures prévues par la loi et après consultation de la Cour suprême.»

4. Mme Ingabire a été condamnée à 15 ans de prison en 2013 par la Cour suprême, tandis que M. Mihigo a été condamné à 10 ans en 2015 par la Haute Cour.

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Rwanda-Belgique/Génocide: Gisèle UWILINGIYIMANA appelle à briser le silence et à refuser humiliation, mensonges et injustice http://www.therwandan.com/fr/rwanda-belgiquegenocide-gisele-uwilingiyimana-appelle-a-briser-le-silence-et-a-refuser-humiliation-mensonges-et-injustice/ http://www.therwandan.com/fr/rwanda-belgiquegenocide-gisele-uwilingiyimana-appelle-a-briser-le-silence-et-a-refuser-humiliation-mensonges-et-injustice/#respond Fri, 14 Sep 2018 16:32:09 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6269 Chers amis, Rwandais surtout,

Quand un politicien belge, au passé lui-même trouble, prend sur lui de calomnier quelques personnes parce qu’elles se portent candidates en Belgique et qu’elles font partie de Jambo ASBL, et que les journaux relaient ses calomnies, je me demande bien qui pourrait être le prochain? On les traite librement de tous les noms, même les pires. Qui sera le suivant à être allègrement désigné « progéniture de génocidaires attitrés, » comme a dit quelqu’un, qui sera traité de négationniste ou même de génocidaire, ou qu’est-ce que ce sera demain?

Je sais, ces mots paraissent peut-être loin, parce que vous ne faites peut-être pas de politique, ça ne vous intéresse pas, vous ne voulez pas de problèmes, vous n’avez rien à voir dedans, vous n’avez rien à vous reprocher… Peut-être qu’en plus vous n’êtes pas tout à fait d’accord avec les personnes accusées, l’association attaquée sur tout ce qu’ils disent…

Mais donc laissons-les se faire assassiner publiquement ces gens-là ?

Le FPR a tué des centaines de milliers de gens au Congo. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’ONU, entre autres. Mais quand on le dit, le FPR répond que c’étaient des génocidaires dans ces forêts. Qu’ils n’ont poursuivi que des génocidaires qui le méritaient. Il n’y aurait donc eu que des génocidaires au Congo. Selon cette mesure, à combien d’entre nous cette accusation de génocidaire sera-t-elle applicable? Si vous êtes passé par le Congo vos enfants seront des « progénitures de génocidaires attitrés » qui ne peuvent qu’avoir l’idéologie génocidaire à leur tour, ne peuvent qu’être négationnistes à leur tour. Bon, vous n’êtes peut-être pas passé par le Congo. Vos parents, vos grands-parents, vos oncles et tantes, vos cousins, vos frères et sœurs, quelqu’un y est peut-être passé ? Mais qu’importe, ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.

Quand ce sera vous qui dérangerez, ou vos enfants, ou vos petits-enfants, ils trouveront bien quelque chose du genre pour vous faire taire. Et si vous croyez que ça ne vous atteindra pas… Un jour vous irez peut-être au Rwanda et sortirez le mauvais mot avec la mauvaise personne dans le coin, et ce sera vous le révisionniste/négationniste/génocidaire/terroriste ou porté disparu/prisonnier/mort, au choix. Ou peut-être aurez-vous une bête altercation avec quelqu’un. Ou vous aurez un bien ou un business que quelqu’un convoitera. Si la personne en face a les bonnes connexions, ça pourrait être vous le prochain révisionniste/négationniste/génocidaire/terroriste ou porté disparu/prisonnier/mort, au choix. Ou vous subirez une des injustices que vivent de nombreux Rwandais au Rwanda, et vous voudrez vous défendre.

N’a-t-on pas dit qu’il « suffisait » de la fermer quand on se trouve au Rwanda et ça va? Et on savait aussi qu’il fallait la fermer ici si on veut aller au Rwanda dans un avenir proche, même en vacances. Maintenant il faut se rappeler de la fermer ici aussi, tout le temps, pour de bon.

