{"id":166,"date":"2016-10-21T08:48:08","date_gmt":"2016-10-21T08:48:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.therwandan.com\/fr\/?p=166"},"modified":"2019-05-23T20:27:52","modified_gmt":"2019-05-23T20:27:52","slug":"les-livres-de-hassan-ngeze-des-ramassis-de-mensonges-de-fabulations-et-de-rumeurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.therwandan.com\/fr\/les-livres-de-hassan-ngeze-des-ramassis-de-mensonges-de-fabulations-et-de-rumeurs\/","title":{"rendered":"LES LIVRES DE HASSAN NGEZE: DES RAMASSIS DE MENSONGES, DE FABULATIONS ET DE RUMEURS"},"content":{"rendered":"<p>Par <strong>le colonel BEMS Anatole Nsengiyumva<\/strong><\/p>\n<p><em>\u201cLe Mensonge a beau construire mille cases, la V\u00e9rit\u00e9 les habitera toutes\u201d (Proverbe africain).<\/em><\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE a r\u00e9cemment publi\u00e9 deux livres qui ont pour titres \u201c<em>Igicumbi cy\u2019ikinyoma<\/em>\u201d pour l\u2019un, et \u201c<em>Ukuli kwahishuwe<\/em>\u201d pour l\u2019autre. J\u2019ai lu ces deux livres, et j\u2019ai senti le besoin pour moi d\u2019en faire quelques commentaires, pour dire au public et \u00e0 la communaut\u00e9 des lecteurs, ce que je sais sur certains points repris dans ces livres, et ce que je pense sur les raisons qui ont pouss\u00e9 Monsieur Hassan NGEZE \u00e0 \u00e9voquer certaines choses.<!--more--><\/p>\n<p>D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, le lecteur remarquera que Monsieur Hassan Ngeze, dans les deux livres, s\u2019est acharn\u00e9 contre certaines personnes, dont moi-m\u00eame, et a aussi cherch\u00e9 \u00e0 se mettre trop en valeur. Il fait montre d\u2019un narcissisme sans mesure.<\/p>\n<p>Mais comme il s\u2019est trop appesanti sur moi de fa\u00e7on particuli\u00e8re, je voudrais, avant de parler du contenu des livres, dire comment j\u2019ai connu Monsieur Hassan NGEZE, et quelles furent ses relations avec moi. Ainsi, le lecteur comprendra pourquoi il s\u2019acharne tant contre moi, et ce depuis l\u2019ann\u00e9e 1994. Quand je vais aborder le contenu des livres, je ne parlerai bien s\u00fbr pas de tous les d\u00e9tails repris dedans, car ce serait assez fastidieux. Je ferai recours \u00e0 certains documents, presque tous \u00e9crits par Ngeze, pour faire mieux comprendre ce que je dis.<\/p>\n<p><strong>PREMIERE PARTIE: COMMENT J\u2019AI CONNU MONSIEUR HASSAN NGEZE ET SES RELATIONS AVEC MOI<\/strong><\/p>\n<p>Avant l\u2019invasion du Rwanda par le FPR le 1er octobre 1990, j\u2019\u00e9tais \u00e0 Kigali o\u00f9 je travaillais \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise, et j\u2019y suis rest\u00e9 jusqu\u2019en juin 1993. J\u2019\u00e9tais alors responsable du renseignement militaire \u00e0 l\u2019Etat-Major. Je voyais souvent des rapports qui provenaient de Gisenyi, parlant d\u2019un certain semeur de d\u00e9sordres, et qui s\u2019appelait Hassan NGEZE. Je ne l\u2019avais pas encore vu. Les rapports pr\u00e9cisaient que ce Hassan NGEZE \u00e9tait manipul\u00e9 par un certain tr\u00e8s riche homme d\u2019affaires appel\u00e9 Valens KAJEGUHAKWA. Ce dernier \u00e9tait tr\u00e8s bien connu au Rwanda.<\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE \u00e9crivait souvent des articles incendiaires dans un journal appel\u00e9 KANGUKA \u2013 \u00e0 ne pas confondre avec KANGURA \u2013 cr\u00e9\u00e9 par Monsieur Valens KAJEGUHAKWA. Monsieur Hassan NGEZE \u00e9tait donc au service de Monsieur KAJEGUHAKWA, et signait des articles souvent pr\u00e9par\u00e9s par ce dernier. C\u2019est ce que disaient beaucoup de rapports en provenance de Gisenyi. En plus de ses articles incendiaires, Monsieur Hassan NGEZE \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant souvent impliqu\u00e9 dans des d\u00e9sordres dans la ville et la r\u00e9gion de Gisenyi. C\u2019est pourquoi il \u00e9tait souvent arr\u00eat\u00e9 et \u00e9crou\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu Monsieur Hassan NGEZE pour la premi\u00e8re fois vers mi-1990. En ce moment-l\u00e0, Monsieur Valens KAJEGUHAKWA avait d\u00e9cid\u00e9 de rejoindre le FPR en Ouganda peu avant l\u2019invasion, et il cherchait un pr\u00e9texte pour justifier son d\u00e9part. C\u2019est pourquoi il cr\u00e9a une situation o\u00f9 il pr\u00e9tendit que des militaires de l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise \u00e0 Gisenyi, avaient tent\u00e9 de l\u2019attaquer et le tuer. Cette affaire est bien connue par ceux qui \u00e9taient alors au Rwanda, et je n\u2019irai pas dans les d\u00e9tails. Mais toujours est-il que le Chef d\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e nous a demand\u00e9s, le Lieutenant-Colonel BEM Ephrem RWABALINDA, alors G3 \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise, et moi-m\u00eame, de nous rendre \u00e0 Gisenyi pour essayer de conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9 dans cette affaire.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9s \u00e0 Gisenyi, nous avons d\u2019abord contact\u00e9 le commandant local, alors le Major BEM Juv\u00e9nal BAHUFITE, qui nous conseilla d\u2019aller trouver un certain Hassan NGEZE, un tr\u00e8s proche de Valens KAJEGUHAKWA, mais qui \u00e9tait en train de se brouiller avec son patron. Il affirma que Hassan NGEZE allait certainement nous dire ce qui s\u2019\u00e9tait r\u00e9ellement pass\u00e9. Nous avons cherch\u00e9 Monsieur Hassan NGEZE, et nous nous sommes entretenus avec lui. Il nous a racont\u00e9 des choses, notamment que toute l\u2019histoire \u00e9tait un montage de la part de son patron, Monsieur KAJEGUHAKWA, qui voulait rejoindre le FPR en Ouganda.<\/p>\n<p>Hassan NGEZE avait \u00e9t\u00e9 en fait f\u00e2ch\u00e9 par le fait que pour faire la publicit\u00e9 de son montage, Monsieur Valens KAJEGUHAKWA, au lieu de faire recours \u00e0 NGEZE qui \u00e9tait sur place \u00e0 Gisenyi, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 appeler Monsieur Vincent RWABUKWISI, son autre agent dans le journal Kanguka, mais qui vivait \u00e0 Kigali. NGEZE aurait senti un certain manque de confiance de la part de son patron. C\u2019est pourquoi d\u2019ailleurs, quelques temps apr\u00e8s, Hassan NGEZE aurait fond\u00e9 son journal KANGURA, de m\u00eame format que KANGUKA, et m\u00eame couleurs de couverture. Il y avait lieu de confondre les deux journaux.<\/p>\n<p>J\u2019ai vu Hassan NGEZE pour la deuxi\u00e8me fois le 31 mai 1991 au Mutara. Ce jour-l\u00e0, des journalistes de la presse publique et priv\u00e9e s\u2019\u00e9taient rendus sur le terrain, pour voir comment les Forces Arm\u00e9es Rwandaises contr\u00f4laient toute la fronti\u00e8re de notre territoire. Le FPR attaquait encore \u00e0 partir du territoire ougandais. Je pilotais alors ces journalistes, en compagnie du Commandant du secteur op\u00e9rationnel du Mutara, alors le Colonel BEM NSABIMANA. Il y avait 28 journalistes. Un moment donn\u00e9, Monsieur Hassan NGEZE pr\u00e9tendit qu\u2019il m\u2019avait dit le jour o\u00f9 le FPR allait attaquer, mais que nous n\u2019avions pris aucune mesure pour le repousser. C\u2019\u00e9tait faux. Je lui ai demand\u00e9 pourquoi il lan\u00e7ait un tel mensonge devant tout un groupe de journalistes. Sans rire, il me r\u00e9pondit qu\u2019il voulait blaguer tout simplement!<\/p>\n<p>J\u2019ai rencontr\u00e9 Monsieur Hassan NGEZE pour la troisi\u00e8me fois d\u00e9but mai 1994, alors que j\u2019\u00e9tais \u00e0 Gisenyi depuis presque une ann\u00e9e. Et c\u2019\u00e9tait apr\u00e8s la mort du Pr\u00e9sident HABYARIMANA. Ngeze \u00e9tait arr\u00eat\u00e9 et amen\u00e9 au camp militaire de Gisenyi. J\u2019en parle dans les lignes qui suivent.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi est-ce que Hassan NGEZE s\u2019acharne contre moi avec obstination ?<\/strong><\/p>\n<p>En avril 1994, quand le Pr\u00e9sident HABYARIMANA a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9, je me trouvais \u00e0 Gisenyi o\u00f9 j\u2019exer\u00e7ais les fonctions de Commandant du secteur op\u00e9rationnel. Les premiers jours qui ont suivi la mort du Pr\u00e9sident HABYARIMANA, je n\u2019ai pas vu Hassan NGEZE. Je ne l\u2019ai vu ni le 6, ni le 7, le 8 ou le 9 avril 1994, contrairement \u00e0 ce qu\u2019il raconte. Son absence a \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9e, d\u2019autant plus que moi je craignais que la mort du Chef de l\u2019Etat, suite \u00e0 un assassinat, risquait de cr\u00e9er une situation de troubles, que Monsieur Hassan NGEZE affectionnait et favorisait habituellement. Et les troubles risquaient de favoriser l\u2019entr\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments du FPR dans mon secteur op\u00e9rationnel, et causer beaucoup de d\u00e9g\u00e2ts au sein de la population.<\/p>\n<p>En date du 9 avril 1994 dans la matin\u00e9e, lorsque les violences avaient commenc\u00e9 dans beaucoup de r\u00e9gions au Rwanda, y compris dans la pr\u00e9fecture de Gisenyi, alors que nous faisions tout pour y faire face avec beaucoup de difficult\u00e9s, j\u2019ai entendu quelqu\u2019un qui parlait au m\u00e9gaphone mont\u00e9 sur un v\u00e9hicule qui circulait en ville, disant que la population devait s\u2019abstenir de boire de l\u2019eau de robinet, car les \u201cInyenzi\u201d l\u2019avaient empoisonn\u00e9e. Ceci \u00e9tait tr\u00e8s dangereux par les temps que nous vivions. Je me suis inform\u00e9, et l\u2019on m\u2019a dit que c\u2019\u00e9tait Monsieur Hassan NGEZE qui tenait ces propos, \u00e0 partir d\u2019un m\u00e9gaphone mont\u00e9 sur son v\u00e9hicule. Heureusement, ce m\u00eame jour, il y avait une r\u00e9union du Pr\u00e9fet de pr\u00e9fecture avec la population de la ville de Gisenyi, pour essayer de ramener le calme devant la situation qui pr\u00e9valait. J\u2019en ai profit\u00e9 pour sugg\u00e9rer au Pr\u00e9fet de fustiger les all\u00e9gations de Monsieur Hassan NGEZE relatives au pr\u00e9tendu empoisonnement de l\u2019eau par \u201cles Inyenzi\u201d. Quand le Pr\u00e9fet m\u2019a donn\u00e9 la parole au cours du meeting, j\u2019en ai aussi parl\u00e9, et j\u2019ai dit \u00e0 la population que les all\u00e9gations de Monsieur Hassan NGEZE \u00e9taient tout simplement une mauvaise blague. Mais c\u2019est ce jour-l\u00e0 que Monsieur Hassan NGEZE se manifestait pour la premi\u00e8re fois, depuis la mort du Pr\u00e9sident Habyarimana. Du moins pour moi, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que j\u2019apprenais sa pr\u00e9sence \u00e0 Gisenyi en ces jours.<\/p>\n<p>Les jours qui ont suivi, nous avons connu une dr\u00f4le de situation. En effet, chaque nuit vers 02-03 heures, nous entendions des coups de feu tr\u00e8s nourris, dans le quartier habit\u00e9 par Monsieur Hassan NGEZE, dans la ville de Gisenyi, secteur Gacuba I. Au d\u00e9but, nous avons pens\u00e9 \u00e0 une attaque de la ville par le FPR. Mais finalement, nous avons su qu\u2019il s\u2019agissait de jeunes qui vivaient chez Monsieur Hassan NGEZE, consid\u00e9r\u00e9s comme ses gardes du corps, qui s\u2019adonnaient \u00e0 des tiraillements intensifs avec des armes \u00e0 feu. La population \u00e9tait apeur\u00e9e, et cette situation \u00e9tait intol\u00e9rable. Je me suis demand\u00e9 d\u2019o\u00f9 Monsieur Hassan NGEZE avait eu ces armes, et je n\u2019ai pas eu de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait absolument n\u00e9cessaire de mettre fin \u00e0 cette situation insupportable. C\u2019est pourquoi le conseil de s\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9fectoral dirig\u00e9 par le Pr\u00e9fet a d\u00fb se r\u00e9unir en urgence. Il fut d\u00e9cid\u00e9 que la Gendarmerie devait aller saisir les armes entre les mains des jeunes de Monsieur Hassan NGEZE, et essayer de savoir la provenance de ces armes. La Gendarmerie a essay\u00e9 de faire ce devoir, mais a rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s. Chaque fois qu\u2019elle se pr\u00e9sentait chez Hassan NGEZE, les jeunes qui veillaient, donnaient l\u2019alerte, et certains d\u2019entre eux montaient sur le toit de la maison, mena\u00e7ant les gendarmes avec des grenades et des armes \u00e0 feu. Les gendarmes se retiraient.<\/p>\n<p>Quand la Gendarmerie a avou\u00e9 les difficult\u00e9s qu\u2019elle avait de remplir la mission lui assign\u00e9e, j\u2019ai propos\u00e9 au conseil de s\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9fectoral de me laisser faire cela avec des militaires. J\u2019ai re\u00e7u l\u2019autorisation, et le Procureur local m\u2019a donn\u00e9 un mandat de perquisition en bonne et due forme. J\u2019ai organis\u00e9 l\u2019op\u00e9ration. J\u2019ai donn\u00e9 pour cela la mission au Major UWIMANA Fran\u00e7ois Xavier qui \u00e9tait mon officier S2-S3, en charge du renseignement et des op\u00e9rations dans le secteur op\u00e9rationnel. Il a pr\u00e9par\u00e9 la mission, et m\u2019a propos\u00e9 d\u2019utiliser les militaires du 42 \u00e8me bataillon, conduits par leur commandant, le Capitaine ing\u00e9nieur HABIMANA Faustin. J\u2019ai approuv\u00e9 la proposition, et l\u2019op\u00e9ration eut lieu un matin tr\u00e8s t\u00f4t, vers 5 heures.<\/p>\n<p>Quand les jeunes qui veillaient chez Hassan NGEZE ont aper\u00e7u les militaires, ils ont senti que les choses \u00e9taient s\u00e9rieuses, et ils n\u2019ont pas tent\u00e9 de r\u00e9sister comme ils le faisaient avec la Gendarmerie. Ils ont plut\u00f4t fui. La maison de NGEZE a \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9e. NGEZE n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur place. Nous avons plut\u00f4t saisi huit fusils d\u2019assaut de diff\u00e9rentes marques, et un poste radio \u00e9metteur\/r\u00e9cepteur de marque Kenwood, juste le m\u00eame type que ceux qui \u00e9taient utilis\u00e9s par le FPR. Je n\u2019ai pas pu trouver Hassan NGEZE pour l\u2019interroger sur la provenance de ces armes et de cette radio, ni sur les personnes avec lesquelles il \u00e9tait en communication radio. Il devait par ailleurs me dire pourquoi il s\u2019\u00e9tait constitu\u00e9 une milice arm\u00e9e, et qui lui avait donn\u00e9 l\u2019autorisation. C\u2019est pourquoi, en donnant la situation \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e, j\u2019ai demand\u00e9 en m\u00eame temps que l\u2019on m\u2019aide \u00e0 retrouver Hassan NGEZE, car il avait une autre habitation \u00e0 Kigali, dans le quartier BIRYOGO. L\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e m\u2019a demand\u00e9 de lancer un t\u00e9l\u00e9gramme de recherche, adress\u00e9 \u00e0 toutes les unit\u00e9s; ce que j\u2019ai fait imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>En date du 2 mai 1994, le Pr\u00e9fet de pr\u00e9fecture a tenu un autre meeting au stade Umuganda de Gisenyi, toujours avec la population locale. J\u2019en ai profit\u00e9 pour fustiger le comportement de Monsieur Hassan NGEZE, tout en expliquant \u00e0 la population ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Un moment donn\u00e9, j\u2019ai entendu Monsieur Hassan NGEZE parler \u00e0 la Radio Rwanda. Il donnait une interview. Il f\u00e9licitait les membres de la population qui contr\u00f4laient les barrages routiers sur la route Gisenyi-Kigali, pour emp\u00eacher les infiltrations du FPR. Il a ajout\u00e9 que le tron\u00e7on de la route de Gisenyi \u00e0 Gakenke \u00e9tait vraiment bien gard\u00e9, mais que le tron\u00e7on Gakenke-Kigali, \u201cen passant par Rushashi\u201d, n\u2019\u00e9tait pas bien contr\u00f4l\u00e9, de fa\u00e7on que les infiltr\u00e9s du FPR pouvaient passer sans difficult\u00e9. J\u2019ai imm\u00e9diatement envoy\u00e9 un t\u00e9l\u00e9gramme \u00e0 l\u2019Etat-Major, demandant que l\u2019on m\u2019aide \u00e0 retrouver ce Monsieur NGEZE qui se trouvait \u00e0 Kigali, pour que je puisse terminer le dossier des armes, du poste de radio \u00e9metteur\/r\u00e9cepteur, ainsi que des miliciens priv\u00e9s qui vivaient chez lui.<\/p>\n<p>Quelques temps plus tard, Monsieur Hassan NGEZE a \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9 plut\u00f4t dans la ville de Gisenyi. Les militaires en patrouille l\u2019ont rencontr\u00e9 et me l\u2019ont ramen\u00e9. C\u2019\u00e9tait le 7 mai 1994 dans l\u2019avant-midi. Le lendemain 8 mai 1994, j\u2019ai demand\u00e9 au Major UWIMANA Fran\u00e7ois-Xavier de l\u2019interroger. Ce dernier a confi\u00e9 la t\u00e2che au Lieutenant BIZUMUREMYI Anastase, un officier qui avait longtemps travaill\u00e9 \u00e0 la Gendarmerie, car il \u00e9tait gendarme jusque fin 1993-d\u00e9but 1994. Quand l\u2019interrogatoire venait \u00e0 peine de commencer, j\u2019ai re\u00e7u un t\u00e9l\u00e9gramme assez laconique du Ministre de la D\u00e9fense, qui disait ceci: \u201c<em>Devoir lib\u00e9rer imm\u00e9diatement et sans condition, Monsieur Hassan NGEZE en d\u00e9tention chez-vous<\/em>\u201d. Je l\u2019ai directement lib\u00e9r\u00e9. Je n\u2019avais pas de choix. Je n\u2019ai donc pas pu savoir qui lui avait fourni les armes, ni le poste radio, et je n\u2019ai pas pu savoir avec qui il avait \u00e9t\u00e9 en communication radio. J\u2019\u00e9tais d\u00e9sappoint\u00e9.<\/p>\n<p>Quand il a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, Hassan NGEZE est directement parti. Je croyais qu\u2019il rentrait chez lui dans la ville de Gisenyi. Mais moins de deux heures apr\u00e8s, il a \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 au camp militaire par un officier du camp militaire de Bigogwe. Comme je n\u2019avais pas encore eu le temps d\u2019annuler le t\u00e9l\u00e9gramme qui le recherchait, il a \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9 par des militaires du camp Bigogwe sur la route devant leur camp, et ils me l\u2019ont ramen\u00e9. Je leur ai expliqu\u00e9 que je n\u2019avais plus besoin de lui, et je me suis press\u00e9 de lever le t\u00e9l\u00e9gramme de recherche. Hassan NGEZE m\u2019a dit qu\u2019il se rendait \u00e0 Kigali, quand il fut intercept\u00e9 par les militaires \u00e0 Bigogwe. Monsieur NGEZE m\u2019a alors demand\u00e9 de lui fournir un document attestant que je l\u2019avais lib\u00e9r\u00e9, et qu\u2019il ne devait plus \u00eatre arr\u00eat\u00e9 par qui que ce soit. J\u2019ai pr\u00e9ssenti la volont\u00e9 d\u2019utiliser abusivement un tel document, et je ne le lui ai pas donn\u00e9. Il est parti, mais je ne sais pas o\u00f9 il s\u2019est rendu en ce moment-l\u00e0. C\u2019est cela l\u2019\u00e9pisode qui implique Hassan Ngeze et le camp Bigogwe, qu\u2019il a pr\u00e9sent\u00e9 de diff\u00e9rentes autres mani\u00e8ress, tel que nous allons le voir dans les pages qui suivent. Il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 autrement \u00e0 Bigogwe.<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s cet \u00e9pisode, encore une fois, j\u2019ai entendu des coups de feu, toujours dans le quartier Gacuba I o\u00f9 habitait NGEZE, et j\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019il avait eu encore des armes, et que c\u2019\u00e9tait ses jeunes qui tiraient encore. Mais la Gendarmerie qui patrouillait en ville m\u2019apprit qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une attaque chez Hassan NGEZE. La Gendarmerie s\u2019est occup\u00e9e de l\u2019affaire, qui ne fut jamais \u00e9lucid\u00e9e. Des gens disaient qu\u2019il s\u2019agissait certainement de tentative de r\u00e8glement de compte. D\u2019autres disaient que ce sont les jeunes de Hassan NGEZE qui tiraient comme d\u2019habitude. Mais Hassan NGEZE a presque disparu de la ville de Gisenyi, et je ne l\u2019ai plus revu jusqu\u2019\u00e0 notre d\u00e9part en exil.<\/p>\n<p>Mais entre-temps, NGEZE avait lanc\u00e9 une campagne de d\u00e9nigrement \u00e0 mon endroit, me traitant de complice de l\u2019ennemi, car, selon lui, j\u2019\u00e9tais contre les Hutu qui voulaient d\u00e9fendre le peuple contre l\u2019ennemi. Cette campagne devait continuer m\u00eame en exil, \u00e0 travers le journal KANGURA.<\/p>\n<p><strong>Les activit\u00e9s de Monsieur Hassan NGEZE contre moi pendant l\u2019exil<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque nous sommes partis en exil, Monsieur Hassan NGEZE a repris ses activit\u00e9s de publication de son journal KANGURA. Il \u00e9tait alors \u00e0 Nairobi au Kenya. Dans plusieurs num\u00e9ros de son journal, il a commenc\u00e9 \u00e0 attaquer avec acharnement Anatole NSENGIYUMVA, c\u2019est-\u00e0-dire moi-m\u00eame, ainsi que le Capitaine HABIMANA Faustin et le Lieutenant BIZUMUREMYI Anastase. Il nous traitait de complices des Inkotanyi, ou carr\u00e9ment d\u2019Inkotanyi nous-m\u00eames. Ceci \u00e9tait d\u2019autant dangereux qu\u2019il amenait des exemplaires de son journal et les distribuait aux camps de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 GOMA o\u00f9 nous \u00e9tions. D\u00e9signer ainsi des gens comme \u00e9tant des Inkotanyi, avec une population de r\u00e9fugi\u00e9s qui avaient souffert et qui souffraient toujours \u00e0 cause de ces Inkotanyi, c\u2019\u00e9tait assez malveillant et assez dangereux.<\/p>\n<p>Ainsi, dans plusieurs num\u00e9ros de Kangura, NGEZE a \u00e9crit des articles assez m\u00e9chants contre moi et contre le Capitaine HABIMANA Faustin, ainsi que contre le Lieutenant BIZUMUREMYI Anastase. Il s\u2019agit notamment de Kangura N<sup>o<\/sup> 60 du 01 au 15 septembre 1994, N<sup>o<\/sup> 62 du 01 au 15 novembre 1994, N<sup>o<\/sup> 63 du 15 au 30 novembre 1994, N<sup>o<\/sup> 65 de janvier 1995, et N<sup>o<\/sup> 66 de f\u00e9vrier 1995. Certains articles \u00e9taient plus virulents que d\u2019autres.<\/p>\n<p>Dans le N<sup>o<\/sup> 60 du 01 au 15 septembre 1994, sous le titre \u201c<em>UKO BYAGENZE RERO<\/em>\u201d, nous lisons: <em>\u201cTwe Imana yaduhaye impano yo kumenya ibizaba. Iyo mpano ntituyikoresha twenyine, kuko ibyo tumenye bizaba mu kazi kacu tubivuga bikamenywa namwe mwese. Kugeza ubu tumaze kuvuga ibintu 89 bizaba tukabivuga mbere maze bikaba. Ibyo bigatuma ibyitso cyangwa abaswa babonekaga mu butegetsi bwacu bampoza muli gereza, <strong>dore ko kugeza ubu maze gufungwa inshuro 20 muri gereza, 36 muri za Burigade<\/strong>. Kuva intambara yatangira muli 1990, hakozwe teregaramu 241 zaba iza Parike cyangwa iza Etat-Major. Ariko izabaye rurangiza ni izi zikurikira: Habyarimana amaze kwivuganwa n\u2019abanzi, nashatse gutakaza ubuzima bwanjye, nzira ko mu kwezi kwa 12\/1993 nari naranditse muri KANGURA N<sup>o<\/sup> 53 ko Habyarimana azapfa mu mpera z\u2019ukwa gatatu, cyangwa mu ntangiriro z\u2019ukwa kane. Ibyo kuri twe nta gitangaza cyarimo, kuko bitari ibya mbere twari tuvuze ibizaba kandi bikaba. Habyarimana amaze gupfa batwise ibyitso ngo kuki twavuze igihe azapfira maze bikaba byo. Ubwo teregaramu ziracicikana ngo ngomba kwicwa, ngo uburaguzi bwanjye buhishe byinshi. None se umuntu koko azazire ubuswa bw\u2019abategetsi batareba kure. Kuba menya ibintu nkabivuga, ahubwo nagombye kubihemberwa. Iyo nza kuba ntabivuga niho nagombaga kubizira. Abanyarwanda bagize amahirwe babona umuraguzi w\u2019ubuntu ubabwira ntacyo batanze\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ce paragraphe peut se traduire comme suit en fran\u00e7ais: \u201c<em>CE QUI S\u2019EST ALORS PASS\u00c9. Quant \u00e0 nous, Dieu nous a donn\u00e9 la facult\u00e9 de conna\u00eetre l\u2019avenir. Nous ne profitons pas de cette facult\u00e9 tout seuls, car dans notre m\u00e9tier, quand nous parvenons \u00e0 conna\u00eetre ce qui va se passer dans l\u2019avenir, nous le partageons avec vous tous. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, nous avons d\u00e9voil\u00e9 89 choses qui devaient se passer, et que nous avons connues \u00e0 l\u2019avance, et \u00e7a s\u2019est effectivement pass\u00e9. C\u2019est cela qui a fait que les complices de l\u2019ennemi ou les ignorants que l\u2019on trouvait parmi nos dirigeants m\u2019ont arr\u00eat\u00e9 plusieurs fois, et effectivement, <strong>jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 mis en prison 20 fois, et 36 fois d\u00e9tenu dans les Brigades [de gendarmerie]<\/strong>. Depuis le d\u00e9but de la guerre en 1990, 241 t\u00e9l\u00e9grammes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s contre moi, que ce soit par le Parquet ou par l\u2019Etat-Major. Mais les plus importants sont les suivants: apr\u00e8s l\u2019assassinat du Pr\u00e9sident Habyarimana par l\u2019ennemi, j\u2019ai failli perdre ma vie, sous pr\u00e9texte qu\u2019en 12\/1993 j\u2019avais \u00e9crit dans KANGURA N<sup>o<\/sup> 53 que Habyarimana allait mourir vers la fin du mois de mars ou au d\u00e9but du mois d\u2019avril. Pour nous ce n\u2019\u00e9tait pas un miracle, car ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois que nous annoncions des choses qui devaient arriver, et qui sont arriv\u00e9es effectivement. Apr\u00e8s la mort de Habyarimana,<\/em> <em>on nous a trait\u00e9s de complices de l\u2019ennemi parce que nous avions annonc\u00e9 le moment de sa mort et que cela s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00eatre vrai. C\u2019est alors que baucoup de t\u00e9l\u00e9grammes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s comme quoi je devais \u00eatre tu\u00e9, que ma pr\u00e9diction cachait beaucoup de choses. Est-ce qu\u2019on doit \u00eatre victime de l\u2019ignorance des autorit\u00e9s qui ne voient pas loin ? Le fait que je parviens \u00e0 conna\u00eetre des choses et que je dis tout, devrait amener les autorit\u00e9s \u00e0 me r\u00e9compenser plut\u00f4t. On devrait me le reprocher par contre, si j\u2019avais tout gard\u00e9 pour moi. Les Rwandais devraient \u00eatre contents d\u2019avoir trouv\u00e9 gratuitement un devin\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ce paragraphe appelle de ma part les commentaires suivants:<\/p>\n<ul>\n<li>Monsieur Hassan NGEZE, ici, n\u2019avait pas encore commenc\u00e9 \u00e0 all\u00e9guer que je l\u2019avais arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994 apr\u00e8s l\u2019assassinat du Pr\u00e9sident Habyarimana, et qu\u2019il serait rest\u00e9 en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994. Nous verrons d\u2019ailleurs dans Kanguka N<sup>o<\/sup> 65 que je ne l\u2019ai arr\u00eat\u00e9 qu\u2019une fois en mai 1994, et que ce fut sa 36<sup>\u00e8me<\/sup> fois \u00e0 \u00eatre d\u00e9tenu dans un centre de d\u00e9tention en dehors des prisons. Aussi, il ne dit pas qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 plusieurs fois par moi-m\u00eame. S\u2019il avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 plusieurs fois par moi, il allait le dire dans ce num\u00e9ro de Kangura.<\/li>\n<li>Deuxi\u00e8mement, ce n\u2019est pas un miracle que Monsieur Hassan NGEZE ait \u201cpr\u00e9dit\u201d que le Pr\u00e9sident HABYARIMANA allait mourir fin mars ou d\u00e9but avril 1994. En effet, le FPR l\u2019avait implicitement r\u00e9v\u00e9l\u00e9; il fallait tout simplement analyser l\u2019information. En novembre 1993, le FPR avait \u00e9crit un document appel\u00e9 <strong>\u00abENVIRONNEMENT ACTUEL ET AVENIR DE L&rsquo;ORGANISATION\u00bb<\/strong><strong>.<\/strong> Ce document \u00e9tait anonyme quand il est sorti, mais les partis politiques membres du Gouvernement et le FPR l\u2019ont discut\u00e9. Le FPR a refus\u00e9 de le reconna\u00eetre, mais il a aussi refus\u00e9 de le condamner. Dans ses sc\u00e9narios de rompre les Accords d\u2019Arusha, le FPR disait, au paragraphe appel\u00e9 \u201c<strong>SITUATION ACTUELLE ET<\/strong> <strong>PERSPECTIVES \u00c0 COURT TERME<\/strong>\u201d,.au sc\u00e9nario N<sup>o<\/sup> IV, ce qui suit:<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><em><u>\u201cSc\u00e9nario IV: <\/u><\/em><\/strong><em><u>Rupture des Accords par la chute du Gouvernement de transition \u00e0 base \u00e9largie de TWAGIRAMUNGU et reprise des hostilit\u00e9s au d\u00e9triment de HABYARIMANA<\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>M\u00eames strat\u00e9gies par la dictature pour faire tomber ou marginaliser le gouvernement de transition \u00e0 base \u00e9largie comme aux sc\u00e9narios A et B;<\/em><\/li>\n<li><em>Refus de marginalisation par le FPR, et initiative pour neutraliser, r\u00e9cup\u00e9rer ce qui est r\u00e9cup\u00e9rable du MDR et des FDC \u00e0 travers un accord de gouvernement FDC-FPR; <\/em><\/li>\n<li><em>Manifestations communes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et campagne m\u00e9diatique et politique commune et massive en vue du d\u00e9part de HABYARIMANA et\/ou sa comparution en justice. <\/em><em>Ce sc\u00e9nario suppose un r\u00f4le actif et efficace de la part de TWAGIRAMUNGU et beaucoup de concessions de sa part afin de permettre la constitution et le renforcement des alliances n\u00e9cessaires;<\/em><\/li>\n<li><strong><em>Rupture des accords d\u2019Arusha et recomposition d\u2019un gouvernement en \u00e9cartant par la force militaire et populaire HABYARIMANA et ses satellites, dans un d\u00e9lai ne d\u00e9passant pas neuf mois \u00e0 partir de la date de signature des accords de paix; <\/em><\/strong><\/li>\n<li><em>Red\u00e9finition de la transition;<\/em><\/li>\n<li><em>Organisation d\u2019\u00e9lections au moment jug\u00e9 le plus opportun par le FPR\u201d<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Voil\u00e0 d\u2019o\u00f9 Monsieur Hassan NGEZE doit avoir tir\u00e9 les informations qu\u2019il a mis dans son journal Kangura N<sup>o<\/sup> 53. S\u2019il avait eu \u00e7a d\u2019une autre source, puisqu\u2019il se targue d\u2019avoir fr\u00e9quent\u00e9 toutes les autorit\u00e9s, il allait le leur expliquer s\u00e9rieusement et dire sa source, pour que des mesures soient prises en cons\u00e9quence. Il ne l\u2019a pas fait. Par ailleurs, les services de renseignements de l\u2019arm\u00e9e rwandaise avaient encore plus d\u2019informations contrairement \u00e0 NGEZE qui pr\u00e9tend qu\u2019il \u00e9tait le plus renseign\u00e9 dans tout le pays. Je donne comme exemple les \u00e9l\u00e9ments fournis par l\u2019ancien officier charg\u00e9 du renseignement \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019arm\u00e9e en 1994, le g\u00e9n\u00e9ral Aloys NTIWIRAGABO, \u00e9l\u00e9ments qu\u2019il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9s dans un article trouvable sur le site \u201cThe Rwandan\u201d, sous le titre \u201c<strong>Rwanda-Attentat du 6 avril 1994 \u2013 A quand la cl\u00f4ture de l\u2019enqu\u00eate ?<\/strong>\u201d. Les \u00e9l\u00e9ments contenus dans cet article sont plus importants que les all\u00e9gations de Hassan NGEZE, dont il ne donne m\u00eame pas la moindre source.