Paris: Verdict imminent pour Octavien Ngenzi et Tito Barahira

Le verdict dans le procès en appel des deux Bourgmestres de la commune de Kabarondo poursuivis pour leur participation présumée dans le génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 est attendu pour ce vendredi 6 juillet 2018.  En 2016, en première instance, les deux hommes, qui ont toujours nié leur implication, avaient été condamnés à la prison à vie.

Le procès en appel qui s’est tenu  aux assises de Paris du 2 mai au 6 juillet 2018, aura ainsi duré 8 semaines au cours desquelles le  parquet a requis la perpétuité et la défense, plaidé l’acquittement.

Jambonews a interviewé Maxime GiLISHYA 27 ans, fils d’Octavien NGENZI qui nous a livré ses impressions sur le procès de son père.  Dans cette interview, il nous présente son père, sa carrière, sa personnalité avant et après le génocide. Il nous parle en quelques phrases du contexte de l’époque à Kabarondo, du chaos qui régnait, de  l’anarchie  et estime que son père, bien que Bourgmestre était impuissant face à la situation.

Il nous livre son aperçu sur le procès qui vient de se dérouler et s’interroge sur l’équité de ce procès, notamment les moyens dont disposent l’accusation comparés à ceux de la défense. Il affirme sa confiance en la justice même s’il s’interroge sur la motivation de certaines parties civiles et notamment leur indépendance vis-à-vis du pouvoir en place à Kigali et exprime la difficulté de la justice française à pourvoir comprendre le contexte de l’époque et les nuances de la langue /culture rwandaise par rapport à celles françaises.

Le collectif des parties civiles, également sollicité pour répondre à nos questions concernant le procès n’a pas, à l’heure d’écrire ces lignes, encore répondu à notre demande.

Jambonews: Bonjour Maxime et merci d’accorder une interview à Jambonews. Pourriez-vous brièvement vous présenter ?

Maxime Gilishya: Bonjour, je m’appelle GILISHYA Maxime. J’ai 27 ans. Je suis le fils de NGENZI Octavien, qui est en procès actuellement au TGI de paris.

Parlez de nous de votre père en quelques mots, quel est son parcours professionnel ?

Mon père Octavien NGENZI est un homme aujourd’hui âgé de 60 ans. Il est agronome forestier de carrière. Diplômé en 1977 dans les sciences agricoles au Rwanda, il a travaillé comme agronome pour la commune Kabarondo jusque dans les années 1980. En 1983 il finit son école supérieure en foresterie au Kenya. Il va par la suite de 1984 à 1986 travailler dans un grand projet intégré nommé DRB (Développement Rural intégré de Byumba). Il y travaillera en tant que forestier dans le volet sylviculture plus exactement.

Il est nommé, Bourgmestre de Kabarondo courant 1986.

Quant à sa personnalité, notre père est un père très aimant. Malgré les séparations occasionnées par la guerre et le génocide,il a toujours fait en sorte que notre vie de famille soit la plus équilibrée. Les instants partagés sont pour chacun de nous ses enfants indélébiles dans nos têtes. C’est une personne très inspirante et d’une générosité sans limite. Partout où on est passé, plusieurs personnes en témoignent.

Tout ce qu’il a fait dans sa vie, pour nous sa famille, pour sa communauté et plus spécifiquement pour ses administrés. Ces derniers parlent d’ailleurs de mon père comme quelqu’un de bien.

Comment vous et votre famille avez-vous vécu cette période d’avril 1994 ?