Vous ne « dérangerez » jamais ? Ok, taisez-vous maintenant, mais pensez à ne surtout pas éduquer vos enfants et petits-enfants sur votre histoire. Ne leur parlez pas de vos parcours ni de ceux de vos familles. Que ce soit votre fuite du Rwanda en 1994, ou avant ou après, les chasses à travers les forêts du Congo, les massacres du FPR sur son chemin vers Kigali pendant le génocide des Tutsis en 1994, massacres qui ont continué méthodiquement après, en 1995-6-7-8, ou vos proches disparus ou en prison ou morts ou qui souffrent ou ont souffert dans le Rwanda du FPR par telle ou telle injustice. Pensez à ne surtout pas leur raconter votre histoire, leur histoire. Vos enfants et petits-enfants pourraient poser des questions ou même simplement la sortir au mauvais endroit.

Parce que c’est ce que nous acceptons aujourd’hui si nous ne faisons rien. Ecrivons, parlons, dénonçons ce lynchage de Jambo aux journaux, aux partis politiques, je ne sais pas, faisons quelque chose. Dénonçons cette bande d’acharnés qui calomnient, insultent pour faire taire, nous avons le droit de raconter nos histoires, de dénoncer les crimes du FPR, de dire que Kagame n’est pas le sauveur innocent qu’on veut présenter, et que cela ne fait pas de nous des révisionnistes/négationnistes/génocidaires/terroristes selon que ça les arrange.

Source: Gisèle UWILINGIYIMANA, Bruxelles, publication du 12/09/2018 sur sa page facebook

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Louise Mushikiwabo, une candidate qui inquiète la Francophonie http://www.therwandan.com/fr/louise-mushikiwabo-une-candidate-qui-inquiete-la-francophonie/ http://www.therwandan.com/fr/louise-mushikiwabo-une-candidate-qui-inquiete-la-francophonie/#respond Fri, 14 Sep 2018 06:52:18 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6267 Le XVIIe Sommet de la Francophonie tiendra ses assises du 11 au 12 octobre à Erevan. À cette occasion, les États et Gouvernements membres choisiront le Secrétaire général pour les quatre prochaines années. La Rwandaise Louise Mushikiwabo est la seule qui se porte candidate pour succéder à l’actuelle Secrétaire générale Michaëlle Jean qui achève son mandat à la tête de la Francophonie.

Depuis l’annonce de sa candidature, le 23 mai dernier par le président de la France Emmanuel Macron pour sceller le pacte qu’il espère avec le président rwandais Paul Kagame, Mme Mushikiwabo n’a pas été très explicite sur ses ambitions réelles pour la Francophonie. L’actuelle ministre rwandaise des Affaires étrangères n’en avait que pour le rapprochement entre son pays et la France qu’elle n’a pourtant cessé de vilipender avec virulence autrefois.

Ce n’est que tout récemment, dans un entretien accordé à l’Agence France Presse, qu’elle a exposé brièvement sa vision et ses priorités, si elle était choisie. Pêle-mêle, Mme Mushikiwabo a parlé de divers sujets qui lui tiendraient à cœur, entre autres de la promotion de la langue française, il le faut bien pour accéder à la fonction. Elle estime que la visibilité de la langue française peut être améliorée sur le plan international et que l’Organisation internationale de la Francophonie « pourrait faire beaucoup plus pour peser sur la scène mondiale […] » et elle promet « d’apporter un vent de renouveau à la Francophonie » si elle était élue à la tête de cette Organisation.

Les quatre priorités de son programme d’actions pour les quatre années à venir sont détaillées brièvement sur son site Internet de campagne et sont essentiellement consacrées au rayonnement de la langue française, à la pertinence de la Francophonie, à l’emploi des jeunes, et à l’échange de bonnes pratiques.