<\/p>\n<p>Je sais que NGEZE faisait tout pour acheter les informations collect\u00e9es par les services de renseignement \u2013 il le reconna\u00eet d\u2019ailleurs \u2013 il ne serait pas \u00e9tonnant qu\u2019il ait chip\u00e9 quelques documents des services de renseignement rwandais. Fallait-il que ces services mettent eux aussi dans la rue, les renseignements \u00e0 leur disposition ? Il y a par ailleurs une brochure confectionn\u00e9e par les ex-FAR, intitul\u00e9 \u201cCONTRIBUTION DES FAR A LA RECHERCHE DE LA VERITE SUR LE DRAME RWANDAIS\u201d, qui contient beaucoup de renseignements sur la menace qui pesait sur le Pr\u00e9sident HABYARIMANA, plus que ce qu\u2019avance Hassan NGEZE. Mais fallait-il que les FAR publient dans des journaux ce qu\u2019elles savaient sur la menace contre le Chef de l\u2019Etat ?<\/p>\n<p>Je reviens sur le Journal KANGURA et l\u2019acharnement de Hassan NGEZE contre moi et deux de mes officiers. Toujours dans ce num\u00e9ro 60 de Kangura, sous la rubrique \u201c<em>URUGERO SIMUSIGA<\/em>\u201d, nous lisons ce qui suit: \u201c<em>Maze kwitegereza ko ubwo bwicanyi bushobora kutuviramo gufatwa, ubwo nari ku Gisenyi nasabye ubuyobozi bw\u2019ingabo burimo Colonel Nsengiyumva ko yakora ibishoboka byose agahagarika ubwicanyi bw\u2019inzirakarengane, kuko abatutsi bose baboneka muli Za\u00efre, bahungishijwe n\u2019abari bashinzwe kubahiga. None se Interahamwe n\u2019abasirikare bakuru sibo bacikishije abatutsi baboneka muli Za\u00efre. None se gucikisha umuntu umwe mu muryango warangiza ugatsemba abasigaye byari bimaze iki ? Sibyo byakozwe gusa se ? Ibyo byose nagerageje kubisobanurira ubuyobozi bw\u2019ingabo ku Gisenyi mbabwira ko ubwo bwicanyi ari ugutiza FPR ingufu kubera ko twe akenshi tuba tureba kure. Ibyo nasabaga aho kubyumva, ahubwo hacuzwe umugambi wo kunyica. Ubwo Nsengiyumva abisaba Etat-Major na Minisitiri w\u2019ingabo yemeza ko nicwa. Ubwo bemeza ko ngomba kwicirwa mu Bigogwe. Teregaramu irakorwa, ngo umbona wese andase, ngo bafite ibimenyetso ko NGEZE ari inkotanyi ngo kuko avuga ibintu bikaba. Kunyicira mu nzira binaniranye, nibwo bohereje agatsiko k\u2019abasirikare<\/em> <em>bayobowe na Liyetona Bizumuremyi, maze gatera iwanjye kararasa, gatera amagrenade na za sitrimu, ku buryo haje gupfamo umuntu umwe w\u2019inzirakarengane muri icyo gitero. Imana yakinze akaboko maze ibyo bitero ntibyampitana. Nibwo hakurikiyeho ibihuha ngo mpishe abatutsi, ngo abatutsi b\u2019abayisilamu bose ni njye wabakijije. Ibyo mbona ko noneho baratwika igihugu kurushaho, nibwo niyemezaga kuzenguruka umujyi wose nsaba abaturage tuvuka mu mujyi umwe kuva mu bwicanyi baroshywemo batazi inkomoko yabwo. Ibyo nabikoraga kubera ko nabonaga ubutegetsi busa nkaho butakibaho. Ku buryo iyo bikomeza nta n\u2019umuhutu utunze ihene wari gusigara. Icyo cyemezo cya kigabo nafashe njyenyine nicyo cyatumye nkomeza guhigwa buri munsi. Nkurizwa ijipe ngo ninjye gusobanura ukuntu nanze ko abatutsi bapfa<\/em>\u201d.<\/p>\n<p>En fran\u00e7ais, ceci veut dire: \u201c<em>UN EXEMPLE PARLANT. Apr\u00e8s avoir realis\u00e9 que les massacres peuvent causer notre d\u00e9faite, alors que je me trouvais \u00e0 Gisenyi, j\u2019ai demand\u00e9 aux autorit\u00e9s militaires dont le Colonel Nsengiyumva de faire tout leur possible pour arr\u00eater le massacre des innocents, parce que tous les Tutsi qui se trouvent au Za\u00efre ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9s par ceux qui \u00e9taient charg\u00e9s de les pourchasser. <\/em><em>N\u2019est-ce pas que ce sont les Interahamwe et les militaires de haut rang qui ont aid\u00e9 les Tutsi qui sont au Za\u00efre \u00e0 fuir ? A quoi est-ce que \u00e7a sert d\u2019aider une seule personne dans une famille \u00e0 fuir, et massacrer tous ceux qui restent ? N\u2019est-ce pas que c\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 ? J\u2019ai essay\u00e9 d\u2019expliquer tout \u00e7a aux autorit\u00e9s militaires de Gisenyi, en leur<\/em> <em>faisant comprendre que ces massacres, c\u2019est donner de la force au FPR, parce que nous, souvent nous voyons plus loin. Au lieu d\u2019entendre ce que je disais, on a plut\u00f4t planifi\u00e9 de me tuer. C\u2019est alors que Nsengiyumva l\u2019a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019Etat-Major, et le Ministre de la D\u00e9fense a confirm\u00e9 que je devais \u00eatre tu\u00e9. Ils ont alors d\u00e9cid\u00e9 que je devais \u00eatre tu\u00e9 \u00e0 Bigogwe. Le t\u00e9l\u00e9gramme a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9, disant que quiconque qui me verra devra tirer sur moi imm\u00e9diatement, qu\u2019il y a des preuves comme quoi Ngeze est un Inkotanyi, parce que tout ce qu\u2019il dit se r\u00e9alise comme il l\u2019a dit. Quand il a \u00e9t\u00e9 impossible de me tuer en cours de route, on a alors envoy\u00e9 un petit groupe de militaires conduits par le Lieutenant Bizumuremyi, ils ont attaqu\u00e9 chez-moi, ils ont tir\u00e9 et lanc\u00e9 des grenades et des streams, de fa\u00e7on qu\u2019une personne innocente est morte au cours de cette attaque. Gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, j\u2019ai pu survivre \u00e0 ces attaques. Puis des rumeurs ont suivi disant<\/em> <em>que je cachais des Tutsi, que c\u2019est moi qui avait sauv\u00e9 tous les Tutsi musulmans. J\u2019ai alors r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019ils allaient br\u00fbler davantage le pays, c\u2019est pourquoi j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de faire un tour dans toute la ville, en demandant aux habitants de la m\u00eame ville que moi de se retirer de ces tueries dans lesquelles ils ont \u00e9t\u00e9 enr\u00f4l\u00e9s sans en conna\u00eetre l\u2019origine. Je faisais tout \u00e7a parce que je r\u00e9alisais que l\u2019autorit\u00e9 n\u2019existait presque plus. Parce que si cela avait continu\u00e9 sur la m\u00eame lanc\u00e9e, m\u00eame un Hutu ne poss\u00e9dant qu\u2019une seule ch\u00e8vre n\u2019aurait pas surv\u00e9cu. C\u2019est cette d\u00e9cision courageuse que j\u2019ai prise tout seul, qui a fait que je sois pourchass\u00e9 tous les jours. Et on me faisait monter dans une jeep, pour que j\u2019aille expliquer pourquoi tout ce que je pr\u00e9dis arrive effectivement\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ces all\u00e9gations de Hassan NGEZE sont assez farfelues. Il n\u2019est jamais venu me voir pour me donner quelques \u201cconseils\u201d que ce soit. Si je l\u2019avais arr\u00eat\u00e9 comme il le dit, la nuit du 6 au 7 avril 1994, et l\u2019avais gard\u00e9 en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994, comment allait-il oser venir me conseiller sur l\u2019attitude \u00e0 prendre face aux violences qui \u00e9taient en cours ? Si je n\u2019ai jamais cess\u00e9 de le pourchasser, comment allait-il venir me donner des conseils ? Non, je n\u2019ai vu Hassan NGEZE que lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 au camp le 7 mai 1994, comme je l\u2019ai soulign\u00e9 ci-dessus. Il a quitt\u00e9 le camp le 8 mai 1994, et il n\u2019y est plus revenu . Et je ne l\u2019ai plus revu, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il m\u2019ait retrouv\u00e9 au centre de d\u00e9tention des Nations-Unies \u00e0 Arusha, en juillet 1997. Par ailleurs, Hassan NGEZE ne peut pr\u00e9senter aucun seul t\u00e9l\u00e9gramme qui donne des instructions comme quoi il devait \u00eatre tu\u00e9. Je le mets au d\u00e9fi de pr\u00e9senter un tel document. Aussi, moi je connais deux t\u00e9l\u00e9grammes qui le recherchaient comme je l\u2019ai signal\u00e9, et pas plus de 40 t\u00e9l\u00e9grammes, ou plus de 240, comme il le pr\u00e9tend. Par ailleurs, puisque c\u2019est le Ministre de la D\u00e9fense qui m\u2019a donn\u00e9 ordre de lib\u00e9rer NGEZE alors que je commen\u00e7ais \u00e0 peine \u00e0 l\u2019interroger, comment est-ce que le m\u00eame ministre allait confirmer la n\u00e9cessit\u00e9 de tuer le m\u00eame Monsieur Hassan NGEZE ?<\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais su que Hassan NGEZE aurait fait un tour en ville \u00e0 Gisenyi, demandant aux membres de la population de ne pas se m\u00ealer dans les tueries. Le seul tour qu\u2019il a effectu\u00e9 en ville et dont j\u2019ai \u00e9t\u00e9 au courant, c\u2019est le matin du 9 avril 1994, quand il demandait, par m\u00e9gaphone, \u00e0 la population, de ne pas boire de l\u2019eau que, selon lui, les Inyenzi avaient empoisonn\u00e9e. \u00c7a, tous les habitants de la ville de Gisenyi l\u2019ont entendu, car il parlait au m\u00e9gaphone mont\u00e9 sur son v\u00e9hicule. Et j\u2019ai fustig\u00e9 cela au cours d\u2019un meeting du Pr\u00e9fet avec la population. Donc, tout ce qu\u2019il a racont\u00e9 dans ce num\u00e9ro de son journal, et que j\u2019ai repris ici, n\u2019est autre chose que de malveillantes fabrications.<\/p>\n<p>Encore une fois dans Kangura N<sup>o<\/sup> 60, sous la rubrique \u201c<em>IBICE BITATU MU NGABO ZACU<\/em>\u201d, NGEZE a \u00e9crit: \u201c<em>Ubwo Habyarimana yapfaga, mu ngabo zacu harimo ibice bitatu; igice gishinzwe kurwanirira igihugu; igice cyaguzwe n\u2019inkotanyi; igice cya nyuma kirimo abaswa gusa batazi iyo tuva n\u2019iyo tujya. Abo baswa rero nibo birirwaga bampiga bifuza ko nakwicwa, nkaho gupfa kwanjye ari ko gutsinda intambara. None se wasobanura ute ko mu kwezi kumwe hakorwa teregaramu zirenze 40 ku muntu nkanjye utuye mu Rwanda ?\u00a0 None se uwabaza abo bari bashinzwe kwirirwa bampiga ukuntu Gisenyi-Ruhengeri byafashwe nta mirwano ibaye basobanura iki ? None se byasobanurwa bite ukuntu hari ba ofisiye bahungiye muri Za\u00efre mbere y\u2019abaturage ? Ibyabaye byose byagombye kutubera isomo rikomeye. Abasirikare bose b\u2019abaswa bakirukanwa. Abadafite disipuline nabo bakirukanwa. Maze hagakorwa<\/em> <em>undi mutwe mushya ushinzwe kubohoza igihugu cyacu. Naho ubundi hatagize igihinduka ntaho twaba tujya. <strong>Abampize bose kubera ubuswa bwabo, ntacyo nzabatwara usibye kubahanisha ikaramu yanjye<\/strong>, kandi iminsi izaza, niyo izerekana ubutwari bwanjye. Abatuye Gisenyi bo bambera abagabo. Abampize bose nibo twirirwa tubisikana hano mu buhungiro\u201d.<\/em><\/p>\n<p>En fran\u00e7ais, ceci veut dire: \u201c<em>TROIS CAT\u00c9GORIES PARMI NOS FORCES ARM\u00c9ES. Quand Habyarimana est mort, nos forces arm\u00e9es \u00e9taient compos\u00e9es de trois cat\u00e9gories de militaires: la premi\u00e8re partie comprenait ceux qui se battaient pour le pays, la deuxi\u00e8me \u00e9tait celle de ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s par les Inkotanyi, et la derni\u00e8re \u00e9tait celle des ignorants qui ne savaient pas d\u2019o\u00f9 nous venions ni o\u00f9 nous allions. Ce sont ces ignorants qui me pourchassaient et qui souhaitaient que je meure, comme si ma mort signifiait gagner la guerre. Comment pouvez-vous expliquer qu\u2019au cours d\u2019un mois seulement, plus de 40 t\u00e9l\u00e9grammes aient \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s contre une personne comme moi qui habitait au Rwanda ? Et si on demandait \u00e0 ceux-l\u00e0 qui passaient leur temps \u00e0 me pourchasser comment Gisenyi et Ruhengeri ont \u00e9t\u00e9 conquises sans combats, que r\u00e9pondraient-ils ? Comment peut-on expliquer que des officiers aient fui au Za\u00efre avant la population ? Tout ce qui s\u2019est pass\u00e9 devrait nous servir de le\u00e7on utile. Tous les militaires ignorants devraient \u00eatre chass\u00e9s. Les indisciplin\u00e9s devraient \u00eatre chass\u00e9s \u00e9galement. <\/em><em>Et une nouvelle arm\u00e9e serait form\u00e9e pour la lib\u00e9ration de la patrie. Autrement<\/em> <em>si rien ne change, nous n\u2019irions pas loin. <strong>Tous ceux qui m\u2019ont pourchass\u00e9 \u00e0 cause de leur ignorance, je ne leur ferai rien, sauf que je les punirai avec ma plume (ou mes \u00e9crits), <\/strong>et seul le temps qui vient montrera mon courage (ou mon h\u00e9ro\u00efsme). <\/em><em>Quant aux habitants de Gisenyi, ils peuvent m\u2019\u00eatre t\u00e9moins. Ceux qui me pourchassaient, je les croise maintenant tous les jours ici en exil<\/em>\u201d.<\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE se fait ici un expert militaire aussi. Mais le point le plus saillant, c\u2019est qu\u2019il avait d\u00e9cid\u00e9 de causer des ennuis \u00e0 ceux qui l\u2019avaient g\u00ean\u00e9 dans ses actes, c\u2019est-\u00e0-dire moi-m\u00eame et les deux officiers \u00e9voqu\u00e9s ci-dessus. C\u2019est ce qu\u2019il continue \u00e0 faire, depuis lors, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, y compris \u00e0 travers ses deux livres. Nous allons continuer \u00e0 le voir, dans les lignes qui viennent. Effectivement, il utilise sa plume, pour nous rendre la vie difficile. Par des mensonges malveillants.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>Dans Kangura N<sup>o<\/sup> 62, sous le titre \u201c<em>KANGURA YATANZE IMBABAZI<\/em>\u201d, il est \u00e9crit ce qui suit: \u201c<em>Ba baswa bose bilirwaga bamfunga, ba baswa bose bilirwaga bampiga ngo bagomba kunyica, ba baswa bagabaga ibitero iwanjye ubu twarabababariye kuko twasanze barakoraga ibyo batazi. Bari batarasobanukirwa nuko ibibazo by\u2019u Rwanda biteye. Muri bo harimo abagaragaje ubuswa kurusha abandi, nka Liyetena BIZUMUREMYI, nka Kapiteni HABIMANA n\u2019abandi babatumaga. Ubu bose twarabababariye, ibyo bakoze bazabibazwa n\u2019iminsi. Ubu twe turimo turakora akazi kacu, nabo bazakore akazi kabo maze abaturage aribo bazaduha amanota. <\/em><em>NGEZE HASSAN\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Cela veut dire en fran\u00e7ais: \u201c<em>KANGURA A PARDONN\u00c9. Tous ces ignorants qui ne faisaient que m\u2019emprisonner, tous ces ignorants qui ne faisaient que me pourchasser pour me tuer, ces ignorants qui attaquaient mon domicile, nous leur avons pardonn\u00e9 maintenant parce que nous nous sommes rendu compte qu\u2019ils faisaient ce qu\u2019ils ne savaient pas. Ils n\u2019avaient pas encore compris la nature des probl\u00e8mes du Rwanda. Parmi eux, il y en a qui ont fait montre de plus d\u2019ignorance que les autres, dont notamment le Lieutenant BIZUMUREMYI, le Capitaine HABIMANA et ceux qui leur donnaient des missions. Nous leur avons tous pardonn\u00e9 pour le moment, mais le temps leur fera r\u00e9pondre de ce qu\u2019ils ont fait. Maintenant nous faisons notre travail, qu\u2019ils fassent leur travail eux aussi pour que la population nous donne les points. NGEZE HASSAN\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Cet article montre bien la rancune que Monsieur Hassan NGEZE avait gard\u00e9 contre moi-m\u00eame, ainsi que contre les deux officiers qui \u00e9taient sous mon commandement. Tout simplement parce que nous savions ce qu\u2019il faisait, parce que nous avons effectu\u00e9 une perquisition chez-lui et saisi le mat\u00e9riel militaire d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9, et que je l\u2019ai fait arr\u00eater et d\u00e9tenu un moment, pourtant pas long (il n\u2019a pass\u00e9 qu\u2019une seule nuit en d\u00e9tention, et lib\u00e9r\u00e9 le jour suivant, en mai 1994). Lui qui faisait alors la pluie et le beau temps, n\u2019a pas support\u00e9 que quelqu\u2019un ose se mettre en travers de sa route. Et ce que NGEZE \u00e9crit actuellement dans ses deux livres montre bien qu\u2019il a un dr\u00f4le de pardon.<\/p>\n<p>Dans le num\u00e9ro 65 de Kangura, sous le titre \u201c<em>NTABWO ALI ABATEGETSI BAZACYURA ABATURAGE, AHUBWO NI ABATURAGE BAZACYURA ABATEGETSI<\/em>\u201d, nous lisons notamment, ce qui suit: \u201c<em>Gusa nasabaga abakunda Kangura kujya muzirikana ingorane twahuye na zo mu kuvugira Abahutu. Nyamara Inkotanyi ntizikoresha abahutu mu kutugirira nabi! None<\/em> <em>se<\/em> <em>ntimwibuka ukuntu Colonel Nsengiyumva Anatoli, afatanyije na Capitaine Habimana wategekaga batayo ya 62, bafatanyije na Lieutenant Bizumuremyi dufitiye ibimenyetso bihagije ko ari Inkotanyi ubu akaba aba mu nkambi ya Gituku kuri Goma, igitero bagabye iwange: bakahasenyagura, bagatwika imodoka yange nshya, ibyo byose ntibyanciye intege ahubwo njye iyo mpuriye nabo mu buhungiro nibaza impamvu batarataha ngo basange uwabakoreshaga, keretse niba bakitwihishemo mu yindi migambi twaba tutaramenya, numvise ko n\u2019uwitwa Munyandinda Protais wiyitaga RASTA ku Gisenyi, watangaga amazu yo gukoreramo amanama yo kunyica ubu nawe yageze muri Kenya ahitwa KOMAROKE. Abahatuye barabe maso bamumenye hakiri kare\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ce paragraphe veut dire: \u201c<em>CE NE SONT PAS LES DIRIGEANTS QUI VONT FAIRE RENTRER LA POPULATION, C\u2019EST LA POPULATION QUI VA FAIRE RENTRER LES DIRIGEANTS. Seulement, je voudrais demander \u00e0 tous ceux qui aiment Kangura de toujours penser aux difficult\u00e9s que nous avons rencontr\u00e9es lorsque nous d\u00e9fendions les Hutu. Pourtant, n\u2019est-ce pas que les Inkotanyi utilisent des Hutu pour nous faire du mal ? Est-ce que vous ne vous rappelez pas de comment le Colonel Nsengiyumva Anatole, en collaboration avec le Capitaine Habimana et le Lieutenant Bizumuremyi pour lequel nous avons assez de preuves qu\u2019il est un Inkotanyi, et qui habite au camp [de r\u00e9fugi\u00e9s] de Gituku \u00e0 Goma, ont lanc\u00e9 une attaque contre mon domicile qu\u2019ils ont d\u00e9truit, et br\u00fbl\u00e9 ma voiture neuve, mais tout cela ne m\u2019a pas d\u00e9courag\u00e9, seulement quand je les rencontre en exil, je me demande pourquoi ils ne sont pas encore rentr\u00e9s au pays pour rejoindre celui pour qui ils travaillaient, sauf s\u2019ils se cachent encore parmi nous pour d\u2019autres desseins que nous ignorons, j\u2019ai m\u00eame appris que le nomm\u00e9 Munyandinda Protais alias RASTA de Gisenyi, qui mettait ses maisons \u00e0 la disposition de ceux qui tenaient de r\u00e9unions pr\u00e9parant mon assassinat est actuellement arriv\u00e9 lui aussi au Kenya \u00e0 KOMAROKE. Ceux qui habitent ce quartier doivent rester attentifs pour le localiser \u00e0 temps\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE poursuit dans le m\u00eame article, en disant (et ceci est tr\u00e8s important pour la suite): <em>\u201c<strong>Iyo nibutse ko ari njye munyamakuru muri Afurika yose umaze gufungwa inshuro nyinshi, dore ko ali 20 muri gereza na 35 muri za kasho za burigade, n\u2019iya 36 nafunzwe na colonel Nsengiyumva mu kwezi kwa gatanu k\u2019uyu mwaka<\/strong>, natekereza ukuntu mu kwezi kwa kane ubwo Habyarimana yapfaga hatangwaga teregaramu zirenze 43 zose kandi zisaba ko umbona wese andasa atazuyaje, bikagera n\u2019aho tumenya umugambi wo kundasira mu Bigogwe kandi ibyo bigakorwa ku mugambi wa Colonel Nsengiyumva Anatoli, G\u00e9n\u00e9ral Gatsinzi n\u2019izindi nyenzi zene wabo, nakwibuka ko ibyo byose mbikorerwa nta mwanya w\u2019igihugu ndangamiye uretse kubona Rubanda Nyamwinshi ifite amahoro gusa, ibi byose rero birerekana ko abategetsi atari bo bazacyura abaturage, ko ahubwo ari abaturage bazacyura abategetsi. NGEZE Hassan\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ceci veut dire en fran\u00e7ais: \u201c<strong><em>Quand je me rappelle que je suis le journaliste qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu le plus de fois dans toute l\u2019Afrique, \u00e0 savoir 20 fois en prison et 35 fois dans les cachots des brigades [de gendarmerie], plus la 36<sup>\u00e8me<\/sup> fois quand le colonel Nsengiyumva m\u2019a arr\u00eat\u00e9 au mois de mai de cette ann\u00e9e,<\/em><\/strong><em> quand je me rappelle qu\u2019au mois d\u2019avril quand le Pr\u00e9sident Habyarimana est mort plus de 43 t\u00e9l\u00e9grammes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s demandant que quiconque me verrait devait tirer sur moi sans h\u00e9sitation, jusqu\u2019au moment o\u00f9 nous avons su qu\u2019il y avait un plan de tirer sur moi \u00e0 Bigogwe et cela avec la complicit\u00e9 du Colonel Nsengiyumva Anatole, G\u00e9n\u00e9ral Gatsinzi et tous leurs autres complices Inyenzi, quand je me rappelle que tout ceci \u00e9tait fait contre moi alors que je ne convoitais aucun poste de responsabilit\u00e9 dans le pays, que je voulais tout simplement voir la majorit\u00e9 de la population vivre en paix, tout cela montre bien que ce ne sont pas les dirigeants qui vont faire rentrer la population, que c\u2019est plut\u00f4t la population qui va faire rentrer les dirigeants. NGEZE Hassan\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Dans le m\u00eame num\u00e9ro du journal Kangura, sous la plume de Monsieur Hassan NGEZE, et sous le titre \u201c<em>BYIFASHE BITE MU BUHUNGIRO<\/em>\u201d, nous lisons ce qui suit: <em>\u201c[\u2026] ahubwo mujye mwibuka ko mu bayobozi twahunganye halimo ibyiciro bine: <sub>*<\/sub>Abaswa, Abajura, Ibyitso by\u2019Inkotanyi n\u2019Abakozi nyabo dutezeho gutaha kwacu, ahubwo nimurebe, hatagira undi muswa wongera kutuvangira adukerereza mu migambi yacu. Murebe ko nta cyitso cyakongera kutubonekamo nka ba Colonel Nsengiyumva Anatole, Lieutenant Bizumuremyi, Capitaine Habimana n\u2019abandi bose Kangura yababwiye. Abo bajura nabo nimubabaze umutungo batwibye, nibanga kuwutanga mubabwire ko batazawurya, ko bazawusiga\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ceci veut dire: \u201c<em>QUELLE EST LA SITUATION EN EXIL? [\u2026] vous devez plut\u00f4t vous rappeler que les dirigeants avec lesquels nous sommes partis en exil se subdivisent en quatre cat\u00e9gories: <sub>*<\/sub> Les ignorants, les voleurs, les complices des Inkotanyi, et les vrais travailleurs dont nous attendons notre retour au pays, soyez plut\u00f4t attentifs, pour qu\u2019il n\u2019y ait plus un \u00e9ventuel ignorant qui puisse semer la confusion et ainsi nous retarder dans nos plans. Veillez \u00e0 ce qu\u2019aucun autre complice ne puisse se glisser parmi nous, des gens comme le Colonel Nsengiyumva Anatole, le Lieutenant Bizumuremyi, le Capitaine Habimana et tous les autres dont Kangura n\u2019a cess\u00e9 de vous parler. R\u00e9clamez aussi aux voleurs les biens qu\u2019ils nous ont vol\u00e9s, et s\u2019ils ne veulent pas nous les rendre, dites-leur qu\u2019ils n\u2019en profiteront pas, qu\u2019ils vont tout laisser\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Dans tous ces paragraphes du num\u00e9ro 65 du journal Kangura, Monsieur Ngeze continue \u00e0 faire montre de la rancune qu\u2019il a gard\u00e9e contre moi-m\u00eame, ainsi que contre le Lieutenant Bizumuremyi et le Capitaine Habimana. J\u2019ai expliqu\u00e9 plus haut les raisons de ce comportement. Puis il a tout fait pour attirer le courroux de la population contre les trois officiers. Mais cela n\u2019a rien donn\u00e9, nombreux \u00e9tant ceux qui savaient que Monsieur Hassan NGEZE racontait des mensonges. C\u2019est toujours comme \u00e7a qu\u2019il a trait\u00e9 tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin.<\/p>\n<p>J\u2019attire particuli\u00e8rement l\u2019attention sur le passage o\u00f9 Hassan NGEZE parle du nombre de fois qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu. Il parle de 20 fois dans les prisons, et 35 fois dans les cachots des brigades [de gendarmerie]. Il ajoute \u201c<strong>Et la 36<sup>\u00e8me<\/sup> fois quand le Colonel Nsengiyumva m\u2019a arr\u00eat\u00e9 au mois de mai de cette ann\u00e9e<\/strong>\u201d. C\u2019est ici qu\u2019il dit la v\u00e9rit\u00e9. Je ne l\u2019ai arr\u00eat\u00e9 qu\u2019une fois, et c\u2019est en mai 1994. Je ne l\u2019ai pas arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994 comme il le pr\u00e9tend, et il n\u2019est pas rest\u00e9 en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994. Si je l\u2019avais arr\u00eat\u00e9 plus d\u2019une fois, il l\u2019aurait dit dans ce paragraphe. Je reviendrai sur ce point important pour comprendre le mensonge de Monsieur Hassan NGEZE.<\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE a \u00e9galement parl\u00e9 de moi et de mes deux autres officiers, dans le num\u00e9ro 66 de son journal Kangura, de f\u00e9vrier 1995. Ainsi, nous voyons \u00e0 la page 9 de ce num\u00e9ro, le titre qui se lit comme suit: \u201c<em>ILISITE YAGATEGANYO YAGATSIKO KA FPR KAYOGOJE IGIHUGU KUVA INTAMBARA YATANGIRA KUGEZA UBU. IYI LISITE NUBWO IGIKOMEZA YABAYE ISHIKIRIJWE URUKIKO MPUZAMAHANGA NGO ABAYIRIHO BAZASOBANURE UKO BAMAZE ABAHUTU BINZIRAKARENGANE\u201d. <\/em>Ceci veut dire en fran\u00e7ais<em>: \u201cLISTE PROVISOIRE D\u2019UN GROUPE DU FPR QUI A DEVASTE LE PAYS DEPUIS LE D\u00c9BUT DE LA GUERRE JUSQU\u2019\u00c0 PR\u00c9SENT. <\/em><em>M\u00caME SI CETTE LISTE N\u2019EST PAS EXHAUSTIVE ET QU\u2019ELLE CONTINUE, ELLE A \u00c9T\u00c9 QUAND M\u00caME REMISE AU TRIBUNAL INTERNATIONAL POUR QUE CEUX QUI FIGURENT DESSUS S\u2019EXPLIQUENT SUR COMMENT ILS ONT EXTERMIN\u00c9 DES HUTU INNOCENTS\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Avant de donner la liste, Hassan NGEZE donne quelques explications pr\u00e9alables, et nous lisons, notamment: \u201c<em>Dushimishijwe no kubagezaho ilisiti igaragaza umubare n\u2019amazina y\u2019abantu FPR yakoreshaga mu kwica inzirakarengane. Muri abo bagize iyo lisiti harimo abakorera FPR ku ruhande rwayo rwa gisirikare, hakabamo abayikorera mu rwego rwa gisivili, hakabamo n\u2019abo yabaga yaragize ibyitso baba mu ngabo z\u2019u Rwanda cyangwa mu zindi nzego zabaga imbere mu gihugu. Nta gitangaje kuba bamwe muri iyo lisiti hari abakorera inkotanyi ariko batarazisanga imbere mu gihugu. Ni ukuba maso rero iyo lisiti yashyikirijwe umunyamabanga mukuru wa ONU n\u2019andi mashyirahamwe aharanira uburenganzira bw\u2019ikiremwamuntu. Ilisiti iracyakomeza kuko hari n\u2019abandi ariko kubera impamvu za politiki ababishinzwe badusabye kubigira ibanga kuko hari bamwe bakoranaga n\u2019inkotanyi kera nyuma bakagaruka<\/em> <em>ku ruhande rwacu nabo tukaba dufite ibimenyetso by\u2019ubwicanyi bakoze, abakurikirira hafi bibuka uwigeze kuvuga ngo Imana yaramuhemukiye avukira mu rukiga, ngo uwamusaba umusanzu uwo ariwo wose wo guhirika abakiga mu nzira zose ngo yawutanga, none yagize ibyago <u>Umukiga<\/u> asimbura undi <u>mukiga<\/u> ku buyobozi bw\u2019igihugu. Ubwo namwe muramuzi, ubu turi hamwe mu buhungiro usibye ko ntawamenya ibyo ahatse. Ako gatsiko ka FPR mu gukora ubwicanyi, kabukoreshaga<\/em> <em>ubuhanga bunyuranye. Nk\u2019iyo kashakaga kwica umuntu, kashakaga uwo gakoresha yewe n\u2019aho baba abahutu kashoboraga gukoresha ibyitso byabo by\u2019abahutu. Mu rwego rwo kwica, FPR yabanje kwica abantu nka ba Gatabazi, ibona ntacyo bitwaye, irongera yica Bucyana, ibona ntacyo bitwaye, ubwo ni nako yicaga mu nzego zinyuranye. Kubera ko yabonye abo bose bapfuye ntihagire intugunda zivuka kugeza ubwo naba Gapyisi bicwaga na Twagiramungu yatumwe na FPR ntihagire icyo bitanga, FPR yaje kwibeshya ko niyica na Habyarimana ariko bizagenda ko abantu baruca bakarumira, iza guhura n\u2019ingorane maze Habyarimana apfuye bituma hameneka amaraso menshi y\u2019inzirakarengane, n\u2019abandi barahunga kubera ubugambanyi bw\u2019abo bose\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ceci veut dire en fran\u00e7ais: \u201c<em>Nous sommes heureux de vous donner une liste qui montre le nombre et les noms de personnes que le FPR utilisait pour tuer des innocents. <\/em><em>Parmi ceux qui figurent sur cette liste, il y en a qui travaillaient pour le FPR dans le domaine militaire, il y en a ceux qui travaillaient pour lui dans le domaine civil, puis il y a d\u2019autres dont il avait fait ses complices, que ce soit au sein des FAR (Forces Arm\u00e9es Rwandaises) ou dans d\u2019autres domaines \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays. Ne soyez pas \u00e9tonn\u00e9s qu\u2019il y a certains qui figurent sur la liste et qui travaillent pour le FPR, mais ne l\u2019ont pas encore rejoint au pays. Restez donc attentifs car cette liste a \u00e9t\u00e9 remise au Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU et \u00e0 d\u2019autres organisations de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme. La liste n\u2019est pas exhaustive, car il y a d\u2019autres noms, mais pour des raisons politiques, les responsables concern\u00e9s nous ont demand\u00e9 de garder cela secret, car il y en a ceux qui travaillaient avec le FPR avant et qui nous ont rejoint par la suite, alors que nous avons les preuves des tueries qu\u2019ils ont commises, ceux qui suivent les choses de pr\u00e8s se rappellent de quelqu\u2019un qui a dit une fois qu\u2019il reproche \u00e0 Dieu de l\u2019avoir fait na\u00eetre dans le Rukiga, que celui qui lui demanderait son concours pour renverser les bakiga, de quelque mani\u00e8re<\/em> <em>que ce soit, il serait pr\u00e8s \u00e0 le donner, mais malheureusement pour lui, un Umukiga a remplac\u00e9 un autre Mukiga \u00e0 la direction du pays. Vous le connaissez vous-m\u00eames, il est actuellement avec nous en exil, sauf qu\u2019on ne peut pas savoir ce qu\u2019il pense. Quand ce groupe du FPR voulait tuer, il le faisait de mani\u00e8re sophistiqu\u00e9e. Quand il voulait tuer quelqu\u2019un par exemple, m\u00eame si les victimes \u00e9taient des Hutu, il [le groupe] pouvait utiliser ses complices Hutu. Dans le cadre des assassinats, le FPR a d\u2019abord tu\u00e9 des gens comme Gatabazi, il a vu qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9action, il a tu\u00e9 ensuite Bucyana, il a vu qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9action, et il continuait \u00e0 commettre d\u2019autres assassinats \u00e0 diff\u00e9rents niveaux. Puisqu\u2019il s\u2019est rendu compte que l\u2019assassinat de toutes ces personnes n\u2019a entra\u00een\u00e9 aucun trouble dans le pays jusqu\u2019au moment o\u00f9 des gens comme Gapyisi ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par Twagiramungu avec la complicit\u00e9 du FPR et qu\u2019il n\u2019y a pas eu de r\u00e9action, le FPR s\u2019est leurr\u00e9 en pensant que s\u2019il assassine Habyarimana ce sera la m\u00eame chose, que les gens vont rester calmes, mais il a rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s car lorsque Habyarimana a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, beaucoup de sang d\u2019innocents a coul\u00e9, beaucoup d\u2019autres sont devenus des r\u00e9fugi\u00e9s,<\/em> <em>et tout ceci \u00e0 cause de la trahison de toutes ces gens\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE donne alors la liste en question, sous le titre \u201c<em>DORE RERO ILISITI<\/em> <em>Y\u2019ABAFASHIJE FPR<\/em>\u201d, qui veut dire \u201c<em>VOICI DONC LA LISTE DE CEUX QUI ONT AIDE LE FPR<\/em>\u201d. Je ne vais pas reprendre toute la liste, qui compte 235 noms. Je donne juste quelques noms. Je souligne tout simplement que le N<sup>o<\/sup> 45 est \u201cColonel NSENGIYUMVA Anatole, Camp Gisenyi\u201d, le N<sup>o<\/sup> 46 c\u2019est \u201cCapitaine HABIMANA, 62<sup>e<\/sup> bataillon\u201d, tandis qu\u2019au N<sup>o<\/sup> 47 nous lisons \u201cLieutenant BIZUMUREMYI, Camp Gisenyi\u201d. Et voici quelques autres noms, tel que repris sur la liste:<\/p>\n<ol>\n<li>Gen KAGAME Paul, militaire dans l\u2019arm\u00e9e ougandaise;<\/li>\n<li>Colonel KANYARENGWE Alexis, chairman du FPR;<\/li>\n<li>TWAGIRAMUNGU Faustin, commer\u00e7ant, assassin de Gapyisi;<\/li>\n<li>BIZIMUNGU Pasteur, responsable de l\u2019information\u00a0 au FPR;<\/li>\n<li>KIMENYI Alexandre, professeur aux USA;<\/li>\n<li>Gen RUSATIRA L\u00e9onidas, commandant ESM Kigali;<\/li>\n<li>Gen GATSINZI Marcel, militaire dans l\u2019arm\u00e9e rwandaise;<\/li>\n<li>RUGENERA Marc, Ministre des Finances;<\/li>\n<li>MAZIMPAKA Patrick, commissaire au FPR;<\/li>\n<li>SENDASHONGA Seth, membre du FPR;<\/li>\n<li>RUTAREMARA Tite, membre du FPR;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026.]