Liliane et Justine, les filles de Octavien Ngenzi face aux médias

Je peux vous relater comment ma famille l’a vécu, j’étais très jeune. Ils ont vécu ces événements comme la majorité des Rwandais qui vivaient dans le pays à l’époque. Nous avons été confrontés à des événements imprévisibles ! Nulle personne n’aurait imaginé le chaos qui allait endeuiller tout le pays. Pour la population tout le monde était confrontée à l’incroyable événement de la mort du Président de la République, au moment où tous les Rwandais attendaient la mise en place des accords d’Arusha. Suite à l’assassinat du président le génocide a commencé partout dans notre cher pays. Le FPR avançait et tuait sur son passage. Le pays était devenu ingouvernable, en effet le gouvernement lui-même était directement menacé. Dans ce contexte-là, personne n’était en sécurité. L’église qui était une des institutions les plus respectées où se rendaient les Tutsis pour se protéger, les tueurs incontrôlables s’y sont rendus pour commettre le génocide. En ce qui concerne la commune de Kabarondo, l’église aurait été attaquée par un groupe de militaires qu’un civil qu’était NGENZI ne pouvait arrêter. Ils auraient été aidés par d’autres extrémistes qui se sont joints à leur macabre cause. Tous ces tueurs menaçaient NGENZI en le traitant d’INKOTANYI car ils ont dû se déplacer pour venir tuer eux-mêmes mais aussi parce qu’il cachait des Tutsis. Après l’attaque de notre commune, nous avons fui dans l’urgence car l’armée du FPR avançait très rapidement. Notre région a été la première à être prise, dès le 16 avril 1994.

Sur le plan familial, on est resté à la maison du 7 au 13 avril étant donné le couvre-feu et les tueries à l’extérieur. Le 14 avril, étant menacé directement, mon père a pris la décision de nous évacuer vers la Tanzanie en passant par Kigarama. L’ensemble de la population de Kabarondo et Kibungo n’a pas tardé à fuir également, voyant l’avancé des réfugiés venant de BYUMBA.  Il était important que l’on fuie étant donné que mon père s’était créé une réputation du Bourgmestre qui protégeait la population et notamment les Tutsis. Cette menace s’est confirmée encore plus lorsque la radio Muhabura a dit sur ses ondes que “Si tous les bourgmestres étaient comme celui de Kabarondo, il n’y aurait pas de morts Tutsi”. Les extrémistes n’allaient pas tarder à nous atteindre. Mon père a pu définitivement quitter Kabarondo le 16 avril au matin. On arrivera par la suite dans le camp de Benako en Tanzanie, le 28 avril. Entre le 16 avril et le 28, mon père a échappé à deux tentatives d’assassinats pendant la traversée de la frontière, vers Rusumo notamment. Il en ressortira avec des blessures.

Octavien Ngenzi

De quoi est accusé votre père ?

Mon père est accusé de crimes contre l’humanité et de génocide.

Quelles étaient vos attentes pour le procès en appel ?

Pour ce procès en appel, nous avions plusieurs attentes :

Premièrement, le droit à un procès équitable. Nous attendons que notre père puisse l’avoir. Ce qui n’a pas été le cas en premier instance il y a deux ans. Je peux déjà vous confier que c’est mal parti puisque les conclusions de nullité déposées par nos avocats ont été rejetées par la cour. Les conclusions de transport sur les lieux n’ont pas été confirmées non plus.

Celamontre comment il est difficile, voire impossible que ce procès puisse être équitable alors que financièrement on ne peut pas faire face à une accusation dont les moyens financiers et humains sont considérables. La défense a droit à 5 témoins à citer par le procureur alors que le procureur lui peut en citer plus de 60 qui vont venir témoigner à charge aux frais du contribuable français. On nous dit que si on veut plus de témoins, il faut les faire venir nous-même et à nos frais.

L’extrême difficulté que nous la défense avons, est de trouver des témoins à décharge étant donné que ces derniers sont menacés, directement ou indirectement.

L’absence de déplacement sur les lieux est une réelle entrave au droit de la défense. L’accusation contrairement à la défense a eu le droit à un transport sur les lieux à Kabarondo. Ceci a été refusé pour nous malgré plusieurs demandes faites par nos conseils.

Nous demandions par ailleurs à ce que NGENZI soit au centre des débats et soit acteur de son procès.

On a constaté en premier instance que NGENZI n’a eu la parole qu’une dizaine de fois. Sur un procès aussi lourd et qui dure deux mois. Ce qui est, c’est le cas de le dire ridicule. Et l’on ne lui permet pas de se confronter aux 70 témoins à décharge qui viennent tous répéter la même chose. Nous constatons que malgré les efforts faits en début du procès, cela recommence.

