Incidents frontaliers: l’enquête se poursuit en RDC, le Rwanda dément

Deux semaines, jour pour jour, après des incidents à la frontière entre le Rwanda et le Congo, des zones d’ombre subsistent. Les deux pays se sont accusés mutuellement d’être responsables du déclenchement des hostilités. Cinq corps avaient été ramenés par la Croix-Rouge rwandaise à la frontière congolaise sur lesquels une autopsie vient d’être effectuée par des médecins militaires congolais : Kinshasa avait affirmé qu’ils avaient été exécutés, Kigali qu’ils étaient morts lors d’affrontements.

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L’autopsie confirme ce que l’on savait déjà : ces cinq hommes sont tous morts de traumatismes crâniens. Dans le détail, de sources officielles congolaises, trois sont morts par balle, deux, après s’être vu infligé des plaies linéaires profondes, des coupures par des objets tranchants. Tous les corps étaient « polycriblés », c’est-à-dire qu’ils ont également touchés par plusieurs balles, certaines tirées à bout portant et même dans le dos. Des détails troublants. Ces blessures par balles ont été infligées pour la plupart après la mort, assure le gouvernement congolais qui maintient sa thèse des exécutions sommaires.

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De nouvelles informations qui rajoutent au mystère de ces incidents frontaliers : trois personnes sont toujours portées disparues et depuis le 11 juin, à savoir le coordonnateur du RACID, une organisation de la société civile congolaise, Emmanuel Muhima et deux officiers des FARDC. Le gouvernement congolais dit s’en être plaint à la CIRGL, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, qui avait dépêché à la demande des deux pays une équipe pour enquêter sur ces incidents frontaliers. C’est d’ailleurs cette équipe, dite du Mécanisme conjoint élargi de vérification des frontières, qui avait recommandé aux autorités congolaises de procéder à cette autopsie.

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Un rapport régional contesté par le Rwanda

Le ministère rwandais de la Défense a à nouveau réagi mardi 24 juin au soir. Il n’est pas revenu sur les causes de la mort de ces individus, malgré les accusations d’exécutions de la part des autorités congolaises. Le ministère rwandais de la Défense a commenté la fuite du rapport d’enquête de l’équipe du Mécanisme conjoint. Un rapport que seul l’officier représentant l’armée rwandaise a d’ailleurs refusé de signer.

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Selon le communiqué du ministère rwandais, ce document qui ne confirme pas la version rwandaise des faits est « faux actuellement et méthodologiquement ». L’équipe multinationale attribuant une colline disputée au Congo sur la base d’une carte Google Earth. Le ministère rwandais, qui lui reproche d’avoir utilisé cette méthode et pas une carte topographique, assure que cette colline est belle et bien rwandaise. Il ajoute qu’il n’y a pas de « dispute frontalière ».

Autre point évoqué : la fuite en elle-même. « Elle va contre les procédures de la CIRGL et n’aide en aucune manière à résoudre les problèmes de sécurité entre les Etats membres et à promouvoir le renforcement de la confiance ».

Source: RFI

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