Le journal « Igihe » et ceux qui l’utilisent sont désormais dépassés par le temps!

Par Jean Mugabo

Dans sa publication du 07/05/2020, le journal Igihe a fait montre de l’obscurantisme absolu, irréversible, en s’en prenant aux jeunes d’origine rwandaise décidés à faire triompher la vérité sur les massacres successifs qui ont endeuillé le Rwanda depuis le 1er octobre 1990 et plus particulièrement sur le génocide de 1994. 

Ces jeunes d’entre 20 et 45 ans dont l’appartenance ethnique hutu, tutsi ne constitue pas un frein ni une honte dans leur action, se refusent unanimement à lire et à présenter les événements de cette époque sous le prisme réducteur de l’ethnie. Ils considèrent ces événements comme constitutifs de l’héritage du peuple rwandais, de tout le peuple rwandais. À ce niveau déjà, ils sont d’une lucidité irréprochable : pour eux l’histoire du Rwanda à chaque époque est globale ; elle est l’ensemble des faits et événements heureux, glorieux, tristes, macabres ; elle réfère aux hommes et aux femmes illustres, exemplaires mais aussi aux femmes et aux hommes malveillants, assassins, tortionnaires… à la tête du pays ; elle est l’ensemble de vie multiforme et évolutif du peuple rwandais (cultivateur, éleveur, chasseur, potier, trafiquant, commerçant, dirigeant, élite diverse…). 

Ces jeunes, leaders d’aujourd’hui déjà et de demain, ne font pas que rêver d’un pays et d’un peuple rwandais réconciliés ; ils œuvrent pour l’avènement d’Une Nation, d’Un Peuple. Ils le savent : pour aboutir à cette fin, il faut se défaire et amener les Rwandais à se défaire des tares érigées en systèmes de gouvernement et de vie au Rwanda d’hier et d’aujourd’hui. Ces tares sont essentiellement :

  • des complexes autour de l’ethnie générateurs de conflits interminables et meurtriers opposant tantôt les Tutsi aux Hutu, tantôt les Hutu aux Twa, tantôt les Tutsi aux Twa. À certains moments de l’histoire du pays les conflits ethniques, toutes ethnies confondues, ont failli balayer ces dernières de la carte des peuples du monde. Oh! Quelle horreur! 
  • des complexes autour des régions mal définies sur la carte du Rwanda, des régions aux contours souvent imaginaires, des régions dites Kiga et Nduga. Ce phénomène récent dans l’histoire du pays (il date de la deuxième moitié de la décennie 1960-1970), réfère uniquement aux Hutu ; il n’a jamais concerné les Tutsi ni les Twa. L’opposition Kiga-Nduga est un conflit entre les Hutu dits du Nord et les Hutu dits du Sud. Même si Nord et Sud sont mal définis, il ne reste pas moins que ce conflit a eu un impact négatif sur la marche du Rwanda ; il a gangréné et gangrène encore les relations entre les Hutu étiquetés Abakiga et les Hutu étiquetés Abanyenduga. La collaboration entre « ces groupes » pour un même projet national s’avère difficile, voire impossible : le conflit a fait des victimes politiques, économiques… ; des blessures sont béantes. L’opposition Kiga-Nduga a participé à la désagrégation de l’unité du peuple ; elle a fait couler le pays.

Les jeunes ciblés par Igihe considèrent que de tels complexes doivent disparaître afin de faire émerger un Nouveau Rwanda avec un Nouveau Peuple débarrassés de telles lourdeurs handicapantes du passé. Mais pour y parvenir, il ne faut pas tout simplement déclarer que ces tares ont eu lieu, qu’elles ont fait des dégâts, qu’on passe. Non ! Il faut les connaître, les discuter, savoir pourquoi elles ont existé et existent encore, voir comment les déraciner du pays. Dans cet effort salvateur du peuple rwandais, il faut privilégier la vérité car elle est la base d’une vraie justice et d’une vraie réconciliation. Sans la vérité, les discours sur la justice et la réconciliation sont des vains mots, des mensonges, des passe-temps démagogiques qui ne font qu’assombrir encore le futur du Rwanda et de son peuple. Voilà pourquoi dans leurs écrits, dans leurs interventions sur les réseaux sociaux, dans les colloques et séminaires, dans diverses rencontres qu’ils organisent et animent, ils prennent les faits tels qu’ils ont existé, ils parlent des acteurs directs de ces faits, ils indiquent le temps et le lieu de ces faits. Ils en tirent des leçons qu’ils proposent à la société rwandaise actuelle afin qu’elle s’en serve pour préparer et bâtir solidement le pays de demain dans lequel Twa, Hutu, Tutsi, Hutu du nord, Hutu du sud, Hutu de partout, seront des citoyens à part entière, égaux devant la loi et jouissant au même titre des bienfaits d’être Rwandais.

Comment les dirigeants du Rwanda actuels, les intellectuels, les journalistes… proches de ces dirigeants peuvent-ils considérer ces jeunes comme ennemis du pays et les étiqueter de négationnistes du génocide ?

En les accablant de telles accusations gravissimes, veulent-ils, eux, un Rwanda de demain où les citoyens ne seront pas égaux devant la loi, ne jouiront pas des mêmes droits et avantages en qualité de citoyens du pays ?

