Procès Ngenzi/Barahira: les journées du 30 et du 31 Mai 2018 (J15 & J16)

Audition de l’Abbé Oreste INCIMATATA, témoin clé de l’accusation

Audition de l’abbé Oreste INCIMATATA, 66ans.

Matinée du mercredi 30 Mai

Il commence par expliquer que ce n’est pas un témoin à charge ni à décharge, qu’il est là pour dire là ce qu’il a vu, la vérité et rien que la vérité. On rappelle qu’il s’est constitué partie civile dans ce procès et qu’il est parmi ceux qui sont à l’origine de la plainte déposée en 2010 par le collectif des parties civiles.

Il a été nommé curé de la paroisse de KABARONDO en 1992. Il explique qu’il connaissait NGENZI depuis tout jeune. Dans la localité de KABARONDO, les partis avaient du pouvoir de sorte que même RWAGAFILITA n’avait pas son mot à dire directement, il passait par les adhérents du parti.

Il dit que NGENZI n’a pas changé à partir de 1990. C’était quelqu’un de bien et son ami. Que la discrimination n’était pas diffuse dans la population et qu’il n’y avait pas de persécutions ouvertes. En revanche, si les tutsi étaient mal vus c’est à cause de l’avancée du FPR. On leur disait « les vôtres avancent, vous allez périr ». Mais c’était partout dans le pays, pas à KABARONDO seulement. « Pour moi NGENZI a gardé une bonne attitude jusqu’au 11 avril après la réunion qu’on a fait pour pacifier KABARONDO. Je pense que c’est ce jour qu’il a basculé. C’est le système qui discriminait les tutsi mais pas le bourgmestre car lui-même avait beaucoup d’amis tutsi. Les tutsi avaient intégrés cet état de fait et savaient qu’il y a des choses auxquelles ils ne pouvaient pas prétendre » explique-t-il.

Selon lui, NGENZI l’aimait beaucoup. Pour illustrer d’une façon étrange ce fait, il raconte une anecdote en disant qu’une fois, il a eu une altercation avec RWAGAFILITA et NGENZI lui aurait dit qu’il n’aurait pas dû parler au colonel de cette manière car il venait de signer son arrêt de mort. NGENZI a toujours dit qu’il n’a jamais prononcé ces mots et que cette histoire est fausse. En effet on trouve toujours des exemples pour appuyer un élément faux qu’on vient d’énoncer.

Sur le déroulement des choses après la chute de l’avion, il explique qu’il apprend la nouvelle à la radio mais dès le 6 avril au soir, les tueries ont commencé à GASETSA dans le secteur où RWAGAFILITA est originaire. Le 7 au matin, il reçoit le premier réfugié venant de là-bas, une femme enceinte qui lui reporte ce qu’il s’y passe. Il explique qu’il écoutait la radio Rwanda, radio du FPR Muhabura et que le RTLM était également capté à KABARONDO centre mais pas dans les villages éloignés ou dans les vallées.

Sur les « SIMBA BATALIAN », il sait que c’est un groupe de BISENGA. Il y a eu des tueries là-bas le 8 et NGENZI est allé chercher les blessés. Il a proposé que les gens puissent se cacher à l’IGA mais eux préféraient rester à l’église car étant un lieu sacré, ils pensaient y être en sécurité. Il n’aurait alors pas insisté et les ai laissé aller à l’église. Il poursuite en expliquant que ce jour-là il n’y avait pas encore beaucoup de réfugiés. Il a demandé à NGENZI de lui donner un policier pour l’accompagner acheter de la nourriture pour les réfugiés, ce qu’il a accepté. Au retour de sa réunion à Kibungo, Ngenzi lui aurait raconté les tueries qu’il y avait eu. « Ngenzi était contre les tueries. Je sais qu’il était à cette réunion de pacification car j’ai vu sa voiture qui était garée à la préfecture et tous les bourgmestres y étaient invités. Mais je ne l’ai pas vu de mes propres yeux. » affirme -t-il.

Les décisions de cette réunion n’auraient pas été poursuivi de faits car selon lui le préfet n’était pas assez respecté. Il explique également qu’à la gendarmerie de Kibungo, RWAGAFILITA aurait viré le commandant en place pour prendre son poste et pouvoir donner des ordres.

