Par RUGEMINTWAZA Erasme

Depuis  ce samedi, le 29 mai 2021, les Rwandais semblent être dans une espèce de kermesse de goûter aux prémisses de la réconciliation entre la France et le Rwanda. Que se passe-t-il ?

La réconciliation entre le Rwanda et la France a été portée au public au mois de mars 2021, avec la publication presque simultanée de deux fameux rapports sur le rôle de la France dans le Génocide contre les Tutsis au Rwanda. Mais le chemin de la réconciliation avait bel et bien commencé quatre ans plus tôt dès l’élection d’Emmanuel MACRON en 2017. Et depuis lors les actions concrètes ont commencé ; l’Agence Française de Développement (AFD) a, au départ, débloqué une aide d’une bagatelle de sommes d’argent comme cela a été révélé dans la Conférence de presse tenue dans Le Village Urugwiro à Kigali, le 27/05/2021. Avec ces aides financières, les Rwandais ont compris que l’action rejoint la parole, que la  repentance ou reconnaissance des « responsabilités lourdes et accablantes » de la France a un prix. Ainsi ils ont dit avec liesse «oui » au retour de la France au Rwanda. Car, à part le discours émouvant  prononcé par ce jeune président qui a accepté de trancher avec l’héritage mémoriel de la France, on pense notamment au problème un peu similaire de l’Algérie, la réconciliation franco-rwandaise a commencé avec les aides financières non moins négligeables. Ainsi la France a octroyé une aide de 100 millions d’euros au Rwanda dans le programme de lutte contre le COVID-19 en 2020. Si on fait une spéculation statistique, les 100 millions d’euros peuvent acheter 16 millions de vaccins AstraZeneca, si l’on considère qu’un vaccin AstaZeneca coûte seulement 6 euros ; ou mieux les 100 millions d’euros peuvent suffire pour vacciner 10 millions de personnes si l’on considère que le coût d’une vaccination est  estime à 10 euros. On se demanderait alors où ont pu passer ces millions d’euros si l’on sait que le Rwanda n’a pas encore donné plus de 500 milles vaccins et que les gens qui ont reçu la première  dose se trouve dans une situation très embarrassante car le rappel du vaccin se fait trop beaucoup attendre! Dans le même ordre d’idées on se pose la question de savoir si le Rwanda atteindra réellement son contrat de performance de vacciner  30% de sa population, c’est-à-dire 3,6 millions d’ici la fin de l’année 2021 ou 60% soit 7,2 million en 2022? Et si on fait une petite comparaison, les 100 millions d’euros donnés par la France au Rwanda dépassent de loin les 100 milliards de francs rwandais que le gouvernement rwandais se targue d’avoir mobilisé pour soutenir la relance économique dans du secteur privé bien fouetté par le covid-19! Voici une superpuissance que Kagamé a trop longtemps narguée et exigé de s’agenouiller pour demander pardon de son rôle dans le génocide contre les Tutsi! Tout ce vacarme contre la France n’est autre qu’un plan intelligemment ourdi par  le FPR faire passer la thèse, archi-fausse, d’une préparation du génocide, se faire valoir comme libérateur et ainsi esquiver  sa responsabilité dans trois  questions majeures du Rwanda qui sont : la guerre civile, l’assassinat de Habyarimana et le boycott des accords de paix d’Arusha! On reviendra sur ce point dans un autre article. Ces 100 millions d’euros d’aide s’inscrivent dans l’accord de 500 millions d’aide que la France octroie au Rwanda pour une période  de cinq ans, de 2019-2023, dans les domaines de la santé, les technologies nouvelles, …  Et tout cela est l’œuvre d’Emmanuel Macron, comme  il l’a lui-même souligné dans la conférence de presse. 