Les créneaux de base qui étaient prévu sur le calendrier n’ont pas été respectés alors qu’il n’y en avait pas beaucoup déjà.

On fait passer de dizaines de témoins et c’est après qu’on lui donne la parole sous forme de questions donc il ne peut pas revenir librement sur les faux récits des témoins.

Pour couronner le tout, on fait venir des nouveaux témoins, qui viennent avec de nouvelles accusations contradictoires qu’on n’avait jamais entendus et l’on leur dit à la fin de leur audition de dire un mot à NGENZI. Pour nous jusqu’à preuve du contraire il est présumé innocent, mais cette parole donnée aux parties civiles comme pour s’adresser à leur supposé bourreau, qui serait déjà reconnu coupable laisse planer le doute sur la présomption d’innocence. On dirait que le procès est une simple formalité.

Enfin, les témoins semblent briefés, pour également attaquer notre père sur sa famille. Par exemple ils lui disent, d’avouer la vérité sur ce qu’il a fait à ses enfants,pour que ces derniers aiment de nouveau le Rwanda et les Rwandais. Mais on ne lui laisse évidemment pas leur répondre pour dire que ses enfants connaissent son innocence à travers les rwandais qui ont connu leur père pendant cette période et en dehors, qui savent qu’il est accusé en raison de son ancienne fonction de bourgmestre et non pas parce qu’il est coupable. De plus notre père leur dirait qu’il ne nous a jamais transmis la haine du RWANDA ni des rwandais au contraire, malgré ce qu’il subit il nous apprend l’unité et l’amour de notre pays. En revanche, ses enfants comme tous les rwandais qui veulent ouvrir les yeux, il ne leur échappe pas que la politique du Rwanda va très mal. (L’instrumentalisation du génocide, l’emprisonnement et les disparitions d’ opposants, l’absence totale de la liberté d’expression et bien d’autres anomalies…). Les parties civiles ne comprennent pas que nous soutenions notre père à 100%. Ils essayent de nous déstabiliser par tous les moyens, des remarques par ci, des insultes par là. Et même notre père subit des menaces mais nous et notre comité de soutien restons forts et concentrés. Leurs calomnies sont tellement fragiles qu’ils essaient de nous attaquer par d’autres moyens. Mais heureusement nous savons comment le Rwanda travaille. Ils passent par tous les canaux pour vous atteindre.

Selon les témoins, votre père donnait les signaux des massacres. Quels sont les éléments qui vous permettent de croire en l’innocence de votre père ?

C’est faux, les témoins l’affirment pour plusieurs raisons :

La première, c’est qu’ils se basent sur le statut de mon père à l’époque (Bourgmestre).

En justifiant qu’il pouvait arrêter les massacres par son autorité.

La deuxième, c’est le fait que certains témoins ont une raison de venir charger mon père :

La peur d’être pris comme négationnistes en refusant de coopérer avec les associations de délateurs (formation de faux témoins) et de se voir arrêtés et jugés comme des génocidaires.

Il y a une catégorie de témoins qui sont déjà condamnés et qui en contre partie d’une remise de peine, viennent charger. Lors de leur procès, en l’absence de NGENZI ils ont dit que c’est lui qui leur avait demandé pour se décharger. Aujourd’hui quand ils viennent au procès, devant NGENZI lorsqu’on leur demande si ce dernier leur a donné cet ordre, ils répondent « s’il nous l’avait empêché on ne l’aurait pas fait ». Sauf que NGENZI ne pouvait pas être présent partout où les massacres se sont produits.

Il y a une catégorie de témoins composée de victimes qui cherchent un coupable à tout prix. Ils témoignent que pour la vengeance. Même si beaucoup de tueurs ont reconnu les faits, ils continuent et ils cherchent le plus de coupables pour toucher les dommages et intérêts.

Une catégorie de prisonniers ayant bénéficié d’une mise en liberté totale ou de la  promesse de mise en liberté.

Pourtant plusieurs témoins ont relaté le rôle de votre père dans les tueries. Pourquoi est-ce qu’il ne faudrait pas croire ces témoins ?