L’abbé explique qu’il a pris l’initiative de mettre en place un registre des réfugiés arrivant à l’église. Pour information, depuis le début des audience, l’avocat général parlait plutôt de « recensement discriminatoire » qui aurait été ordonné par les autorités. Ce registre aurait été tenu jusqu’au 12 avril et un chiffre dépassant 1200 réfugiés. Après cela, les réfugiés devenaient trop nombreux et ce registre devenait alors intenable. Il explique qu’il n’y avait pas que des réfugiés Tutsis mais aussi des hutus à l’église.

L’abbé poursuit et explique que c’est NGENZI qui lui aurait informé de l’attaque de l’évêché. « Je lui ai demandé de m’accompagner chez ma sœur. Le 10 avant la messe je suis allé à KAYONZA, le bourgmestre SENKWARE est allé déposer le blessé à KAYONZA à ma demande. Il a dit qu’il ne comprend pas pourquoi NGENZI ne « travaille » pas. Pour dire que NGENZI ne tue pas comme d’autres. Le 11, NGENZI a convoqué une réunion dans laquelle j’ai participé avec les représentants des différents partis ainsi que les conseillers des secteurs, et la conclusion a été de faire en sorte qu’il n’y ait pas de tueries dans la commune. Le but final était de pacifier. Nous avons envoyé NGENZI chercher des renforts militaires à Kibungo pour nous aider. En attendant, nous sommes allées deux par deux pour aller sensibiliser la population. Ngenzi est donc parti à KIBUNGO. Il n’est pas revenu de toute la journée ». raconte-t-il.

Ne voyant pas NGENZI revenir leur donner une décision, ils auraient fait une autre réunion à 10h sur la place du marché. Ils y auraient croisé Barahira qui incitait la population à aller tuer les Tutsis. Cette population était confuse car d’un côté l’Abbé leur disait de ne pas tuer, de l’autre BARAHIRA les inciter à le faire. Finalement, BARAHIRA aurait cédé devant l’Abbé et aurait eu honte et s’est retiré. Etonnantes déclarations lorsque qu’on considère les déclarations de l’Abbé INCIMAMATA qui n’a cessé de dire que BARAHIRA est très craint encore même aujourd’hui ! A son retour, Ngenzi aurait vu les gens qui étaient dans la réunion le matin et lorsqu’on lui a dit qu’il avait été décidé de faire des rondes, il les a interdites car il trouvait cela dangereux. Mettre en contact permanent les réfugiés et ceux qui risquent de les attaquer. Le prêtre critique cette décision de NGENZI. Pour rappel, RWASAMIRERA, l’ex conseiller de secteur de Kabarondo qui était témoin des faits du 11 avril, explique que l’Abbé n’a pas manifesté son désaccord et qu’il n’était pas contre cette décision. Pour l’Abbé, cette date du 11 avril est sans aucun doute la date du basculement de NGENZI dans l’idéologie Génocidaire.

Toujours sur la journée du 11, il dit qu’on lui a raconté qu’au lieu de venir voir le prêtre le soir, NGENZI serait parti dans sa ville natale, il aurait organisé une réunion et aurait dit que les choses avaient changé, que l’ennemi c’était devenu le tutsi.

Sur le nombre de réfugiés à l’église, l’Abbé se serait arrêté de marquer les noms dans le registre à 1500 personnes à peu près. Il dit que les gens avaient fui même avec les vaches ! Il explique que tout ce que ce registre aurait été brulé.

Il explique par après que la dernière fois qu’il voit NGENZI c’est le 12 avril à 15h à la commune. Il va donner 7000 francs pour qu’il aille les donner à sa famille. L’abbé lui aurait que ce n’était pas grand-chose, mais que NGENZI aurait dit que c’était déjà beaucoup. Il explique qu’aujourd’hui avec du recul, NGENZI voulait sans doute dire que l’argent ne servait à rien car il savait que sa sœur allait mourir où elle était cachée à la commune de KIGARAMA ! « Ce jour-là on est allé aussi enterrer un homme qui était mort et NGENZI nous a accompagné ». Explique-t-il. Etonnant là aussi.

Pour subvenir aux besoins des réfugiés, l’Abbé va acheter les haricots, accompagné du policier que NGENZI a mis à sa disposition. La présidente lui demande s’il a demandé de l’aide à NGENZI, il répond qu’il y’en avait pas besoin, qu’il y avait assez à manger pour les gens qui étaient là. Il explique qu’il a également acheté chez KAJANAGE ce dont il avait besoin.