L’Hôpital du District de Nyarugenge, un des centres de vaccination à Kigali

Même si cette réconciliation entre la France et le Rwanda a provoqué une certaine indignation dans les milieux de l’opposition rwandaise, car on ne comprend pas comment un pays comme la France peut se prostituer à un régime dictatorial de Kagame, les gestes qui l’accompagnent sont louables. Ainsi les 100 milles vaccins contre le covid-19 sont un bon geste envers la population, car en fait le gouvernement rwandais semblait, hélas, ne pas avoir de motivation pour chercher les vaccins! Preuve de cet abandon de la population : Kagame avait même oublié de remercier Macron pour ces vaccins, que les Rwandais considèrent comme un geste de grand cœur! La visite de Macron a alors été très utile car  elle a mis fin à la situation combien embarrassante dans laquelle se trouvaient les gens qui attendaient la deuxième dose de vaccin, aux risques et périls car les 8 semaines de rappel étaient largement dépassées! Ce fut une liesse, une kermesse!

Dans Le site de vaccination où je me suis rendu, c’était l’allégresse! Les gens disaient « Longue vie à Macron qui nous emmène ces vaccins, parce que la période de rappel qu’on nous avait donnée était dépassée. On se demandait ainsi si le vaccin de rappel aura une l’effet car on pensait, ignorance peut-être, que le premier n’aura plus de force dans le corps!» Il y en a ceux qui te chuchotent dans l’oreille- pour la discrétion qui est toujours de mise au Rwanda- « Qu’est ce qu’on attendait, qu’est ce que Kagame voulait réellement contre la France, ils sont gentils!». Et d’en tire une leçon qu’il faut jamais se fâcher contre son père!

Cette réconciliation entre la France et le Rwanda se faisait trop longtemps attendre, non seulement pour le pardon de la France pour ses « responsabilités lourdes et accablantes » sans «complicité» dans le génocide contre les Tutsi de 1994 mais également et surtout pour la libération morale et des consciences des francophones qui toujours contrôlaient leur langue pour ne pas prononcer un mot français. Car parler français à Kigali était se faire taxer, ipso facto, d’Interahamwe! On espère alors qu’à côté de cette libération et épanouissement des francophones, le Rwanda va redonner au Français sa place qui, sans ambages, est la langue da l’intelligentsia rwandaise! Et sur ce point, d’aucuns se demandaient toujours pourquoi le Rwanda a voulu s’enfermer dans l’anglophonie alors que de part sa position géographique, le bilinguisme était une option plus géniale pour ouvrir le Rwandais à l’inter-culturalité! Car le Rwanda peut constituer du fait du bilinguisme un lieu de rencontre, un pont reliant l’Afrique de l’Est anglophone et l’Afrique centrale purement francophone!

La visite de Macron a alors été très utile car  elle a mis fin à la situation combien embarrassante dans laquelle se trouvaient les gens qui attendaient la deuxième dose de vaccin

Concernant la vaccination, au Rwanda il y a des catégories des gens considérées comme étant à haut risque, qui actuellement prennent la dose de rappel. La catégorisation s’est basée sur l’exposition des individus aux risques de contamination du covid-19. Ces catégories sont les agents de sécurité, les enseignants et les chauffeurs du transport public. Les gens sont bien prêtes mais il y a insuffisance de vaccins et la lenteur des services de vaccination de telle sorte que certains sites sont saturés et les gens se déplacent à la recherche d’autres sites moins saturés. Un jeune homme m’a montré un jeton d’un autre site avec le numéro 256 alors que dans  le nouveau site il reçut le numéro 70. Il me précisa qu’il y a avait du cafouillage dans le précédent

En concluant, on peut  affirmer que les Rwandais ont bien goûté, avec faim et soif, sur les prémisses de la réconciliation entre la France et le Rwanda. L’argent, la santé et la francophonie sont les trois signes vitaux de cette nouvelle rencontre de vieux amis! Mais ceci donne à penser! Si les Rwandais viennent de recevoir le vaccin dont on avait réellement besoin, ils ont aussi besoins de bananes et de haricots qui ordinairement provenaient de chez les voisins avec qui, malheureusement, on se regarde en chiens de faïence! « Si la réconciliation avec la France, qui a eu et reconnu son rôle déterminant dans le génocide des Tutsi,  a été possible, comment se réconcilier avec l’Ouganda, qui demande seulement la reconnaissance de son aînesse, est-il impossible?», se demandent beaucoup de gens.  «A-t-on jamais vu un enfant qui en dicte à son père?» continuent-ils. Est-ce que ce droit d’aînesse n’est-elle pas l’essence même du droit de véto dans le Conseil de Sécurité? A l’instar de la France et autres pays avec qui nous avons eu des pierres d’achoppements comme la Tanzanie de Jakaya Kikwete, le Burundi de Nkuruziza, la RDC des Kabila, attendrions-nous que Museveni quitte le pouvoir avec ses fardeaux de griefs pour s’entendre avec l’Ouganda? Qui va, entre Museveni et Kagame, passer le premier  pour que les Rwandais et les Ougandais puissent encore une fois, comme des frères, partager les vicissitudes de la vie? Qui?

