Rwanda This is it: Levons-nous tous comme un seul homme pour défendre nos droits.

Voici une réaction que de nombreux Rwandais n’envisageaient plus : reprendre les élections présidentielles remportées à 98,8 %, un score soviétique, par le dictateur de Kigali. Les Rwandais s’étaient quelque peu résignés à ne plus oser contester car il n’y a pas de place pour la contestation au Rwanda.

Contester les élections présidentielles semble donc une folie. Mais la folie est-elle dans la contestation ou dans la soumission ?

La liste des prisonniers politiques qui osent se présenter ou qui osent contester est bien longue dans ce pays. Pasteur Bizimungu (ancien président de la République, politiquement mort depuis 2000 après avoir purgé une lourde peine de prison juste pour avoir créé un parti politique), Victoire Ingabire condamnée à 15 ans de prison pour délit d’élection et autres bricolages révisionnistes, divisionnistes, terroristes, négationnistes qui n’en finissent pas. Déo Mushayidi condamné à la réclusion à perpétuité pour militantisme politique non toléré mais officiellement pour acte de rébellion et atteinte à la sûreté de l’État.

Diane Rwigara, la jeune fille de 35 ans qui a osé se présenter aux élections présidentielles est à son tour accusée d’ « atteinte à la sûreté de l’État. C’est le délit le plus « prestigieux » que le régime des mille collines concède en guise de mécontentement aux opposants politiques les plus attachés à la démocratie.

Au Rwanda, il faut baisser la tête et raser les murs. L’État le plus policier que l’Afrique n’ait jamais eu, même du temps des partis uniques, accuse tous ses opposants sérieux de porter « atteinte à la sûreté de l’État ». Même les gorilles des Virungas risquent désormais de porter « atteinte à la sûreté de l’État ». C’est une marque déposée pour tout opposant rwandais, gorille compris, qui se présente à l’élection présidentielle avec quelques chances de fissurer ou de fragiliser la dictature.

Jacques Baraketse appelle aujourd’hui les Rwandais à se mobiliser pour défendre leurs droits d’élire librement les dirigeants de leur choix. Il leur dit de ne plus avoir peur. Cette peur qui les paralyse depuis vingt ans est distillée comme du venin par un régime qui veut ramener les Rwandais au moyen âge et les Congolais à l’âge de la pierre. C’est ce que Baraketse appelle « la nouvelle tragédie des Grands lacs » symbolisée, dit-il, par « la mort définitive de la démocratie, de la justice et de la paix » dans cette région. Il demande à ses compatriotes de vaincre la peur et l’immobilisme pour éviter cette nouvelle tragédie qui, selon lui, n’est plus ethnique « mais politique ». 

Réaction de Charles ONANA

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