Procès en Appel Ngenzi/Barahira: La journée du 25 Mai 2018: (J12)

Audition de Samson MUSONI, Ernest NTAGANDA, Augustin NSABIMANA et Samuel NSENGIYUNVA

Journée consacrée aux témoignages autour de la présumée réunion sur le terrain de Football.​

Témoignage de Samson MUSONI, venu du RWANDA, ancien conseiller de secteur.

Il a fait 19 ans de prison. On lui demande pourquoi il a été emprisonné toutes ces années, il explique que la quasi-totalité des gens ayant occupé une fonction de responsable ont été jugés et condamnés au Rwanda pour la mort des tutsi dans leur cellule ou commune.(Cela permet de conforter l’idée que NGENZI et BARAHIRA sont accusés avant tout pour le poste qu’ils ont pu occuper et non pas pour leur rôle personnel dans le génocide). Il explique qu’on ne lui reproche pas d’avoir tué lui-même une personne mais d’avoir été sur place. Il explique comment les témoins mentent et le sort qui lui a été réservé, car il aurait été condamné par de « faux témoins à qui on avait promis de l’argent » pour reprendre ses propres termes.

Concernant Barahira, il explique qu’ils étaient dans leurs champs et lorsqu’ils ont entendu des cris un peu plus loin à RURENGE, ils sont partis ensemble pour voir ce qui s’y passait, mais le témoin lui n’est pas allé très loin. Un autre jour, il y aurait eu une autre réunion sur le terrain de football. Il y est allé mais la réunion était terminée. Les gens disaient que BARAHIRA avait été présent et qu’il aurait dit aux gens de rester chez eux et de veiller à la sécurité chez eux. On lui demande s’il a vu des attaques il répond qu’il n’en a pas vu.

Sur Ngenzi, il dit avoir été le voir à la commune pour l’informer des pillages et insécurités qu’il y avait dans le secteur et que NGENZI était avec l’abbé Incimatata qui lui demandait à boire et à manger pour les réfugiés mais que NGENZI n’avait pas l’air d’accord. A la fin sur une question des avocats, qui lui précisait qu’au contraire NGENZI avait donné un escorte à l’abbé pour aller chercher ce qu’il fallait pour les réfugiés, il avouera qu’il n’a pas entendu NGENZI dire non, qu’il est parti quand les deux s’entretenaient.

L’avocat général lui rappelle qu’il a été condamné parce qu’il a plaidé coupable, il explique qu’il était obligé de plaider coupable pour ne pas prendre la peine maximale mais en réalité il a été condamné parce qu’il occupait une fonction d’autorité, il n’a jamais tué, il n’a jamais pillé, la preuve c’est qu’on ne lui a rien réclamé comme indemnisation des victimes.

On lui demande s’il allège son témoignage contre BARAHIRA parce que c’est son cousin car il l’aurait plus chargé lors de l’interrogatoire par les enquêteurs. Il répond qu’il est là pour la justice qu’il dit la vérité. Questionné sur ce qu’aurait pu faire NGENZI dans cette situation de chaos, et ce qu’il attendait de lui,  il explique que les instances civiles ne pouvaient plus rien faire, qu’ils étaient impuissants, que NGENZI ne pouvait rien faire qu’il se disait peut être que la seule chose qu’il pouvait faire était d’aller demander de l’aide plus haut. Peut-être des militaires pour assurer la sécurité de la population.

Lors des questions de la défense, les échanges deviennent difficiles à cause de l’incompréhension entre les deux parties. Madame la présidente fait remarquer que le témoin n’a pas l’air de comprendre.  On retiendra tout de même que les autorités ne pouvaient rien faire dans ce moment de chaos et que finalement NGENZI n’a pas refusé au prêtre ce qu’il demandait.

Le témoin Ernest NTAGANDA

Il est là pour accuser BARAHIRA d’avoir tenu la réunion et d’avoir demandé aux gens d’aller assurer la sécurité chez eux.