1 COMMENT

  1. Y a-t-il un problème entre le Rwanda et la France ou entre les Français et les Rwandais ? Sûrement pas.
    Il y un problème entre Kagame et la France. Kagame n’est pas le Rwanda même s’il se prend pour Rwanda, loi, juge et justice.
    Le problème dont souffre notre pays est très profond. Certains Rwandais sont rongés par la haine viscérale contre leurs propres compatriotes. Cette haine est un cancer généralisé qui ronge tout leur corps. Ils en souffrent intrinsèquement.
    Le spectacle pathétique et pitoyable qu’ils ont offert au monde lors du discours négationniste du Président Français en est la parfaite illustration.
    En effet, tout Rwandais digne de ce nom et honnête sait très bien que les ossements de 250.000 victimes rwandaises exposés comme des produits d’exhibition touristique dans le Mémorial de Gisozi sont les ossements des Hutu, des Hutu et des Twa et que ce fait est incontestable.
    Or, lorsque le fils de Kagabo José, Jean-Pierre Kagabo, a posé la question au Président Français, Macron, sur l’existence du double génocide et que celui-ci a nié l’évidence c’est-à-dire il a dit que seuls les Tutsi ont été victimes du génocide et que par conséquent les victimes Hutu ne sont qu’une pure invention des négationnistes du génocide des Tutsi, ces Rwandais l’ont applaudi comme un singe devant une banane.
    Ce qui distingue l’homme de l’animal c’est entre autres la compassion, l’humanité, le sens de jugement. Ces Rwandais qui ont applaudi le Président Français connaissent des voisins Hutu qui ont été raflés et embarqués dans les camions et conduits vers les fours crématoires par les soldats du FPR sur ordre de Kagame. Certains de ces Hutu avaient même sauvé des Tutsi dont la mort était pourtant certaine.
    Des victimes dont les restes sont exposés dans le mémorial de Gisozi sont majoritairement Hutu, femmes, enfants et hommes de tous âges de Kigali ville et Kigali Rurale. Pour eux, leur exhibition au titre de produits commerciaux est la preuve qu’il n’y a qu’un et un seul génocide, celui des Tutsi.
    La nettoyeuse de Kigali Rurale des Hutu est notoirement connue. Il s’agit de l’impitoyable Rose Kabuye, alors Préfète de Kigali Rurale.
    Comment les Rwandais peuvent-ils applaudir un individu qui réduit des millions de victimes rwandaises à l’échelle infra-animale ? Le monde entier les a regardés. Même s’ils sont rongés par la haine à l’instar de Kagame contre leurs compatriotes Hutu, devant les étrangers et les caméras des télévisions du monde entier, ils auraient pu montrer au moins qu’ils ont un minimum d’humanité ou qu’ils ont quelque peu accédé à la civilisation humaine.
    Il est crié sur tous les toits par certains Rwandais, Hutu, Tutsi et Twa que le génocide dit des Tutsi a été reconnu par les Nations Unies et que celui des Hutu n’a jamais été reconnu par celles-ci au seul motif que les massacres des Hutu et n’ont jamais existé.
    C’est affligeant d’écouter des docteurs en droit, des érudits dans divers domaines ou un professeur des universités osent affirmer devant les millions de Rwandais et étrangers que les Nations ont reconnu exclusivement le génocide des Tutsi. Le comble est qu’ils sèchent lorsqu’il leur est demandé d’étayer matériellement leurs assertions.
    Nul ne peut faire dire à l’ONU ce qu’elle n’a pas dit. Il en est de même des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
    Par sa résolution 955 du 8 novembre 1994, le Conseil de Sécurité de l’ONU dit « GENOCIDE » sans autre précision quant à l’ethnie des victimes.