Sur la réunion à place du marché le mercredi 13 avril, il dit que c’est le conseiller du secteur de KABARONDO, RWASAMIRERA, qui est venu le voir et qui a eu l’idée d’amener les hommes sur la place du marché. Le prêtre dit que l’idée ne venait pas de lui, contrairement à ce qu’affirme RWASAMIRERA. Il dit qu’il n’a pas été sur place avec lui et qu’il était resté discuter avec les femmes, alors que le conseiller a dit qu’ils sont partis ensemble avec les hommes. Même certains témoins expliquent que le prêtre était parti sur la place du marché et qu’il est revenu en courant avec les réfugiés qui ont été attaqués par les tueurs. Il explique que les hommes lui ont dit que ce n’était pas une réunion mais un guet-apens. Sur ce qu’il savait de ce qu’il se passait ailleurs, il répond : « On savait que dans d’autres églises il y avait eu des tueries mais on ne pensait pas que cela allait nous arriver également » dit-il.

Il dit avoir organisé la défense, que les réfugiés n’avaient pas d’armes mais qu’ils se défendaient avec des pierres. Alors qu’il y a deux ans, il avait reconnu la grenade qui est sortie de l’église lancée par les réfugiés de l’église eux même. Il dit que dans leur défense, ils ont a attrapé un certain Bienfaiteur qu’on devrait d’ailleurs appeler malfaiteur selon lui. « Les réfugiés voulaient le tuer mais je leur en ai empêché et on l’a amené pour aller discuter avec son frère et d’autres attaquants. C’était vers la station d’essence. Une fois arrivé j’ai couru vers eux et ils ont commencé à tirer sur nous avec des flèches et je me suis caché. » raconte-t-il. Après Il explique que c’est là qu’il a vu passer la voiture de NGENZI qui allait en direction de KIBUNGO mais il n’a pas vu qui la conduisait et il l’aurait vu revenir également vers 10 h car c’est là que les miliaires sont venus tirer sur les réfugiés. Rappelons que la direction de la station essence vers où il est allé est à l’opposé de la direction de KIBUNGO. Il n’aurait donc pas pu voir la voiture de NGENZI.

Ceux qui auraient pris position pour tirer c’était 4 personnes. « Des militaires tiraient vers l’église. Moi je me trouvais dans mon bureau. Ce ne sont pas des militaires mais des gendarmes. Je me suis caché sous mon lit. Le bruit des tirs était si fort et continue que je me suis endormi sous mon lit. Ils ont sorti les hutus. Deux militaires sont rentrés dans ma chambre avec l’abbé Papias, à qui on aurait montré comment défoncer la porte. J’ai donné 300,000 FR pour qu’il me laisse en vie » explique-t-il. Il aurait retiré cette somme colossale la veille. La raison pour laquelle il aurait retiré cette somme est pour le moins surprenante ! Il voulait acheter du matériel de chantier et payer les ouvriers pour un des projets de l’église. On rappelle que le 12 c’était le Chaos total dans le pays ! Il poursuit son histoire invraisemblable en expliquant que l’abbé Papias aurait fermé la porte à clé par la suite en sortant avec les militaires. L’Abbé avait expliqué que sa porte avait été défoncée par l’abbée Papias à la demande des militaires, il explique que par la suite ce dernier a fermé cette même porte à double tour. Il explique en plus que lorsque les Interahamwe sont arrivés, ils n’auraient pas réussi à l’ouvrir car c’était une porte à double paroi. Il dit qu’après avoir discuté avec l’abbée Papias, de ce qu’il s’était passé, il lui a donné la moitié des 250 000 qu’il lui restait sur l’argent de la paroisse.

On lui demande pourquoi il n’est pas sorti pour aller sauver les enfants, il explique que lui-même craignait pour sa vie. One demande au prêtre ce qu’il a fait lorsqu’il s’est réveillé et avant de partir, car la façon dont il se déclare comme un hero, il aurait peut-être pu aller voir s’il y a des survivants, les enfants qu’il aurait entendu pleurer. Il explique qu’il n’est pas allé voir, qu’il est parti vers minuit se réfugier vers le parc AKAGERA et que sur les barrières il a donné l’argent qu’il lui restait.

Sur la taille de la fosse qu’il avait fait creuser derrière l’église, on lui demande pourquoi il l’avait creusé et les dimensions de celle-ci. Il explique qu’elle avait été creusée pour faire une cave et construire des salles ! Elle mesurait 5m de largeur, 20 m de longueur et 1,5 m de profondeur. Et pour lui c’était assez grand pour contenir plus de 2000 corps.

