La Commision Vérité Rwanda rappelle le devoir de prévention et de répression du génocide.

Jonathan Musonera Président du Comité exécutif de La Commision Vérité Rwanda

En cette journée internationale de prévention des génocides, de commémoration des victimes du crime de génocide, La Commision Vérité Rwanda veut rendre hommage et affirmer la dignité de toutes les victimes des génocides et à leur famille dans le monde. En ces temps où l’exacerbation des identités nationales et religieuses est à son point comble, cette journée doit être l’occasion de nous rappeler notre engagement à lutter plus fort encore contre le racisme et toutes formes de discriminations et d’exclusions. En effet, ces derniers constituent le terreau favorable à l’émergence et au développement de l’idéologie du génocide.

La Commision Vérité Rwanda tient à rappeler qu’il appartient aux Etats et à la Justice de prévenir et de réprimer le génocide. Les États et la justice ont malheureusement failli à leur devoir vis-à-vis du Rwanda et de la Région des Grands Lacs Africains. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda qui avait pourtant mandat pour juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide contre les Tutsi ou d’autres violations graves du droit international humanitaire a fermé ses portes sans avoir jugé un seul responsable de l’ancienne rébellion du Front patriotique Rwandais aujourd’hui au pouvoir. C’est ainsi que les rapports d’enquêtes spéciales ouvertes par l’ancienne Procureur du TPIR, Madame Carla Del Ponte, visant lesdits responsables, ont été mis définitivement sous le boisseau.

Le TPIR a ainsi rendu une justice des vainqueurs. Pour la Commission Vérité Rwanda, la qualité de victimes doit être reconnue à tous sans discrimination. De même les responsables doivent être invariablement investigués jusqu’au bout pour tous les suspects dès lors que des actes de génocide ou de crime contre l’humanité sont constatés dans le chef de tous les belligérants sans distinction aucune.

S’agissant des Pays des Grands Lacs, la République démocratique du Congo et le Rwanda en particulier, le Rapport Mapping des Nations Unies sur des actes atroces commis sur le territoire congolais entre 1993 et 2003 a confirmé que des actes de génocide visant des centaines de milliers de réfugiés Hutu ainsi que d’autres crimes contre l’humanité visant des millions de gens ont été commis. À cause des intérêts de certaines Grandes Puissances protectrices du régime rwandais, ce rapport est resté lettre morte. Les Nations Unies qui ont pourtant commandité ledit Rapport gardent un silence complice.

La Commision Vérité Rwanda condamne cette complicité du silence et le déni de justice qui s’en est suivi.

Fait à Bruxelles, le 9 décembre 2017

Jonathan Musonera
Président du Comité exécutif

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