<\/p>\n<ol start=\"14\">\n<li>Colonel KARENZI Karake, militaire dans l\u2019arm\u00e9e ougandaise;<\/li>\n<li>Colonel MUGAMBAGE Frank, militaire de l\u2019arm\u00e9e ougandaise;<\/li>\n<li>BIHOZAGARA Jacques, commissaire au FPR;<\/li>\n<li>RUDASINGWA Th\u00e9og\u00e8ne, membre du FPR;<\/li>\n<li>ZILIMWABAGABO Charles, membre du FPR infiltr\u00e9;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"45\">\n<li><strong> Col NSENGIYUMVA Anatole, camp Gisenyi;<\/strong><\/li>\n<li><strong> Capitaine HABIMANA, 62<sup>e<\/sup>bataillon;<\/strong><\/li>\n<li><strong> Lieutenant BIZUMUREMYI, Camp Gisenyi;<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"57\">\n<li>Abb\u00e9 KASHYENGO, Dioc\u00e8se de Nyundo;<\/li>\n<li>Abb\u00e9 NSENGUMUREMYI JMV, Dioc\u00e8se de Nyundo;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"94\">\n<li>KIBIBI Jeanne, agent FPR infiltr\u00e9e;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"104\">\n<li>GASISI, Zone Nyiragongo, Za\u00efre;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"133\">\n<li>KAYIREBWA C\u00e9cile, Propagandiste FPR;<\/li>\n<li>MUKAMABANO Madeleine, Agent FPR sur RFI;<\/li>\n<li>KAMILINDI Thomas, Journaliste Radio Rwanda;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"169\">\n<li>KABEJA Thomas, directeur de cabinet MINAGRI;<\/li>\n<li>Fr\u00e8re KAMUHANDA J.B., Directeur Ecole Rwamagana;<\/li>\n<li>Abb\u00e9 MASUMBUKO Albert, Cur\u00e9 de Rwamagana;<\/li>\n<li>MUJAWAMARIYA Monique, agent du FPR infiltr\u00e9;<\/li>\n<li>MATATA Joseph, agent du FPR infiltr\u00e9;<\/li>\n<li>Abb\u00e9 INCIMATATA, Cur\u00e9 de Kabarondo;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"178\">\n<li>Major KAKA, militaire de l\u2019arm\u00e9e ougandaise;<\/li>\n<li>Major BUTERA, militaire de l\u2019arm\u00e9e ougandaise;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"215\">\n<li>MUTALIKANWA, avocat;<\/li>\n<li>MUTAGWERA Fr\u00e9d\u00e9ric, avocat;<\/li>\n<li>NSANZUWERA Fran\u00e7ois, Procureur de la R\u00e9publique, Kigali;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"225\">\n<li>KARENZI Pierre Claver, Prof \u00e0 l\u2019UNR;<\/li>\n<li>NSENGIMANA Joseph, actuel MINISUPRES, ancien Prof UNR;<\/li>\n<li>RWANGABO Pierre Claver, ancien conseiller Primature;<\/li>\n<\/ol>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<ol start=\"232\">\n<li>KANONKO et ses fils, Kicukiro<\/li>\n<li>BUTURUMBA de Kicukiro;<\/li>\n<li>BIDELI Fid\u00e8le de Kicukiro, fils Muzungu Thomas, Kicukiro;<\/li>\n<li>NYIRIMANZI bahimbye MANZI, akaba ari we wishe abasenyeri i Kabwayi, ubu akaba yaragororewe guhagararira u Rwanda muri Kenya, aho yahawe ubutumwa bwo kwica abahutu bahahungiye, gusa akaba ari uko guverinoma ya Kenya imuzi neza, izi ubugome yatojwe na Museveni, bikaba bisaba ko n\u2019abanyarwanda baba muri Kenya (abahutu) bagomba guhora bazirikana ko uwo Manzi yoherejwe mu butumwa bwo kubicisha, kubirukanisha, no kubabuza amahoro\u201d.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Ce sont l\u00e0 quelques-uns des noms parmi ceux qui figurent sur la liste publi\u00e9e par Hassan NGEZE. Et il termine l\u2019article en disant: \u201c<em>Iyi lisite yashyizweho umukono byagateganyo nuhagarariye ibiro gikirisitu byo mu Burayi bw\u2019Iburasirazuba aba ari nabyo biyishyikiriza urukiko mpuzamahanga byagateganyo\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ce qui veut dire: \u201c<em>Cette liste a \u00e9t\u00e9 provisoirement sign\u00e9e par le repr\u00e9sentant du Bureau Chr\u00e9tien en Europe de l\u2019Est, et c\u2019est lui qui l\u2019a fait parvenir provisoirement au Tribunal International\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas besoin de faire beaucoup de commentaires pour montrer que toute cette histoire de Hassan NGEZE \u00e9tait farfelue. Si beaucoup de personnes qui figurent sur sa liste \u00e9taient effectivement des membres du FPR, beaucoup d\u2019autres ne l\u2019\u00e9taient pas. Bien s\u00fbr que je ne connaissais pas tous ceux qui figurent sur la liste. Mais je n\u2019ai jamais entendu autrement parler d\u2019une liste qu\u2019un Bureau Chr\u00e9tien en Europe de l\u2019Est aurait fait parvenir \u201cprovisoirement\u201d au Tribunal International. Je ne connais par ailleurs pas ce dit Bureau Chr\u00e9tien en Europe de l\u2019Est.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais fait parti du FPR, mes officiers non plus. \u00c7a, tout le monde le sait. Tout ceci montre bien le cadre dans lequel Monsieur Hassan NGEZE \u00e9crivait, et \u00e9crit toujours, pour se venger de certaines personnes, pour divers motifs. \u00c7a devrait \u00e9galement montrer avec quel s\u00e9rieux on doit prendre les \u00e9crits de Monsieur Hassan NGEZE, y compris ses livres.<\/p>\n<p><strong>Monsieur Hassan NGEZE a tout fait pour me faire condamner<\/strong><\/p>\n<p>En 1995, je suis all\u00e9 chercher asile au Cameroun, o\u00f9 je fus arr\u00eat\u00e9 en mars 1996. Je fus transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Arusha le 23 janvier 1997. NGEZE \u00e9tait alors libre et vivait \u00e0 Nairobi. Mais il fut \u00e0 son tour arr\u00eat\u00e9 en juillet 1997, et fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Arusha o\u00f9 il m\u2019a retrouv\u00e9. Quand il y est arriv\u00e9, il ne voulait m\u00eame pas me parler. Il disait aux autres d\u00e9tenus que j\u2019\u00e9tais son ennemi N<sup>o<\/sup>1, et qu\u2019il allait tout faire pour me faire condamner \u00e0 la prison \u00e0 vie, et qu\u2019il en \u00e9tait capable. Je ne prenais pas cela au s\u00e9rieux. Il disait \u00e9galement qu\u2019il avait communiqu\u00e9 \u00e0 l\u2019association AFRICAN RIGHTS, des accusations graves contre moi. Jusque-l\u00e0, je ne connaissais pas AFRICAN RIGHTS, et je n\u2019avais aucune id\u00e9e de ce que NGEZE lui avait communiqu\u00e9. Plus tard, j\u2019ai pu savoir qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une association tr\u00e8s proche du FPR. Quant au document \u00e9crit par NGEZE et adress\u00e9 \u00e0 cette association, j\u2019ai pu l\u2019avoir plus tard et je l\u2019ai lu. Dans ce document, NGEZE commence par expliquer la provenance des fameux \u201cDix Commandements des Hutu\u201d, pour dire que ce n\u2019\u00e9tait pas de son invention. Puis il parle des partis politiques et de beaucoup d\u2019autres choses. Et vers la fin, il parle des massacres qui ont \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 Gisenyi, cons\u00e9cutivement \u00e0 l\u2019assassinat du Pr\u00e9sident HABYARIMANA. C\u2019est alors qu\u2019il parle de moi. La partie pertinente de ce document se lit comme suit:<\/p>\n<p><em><u>\u00a0<\/u><\/em><\/p>\n<p><em><u>LES TUERIES QUI ONT EU LIEU AU RWANDA EN AVRIL 1994<\/u><\/em><\/p>\n<p><em><u>ET SES CONSEQUENCES SUR LA DIRECTION DE \u201cKANGURA\u201d<\/u><\/em><\/p>\n<p><em>Nous avons \u00e9crit dans \u201cKangura\u201d N<sup>o<\/sup> 53 de d\u00e9cembre 1993 que le Pr\u00e9sident HABYARIMANA risquait de mourir vers fin mars 1994.<\/em><\/p>\n<p><em><u>Cons\u00e9quences de la mort du Pr\u00e9sident HABYARIMANA sur \u201cKangura\u201d<\/u><\/em><\/p>\n<p><em>En avril 1994 apr\u00e8s la mort du Pr\u00e9sident HABYARIMANA, le Commandant de l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise \u00e0 Gisenyi, le Colonel Anatole NSENGIYUMVA, a organis\u00e9 une r\u00e9union avec ses adjoints comprenant notamment, le Capitaine HABIMANA, qui commandait le Bataillon 62 stationn\u00e9 \u00e0 Gisenyi, ainsi que le Lieutenant BIZUMUREMYI. Dans cette r\u00e9union, il a \u00e9t\u00e9 retenu que je devais \u00eatre attaqu\u00e9 et tu\u00e9 chez-moi avec tous ceux qui se trouveraient dans mon domicile. Mais auparavant, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 au camp militaire o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 jusqu\u2019au soir, lorsque le Lieutenant m\u2019a demand\u00e9 de lui expliquer pourquoi les choses que je pr\u00e9dis arrivent toujours. Je lui ai fait comprendre que cela \u00e9tait d\u00fb aux signes avant-coureurs qu\u2019il nous \u00e9tait possible de d\u00e9tecter de part notre m\u00e9tier. Il a ensuite demand\u00e9 \u00e0 son sup\u00e9rieur ce qu\u2019il fallait faire de moi, et il a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019on devait me laisser retourner chez-moi o\u00f9 le n\u00e9cessaire allait \u00eatre fait lors de l\u2019attaque contre mon domicile.<\/em><\/p>\n<p><em>Au d\u00e9but du mois de mai, le Sous-Lieutenant DUSABEYEZU, fils d\u2019un Adjudant-Chef qui travaillait \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, qui se trouvait alors au camp militaire de Gisenyi mais qui a maintenant rejoint les rangs du FPR, a attaqu\u00e9 mon domicile accompagn\u00e9 de cinq autres militaires. C\u2019\u00e9tait vers 19 heures. Il a dit qu\u2019il \u00e9tait envoy\u00e9 par le Colonel Anatole NSENGIYUMVA pour qu\u2019il vienne v\u00e9rifier si je ne cachais pas des Tutsi chez-moi, dans quel cas il devait alors br\u00fbler toute la concession. Il lui a alors \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 de mettre par \u00e9crit toutes ces d\u00e9clarations et d\u2019y apposer sa signature. Ce qui fut fait aussit\u00f4t. Ensuite, il a mis la maison sens dessus, sens dessous pour rechercher ces Tutsi dont il n\u2019a pas trouv\u00e9 la moindre trace.<\/em><\/p>\n<p><em>Une semaine plus tard, vers 1 heure du matin, des militaires conduits par le Capitaine HABIMANA et le Lieutenant BIZUMUREMYI dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 sont venus chez-moi. D\u00e8s leur arriv\u00e9e, ils ont tir\u00e9 beaucoup de coups et br\u00fbl\u00e9 ma Peugeot 305. Dans cette op\u00e9ration, une personne qui n\u2019\u00e9tait pas impliqu\u00e9e dans cette histoire a trouv\u00e9 la mort. Tous les habitants de la ville de Gisenyi peuvent t\u00e9moigner de ces attaques contre mon domicile.<\/em><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de ces attaques, plus de 43 t\u00e9l\u00e9grammes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s demandant \u00e0 toute personne qui m\u2019apercevrait de tirer imm\u00e9diatement sur moi. Au courant de ce mois, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 attrap\u00e9 sur la route Ruhengeri-Gisenyi dans un lieu nomm\u00e9 Bigogwe. Le militaire qui m\u2019a arr\u00eat\u00e9 m\u2019a directement montr\u00e9 le t\u00e9l\u00e9gramme lui intimant l\u2019ordre de m\u2019abattre sur-le-champ, mais puisque nous \u00e9tions nombreux, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 m\u2019emmener au camp militaire de Bigogwe. La m\u00eame nuit, deux v\u00e9hicules nous ont conduits au camp militaire de Gisenyi, et le lendemain soir, l\u2019on m\u2019a fait monter \u00e0 bord d\u2019une jeep, sous la garde d\u2019un lieutenant de la Police Militaire et de six autres militaires qui avaient re\u00e7u la consigne de m\u2019abattre sur la route de Kigali apr\u00e8s avoir avis\u00e9 le Chef d\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Kigali m\u00eame.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 Kigali pendant la nuit et j\u2019ai directement \u00e9t\u00e9 conduit aupr\u00e8s du Chef d\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e, le G\u00e9n\u00e9ral BIZIMUNGU. Celui-ci m\u2019a laiss\u00e9 lui expliquer l\u2019origine de tous mes probl\u00e8mes et il a conclu que tout cela avait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par le Colonel Anatole NSENGIYUMVA qui envoyait d\u2019incessants t\u00e9l\u00e9grammes demandant que je sois abattu tout simplement parce que [je] pr\u00e9disais des faits sur base des signes avant-coureurs que j\u2019observais et qui \u00e9taient v\u00e9rifiables.<\/em><\/p>\n<p><em>Par la suite, Radio Rwanda m\u2019a interview\u00e9 \u00e0 propos de ce que j\u2019avais \u00e9crit pendant la guerre, et sur la fa\u00e7on dont je pensais que la guerre allait se terminer. Compte tenu de l\u2019ignorance profonde qui caract\u00e9risait tous ceux-l\u00e0 qui me pourchassaient et de l\u2019embargo sur les armes qui venait d\u2019\u00eatre d\u00e9cid\u00e9 contre le Gouvernement Rwandais, j\u2019ai r\u00e9pondu que la guerre allait se terminer au mois de juillet 1994, mais qu\u2019\u00e0 Kigali elle allait prendre fin en ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e. Et c\u2019est comme cela que \u00e7a s\u2019est pass\u00e9 effectivement.<\/em><\/p>\n<p><em>Voil\u00e0 donc, Messieurs les Dirigeants de African Rights, quelques-uns des \u00e9l\u00e9ments que nous avons pu vous faire parvenir pour le moment, ceux-ci n\u2019\u00e9tant qu\u2019une mince partie par rapport \u00e0 tous ceux dont nous disposons en tant que journalistes. Nous vous prions de bien vouloir diffuser le contenu de la pr\u00e9sente aupr\u00e8s de vos lecteurs, puisque vous avez souvent \u00e9crit sur nous des propos qui n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec la r\u00e9alit\u00e9, notamment en nous attribuant des fautes qui avaient \u00e9t\u00e9 commises par d\u2019autres, en penchant du c\u00f4t\u00e9 du FPR, et en \u00e9vitant de diffuser des \u00e9crits publi\u00e9s par les journaux qui ne sont pas de la tendance FPR.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous vous attendons donc et sommes pr\u00eats \u00e0 vous fournir de plus amples informations. Nous souhaitons vivement aussi que le Tribunal International soit install\u00e9 le plus rapidement possible, car il va constater notre innocence, prouver ainsi que vous \u00eates purement et simplement tomb\u00e9s dans le pi\u00e8ge du FPR qui vous oblige de faire sa volont\u00e9 uniquement en vous emp\u00eachant d\u2019\u00e9couter aussi la partie adverse.<\/em><\/p>\n<p><em>Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, nous sommes \u00e9galement dispos\u00e9s \u00e0 fournir, honn\u00eatement et \u00e0 coeur ouvert, toutes informations sur le Rwanda \u00e0 toute personne qui le souhaite. Nous lui r\u00e9pondrons, bien entendu, en notre qualit\u00e9 de journalistes, et pas en tant qu\u2019historiens ou politiciens que nous n\u2019avons pas la pr\u00e9tention d\u2019\u00eatre. <\/em><\/p>\n<p><em>S\u2019agissant de la question de savoir si le journal \u201cKangura\u201d va continuer \u00e0 para\u00eetre, il sied de signaler que la r\u00e9ponse reste affirmative. M\u00eame si les responsables actuels tr\u00e9passaient d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, les amis du Journal poursuivraient sa r\u00e9daction. Aujourd\u2019hui, \u201cKangura\u201d est \u00e9dit\u00e9 en Belgique, mais il peut \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 dans tout autre pays garantissant la pleine libert\u00e9 de presse.<\/em><\/p>\n<p><em>Le Directeur du Journal \u201cKangura\u201d<\/em><\/p>\n<p><em>Hassan NGEZE (S\u00e9)<\/em><\/p>\n<p><em><u>Copie pour information \u00e0<\/u><\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>Monsieur le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU, NEW YORK<\/em><\/li>\n<li><em>Monsieur le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique<\/em><\/li>\n<li><em>Monsieur\/Madame le Ministre de l\u2019Information de l\u2019Etat membre de l\u2019ONU<\/em><\/li>\n<li><em>Monsieur le Procureur G\u00e9n\u00e9ral pr\u00e8s le Tribunal International pour le Rwanda<\/em><\/li>\n<li><em>Organisations de D\u00e9fense des Droits de l\u2019Homme (Toutes)<\/em><\/li>\n<li><em>Associations des Journalistes (Toutes) Radio &#8211; TV du Monde<\/em><\/li>\n<li><em>Agence France Presse:<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><em>International House<\/em><\/p>\n<p><em>P.O. Box 10671 Nairobi<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE pr\u00e9tend notamment, dans ce document, dat\u00e9 du 2 f\u00e9vrier 1995, que j\u2019ai voulu le tuer, parce qu\u2019il sauvait des Tutsi, en les cachant et en les \u00e9vacuant au Za\u00efre (R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo actuellement). Ceci \u00e9tait un vrai mensonge, et visait plut\u00f4t \u00e0 masquer la r\u00e9alit\u00e9 des faits. J\u2019y reviens dans ce document.<\/p>\n<p>Je voudrais n\u00e9anmoins attirer l\u2019attention des lecteurs sur le passage o\u00f9 NGEZE parle de son arrestation. Il raconte des choses tout \u00e0 fait diff\u00e9rentes de ce qu\u2019il a \u00e9crit dans son journal Kangura, et que nous venons de lire ci-dessus. Il dit notamment qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 au camp militaire, et apr\u00e8s interrogatoire, il a \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 le m\u00eame jour, pour rentrer chez-lui. Tout ceci montre bien qu\u2019il n\u2019a fait que du montage, pour se mettre du bon c\u00f4t\u00e9, et mettre sur ma t\u00eate tous les \u00e9v\u00e9nements qui se sont pass\u00e9s \u00e0 Gisenyi. En fait, Hassan NGEZE m\u00e9lange toujours le vrai avec le faux, et essaie de semer la confusion. Mais le faux pr\u00e9domine sur le vrai. Il a pris soin de r\u00e9server une copie du document au Procureur du TPIR, en f\u00e9vrier 1995 d\u00e9j\u00e0, ce qui peut expliquer en partie pourquoi je fus parmi les premi\u00e8res personnes \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 accus\u00e9es par le TPIR.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019en fut-il une fois arriv\u00e9 \u00e0 Arusha (UNDF) ?<\/strong><\/p>\n<p>Un moment donn\u00e9, alors que nous \u00e9tions \u00e0 l\u2019UNDF \u00e0 Arusha, juste apr\u00e8s l\u2019\u00e9pisode de sa tentative all\u00e9gu\u00e9e de suicide, NGEZE est venu nous trouver o\u00f9 nous \u00e9tions assembl\u00e9s, en train de prier<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Il nous a demand\u00e9 de lui accorder un petit instant, pour qu\u2019il nous dise quelque chose de tr\u00e8s important. Nous l\u2019avons \u00e9cout\u00e9. Il nous r\u00e9v\u00e9la que lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Nairobi et amen\u00e9 \u00e0 Arusha, il \u00e9tait tr\u00e8s heureux, car il croyait qu\u2019il pourrait corrompre les gardiens de prison, qui lui donneraient une arme pour qu\u2019il tire sur moi &#8211; Anatole NSENGIYUMVA \u2013 pour le diff\u00e9rend qui nous opposait. J\u2019\u00e9tais sid\u00e9r\u00e9. Mais il s\u2019est empress\u00e9 d\u2019ajouter qu\u2019il avait r\u00e9fl\u00e9chi, et s\u2019est rendu compte que son dessein n\u2019\u00e9tait pas correct, que peut-\u00eatre Anatole Nsengiyumva avait fait son devoir, sans m\u00e9chancet\u00e9. Il nous affirma qu\u2019il avait d\u00e9cid\u00e9 de demander pardon et de se r\u00e9concilier avec moi. Il me demanda de lui donner la main pour nous r\u00e9concilier. Je l\u2019ai fait avec joie, et tous les camarades ont appr\u00e9ci\u00e9. Ils ont applaudi. Je croyais que c\u2019\u00e9tait fini. C\u2019\u00e9tait ne pas bien conna\u00eetre Monsieur Hassan NGEZE. En fait, il voulait tout simplement endormir ma m\u00e9fiance, pour ses int\u00e9r\u00eats personnels. Il voulait m\u2019amener \u00e0 collaborer avec lui, pour l\u2019aider \u00e0 pr\u00e9parer son proc\u00e8s. Nous le verrons plus bas dans ce document.<\/p>\n<p>En date du 4 mai 1999, Hassan NGEZE a \u00e9crit une lettre \u00e0 tous les officiers des ex-FAR qui \u00e9taient d\u00e9tenus \u00e0 Arusha. Il nous demandait de collaborer avec lui pour que nous puissions adopter la m\u00eame strat\u00e9gie devant la Cour. Il faisait du chantage pour chacun de nous, pour nous obliger d\u2019accepter son offre. Pour ce qui me concerne, il r\u00e9p\u00e9ta les all\u00e9gations selon lesquelles je l\u2019avais arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9tenu au camp militaire, de la nuit du 6 au 7 avril 1994, jusqu\u2019au 9 avril 1994. Il ajouta certaines autres choses, impliquant \u00e9galement des Interahamwe, dont notamment les nomm\u00e9s Thomas MUGIRANEZA, TWAGIRAYESU alias MABUYE, Damas KALIKUMUTIMA, Bernard MUNYAGISHARI, et un certain GAHUTU. Il affirma que ces Interahamwe figuraient \u00e9galement dans le dossier de Monsieur Omar SERUSHAGO.<\/p>\n<p>Depuis lors, Monsieur Hassan NGEZE n\u2019a cess\u00e9 de me contacter, me demandant de t\u00e9moigner pour lui, et dire \u00e0 la Cour que je l\u2019avais arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994, juste apr\u00e8s la mort du Pr\u00e9sident HABYARIMANA, et qu\u2019il \u00e9tait rest\u00e9 en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994. Il ajoutait que ceci nous aiderait tous les deux, car les faux t\u00e9moins qui pr\u00e9tendaient que Monsieur Hassan NGEZE avait \u00e9t\u00e9 vu en ma compagnie en train de distribuer des armes, ou en train de tenir des meetings, seraient surpris par nos arguments. Je n\u2019ai pas accept\u00e9 son offre, car je ne voulais pas m\u2019embarquer dans des mensonges devant la Cour. En plus, je n\u2019avais pas arr\u00eat\u00e9 Monsieur Hassan NGEZE la nuit du 6 au 7 avril 1994. Il n\u2019a pas mis les pieds au camp militaire du 6 au 9 avril 1994. Il voulait m\u2019amener \u00e0 mentir \u00e0 la Cour, et je ne pouvais pas embarquer dans cette strat\u00e9gie. Les preuves sont nombreuses de ce que je dis ici.<\/p>\n<p>Quand il r\u00e9alisa que j\u2019\u00e9tais fermement oppos\u00e9 \u00e0 ses approches, NGEZE passa \u00e0 la menace et au chantage. Mais quand il r\u00e9alisa que j\u2019\u00e9tais intraitable, il reprit sa strat\u00e9gie de m\u2019approcher et me parler avec douceur. Ainsi, le 17 juin 2001, entre 17h00 et 18h00, il vint me voir pour me parler. Il me r\u00e9p\u00e9ta que si je dis que je l\u2019avais arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994, et qu\u2019il \u00e9tait rest\u00e9 en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994, cela allait nous aider tous les deux, car il y avait des choses dont on nous accusait ensemble pendant cette p\u00e9riode. Encore une fois, j\u2019ai oppos\u00e9 une fin de non-recevoir. Mais il ne s\u2019est pas d\u00e9courag\u00e9.<\/p>\n<p>Le lendemain 18 juin 2001, NGEZE revint me voir, mais cette fois en me mena\u00e7ant encore une fois. Il me dit que je dois savoir qu\u2019une fois je lui ai donn\u00e9 des grenades, mais que si j\u2019accepte de l\u2019aider, il n\u2019allait pas le dire aux juges. Ceci \u00e9tait une autre fabrication de sa part mais qui ne m\u2019a pas perturb\u00e9. A la m\u00eame occasion, il me dit qu\u2019il avait beaucoup de t\u00e9moins au Rwanda, parmi lesquels des t\u00e9moins du Procureur, qui viendront le charger, mais qui, une fois arriv\u00e9s devant la Cour, le d\u00e9fendront plut\u00f4t \u00e0 la grande surprise de l\u2019Accusation. Il ajouta qu\u2019un de mes chauffeurs viendra le d\u00e9fendre devant la Cour, et affirmera que j\u2019avais arr\u00eat\u00e9 NGEZE la nuit du 6 au 7 avril 1994. Il me demanda de ne pas contredire mon chauffeur, quand il fera ce t\u00e9moignage. Je suis rest\u00e9 imperturbable, et je ne lui ai pas donn\u00e9 de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>NGEZE me dit alors que je dois savoir que mes militaires avaient attaqu\u00e9 son domicile, mais qu\u2019il n\u2019en dira rien, si j\u2019accepte de l\u2019aider dans sa strat\u00e9gie. J\u2019ai rejet\u00e9 sa proposition, et il est parti tr\u00e8s f\u00e2ch\u00e9. Ceci se passait vers 18h00. Quand nous \u00e9tions ensemble, certains de nos coll\u00e8gues qui nous voyaient ont \u00e9t\u00e9 intrigu\u00e9s, car il n\u2019\u00e9tait pas courant de me voir parlant avec Monsieur Hassan NGEZE. Il m\u2019ont demand\u00e9 ce qui s\u2019\u00e9tait alors pass\u00e9, et je leur ai racont\u00e9 toute l\u2019histoire. Ils peuvent donc t\u00e9moigner sur ce point bien pr\u00e9cis.<\/p>\n<p>Quand toutes les manoeuvres ont \u00e9chou\u00e9, Hassan NGEZE a essay\u00e9 de me corrompre, il a cherch\u00e9 deux \u00e9missaires parmi nos coll\u00e8gues, qui sont venus me donner son message. Il me proposait une somme de 1.500 dollars, si j\u2019acceptais de l\u2019aider. J\u2019ai dit au premier \u00e9missaire de lui dire \u201cnon, merci\u201d. Il m\u2019a envoy\u00e9 un autre \u00e9missaire, un sage parmi les sages, croyant que lui allait me convaincre. Ma position est rest\u00e9e la m\u00eame. J\u2019ai fait dire \u00e0 NGEZE que je n\u2019avais pas besoin de son argent. C\u2019est alors qu\u2019il est pass\u00e9 au niveau sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p><strong>Hassan NGEZE ouvre les hostilit\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Dans une lettre dat\u00e9e du 26 octobre 2001, Hassan NGEZE a \u00e9crit au Tribunal, lui demandant de lui donner les traductions de lettres qu\u2019il avait \u00e9crites \u00e0 Anatole NSENGIYUMVA. Il me donna une copie de cette lettre, ainsi qu\u2019\u00e0 d\u2019autres coll\u00e8gues de d\u00e9tention. Je me rendis compte que je n\u2019avais jamais re\u00e7u ces dites lettres, qui \u00e9taient au nombre de cinq, malgr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait suppos\u00e9 me les avoir adress\u00e9es lorsque nous \u00e9tions encore au Rwanda. Il s\u2019agissait en fait de simples fabrications de sa part, pour faire croire qu\u2019il m\u2019avait \u00e9crit pour se plaindre du fait que je l\u2019avais arr\u00eat\u00e9 dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, et maintenu en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994. Il parlait \u00e9galement de mon implication all\u00e9gu\u00e9e dans les tueries et d\u2019autres crimes. Il \u00e9voquait aussi un plan all\u00e9gu\u00e9 visant \u00e0 l\u2019assassiner. Hassan NGEZE, sans rire, avait invent\u00e9 \u00e7a pour les besoins de son dossier.<\/p>\n<p>Je vais reprendre toutes ces lettres de montage, pour montrer au lecteur combien Monsieur Hassan NGEZE est un expert en montage. La premi\u00e8re lettre est suppos\u00e9e dater du 16 mars 1994, donc bien avant la mort du Pr\u00e9sident Habyarimana, et nous y lisons ce qui suit:<\/p>\n<p>Hassan Ngeze\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Gisenyi, le 16 mars 1994<\/p>\n<p>Directeur du Journal Kangura<\/p>\n<p>B.P.19 Gisenyi<\/p>\n<p>Rwanda<\/p>\n<p>A Monsieur Nsengiyumva Anatole, Commandant<\/p>\n<p>des Op\u00e9rations militaires de la r\u00e9gion de Gisenyi<\/p>\n<p>Objet: Complot form\u00e9 par certains militaires en vue d\u2019assassiner Ngeze<\/p>\n<p>Monsieur le Colonel Nsengiyumva,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la lettre que je vous ai adress\u00e9e ce matin alors que je me trouvais encore \u00e0 Kigali et que je vous ai envoy\u00e9e par le biais du Commandement de l\u2019arm\u00e9e \u00e0 Kigali, je trouve qu\u2019il est n\u00e9cessaire, maintenant que je vais passer la nuit ici \u00e0 Gisenyi, de vous envoyer une autre lettre pour que vous puissiez mieux comprendre les faits que vous me reprochez et qui sont \u00e0 la base du tort que vous voulez me causer.<\/p>\n<p>Au cours de conversation avec le Chef d\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e, le G\u00e9n\u00e9ral D\u00e9ogratias Nsabimana, ce dernier m\u2019a dit que dans tous les rapports que vous faites sur moi, vous affirmer d\u00e9tenir des preuves indiquant que je suis un Inyenzi.<\/p>\n<p>Et il semble que la raison en est que vous ne comprenez pas mon attitude notamment en ce qui concerne mes \u00e9crits ou mes relations avec les Tutsi. Cela vous a pouss\u00e9 \u00e0 demander au Commandant de l\u2019Arm\u00e9e l\u2019autorisation de vous d\u00e9barrasser de moi, autrement dit, de me tuer.<\/p>\n<p>Parmi les preuves que vous fournissez, il y aurait le fait que dans certains t\u00e9l\u00e9grammes du FPR dont vous avez eu connaissance, on aurait \u00e9crit ceci: \u201cNous sommes en contact avec le journaliste de la deuxi\u00e8me r\u00e9gion \u201cGisenyi\u201d.<\/p>\n<p>Le fait que les machines t\u00e9l\u00e9graphiques et les techniciens qui s\u2019en occupent se trouvent \u00e0 Gisenyi vous a permis de convaincre le commandant de l\u2019Arm\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 de mon \u00e9limination sous pr\u00e9texte que, selon vos observations et vos informations, je serai un ennemi du pays.<\/p>\n<p>Vous ajoutez que vous ne comprenez pas comment je peux avoir des relations avec les Tutsi, surtout ceux soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019\u00eatre des complices des Inkotanyi. Vous dites \u00e9galement que je couvre et soutiens les Inyenzi \u00e0 qui l\u2019Islam sert de couverture, surtout par les discours que je tiens dans les mosqu\u00e9es demandant aux musulmans d\u2019avoir les m\u00eames opinions, d\u2019\u00eatre unis, et de d\u00e9savouer quiconque tenterait de semer le d\u00e9sordre parmi eux.<\/p>\n<p>Il semblerait que vous dites \u00e9galement que vous ne comprenez pas comment quelqu\u2019un qui n\u2019est ni un messager ni un ange de Dieu peut pr\u00e9dire des \u00e9v\u00e9nements qui se produisent r\u00e9ellement par la suite, \u00e0 moins qu\u2019il n\u2019ait collabor\u00e9 avec ceux qui les ont pr\u00e9par\u00e9s. Vous citez comme exemple le fait que j\u2019ai \u00e9crit sur le probl\u00e8me de la guerre au Rwanda avant qu\u2019elle ne survienne et qu\u2019elle a \u00e9clat\u00e9 par la suite. Vous donnez aussi l\u2019exemple du communiqu\u00e9 que j\u2019ai r\u00e9dig\u00e9 avertissant le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de ne pas assister aux obs\u00e8ques de l\u2019ancien Pr\u00e9sident de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Effectivement, suite \u00e0 ce communiqu\u00e9, le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique n\u2019y a pas assist\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, vous dites que vous ne comprenez pas comment je parle toujours des attaques du FPR avant qu\u2019elles ne surviennent; il semblerait que vous ne comprenez pas comment j\u2019obtiens ces informations et que c\u2019est pour cette raison que vous dites que je suis un Inyenzi.