Sur question de la présidente, il explique qu’il n’a pas entendu parler de viols sur les réfugiés de l’église, que les gens voulaient seulement tuer.

Sur ce qu’est devenu l’abbé Papias, il raconte que NGENZI l’aurait vendu d’après ce que lui ont dit les deux RUKAMBA et Papias lui-même !

Sur BARAHIRA il explique qu’il était plus notable que NGENZI, qu’il avait une respectabilité, qu’il était craint plus que respecté par son attitude. Que c’est un homme dur quand il était bourgmestre et il affirme même qu’il aurait même tué un homme en le tapant sur ses parties génitales à cause d’une chèvre.

Sur la réunion du le terrain de football, il n’en a pas entendu parler. Sur la place de l’église il ne l’a pas vu non plus.

Et il confirme qu’il pense que NGENZI a changé le 11 car il n’est pas venu lui reporter comme d’habitude ce qu’il savait. Maitre Epstein lui demande alors pourquoi s’il a basculé, il va vers lui pour lui confier des choses. Pourquoi cette confiance aveugle pour qu’on quelqu’un dont on est sûr qu’il est génocidaire ? Il répond que lui c’était son ami il n’allait pas le traiter comme les autres tutsi.

Sur la question de savoir s’il peut affirmer que NGENZI est responsable de ce qu’il s’est passé à KABARONDO il explique que beaucoup de choses l’échappent et il ne peut pas dire oui. Mais il aurait voulu que Ngenzi vienne prévenir les réfugiés car il a dû savoir ce qui allait se passer.

Madame la présidente lui lis un mail qu’il s’est échangé avec monsieur Gauthier, partie civile qui lui demandait des preuves pouvant aider pour déposer une plainte contre Ngenzi, il avait répondu confirmant que Ngenzi était coupable et même qu’il avait planifié et supervisé le génocide en plaçant sur la route les militaire et les tueurs qui ont tiré dans l’église.

On lui demande pourquoi aujourd’hui il revient sur sa déposition. Il s’étonne que le mail soit dans la procédure. Que le mail est privé et était adressé à son ami monsieur Gauthier et qu’il faut faire la différence entre une vérité dite devant la cour et celle dite entre amis, car devant la cour il doit réfléchir et dire uniquement la vérité. Cette réponse a surpris toute la salle d’audience. Plusieurs autres contradictions sont mises en lumière et le témoin, qui représente une figure religieuse est mis à l’épreuve. Ce qui n’avait pas été fait lors du procès en première instance. Ce n’était que partie remise car le lendemain cela allait se corser encore plus.

Matinée du jeudi 31 Mai

La journée commence avec la suite du témoignage d’Oreste Incimatata. La cour procède au visionnage de la vidéo et des images du centre de Kabarondo à l’église, au bureau communal et à la place du marché avec les commentaires de l’abbé.

À la suite visionnage, Incimatata continue sous les questions de l’avocat général. Il déclare qu’il y a eu une réunion le 11 avril à 10h avec le bourgmestre et que ce dernier avait avec lui une entente parfaite pour faire la ronde dans kabarondo main dans la main. Mais selon Incimatata lorsque le bourgmestre se rend à Kibungo en revenant il aurait changé, il aurait tenu une réunion dans sa localité natale à Rubira pour dire que les choses ont changé que les hutus doivent s’unir contre les tutsis. Il ose ajouter que Ngenzi n’a pas eu le courage de venir le lui dire, que Ngenzi ne voulait plus lui parler.

Plus loin il dit que le bourgmestre ne s’est pas prononcé sur le massacre, qu’il avait la possibilité de les arrêter. Il ajoute que les autorités avaient un ascendant sur la population sur les conseillers du MRND qui ont permis les tueries.

On lui demande si Ngenzi pouvait arrêter les interahamwe. Il dit que c’était le MRND qui donnait les ordres et que les interahamwe respectaient le MRND et donc le bourgmestre pouvait les arrêter.

Lorsqu’on lui demande l’identité de la personne qui présidait les interahamwe, l’abbé n’a pas su y répondre. On lui demande ensuite si on pouvait distinguer les Interahamwe et les bandits, il répond qu’on ne peut pas les confondre.

Plus loin lorsqu’on lui demande de citer des exemples d’autorité qui ont résisté et ce qu’ils sont devenus, il cite le préfet de Butare qui a été tué, le préfet de Kibungo Ruzindana, un capitaine de Rwamagana dont il ne connaît pas le sort et le bourgmestre de Mugina dans la préfecture de Gitarama qui a été tué.

