La Norvège retire ses pétrodollars de la zone euro

La Norvège a annoncé le 10 août vouloir préserver les 600 milliards de dollars de son fonds souverain du risque européen en se concentrant plus sur les pays émergents.

La Norvège va poursuivre la réduction de son exposition au risque européen. C’est ce qu’a annoncé vendredi 10 août Yngve Slyngstad, directeur du fonds souverain norvégien lors de la remise de son rapport trimestriel. Ce fonds, l’un des plus importants au monde, est doté de 600 milliards de dollars, issus de la rente pétrolière, soit environ 120.000 dollars par habitant.

Méfiance vis-à-vis de la zone euro

C’est principalement du risque souverain en zone euro que la Norvège souhaite se prémunir. A la recherche du parfait équilibre dans sa gestion des risques, le fonds de pension norvégien s’est déjà débarrassé de son papier portugais et irlandais. Et il n’est exposé aux risques souverains italien et espagnol qu’à hauteur de 6 milliards de dollars. Mais la méfiance est montée d’un cran, et c’est désormais de la France et de la Grande Bretagne que le petit pays scandinave, qui a refusé son adhésion à l’Union européenne, voit le risque arriver. Yngve Slyngstad a ainsi annoncé que la réduction de l’exposition aux risques souverains français et britannique allait se poursuivre.

Les annonces de la BCE, qui s’est dite prête à intervenir pour répondre aux inquiétudes qui pèsent sur les pays de la zone euro, n’auront donc pas suffit à rassurer l’investisseur norvégien. A ce sujet, Yngve Slyngstad s’est contenté d’espérer » que l’Europe prendrait les bonnes décisions. Il a tenté de se montrer rassurant en assurant que la Norvège gardait un oeil interessé sur les titres de dette souveraines des pays européenns. Mais les pétrodollars norvégiens quittent la zone euro.

Les pays émergents grands gagnants

Les grands gagnants sont les pays émergents, dans lesquels le puissant fonds gouvernemental n’est pas encore, ou peu, exposé. «Une part plus importante de nos fonds [y] sera investie» a déclaré Yngve Slyngstad vendredi. Le Brésil et l’Inde devraient en profiter le plus. Quant à la Chine, Yngve Slyngstad déplore les plafonds mis en place par Pékin pour la détention de dette chinoise par des étrangers, que le fonds souverain a déjà atteint. « Nous accroîtrons nos investissements en titres chinois dés que le plafond sera relevé » a ainsi affirmé le directeur du fonds.

Curieusement, la Norvège semble toujours accorder sa confiance aux Etats-Unis, qui font face à leur fameux « mur de la dette », et au Japon, dont l’économie montre des signes de faiblesse inquiétants. Même l’Allemagne et ses taux de rendement négatifs sur le papier à deux ans obtiennent la bénédiction de la Norvège. Alors que la première économie européenne ralentit, et que son volubile ministre de l’Économie Philipp Rösler a évoqué vendredi « des risques importants » pesant sur l’économie de son pays.

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