    « Conseil de sécurité GÉNÉRALE S/RES/955 (1994) 8 novembre 1994
    RÉSOLUTION 955 (1994) Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 3453e séance, le 8 novembre 1994
    Le Conseil de sécurité,
    Réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur la situation au Rwanda,
    Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
    1. Décide par la présente résolution, comme suite à la demande qu’il a reçue du Gouvernement rwandais (S/1994/1115), de créer un tribunal international chargé uniquement de juger les personnes présumées responsables d’actes de GENOCIDE ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994, et d’adopter à cette fin le Statut du Tribunal criminel international pour le Rwanda annexé à la présente résolution ; »
    Cette résolution a été adoptée sur demande de l’Etat Rwandais. Ce fait est de notoriété publique.
    Dans la lettre que le Rwanda adressée au Conseil de Sécurité de l’ONU dont l’objet était la demande portant création du TPIR, le Rwanda, dirigé alors en fait par Kagame, nulle part est mentionné « GENOCIDE DES TUTSI ».
    Par ailleurs, le projet de résolution ci-dessus indiquée a été porté à la connaissance de l’Etat Rwanda afin qu’il puisse émettre éventuellement des réserves. Il n’a émis aucune réserve. L’absence de réserve de sa part signifie qu’il a approuvé le contenu de ce projet qui, après son adoption par le Conseil de Sécurité dont les USA, Royaume Uni sponsors de Kagame et son régime et la France est devenue une résolution.
    Cette résolution est sur la toile et conséquemment accessible aux Rwandais et étrangers .
    Il convient des rappeler que seules les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU adoptées en vertu du chapitre 7 de la charte de l’ONU ont un caractère obligatoire c’est-à-dire sont revêtues de caractère juridique conformément à l’article 25 de la charte suscitée.
    Certains Rwandais, au titre de preuve de la reconnaissance du génocide dit des Tutsi, ont excipé des déclaration et résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU.
    Or, aucun acte dont les résolution et déclaration de l’Assemblée Générale de l’ONU n’a un caractère obligatoire ou ne sont donc revêtues de caractère juridique. Elles ont une valeur purement politique.
    Il s’ensuit que les déclarations de certains Etats membres de l’ONU et/ou résolution adoptée par ces mêmes Etats évoquant le « le génocide dit des Tutsi » lors de l’Assemblée Générale de l’ONU sur demande de Netanyahu, Premier Ministre de l’Etat Hébreux, en contre partie d’acceptation par Kagame relativement aux immigrés africains rejetés par Israël n’ont aucune valeur juridique. Elles ont une valeur politique et ne peuvent conséquemment pas être excipées au titre de preuve de reconnaissance d’existence du génocide dit des Tutsi.
    Etant rappelé que le Représentant des USA à l’ONU, Kelly Craft, par note du 20 avril 2020,adressé au Président de l’Assemblée Générale de l’ONU, l’Ambassador Tijanni Muhammad-Bande, a rappelé celui que si les massacres qui ont été commis au Rwanda et qu’ils ont touché tous les Rwandais, Hutu, Tutsi et Twa et que par conséquent les déclarations et résolutions de l’Assemblée Générale ci-dessus citées qui évoquent le génocide dit des Tutsi n’ont aucune valeur juridique et que le génocide dit des Tutsi est un outil d’oppression des opposants politiques et de violations massives des droits de l’homme au Rwanda.