Répondant à la question de l’AFP sur le déficit accablant de démocratie et le non-respect des droits de la personne et des libertés fondamentales dans son propre pays, la candidate du Rwanda s’est portée à la défense de son pays, en tentant de formuler ce qu’elle entend par démocratie :

« Toute la notion de démocratie et des droits, ce n’est pas toujours très clair et très précis ce qu’on veut dire par là. On a collé une étiquette au Rwanda par rapport à ces questions de liberté. Je suis très fière de la gestion politique du Rwanda. Je vois ce que, pas tout le monde, mais la majorité des Rwandais pensent. Ils sont contents du système démocratique qui est là… »

On est bien loin des termes de référence dans lesquels la Francophonie énonce les principes, balises, responsabilités et éléments fondamentaux en démocratie, consacrés entre autres dans la Déclaration de Bamako et dans combien de Conventions internationales que les États membres de l’OIF, dont le Rwanda, ont dûment signées et ratifiées.

Il est par ailleurs important de noter que de nombreux observateurs de l’OIF expriment leur très grande inquiétude et que certaines voix critiques s’élèvent pour exprimer leur crainte quant à l’avenir même de l’Organisation. C’est le cas notamment de l’universitaire Véronique Tadjo qui redoute la polarisation au sein de l’Organisation et le bras de fer possible qui s’annonce entre le Canada et le Rwanda pour le Secrétariat général de la Francophonie, et souligne que « la candidature de Louise Mushikiwabo ne se justifie pas dans le cadre d’une Francophonie rassembleuse ».

Louise Mushikiwabo en banalisant autant la démocratie, la défense des droits et les libertés, mais en insistant de manière si emphatique sur la promotion de la langue française, s’efforce de rejoindre la projection d’Emmanuel Macron pour « une nouvelle Francophonie » qui devrait se limiter au rayonnement, à l’enseignement et à l’usage du français dans le monde. L’action politique et la prévention des crises étant, dit-il, du ressort d’autres organisations, pas de l’OIF.

C’est tout le contraire de la définition des objectifs inscrits dans l’article 1er de la Charte de la Francophonie qui fait de l’action politique l’un de ses piliers. Plus surprenant encore est de vouloir même miser sur une ministre rwandaise pour promouvoir avec conviction l’usage et le rayonnement de la langue française, quand dans son propre pays, sous le régime de Paul Kagame, le français est banni comme langue d’enseignement et de travail dans l’administration publique. De plus, elle n’est surtout pas celle qui fera siennes les valeurs universelles, autre objectif clairement inscrit dans la Charte de la Francophonie, et qui sont si chères à l’OIF.

Comment s’attendre à ce que Mme Mushikiwabo, qui ne réalise pas encore que son pays ait des défis considérables à relever dans le domaine des droits de la personne, puisse s’engager résolument en faveur d’actions d’accompagnement des États dans leurs efforts de consolidation des processus démocratiques et des institutions garantes de l’État de droit?

Malgré tout le soutien de M. Macron à la candidature rwandaise comme partie de l’opération visiblement pour construire une relation de coopération et faire baisser la tension diplomatique qui perdure depuis 1994 entre les deux pays, le Rwanda n’a, quant à lui, pas bougé d’un iota. Il n’y a toujours pas des signaux clairs en provenance de Kigali qui permettraient de croire au dégel possible des relations entre les deux pays ou à une volonté d’adhérer aux valeurs de la Francophonie.

Nous n’avons aucune raison de douter des bonnes intentions d’Emmanuel Macron et des efforts qui sont faits par la France pour normaliser ses relations avec le Rwanda. Toutefois, on ne peut s’empêcher de se questionner sur la sincérité des uns et des autres, dans une telle démarche qui apparait clairement être à sens unique. À l’heure actuelle, la France ne dispose toujours pas d’ambassadeur accrédité au Rwanda, alors qu’inversement, ce dernier en a un en France.

Il convient de souligner par ailleurs que l’idée d’Emmanuel Macron de présenter la candidature de Louise Mushikiwabo, Paul Kagame affirmant n’avoir jamais démarché en ce sens, non seulement crée beaucoup de remous dans le gotha politique français et international, mais également au sein de nombreuses associations de défense des droits humains, parmi lesquelles Reporters sans Frontières qui a d’ailleurs fait une sortie médiatique remarquée pour dénoncer les restrictions à la liberté de la presse et d’expression au Rwanda, Human Rights Watch, Amnistie internationale et combien d’enquêtes journalistiques qui dans leurs rapports dévoilent le côté sombre d’un régime brutal, répressif et dictatorial.

