Pourquoi des actes xénophobes visent les réfugiés rwandais installés en Zambie ?

A Lusaka, des émeutes xénophobes visant des commerçants étrangers, composés essentiellement de réfugiés rwandais auraient déjà fait des victimes. Certains Rwandais et d’autres étrangers ont été brulés vifs, soupçonnés de crimes rituels, a rapporté la police zambienne hier mercredi 20 avril.

Lundi 18 avril, deux personnes ont été brûlées vives à Lusaka. Pour la deuxième journée consécutive, ces violences xénophobes se sont poursuivies  le mardi 19 avril. Ces émeutes se seraient étendues sur la plupart des bidonvilles de Lusaka. Des centaines de Zambiens s’en prenaient aux maisons et magasins de ressortissants étrangers, les Rwandais en première ligne.

Les émeutiers et les casseurs ont profité de ces troubles pour voler et piller des magasins. Les casseurs volaient surtout de la nourriture et des bières ainsi que divers objets usuels (réfrigérateurs, casseroles, etc.).

En Zambie, des réfugiés rwandais sont estimés à environ 6.500. Ils sont réputés d’être particulièrement actifs et dynamiques. Grâce à leur initiative, ce pays de l’Afrique australe a vu proliférer un commerce diversifié surtout dans les quartiers pauvres. Ce commerce tire vers le haut tout le secteur économique.

Au Pays des Mille collines, les Rwandais sont déjà habitués à travailler dur pour (sur)vivre dans ce petit pays, dépourvu de ressources naturels. Dès qu’ils arrivent dans un pays étranger qui leur offre les conditions favorables de travail, ils redoublent d’efforts. Ils ont ainsi la possibilité de créer, de produire et de s’enrichir à une vitesse qui peut surprendre les populations locales.

C’est certainement ce qui s’est passé en Zambie. L’activité et la persévérance des Rwandais intriguent et démangent les jaloux qui font tout pour déstabiliser et saboter cette activité et ces efforts. Au Rwanda, on n’a jamais connu ce genre de rituel dont les Rwandais sont accusés. Dans l’histoire du Rwanda traditionnel, la production économique n’a jamais été associée à un quelconque rituel lié aux parties du corps humain.

Au contraire, dans l’imaginaire des Rwandais, le rituel qui toucherait aux démembrements du corps humain est maléfique et sources de désastres. Le rituel dont les Rwandais sont soupçonnés ne peut en aucun cas être le leur.

On peut donc penser qu’il s’agit des actes malveillants des jaloux qui cherchent à saboter les Rwandais et ainsi les empêcher à exercer leur travail dans la sérénité en Zambie et partout ailleurs en Afrique. Sur les réseaux sociaux, on parle aussi d’éventuelles déstabilisations à caractères politiques qui seraient venues du Rwanda pour saboter l’activité des réfugiés.

En attendant que la justice zambienne fasse son travail, la communauté internationale devrait doubler de vigilance pour la protection des réfugiés. Ces derniers sont et restent la proie facile de tous les prédateurs qui peuvent tout faire pour justifier leurs horribles attaques à ces personnes déjà fragilisées par leur histoire.

Faustin KABANZA

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