Augustin NSABIMANA condamné à 10 ans de prison ferme et 10 ans de TIG

Celui-ci est explicite sur ce qu’il a fait et il est cru dans ses mots, dans la description des faits qu’il a commis. BARAHIRA leur aurait dit de ne pas tuer les femmes mariées aux hutus. Et qu’il aurait dit à chaque cellule d’aller de son côté. Il dit qu’il était avec Samuel NSENGIYUNVA, qu’ils ont tué ce jour-là et le jour suivant. Il dit que pour se rendre à la réunion c’est parce que ce dernier avait reçu une lettre et c’est lui qui est venu les chercher et ils sont allés sur le terrain de football où il y avait près de 200 personnes. Il dit ne pas avoir vu NGENZI ce jour-là

Samuel NSENGIYUNVA, ancien adjoint du responsable du comité de cellule

Le 13 avril, ils auraient entendu de RUGAZI des détonations, le lendemain ils seraient partis à la réunion. C’est un certain NTAMBARA qui aurait apporté la lettre informant de la réunion. « Il nous disait que si on n’y allait pas ils allaient nous attaquer » explique-t-il. La lettre aurait été rédigée par des gens de RUGAZI. Le témoin indique avoir lui-même lu la lettre signée par les habitants de RUGAZI. Il dit qu’il était innocent mais lorsqu’on lui demande pourquoi il a plaidé coupable et avoir reconnu dans son procès qu’il était dans l’attaque qui a tué, il explique que qu’on leur a dit dans le gacaca que même quand ils avaient eu un petit bâton, ils devaient dire qu’ils avaient eu des gourdins. Ils ne savaient pas les conséquences que cela allait avoir sur leur culpabilité.

Il dit vouloir rajouter une phrase, que ce n’est pas un mensonge même s’il ne l’a pas dit dans son audition. Il dit je n’ai pas vu NGENZI à cette réunion mais je l’ai vu sur la route, il disait à tous les passants qu’il allait y avoir des bruits dans les heures qui suivent et qu’il ne fallait pas s’inquiéter.

La défense de NGENZI n’a pas manqué de lui faire remarquer que cette phrase sort de nulle part car il en avait jamais parlé, elle ne figure pas au dossier et surtout c’est la seule personne qui parle de ça alors qu’il y avait du monde sur la route et personne d’autre ne l’a entendu.

 Effectivement on peut deviner pourquoi ce témoin place cette phrase pour qu’elle soit utilisée ultérieurement pour accuser NGENZI d’autre chose. Toutes les techniques sont bonnes pour apporter de fausses accusations. Ce qui ne colle pas c’est que ce témoin situe cette réunion au lendemain de l’attaque de l’église, le 14 alors qu’il veut qu’on accuse NGENZI d’avoir été sur cette route le 13 avril avant les attaques de l‘église. De plus, Augustin NSABINANA qui serait resté avec lui tout le long n’aurai pas vu NGENZI. Une de leur carte qui tombe à l’eau.

Eliezer NGENDAHIMANA

Ce témoin, est le frère d’Augustin NSABIMANA

Il accuse également BARAHIRA d’avoir demandé aux gens d’aller tuer les tutsi.

Le point commun avec ces témoins c’est qu’ils ont un objectif d’attribuer la réunion du terrain de football à BARAHIRA mais aussi la divergence dans leurs témoignages. On voit directement comme l’avaient signalés certains témoins de contexte comme GUICHAOUA ou MATATA, que ce sont des témoins qui mentent beaucoup, qui divergent lorsqu’on peur pose des questions.

La plus part ce sont des gens qui se sont livrés à des massacres, qui avaient la rage après la mort du président et lors qu’ils ont été jugés, ils ont essayé de reporter les accusations sur leurs supérieurs hiérarchique comme on peut le voir déjà sur ces 4 personnes.  Les paysans qui accusent les conseillers. Puis les conseillers qui accusent BARAHIRA qui n’était pas là pour se défendre. Cela leur permettait de réduire leur peine. Ils se contredisent et peuvent dire une chose et son contraire dans la même phrase. Espérons qu’on ne se basera pas sur ce type de témoignages pour condamner les accusés.

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