Le système basé sur l’absence d’indépendance du peuple Rwandais en général et des témoins choisis par le FPR qui a un parti pris. La preuve c’est qu’ils ont même pris en témoins les personnes proches du pouvoir et les ont poussé à venir témoigner à charge à partir d’une bonne action posée par mon père en y ajoutant des non vérités dictées.

Par exemple si notre père était passé dans un foyer pour leur dire de se cacher car ils risquaient d’être attaqués, on fait venir cette famille pour dire que c’est NGENZI qui est venu vérifier qui est là pour l’indiquer aux tueurs. Sauf que ces familles sont encore en vie grâce aux conseils donnés par notre père.

Un exemple précis c’est un homme que notre père a toujours considéré comme son parrain. Le  14 Avril 1994 lorsque NGENZI entend que les voyous de KABARONDO vont aller attaquer certaines familles dont celle-ci, il se déplace et va dans cette famille juste avant l’arrivée de ces voyous tueurs pour les dissuader de leur faire du mal. Les voyous, voyant la bonne relation que NGENZI a avec cette familleont rebroussé chemin et sont partis. Cet homme, ami de notre père a été cité aux enquêteurs pour qu’il puisse témoigner à décharge pour lui. Il a dans un premier temps expliqué à NGENZI, qu’il n’osera pas venir témoigner car il sortait lui-même de prison alors qu’il avait été emprisonné à tort. Ensuite lorsqu’il avait été interrogé sur la présence de NGENZI presque en même temps que les voyous, il avait expliqué aux enquêteurs que NGENZI était venu pour les sauver. Puis dans une autre audition, parce qu’on a dû lui demander, il a expliqué que NGENZI été venu avec les tueurs, qu’il était armé, sa femme raconte que NGENZI venait chercher leur fille pour la faire tuer, son mari raconte que les tueurs lui ont soutiré de l’argent, et leur fille qui témoigne également à charge raconte comment NGENZI a pointé un pistolet sur la tête de sa sœur. Une histoire croyable pour certains, invraisemblable pour ceux qui connaissent cette théorie du mensonge. Le seul problème est de faire comprendre aux jurés français qu’une famille est capable de mentir à ce point sur un proche pour sauver sa peau.

Certains témoins de la défense n’ont plus été retrouvés. D’autres, comme Reyntjens, aurait exprimé leur souhait de ne plus témoigner, car il craindrait pour leur sécurité. D’où viendrait cette pression ?

La même chose, le FPR avec ses organes de DMI partout font peur jusqu’ à déstabiliser même les experts médiatiques, historiques  et tous ceux qui peuvent dire la vérité sur notre pays, jusqu’à l’étranger.  Plusieurs personnes qui sont ici en France ou ailleurs avaient voulu témoigner mais ils ont reçu des menaces. Même sans aller loin, notre père lui-même a reçu des menaces de mort.

Pensez-vous que cela impactera les droits de défense et le droit à un procès équitable de votre père ?

OUI, certainement puisque la défense est imputée de ses témoins qui auraient apporté à la cour leur expertise. Nous avons perdu par exemple des témoins des faits qui auraient décrédibilisé certaines accusations. Notamment sur ce qu’il s’est passé à l’église, sur la distribution de pièces d’identité avec la mention hutu qui a permis à plusieurs tutsi de passer aux barrières, sur l’emploi du temps de NGENZI…

Octavien Ngenzi

L’on reproche également à votre père qu’il n’aurait rien fait pour arrêter les tueries. Il y a notamment l’histoire des chèvres qui a été évoquée et selon laquelle votre père aurait demandé à des agresseurs comment il se fait qu’ils mangeaient du bétail alors que leurs propriétaires étaient vivants. Qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que votre père, en tant que bourgmestre, aurait pu éviter les massacres qui ont eu lieu le 13 avril?

Cette citation est un mensonge. D’abord les témoins eux même disent que les chèvres auraient été rendues à leur propriétaire. Deuxièmement ladite citation aurait été prononcée en 1959 durant la guerre qui a précédé l’indépendance. C’est l’abbé INCHIMATATA lui-même, principal accusateur qui a donné cette information. On la met dans la bouche de NGENZI pour l’accabler.