Le soutien de la France à la Rwandaise, au détriment de la Canadienne d’origine haïtienne a, au niveau national français, fait grincer les dents et vociférer certains ex-haut gradés de l’armée française qui se sont sentis trahis. Au niveau international, le Canada, le Québec, le Nouveau-Brunswick maintiennent leur soutien au renouvellement du mandat de Michaëlle Jean et l’ont déclaré devant les instances de la Francophonie. De manière générale dans le monde francophone, c’est l’embarras, sur fond d’incertitude quant à l’avenir de la Francophonie.

Il y a tout à parier que c’est le choix de la raison qui devra primer sur les intérêts obscurs des uns et des autres, que les chefs d’État et de gouvernement sauront privilégier l’intérêt supérieur de la Francophonie contre tout autre mobile politicien ou stratégique, et que finalement, au nom de ce même intérêt supérieur de l’OIF, Emmanuel Macron et Justin Trudeau sauront trouver un terrain d’entente pour désigner la personnalité qui serait plus encline à porter aisément les actions et missions qui font de l’OIF un acteur désormais incontournable et respecté à l’échelle mondiale.

L’auteur du texte est Isidore Kwandja Ngembo, politologue d’Ottawa.

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Israël-Rwanda : les masques tombent http://www.therwandan.com/fr/israel-rwanda-les-masques-tombent/ http://www.therwandan.com/fr/israel-rwanda-les-masques-tombent/#respond Wed, 12 Sep 2018 19:43:43 +0000 http://www.therwandan.com/fr/?p=6264 Par Charles Onana

En 1994, lorsque les populations rwandaises, fuyant l’avancée du FPR de Paul Kagame qui s’apprête à prendre le pouvoir à Kigali, se déversent massivement au Congo-Zaïre, toutes les organisations humanitaires ne parlent que de la crise humanitaire sans précédent et du génocide. Personne ne demande ce qui est à l’origine de cette crise ni pourquoi le Congo-Zaïre en devient la cible. Très vite, les autorités israéliennes décident de lancer une opération humanitaire à Goma sous le nom de code « Internes of hope » (Médecins de l’espoir). Cette mission passe inaperçue car tout le monde parle de l’Opération Turquoise.

Pourtant, elle n’est pas que médicale car les autorités de Tel-Aviv, ayant demandé et obtenu le survol du territoire congolais, déploient également des forces spéciales et des éléments chargés du renseignement à proximité des militaires de l’Opération Turquoise. En dehors de l’aspect humanitaire affiché, quelle est donc la part réservée au politico-militaire?

Pendant que le Congo-Zaïre peine à contenir ces réfugiés venus du Rwanda, des instructeurs israéliens arrivent à Kigali pour former les rebelles du FPR constituant la nouvelle armée rwandaise. Une véritable coopération s’instaure entre Kigali et Tel-Aviv. Parallèlement, il naît dans les milieux universitaires et associatifs un étrange discours évoquant une similitude entre la Shoah et le génocide des Tutsis au Rwanda. Une comparaison inadéquate qui commence à s’imposer comme une donnée irréfutable. Pour accorder un semblant de crédit à cette curieuse association entre deux événements historiques et politiques totalement distincts, la revue d’histoire de la Shoah du centre de documentation juive de Paris publie un livre intitulé : « Rwanda, 15 ans après. Penser et écrire l’histoire du génocide des Tutsi ». Des militants français pro-israéliens deviennent des défenseurs de la « cause tutsie ». La démarche intrigue mais le silence règne.

En 2007, un ancien directeur adjoint du Mossad n’hésite pas à considérer Paul Kagame comme le plus grand leader africain de tous les temps. Curieuse appréciation ! En France, en Belgique et au Canada, se forme un très influent réseau d’associations pro-israéliennes en soutien aux victimes du génocide Tutsi au Rwanda. Ce réseau se charge directement d’attaquer et de discréditer des écrivains ou des personnalités qui considèrent que la version officielle de la tragédie rwandaise est fausse. L’écrivain québécois, Robin Philpot est ciblé et violemment attaqué par le réseau canadien et l’écrivain Pierre Péan est, lui aussi, attaqué par le réseau français, principalement par l’ancien président de l’Union des Étudiants Juifs de France (UEJF). L’écrivain et enquêteur français est accusé de racisme et traîné devant les tribunaux par SOS-racisme. Malgré des pressions de toutes sortes, Péan gagne son procès. La vérité triomphe mais la calomnie reste.