<\/p>\n<p>Maintnenant, si vous me le permettez, je voudrais m\u2019expliquer.<\/p>\n<ol>\n<li>Je ne vois rien de mal du fait que j\u2019ai de bonnes relations avec les Tutsi musulmans soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019\u00eatre des Inkotanyi, car je n\u2019ai re\u00e7u aucun ordre \u00e9crit ou verbal m\u2019interdisant d\u2019\u00eatre l\u2019ami de quelqu\u2019un soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019\u00eatre un Inkotanyi.<\/li>\n<li>Je ne suis pas magistrat et aucun magistrat ne m\u2019a jamais interdit cela. De plus, aucun service de s\u00e9curit\u00e9 ne m\u2019a donn\u00e9 une liste des personnes avec lesquelles je dois avoir des relations amicales et d\u2019autres avec lesquelles je ne dois entretenir aucune relation. Je suis un musulman qui respecte sa religion et celle-ci m\u2019enseigne \u00e0 avoir la compassion et l\u2019amour et \u00e0 vivre en bonne entente avec tous. Si j\u2019entretiens des relations amicales avec quelqu\u2019un dont vous d\u00e9tenez des preuves qu\u2019il est un ennemi de la nation, publiez une loi qui m\u2019interdit de le fr\u00e9quenter. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises, cela vous le savez puisque vous en avez \u00e9t\u00e9 souvent la cause. Lors de tous mes s\u00e9jours en prison, je me suis trouv\u00e9 en compagnie d\u2019un grand nombre de personnes innocentes, qui n\u2019\u00e9taient l\u00e0 que parce que telle ou telle personne les ha\u00efssait. C\u2019est la raison pour laquelle je fr\u00e9quente qui je veux et cela est conforme \u00e0 l\u2019\u00e9ducation que j\u2019ai re\u00e7ue.<\/li>\n<li>Je ne m\u2019\u00e9tendrais pas outre mesure sur le fait que j\u2019\u00e9cris sur des \u00e9v\u00e9nements qui finissent par se produire alors que je ne suis ni un messager ni un proph\u00e8te de Dieu. En effet, je pense que vous \u00eates suffisamment intelligent pour comprendre les tenants et les aboutissants du m\u00e9tier de journaliste. Ayant vous-m\u00eame \u00e9t\u00e9 un agent de renseignement, vous devriez savoir que personne ne doit \u00eatre victime de sa perspicacit\u00e9 quand celle-ci est utilis\u00e9e \u00e0 bon escient; au contraire, on devrait r\u00e9compenser cette personne au lieu de la punir.<\/li>\n<li>Mon devoir est d\u2019apporter \u00e0 mes lecteurs des informations que je juge utiles et surtout de les r\u00e9conforter dans les difficult\u00e9s qu\u2019ils traversent. S\u2019il y a des points dans mes \u00e9crits qui vous paraissent incompr\u00e9hensibles ou vous offensent, saisissez les instances judiciaires et que justice soit faite.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Vous \u00e9crivez au Commandement de l\u2019arm\u00e9e qu\u2019on devrait me demander d\u2019o\u00f9 j\u2019ai tir\u00e9 l\u2019information selon laquelle le Pr\u00e9sident Habyarimana serait assassin\u00e9. Cela vous fait dire que je collabore avec l\u2019ennemi, que je s\u00e8me la panique au sein de la population lorsque je dis que le Chef de l\u2019Etat sera assassin\u00e9. Si vous voulez mon opinion sur cette information que j\u2019ai annonc\u00e9e au mois de d\u00e9cembre de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re et qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans Kangura N<sup>o<\/sup> 53 de d\u00e9cembre 1993, moi en tant que journaliste ind\u00e9pendant, je la confirme jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, qu\u2019il y a un plan d\u2019assassiner les chefs d\u2019Etat suivants: Habyarimana du Rwanda, Arap Moi du Kenya et Mobutu du Za\u00efre.<\/p>\n<p>Mais celui qui doit mourir absolument avant la fin du moi de mars, c\u2019est Habyarimana du Rwanda. J\u2019ai parl\u00e9 de cette question d\u2019assassinat de Habyarimana avec lui-m\u00eame, mais il a refus\u00e9 d\u2019accepter \u00e7a, tout en disant qu\u2019il s\u2019agit de rumeurs non fond\u00e9es.<\/p>\n<p>J\u2019ai m\u00eame parl\u00e9 avec le Commandant de la MINUAR au Rwanda le g\u00e9n\u00e9ral Rom\u00e9o Dallaire, et il m\u2019a dit que mes appr\u00e9hensions sont injustifi\u00e9es, car, dit-il, tant que la MINUAR est au Rwanda, de telles actions sont impossibles, et selon Dallaire, je suis un \u201cparano\u00efaque\u201d. Si vous n\u2019\u00eates pas satisfait de mes explications, je vous demanderais de m\u2019appeler pour que je vous explique davantage, au lieu de me tuer pour rien. Vous pouvez m\u00eame faire recours \u00e0 celui que vous avez remplac\u00e9, Monsieur Bahufite, qui est actuellement le commandant militaire de la r\u00e9gion de Byumba, il vous dirait tout ce qui me concerne, pendant tout le temps qu\u2019il a pass\u00e9 ici \u00e0 Gisenyi.<\/p>\n<p>Moi en tant que journaliste ind\u00e9pendant et musulman, je ne suis pas un tra\u00eetre, que celui qui dit le contraire et qui a des preuves pour \u00e7a peut le dire aux autorit\u00e9s officielles, pour que la justice suive son cours.<\/p>\n<p>Je vous remercie de votre attention.<\/p>\n<p>Copie pour information:<\/p>\n<ol>\n<li>Le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Kigali;<\/li>\n<li>Le Ministre de la D\u00e9fense nationale, Kigali;<\/li>\n<li>Le Ministre de la Justice, Kigali;<\/li>\n<li>Le Ministre de l\u2019Information, Kigali;<\/li>\n<li>Le Chef d\u2019Etat-Major de l\u2019arm\u00e9e, Kigali;<\/li>\n<li>La presse \u00e9crite (toute)\u201d<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette lettre, comme toutes les autres de cette s\u00e9rie, je ne l\u2019ai jamais re\u00e7ue alors qu\u2019elle \u00e9tait suppos\u00e9e m\u2019\u00eatre destin\u00e9e. Je n\u2019ai jamais entendu personne parler de cette lettre. Vous remarquerez que Monsieur Hassan NGEZE ne mentionne pas ces lettres dans son journal Kangura, dans les num\u00e9ros \u00e9crites \u00e0 Nairobi, ou en Belgique comme il fut all\u00e9gu\u00e9. Et il n\u2019allait pas manquer de les \u00e9voquer. Il allait m\u00eame mettre des copies dans son journal.<\/p>\n<p>Au mois de mars 1994, je n\u2019avais pas encore eu de probl\u00e8me avec Hassan NGEZE, et personne ne m\u2019avait dit qu\u2019il s\u2019\u00e9tait livr\u00e9 \u00e0 quelque activit\u00e9 r\u00e9pr\u00e9hensible que ce soit, du moins pendant la p\u00e9riode o\u00f9 je me trouvais \u00e0 Gisenyi, jusqu\u2019en mars 1994. Ce qu\u2019il raconte dans cette lettre du 16 mars 1994 est donc de la pure fabrication, pour pr\u00e9parer sa d\u00e9fense. Il ne m\u2019avait jamais parl\u00e9 de cela, dans toutes ses d\u00e9marches, lorsqu\u2019il essayait de me convaincre de l\u2019aider dans son proc\u00e8s. Donc, ces lettres ont peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9es quand Ngeze \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Arusha.<\/p>\n<p>Cette lettre \u00e0 laquelle il se r\u00e9f\u00e9rait, en disant qu\u2019il me l\u2019avait envoy\u00e9e via le Commandement de l\u2019Arm\u00e9e, quand il \u00e9tait encore \u00e0 Kigali, je ne l\u2019ai pas re\u00e7ue. Et il est suppos\u00e9 me l\u2019avoir envoy\u00e9e le 15 mars 1994. Aucune trace de ce document. Et personne ne m\u2019en a parl\u00e9.<\/p>\n<p>La lettre suppos\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crite le 16 mars a \u00e9t\u00e9 suivie par une autre dont la date ne figure pas sur la copie en ma possession mais qui est un document du TPIR portant le N<sup>o<\/sup> K0220946, et qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 celle-ci du 16 mars 1994. Mais dans le corps de la lettre, NGEZE dit qu\u2019iI la r\u00e9dige le 8 juin 1994, comme nous allons le voir ci-dessous. La copie que j\u2019ai est en Kinyarwanda et en anglais, et je traduis en Fran\u00e7ais. Nous lisons ceci:<\/p>\n<p>Colonel NSENGIYUMVA Anatole<\/p>\n<p>Commandant du Camp Militaire<\/p>\n<p>Secteur op\u00e9rationnel de Gisenyi<\/p>\n<p>Monsieur,<\/p>\n<p>Objet: Plan de me tuer<\/p>\n<p>Comme je l\u2019ai mentionn\u00e9 dans la lettre vous envoy\u00e9e en date du 16 mars 1994, avec copies pour informations aux autorit\u00e9s de diff\u00e9rents niveaux comme cela figure dans la lettre, il est clair que le plan en question continue et qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 bien pr\u00e9par\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, quand je regarde cela de tr\u00e8s pr\u00e8s, je r\u00e9alise que ceux qui ont pr\u00e9par\u00e9 ce plan l\u2019ont fait depuis longtemps, ils attendent seulement l\u2019opportunit\u00e9 de le mettre en ex\u00e9cution.<\/p>\n<p><u>TROISIEME PARTIE DE CE PLAN<\/u><\/p>\n<p><u>Aujourd\u2019hui matin le 8 juin 1994, comme c\u2019est le cas ailleurs dans le pays, dans la ville de Gisenyi il y a eu une op\u00e9ration de perquisition qui a \u00e9t\u00e9 conduite conform\u00e9ment \u00e0 la loi. C\u2019est le capitaine HABIMANA qui est venu chez-moi avec des militaires qu\u2019il conduisait. La perquisition a \u00e9t\u00e9 faite paisiblement comme cela est pr\u00e9vu par la loi. Celui qui supervisait la perquisition [est all\u00e9] op\u00e9rer ailleurs. Deux heures seulement apr\u00e8s le d\u00e9part du CAPITAINE, est venu un Sous-Lieutenant dont je ne connais pas le nom, conduisant 8 militaires qui disaient qu\u2019ils \u00e9taient envoy\u00e9s par le Capitaine pour m\u2019arr\u00eater, pour aller expliquer pourquoi KANGURA \u00e9crit des choses qui finissent par arriver.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/u><\/p>\n<p>Je leur ai demand\u00e9 d\u2019\u00e9crire un mandat d\u2019amener et de dire o\u00f9 ils m\u2019emm\u00e8nent parce que je n\u2019avais pas confiance en eux. Ce Sous-lieutenant est directement parti, en laissant les militaires sur place. Apr\u00e8s un instant, il est revenue avec 9 autres militaires, portant des armes lourdes, dont trois roquettes qu\u2019on utilise au combat, une lance-roquettes et d\u2019autres munitions de gros calibres, dont des streams. J\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que la situation devenait compliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ils m\u2019ont alors emmen\u00e9 \u00e0 la brigade, en disant que mon cas est connu par le Capitaine BIGANIRO<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, commandant du groupement [de gendarmerie] de Gisenyi, et par le Major UWIMANA du camp militaire de Gisenyi. Mais en fait ils m\u2019avaient kidnapp\u00e9, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 par la population qui reste toujours vigilante. Apr\u00e8s un court instant, le Major UWIMANA, est venu \u00e0 la brigade, et il a ni\u00e9 conna\u00eetre ces militaires qui \u00e9taient venus m\u2019arr\u00eater. D\u2019ailleurs, ils avaient refus\u00e9 de me faire entrer dans la brigade, pr\u00e9f\u00e9rant me garder dehors, dans le jardin. L\u2019Adjudant-Chef, chef de la Brigade vint \u00e0 arriver, et il trouva anormal la fa\u00e7on dont j\u2019avais \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 l\u00e0-bas. Il appella le Major BIGANIRO au t\u00e9l\u00e9phone, et ce dernier dit qu\u2019il ignorait tout de cet incident. Suite \u00e0 la confusion, il d\u00e9cida de me lib\u00e9rer, ignorant les raisons de mon arrestation de cette mani\u00e8re.<\/p>\n<p>En plus, la force qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9e chez-moi pouvait mieux \u00eatre utilis\u00e9e au front. Par exemple, ces roquettes qui avaient \u00e9t\u00e9 amen\u00e9es pour m\u2019attaquer , on en avait tellement besoin au front pour gagner la guerre. D\u00e8s maintenant, j\u2019ai des preuves irr\u00e9futables d\u2019un plan visant \u00e0 me tuer, et la fa\u00e7on dont ce plan a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9, mais j\u2019ai senti que personne d\u2019autre ne peut mettre fin \u00e0 ce plan, \u00e0 part vous en tant que Commandant militaire dans la r\u00e9gion de Gisenyi.<\/p>\n<p>Je vous remercie.<\/p>\n<p>NGEZE Hassan (Signature)<\/p>\n<p>Copie pour information:<\/p>\n<ol>\n<li>Monsieur le Ministre de la D\u00e9fense, Gitarama;<\/li>\n<li>Madame le Ministre de la Justice, Gitarama;<\/li>\n<li>Monsieur le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et du D\u00e9veloppement communal, Gitarama;<\/li>\n<li>Monsieur le Pr\u00e9sident du Tribunal de Premi\u00e8re Instance, Gisenyi;<\/li>\n<li>Monsieur le Procureur de la R\u00e9publique, Gisenyi;<\/li>\n<li>Radio Rwanda, Radio RTLM;<\/li>\n<li>Messieurs les Bourgmestres des Communes du Rwanda (Tous).<\/li>\n<\/ol>\n<p>Je n\u2019ai jamais re\u00e7u cette lettre qui \u00e9tait suppos\u00e9e m\u2019\u00eatre adress\u00e9e. Je pense que personne d\u2019autre parmi les destinataires ne l\u2019a re\u00e7ue, car personne ne m\u2019en a parl\u00e9.<\/p>\n<p>La situation d\u00e9nonc\u00e9e par Hassan NGEZE dans cette lettre n\u2019a jamais exist\u00e9e. C\u2019est de la pure fabrication. Je donne comme t\u00e9moin tous les militaires qui \u00e9taient \u00e0 Gisenyi, ainsi que toutes les autorit\u00e9s. Ceux qui sont encore en vie pourraient t\u00e9moigner.<\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE pr\u00e9tend que cette lettre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite le 8 juin 1994. Pourtant, il l\u2019adressait notamment \u00e0 des membres du Gouvernement, \u00e0 Gitarama. Or, le Gouvernement avait fui Gitarama et se trouvait \u00e0 Gisenyi \u00e0 cette date du 8 juin 1994. NGEZE le savait bien. Ceci est une autre preuve que cette lettre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e longtemps apr\u00e8s, quand Ngeze faisait son montage, dans le cadre de son dossier. D\u2019ailleurs, il ne la mentionne nulle part dans les num\u00e9ros de son journal Kangura de fin 1994 et d\u00e9but 1995, tel que nous en avons vu quelques-uns ci-dessus.<\/p>\n<p>Une autre lettre est suppos\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e le 10 avril 1994, et m\u2019aurait \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e. Elle se lit comme suit:<\/p>\n<p>Ngeze Hassan \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 10 avril 1994<\/p>\n<p>Directeur du Journal Kangura<\/p>\n<p>B.P. 19 Gisenyi<\/p>\n<p>Rwanda<\/p>\n<p>Au Colonel Anatole NSENGIYUMVA<\/p>\n<p>Commandant des Forces Arm\u00e9es Rwandaises,<\/p>\n<p>OPS Gisenyi<\/p>\n<p>Objet: Ma d\u00e9tention de la nuit du 6 jusqu\u2019\u00e0 hier le 9 au soir<\/p>\n<p>au camp dont vous assurez le commandement<\/p>\n<p>Monsieur le Colonel,<\/p>\n<p>Je juge n\u00e9cessaire de vous \u00e9crire au sujet des inqui\u00e9tudes concernant mon arrestation, apr\u00e8s ma d\u00e9tention dans le camp de Gisenyi dont vous \u00eates le commandant. Apr\u00e8s que des militaires m\u2019aient arr\u00eat\u00e9 chez-moi sur vos ordres, je suis arriv\u00e9 au camp le 6 avril 1994 dans la nuit, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 hier le 9 avril, au soir.<\/p>\n<p>Le 6 avril aux environs de 22 heures, cinq militaires du camp que vous dirigez, dont le Sous-Lieutenant Eustache Dusabeyezu sont arriv\u00e9s chez-moi furieux, en disant que vous leur aviez donn\u00e9 les ordres de me ramener mort ou vif. Lorsque je leur ai demand\u00e9 de me montrer les papiers relatives \u00e0 mon arrestation, ils m\u2019ont d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019on n\u2019a pas le temps d\u2019\u00e9tablir des documents en temps de guerre.<\/p>\n<p>Ils m\u2019ont alors amen\u00e9 dans le camp que vous dirigez. Quand on m\u2019a fait entrer dans votre bureau, vous m\u2019avez annonc\u00e9 que je devais rester au cachot jusqu\u2019\u00e0 ce que mon cas soit examin\u00e9. Le lendemain, des membres de ma famille ont voulu m\u2019apporter de la nourriture. Mais PENDANT CES TROIS JOURS DE D\u00c9TENTION, les militaires du camp leur ont d\u00e9clar\u00e9 que J\u2019AVAIS \u00c9T\u00c9 TRANSF\u00c9R\u00c9 \u00c0 KIGALI POUR Y \u00caTRE D\u00c9TENU ET QUE POUR CETTE RAISON, je n\u2019\u00e9tais pas autoris\u00e9 \u00e0 recevoir des visites ou de la nourriture de l\u2019ext\u00e9rieur. J\u2019ai ainsi pass\u00e9 trois jours sans manger, sans boire et sans recevoir la nourriture apport\u00e9e par les membres de ma famille, qu\u2019on trompait en leur disant que j\u2019\u00e9tais en d\u00e9tention \u00e0 Kigali. J\u2019ai attendu que l\u2019on m\u2019interroge \u00e0 la suite de mon arrestation.<\/p>\n<p>En me fondant sur les propos tenus par le lieutenant qui m\u2019a interrog\u00e9 selon lesquels vous lui auriez d\u00e9clar\u00e9 que si je ne fais pas attention je risquais d\u2019\u00eatre tu\u00e9 parce que j\u2019\u00e9tais soup\u00e7onn\u00e9 de collaborer avec les Inkotanyi, je juge bon de me permettre si possible, de m\u2019expliquer sur toutes vos accusations \u00e0 mon \u00e9gard. En effet, au lieu d\u2019\u00eatre tu\u00e9 sans savoir pourquoi, je pr\u00e9f\u00e8re que vous m\u2019expliquiez ce dont vous m\u2019accusez.<\/p>\n<p>Les militaires qui sont sous votre commandement d\u00e9clarent que vous leur avez appris que j\u2019\u00e9tais un Inyenzi parce que tout ce dont je parle se r\u00e9alise et qu\u2019il \u00e9tait incompr\u00e9hensible que les \u00e9v\u00e9nements pr\u00e9dits dans mon journal se produisent effectivement par la suite. Je pense que si vous faites preuve de bon sens, vous ne devriez pas me mettre en d\u00e9tention parce que j\u2019ai \u00e9crit des articles pr\u00e9monitoires. En effet, le journaliste a pour t\u00e2che d\u2019informer le public des dangers qui le guettent et de ce qu\u2019iI peut r\u00e9aliser de bon. Je vous prie instamment de me donner l\u2019occasion de m\u2019expliquer m\u00eame si le plan de me tuer est d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli.<\/p>\n<p>Par la pr\u00e9sente, je vous informe \u00e9galement que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 battu et que mes effets m\u2019ont \u00e9t\u00e9 vol\u00e9s durant mon s\u00e9jour au cachot du camp que vous dirigez. Lorsque j\u2019ai \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 hier au soir, j\u2019ai demand\u00e9 aux militaires de me rendre mes affaires et ils ont refus\u00e9. Etant donn\u00e9 que j\u2019ignore le sort qui m\u2019est r\u00e9serv\u00e9, je vous demande de me faire \u00e9tat de votre r\u00e9action au sujet de la teneur de cette lettre. M\u00eame si vous avez d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 que je dois \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9, je souhaite simplement avoir l\u2019occasion de m\u2019exprimer avant d\u2019\u00eatre tu\u00e9 parce qu\u2019il me semble injuste d\u2019\u00eatre tu\u00e9 \u00e0 cause de ma facult\u00e9 de pr\u00e9dire l\u2019avenir.<\/p>\n<p><u>Copie pour information:<\/u><\/p>\n<ol>\n<li>Monsieur le Ministre de la D\u00e9fense, Kigali;<\/li>\n<li>Madame le Ministre de la Justice, Kigali;<\/li>\n<li>Monsieur le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et du D\u00e9veloppement communal, Kigali;<\/li>\n<li>Monsieur le Pr\u00e9sident du Tribunal de premi\u00e8re instance de Gisenyi;<\/li>\n<li>Monsieur le Procureur de la R\u00e9publique, Gisenyi;<\/li>\n<li>Radio Rwanda, Radio RTLM;<\/li>\n<li>Messieurs les Bourgmestres des communes (Tous).<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette lettre montre bien que Hassan NGEZE voulait tout simplement justifier ce qu\u2019il m\u2019avait demand\u00e9 de dire au Tribunal et que j\u2019ai refus\u00e9, parce que c\u2019\u00e9tait faux. En effet, comme je l\u2019ai r\u00e9p\u00e9t\u00e9, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994, et il n\u2019a pas mis les pieds au camp militaire de Gisenyi avant le 7 mai 1994. Et si vous lisez les autres documents que j\u2019ai repris ci-dessus, vous verrez qu\u2019il y a beaucoup de contradictions avec cette lettre. Je dois souligner par ailleurs que le Sous-Lieutenant Eustache DUSABEYEZU n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 au camp militaire de Gisenyi. Il \u00e9tait un \u00e9tudiant \u00e0 l\u2019Institut Saint Fid\u00e8le, et c\u2019est l\u00e0-bas qu\u2019il vivait, qu\u2019il logeait, et qu\u2019il \u00e9tait trouvable. Il n\u2019a donc jamais \u00e9t\u00e9 sous mes ordres, comme il n\u2019a jamais re\u00e7u de mission de moi. Mais NGEZE, comme il le voyait \u00e0 Gisenyi, il a voulu l\u2019incorporer dans les sc\u00e9narios qu\u2019il inventait, pour justifier ses montages. Tout est faux.<\/p>\n<p>Inutile de pr\u00e9ciser que je n\u2019ai jamais re\u00e7u cette lettre de Ngeze, alors qu\u2019elle \u00e9tait suppos\u00e9e m\u2019\u00eatre destin\u00e9e. C\u2019est le cas aussi de la lettre que je reprends ci-dessous.<\/p>\n<p>Conseiller du Parti CDR<\/p>\n<p>Directeur du Journal Kangura<\/p>\n<p>Le 16.05.1994 &#8211; Gisenyi<\/p>\n<p><u>Objet<\/u>: Explications sur mon assassinat qui serait en pr\u00e9paration<\/p>\n<p>Colonel Anatole NSENGIYUMVA<\/p>\n<p>Commandant des Forces Arm\u00e9es Rwandaises<\/p>\n<p>OPS Gisenyi<\/p>\n<p>Mon Colonel,<\/p>\n<p>Suite \u00e0 ma lettre du 10.05.1994 d\u00e9non\u00e7ant les astuces utilis\u00e9es par le FPR pour assassiner ou faire assassiner tous ceux qui le combattent, j\u2019estime n\u00e9cessaire de vous fournir des explications suppl\u00e9mentaires sur les questions que vous continuez \u00e0 vous poser.<\/p>\n<p>Le fonctionnement de KANGURA ne devrait pas en fait vous \u00e9tonner. En effet, vous vous souviendrez qu\u2019avant la guerre lors de la parution de Kangura N<sup>o<\/sup> 1 vous \u00eates venu, en personne, \u00e0 Gisenyi en compagnie d\u2019un autre officier sup\u00e9rieur et vous m\u2019avez trouv\u00e9 au bureau de GISENYI-INFORMATION<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. A cette occasion je vous ai fait part des pi\u00e8ges que l\u2019ennemi tendait pendant cette p\u00e9riode. Je l\u2019ai d\u2019ailleurs d\u00e9montr\u00e9 dans le rapport de l\u2019enqu\u00eate que j\u2019ai publi\u00e9e le 26.05.1990 et dont la copie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9e au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e rwandaise et \u00e0 la Gendarmerie. Tout cela t\u00e9moigne de mon courage et de mon d\u00e9vouement dans la lutte contre l\u2019ennemi FPR.<\/p>\n<p>Kangura reste fid\u00e8le \u00e0 la ligne \u00e9ditoriale adopt\u00e9e depuis sa cr\u00e9ation, qui n\u2019est nulle autre que celle du combat contre l\u2019ennemi. Vous vous demandez pourquoi les pr\u00e9dictions de KANGURA finissent par se r\u00e9aliser et pourquoi le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est mort apr\u00e8s que nous l\u2019avons pr\u00e9dit. Pour ceux qui connaissent le fonctionnement de KANGURA, cela ne pose aucun probl\u00e8me. En effet, tout journaliste comp\u00e9tent disposant de tout \u00e9quipement n\u00e9cessaire et d\u2019un r\u00e9seau de contacts bien inform\u00e9s, doit absolument savoir ce qui va se passer. Nous ne sommes pas les seuls au monde \u00e0 pr\u00e9dire, dans la presse, les choses \u00e0 venir. Un journal digne de ce nom est comparable \u00e0 une agence de renseignement. Nous souhaiterions que, si nous sommes toujours en vie, vous puissiez confier \u00e0 la direction de KANGURA, certaines t\u00e2ches d\u2019analyse ou de renseignement de telle sorte que nous vous transmettions quotidiennement les r\u00e9sultats de nos enqu\u00eates sur cette guerre que l\u2019ennemi nous a impos\u00e9e.<\/p>\n<p>Au cas o\u00f9 vous auriez besoin de plus amples explications, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 me convoquer \u00e0 tout moment. Je voudrais vous rappeler que depuis que ce probl\u00e8me existe, vous ne m\u2019avez jamais demand\u00e9 de vous exposer les m\u00e9thodes que KANGURA utilise pour se renseigner et mener l\u2019enqu\u00eate. Concernant ma mort, je vous saurais gr\u00e9 si vous pouviez faire quelque chose pour l\u2019emp\u00eacher. Si vous n\u2019y parvenez pas, je tiens \u00e0 vous dire que le FPR pourra utiliser divers [sic] sortes de pi\u00e8ges et faire en sorte que les Hutu qui l\u2019ont combattu ouvertement, s\u2019entre-d\u00e9chirent. Ainsi le FPR aura-t-il trouv\u00e9 un moyen de se d\u00e9barrasser de tous ceux qui l\u2019ont combattu.<\/p>\n<p>Le FPR dispose d\u2019innombrables pi\u00e8ges qui se pr\u00e9sentent surtout sous formes de d\u00e9clarations qu\u2019il fait passer \u00e0 travers votre syst\u00e8me de communication. Faites preuve de vigilance lorsque vous \u00e9coutez ces d\u00e9clarations.<\/p>\n<p>Pour terminer, je vous prie d\u2019agir selon votre pouvoir et votre clairvoyance.<\/p>\n<p>Hassan NGEZE<\/p>\n<p>C.I.<\/p>\n<p>&#8211; Monsieur le Ministre rwandais de la D\u00e9fense, GITARAMA;<\/p>\n<p>&#8211; Madame le Ministre de la Justice, GITARAMA;<\/p>\n<p>&#8211; Monsieur le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et du D\u00e9veloppement communal, GITARAMA;<\/p>\n<p>&#8211; Monsieur le Pr\u00e9sident du Tribunal de premi\u00e8re instance, GISENYI;<\/p>\n<p>&#8211; Monsieur le Procureur de la R\u00e9publique, GISENYI;<\/p>\n<p>&#8211; Radio-Rwanda, Radio RTLM;<\/p>\n<p>&#8211; Monsieur le Bourgmestre de la commune (Tous) \u2013 GISENYI<\/p>\n<p>Comme les autres lettres reprises ci-dessus, celle-ci ne m\u2019est jamais parvenue, alors que j\u2019\u00e9tais suppos\u00e9 \u00eatre le principal destinataire. Elle entre donc dans le cadre du montage fait par Monsieur Hassan NGEZE, pour les besoins de sa d\u00e9fense. Dans tous ses \u00e9crits, il m\u00e9lange le vrai et le faux. Il est vrai par exemple, que le Lieutenant-colonel RWABALINDA et moi-m\u00eame, sommes all\u00e9s \u00e0 Gisenyi vers mai 1990 et l\u2019avons rencontr\u00e9. Je l\u2019ai expliqu\u00e9 ci-dessus. Mais nous ne l\u2019avons pas trouv\u00e9 \u00e0 GISENYI-INFORMATION (l\u00e0 o\u00f9 il travaillait, au centre commercial de Gisenyi). Nous avons laiss\u00e9 un message, et il est venu nous trouver au bar TAM-TAM, pr\u00e8s du Lac Kivu. Je me souviens qu\u2019il se d\u00e9pla\u00e7ait avec une petite moto. Il n\u2019\u00e9tait pas encore devenu riche. C\u2019est l\u00e0 que nous avons eu notre conversation avec lui. Et il n\u2019avait pas encore fond\u00e9 son propre journal. Pourquoi doit-il inventer des choses, m\u00eame pour une petite affaire comme \u00e7a ?<\/p>\n<p>Monsieur Hassan NGEZE fait mention d\u2019une autre lettre cens\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e le 10 mai 1994. Je n\u2019ai pas pu l\u2019avoir celle-l\u00e0, mais je suppose qu\u2019elle est du m\u00eame genre que les quatre autres que nous avons parcourues ci-dessus.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir lu ces lettres, ainsi que les articles de KANGURA que nous avons vus ci-dessus, il est clair que Hassan NGEZE n\u2019a fait que du montage. Il a fait du montage, d\u2019abord pour sa d\u00e9fense, puis pour causer des ennuis \u00e0 Anatole NSENGIYUMVA, Capitaine HABIMANA, ainsi que le Lieutenant BIZUMUREMYI. Maintenant, le capitaine HABIMANA et le Lieutenant BIZUMUREMYI ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s par le FPR. Hassan NGEZE veut causer des ennuis \u00e0 Anatole NSENGIYUMVA. Voil\u00e0 tout.<\/p>\n<p><strong>Hassan NGEZE passe \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure<\/strong><\/p>\n<p>Je laisse de c\u00f4t\u00e9 le fait que Monsieur Hassan NGEZE s\u2019est mis \u00e0 fabriquer des t\u00e9moins qui devaient venir me charger devant le Tribunal \u00e0 Arusha. C\u2019est une longue histoire. Il a commenc\u00e9 par le nomm\u00e9 Omar SERUSHAGO, puis les t\u00e9moins OAB, OAF, DO et ABQ. Mais il a voulu leur faire dire des choses invraisemblables, tellement qu\u2019ils sont tous devenus non cr\u00e9dibles, sauf DO qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dible en partie, pour trois juges en Appel. Je n\u2019insisterai pas sur ce point. Des preuves de son intervention dans ce domaine existent.<\/p>\n<p>Vers fin 2001, Hassan NGEZE a \u00e9crit une lettre \u00e0 Omar SERUSHAGO qui \u00e9tait d\u00e9tenu lui aussi \u00e0 Arusha, mais dans un \u201cSafe House\u201d annexe du Centre de d\u00e9tention de l\u2019ONU en ce moment-l\u00e0. La lettre est parvenue \u00e0 Serushago, mais ce dernier l\u2019a remise aux autorit\u00e9s du Centre de d\u00e9tention. NGEZE a essay\u00e9 de l\u2019ignorer et dire que ce n\u2019\u00e9tait pas lui qui l\u2019avait \u00e9crite, mais les choses \u00e9taient claires comme de l\u2019eau de roche. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli que c\u2019\u00e9tait bien lui qui l\u2019avait \u00e9crite.<\/p>\n<p>Dans cette lettre, NGEZE demandait insidieusement \u00e0 SERUSHAGO, notamment, qu\u2019il devait m\u2019accuser, et il lui rappelait ce qu\u2019il devait dire. Il en ressort en fait qu\u2019ils en avaient d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 quand ils \u00e9taient ensemble \u00e0 Nairobi, il ne s\u2019agissait que de le lui rappeler et de lui rafraichir la m\u00e9moire.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/p>\n<p>Le 26 septembre 2002, les avocats de Hassan NGEZE ont soumis une motion ex-parte, demandant au Tribunal de m\u2019appeler, ainsi que quelques autres camarades, pour t\u00e9moigner pour Hassan NGEZE. Tout le monde a refus\u00e9 d\u2019aller appuyer les mensonges de Hassan NGEZE, car nous savions bien ce qu\u2019il voulait que nous disions. Il ne le cachait pas.<\/p>\n<p>En date du 04 janvier 2005, Hassan NGEZE a \u00e9crit une lettre intitul\u00e9e <strong>\u201dPrisoner Hassan Ngeze concerns addressed to the Commanding Officer and the Tribunal authorities<\/strong>\u201d.<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a> Dans cette lettre, il s\u2019attaquait principalement au Colonel Anatole Nsengiyumva, mais aussi \u00e0 certains de mes camarades officiers des ex-FAR en d\u00e9tention \u00e0 Arusha. Il affirmait que nous l\u2019avions menac\u00e9, et que nous avons voulu le tuer. Pour ce qui me concerne personnellement, il a dit que j\u2019avais tu\u00e9 32 personnes qui \u00e9taient d\u00e9tenues avec lui au camp militaire de Gisenyi, la nuit du 6 au 7 avril 1994. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019il avan\u00e7ait une telle \u00e9normit\u00e9. Pourtant, il n\u2019avait mis les pieds au camp militaire de Gisenyi que le 07 mai 1994, comme je l\u2019ai soulign\u00e9 ci-dessus. Et aucune personne civile n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue au camp militaire de Gisenyi, ni pendant cette p\u00e9riode, ni apr\u00e8s, ni m\u00eame avant, pendant ma p\u00e9riode de commandement de ce camp. Je donne comme t\u00e9moins, tous les militaires qui vivaient dans ce camp, o\u00f9 qu\u2019ils soient, m\u00eame au Rwanda. Il n\u2019y a que Hassan Ngeze qui y a pass\u00e9 quelques heures, comme je l\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 ci-dessus.