Il y a même une citation du film “tuez-les tous” qui aurait été entendu par un témoin et qui encore se trouve dans ce dossier !!!

Ngenzi, en tant que Bourgmestre,  a utilisé tous les moyens à sa disposition pour essayer de sauver les tutsi. Il a passé toutes ses journées à sillonner la commune pour calmer les esprits. Il a amené les blessés à l’hôpital, il a fourni une protection policière aux réfugiés, il a aidé les réfugiés de l’église, il a caché les tutsi, il a donné des pièces d’identité…

Malheureusement il n’a pas eu assez de moyens pour contrecarrer une équipe de l’armée Rwandaise qui est venue elle-même tuer la population. En tant que civil il n’aurait pas pu s’interposer. Et d’ailleurs partout où on a tué, personne n’a pu sauver les tutsi contre des « chiens enragés » comme il les appelle. Car les Interahamwe mais aussi des soldats démobilisés s’étaient joint aux militaires pour tuer. Aujourd’hui, on l’accuse comme si c’était un super héros qui avaient des pouvoirs qu’il n’a pas utilisé. Mais personne ne se met à sa place pour dire ce qu’il aurait dû faire dans cette situation chaotique où le pouvoir était dans la rue. Ceux qui sont censés protéger la population sont ceux qui sont venus les tuer.

Si vous pensez que votre père est innocent, pourquoi dès lors est il  accusé par le Collectif des Partie Civile pour le Rwanda (organisation menée par le couple Gauthier) ?

Alain et Dafroza Gauthier à la cour d’assises de Paris, Mai 2016 © Francois Mori/AP/SIPA

Il a été clairement montré pendant ce procès en appel que le couple GAUTHIER (leur association le CPCR) attaque les Rwandais qui sont recherchés par le gouvernement Rwandais. Dans la plupart des affaires (25 au total), ils déposent plainte après que le Rwanda ait émis un mandat d’arrêt international pour faire extrader ces derniers et que ce mandat se solde par un échec. Le couple GAUTHIER et leur association sont ce qu’on pourrait appeler « le bras armé du Rwanda en France ».

Notre père a donné tous les arguments possibles montrant son innocence. Le CPCR et les autres parties civiles n’ont aucun élément contre mon père si ce n’est un flou (il aurait été à tel endroit, il aurait dit ceci et cela…) et de nombreux témoins fabriqués venant charger mon père. A titre d’exemple, un de ces témoins s’est échappé de l’hôtel où ils les logent pendant leur séjour en France. Il a plus tard envoyé un message à la cour expliquant qu’il ne connaissait pas NGENZI, qu’il a été obligé de venir le charger alors qu’il ne le connaît pas. Une situation qui l’a profondément peiné. Il a donc décidé de fuir et dit aujourd’hui avoir peur pour sa sécurité, de la sécurité de sa famille et il a peur de se faire rapatrier au Rwanda.

Qui dès lors est responsable selon vous des massacres perpétrés contre les Tutsi dans cette région du pays ?

A mes frères et sœurs et compatriotes Tutsi, qu’ils sachent que je partage leur douleur et que je partage aussi leur sang. Je pense très sincèrement que dès lors qu’on a réussi à survivre au génocide et à la guerre qu’il y a eu. On est un rescapé. Tout Rwandais ayant survécu à cette époque en est un. Cela ne veut pas dire que je nie le génocide des Tutsi loin de là. Des personnes de ma famille n’ont pas réussi à passer les barrières, ils y ont trouvé la mort car en effet c’est le cas de le dire, ils avaient un facies de Tutsi, doncTutsi.

Dans notre région les tueries contre les Tutsi sont arrivées tardivement (à partir du 13 avril) par rapport à ce qui se passait ailleurs dans le pays. La particularité de notre région est un fort taux de mélange Hutu et Tutsi. Ces tueries sont venues d’ailleurs avant que des extrémistes de notre commune s’y mettent.