    Quant au TPIR, c’est un fait établi qu’il a bafoué la résolution 955 du Conseil de Sécurité de l’ONU et son propres statut Ses agissements ont ôté toute crédibilité à ses jugements. Ils sont dépourvus de valeur juridique. Ce sont des jugements politiques.

    En effet, la résolution 955 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 8 novembre 1994 dit ce qui suit.
    «…..
    1. Décide par la présente résolution, comme suite à la demande qu’il a reçue du Gouvernement rwandais (S/1994/1115), de créer un tribunal international chargé uniquement de juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994, et d’adopter à cette fin le Statut du Tribunal criminel international pour le Rwanda annexé à la présente résolution ; »
    Or, le constat macabre est que les juges du TPIR, en violation flagrante de son propre statut, a jugé les Rwandais présumés auteurs des crimes ci-dessus précisés par cette résolution non pas pour ce qu’ils ont fait mais exclusivement pour ce qu’ils sont à savoir Hutu ou en raison de leur appartenance ethnique.
    Devant des millions de Rwandais, Kagame a dit que les Tutsi existent aux Rwanda et qu’ils sont membres de l’ethnie Tutsi ou d’une race, pour les juges français en l’occurrence. Il a ajouté que nier leur existence est constitutif de négation du génocide des Tutsi (imaginaire). Par ses dires publics, Kagame a reconnu que les Rwandais sont divisés en trois groupes ethniques, les Hutu, les Tutsi et les Twa. Nul ne peut le nier ou contester les affirmations de Kagame et les siens.
    Le TPIR a fait le tri entre les Rwandais présumés auteurs des crimes qui ont été commis au Rwanda durant la période que la résolution 955 du Conseil de Sécurité précise. Il y a d’un côté, les Hutu qui devaient être jugés et de l’autre les Tutsi, qui devaient bénéficier de l’impunité.
    Un tel agissement a littéralement ruiné sa crédibilité. Il s’ensuit qu’il est erroné d’exciper de ses jugements au titre de preuve de reconnaissance de génocide dit des Tutsi.
    La lettre et l’esprit de cette résolution est limpide. Elle n’a pas voulu faire une distinction entre les auteurs des crimes qui ont été perpétrés au Rwanda et leurs victimes de ces crimes en fonction de leur appartenance ethnique.
    Un criminel n’a pas d’ethnie. Il en est de même de la victime.
    Pour Kagame, Bizimana JD et autres, les auteurs et les victimes des massacres qui ont été commis au Rwanda ont de ethnies. En l’espèce c’est donc en raison de leur appartenance à l’ethnie Hutu qu’e les Hutu ont été jugés pour génocide des Tutsi. Et cette qualification juridique est exclusivement réservée aux crimes contre les Tutsi. Ceux contre les Hutu n’ont jamais existé.