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame lettre, il accuse le G\u00e9n\u00e9ral KABILIGI, d\u2019avoir voulu le tuer \u00e0 Goma, sans succ\u00e8s, et que cette op\u00e9ration avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e au Major NTABAKUZE, mais qu\u2019elle \u00e9choua. Il a ajout\u00e9 que nous sommes retourn\u00e9s au Rwanda pour tuer les survivants du g\u00e9nocide. Il a dit beaucoup d\u2019autres choses invent\u00e9es de toutes pi\u00e8ces. Tout ceci parce que nous avions refus\u00e9 de nous m\u00ealer dans ses mensonges.<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/p>\n<p>Un peu plus tard, il a \u00e9crit une lettre qu\u2019il adressa aux juges de la Chambre de premi\u00e8re instance dans le proc\u00e8s dit \u201cMilitaires I\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire la Chambre qui me jugeait. Il a dit aux juges que j\u2019\u00e9tais un grand tueur, que j\u2019ai tu\u00e9 des gens \u00e0 Gisenyi, y compris ceux qui \u00e9taient d\u00e9tenus avec lui au camp militaire, la nuit du 6 au 7 avril 1994. Il demandait que les juges puissent me r\u00e9server une peine exemplaire, car c\u2019\u00e9tait ce que la population de Gisenyi attendait, selon Ngeze.<\/p>\n<p>Il a fait parvenir la m\u00eame lettre aux Juges de la Chambre d\u2019Appel. Tout ceci montre bien que Monsieur Hassan NGEZE est quelqu\u2019un qui ne recule devant rien, quand il veut atteindre un certain objectif. Il y a va par tous les moyens, y compris le mensonge le plus saugrenu.<\/p>\n<p>Plus tard, il a demand\u00e9 \u00e0 son avocat de d\u00e9poser une requ\u00eate devant la Chambre, pour dire que son client \u00e9tait traumatis\u00e9, du fait de voir chaque jour le Colonel Anatole Nsengiyumva. L\u2019avocat demandait que son client puisse \u00eatre envoy\u00e9 devant des services m\u00e9dicaux sp\u00e9cialis\u00e9s pour l\u2019examiner et le traiter en cons\u00e9quence. Il a demand\u00e9 le m\u00eame traitement, car, disait-il, il \u00e9tait traumatis\u00e9 par le fait que nous avions refus\u00e9 de t\u00e9moigner pour lui, et que les Juges ne lui donnaient pas un proc\u00e8s \u00e9quitable. Les juges ont rejet\u00e9 cette requ\u00eate fantaisiste, car ils savaient bien dans quelle intention elle \u00e9tait faite.<\/p>\n<p>Tout ce que je viens d\u2019expliquer ci-dessus n\u2019est pas exhaustif quant au comportement de Monsieur Hassan NGEZE, et ses relations avec moi. Mais \u00e7a permettra au moins de comprendre ce qu\u2019il a \u00e9crit dans ses deux livres, et dans quel cadre. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, tout ce qu\u2019il \u00e9crit sur moi dans ses livres est faux, et entre dans le cadre de sa rancune qu\u2019il garde \u00e0 mon endroit. Seulement, je me demande comment il peut s\u2019acharner contre moi de cette mani\u00e8re, lorsque ce n\u2019est pas moi qui l\u2019aurais arr\u00eat\u00e9 et mis en prison le plus de fois, car le court moment o\u00f9 je l\u2019ai gard\u00e9 en d\u00e9tention, de mani\u00e8re bien justifi\u00e9e, n\u2019a pas de commune mesure avec les 20 fois qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 en prison, ainsi que les 35 fois qu\u2019il avait s\u00e9journ\u00e9 dans les cachots de la gendarmerie.<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/p>\n<p>Avant de passer aux commentaires sur les livres de Hassan Ngeze, je dois pr\u00e9ciser qu\u2019avec ce harc\u00e8lement qu\u2019il exer\u00e7ait sur moi, tout en essayant d\u2019influencer n\u00e9gativement les juges du TPIR, aussi bien en Premi\u00e8re Instance qu\u2019en Appel, sans oublier toutes les autres autorit\u00e9s du Tribunal, j\u2019ai gard\u00e9 mon calme et j\u2019ai \u00e9vit\u00e9 la confrontation. Je remercie d\u2019ailleurs les amis qui m\u2019encourageaient tout le temps \u00e0 toujours garder de la hauteur par rapport aux bassesses de celui qui se surnommait lui-m\u00eame \u201cLE DIABLE \u2013 SHITANI\u201d, et que les autres appelaient \u201cLE FOU\u201d, \u00e0 savoir Hassan Ngeze. J\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9viter la pol\u00e9mique et la confrontation. N\u00e9anmoins, quant les choses se sont n\u00e9gativement amplifi\u00e9es, j\u2019ai d\u00fb r\u00e9agir, en me confiant au Pr\u00e9sident du TPIR et de la Chambre de Premi\u00e8re Instance qui me jugeait, ainsi qu\u2019aux Juges de cette Chambre. Je n\u2019ai pas d\u00fb faire la m\u00eame chose pour la Chambre d\u2019Appel. Je reprends ci-dessous la lettre que j\u2019ai alors \u00e9crite en ce moment-l\u00e0, et qui explique en fait la vraie situation qui a pr\u00e9valu entre Hassan Ngeze et moi-m\u00eame. Elle montre que les all\u00e9gations de Hassan NGEZE ne sont que de simples fabrications.<\/p>\n<p>Arusha, le 18.09.2005<\/p>\n<p>Monsieur Erik MOSE, Pr\u00e9sident du TPIR, et Pr\u00e9sident de la Chambre de Premi\u00e8re Instance I<\/p>\n<p>Honorable Juges de la Chambre de Premi\u00e8re Instance I<\/p>\n<p>Info: Monsieur le Procureur du TPIR<\/p>\n<p>Objet: D\u00e9noncer les manoeuvres de Monsieur Hassan NGEZE<\/p>\n<p>Monsieur le Pr\u00e9sident,<\/p>\n<p>Honorables Juges,<\/p>\n<ol>\n<li>J\u2019ai l\u2019honneur de recourir aupr\u00e8s de votre haute autorit\u00e9, pour d\u00e9noncer les manoeuvres malhonn\u00eates de Monsieur Hassan NGEZE, manoeuvres que je trouve assez pr\u00e9judiciables \u00e0 ma cause, et surtout, susceptibles d\u2019induire les Juges en erreur, au d\u00e9triment d\u2019une justice \u00e9quitable. Je trouve utile de proc\u00e9der de cette fa\u00e7on, pour le bien de la Justice, et pour \u00e9viter de vivre la m\u00eame exp\u00e9rience que celle que j\u2019ai v\u00e9cue avec les d\u00e9nonciations mensong\u00e8res de Monsieur Omar SERUSHAGO.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"2\">\n<li>Depuis la p\u00e9riode des malheureux \u00e9v\u00e9nements d\u2019avril \u00e0 juillet 1994, et m\u00eame avant, mes relations avec Monsieur Hassan NGEZE n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 bonnes, car je ne pouvais pas supporter certains de ses comportements. Contrairement \u00e0 ce que certains veulent faire croire, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 en bons termes avec Hassan NGEZE, et j\u2019aurai l\u2019occasion d\u2019en donner plus de d\u00e9tails.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"3\">\n<li>Pendant les malheureux \u00e9v\u00e9nements, Hassan NGEZE a \u00e9t\u00e9 un de ceux qui ont min\u00e9 mon action d\u2019aider les autres \u00e0 ramener le calme. Il me traitait de complice de l\u2019ennemi, et faisait circuler cela dans la population. Il n\u2019a jamais cess\u00e9 de le faire, m\u00eame pendant la p\u00e9riode d\u2019exil. Cette fois-l\u00e0, il utilisait son journal KANGURA, car il se savait d\u00e9sormais intouchable. J\u2019ai endur\u00e9 tout cela, et je croyais que \u00e7a allait finir un jour. Mais au lieu de mettre fin \u00e0 ses manoeuvres malhonn\u00eates, Monsieur Hassan NGEZE a redoubl\u00e9 d\u2019ardeur pour s\u2019acharner contre moi.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"4\">\n<li>Un moment donn\u00e9 en avril 1994, sur autorisation du Procureur de la R\u00e9publique \u00e0 Gisenyi, j\u2019ai fait perquisitionner la maison de Hassan NGEZE, \u00e0 cause des tiraillements qu\u2019il effectuait pendant la nuit, avec ses nombreux \u201cgardes du corps\u201d, qui avaient d\u00e9fi\u00e9 la Gendarmerie jusque-l\u00e0. Des armes \u00e0 feu ont \u00e9t\u00e9 alors d\u00e9couvertes et saisies, ainsi qu\u2019un poste radio \u00e9metteur-r\u00e9cepteur, de marque KENWOOD. A cette occasion, Monsieur Hassan NGEZE n\u2019a pas pu \u00eatre arr\u00eat\u00e9, de m\u00eame que ses nombreux gardes du corps se sont \u00e9chapp\u00e9s.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"5\">\n<li>A cause de cette situation et de certains autres comportements, et sur accord de l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e, j\u2019ai fait rechercher Hassan NGEZE qui fut arr\u00eat\u00e9 et amen\u00e9 au camp militaire de Gisenyi pour interrogatoire. C\u2019\u00e9tait au mois de Mai 1994, et il n\u2019a pass\u00e9 qu\u2019une seule nuit en d\u00e9tention. J\u2019aurai l\u2019occasion d\u2019expliquer tout cela. Je donnerai les raisons de cette arrestation, je dirai comment il a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, et je d\u00e9montrerai que ce fut la seule fois qu\u2019il fut arr\u00eat\u00e9 par mes services et amen\u00e9 au camp militaire, contrairement \u00e0 ses all\u00e9gations.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"6\">\n<li>C\u2019est \u00e0 partir de tout cela que Monsieur Hassan NGEZE a invent\u00e9 toute une histoire, comme quoi j\u2019ai voulu le tuer parce qu\u2019il gardait des Tutsi chez-lui. C\u2019est \u00e0 partir de \u00e7a qu\u2019il a pr\u00e9tendu que plusieurs tentatives d\u2019assassinat ont \u00e9t\u00e9 faites contre lui, et qu\u2019il \u00e9chappait par hasard. Tout cela n\u2019est que mensonges.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"7\">\n<li>Monsieur Hassan NGEZE a pris pr\u00e9texte de cette situation, pour all\u00e9guer qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994, et qu\u2019il est rest\u00e9 en d\u00e9tention au camp militaire jusqu\u2019au 09 avril 1994. Il all\u00e8gue qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9tenu au camp militaire de Gisenyi, sous mon commandement, plusieurs autres fois apr\u00e8s cela. Il a m\u00eame construit sa d\u00e9fense sur cette all\u00e9gation, et il a voulu que je l\u2019aide \u00e0 convaincre les Juges de la justesse de ces all\u00e9gations. Il voulait donc que je mente moi aussi, et dise aux Juges qu\u2019il \u00e9tait en d\u00e9tention au Camp militaire , de la nuit du 6 au 7 avril 1994, au 9 avril 1994. Il m\u2019a demand\u00e9 un affidavit ou un t\u00e9moignage \u00e9crit sur cela. Beaucoup de d\u00e9tenus sont au courant de cette histoire.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"8\">\n<li>Je lui ai alors dit que je ne pouvais pas m\u2019impliquer dans ses mensonges, et induire les Juges en erreur. Il \u00e9tait tr\u00e8s f\u00e2ch\u00e9 contre moi. Il a essay\u00e9 d\u2019utiliser du chantage, en inventant des histoires pour dire qu\u2019il allait me d\u00e9noncer sur n\u2019importe quoi; cela n\u2019a pas march\u00e9 non plus.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"9\">\n<li>Il a pourtant persist\u00e9 dans cette voie, et lors de son proc\u00e8s, il a dit aux Juges qu\u2019il \u00e9tait en d\u00e9tention au Camp Militaire de Gisenyi, depuis la nuit du 6 au 7 avril 1994, jusqu\u2019au 9 avril 1994. Je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ceci est un gros mensonge. Cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 le cas. S\u2019il est vrai que j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 Hassan NGEZE un moment donn\u00e9, \u00e7a s\u2019est pass\u00e9 au mois de mai 1994, et non pas la nuit du 6 au 7 avril 1994. Et je ne l\u2019ai arr\u00eat\u00e9 qu\u2019une seule fois. Je vous montrerai, le moment venu, que m\u00eame Hassan NGEZE le reconna\u00eet dans un de ses nombreux \u00e9crits, mais il ne se rappelle pas l\u2019avoir \u00e9crit, tellement il \u00e9crit trop de choses.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"10\">\n<li>Je voudrais que ceci soit assez clair pour le bien de la Justice. Je ne voudrais pas qu\u2019un jour, je sois accus\u00e9 de ne pas avoir aid\u00e9 la Justice, pour des choses dont j\u2019\u00e9tais pourtant au courant. Il est vrai que j\u2019ai longtemps h\u00e9sit\u00e9, car je ne voulais pas \u00eatre tax\u00e9 de chercher \u00e0 m\u2019immiscer dans le proc\u00e8s d\u2019un autre accus\u00e9. J\u2019ai donc us\u00e9 de trop de patience. Mais devant les cons\u00e9quences n\u00e9fastes et pr\u00e9visibles de telles manoeuvres, j\u2019ai trouv\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9cessaire et utile de r\u00e9agir et d\u00e9noncer tout \u00e7a.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"11\">\n<li>Monsieur Hassan NGEZE n\u2019a pas seulement invent\u00e9 l\u2019histoire de son arrestation la nuit du 6 au 7 avril 1994, et de sa d\u00e9tention au camp militaire jusqu\u2019au 9 avril 1994. Il a \u00e9galement affirm\u00e9 que les militaires du Camp Militaire de Gisenyi ont attaqu\u00e9 son domicile, pour le tuer et tuer les Tutsi qui y auraient trouv\u00e9 refuge. Ceci n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 le cas. Je n\u2019ai m\u00eame jamais appris qu\u2019il gardait des Tutsi chez-lui.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"12\">\n<li>Un autre point qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre d\u00e9nonc\u00e9, c\u2019est que Monsieur Hassan NGEZE a fabriqu\u00e9 des t\u00e9moins pour appuyer ses mensonges. Ceci, presque tous les d\u00e9tenus de l\u2019UNDF le savent bien. Hassan NGEZE lui-m\u00eame le dit publiquement. Il se targue m\u00eame d\u2019avoir fil\u00e9 des t\u00e9moins au Procureur, \u00e0 l\u2019insu de ce dernier. C\u2019est notamment le cas des t\u00e9moins OAB, OAF, et ABQ. C\u2019est d\u2019ailleurs pourquoi Hassan NGEZE a vite r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les transcriptions de leurs d\u00e9positions au Tribunal, dans l\u2019affaire \u201cMilitaires I\u201d, pour les utiliser en appel. Il se vantait d\u2019avoir ainsi r\u00e9alis\u00e9 un coup contre le Procureur. J\u2019aurai l\u2019occasion d\u2019en donner les d\u00e9tails.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"13\">\n<li>Mais beaucoup d\u2019autres t\u00e9moins dans mon affaire, ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par Hassan NGEZE, par le truchement de ses agents diss\u00e9min\u00e9s un peu partout, au Rwanda et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Il les a form\u00e9s pour qu\u2019ils chargent sp\u00e9cialement Anatole NSENGIYUMVA et le Lieutenant BIZUMUREMYI. J\u2019aurai le temps de l\u2019expliquer.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"14\">\n<li>Monsieur le Pr\u00e9sident, Honorables Juges, parce que je sais tout cela sur Monsieur Hassan NGEZE, ce dernier a entrepris une campagne de d\u00e9nigrement \u00e0 mon encontre, et a tout fait pour me faire condamner par le TPIR. Il l\u2019avait dit depuis 1994 d\u00e9j\u00e0, quand il a \u00e9crit dans son Journal KANGURA, qu\u2019il allait se venger contre moi, en utilisant sa plume. J\u2019expliquerai tout ceci, le moment venu. Il a invent\u00e9 beaucoup d\u2019autres choses, contre le lieutenant BIZUMUREMYI et contre moi-m\u00eame.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"15\">\n<li>En fait, la part de Monsieur Hassan NGEZE est assez grande, dans les accusations port\u00e9es contre moi. Je donnerai les d\u00e9tails, lors de mon t\u00e9moignage devant la Cour.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"16\">\n<li>Si j\u2019ai tenu \u00e0 porter tout cela \u00e0 votre connaissance, c\u2019est que je trouve malhonn\u00eate de la part de Monsieur NGEZE, de chercher \u00e0 induire les Juges en erreur, en m\u2019impliquant mensong\u00e8rement dans des histoires, et en impliquant d\u2019autres personnes innocentes comme le lieutenant BIZUMUREMYI, tout simplement parce que je l\u2019ai affront\u00e9 pendant les malheureux \u00e9v\u00e9nements, et que le lieutenant BIZUMUREMYI a fait son devoir. Je crois qu\u2019il ne serait pas juste de ma part, de taire une telle situation, car je n\u2019aurais pas ainsi aid\u00e9 la justice.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"17\">\n<li>Ainsi, pour me r\u00e9sumer, j\u2019aimerais insister sur les points essentiels suivants:<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Monsieur Hassan NGEZE n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par les militaires la nuit du 6 au 7 avril 1994, et il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu au camp militaire de Gisenyi, jusqu\u2019au 9 avril 1994. Il est vrai qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 au mois de mai 1994, et n\u2019a pass\u00e9 qu\u2019une seule nuit en d\u00e9tention, avant d\u2019\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9, dans des circonstances que j\u2019expliquerai le moment opportun. Et je montrerai les preuves de ce que je suis en train de dire. Ce fut la seule fois que je l\u2019ai arr\u00eat\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Les militaires sous mon commandement n\u2019ont jamais attaqu\u00e9 la r\u00e9sidence de Monsieur Hassan NGEZE, pour le tuer ou pour tuer qui que ce soit d\u2019autre. Par contre, sa r\u00e9sidence a \u00e9t\u00e9 perquisitionn\u00e9e, et des armes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes, ainsi qu\u2019un poste radio \u00e9metteur-r\u00e9cepteur de marque KENWOOD. C\u2019est en fait cela qui fait que NGEZE se d\u00e9bat contre moi, et contre le lieutenant BIZUMUREMYI. C\u2019est cela qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 fabriquer histoires et documents, ainsi que des t\u00e9moins pour corroborer ses all\u00e9gations. En fait, le lieutenant BIZUMUREMYI a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans la perquisition et l\u2019interrogatoire de Monsieur Hassan NGEZE. Voil\u00e0 tout.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Monsieur Hassan NGEZE a fabriqu\u00e9 beaucoup de t\u00e9moins pour venir me charger et charger le lieutenant BIZUMUREMYI. D\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9s pour corroborer ses all\u00e9gations, comme soulign\u00e9 ci-dessus. C\u2019est dans ce cadre que ces t\u00e9moins all\u00e8guent que NGEZE avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, et qu\u2019il est rest\u00e9 en d\u00e9tention au camp militaire de Gisenyi, jusqu\u2019au 9 avril 1994. Certains vont jusqu\u2019\u00e0 dire qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 plusieurs autres fois apr\u00e8s, et d\u00e9tenu au camp, avec beaucoup d\u2019histoires rocambolesques pour embellir ses histoires. Vous l\u2019avez certainement vu dans divers documents qu\u2019il ne cesse de r\u00e9diger.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>D\u2019autres encore, all\u00e8guent que sa maison a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e par les militaires du camp militaire de Gisenyi. Tout ceci n\u2019est que mensonges. Je donnerai les d\u00e9tails le moment venu.<\/li>\n<\/ul>\n<ol start=\"18\">\n<li>Monsieur le Pr\u00e9sident, Honorables Juges, je sais que la campagne men\u00e9e par Monsieur Hassan NGEZE contre moi, continue. Je sais qu\u2019il continue d\u2019inventer d\u2019autres accusations. Je sais qu\u2019il essaie d\u2019obtenir d\u2019autres d\u00e9clarations de t\u00e9moins qui me chargent mensong\u00e8rement. Par ailleurs, beaucoup de documents falsifi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits par NGEZE, soit pour v\u00e9hiculer des accusations fabriqu\u00e9es contre moi, ou alors pour servir de pr\u00e9tendues preuves. Je donnerais comme exemple, les fameuses lettres pr\u00e9tendument m\u2019adress\u00e9es pour d\u00e9noncer un plan all\u00e9gu\u00e9 visant \u00e0 l\u2019assassiner, mais que je n\u2019ai jamais re\u00e7ues. Ces lettres ont \u00e9t\u00e9 certainement invent\u00e9es quand NGEZE \u00e9tait \u00e0 Nairobi, ou m\u00eame \u00e0 l\u2019UNDF. Je n\u2019en ai \u00e9t\u00e9 au courant que tr\u00e8s r\u00e9cemment, quand il en a fait allusion dans un de ses nombreux documents qu\u2019il ne cesse d\u2019\u00e9crire.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"19\">\n<li>Pour pouvoir expliquer certaines situations aux Juges lors de mon t\u00e9moignage, je demande \u00e0 mes conseils qui me lisent en copie, de demander officiellement tous les documents \u00e9crits par Monsieur Hassan NGEZE et adress\u00e9s au Tribunal, et o\u00f9 il m\u2019implique dans l\u2019un ou l\u2019autre incident. Ceci est \u00e0 mon avis tr\u00e8s important, car \u00e7a va aider les Juges \u00e0 comprendre certaines choses.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"20\">\n<li>Je fais ceci pour le bien de la Justice, car je crois qu\u2019il est n\u00e9cessaire que toute la v\u00e9rit\u00e9 soit connue. Je suis convaincu qu\u2019il n\u2019est pas du tout honn\u00eate de construire sa d\u00e9fense sur de simples mensonges, tout en impliquant des gens innocents dans des crimes qu\u2019ils n\u2019ont jamais commis, et penser que l\u2019on va s\u2019en sortir, tout simplement parce qu\u2019on est plus malin. Par ailleurs, je ne voudrais pas \u00eatre victime de magouilles malveillantes de Monsieur Hassan NGEZE.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"21\">\n<li>J\u2019ai \u00e9galement jug\u00e9 utile de d\u00e9noncer tout ceci, car je sais combien les all\u00e9gations mensong\u00e8res de Monsieur Omar SERUSHAGO m\u2019ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9judiciables, car quand il a plaid\u00e9 coupable en m\u2019impliquant dans ses crimes, je n\u2019avais pas pu me d\u00e9fendre. C\u2019est sa version qui est rest\u00e9e dans la m\u00e9moire de ceux qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 mon proc\u00e8s. Je ne veux pas que Monsieur Hassan NGEZE continue \u00e0 conditionner n\u00e9gativement l\u2019opinion, alors qu\u2019il ne raconte que des mensonges.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"22\">\n<li>Je d\u00e9nonce donc les manoeuvres malhonn\u00eates de Monsieur Hassan NGEZE, qui ne visent qu\u2019\u00e0 nuire et faire condamner des gens innocents. J\u2019aurai certainement l\u2019occasion de donner plus de d\u00e9tails sur la teneur de la pr\u00e9sente. Et si cela devait s\u2019av\u00e9rer n\u00e9cessaire, je demanderais au Tribunal de mener ses propres enqu\u00eates sur ce que je suis en train de d\u00e9noncer; il se rendra compte que j\u2019ai tout \u00e0 fait raison. Ainsi, j\u2019aurai contribu\u00e9 \u00e0 faire triompher la Justice et la V\u00e9rit\u00e9 sur le mensonge.<\/li>\n<\/ol>\n<ol start=\"23\">\n<li>Veuillez agr\u00e9er, Monsieur le Pr\u00e9sident, Honorables Juges, l\u2019expression de ma haute consid\u00e9ration.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Anatole NSENGIYUMVA<\/p>\n<p>D\u00e9tenu \u00e0 l\u2019UNDF<\/p>\n<p>(S\u00e9)<\/p>\n<p><u>Copie<\/u>:<\/p>\n<ul>\n<li>Conseils de la D\u00e9fense d\u2019Anatole NSENGIYUMVA<\/li>\n<li>Conseils de la D\u00e9fense de Th\u00e9oneste BAGOSORA<\/li>\n<li>Conseils de la D\u00e9fense de Gratien KABILIGI<\/li>\n<li>Conseils de la D\u00e9fense d\u2019Aloys NTABAKUZE<\/li>\n<li>Coaccus\u00e9s dans le proc\u00e8s \u201cMilitaires I<\/li>\n<\/ul>\n<p>D\u2019autres \u00e9crits de Hassan NGEZE, qui me harc\u00e8lent toujours, sont repris en annexe. Ils comprennent notamment:<\/p>\n<ul>\n<li>Lettre du 26 octobre 2001 adress\u00e9e \u00e0 M. Stephen Rapp du Bureau du Procureur du TPIR, r\u00e9clamant la traduction de lettres suppos\u00e9es avoir \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es \u00e0 Anatole Nsengiyumva, mais que je n\u2019avais jamais re\u00e7ues.<\/li>\n<li>\u201cLettre urgente du 4 janvier 2005\u201d, adress\u00e9e au Commandant de l\u2019UNDF et aux autorit\u00e9s du TPIR.<\/li>\n<li>Lettre de Hassan Ngeze \u00e0 M. Serushago Omar, d\u2019ao\u00fbt 2001<\/li>\n<li>D\u00e9claration de Serushago Omar du 17 ao\u00fbt 2001, relative \u00e0 la lettre lui adress\u00e9e par Hassan Ngeze.<\/li>\n<li>Lettre du G\u00e9n\u00e9ral Kabiligi, Colonel Bagosora, Lt Colonel Nsengiyumva et Major Ntabakuze, adress\u00e9e au Pr\u00e9sident du TPIR et d\u00e9non\u00e7ant le comportement irr\u00e9gulier et pr\u00e9judiciable de Hassan Ngeze, dat\u00e9e du 14 ao\u00fbt 2003<\/li>\n<li>Lettre du 13 juin 2006 de Hassan Ngeze qui est une demande de pardon adress\u00e9e au Pr\u00e9sident Paul Kagame via le Repr\u00e9sentant sp\u00e9cial du Gouvernement rwandais aupr\u00e8s du TPIR, M. Aloys MUTABINGWA.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Je peux maintenant passer aux commentaires sur certains passages des livres de Monsieur Hassan NGEZE. Je ne parlerai que de certaines parties que je ma\u00eetrise le mieux, tellement il \u00e9crit des choses, qu\u2019il n\u2019est pas facile de le suivre et de commenter sur tout.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>DES RAMASSIS DE MENSONGES, DE FABULATIONS ET DE RUMEURS<\/strong><\/p>\n<p><em>\u201cNgeze utilise, travestit et fabrique des informations, les organisant \u00e0 d\u2019autres fins. Dans son t\u00e9moignage, aussi bien que dans sa conduite au cours de la proc\u00e9dure, Ngeze a d\u00e9montr\u00e9 un m\u00e9pris absolu pour la v\u00e9rit\u00e9, et pour la solennit\u00e9 de son engagement \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9\u201d.<\/em><a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><em><strong>[11]<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n<p>Ce qui est \u00e9crit dans ce paragraphe 878 du Jugement par la Chambre de premi\u00e8re instance du TPIR dans l\u2019affaire ICTR-99-52-T pourra aider \u00e0 bien comprendre ce que je dirai sur les livres de Hassan NGEZE, du moins pour les passages que j\u2019aborderai. J\u2019aurais aim\u00e9 ne pas verser dans ces histoires, mais devant ce qu\u2019\u00e9crit Monsieur Hassan NGEZE, devant les diff\u00e9rents appels que j\u2019ai re\u00e7us me demandant si ce qui est \u00e9crit dans ces livres est r\u00e9ellement vrai, devant le fait que Hassan NGEZE a voulu travestir l\u2019histoire pour ses int\u00e9r\u00eats personnels, et face \u00e0 la confusion qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9e dans l\u2019esprit de nombreuses personnes, j\u2019ai trouv\u00e9 n\u00e9cessaire de r\u00e9agir, pour rectifier certaines choses, l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai des \u00e9l\u00e9ments pour le faire. Il ne s\u2019agit pas de me d\u00e9fendre des mesquines attaques qu\u2019il a dirig\u00e9es contre moi, il ne s\u2019agit pas de me mettre du bon c\u00f4t\u00e9, ni de d\u00e9fendre telle ou telle autre personne injutement vilipend\u00e9e, il ne s\u2019agit pas de verser dans la pol\u00e9mique que j\u2019aurais bien aim\u00e9 \u00e9viter, mais il s\u2019agit de dire la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Le seul m\u00e9rite de ces livres de Monsieur Hassan NGEZE, est d\u2019amener ceux qui savent, \u00e0 dire aux autres ce qui est vrai. C\u2019est pourquoi j\u2019esp\u00e8re que d\u2019autres feront la m\u00eame chose, dans le domaine qu\u2019ils ma\u00eetrisent le mieux. Car les Rwandais et le monde ont besoin de savoir.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>DEUXIEME PARTIE: IGICUMBI CY\u2019IKINYOMA<\/strong><\/p>\n<p>\u201c<em>Igicumbi cy\u2019ikinyoma<\/em>\u201d ou \u201c<em>Le havre du mensonge<\/em>\u201d comme cela a \u00e9t\u00e9 traduit en fran\u00e7ais par l\u2019auteur, convient bien \u00e0 ce premier livre de Monsieur Hassan NGEZE. Car beaucoup de mensonges le disputent en malveillance \u00e0 la fabulation et aux rumeurs.<\/p>\n<p><strong>A la page 31 de son livre<\/strong>, Hassan NGEZE se targue d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 la personne qui avait le plus d\u2019informations que tout le monde au Rwanda. Il fait comprendre que m\u00eame ceux qui croyaient \u00eatre d\u00e9positaires des secrets de l\u2019Etat \u00e9taient moins inform\u00e9s que lui; pour cela, il se sentait fort et important.<\/p>\n<p>Personnellement, je trouve que ceci est tr\u00e8s ridicule. Comment pouvait-il savoir ce que les autres avaient comme renseignements ? M\u00eame s\u2019il \u00e9tait capable de voler certains documents des services de l\u2019Etat, ce qui est tout \u00e0 fait vrai, il n\u2019avait quand m\u00eame pas tout vol\u00e9<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. M\u00eame s\u2019il parvenait \u00e0 corrompre certains agents pour qu\u2019il lui donnent des documents, il n\u2019avait pas corrompu tout le monde, et ceux qu\u2019il contactait ne lui donnaient pas tout. Il se croyait savoir beaucoup de choses, mais il ne pouvait pas savoir ce que les autres savaient. Comme je l\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 ci-dessus, il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 regarder les quelques \u00e9l\u00e9ments expos\u00e9s par l\u2019ancien officier responsible des rensignements \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise en 1994, le G\u00e9n\u00e9ral Aloys NTIWIRAGABO, sur le site \u201c<em>The Rwandan<\/em>\u201d sous le titre \u201c<em>Rwanda &#8211; Attentat du 6 avril 1994; A<\/em> <em>quand la cl\u00f4ture de l\u2019enqu\u00eate<\/em> ?\u201d, du 29 juillet 2016. Et ce n\u2019est qu\u2019une infime partie des renseignements \u00e0 la disposition du service G2. Que savait Hassan NGEZE ? Que le Pr\u00e9sident HABYARIMANA allait \u00eatre assassin\u00e9 ? Qui ne le savait pas ? Le FPR ne l\u2019avait-il pas implicitement dit dans son document que j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 ci-dessus ? De multiples rapports ne le signalaient-ils pas tout le temps, les d\u00e9tails donn\u00e9s par le G\u00e9n\u00e9ral NTIWIRAGABO n\u2019\u00e9tant qu\u2019un exemple ? Non, ce que dit Hassan NGEZE sur ce point bien pr\u00e9cis n\u2019est qu\u2019une fa\u00e7on de se mettre en \u00e9vidence, pour faire croire \u00e0 ceux qui ne sont pas inform\u00e9s, qu\u2019il \u00e9tait formidable dans le recueil du renseignement. Il n\u2019en \u00e9tait rien. La diff\u00e9rence, c\u2019est que les services charg\u00e9s du renseignement ne pouvaient aucunement mettre dans les journaux ce qu\u2019ils savaient. Quant \u00e0 dire que NGEZE \u00e9tait la personne la plus renseign\u00e9e du Rwanda, c\u2019est de l\u2019\u00e9gotisme outr\u00e9. D\u2019ailleurs, ce qu\u2019il publiait, c\u2019est ce qu\u2019il volait ou achetait aux services en charge du renseignement, ou dans diff\u00e9rents autres services de l\u2019Etat, en corrompant certains agents. \u00c7a, je le lui conc\u00e8de. Mais de l\u00e0 \u00e0 dire qu\u2019il \u00e9tait le plus renseign\u00e9 au Rwanda, c\u2019est tout \u00e0 fait grotesque.<\/p>\n<p><strong>Monsieur Hassan Ngeze se targue d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le favori <\/strong>de certaines personnes haut plac\u00e9es, qui l\u2019aimaient parce qu\u2019il leur faisait de bonnes analyses. Il donne l\u2019exemple de Monsieur Valens KAJEGUHAKWA. Ceci est certainement vrai pour Monsieur KAJEGUHAKWA effectivement, mais non pas parce que Hassan Ngeze faisait des analyses pour lui, mais plut\u00f4t parce qu\u2019il lui amenait des informations qu\u2019il glanait \u00e0 gauche et \u00e0 droite, dans le cadre du programme de Kajeguhakwa de d\u00e9truire le r\u00e9gime Habyarimana. En effet, dans son livre \u201c<em>Rwanda, De la terre de paix \u00e0 la terre de sang et apr\u00e8s\u00a0?