Pourquoi je ne peux pas soutenir Tshisekedi Félix

Patrick Mbeko

Par Patrick Mbeko

Depuis la confirmation de l’« élection-nomination » de Félix Tshisekedi à la présidence de la RD Congo, plusieurs compatriotes me demandent de regagner le pays pour soutenir le nouveau régime. « Félix est votre frère et le pays a besoin de vous », me répète-t-on. Même ceux qui ont fermement condamné la fraude électorale qui a porté Tshisekedi fils au pouvoir changent de ton et de posture et appellent désormais à soutenir le successeur désigné de Joseph Kabila. Que faire ? Continuer à réclamer « la vérité des urnes », et donc le respect de la volonté populaire, ou avancer avec le nouveau « maître » des lieux ?

La tendance observée ces derniers jours dans la diaspora laisse penser que la plupart de nos compatriotes se sont résolus à composer avec le nouveau régime, qui est en réalité l’émanation et la continuité de celui qui l’a précédé. Quant à moi, j’ai décidé de ne pas soutenir ce pouvoir Kabilistiquement Tshisekedisé. Ma décision n’est pas le fruit d’une prétendue haine à l’égard de Félix Tshisekedi comme l’affirment les extrémistes fanatisés de l’UDPS, mais plutôt l’expression de la raison et des principes moraux qui guident ma petite vie.

En effet, entre principes moraux et ce que certains appellent «pragmatisme», mon choix est clair. Je ne ruse pas avec les principes.

On ne peut pas tolérer le mal parce qu’il s’impose à nous contre notre volonté. On ne peut pas demander à Dieu de bénir une présidence issue de la magouille politique. Tout comme on ne saurait bénir les produits de la « criminalité politique » au prétexte qu’ils contribueraient à améliorer le bien-être de la population. L’histoire du célèbre narco-trafiquant colombien Pablo Escobar est à ce point éloquente. Ses narcodollars faisaient le bonheur des pauvres des cités qui l’adoraient. Et pourtant sa fin n’avait rien de glorieux.

On ne peut rien construire de durable sur la base du mensonge et de la fourberie. Quand on ouvre la porte à l’arbitraire, quand on tolère ou l’on se résigne à cautionner, au nom d’on ne sait quelle logique, le faux, le mensonge et l’arbitraire, il ne faudrait pas être surpris d’être confronté à des situations catastrophiques à l’avenir.

Félix Tshisekedi est peut-être animé de bonne foi; il a peut-être la volonté de bien faire. Il n’empêche qu’il ne saurait bâtir un « Congo nouveau » sur la base du mensonge et de la fourberie ? Peut-il inspirer confiance à ceux-là mêmes à qui il a volé le vote ?

Certains n’hésitent pas à brandir des arguments fallacieux pour justifier l’injustifiable. « Felix est là, il faut faire avec ». Oui, on va faire avec jusqu’à ce que tout s’effondre et que l’on s’aperçoive que l’édifice a été bâti sur le sable et non sur le roc.

« Ce qui se construit sur le mensonge ne peut pas durer », écrit Marc Levy.

Soutenir Félix Tshisekedi n’est pas un problème. Mais cautionner la fraude électorale qui l’a porté au pouvoir revient à cracher sur les millions des Congolais qui ont plébiscité Martin Fayulu. Ce que je refuse de faire. Non pas en soutien au candidat de LAMUKA, mais parce que je respecte le peuple congolais que Félix a trahi et dont la volonté n’est respectée par personne. C’est une question de PRINCIPES. Un mot que certains Congolais ne veulent pas entendre ces derniers temps pour des raisons faciles à deviner…

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