    Y a-t-il un problème entre le Rwanda et la France ou entre les Français et les Rwandais ? Sûrement pas.
    Il y un problème entre Kagame et la France. Kagame n’est pas le Rwanda même s’il se prend pour Rwanda, loi, juge et justice.
    Le problème dont souffre notre pays est très profond. Certains Rwandais sont rongés par la haine viscérale contre leurs propres compatriotes. Cette haine est un cancer généralisé qui ronge tout leur corps. Ils en souffrent intrinsèquement.
    Le spectacle pathétique et pitoyable qu’ils ont offert au monde lors du discours négationniste du Président Français en est la parfaite illustration.
    En effet, tout Rwandais digne de ce nom et honnête sait très bien que les ossements de 250.000 victimes rwandaises exposés comme des produits d’exhibition touristique dans le Mémorial de Gisozi sont les ossements des Hutu, des Hutu et des Twa et que ce fait est incontestable.
    Or, lorsque le fils de Kagabo José, Jean-Pierre Kagabo, a posé la question au Président Français, Macron, sur l’existence du double génocide et que celui-ci a nié l’évidence c’est-à-dire il a dit que seuls les Tutsi ont été victimes du génocide et que par conséquent les victimes Hutu ne sont qu’une pure invention des négationnistes du génocide des Tutsi, ces Rwandais l’ont applaudi comme un singe devant une banane.
    Ce qui distingue l’homme de l’animal c’est entre autres la compassion, l’humanité, le sens de jugement. Ces Rwandais qui ont applaudi le Président Français connaissent des voisins Hutu qui ont été raflés et embarqués dans les camions et conduits vers les fours crématoires par les soldats du FPR sur ordre de Kagame. Certains de ces Hutu avaient même sauvé des Tutsi dont la mort était pourtant certaine.
    Des victimes dont les restes sont exposés dans le mémorial de Gisozi sont majoritairement Hutu, femmes, enfants et hommes de tous âges de Kigali ville et Kigali Rurale. Pour eux, leur exhibition au titre de produits commerciaux est la preuve qu’il n’y a qu’un et un seul génocide, celui des Tutsi.
    La nettoyeuse de Kigali Rurale des Hutu est notoirement connue. Il s’agit de l’impitoyable Rose Kabuye, alors Préfète de Kigali Rurale.
    Comment les Rwandais peuvent-ils applaudir un individu qui réduit des millions de victimes rwandaises à l’échelle infra-animale ? Le monde entier les a regardés. Même s’ils sont rongés par la haine à l’instar de Kagame contre leurs compatriotes Hutu, devant les étrangers et les caméras des télévisions du monde entier, ils auraient pu montrer au moins qu’ils ont un minimum d’humanité ou qu’ils ont quelque peu accédé à la civilisation humaine.
    Il est crié sur tous les toits par certains Rwandais, Hutu, Tutsi et Twa que le génocide dit des Tutsi a été reconnu par les Nations Unies et que celui des Hutu n’a jamais été reconnu par celles-ci au seul motif que les massacres des Hutu et n’ont jamais existé.
    C’est affligeant d’écouter des docteurs en droit, des érudits dans divers domaines ou un professeur des universités osent affirmer devant les millions de Rwandais et étrangers que les Nations ont reconnu exclusivement le génocide des Tutsi. Le comble est qu’ils sèchent lorsqu’il leur est demandé d’étayer matériellement leurs assertions.
    Nul ne peut faire dire à l’ONU ce qu’elle n’a pas dit. Il en est de même des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
    Par sa résolution 955 du 8 novembre 1994, le Conseil de Sécurité de l’ONU dit « GENOCIDE » sans autre précision quant à l’ethnie des victimes.
    « Conseil de sécurité GÉNÉRALE S/RES/955 (1994) 8 novembre 1994
    RÉSOLUTION 955 (1994) Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 3453e séance, le 8 novembre 1994
    Le Conseil de sécurité,
    Réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur la situation au Rwanda,
    Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
    1. Décide par la présente résolution, comme suite à la demande qu’il a reçue du Gouvernement rwandais (S/1994/1115), de créer un tribunal international chargé uniquement de juger les personnes présumées responsables d’actes de GENOCIDE ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994, et d’adopter à cette fin le Statut du Tribunal criminel international pour le Rwanda annexé à la présente résolution ; »
    Cette résolution a été adoptée sur demande de l’Etat Rwandais. Ce fait est de notoriété publique.
    Dans la lettre que le Rwanda adressée au Conseil de Sécurité de l’ONU dont l’objet était la demande portant création du TPIR, le Rwanda, dirigé alors en fait par Kagame, nulle part est mentionné « GENOCIDE DES TUTSI ».
    Par ailleurs, le projet de résolution ci-dessus indiquée a été porté à la connaissance de l’Etat Rwanda afin qu’il puisse émettre éventuellement des réserves. Il n’a émis aucune réserve. L’absence de réserve de sa part signifie qu’il a approuvé le contenu de ce projet qui, après son adoption par le Conseil de Sécurité dont les USA, Royaume Uni sponsors de Kagame et son régime et la France est devenue une résolution.
    Cette résolution est sur la toile et conséquemment accessible aux Rwandais et étrangers .
    Il convient des rappeler que seules les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU adoptées en vertu du chapitre 7 de la charte de l’ONU ont un caractère obligatoire c’est-à-dire sont revêtues de caractère juridique conformément à l’article 25 de la charte suscitée.
    Certains Rwandais, au titre de preuve de la reconnaissance du génocide dit des Tutsi, ont excipé des déclaration et résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU.
    Or, aucun acte dont les résolution et déclaration de l’Assemblée Générale de l’ONU n’a un caractère obligatoire ou ne sont donc revêtues de caractère juridique. Elles ont une valeur purement politique.
    Il s’ensuit que les déclarations de certains Etats membres de l’ONU et/ou résolution adoptée par ces mêmes Etats évoquant le « le génocide dit des Tutsi » lors de l’Assemblée Générale de l’ONU sur demande de Netanyahu, Premier Ministre de l’Etat Hébreux, en contre partie d’acceptation par Kagame relativement aux immigrés africains rejetés par Israël n’ont aucune valeur juridique. Elles ont une valeur politique et ne peuvent conséquemment pas être excipées au titre de preuve de reconnaissance d’existence du génocide dit des Tutsi.
    Etant rappelé que le Représentant des USA à l’ONU, Kelly Craft, par note du 20 avril 2020,adressé au Président de l’Assemblée Générale de l’ONU, l’Ambassador Tijanni Muhammad-Bande, a rappelé celui que si les massacres qui ont été commis au Rwanda et qu’ils ont touché tous les Rwandais, Hutu, Tutsi et Twa et que par conséquent les déclarations et résolutions de l’Assemblée Générale ci-dessus citées qui évoquent le génocide dit des Tutsi n’ont aucune valeur juridique et que le génocide dit des Tutsi est un outil d’oppression des opposants politiques et de violations massives des droits de l’homme au Rwanda.