\u201d, <\/em>p.219, Monsieur Valens Kajeguhakwa avoue que, en 1990, il se consid\u00e9rait comme un combattant infiltr\u00e9 dans la forteresse de l\u2019ennemi. Il affirme aussi avoir rencontr\u00e9, en mars 1990, \u00e0 Francfort en Allemagne, Paul Kagame et le Docteur Peter Bayingana (tous les deux hauts responsables du FPR). Quelques mois auparavant, il avait rencontr\u00e9 et fait connaissance avec le g\u00e9n\u00e9ral Fred Rwigyema, alors pr\u00e9sident du FPR. A la page 222 et 223, Kajeguhakwa affirme que deux autres personnes ont \u00e9t\u00e9 m\u00eal\u00e9es dans son plan, durant la d\u00e9cennie 1980-1990. Il s\u2019agit de Monsieur Vincent Rwabukwisi et Monsieur Rugelinyange, qui \u00e9crivaient dans Kanguka. Et il avoue qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9 le journal KANGUKA, pour \u00ab<em>\u00a0unifier clandestinement l\u2019action des patriotes de l\u2019ext\u00e9rieur avec celles des pr\u00eatres progressistes, les jeunes intellectuels du Nord, du Centre et du Sud du pays\u00a0\u00bb<\/em>. Donc, le journal KANGUKA travaillait pour le FPR, et cela \u00e9tait connu. Plus loin, il avoue qu\u2019\u00e0 partir de 1984, il disposait d\u2019un r\u00e9seau d\u2019informateurs militaires au niveau des Etats-majors notamment, ainsi que des civils dans les minist\u00e8res, les pr\u00e9fectures et les communes. Il affirme que ses informateurs \u00e9taient pay\u00e9s par le r\u00e9seau de ses stations-service, pour extorquer des informations de toute sorte dans diff\u00e9rents secteurs de la vie nationale, et apr\u00e8s faire pression et chantage, pour provoquer une d\u00e9saffection vis-\u00e0-vis du r\u00e9gime. Voil\u00e0 le domaine dans lequel a travaill\u00e9 Hassan Ngeze qui \u00e9tait un agent de Kajeguhakwa, et qui \u00e9crivait dans KANGUKA, journal fond\u00e9 par Valens Kajeguhakwa lui-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>Premier exemple<\/strong><\/p>\n<p><strong>De la page 31 \u00e0 32<\/strong>, Ngeze pr\u00e9tend qu\u2019il faisait des analyses pour Monseigneur Vincent Nsengiyumva, qui appr\u00e9ciait beaucoup. Je n\u2019en sais vraiment rien, mais je doute tr\u00e8s fort. Pourquoi est-ce que l\u2019archev\u00eaque allait recourir aux analyses de Hassan Ngeze, lorsque nous savons que l\u2019Eglise catholique avait beaucoup d\u2019intellectuels qui pouvaient faire ce travail ? Je doute fort sur ces all\u00e9gations.<\/p>\n<p><strong>Ngeze pr\u00e9tend qu\u2019il faisait des analyses<\/strong> pour le Pr\u00e9sident Habyarimana. Ceci est faux. Tout le monde comprend que si Ngeze \u00e9tait quelqu\u2019un qui faisait des analyses pour le Pr\u00e9sident Habyarimana, il n\u2019allait pas s\u00e9journer 20 fois en prison, et 35 fois dans les cachots des brigades de gendarmerie.<\/p>\n<p><strong>Il fait entendre que<\/strong> des diplomates \u00e9trangers en poste \u00e0 Kigali le recevaient dans leurs bureux ou dans leurs r\u00e9sidences et appr\u00e9ciaient ses analyses. C\u2019est possible qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par certains diplomates \u00e9trangers. Mais ce n\u2019est pas pour entendre ses analyses. C\u2019est tout simplement que des gens comme Ngeze pouvaient faire de bons informateurs. Sinon, pour des analyses de situations, ce n\u2019est pas \u00e0 Ngeze qu\u2019ils allaient recourir.<\/p>\n<p><strong>Hassan Ngeze est un grand affabulateur.<\/strong> <strong>De la page 32 \u00e0 36 de son livre<\/strong>, il raconte comment un ambassadeur \u00e9tranger en poste \u00e0 Kigali l\u2019a envoy\u00e9 \u00e0 Bujumbura, pour aller pr\u00e9venir le Pr\u00e9sident Ndadaye qu\u2019il allait \u00eatre assassin\u00e9 par le Colonel BIKOMAGU dans 15 jours. Le Pr\u00e9sident Habyarimana l\u2019aurait alors recommand\u00e9 au Pr\u00e9sident Ndadaye pour qu\u2019il le re\u00e7oive sans tarder. Et le Pr\u00e9sident Ndadaye l\u2019aurait re\u00e7u, mais a rejet\u00e9 les informations que Ngeze lui amenait, ce qui fait qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 comme Ngeze l\u2019avait pourtant pr\u00e9dit.<\/p>\n<p>Ceci est quand m\u00eame aberrant ! Si ledit ambassadeur avait des informations d\u2019une telle gravit\u00e9, ce n\u2019est pas Ngeze qu\u2019il allait envoyer \u00e0 Bujumbura pr\u00e9venir le Pr\u00e9sident Ndadaye. Il y a des canaux diplomatiques par lesquels il allait passer, notamment en avertissant d\u2019autres diplomates de son pays en poste \u00e0 Bujumbura, pour qu\u2019ils avertissent \u00e0 leur tour le Pr\u00e9sident Ndadaye. Ou alors, l\u2019ambassadeur allait envoyer quelqu\u2019un de son ambassade pour aller s\u2019occuper de cette affaire. Le Pr\u00e9sident Habyarimana pouvait directement t\u00e9l\u00e9phoner au Pr\u00e9sident Ndadaye. Ou demander \u00e0 son ambassadeur \u00e0 Bujumbura de faire le n\u00e9cessaire pour que son homologue burundais soit averti du danger qui pesait sur lui. Ce n\u2019est pas un certain Ngeze qu\u2019il allait recommander au Pr\u00e9sident Ndadaye. Je connais bien l\u2019id\u00e9e que le Pr\u00e9sident Habyarimana avait de Monsieur Hassan Ngeze. En tant que journaliste, Ngeze a certainement rencontr\u00e9 le Pr\u00e9sident Ndadaye, comme ce dernier rencontrait beaucoup d\u2019autres journalistes. Nous le voyons sur les photos qui figurent dans le livre de Ngeze. Mais dire que c\u2019\u00e9tait dans le cadre d\u2019une mission lui assign\u00e9e par un ambassadeur en poste \u00e0 Kigali et par le Pr\u00e9sident Habyarimana, ce n\u2019est pas croyable.<\/p>\n<p>Vous remarquerez que Ngeze commence son histoire en affirmant qu\u2019il avait re\u00e7u les informations d\u2019un ambassadeur qui l\u2019a envoy\u00e9 \u00e0 Bujumbura, et il termine en affirmant que c\u2019est lui-m\u00eame qui avait pr\u00e9dit l\u2019assassinat du Pr\u00e9sident Ndadaye. Je laisse au lecteur le soin d\u2019appr\u00e9cier.<\/p>\n<p><strong>Deuxi\u00e8me exemple<\/strong><\/p>\n<p><strong>A la page 36, Hassan Ngeze all\u00e8gue<\/strong> qu\u2019il a suivi de tr\u00e8s pr\u00e8s la pr\u00e9paration de l\u2019assassinat du Pr\u00e9sident Habyarimana, y compris les diff\u00e9rentes modifications du plan d\u2019assassinat chaque fois qu\u2019elles intervenaient, et qu\u2019il en informait r\u00e9guli\u00e8rement le Pr\u00e9sident Habyarimana qu\u2019il aurait rencontr\u00e9 plus de 12 fois, depuis le mois de septembre 1993 jusqu\u2019au moment o\u00f9 le Pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9. Ngeze pr\u00e9tend qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 au courant de l\u2019arriv\u00e9e des missiles qui ont abattu l\u2019avion pr\u00e9sidentiel, et a directement averti le Pr\u00e9sident. Ngeze fait sentir qu\u2019il avait tout dit au Pr\u00e9sident, mais que rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait pour \u00e9viter son assassinat. Il n\u2019oublie pas d\u2019ajouter qu\u2019il \u00e9tait la personne la plus renseign\u00e9e sur ce dossier d\u2019assassinat du Pr\u00e9sident Habyarimana.<\/p>\n<p>\u00c7a c\u2019est typiquement du Hassan Ngeze. A partir d\u2019un \u00e9v\u00e9nement ou d\u2019une histoire, il essaie de se transformer en acteur principal, et il se donne des r\u00f4les, \u00e0 partir de ce qui s\u2019est pass\u00e9. D\u2019abord, de septembre 1993 \u00e0 avril 1994, Ngeze n\u2019a pas rencontr\u00e9 le Pr\u00e9sident Habyarimana en apart\u00e9. Ngeze est quelqu\u2019un qui ne fr\u00e9quentait pas la r\u00e9sidence ou les bureux du Pr\u00e9sident Habyarimana. Si vous lui demandez qui l\u2019aurait vu quand il allait voir le Pr\u00e9sident Habyarimana, il vous dira des noms de personnes qui sont toutes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Il ne dira aucun nom d\u2019un membre de la famille encore en vie. Il ne vous dira pas que tel ou tel autre fonctionnaire de la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique encore en vie, l\u2019a vu. Jamais. Je le mets donc au d\u00e9fi de pr\u00e9ciser qui l\u2019aurait vu toutes ces fois qu\u2019il serait all\u00e9 voir le Pr\u00e9sident Habyarimana.<\/p>\n<p>Comment est-ce que Hassan Ngeze peut-il oser dire qu\u2019il \u00e9tait la seule personne qui avait les renseignements exacts sur le plan d\u2019assassinat du Pr\u00e9sident Habyarimana ? Comment peut-il savoir ce que les autres savaient ? Et si c\u2019est le cas, c\u2019est alors qu\u2019il n\u2019avait pas de pouvoir de persuasion, pour faire comprendre que ses renseignements \u00e9taient exacts, et amener les autorit\u00e9s \u00e0 prendre les mesures qui s\u2019imposaient. Non, ce que dit Hassan Ngeze sur ce point, comme sur beaucoup d\u2019autres, c\u2019est de la fabulation.<\/p>\n<p><strong>Troisi\u00e8me exemple<\/strong><\/p>\n<p><strong>Hassan Ngeze affirme<\/strong> que des Blancs qui avaient aid\u00e9 le FPR \u00e0 prendre le pouvoir lui ont donn\u00e9 la mission d\u2019aller voir le Gouvernement Kambanda en exil, et lui dire trois choses;<\/p>\n<ul>\n<li>Qu\u2019il a perdu la guerre d\u00e9finitivement, et qu\u2019il ne peut plus reprendre le pouvoir, que ce qui va suivre est d\u2019\u00eatre traduit en justice pour r\u00e9pondre des tueries commises.<\/li>\n<li>Remettre au nouveau Gouvernement en place \u00e0 Kigali l\u2019argent de la Banque Nationale emmen\u00e9 en exil, contre des dollars qui seraient fournis au Gouvernement Kambanda, et d\u00e9pos\u00e9s dans une banque de son choix, notamment au Kenya.<\/li>\n<li>Si cela n\u2019est pas fait, l\u2019argent emmen\u00e9 perdra sa valeur et deviendra de simples feuilles de papier, et le nouveau gouvernement de Kigali aura de nouveaux billets.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Hassan Ngeze pr\u00e9tend<\/strong> qu\u2019il est all\u00e9 le dire \u00e0 l\u2019ancien Gouverneur de la Banque Nationale, Monsieur Denys NTIRUGILIMBABAZI, au Premier Ministre Jean KAMBANDA, au Pr\u00e9sident SINDIKUBWABO, et \u00e0 l\u2019ancien Ministre des Finances Emmanuel NDINDABAHIZI. Tous auraient refus\u00e9 de s\u2019ex\u00e9cuter, et l\u2019argent a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mon\u00e9tis\u00e9, tandis que le nouveau gouvernement \u00e0 Kigali a eu sa nouvelle monnaie. Ngeze veut dire par l\u00e0 qu\u2019il a jou\u00e9 son r\u00f4le, mais que l\u2019ancien Gouvernement n\u2019a pas compris ni pris en consid\u00e9ration ce qui lui \u00e9tait demand\u00e9, privant ainsi la population des r\u00e9fugi\u00e9s des dollars qui allaient lui \u00eatre donn\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais, qui peut croire en ces balivernes ? Comment est-ce que des \u201cBlancs qui avaient aid\u00e9 le FPR \u00e0 prendre le pouvoir\u201d allaient commissionner Hassan Ngeze aupr\u00e8s du Gouvernement de Kambanda en exil, comme si personne de plus cr\u00e9dible ne pouvait faire cela ? Qui \u00e9taient ces Blancs ? Hassan Ngeze ne vous dira aucun nom. Qui \u00e9tait donc Ngeze pour recevoir cette mission ? Je sais que le G\u00e9n\u00e9ral Dallaire venait voir certaines personnalit\u00e9s au Za\u00efre. Pourquoi n\u2019aurait-il pas re\u00e7u cette mission, plut\u00f4t que de la confier \u00e0 Ngeze ? Ce n\u2019est pas vrai. Est-ce que des gens comme NDINDABAHIZI, KAMBANDA et NTIRUGILIMBABAZI confirment ces all\u00e9gations? Je trouve \u00e7a invraisemblable.<\/p>\n<p><strong>Quatri\u00e8me exemple<\/strong><\/p>\n<p><strong>De la page 38 \u00e0 39, Hassan Ngeze reparle des Blancs<\/strong> qui aidaient le FPR, qui, en 1996, l\u2019auraient envoy\u00e9 en mission au Za\u00efre, pour rencontrer les responsables des r\u00e9fugi\u00e9s et les responsables militaires des ex-FAR. La mission consistait, selon Ngeze, \u00e0 dire \u00e0 ces responsables que le FPR allait attaquer les camps des r\u00e9fugi\u00e9s, et que l\u2019attaque irait aussi jusqu\u2019\u00e0 Kinshasa, pour renverser le Pr\u00e9sident Mobutu. Les responsables devaient donc renvoyer au Rwanda les femmes et les enfants r\u00e9fugi\u00e9s, tandis que les hommes et les jeunes gens devaient se r\u00e9fugier dans les for\u00eats du Congo (alors Za\u00efre), car s\u2019ils rentraient, ils seraient extermin\u00e9s par le FPR, tandis que les femmes et les enfants n\u2019allaient subir aucune exaction. Lesdits Blancs auraient \u00e9galement pr\u00e9cis\u00e9 que le FPR avait d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9 ses infiltr\u00e9s dans les camps des r\u00e9fugi\u00e9s, et qu\u2019ils y vivaient avec les r\u00e9fugi\u00e9s, bien s\u00fbr \u00e0 l\u2019insu de ces derniers.<\/p>\n<p><strong>Ngeze se serait rendu au Za\u00efre<\/strong> par avion fourni par les Blancs qui lui avaient donn\u00e9 la mission. Arriv\u00e9 au Za\u00efre, il aurait rencontr\u00e9 le G\u00e9n\u00e9ral Bizimungu et le G\u00e9n\u00e9ral Kabiligi et leur a donn\u00e9 le message. Mais rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait dans le sens souhait\u00e9 par ceux qui avaient envoy\u00e9 Ngeze. Deux jours apr\u00e8s son retour \u00e0 Nairobi, les camps ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s, avec la suite que tout le monde conna\u00eet. Quand Ngeze l\u2019a appris, il serait all\u00e9 le dire au Pr\u00e9sident Daniel Arap Mo\u00ef du Kenya. Le Pr\u00e9sident MOI aurait donn\u00e9 \u00e0 Ngeze un avion pour ravitailler les r\u00e9fugi\u00e9s dans les for\u00eats du Congo, en leur apportant vivres et m\u00e9dicaments. Puis Ngeze et d\u2019autres auraient commenc\u00e9 des op\u00e9rations d\u2019\u00e9vacuation de certains r\u00e9fugi\u00e9s vers le Kenya, par avion, car le Pr\u00e9sident MOI avait donn\u00e9 les directives pour faciliter l\u2019entr\u00e9e de ces r\u00e9fugi\u00e9s Hutu au Kenya. C\u2019est \u00e7a ce qu\u2019avance Hassan Ngeze.<\/p>\n<p>Eh bien, ceci est un gros mensonge. D\u2019abord, je ne vois pas pourquoi ces Blancs qui aidaient le FPR allaient chercher \u00e0 pr\u00e9venir les r\u00e9fugi\u00e9s civils et les ex-FAR de l\u2019imminence de l\u2019attaque, s\u2019ils \u00e9taient r\u00e9ellement avec le FPR. Deuxi\u00e8mement, les g\u00e9n\u00e9raux Kabiligi et Bizimungu n\u2019\u00e9taient pas pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019Est du Congo au moment o\u00f9 Ngeze est suppos\u00e9 les avoir rencontr\u00e9s et leur avoir pass\u00e9 le message. En effet, le G\u00e9n\u00e9ral Kabiligi \u00e9tait au Kenya, et il n\u2019est rentr\u00e9 que la veille des attaques contre les camps des r\u00e9fugi\u00e9s par le FPR<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. A ce moment-l\u00e0, Ngeze \u00e9tait suppos\u00e9 \u00eatre retourn\u00e9 \u00e0 Nairobi. Donc, il n\u2019a pas pu voir le g\u00e9n\u00e9ral Kabiligi. Quant au G\u00e9n\u00e9ral Bizimungu, il \u00e9tait \u00e0 Kinshasa depuis une semaine, et quand les attaques contre les camps ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9es, le G\u00e9n\u00e9ral Bizimungu \u00e9tait toujours \u00e0 Kinshasa. Ceux qui \u00e9taient avec lui \u00e0 Kinshasa le savent et peuvent t\u00e9moigner. Il y en a qui sont rentr\u00e9s au Rwanda, et qui sont maintenant des personnalit\u00e9s du r\u00e9gime. Je pr\u00e9f\u00e8re taire les noms. Donc Ngeze a menti sur ce point aussi, et je ne vois pas pourquoi il fait cela sans honte.<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne les autres points, je sais par exemple que feu Monseigneur Musabyimana \u00e9tait l\u2019acteur principal qui louait l\u2019avion qui aidait certains r\u00e9fugi\u00e9s qui le pouvaient, \u00e0 se rendre au Kenya. Mais il collaborait avec Hassan Ngeze sur ce projet, et les passagers payaient \u00e9videmment pour le voyage jusqu\u2019au Kenya. C\u2019\u00e9tait bien s\u00fbr une action tr\u00e8s louable, car il y a beaucoup qui ont cherch\u00e9 \u00e0 quitter le Za\u00efre, m\u00eame en payant beaucoup d\u2019argent, mais qui ne l\u2019ont pas pu. Quant au ravitaillement des r\u00e9fugi\u00e9s en vivres et en m\u00e9dicaments, avec le m\u00eame avion, c\u2019est faux. Cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 le cas.<\/p>\n<p>Monsieur Hassan Ngeze ne pr\u00e9cise pas s\u2019il travaillait main dans la main avec ces \u201cBlancs qui aidaient le FPR\u201d, et si non, dans quel cadre ils pouvaient lui faire confiance jusqu\u2019\u00e0 lui confier des missions. Ceci est quand m\u00eame paradoxal.<\/p>\n<p><strong>Cinqui\u00e8me exemple<\/strong><\/p>\n<p><strong>A la page 39, Hassan Ngeze raconte<\/strong> comment il aurait encore \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 d\u2019urgence par avion \u00e0 GBADOLITE chez le Pr\u00e9sident Mobutu, pour dire \u00e0 ce dernier que la guerre qui venait d\u2019\u00eatre d\u00e9clench\u00e9e contre son pays n\u2019allait pas s\u2019arr\u00eater avant de le renverser, et que la guerre ira jusqu\u2019\u00e0 Kinshasa. A son arriv\u00e9e \u00e0 Gbadolite, Ngeze aurait trouv\u00e9 que Mobutu l\u2019attendait, ce qui veut dire que le Pr\u00e9sident Mobutu avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 \u00e0 l\u2019avance de l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9missaire Ngeze. Selon Ngeze, le Pr\u00e9sident Mobutu lui aurait dit comment le Pr\u00e9sident Habyarimana serait venu le voir le 05 avril 1994, avant d\u2019aller dans la r\u00e9union de Dar-es-Salaam le 06 avril 1994. Ngeze \u00e0 son tour, aurait expliqu\u00e9 comment il avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 du plan d\u2019assassiner le Pr\u00e9sident Habyarimana.<\/p>\n<p>Monsieur Hassan Ngeze ne dit pas qui l\u2019aurait envoy\u00e9 en mission \u00e0 Gbadolite. Il ne dit pas s\u2019il s\u2019agissait encore des fameux \u201cBlancs qui aidaient le FPR\u201d, ou s\u2019il s\u2019agissait de quelqu\u2019un d\u2019autre.<\/p>\n<p>Mais, sinc\u00e8rement, pourquoi est-ce que c\u2019est Hassan Ngeze qui devait accomplir cette mission ? A quoi devait-elle servir ? Il ne dit pas quelle fut la r\u00e9action du Pr\u00e9sident Mobutu quand il lui a appris la teneur de sa mission. L\u2019on remarquera que Hassan Ngeze ne dit nulle part les noms de ses interlocuteurs, que ce soit ceux qui l\u2019ont envoy\u00e9 dans les camps pr\u00e9venir les responsables civils et militaires de l\u2019attaque imminente des camps, que ce soit l\u2019ambassadeur qui l\u2019aurait envoy\u00e9 pr\u00e9venir le Pr\u00e9sident Ndadaye de son assassinat prochain, ou alors ceux-l\u00e0 qui l\u2019auraient envoy\u00e9 informer le Pr\u00e9sident Mobutu de l\u2019objectif de l\u2019attaque contre le Za\u00efre. En fait, il est tr\u00e8s malin, et sait tr\u00e8s bien que s\u2019il donne des noms de ces personnes, alors qu\u2019il sait tr\u00e8s bien que ce n\u2019est pas la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il donne aux lecteurs, il pourrait y avoir v\u00e9rifications et les personnes mentionn\u00e9es pourraient r\u00e9agir et se plaindre pour ce mensonge qui les implique dans des histoires. Ngeze ne donne que les noms des Rwandais, surtout ceux qui sont morts, ou ceux qui sont en prison, ou alors ceux qui ont des difficult\u00e9s de r\u00e9agir. Voil\u00e0 tout.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, je suis d\u2019avis que cette pr\u00e9tendue mission \u00e0 Gbadolite n\u2019a jamais eu lieu. Qui allait dire \u00e0 Mobutu que la guerre visait \u00e0 le renverser, et on devait le lui dire par l\u2019interm\u00e9diaire de Ngeze, pourquoi ?<\/p>\n<p><strong>Sixi\u00e8me exemple<\/strong><\/p>\n<p><strong>A la page 41, Ngeze affirme<\/strong> qu\u2019avant la guerre d\u00e9clench\u00e9e par le FPR, il souhaitait que la Communaut\u00e9 internationale prenne des sanctions contre le Rwanda, pour que le Pr\u00e9sident Habyarimana accepte que les r\u00e9fugi\u00e9s rentrent au Rwanda sans condition, car il les avait emp\u00each\u00e9s de rentrer. Mais la voix de Hassan Ngeze n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 entendue. Il ajoute qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire de tuer Habyarimana, pour que les r\u00e9fugi\u00e9s puissent rentrer apr\u00e8s la mort de celui qui les avait emp\u00e9ch\u00e9s de rentrer.<\/p>\n<p>Mais, est-ce que Ngeze sait au moins que des pourparlers avaient \u00e9t\u00e9 initi\u00e9s entre le Rwanda, le HCR et l\u2019Ouganda, pour que tous les r\u00e9fugi\u00e9s qui le voulaient puissent rentrer au Rwanda ? Est-ce qu\u2019il sait qu\u2019une d\u00e9l\u00e9gation des r\u00e9fugi\u00e9s devait se rendre au Rwanda le 28 septembre 1990, aux frais du gouvernement rwandais, en vue de visiter le pays, \u00e9ventuellement donner des avis sur les infrastructures d\u2019accueil, et enfin informer les autres sur les r\u00e9alit\u00e9s du pays, pour qu\u2019ils puissent rentrer en connaissance de cause ? Et ce processus allait se poursuivre avec les autres pays abritant les r\u00e9fugi\u00e9s rwandais en ce moment-l\u00e0. N\u2019est-ce pas que c\u2019est le FPR qui a fait capoter tout \u00e7a, car le retour pacifique enlevait des arguments au FPR qui voulait prendre tout le pouvoir par les armes ? Tout \u00e7a, Ngeze devrait le savoir. Mais il tient un autre langage certainement pour d\u2019autres buts.<\/p>\n<p><strong>De la page 65 \u00e0 la page 66<\/strong>, <strong>Hassan Ngeze \u00e9crit<\/strong> des choses graves pour moi, mais qui contredisent en quelque sorte ce qu\u2019il a dit ailleurs, et que j\u2019ai repris dans les lignes qui pr\u00e9c\u00e8dent. Pour mieux comprendre, je reprends exactement ce qu\u2019il \u00e9crit, sous le titre <strong>\u201c<em>Ce qui<\/em> <em>est arriv\u00e9 \u00e0 Ngeze pendant la p\u00e9riode du g\u00e9nocide<\/em>\u201d. <\/strong>Il dit ce qui suit:<\/p>\n<p>\u201c<em>Je trouve n\u00e9cessaire de porter \u00e0 votre connaissance la longue marche que j\u2019ai effectu\u00e9e pendant la p\u00e9riode du g\u00e9nocide. Juste apr\u00e8s l\u2019attentat contre l\u2019avion du Pr\u00e9sident, l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e a directement lanc\u00e9 un communiqu\u00e9 disant que le journaliste Hassan Ngeze qui avait \u00e9crit que le Pr\u00e9sident sera assassin\u00e9 doit \u00eatre recherch\u00e9 et tu\u00e9. Ce communiqu\u00e9 militaire a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement diffus\u00e9 dans tout le pays, puis on a ajout\u00e9 le nom de Rwabukwisi Vincent qui \u00e9crivait dans Kanguka, car Hassan Ngeze lui, \u00e9crivait dans Kangura. Beaucoup de gens avaient des difficult\u00e9s \u00e0 distinguer les deux journaux et les deux journalistes.<\/em><\/p>\n<p><em>Le communiqu\u00e9 de l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e est sorti le 06 avril 1994. En ce moment-l\u00e0, j\u2019\u00e9tais dans une veill\u00e9e fun\u00e8bre chez mon grand-p\u00e8re que nous avions enterr\u00e9 la veille en date du 5 [avril 1994]. Quelque chose que je n\u2019ai pas pu m\u2019expliquer encore jusqu\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est que, un jour avant sa mort, mon grand-p\u00e8re Kananira Marc m\u2019a parl\u00e9, il m\u2019a dit que son heure de mourir est arriv\u00e9e, que beaucoup parmi ceux qui vont l\u2019enterrer vont le suivre [dans la mort] imm\u00e9diatement, qu\u2019il ne sera pas le seul \u00e0 causer du chagrin aux gens, mais que plut\u00f4t beaucoup de familles vont conna\u00eetre des moments de deuil.<\/em><\/p>\n<p><em>Ce vieux qui \u00e9tait chr\u00e9tien a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 le 5 avril [1994] apr\u00e8s m\u2019avoir dit tout \u00e7a. Le 06 [avril 1994] apr\u00e8s l\u2019attentat contre l\u2019avion, l\u00e0 o\u00f9 j\u2019\u00e9tais dans le deuil la nuit, j\u2019ai vu arriver des militaires du camp militaire de Gisenyi, et ils m\u2019ont dit que celui qui \u00e9tait alors le commandant militaire \u00e0 Gisenyi leur avait demand\u00e9 de m\u2019arr\u00eater et de m\u2019emmener.<\/em><\/p>\n<p><em>Entre-temps, \u00e0 Kigali aussi, on \u00e9tait all\u00e9 rechercher le nomm\u00e9 Rwabukwisi Vincent, qui \u00e9crivait dans le journal Kanguka. Alors \u00e0 Gisenyi, une heure seulement apr\u00e8s la nouvelle de [la mort ]de Habyarimana, les Tutsi et tous ceux qui n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord avec le r\u00e9gime ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre tu\u00e9s. Quand on m\u2019a fait arriver au camp militaire, j\u2019ai rencontr\u00e9 le colonel Nsengiyumva Anatole dans son bureau, vers 22h00, et il m\u2019a dit que les ordres de m\u2019arr\u00eater ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s<\/em> <em>par l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p><em>On m\u2019a alors fait entrer dans un cachot situ\u00e9 en face du bureau du commandant du camp, o\u00f9 j\u2019ai trouv\u00e9 beaucoup d\u2019autres personnes qui avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es, ensemble nous \u00e9tions 32<\/em> <em>[personnes]. Ceux que j\u2019ai retrouv\u00e9s l\u00e0-bas \u00e9taient des Tutsi que je connaissais car ils \u00e9taient originaires de ma ville natale [de Gisenyi], \u00e0 part qu\u2019il y en avait qui \u00e9taient des Tutsi za\u00efrois. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu du 6 \u00a0jusque dans la nuit du 9 avril apr\u00e8s minuit, c\u2019est pourquoi je dis que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 le 10 [avril 1994]\u201d.<\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai tenu \u00e0 reprendre toutes ces all\u00e9gations, pour permettre aux lecteurs de voir eux-m\u00eames comment Ngeze est un fieff\u00e9 menteur. J\u2019ai donn\u00e9 assez d\u2019explications sur le sujet trait\u00e9 dans ces passages. J\u2019ai dit que Ngeze n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994, et n\u2019est pas rest\u00e9 en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994. Il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en date du 7 mai 1994, n\u2019a pass\u00e9 qu\u2019une seule nuit en d\u00e9tention, et a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 l\u2019avant-midi du 8 avril 1994, dans les circonstances que j\u2019ai expliqu\u00e9es ci-dessus.<\/p>\n<p>La nuit du 6 au 7 avril 1994 a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s calme \u00e0 Gisenyi, et personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et emmen\u00e9 au camp militaire. M\u00eame les jours qui ont suivi, aucun civil n\u2019a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 au camp militaire pour y \u00eatre d\u00e9tenu. Il a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 devant le TPIR, qu\u2019\u00e0 Gisenyi, m\u00eame les t\u00e9moins de l\u2019accusation ont affirm\u00e9 qu\u2019ils ont appris la mort du Pr\u00e9sident Habyarimana le matin du 7 avril 1994, et que les violences n\u2019ont commenc\u00e9 que le 7 avril 1994 pendant la journ\u00e9e. M\u00eame les rescap\u00e9s qui \u00e9taient menac\u00e9s l\u2019ont expliqu\u00e9 ainsi. Et c\u2019est \u00e7a la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Le lecteur se souvient que dans la lettre envoy\u00e9e par Hassan Ngeze \u00e0 l\u2019organisation \u201cAfrican Rights\u201d en date du 02 f\u00e9vrier 1995, il a \u00e9crit ce qui suit, pour parler de ce qui lui est arriv\u00e9 directement apr\u00e8s la mort du Pr\u00e9sident Habyarimana:<\/p>\n<p><em>\u201cEn avril 1994 apr\u00e8s la mort du Pr\u00e9sident HABYARIMANA, le commandant de l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise \u00e0 Gisenyi, le Colonel Anatole NSENGIYUMVA, a organis\u00e9 une r\u00e9union avec ses adjoints comprenant notamment, le Capitaine HABIMANA, qui commandait le Bataillon 62 stationn\u00e9 \u00e0 Gisenyi, ainsi que le Lieutenant BIZUMUREMYI. Dans cette r\u00e9union, il a \u00e9t\u00e9 retenu que je devais \u00eatre attaqu\u00e9 et tu\u00e9 chez moi avec tous ceux qui se trouveraient dans mon domicile. Mais auparavant, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 au camp militaire o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 jusqu\u2019au soir, lorsque le Lieutenant m\u2019a demand\u00e9 de lui expliquer pourquoi les choses que je pr\u00e9dis arrivent toujours. Je lui ai fait comprendre que cela \u00e9tait d\u00fb aux signes avant-coureurs qu\u2019il nous \u00e9tait possible de d\u00e9tecter de par notre m\u00e9tier. Il a ensuite demand\u00e9 \u00e0 son sup\u00e9rieur ce qu\u2019il fallait faire de moi, et il a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019on devait me laisser retourner chez-moi o\u00f9 le n\u00e9cessaire allait \u00eatre fait lors de l\u2019attaque contre mon domicile\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Dans cette lettre, Ngeze ne dit pas qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 dans la nuit du 6 avril 1994, et ne dit pas qu\u2019il serait rest\u00e9 en d\u00e9tention jusqu\u2019au 9 avril 1994. Mais toujours est-il que m\u00eame ce qui est dit dans la lettre \u00e0 African Rights est un mensonge.<\/p>\n<p>Dans le num\u00e9ro 65 du Journal KANGURA de Hassan Ngeze, ce dernier a \u00e9crit sur le m\u00eame sujet, ce qui suit:<\/p>\n<p><em>\u201c<strong>Quand je me rappelle que je suis le journaliste qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu le plus de fois dans toute l\u2019Afrique, \u00e0 savoir 20 fois en prison et 35 fois dans les cachots des brigades [de gendarmerie], plus la 36<sup>\u00e8me<\/sup> fois quand le colonel Nsengiyumva m\u2019a arr\u00eat\u00e9 au mois de mai de cette ann\u00e9e,<\/strong> quand je me rappelle qu\u2019au mois d\u2019avril quand le Pr\u00e9sident Habyarimana est mort plus de 43 t\u00e9l\u00e9grammes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s demandant que quiconque me verrait devait tirer sur moi sans h\u00e9sitation, jusqu\u2019au moment o\u00f9 nous avons su qu\u2019il y avait un plan de tirer sur moi \u00e0 Bigogwe et cela avec la complicit\u00e9 du Colonel Nsengiyumva Anatole, G\u00e9n\u00e9ral Gatsinzi et tous leurs autres complices Inyenzi, quand je me rappelle que tout ceci \u00e9tait fait contre moi alors que je ne convoitais aucun poste de responsabilit\u00e9 dans le pays, que je voulais tout simplement voir la majorit\u00e9 de la population vivre en paix, tout cela montre bien que ce ne sont pas les dirigeants qui vont faire rentrer la population, que c\u2019est plut\u00f4t la population qui va faire rentrer les dirigeants\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ici, Monsieur Hassan Ngeze reconna\u00eet que je ne l\u2019ai arr\u00eat\u00e9 qu\u2019une seule fois, et que c\u2019\u00e9tait au mois de mai 1994. Et c\u2019est \u00e7a la v\u00e9rit\u00e9. J\u2019ai donn\u00e9 beaucoup d\u2019autres explications sur ce point dans les pages qui pr\u00e9c\u00e8dent.