En 2013, Kagame se rend à Jerusalem et y est accueilli comme un excellent ami d’Israel. Il déclare à Netanyahu qu’il se sent « chez lui ». En 2015, les dirigeants israéliens négocient avec lui la déportation de réfugiés Africains au Rwanda contre beaucoup de dollars. Des défenseurs des droits de l’homme israéliens s’indignent : »Comment est-ce qu’on peut faire du commerce d’êtres humains ? Comment les pays d’Afrique peuvent-ils accepter de faire du commerce avec des Africains ? ». Le scandale ayant éclaté sur la place publique, Kagame admet du bout des lèvres : « nous avons été approchés. Je sais qu’il y a eu des discussions entre le Rwanda et Israël, et qu’il y a un débat dans l’État hébreu autour de ces migrants africains ». En fait, l’accord entre Israël et le Rwanda a été signé pour l’envoi de migrants Africains à Kigali. Il sera révélé par deux ONG israéliennes ASSAF et Hotline for migrant Workers. Kigali devenait ainsi la « poubelle » israélienne des migrants africains indésirables. Le même Kagame, pour masquer la honte du serviteur de basses œuvres, va prétendre accueillir les migrants africains torturés en Libye. Comment le tortionnaire des Ougandais, des Rwandais et l’exterminateur des Congolais peut-il soudainement se transformer en défenseur des droits de l’Homme ? Il faut rappeler que la cour suprême israélienne avait refusé d’autoriser la déclassification des documents portant sur les ventes d’armes d’Israël au gouvernement rwandais qualifié par Kagame de « génocidaire ». Il n’a jamais osé parler aux Israéliens comme il parle aux dirigeants français. Il ne s’est jamais risqué non plus à faire la moindre allusion à ces rapports entre Israël et les «génocidaires». C’est dire l’exceptionnel courage du président de l’Union Africaine !

Au vu de ce qui précède, il est très étonnant de constater qu’un pays aussi endetté que le Rwanda, classé comme à risque par l’OCDE en 2017 et ne figurant pas parmi les dix pays les plus riches d’Afrique d’après la Banque Africaine de Développement en 2018, se voie en position d’entrée à l’OCDE avec l’aide d’amis israéliens, notamment l’ex procureur Yeruda Weinstein et l’ancien ambassadeur d’israël à l’ONU, Ron Prosor. Pas sûr que la RDCongo, pillée et saignée par le Rwanda, depuis plus d’une décennie, y fasse un jour son entrée, même avec l’aide de la communauté internationale ou de son nouveau « roi » Dan Getler.

Les liens très étroits entre les associations pro-israéliennes, Israël et Paul Kagame sont de moins en moins discrets. Il est donc logique que la France soutienne ex nihilo la candidature de la ministre rwandaise des Affaires Étrangères à la tête de la Francophonie, même si Paul Kagame est un francophobe viscérale, un anti-français notoire et qu’il a imposé l’anglais au détriment du français dès son arrivé au pouvoir. Ceux qui passent du temps à voir en Paul Kagame, la nouvelle référence de la gouvernance en Afrique alors qu’il traite ses compatriotes hutu comme des « Palestiniens » ou comme le régime raciste de Prétoria traitait les Noirs en Afrique du Sud et qu’il embastille ou élimine les Tutsi qui osent lui tenir tête, auront de réelle difficultés à faire croire aux Africains encore éveillés qu’il est le successeur de Nelson Mandela. Le Rwanda peut devenir membre de l’OCDE, une grande partie d’Africains avisés s’en moquent. Ils savent déjà qu’il est un serviteur de l’oncle SAM et des Israéliens en Afrique et qu’il contribue à la recolonisation masquée du continent noir.

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