On lui demande ensuite ce qu’il aurait dû faire, Incimatata répond qu’ il a fait quelque chose au début, qu’il n’a pas incité et que rien ne s’est passé le 7, 8, 9, 10, 11 et 12. Selon lui il y a eu la journée du 12 où il a lâché et où tout s’est organisé. On lui demande s’il avait les moyens d’informer ou de prévenir et il répond que oui en affirmant que le soir du 12 il l’a vu et qu’il pense que le bourgmestre savait. Il justifie cela en disant qu’il est impossible que la population se soit rassemblée au matin du 13 à 7h sans que ce soit organisé sans donné toutefois tout élément montrant qu’une telle organisation soit du fait du bourgmestre et/ou qu’il ait été au courant.

C’est alors au tour de la défense de poser les questions à Oreste Incimatata. L’avocat lui demande d’abord si pour lui la chute de l’avion comme il le disait dans son récit, était une chute ou un attentat. Il répond sans équivoque : c’est un attentat. On lui demande comment il l’a su pour cet attentat et il dit qu’il l’a appris par la radio comme tout le monde. On lui demandant ensuite s’il a informé le bourgmestre et il répond que non et qu’il pense que le bourgmestre devait être au courant.

On lui demande s’il est allé voir le bourgmestre après l’attentat il répond qu’il a été le voir le 07 avril. L’avocat lui dit qu’il a indiqué que Ngenzi n’était pas un bourgmestre écouté dans un email envoyé à Gauthier en 2010 et l’abbé confirme.

L’avocat lui demande s’il se méfiait de l’armée il répond par l’affirmative on lui demande alors pourquoi à la réunion avec Ngenzi, il a décidé avec des autres participants à la réunion d’aller chercher les militaires en renfort alors qu’il dit ne pas avoir confiance en eux. Incimatata réponds que ce n’était pas son point de vue. L’avocat lui rappelle que lors de la confrontation il a utilisé le pronom nous et à de nombreuses reprises il utilise le nous inclusif. Incimatata répond que la conclusion d’une réunion n’est pas le point de vue d’un individu.

L’avocat continue en demandant à Incimatata si le 12 lorsqu’il demande un endroit pour enterrer une personne au bourgmestre s’il accepte. Oreste Incimatata répond par oui.

L’avocat lui rappelle ses déclarations à African Rights lorsqu’il avait déclaré que c’était Ngenzi qui avait placé les militaires devant l’église. Incimatata répond qu’il ne peut souscrire à ce qui est écrit par African Rights. Il ajoute qu’il y a du vrai et qu’il y a du faux.

On lui demande de raconter comment il a fait pour s’échapper et il raconte qu’il a retiré 300000 FRW dans les ressources de la paroisse la veille puis de 250000 FRW qu’il avait à l’église pour la rémunération de la conduite des travaux de construction. Il aurait utilisé cette somme pour payer les militaires et il ajoute que c’est la providence qui l’a sauvé.

L’avocat lui demande comment il pouvait attester que c’était bien le bourgmestre dans la voiture rouge et demande s’il l’a vu formellement. Incimatata répond qu’il n’a pas vu le conducteur, qu’il ne peut pas garantir que c’est vraiment la voiture de la commune.

Il justifie seulement en disant que c’était la seule voiture Toyota Hilux rouge qu’il connaissait dans la commune. L’avocat lui demande s’il est sûr qu’il n’y avait que cette voiture qui était de couleur rouge dans la commune et il hoche la tête négativement et répond « je ne connaissais que » en mettant ses mains sur la poitrine pour signifier que cela n’est que son avis individuel. L’avocat répète la question et Incimatata réponds encore une fois « je ne connaissais que ».

L’avocat lui lit ses déclarations en 2011 lorsqu’il affirme dans une question générale du juge d’instruction qu’il ne pouvait attester des lieux que le bourgmestre pouvait avoir visité sauf la visite à Rukera. L’avocat demande comment il pouvait dans ce cas confirmer que le 8 avril le bourgmestre avait été à la réunion à la préfecture. Incimatata réponds qu’il confirme et la présidente intervient immediatement pour dire que cette question était spécifique l’avocat relis et on comprend parfaitement dans la salle que la question était d’ordre général mais la présidence persiste pour dire que cette question était dans un contexte précis.

Pour terminer l’avocat lui demande si en tant que curé il était une autorité dans la commune. Incimatata réponds par oui mais il ajoute que son autorité n’était pas comme celle du bourgmestre.

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