Quand le journal Igihe s’attaque à ces jeunes, exhale sa haine contre eux, il dévoile son état de santé en phase de dégradation avancée, incurable, raison pour laquelle il est dépassé par le cours de l’histoire. Il se débat ; mais il coule sans retour en contaminant tous ses proches pour les emporter dans sa tombe au fond de l’abîme : ses patrons, ses journalistes, ses correspondants et autres collaborateurs. Et comme pour faire démentir son existence en phase terminale, il consacre des pages entières à l’énumération des noms des parents des jeunes qui cultivent l’esprit de vérité et d’entente pour un Rwanda où demain le Peuple rwandais se sentir heureux d’être Un. Il s’évertue à coller à ces noms des qualifications et attitudes montées de toutes pièces dans le but de conclure par « tel père, tel fils ». Or, une telle démarche est plutôt la preuve que le journal Igihe est irrémédiablement pénétré par une gangrène destructrice qui a déjà obscurci son cerveau. Mais dans leur souffrance intérieure, et grâce à quelques coins du cerveau encore peu touchés, les journalistes de Igihe se sont rappelés des ancêtres de leur patron Paul Kagame, à savoir l’ancienne reine-mère Kanjogera et son frère Kabare célèbres pour leur cruauté dont la plus connue est l’assassinat du roi Rutarindwa, mort brulé dans sa résidence et l’extermination des princes royaux Abanyiginya ainsi que leurs fidèles dans l’armée et l’administration du royaume. Sachant que Paul Kagame procède comme ses tristement illustres aïeux, ils ont fantasmé en faisant croire qu’au Rwanda on ne peut que faire comme son ancêtre criminel a fait. Quelle hérésie ! 

Autre que les parents des jeunes attaqués n’ont rien inscrit de criminel dans les pages originales de l’histoire du Rwanda. Tout au contraire, ils sont connus et chantés pour leur engagement en faveur du peuple dans les domaines qui étaient de leur compétence. Et le premier d’entre eux, le Premier Président du Rwanda post-monarchique, Dominique Mbonyumutwa, est propre comme neige malgré les tentatives d’assassinat et d’humiliation dont il fut l’objet de la part des extrémistes monarchistes, les pères directs de plusieurs dirigeants actuels tels Paul Kagame et son épouse, fille de Murefu ancien sous-chef connu pour avoir tué et fait tuer des leaders démocrates dans le sud du pays. 

Tutubant et dépassé par la marche assurée et droite de la nouvelle génération de Rwandais décidés à faire désormais du Rwanda le bien commun de toutes ses filles et de tous ses fils, Hutu, Tutsi et Twa, le journal Igihe, ses journalistes et ses collaborateurs tentent en vain de freiner l’irrésistible. Oui ! Le changement est déclenché, les jeunes en sont les leaders ; ils n’ont plus rien à faire avec le discours divisionniste et mensonger de la clique aux affaires actuellement au Rwanda.

1 COMMENT

  1. Dans cinq ans, les jeunes Rwandais de l’intérieur et de l’extérieur de moins de trente ans seront plus de 60% de la population rwandaise. Ce sont les enfants du net et alphabétisés nés sous le régime Kagame et conséquemment aptes à se faire une opinion objective sur différents sujets intéressant la société dans laquelle ils vivent et/ou les concernant au premier chef.
    Le point commun: au regard de leurs déclarations publiques, ils demandent à leurs parents et ceux qui dirigent notre pays d’éradiquer définitivement les mots Hutu, Tutsi et Twa dans les têtes des jeunes rwandais. En somme, ils demandent au Président de la République, Paul Kagame d’abroger les lois portant division des Rwandais en plusieurs factions et d’une part et pénalisant la remise en cause des ces divisions d’autre part. Pour ces jeunes Rwandais, au regard de l’histoire et de la société Rwandaise, le Peuple Rwandais, vient du fond des âges. Il est unique et indivisible. Il s’ensuit que les divisions légales prétendument ethniques fondées sur les croyances imaginaires et surannées doivent être éradiquées dans la société rwandaise moderne. Le paradoxe est que le même Kagame a crié sur les toits que les ethnies Hutu, Tutsi et Twa n’existent pas, qu’ils s’agit d’une invention des blancs, qu’il y a un et un seul Peuple, le Peuple Rwandais et partant indivisible, a pénalisation toute confirmation de ses propres propos ou d’inexistence des ethnies au Rwanda. Au surplus, il a légalisé la division des Rwandais en plusieurs factions, le tout pour ses propres intérêts politiques et conséquemment financiers et nullement dans ceux des jeunes Rwandais, le Rwanda de demain. Par ses agissements, lourds de conséquences pour le Rwandais et le Peuple de Rwandais de demain, Kagame n’est pas un bon père de famille digne de ce nom. C’est un mercenaire à la tête du Rwanda, devenu son patrimoine. La jeunesse rwandaise lui demande de penser d’abord à ses petits-enfants et nullement à lui car un père de famille oeuvre non pas pour les générations actuelles mais pour ses postérités. Quel héritage laissera à ses petits-enfants? Les magots qu’il a placé dans les banques et sociétés de gestion de patrimoine étrangères ne peuvent nullement constituer un héritage.

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