Pour répondre plus précisément à la question je dirais que les responsabilités sont partagées. Le gouvernement de Habyarimana a été négligent et n’a pas su prévenir le génocide. Le FPR y est aussi pour beaucoup étant donné qu’ils déclenchent exprès le génocide en commettant l’attentat contre l’avion de Habyarimana. Prenant pour référence le témoignage de Jean marie-Vianney NDAGIJIMANA dans son livre « Paul KAGAME a sacrifié les Tutsi ». En effet le FPR était là pour récupérer le pouvoir, arrêter les tueries visant les tutsi n’était pas leur mission.

Enfin pour terminer, croyez-vous encore qu’une justice impartiale sera rendue ? Et quel est votre message aux instances judiciaires françaises ?

Je ne remets pas en cause ni l’appareil judiciaire française ni son indépendance judiciaire. Simplement je regrette que la défense et les jurés n’ont pas eu la chance de se rendre sur les lieux des crimes pour voir et comprendre la géographie des lieux. Surtout la défense d’apprécier en plus l’état d’âme des témoins à charge et à décharge, le contexte général dans lequel se déroulait  l’instruction au premier procès. Voilà que la situation n’a pas changé en appel.

Je ne doute pas que la justice française soit impartiale, tout simplement j’ai peur que sa chance soit déjà amoindrie par tout ce que je viens de citer qui pèsent sur la balance. La France se dit indépendante mais c’est difficile de l’être totalement car leur jugement dépend tout de même des témoignages fournis en grande partie par des témoins professionnels ou entrainés par le Rwanda et les associations parties civiles. A partir de là, le travail devient plus compliqué car non seulement la cour doit s’occuper de la compréhension des faits mais aussi de déterminer le vrai du faux de ce que disent les témoins. C’est très compliqué car les mensonges sont faits à partir des bonnes actions qu’il a fait, ils ajoutent des mensonges. Nous comptons sur le professionnalisme de la cour remédiera à cet équilibre fragrant.

Norman Ishimwe

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Cet article a été publier pour la première fois par Jambonews, Accès à l’article original

 

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1 COMMENT

  1. La Cour d’Appel de Paris a confirmé la décision de la Cour d’Assises, Première Instance à savoir la condamnation à perpétuité.

    Le contraire aurait été surprenant car la justice française est au service du gouvernement dictatorial et sanguinaire de Kagame.

    C’est le procès Rwanda de Kagame via la justice française contre les deux accusés.

    En effet, les accusés sont: CPCR de Gauthier, IBUKA France et associations françaises pro-Tutsi que Gauthier et Kabanda Marcel ( président d’Ibuka) ont demandé l’adjonction à leurs actions.
    Il est établi que Gauthier est un employé du gouvernement rwandais et opère en France pour le compte du parquet de Kigali. il est payé pour ses funestes missions par l’Ambassade du Rwanda en France dont l’Ambassadeur est Jacques Kabale, ex-membre du Mouvement Populaire de la Révolution de Mobutu à Bukavu. Il a été doublement récompensé pour les services faits: naturalisation Rwandais alors qu’il ne remplissait aucune des conditions prévues par la loi rwandaise portant naturalisation et décoration IGIHANGO par Kagame en personne alors même qu’il ne sait même pas la signification du mot IGIHANGO.

    Ibuka est un organe du FPR spécialisé dans la délation, dénonciation calomnieuse contre les Hutu listés, la recherche de faux témoins et la fabrication des faux témoignages et autres méfaits.

    En somme, il ne s’agissait pas d’un procès au sens juridique du terme à savoir un procès au cours duquel les parties disposent d’une égalité des armes. Il s’agissait d’une mise en scène folklorique judiciaire déplorable et qui n’honore pas la France, dit Etat de droit.

    Il aurait été glorieux pour la France de dépenser des millions d’euros pour envoyer à la barre les assassins de ses 6 citoyens qui ont été assassinés sur ordre de Kagame au seul motif qu’ils étaient français. Aussi, force est de constater que depuis plusieurs années, les plaintes ont été déposées auprès des tribunaux français par les membres des familles de victimes Hutu contre les assassins notoirement connus qui ont agi sur ordre de Kagame. La France est resté passive comme au surplus le sont la Belgique et autres pays.

    Commentaire détaillé après lecture de l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris

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