    Quant au TPIR, c’est un fait établi qu’il a bafoué la résolution 955 du Conseil de Sécurité de l’ONU et son propres statut Ses agissements ont ôté toute crédibilité à ses jugements. Ils sont dépourvus de valeur juridique. Ce sont des jugements politiques.

    En effet, la résolution 955 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 8 novembre 1994 dit ce qui suit.
    «…..
    1. Décide par la présente résolution, comme suite à la demande qu’il a reçue du Gouvernement rwandais (S/1994/1115), de créer un tribunal international chargé uniquement de juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994, et d’adopter à cette fin le Statut du Tribunal criminel international pour le Rwanda annexé à la présente résolution ; »
    Or, le constat macabre est que les juges du TPIR, en violation flagrante de son propre statut, a jugé les Rwandais présumés auteurs des crimes ci-dessus précisés par cette résolution non pas pour ce qu’ils ont fait mais exclusivement pour ce qu’ils sont à savoir Hutu ou en raison de leur appartenance ethnique.
    Devant des millions de Rwandais, Kagame a dit que les Tutsi existent aux Rwanda et qu’ils sont membres de l’ethnie Tutsi ou d’une race, pour les juges français en l’occurrence. Il a ajouté que nier leur existence est constitutif de négation du génocide des Tutsi (imaginaire). Par ses dires publics, Kagame a reconnu que les Rwandais sont divisés en trois groupes ethniques, les Hutu, les Tutsi et les Twa. Nul ne peut le nier ou contester les affirmations de Kagame et les siens.
    Le TPIR a fait le tri entre les Rwandais présumés auteurs des crimes qui ont été commis au Rwanda durant la période que la résolution 955 du Conseil de Sécurité précise. Il y a d’un côté, les Hutu qui devaient être jugés et de l’autre les Tutsi, qui devaient bénéficier de l’impunité.
    Un tel agissement a littéralement ruiné sa crédibilité. Il s’ensuit qu’il est erroné d’exciper de ses jugements au titre de preuve de reconnaissance de génocide dit des Tutsi.
    La lettre et l’esprit de cette résolution est limpide. Elle n’a pas voulu faire une distinction entre les auteurs des crimes qui ont été perpétrés au Rwanda et leurs victimes de ces crimes en fonction de leur appartenance ethnique.
    Un criminel n’a pas d’ethnie. Il en est de même de la victime.
    Pour Kagame, Bizimana JD et autres, les auteurs et les victimes des massacres qui ont été commis au Rwanda ont de ethnies. En l’espèce c’est donc en raison de leur appartenance à l’ethnie Hutu qu’e les Hutu ont été jugés pour génocide des Tutsi. Et cette qualification juridique est exclusivement réservée aux crimes contre les Tutsi. Ceux contre les Hutu n’ont jamais existé.
    Il me semble judicieux de ne pas reproduire moutonnement les faits fabriqués par Kagame et autres dans l’unique dessein de broyer les Rwandais. La négociation de l’évidence par lui est inopérant car nul ne peut enterrer la Vérité. Il n’y a qu’une seule Vérité: le génocide des Rwandais, Hutu, Tutsi et Twa tel qu’il a été approuvé en conseil des ministres de l’Etat Rwandais sur décision du Président Pasteur Bizimungu, du Vice-président Kagame et du Premier ministre Twagiramungu Faustin et adoptée en suite par l’Assemblée Nationale du Rwanda. Pour toute précision et détail sur ce point, voir Twagiramungu Faustin.
    Que celui qui ‘infirme produise les preuves contraires.

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