<\/p>\n<p>Concernant la mort de son grand-p\u00e8re, nous avons vu que Hassan Ngeze a voulu faire croire qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par les militaires lors d\u2019une attaque all\u00e9gu\u00e9e, dirig\u00e9e contre le domicile de Hassan Ngeze. Il l\u2019a dit dans sa lettre du 04 mai 1999, en ces termes:<\/p>\n<p><strong><em>\u201c\u00c7a n\u2019a pas fait longtemps, et mon domicile a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par des militaires du camp militaire de Gisenyi conduits par le Capitaine Habimana dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, qui commandait le 62<sup>\u00e8me<\/sup> bataillon qui \u00e9tait positionn\u00e9 sur le Mont Rubavu.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Ils ont alors d\u00e9truit mon domicile et \u00e0 cet instant m\u00eame, <u>le vieux qui \u00e9tait le p\u00e8re de ma m\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire mon grand-p\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 dans ces combats. <\/u><\/em><\/strong><strong><em>Nous avons pu nous cacher et faire face \u00e0 ces militaires, surtout que tous les voisins avaient accouru \u00e0 mon secours. Le matin tr\u00e8s t\u00f4t, ces militaires ont tu\u00e9 un Tutsi qui habitait pr\u00e8s de chez-moi et ils sont rentr\u00e9s.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Et dans la matin\u00e9e, un Major qui commandait la Gendarmerie et qui s\u2019appelle Biganiro, qui est mort pour le moment, est venu me voir et m\u2019a dit en me narguant que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par mes amis Inyenzi qui venaient du Za\u00efre. Je lui ai r\u00e9pondu que j\u2019allais publier \u00e0 la radio <strong>que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par des militaires des FAR, <\/strong>puis il m\u2019a dit que cela pourrait causer de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans Gisenyi. Il m\u2019a fait comprendre que si j\u2019aimais ma vie, je devais dire que <strong>je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9<\/strong> par des militaires rwandais, que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t attaqu\u00e9 par des militaires Inyenzi.<\/em><\/p>\n<p><strong><em><u>Alors j\u2019ai fait enterrer le vieux [mon grand-p\u00e8re] qui avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par des militaires de l\u2019arm\u00e9e rwandaise,<\/u><\/em><\/strong><em> puis le Major-l\u00e0 <strong>Uwimana, originaire du Bugoyi<\/strong>, m\u2019a dit que je devais tout faire pour m\u2019en aller \u00e0 Kigali, parce que, disait-il, les militaires qui avaient attaqu\u00e9 mon domicile sont rentr\u00e9s en croyant que j\u2019\u00e9tais bien mort, mais qu\u2019ils venaient d\u2019apprendre que j\u2019\u00e9tais encore en vie, et qu\u2019ils avaient d\u00e9cid\u00e9 de me tuer pendant la journ\u00e9e. Et pendant cette p\u00e9riode, des t\u00e9l\u00e9grammes \u00e9taient lanc\u00e9s chaque jour, demandant de me rechercher et de me tuer sans h\u00e9siter.\u201d<\/em><\/p>\n<p>Dans la m\u00eame lettre du 04 mai 1999, Hassan Ngeze a dit ce qui suit, concernant ce qui lui est arriv\u00e9 directement apr\u00e8s l\u2019attentat contre l\u2019avion pr\u00e9sidential:<\/p>\n<p><em>\u201cQuand l\u2019avion de Habyarimana venait d\u2019\u00eatre descendu par des ennemis, <strong>quand j\u2019\u00e9tais assis<\/strong> <strong>chez-moi \u00e0 la maison \u00e0 Gisenyi<\/strong>, pendant que je venais d\u2019\u00eatre inform\u00e9 de cette nouvelle au t\u00e9l\u00e9phone par des amis, je suis rest\u00e9 chez-moi en pensant aux probl\u00e8mes graves auxquels notre pays allait faire face. Vers 22 heures, un v\u00e9hicule militaire a fait irruption chez-moi avec \u00e0 son bord quatre jeunes Interahamwe \u00e0 savoir <strong>Thomas Mugiraneza, Twagirayesu alias Mabuye, Damas Kalikumutima, Munyagishari Bernard \u2013 <\/strong>tous ces Interahamwe sont mentionn\u00e9s dans le proc\u00e8s <strong>d\u2019Omar Serushago <\/strong>\u2013 et un autre qui s\u2019appelle <strong>Gahutu. <\/strong>Ils \u00e9taient en compagnie de jeunes lieutenants du camp militaire de Gisenyi dont un de la <strong>PM <\/strong>[police militaire] et un autre qui \u00e9tait handicap\u00e9 mais qui \u00e9tait \u00e9tudiant \u00e0 [l\u2019Institut] Saint Fid\u00e8le \u00e0 Gisenyi mais qui \u00e9tait sous les ordres du commandement de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Gisenyi.<\/em><\/p>\n<p><em>Ainsi ils sont entr\u00e9s dans ma maison et c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vers 21h30, alors ils m\u2019ont demand\u00e9 de m\u2019habiller pour que nous allions ensemble voir le Colonel Nsengiyumva qui leur avait demand\u00e9 de m\u2019amener. Je leur ai demand\u00e9 de me pr\u00e9senter les documents qui justifiaient cette invitation et ils m\u2019ont r\u00e9pondu que cela n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire, et que si je ne voulais pas partir avec eux, que j\u2019allais partir dans de mauvaises conditions. Alors j\u2019ai accept\u00e9 leurs instructions teint\u00e9es de terrorisme, et nous sommes partis jusqu\u2019au camp militare de Gisenyi o\u00f9 <strong>Anatole <\/strong>\u00e9tait commandant, nous avons trouv\u00e9 Anatole au bureau et ils m\u2019ont laiss\u00e9 dans le v\u00e9hicule en me disant que je devais attendre dans le v\u00e9hicule jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils m\u2019appellent. Apr\u00e8s toute une heure de temps assis dans le v\u00e9hicule, un lieutenant m\u2019a appel\u00e9 et je suis all\u00e9 au bureau, alors Anatole m\u2019a pos\u00e9 la question en ces mots: <strong>\u201cNgeze, est-ce vrai que tu as \u00e9crit que Habyarimana allait mourir au cours de ces dates-ci ?\u201d. <\/strong>Je lui ai r\u00e9pondu <strong>oui mon colonel <\/strong>et il a secou\u00e9 la t\u00eate.<\/em><\/p>\n<p><em>Je lui ai demand\u00e9 pourquoi il m\u2019avait appel\u00e9 et il m\u2019a r\u00e9pondu que je devais attendre un peu, alors ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 cet instant-l\u00e0 entre ces jeunes Interahamwe et ces lieutenants ainsi que les directives qui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es en ce moment je trouve que <strong>je dois le garder secret. <u>Seulement c\u2019est que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 cette nuit-m\u00eame sans savoir pourquoi j\u2019avais \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 part que le colonel Anatole leur a dit, alors que j\u2019entendais personellement, qu\u2019il attendait les directives devant venir de l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e<\/u><\/strong>, mais je n\u2019ai pas pu savoir de quelles directives il s\u2019agissait. Il n\u2019\u00e9tait pas encore tout \u00e0 fait au courant des circonstances exactes de l\u2019accident et de tous ceux qui avaient succomb\u00e9 dans<\/em> <em>l\u2019accident.<\/em><\/p>\n<p><strong><em><u>Alors j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 chez-moi \u00e0 peu pr\u00e8s vers 23h00,<\/u><\/em><\/strong><em> et quand je suis arriv\u00e9 chez-moi, j\u2019ai imm\u00e9diatement appel\u00e9 au t\u00e9l\u00e9phone le g\u00e9n\u00e9ral Bizimungu qui commandait l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Ruhengeri, il m\u2019a expliqu\u00e9 que je devais venir le voir tr\u00e8s t\u00f4t matin \u00e0 Ruhengeri pour que nous parlions de ces probl\u00e8mes, pour qu\u2019il me donne des conseils sur comment je dois me comporter devant cette situation. Alors j\u2019y suis all\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t matin et je lui ai expliqu\u00e9 comment j\u2019avais \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 au camp militaire, comment j\u2019en \u00e9tais reparti sans savoir pourquoi j\u2019avais \u00e9t\u00e9 appel\u00e9, mais je lui ai exprim\u00e9 l\u2019inqui\u00e9tude que je ressentais \u00e0 ce propos, et il m\u2019a dit qu\u2019il va essayer de voir comment il peut suivre cette question pour que les mauvais desseins qui avaient commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre planifi\u00e9s, soient neutralis\u00e9s, le reste de ce que nous avons dit \u00e0 cette occasion <strong>(je dois le garder secret pour le moment).<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>Alors je suis retourn\u00e9 \u00e0 Gisenyi chez-moi \u00e0 la maison, et quand j\u2019y suis arriv\u00e9, on m\u2019a dit que <strong>des militaires conduits par <u>un lieutenant du camp militaire de Gisenyi appel\u00e9 Bizumuremyi<\/u> est venu chez-moi [le lieutenant] pour me prendre afin que j\u2019aille \u00eatre coffr\u00e9 et il a dit qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par Anatole qui \u00e9tait son sup\u00e9rieur. <\/strong>Alors j\u2019ai trouv\u00e9 que je ne pouvais faire rien d\u2019autre, j\u2019ai essay\u00e9 de chercher des amis et je les ai inform\u00e9 des probl\u00e8mes que je rencontre \u00e0 savoir comment j\u2019allais \u00eatre tu\u00e9 par l\u2019Arm\u00e9e rwandaise qui \u00e9tait cens\u00e9e me prot\u00e9ger.<\/em><\/p>\n<p><em>Alors cela n\u2019a pas pris longtemps et des t\u00e9l\u00e9grammes ont commenc\u00e9 \u00e0 circuler partout dans le pays demandant que quiconque me verrait, puisse me tuer imm\u00e9diatement et en informer ensuite les autorit\u00e9s, mais apr\u00e8s que cette question soit r\u00e9solue. Apr\u00e8s avoir re\u00e7u la copie de ce t\u00e9l\u00e9gramme, j\u2019ai fait recours \u00e0 des amis et je leur ai demand\u00e9 comment je pouvais me comporter devant cette situation, et tous m\u2019ont r\u00e9pondu que le mieux est de fuir et de me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Je demandais en fait pourquoi je devais \u00eatre tu\u00e9 et on me disait que c\u2019est parce que je cachais des Tutsi alors qu\u2019ils \u00e9taient recherch\u00e9s partout. Quand je leur demandais qui \u00e9taient ces Tutsi, on me r\u00e9pondait que je cachais des Tutsi musulmans de la ville de Gisenyi.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00c7a n\u2019a pas pris longtemps et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et conduit au camp militaire de Gisenyi o\u00f9 Anatole \u00e9tait le commandant, et on m\u2019a gard\u00e9 dehors toute la journ\u00e9e, et le soir, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 au camp militaire et <\/em><em>ma famille a \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e de m\u2019amener \u00e0 manger. J\u2019ai souffert de la faim et c\u2019est le lendemain que <strong>j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre interrog\u00e9 par le m\u00eame <u>lieutenant qui s\u2019appelle Bizumuremyi <\/u>qui me disait que tout cela c\u2019est le colonel Anatole qui lui en avait donn\u00e9 les ordres.<\/strong> Alors j\u2019ai pu approcher un Major originaire du Bugoyi qui travaillait au camp militaire de Gisenyi, et qui s\u2019appelle <strong>Major Uwimana<\/strong>.<\/em><\/p>\n<p><em>Il m\u2019a alors expliqu\u00e9 qu\u2019en fait, ces interrogatoires ne sont que de simples formalit\u00e9s, que plut\u00f4t <strong><u>il y a eu une r\u00e9union au camp militaire de Gisenyi o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que je devais \u00eatre tu\u00e9 le plus rapidement possible.<\/u><\/strong> Je lui ai alors demand\u00e9 quelle devrait \u00eatre mon attitude et il m\u2019a r\u00e9pondu qu\u2019il ne le voyait pas lui-m\u00eame, car m\u00eame si je devais prendre fuite et me r\u00e9fugier \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, que, tenant compte de la <\/em><em>d\u00e9termination de ceux qui voulaient me tuer, toute ma famille serait extermin\u00e9e, et je confirmerais ainsi les accusations pour lesquelles on veut me tuer, \u00e0 savoir cacher les Tutsi. <strong>J\u2019ai ensuite \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 le troisi\u00e8me jour, sans avoir mang\u00e9 ne f\u00fbt-ce qu\u2019une seule fois\u201d.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Tout ceci montre \u00e0 suffisance que Hassan Ngeze n\u2019a fait que du montage, essayant chaque fois d\u2019am\u00e9liorer les sc\u00e9narios, pour que ce soit plus ou moins cr\u00e9dible. Mais il n\u2019a m\u00eame pas peur de mentir, pourvu qu\u2019il fasse du mal aux autres, et que son objectif soit atteint. Dans ce sc\u00e9nario-ci, il parle des Interahamwe qui seraient venus l\u2019arr\u00eater en compagnie de jeunes officiers. C\u2019est ridicule, et il ne le r\u00e9p\u00e8te nulle part dans ses autres documents. Ailleurs, il dit que c\u2019est le Sous-lieutenant Dusabeyezu accompagn\u00e9 de cinq militaires qui sont venus l\u2019arr\u00eater. Ailleurs encore, il dit que c\u2019est le Lieutenant Bizumuremyi et d\u2019autres militaires qui sont venus l\u2019arr\u00eater. Et tout cela concerne le m\u00eame episode all\u00e9gu\u00e9.<\/p>\n<p>Hassan Ngeze all\u00e8gue qu\u2019il connaissait certains parmi les Tutsi qui \u00e9taient d\u00e9tenus avec lui au camp militaire la nuit du 6 au 7 avril 1994, car ils \u00e9taient originaires de la ville de Gisenyi, sa ville natale. Certains autres \u00e9taient des Tutsi za\u00efrois. Il n\u2019ose pas donner ne f\u00fbt-ce qu\u2019un seul nom. Je fais ceci bien s\u00fbr pour question de raisonnement, car tout ce qu\u2019il dit ici est faux, et n\u2019a jamais eu lieu. Je viens de le d\u00e9montrer.<\/p>\n<p>Concernant le pr\u00e9tendu communiqu\u00e9 de l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e qui donnait ordre de rechercher Hassan Ngeze et de le tuer, ainsi que le nomm\u00e9 Rwabukwisi Vincent, c\u2019est de la pure fabrication, il n\u2019a jamais exist\u00e9, et je mets Hassan Ngeze au d\u00e9fi de le montrer, m\u00eame s\u2019il est pass\u00e9 ma\u00eetre dans l\u2019art de la falsification, ou de dire qui d\u2019autre l\u2019aurait vu.<\/p>\n<p><strong>De la page 64 \u00e0 65<\/strong>, <strong>sous le titre \u201c<em>Qu\u2019est-ce qui se passait chez-moi<\/em>\u201d, Hassan Ngeze parle<\/strong> notamment de comment il a form\u00e9 des gens pour l\u2019aider \u00e0 transporter des Tutsi au Za\u00efre (actuelle RDC), en les mettant dans des f\u00fbts. Il est possible que Hassan Ngeze ait sauv\u00e9 des Tutsi, mais les t\u00e9moins qu\u2019il avait amen\u00e9s pour confirmer cela n\u2019ont pas pu r\u00e9sister au contre-interrogatoire, et ils ont chang\u00e9 de version, disant qu\u2019ils ne mettaient pas les Tutsi dans des f\u00fbts, mais qu\u2019ils les mettaient au milieu des f\u00fbts, sans qu\u2019ils soient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des f\u00fbts. Seul Ngeze a persist\u00e9 \u00e0 affirmer qu\u2019ils les mettaient dans des f\u00fbts. Parmi les t\u00e9moins qu\u2019il avait pr\u00e9par\u00e9s pour affirmer cela, il y a les t\u00e9moins OAB et OAF qui, finalement, sont venus me charger. Ils sont devenus non cr\u00e9dibles dans mon affaire.<\/p>\n<p>S\u2019il a sauv\u00e9 des Tutsi, c\u2019est une tr\u00e8s bonne chose, mais tout le monde est en droit de se demander pourquoi il doit dire des choses plut\u00f4t invraisemblables.<\/p>\n<p><strong>De la page 65 \u00e0 la page 66<\/strong>, <strong>Ngeze raconte un \u00e9pisode<\/strong> lorsqu\u2019\u00e0 Kigali, pendant les \u00e9v\u00e9nements d\u2019avril 1994, il est all\u00e9 \u00e0 MAGERWA<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>, en compagnie de quelques militaires qui \u00e9taient ses amis, pour aller piller des vivres au profit des Tutsi qu\u2019il avait sauv\u00e9s et plac\u00e9s en certains endroits, comme le Centre Saint Paul et ailleurs. Il affirme qu\u2019arriv\u00e9s \u00e0 MAGERWA, ils y ont rencontr\u00e9 des militaires Inkotanyi qui, eux aussi, venaient piller. Il en a reconnu deux. Il n\u2019y aurait pas eu \u00e9change de coups de feu, et chacun a pill\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9, et Ngeze et ceux qui l\u2019accompagnaient ont pu apporter de quoi manger aux Tutsi qu\u2019il avait r\u00e9ussi \u00e0 sauver.<\/p>\n<p>Ceci est vraiment trop beau pour \u00eatre vrai. D\u2019abord, qui \u00e9taient ces militaires, amis de Hassan Ngeze, qui, au lieu de rester \u00e0 leurs postes pendant cette p\u00e9riode de guerre et de combats, ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 accompagner Ngeze pour aller piller \u00e0 MAGERWA ? Le lecteur se souvient que Hassan Ngeze avait des jeunes qui le gardaient et qui l\u2019accompagnaient partout. M\u00eame si j\u2019avais r\u00e9ussi un moment donn\u00e9 \u00e0 saisir leurs armes, rien ne dit que toutes avaient \u00e9t\u00e9 saisies. Et peut-\u00eatre qu\u2019\u00e0 Kigali, dans sa r\u00e9sidence de Biryogo, Ngeze avait d\u2019autres armes et d\u2019autres jeunes. Moi j\u2019affirme que ce sont ces jeunes qui l\u2019ont accompagn\u00e9 aux MAGERWA, pour piller tout simplement, et non pas pour chercher des vivres au profit de d\u00e9plac\u00e9s Tutsi. Il est de notori\u00e9t\u00e9 publique que beaucoup de gens, surtout des jeunes, ont pill\u00e9 les stocks de MAGERWA. Il y en a m\u00eame qui y ont laiss\u00e9 leur vie, tu\u00e9s par des Inkotanyi qui n\u2019\u00e9taient pas loin. Que Ngeze ait rencontr\u00e9 des Inkotanyi \u00e0 MAGERWA, qu\u2019il n\u2019y ait pas eu \u00e9change de coups de feu, et que tous aient tout simplement pill\u00e9 et qu\u2019ils soient partis tranquillement chacun de son c\u00f4t\u00e9, je pense que personne ne peut y croire.<\/p>\n<p>Il est par ailleurs de notori\u00e9t\u00e9 publique que Hassan Ngeze et ses jeunes ont pill\u00e9 les articles qui se trouvaient aux \u201cEtablissements Rwandais\u201d \u00e0 Kigali pr\u00e8s du Rond Point central, dont des ordinateurs. Je ne peux bien s\u00fbr pas le confirmer, car je n\u2019ai pas vu \u00e7a de mes propres yeux. Mais \u00e7a se raconte. Dans tous les cas, l\u2019anecdote relative aux MAGERWA pour chercher des vivres pour les Tutsi d\u00e9plac\u00e9s, est pour moi, non cr\u00e9dible. C\u2019\u00e9tait pour piller tout simplement, comme beaucoup d\u2019autres l\u2019ont fait. Si Ngeze y est all\u00e9 avec des militaires, c\u2019\u00e9tait des d\u00e9serteurs. Sinon, il est parti avec ses jeunes.<\/p>\n<p><strong>De la page 66 \u00e0 68 de son livre<\/strong>, sous le titre <strong>\u201cL\u2019\u00e9vacuation des Tutsi de Kigali vers Gisenyi pour qu\u2019ils se rendent au Congo\u201d,<\/strong> Hassan Ngeze \u00e9crit ce qui suit:<\/p>\n<p><em>\u201cIl y a un vieux qui s\u2019appelle Habibu Musariyama qui poss\u00e9dait une boulangerie \u00e0 Gisenyi, qui m\u2019a demand\u00e9 de rechercher des gens qui \u00e9taient ses proches et qui avaient \u00e9t\u00e9 rescap\u00e9s des tueries par les Interahamwe, et de les emmener \u00e0 Gisenyi. Nous avons men\u00e9 une action importante de recherche de tous ces Tutsi, nous les avons mis en v\u00e9hicules et nous les avons conduits \u00e0 Gisenyi\u201d. (Ici, il affiche une photo d\u2019une dame avec ses trois enfants, un gar\u00e7on et deux filles).<\/em><\/p>\n<p>Et il continue en disant:<\/p>\n<p><em>\u201cCette dame que vous voyez s\u2019appelle Zayana Kassim, elle habitait \u00e0 Kigali \u00e0 Kivugiza. Elle travaillait \u00e0 Radio Rwanda, branche Swahili. Apr\u00e8s que les Interahamwe aient tu\u00e9 son mari, elle s\u2019est empress\u00e9e de se rendre chez-moi, elle et d\u2019autres survivants. Ces enfants que vous voyez, un avait un mois, l\u2019autre une ann\u00e9e et environ trois mois, et l\u2019autre moins de trois ans. Cette dame est l\u2019une de ceux qui ont fait le voyage avec moi de Kigali \u00e0 Gisenyi, et nous avons \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Bigogwe, et nous avons \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus dans le camp militaire de l\u2019endroit. Le motif \u00e9tait, para\u00eet-il, que j\u2019aidais des Tutsi Inkotanyi \u00e0 fuir. C\u2019est l\u00e0-bas que nous devions \u00eatre tu\u00e9s, comme je l\u2019ai dit ci-dessus. Mais vous voyez maintenant qu\u2019elle et ses enfants sont toujours vivants, les enfants ont grandi, et c\u2019est ce qui fait que je me sens tr\u00e8s courageux, m\u00eame si je rencontre beaucoup de probl\u00e8mes graves. Mais quand je me rappelle de ces moments-l\u00e0, je me sens tr\u00e8s fort. Celui qui voudrait la voir, il la trouverait au Rwanda o\u00f9 elle donnerait toutes les explications sur ce qui est \u00e9crit dans ce livre, surtout en ce qui la concerne, elle et tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s avec elle, et surtout ce voyage difficile o\u00f9 les ordres avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s que je devais \u00eatre tu\u00e9s avec ceux qui \u00e9taient avec moi\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Il continue:<\/p>\n<p><em>\u201cQuand l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e a su qu\u2019environ 40 Tutsi se dirigeaient vers Gisenyi \u00e0 bord de trois v\u00e9hicules convoy\u00e9s par Ngeze Hassan, il a imm\u00e9diatement lanc\u00e9 d\u2019autres messages ordonnant que quiconque va voir Hassan Ngeze doit le tuer sur le champ avec tous ceux qui sont avec lui. Nous avons alors quitt\u00e9 Kigali avec beaucoup de difficult\u00e9s, quand nous sommes arriv\u00e9s en un endroit appel\u00e9 Bigogwe dans Gisenyi, l\u00e0 il y a un camp militaire, on nous a arr\u00eat\u00e9s et on nous a emmen\u00e9s au camp militaire. C\u2019est alors qu\u2019on m\u2019a s\u00e9rieusement interrog\u00e9 sur comment je faisais fuir des Inkotanyi. J\u2019ai alors demand\u00e9 au commandant du camp militaire comment des b\u00e9b\u00e9s d\u2019environ deux ans que je transportais avec leurs mamans pouvaient \u00eatre des ennemis du pays. Il a regard\u00e9 toutes ces gens, et je lui ai dit qu\u2019il peut m\u2019arr\u00eater si c\u2019est moi qui suit recherch\u00e9, et laisser libres les autres, car de toutes fa\u00e7on leurs proches avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s \u00e0 Kigali.<\/em><\/p>\n<p><em>On a accompagn\u00e9 mes v\u00e9hicules et nous sommes all\u00e9s \u00e0 Gisenyi, nous avons remis toutes les personnes \u00e0 leurs familles, les autres ont travers\u00e9 la fronti\u00e8re mais nous avons d\u00e9bours\u00e9 beaucoup d\u2019argent pour \u00e7a, tandis que moi j\u2019ai \u00e9t\u00e9 reconduit \u00e0 Kigali o\u00f9 je devais donner des explications sur comment je faisais fuir des Tutsi. Quand on m\u2019a fait arriver \u00e0 Kigali, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e dans ses bureaux qui se trouvaient alors \u00e0 l\u2019H\u00f4tel des Diplomates, on m\u2019a pos\u00e9 beaucoup de questions sur comment j\u2019\u00e9tais en train de faire fuir des Tutsi. On m\u2019a pos\u00e9 beaucoup de questions sur divers sujets concernant ce que j\u2019\u00e9crivais, qui se r\u00e9alisait par la suite\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ce qu\u2019a \u00e9crit Hassan Ngeze dans ces passages est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de ce qu\u2019il avait dit dans les diff\u00e9rents autres documents que nous avons rencontr\u00e9s ci-dessus, et qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits par lui-m\u00eame. Je donne ne f\u00fbt-ce que deux exemples:<\/p>\n<p>Dans sa lettre \u00e0 l\u2019Organisation \u201cAfrican Rights\u201d, tel que nous l\u2019avons vue ci-dessus, Hassan Ngeze, parlant du m\u00eame \u00e9pisode de Bigogwe et des Tutsi qu\u2019il \u00e9vacuait de Kigali, a \u00e9crit comme suit:<\/p>\n<ul>\n<li>\u201c<em>Au d\u00e9but du mois de mai, le Sous-Lieutenant DUSABEYEZU, fils d\u2019un Adjudant-Chef qui travaillait \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, qui se trouvait alors au camp militaire de Gisenyi mais qui a maintenant rejoint les rangs du FPR, a attaqu\u00e9 mon domicile accompagn\u00e9 de cinq autres militaires. C\u2019\u00e9tait vers 19 heures. Il a dit qu\u2019il \u00e9tait envoy\u00e9 par le Colonel Anatole NSENGIYUMVA pour qu\u2019il vienne v\u00e9rifier si je ne cachais pas des Tutsi chez-moi, dans quel cas il devait alors br\u00fbler toute la concession. Il lui a alors \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 de mettre par \u00e9crit toutes ces d\u00e9clarations et d\u2019y apposer sa signature. Ce qui fut fait aussit\u00f4t. Ensuite, il a mis la maison sens dessus, sens dessous pour rechercher ces Tutsi dont il n\u2019a pas trouv\u00e9 la moindre trace.<\/em><\/li>\n<li><em>Une semaine plus tard, vers 1 heure du matin, des militaires conduits par le Capitaine HABIMANA et le Lieutenant BIZUMUREMYI dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 sont venus chez-moi. D\u00e8s leur arriv\u00e9e, ils ont tir\u00e9 beaucoup de coups et br\u00fbl\u00e9 ma Peugeot 305. Dans cette op\u00e9ration, une personne qui n\u2019\u00e9tait pas impliqu\u00e9e dans cette histoire a trouv\u00e9 la mort. Tous les habitants de la ville de Gisenyi peuvent t\u00e9moigner de ces attaques contre mon domicile.<\/em><\/li>\n<li><strong><em>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de ces attaques, plus de 43 t\u00e9l\u00e9grammes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s demandant \u00e0 toute personne qui m\u2019apercevrait de tirer imm\u00e9diatement sur moi. Au courant de ce mois, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 attrap\u00e9 sur la route Ruhengeri-Gisenyi dans un lieu nomm\u00e9 Bigogwe. Le militaire qui m\u2019a arr\u00eat\u00e9 m\u2019a directement montr\u00e9 le t\u00e9l\u00e9gramme lui intimant l\u2019ordre de m\u2019abattre sur-le-champ, mais puisque nous \u00e9tions nombreux, il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 m\u2019emmener au camp militaire de Bigogwe. La m\u00eame nuit, deux v\u00e9hicules nous ont conduits au camp militaire de Gisenyi, et le lendemain soir, l\u2019on m\u2019a fait monter \u00e0 bord d\u2019une jeep, sous la garde d\u2019un lieutenant de la Police Militaire et de six autres militaires qui avaient re\u00e7u la consigne de m\u2019abattre sur la route de Kigali apr\u00e8s avoir avis\u00e9 le Chef d\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Kigali m\u00eame.<\/em><\/strong><\/li>\n<li><strong><em>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 Kigali pendant la nuit et j\u2019ai directement \u00e9t\u00e9 conduit aupr\u00e8s du Chef d\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e, le G\u00e9n\u00e9ral BIZIMUNGU. Celui-ci m\u2019a laiss\u00e9 lui expliquer l\u2019origine de tous mes probl\u00e8mes et il a conclu que tout cela avait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par le Colonel Anatole NSENGIYUMVA qui envoyait d\u2019incessants t\u00e9l\u00e9grammes demandant que je sois abattu tout simplement parce que [je] pr\u00e9disais des faits sur base des signes avant-coureurs que j\u2019observais et qui \u00e9taient v\u00e9rifiables.<\/em><\/strong><\/li>\n<li><em>Par la suite, Radio Rwanda m\u2019a interview\u00e9 \u00e0 propos de ce que j\u2019avais \u00e9crit pendant la guerre, et sur la fa\u00e7on dont je pensais que la guerre allait se terminer. Compte tenu de l\u2019ignorance profonde qui caract\u00e9risait tous ceux-l\u00e0 qui me pourchassaient et de l\u2019embargo sur les armes qui venait d\u2019\u00eatre d\u00e9cid\u00e9 contre le Gouvernement Rwandais, j\u2019ai r\u00e9pondu que la guerre allait se terminer au mois de juillet 1994, mais qu\u2019\u00e0 Kigali elle allait prendre fin en ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e. Et c\u2019est comme cela que \u00e7a s\u2019est pass\u00e9 effectivement\u201d.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans sa lettre du 04 mai 1999, Hassan Ngeze a plut\u00f4t \u00e9crit ce qui suit:<\/p>\n<ul>\n<li><em>\u201cLe lendemain matin, le colonel Nsengiyumva a amen\u00e9 des militaires PM [police militaire<strong>] et leur a donn\u00e9 une jeep pour m\u2019emmener \u00e0 Kigali o\u00f9 on avait pr\u00e9vu de me tuer. <\/strong>Quand nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 Kigali, on m\u2019a mis au cachot. Peu de temps apr\u00e8s, une bombe est tomb\u00e9e pr\u00e8s du cachot <strong>et le g\u00e9n\u00e9ral Bizimungu <\/strong>est imm\u00e9diatement arriv\u00e9 sur les lieux. Les militaires PM lui ont expliqu\u00e9 qu\u2019ils me ram\u00e8nent de Gisenyi, et qu\u2019on leur a demand\u00e9 de m\u2019emmener \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Kigali.<\/em><\/li>\n<li><em>J\u2019ai imm\u00e9diatement \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral <strong>Bizimungu<\/strong>, et nous sommes all\u00e9s \u00e0 l\u2019H\u00f4tel des Diplomates, nous avons partag\u00e9 [un verre] et il m\u2019a expliqu\u00e9 que celui qui est tr\u00e8s determin\u00e9 <strong>\u00e0 me faire tuer est<\/strong> J\u2019ai ensuite tenu une r\u00e9union avec lui <strong><u>ainsi que Gatsinzi et le Major Baransalitse<\/u><\/strong> l\u00e0-bas m\u00eame \u00e0 l\u2019H\u00f4tel des Diplomates, et ils m\u2019ont expliqu\u00e9 que c\u2019\u00e9tait un miracle que je sois encore en vie, que le t\u00e9l\u00e9gramme \u00e9tait sorti \u00e0 l\u2019aube demandant que je sois tu\u00e9 sans h\u00e9siter.<\/em><\/li>\n<li><em>Alors apr\u00e8s m\u2019\u00eatre expliqu\u00e9, on m\u2019a laiss\u00e9 partir et je suis all\u00e9 chez-moi \u00e0 Biryogo. Entretemps, <strong>un certain Kabiligi est rentr\u00e9 de ses op\u00e9rations, et quand on lui a expliqu\u00e9 comment j\u2019avais \u00e9t\u00e9 ramen\u00e9 de Gisenyi, mais que Bizimungu m\u2019a rel\u00e2ch\u00e9, il [Kabiligi] a dit que CET IMB\u00c9CILE VRAIMENT ALORS QU\u2019IL EST UN INYENZI COMME NOUS AVONS DES PREUVES POUR CELA ! <\/strong>Alors apr\u00e8s quelques jours, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rentrer chez-nous \u00e0 Gisenyi. Et dans le v\u00e9hicule que je conduisais, je transportais la famille d\u2019un vieux qui \u00e9tait mon ami, qui poss\u00e8de une boulangerie \u00e0 Gisenyi, <strong>qui s\u2019appelle Musaliyama, parce que ses enfants sont \u00e9galement des m\u00e9tis d\u2019Arabe et de Noir [abasaliyama]. Que ce n\u2019\u00e9tait pas des Tutsi.<\/strong><\/em><\/li>\n<li><em>Je suis parti et quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Ruhengeri, j\u2019ai rencontr\u00e9 un certain <strong>Bivugabagabo<\/strong>, qui m\u2019a ordonn\u00e9 de me rendre directement au camp militaire de Mukamira. Quand j\u2019y suis arriv\u00e9, il m\u2019y a retrouv\u00e9 et il m\u2019a demand\u00e9 ce qui m\u2019oppose \u00e0 <strong>Anatole<\/strong>. Je lui ai expliqu\u00e9 comment se pr\u00e9sentent les choses, et je lui ai demand\u00e9 de s\u2019informer aupr\u00e8s de <strong>Bizimungu<\/strong> \u00e0 Kigali pour v\u00e9rifier si ce n\u2019est pas de l\u00e0 que je viens, puis apr\u00e8s avoir re\u00e7u des explications compl\u00e8tes que j\u2019ai r\u00e9ellement rencontr\u00e9 le haut commandement de l\u2019Arm\u00e9e. <strong>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 alors rel\u00e2ch\u00e9 et j\u2019ai continu\u00e9 mon voyage vers Gisenyi. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Bigogwe, l\u00e0 aussi j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 parce qu\u2019ils avaient ces t\u00e9l\u00e9grammes qui demandaient que je sois tu\u00e9 sans h\u00e9siter.<\/strong> Alors il a trouv\u00e9 que me tuer ne lui servirait \u00e0 rien, il m\u2019a laiss\u00e9 partir et a dit qu\u2019il valait mieux que je sois tu\u00e9 par quelqu\u2019un d\u2019autre que lui. Entre-temps, j\u2019ai \u00e9crit beaucoup de documents, donnant des explications aux autorit\u00e9s du gouvernement <strong> Alors certains documents que j\u2019ai \u00e9crits en criant au secours, je les ai confi\u00e9s \u00e0 Ngirumpatse Mathieu qui \u00e9tait en compagnie de Nzirorera dans un v\u00e9hicule, et ils se rendaient \u00e0 Gitarama. Ils ont accept\u00e9 de prendre ce courrier pour moi et jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, je les respecte pour \u00e7a. <\/strong>Mais entre-temps ce <strong>Bivugabagabo<\/strong> avait les t\u00e9l\u00e9grammes qui me recherchaient et qui demandaient \u00e9galement que je sois tu\u00e9, et apr\u00e8s lui avoir expliqu\u00e9 comment se pr\u00e9sente le probl\u00e8me et comment j\u2019avais rencontr\u00e9 le <strong>g\u00e9n\u00e9ral Bizimungu<\/strong>, il m\u2019a demand\u00e9 o\u00f9 j\u2019emmenais ces Tutsi que j\u2019avais avec moi, et je lui ai dit que ce n\u2019\u00e9tait pas des Tutsi, mais que c\u2019\u00e9tait des Arabes vivant dans la ville de Gisenyi. <\/em><\/li>\n<li><em>Alors il nous a tous fait descendre du v\u00e9hicule et il a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un petit interrogatoire, mais j\u2019ai \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 par un Major qui, para\u00eet-il, \u00e9tait le S3 dans ce camp militaire. Alors que j\u2019\u00e9tais dans l\u2019interrogatoire, les militaires du camp militaire de <strong>Bigogwe<\/strong> ont utilis\u00e9 mon v\u00e9hicule pour transporter les cadavres des <strong>Tutsi<\/strong> qui avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans ce camp militaire. <\/em><\/li>\n<li><em>Apr\u00e8s le transport des cadavres, ils ont demand\u00e9 aux personnes que je transportais s\u2019elles n\u2019\u00e9taient pas des Tutsi, et elles ont affirm\u00e9 qu\u2019elles \u00e9taient Arabes. C\u2019est alors que Nzungize a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 me dire qu\u2019il ne voulait pas que mon sang soit sur son compte, qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re m\u2019envoyer \u00e0 Gisenyi, l\u00e0 o\u00f9 on a des preuves suffisantes qui peuvent justifier mon assassinat, puisque c\u2019est eux [\u00e0 Gisenyi] qui connaissent mieux ces Tutsi que j\u2019avais cach\u00e9s. <\/em><\/li>\n<li><em>Il a alors demand\u00e9 aux militaires \u00e0 qui il venait de me confier, de me remettre \u00e0 Anatole \u00e0 Gisenyi pendant cette nuit, mais il a dit que je dois d\u2019abord aller montrer o\u00f9 vivent ces Arabes que je transportais, pour voir s\u2019il ne s\u2019agissait pas de Tutsi. Nous sommes partis avec notre v\u00e9hicule plein de sang provenant de ces corps de personnes tu\u00e9es au camp militaire de Bigogwe, et nous sommes arriv\u00e9s dans la ville de Gisenyi o\u00f9 je suis all\u00e9 montrer le domicile de ces Arabes que je transportais, puis on leur a demand\u00e9 les pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9 et on a trouv\u00e9 qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas des Tutsi. Alors mon v\u00e9hicule qui nous ramenait de Kigali, je l\u2019ai laiss\u00e9 chez ces Arabes, et les militaires m\u2019ont mis dans leur jeep sans que je n\u2019arrive chez-moi. <\/em><\/li>\n<li><strong><em>Nous les avons alors laiss\u00e9s l\u00e0-bas tandis que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 au camp militaire o\u00f9 j\u2019ai encore une fois \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu sans interrogatoire, en attendant d\u2019\u00eatre tu\u00e9. J\u2019\u00e9tais d\u00e9tenu avec les bras li\u00e9s derri\u00e8re le dos, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9 par le lieutenant Bizumuremyi. J\u2019ai pass\u00e9 deux jours ligot\u00e9, sans manger. C\u2019est alors que le nomm\u00e9 Nzirorera en compagnie du regrett\u00e9 Musabe Pasteur, sont arriv\u00e9s au camp militaire de Gisenyi pour chercher du carburant pour leurs v\u00e9hicules. L\u00e0 au camp militaire o\u00f9 j\u2019\u00e9tais d\u00e9tenu, j\u2019ai essay\u00e9 de leur demander de dire \u00e0 Anatole de me lib\u00e9rer, mais il a refus\u00e9. Je leur ai demand\u00e9 de lui dire au moins de me d\u00e9tenir, mais sans que je sois ligot\u00e9, mais cela aussi n\u2019a rien donn\u00e9\u201d.<\/em><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Il est clair que toutes ces versions sont diff\u00e9rentes, et montrent bien qu\u2019il s\u2019est agi de montages de la part de Monsieur Hassan Ngeze. Dans une version par exemple, il parle de trois v\u00e9hicules qui transportaient 40 Tutsi qu\u2019il \u00e9vacuait de Kigali vers Goma, dans une autre, et pour le m\u00eame \u00e9pisode, il dit qu\u2019il avait dans son v\u00e9hicule seulement les enfants de MUSALIYAMA, qui \u00e9taient des m\u00e9tisses, et dans la lettre en annexe 2, il parle de 10 Tutsi qu\u2019il voulait \u00e9vacuer au Za\u00efre. Dans une version, il dit qu\u2019arriv\u00e9 \u00e0 Kigali, il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et interrog\u00e9 par l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e; dans une autre, il dit plut\u00f4t qu\u2019il est all\u00e9 partager un verre avec le Chef d\u2019Etat-Major \u00e0 l\u2019H\u00f4tel des Diplomates. Etc, etc\u2026 Le lecteur pourra lui-m\u00eame appr\u00e9cier.<\/p>\n<p><strong>A la page 69, Ngeze se vante<\/strong> qu\u2019apr\u00e8s la guerre, il \u00e9tait la personne au Rwanda, qui a sauv\u00e9 plus de Tutsi que tout le monde, \u00e0 savoir plus de 1000 Tutsi. Et il affirme que tous sont encore vivants.<\/p>\n<p>Mais comment peut-il savoir ce que tout le monde a fait en mati\u00e8re de sauvetage des Tutsi, pour affirmer que c\u2019est lui qui a sauv\u00e9 le plus de monde ? Ceci pose question. Ngeze affirme \u00e9galement, que toutes les images qui passaient sur les t\u00e9l\u00e9visions du monde, c\u2019est lui qui les envoyait sur CNN, Reuters, BBC, et ailleurs, dans le cadre de sensibiliser l\u2019opinion internationale pour amener la Communaut\u00e9 internationale \u00e0 intervenir au Rwanda. Il dit aussi qu\u2019il a pu faire tout \u00e7a, parce qu\u2019il avait l\u2019\u00e9quipement et l\u2019expertise n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Je ne peux pas lui disputer cela, il a pu faire des choses dans ce domaine, mais encore une fois, comment peut-il affirmer que c\u2019est lui qui envoyait toutes les images qui passaient sur toutes les t\u00e9l\u00e9visions du monde, alors qu\u2019il y avait des journalistes \u00e9trangers qui suivaient les \u00e9v\u00e9nements, m\u00eame du c\u00f4t\u00e9 FPR, et qu\u2019il y avait des satellites qui prenaient des photos ? \u00c7a c\u2019est du pur Ngeze !<\/p>\n<p><strong>A la page 73, Hassan Ngeze reparle des <\/strong>attaques pr\u00e9sum\u00e9es conduites par des militaires contre son domicile \u00e0 Gisenyi, parce que, selon lui, il sauvait r\u00e9guli\u00e8rement des Tutsi. Je r\u00e9it\u00e8re mes affirmations qu\u2019une seule perquisition a \u00e9t\u00e9 conduite au domicile de Hassan Ngeze, pour y saisir des armes qu\u2019il avait obtenues je ne sais d\u2019o\u00f9, et elles ont \u00e9t\u00e9 effectivement saisies. Nous avons saisi huit fusils d\u2019assaut. A la m\u00eame occasion, un poste \u00e9metteur-r\u00e9cepteur y a \u00e9t\u00e9 saisi. J\u2019ai expliqu\u00e9 tout ceci dans les pages qui pr\u00e9c\u00e8dent. Voil\u00e0 ce que Hassan Ngeze veut cacher, en s\u2019en prenant en permanence aux militaires du camp militaire de Gisenyi, et \u00e0 moi-m\u00eame particuli\u00e8rement.<\/p>\n<p><strong>A la page 82, Hassan Ngeze raconte des choses<\/strong> que, \u00e0 mon avis, il ne ma\u00eetrise pas du tout. Par exemple, il affirme que les militaires qui \u00e9taient sous le commandement de HABYARIMANA Juv\u00e9nal ont massacr\u00e9 des Tutsi pendant la p\u00e9riode de la Premi\u00e8re R\u00e9publique du Pr\u00e9sident KAYIBANDA. Est-ce que Ngeze peut dire aux lecteurs les circonstances et le moment o\u00f9 ces militaires sous le commandement de Habyarimana auraient commis ces massacres ? Il ne suffit pas d\u2019affirmer, il faut aussi expliquer quand cela est n\u00e9cessaire. Moi je ne suis pas au courant de ces massacres all\u00e9gu\u00e9s.<\/p>\n<p>Il affirme aussi que ce sont les Belges et les Fran\u00e7ais qui ont demand\u00e9 au Pr\u00e9sident Habyarimana de faire un Coup d\u2019Etat pour renverser le Pr\u00e9sident Kayibanda qui \u00e9tait fatigu\u00e9. Mais, est-ce que Hassan Ngeze aurait des preuves de ses affirmations sur ce point ? Que s\u2019est-il r\u00e9ellement pass\u00e9, et quelle fut la part des Fran\u00e7ais et des Belges. Ne sont-ce pas l\u00e0 des rumeurs que Ngeze reprend sans preuves ? Malheureusement, il en est plein dans ses livres.<\/p>\n<p><strong>L\u2019assassinat du Colonel MAYUYA<\/strong><\/p>\n<p><strong>De la page 83 \u00e0 84, Hassan Ngeze parle de l\u2019assassinat du Colonel MAYUYA Stanislas<\/strong>, et raconte des rumeurs qu\u2019il pr\u00e9sente au public comme la v\u00e9rit\u00e9. Il charge le Colonel SERUBUGA Laurent, ainsi que les beaux-fr\u00e8res de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana comme \u00e9tant ceux qui ont conspir\u00e9 pour assassiner le Colonel Mayuya. Il all\u00e8gue que le Colonel SERUBUGA avait appris que son poste allait lui \u00eatre enlev\u00e9, et, implicitement, donn\u00e9 au Colonel Mayuya. Hassan Ngeze n\u2019oublie pas d\u2019impliquer le Lt Colonel Nsengiyumva Anatole, c\u2019est-\u00e0-dire moi-m\u00eame, dans cet assassinat. Il affirme que c\u2019est moi qui ai recrut\u00e9 l\u2019assassin, le sergent BIROLI. Puis il dit que BIROLI a \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9 pour qu\u2019il ne r\u00e9v\u00e8le pas les noms de ses commanditaires. Il parle \u00e9galement de l\u2019arrestation et la mise en d\u00e9tention du Colonel NDIBWAMI D\u00e9ogratias et d\u2019autres, cons\u00e9cutivement au dossier Mayuya.<\/p>\n<p>Tout ce que dit Hassan Ngeze ici n\u2019est que simples rumeurs. Oui, le Colonel Mayuya a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 en date du 18 avril 1988, oui, il a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par un sergent qui s\u2019appelait BIROLI, originaire de l\u2019ancienne commune RUKONDO, dans l\u2019ancienne pr\u00e9fecture de Gikongoro. Mais aucune preuve de l\u2019implication du Colonel Laurent SERUBUGA, ni des beaux-fr\u00e8res de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana n\u2019a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Je ne connaissais pas le sergent Biroli avant l\u2019assassinat du Colonel Mayuya. Je n\u2019avais m\u00eame jamais entendu parler de lui. C\u2019est la premi\u00e8re fois que j\u2019entends quelqu\u2019un vouloir m\u2019impliquer dans l\u2019assassinat du Colonel Mayuya. A part Hassan Ngeze, personne d\u2019autre n\u2019a jamais fait ne f\u00fbt-ce qu\u2019une lointaine allusion \u00e0 mon implication. Par contre, le Pr\u00e9sident HABYARIMANA, quand il a appris la mort du colonel Mayuya, m\u2019a directement d\u00e9sign\u00e9 pour le remplacer au Commandement du Camp Kanombe et du Bataillon para-commando. Je l\u2019ai fait, j\u2019ai couru \u00e0 Kanombe pour reprendre la situation en main et prendre toutes les mesures de s\u00e9curit\u00e9 n\u00e9cessaires pendant de telles circonstances. Une commission a \u00e9t\u00e9 mise en place pour enqu\u00eater sur l\u2019assassinat du Colonel Mayuya, elle n\u2019a obtenu aucun r\u00e9sultat. Une deuxi\u00e8me l\u2019a remplac\u00e9e. Pas de r\u00e9sultat non plus. Une troisi\u00e8me dont je faisais partie a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e, et elle \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9e par le Procureur g\u00e9n\u00e9ral Alphonse Marie Nkubito, et comprenait le Colonel gendarme Pontien HAKIZIMANA et Monsieur NZARAMBA. Nous avons explor\u00e9 plusieurs pistes, et nous n\u2019avons pas pu d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019assassinat.<\/p>\n<p>Entre-temps, l\u2019assassin Biroli est mort en prison dans des circonstances inexpliqu\u00e9es. Une autre enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e \u00e0 ce sujet, mais n\u2019a rien donn\u00e9 de consistant.<\/p>\n<p>Le Colonel NDIBWAMI D\u00e9ogratias, le Colonel BEM NKULIYEKUBONA Anselme, le Major HAVUGWINTORE Mathias, et quelques civils, ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s relativement \u00e0 ce dossier d\u2019assassinat du Colonel Mayuya. Mais leur dossier n\u2019\u00e9tait pas consistant. Ils ont \u00e9t\u00e9 par la suite lib\u00e9r\u00e9s. Nous avions d\u2019ailleurs demand\u00e9 leur lib\u00e9ration longtemps avant, mais cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible. Dans un autre document, je dirai tout ce que je sais sur le dossier MAYUYA. Toujours est-il que Hassan Ngeze ne raconte que des rumeurs, qui avaient d\u2019ailleurs commenc\u00e9 \u00e0 circuler m\u00eame avant l\u2019assassinat du Colonel Mayuya. Obnubil\u00e9 par la volont\u00e9 tenace de me faire du mal, Hassan Ngeze induit l\u2019opinion en erreur en racontant des mensonges, notamment en voulant m\u2019impliquer dans l\u2019assassinat du Colonel Mayuya, un officier que j\u2019admirais tant, et avec lequel j\u2019avais de tr\u00e8s bonnes relations. Quant au Colonel Serubuga et les beaux-fr\u00e8res de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana, tout le monde sait que leur diabolisation avait commenc\u00e9 depuis longtemps, et a continu\u00e9 pendant toute la p\u00e9riode du multipartisme et de la guerre. Hassan Ngeze \u00e9lude tout cela, et dit ce qui l\u2019int\u00e9resse, y compris les mensonges et les rumeurs.<\/p>\n<p><strong>La mort des anciens politiciens de Gitarama<\/strong><\/p>\n<p><strong>De la page 84 \u00e0 85, Ngeze parle de la mort des anciens politiciens de Gitarama,<\/strong> qu\u2019il impute \u00e0 Monsieur Protais Zigiranyirazo. Et il affirme qu\u2019il \u00e9tait en prison \u00e0 Ruhengeri en m\u00eame temps que Monsieur Justin Mugenzi.<\/p>\n<p>Ce que raconte Hassan Ngeze est faux. Oui, les politiciens sont morts, mais Hassan Ngeze ne les a m\u00eame pas vus. Il n\u2019\u00e9tait pas en prison avec eux, il n\u2019\u00e9tait pas avec Justin Mugenzi. Je n\u2019ai pas l\u2019intention de prendre la d\u00e9fense de Monsieur Protais Zigiranyirazo, mais Hassan Ngeze raconte ce qu\u2019il n\u2019a pas vu, et invente des histoires. Je reviendrai sur ce point, dans mon commentaire sur le deuxi\u00e8me livre \u201c<em>Ukuli kwahishuwe<\/em>\u201d.<\/p>\n<p><strong>A la page 101, Hassan Ngeze affirme<\/strong> que feu le Colonel SAGATWA Elie \u00e9tait un Tutsi, fils de Monsieur Ephrem SETAKO, un Chef Tutsi qui a dirig\u00e9 la r\u00e9gion du Bushiru<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. Eh bien, je ne sais pas si Hassan Ngeze aurait fait des recherches et qu\u2019il aurait trouv\u00e9 des preuves de ce qu\u2019il affirme. Ce que moi je sais, c\u2019est que le Colonel Elie Sagatwa \u00e9tait le fils de Fid\u00e8le SEMAPFA, Hutu, et Fid\u00e8le Semapfa \u00e9tait le fr\u00e8re de Gervais MAGERA, beau-p\u00e8re de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana. Mais Ngeze aime bien propager des rumeurs, qu\u2019il prend pour la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il veut faire avaler \u00e0 la population, dans des buts non avou\u00e9s. Sinon, peut-il nous dire d\u2019o\u00f9 il tire ces affirmations sur la filiation de feu le Colonel Elie SAGATWA ?<\/p>\n<p><strong>A la m\u00eame page, Hassan Ngeze pr\u00e9tend<\/strong> qu\u2019aucun officier Tutsi n\u2019a command\u00e9 un camp militaire du temps de Habyarimana, qu\u2019aucun officier Tutsi n\u2019a figur\u00e9 au sein du Commandement des forces arm\u00e9es.<\/p>\n<p>Je sais pourtant que le Colonel Epimaque RUHASHYA a command\u00e9 des camps militaires, dont celui de Ruhengeri o\u00f9 il \u00e9tait en 1971, celui de l\u2019ESO \u00e0 Butare o\u00f9 il \u00e9tait notamment en 1973, et j\u2019\u00e9tais sous son commandement, ainsi que l\u2019important camp militaire de Kigali \u2013 le camp Kigali \u2013 o\u00f9 se trouvaient notamment l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e, l\u2019Ecole Sup\u00e9rieure Militaire, une grande partie et le Commandement de la base logistique de l\u2019 Arm\u00e9e, le Bataillon de reconnaissance, et d\u2019autres unit\u00e9s encore. Je ne cite que cela. Le m\u00eame Colonel Ruhashya a \u00e9t\u00e9 inspecteur des forces arm\u00e9es rwandaises, et il a occup\u00e9 d\u2019autres importantes fonctions au cabinet du Minist\u00e8re de la D\u00e9fense. Ce n\u2019est qu\u2019un exemple. Donc, Monsieur Hassan Ngeze devrait dire ce qu\u2019il ma\u00eetrise le mieux, et non pas \u00e9garer ses lecteurs, en leur racontant n\u2019importe quoi. S\u2019il avait dit que les officiers sup\u00e9rieurs Tutsi n\u2019\u00e9taient pas nombreux, l\u00e0 il aurait eu raison. Mais ce qu\u2019il dit ici est tout \u00e0 fait faux.<\/p>\n<p><strong>A la page 103, Ngeze affirme<\/strong> que c\u2019est le Pr\u00e9sident Habyarimana qui a donn\u00e9 ses insignes de grade de major \u00e0 Paul KAGAME dans une c\u00e9r\u00e9monie en Ouganda, en m\u00eame temps qu\u2019il les a donn\u00e9s au g\u00e9n\u00e9ral RWIGEMA. Et il dit qu\u2019il \u00e9tait personnellement pr\u00e9sent, qu\u2019il a vu cela de ses propres yeux. Ngeze ajoute que le Pr\u00e9sident Habyarimana est ainsi tomb\u00e9 dans le pi\u00e8ge lui tendu par le Pr\u00e9sident MUSEVENI, car en proc\u00e9dant ainsi, il a fait de RWIGEMA et KAGAME des Rwandais comme les autres.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 justement le mensonge de Ngeze, comme d\u2019habitude. Ngeze n\u2019\u00e9tait pas dans la c\u00e9r\u00e9monie en question, et il n\u2019\u00e9tait pas dans la d\u00e9l\u00e9gation qui avait accompagn\u00e9 le Pr\u00e9sident Habyarimana \u00e0 Kampala. Il ne sait certainement pas la date \u00e0 laquelle ces c\u00e9r\u00e9monies ont eu lieu, ni dans quel endroit, ni comment cela s\u2019est d\u00e9roul\u00e9. Je dis qu\u2019il ment, qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent, car moi j\u2019y \u00e9tais. Ngeze n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 \u00e0 Kampala. Pas du tout. Pourquoi doit-il mentir sur ce point aussi ?<\/p>\n<p>Oui, il a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 au Pr\u00e9sident Habyarimana de donner \u00e0 RWIGEMA ses insignes de grade de G\u00e9n\u00e9ral-Major, comme il fut demand\u00e9 \u00e0 d\u2019autres dignitaires alors pr\u00e9sents dans la c\u00e9r\u00e9monie, des Ougandais comme des \u00e9trangers, de donner leurs insignes de grades aux diff\u00e9rents promus. Je ne sais pas pourquoi l\u2019on dit maintenant que cela \u00e9tait un pi\u00e8ge contre le Pr\u00e9sident Habyarimana, mais ceci a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9, non pas directement apr\u00e8s la p\u00e9riode des c\u00e9r\u00e9monies, mais lorsque le multipartisme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9instaur\u00e9 au Rwanda. Alors, les d\u00e9tracteurs du Pr\u00e9sident Habyarimana ont mont\u00e9 cet \u00e9pisode en \u00e9pingle, avec beaucoup de commentaires d\u00e9sobligeants. En tout cas, ce n\u2019est pas le Pr\u00e9sident Habyarimana qui a donn\u00e9 ses insignes de grade \u00e0 Kagame, et en ce moment-l\u00e0, ce dernier ne figurait pas parmi ceux qui devaient recevoir leurs insignes de grades des mains des dignitaires qui avaient \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s dans la c\u00e9r\u00e9monie. Ceci concernait surtout les officiers qui recevaient leurs grades de G\u00e9n\u00e9ral, ou de Colonel et Lieutenant-Colonel. Les autres ont aussi re\u00e7u leurs insignes, mais les Majors ou autres Capitaines, Lieutenants ou Sous-lieutenants ne les ont pas re\u00e7us des mains des hauts dignitaires. Je donnerai d\u2019autres d\u00e9tails plus tard, car moi j\u2019\u00e9tais pr\u00e9sent dans la tribune d\u2019honneur, mais pas Hassan Ngeze.<\/p>\n<p><strong>A la page 123, Ngeze pr\u00e9tend<\/strong> qu\u2019il a vu tous les t\u00e9l\u00e9grammes de l\u2019EM des FAR et du FPR, envoy\u00e9s ou re\u00e7us, pendant toute la p\u00e9riode allant du 06 avril au 15 juillet 1994. Ceci est un mensonge saugrenu. Ce n\u2019\u00e9tait pas possible. M\u00eame des services commis \u00e0 un travail d\u2019interception ne pouvaient pas intercepter tous ces messages des deux c\u00f4t\u00e9s. Je le mets au d\u00e9fi de pr\u00e9senter ne f\u00fbt-ce qu\u2019un dixi\u00e8me de ces messages. Hassan Ngeze comme nous le connaissons, n\u2019allait pas garder ces messages, sans les publier, ou du moins en publier quelques-uns. Ou alors, dire le contenu de quelques-uns d\u2019entre eux. Ce qu\u2019il raconte ici est donc du pur mensonge.<\/p>\n<p><strong>A la page 138, Ngeze rappelle<\/strong> que c\u2019est lui qui prenait toutes les vid\u00e9os qui sont pass\u00e9es sur CNN, BBC, et sur d\u2019autres t\u00e9l\u00e9visions du monde. Mais, ceci est une exag\u00e9ration. Au TPIR, nous avons re\u00e7u comme exhibits de nombreuses vid\u00e9os de la p\u00e9riode d\u2019avril-juillet 1994, qui sont pass\u00e9es sur diff\u00e9rentes t\u00e9l\u00e9visions du monde et ce n\u2019\u00e9tait pas des vid\u00e9os de Hassan Ngeze. Mais, qu\u2019il indique au moins les vid\u00e9os qu\u2019il a prises, et que le monde aurait vues. Ngeze aime trop se gonfler, et il dit tout cela sans honte et sans rire.<\/p>\n<p><strong>A la page 234, Hassan Ngeze semble dire<\/strong> implicitement qu\u2019il poss\u00e8de des t\u00e9l\u00e9grammes que le G\u00e9n\u00e9ral GATSINZI envoyait aux Inkotanyi pendant la p\u00e9riode des hostilit\u00e9s d\u2019avril-juillet `1994. Je ne veux pas dire que le G\u00e9n\u00e9ral Gatsinzi ne l\u2019a pas fait, car je n\u2019en sais rien. Je ne veux pas non plus prendre sa d\u00e9fense. Je veux tout simplement dire que si Ngeze poss\u00e8de de tels t\u00e9l\u00e9grammes, qu\u2019il les publie pour que tout le monde soit inform\u00e9. Sinon, il cr\u00e9e une fausse opinion, et les gens sont tout simplement leurr\u00e9s. C\u2019est comme \u00e7a que naissent des rumeurs, et qu\u2019on cr\u00e9e une fausse histoire des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p><strong>A partir de la page 283, Hassan Ngeze se livre<\/strong> \u00e0 une apologie aveugle et ridicule du Pr\u00e9sident Kagame et du r\u00e9gime FPR. <strong>Mais de la page 284 \u00e0 286<\/strong>, il \u00e9tonne par son analyse de la situation des r\u00e9fugi\u00e9s, allant jusqu\u2019\u00e0 affirmer que les gens comme feu le Colonel Patrick KAREGEYA et le Lt G\u00e9n\u00e9ral KAYUMBA NYAMWASA doivent rentrer au pays et faire face \u00e0 la justice. S\u2019ils refusent cat\u00e9goriquement de rentrer, ils doivent \u00eatre assassin\u00e9s, parce que ce sont des ennemis du pays qu\u2019ils ont fui, surtout qu\u2019ils \u00e9taient d\u00e9positaires de lourds secrets d\u2019Etat qu\u2019ils peuvent utiliser de fa\u00e7on nuisible pour le pays. Pour Hassan Ngeze, le pays doit faire tout son possible pour neutraliser de tels individus, y compris en les assassinant au nom de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Hassan Ngeze n\u2019a pas froid aux yeux en disant ceci. Mais je me demande s\u2019il \u00e9tait vraiment sinc\u00e8re en le disant. Et je me demande si c\u2019est cela ce qu\u2019il a souvent appel\u00e9 ses \u201ctr\u00e8s bonnes analyses\u201d que les gens aimaient de lui. De quels droits dispose-t-il de condamner ainsi des gens dont il n\u2019a pas les dossiers ? Est-ce qu\u2019il sait r\u00e9ellement pourquoi ces deux personnes ont fui leur pays ? Et si quelqu\u2019un d\u2019autre disait la m\u00eame chose \u00e0 propos de Hassan Ngeze, est-ce qu\u2019il serait vraiment heureux ? Je crois que toute personne, criminelle ou non, a droit \u00e0 la justice, avant de subir tout autre ch\u00e2timent. Quel que soit le crime commis. A ma connaissance, Patrick KAREGEYA et Faustin KAYUMBA NYAMWASA ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s dans leur pays, mais n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 mort. De quel droit dispose donc Hassan Ngeze lui, de condamner \u00e0 mort ces deux personnes, ou d\u2019autres qui se trouveraient dans la m\u00eame situation ? Lui aussi d\u00e9nonce les crimes du FPR et critique le Pr\u00e9sident Paul Kagame, et pense que ceux qui ont fait la m\u00eame chose doivent \u00eatre tu\u00e9s. Ceci est une contradiction propre \u00e0 Hassan Ngeze.<\/p>\n<p><strong>A la page 301, Hassan Ngeze affirme<\/strong> qu\u2019il informait la MINUAR et m\u00eame l\u2019ONU \u00e0 New York. Ses rapports \u00e9taient envoy\u00e9s \u00e0 un rythme quotidien. Peut-\u00eatre que ceci est vrai. \u00c7a nous ferait comprendre certaines choses et certaines situations, car si ces rapports \u00e9taient du genre de ce que nous sommes en train de lire dans ces livres de Monsieur Hassan Ngeze, les d\u00e9g\u00e2ts ont \u00e9t\u00e9 vraiment importants. J\u2019ose esp\u00e9rer qu\u2019il est en train d\u2019exag\u00e9rer tout simplement.<\/p>\n<p><strong>A la page 350, Hassan Ngeze r\u00e9affirme<\/strong> qu\u2019il est absolument un des deux seules personnes qui ont le plus d\u2019informations sur le Rwanda. Mais, qui est donc la deuxi\u00e8me personne \u00e0 part lui-m\u00eame ? Comment sait-il ce que toutes les autres personnes ont comme informations sur le Rwanda ? Comment a-t-il fait pour arriver \u00e0 cette conclusion ? En tout cas, il ne faut pas essayer de chercher de l\u2019humilit\u00e9 dans la nature de Monsieur Hassan Ngeze.<\/p>\n<p><strong>TROISIEME PARTIE: UKULI KWAHISHUWE<\/strong><\/p>\n<p>Tout comme je viens de parcourir le premier livre \u2013 <em>Igicumbi cy\u2019Ikinyoma<\/em> \u2013 je vais le faire pour le deuxi\u00e8me \u2013 <em>Ukuli Kwahishuwe<\/em>. Je proc\u00e8derai de la m\u00eame mani\u00e8re, en parlant de certaines parties que je crois mieux ma\u00eetriser, \u00e9vitant de pr\u00e9tendre conna\u00eetre tout de ce qu\u2019\u00e9crit Hassan Ngeze. D\u2019autres lecteurs qui le voudront, pourront me compl\u00e9ter.<\/p>\n<p>D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, je dois dire que Hassan Ngeze, dans ce deuxi\u00e8me livre, continue sur la m\u00eame lanc\u00e9e que dans le premier. C\u2019est-\u00e0-dire toujours plus de mensonges, de fabulations, et d\u2019arguments fond\u00e9s sur des rumeurs qu\u2019il pr\u00e9sente comme de la pure v\u00e9rit\u00e9. Il continue \u00e0 se mettre en avant, arguant qu\u2019il \u00e9tait, et qu\u2019il est toujours, un homme extraordinaire, qui savait presque tout, en tout cas plus que tout le monde au Rwanda, \u00e0 part une autre personne qu\u2019il ne veut pas nommer. Mais aussi, et surtout, il y met plus de virulence \u00e0 vilipender Anatole Nsengiyumva, c\u2019est-\u00e0-dire moi-m\u00eame, et les anciennes forces arm\u00e9es rwandaises. Nous allons le voir \u00e0 fur et \u00e0 mesure que nous avan\u00e7ons.<\/p>\n<p><strong>De la page 16 \u00e0 la page 18 de ce livre, Hassan Ngeze parle<\/strong> de certaines personnes qui auraient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es par les ex-FAR, d\u2019autres par le FPR. Pour ce qui est des ex-FAR, il affirme que c\u2019est le Colonel Nsengiyumva qui a donn\u00e9 les ordres de commettre ces crimes \u00e0 Gisenyi.<\/p>\n<p>Je dois pr\u00e9ciser que des enqu\u00eates ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es \u00e0 Gisenyi, un proc\u00e8s a eu lieu \u00e0 Arusha, et il a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 que les militaires qui \u00e9taient sous mon commandement n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans les tueries. Et c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9. Seuls trois individus, qui auraient particip\u00e9, et qui \u00e9taient en tenue civile, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9nounc\u00e9s par un certain t\u00e9moin connu sous le pseudonyme de \u201cDO\u201d, qui n\u2019a pu convaincre que trois juges sur cinq de la Chambre d\u2019appel du TPIR. Mais je dois pr\u00e9ciser que ce t\u00e9moin DO \u00e9tait quelqu\u2019un proche de Hassan Ngeze, et c\u2019est ce dernier qui l\u2019a form\u00e9 pour t\u00e9moigner contre moi. Ce t\u00e9moin a m\u00eame d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait chez Hassan Ngeze, lorsque les militaires sous mon commandement y sont all\u00e9s pour perquisitionner et saisir les armes entre les mains des jeunes de Hassan Ngeze<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. Que faisait-il l\u00e0-bas, vers 05h00 du matin ? En fait, Hassan Ngeze et d\u2019autres voyous de la ville de Gisenyi, voulant se distancier des crimes commis dans la ville de Gisenyi, et dans lesquels beaucoup parmi eux \u00e9taient impliqu\u00e9s, ont d\u00e9cid\u00e9 de tout mettre sur la t\u00eate des militaires et de leur commandant, c\u2019est-\u00e0-dire moi-m\u00eame. Et Hassan Ngeze a essay\u00e9 de coordonner \u00e7a. Mais ils ont fait cela de fa\u00e7on assez gauche, qu\u2019ils sont devenus non cr\u00e9dibles. M\u00eame les trois pr\u00e9tendus militaires en tenue civile n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. Maintenant, Hassan Ngeze essaie de revisiter ce qu\u2019il avait programm\u00e9, pour voir si cela peut causer quand m\u00eame quelque tort contre moi. C\u2019est cela la raison de ses \u00e9lucubrations actuelles.<\/p>\n<p><strong>De la page 51 \u00e0 52, Hassan Ngeze se d\u00e9crit<\/strong> comme une personne \u00e9nigmatique et controvers\u00e9e. Mais il pr\u00e9tend que ce sont les autres qui le consid\u00e8rent comme tel. Ainsi, il affirme que les gens se demandaient comment lui, Ngeze, qui rencontrait toutes les autorit\u00e9s comme il voulait, au bureau comme dans leurs domiciles, y compris le Pr\u00e9sident Habyarimana lui-m\u00eame qu\u2019il allait voir au bureau et \u00e0 la maison, a \u00e9t\u00e9 le m\u00eame Ngeze qui s\u00e9journait tout le temps en prison sous le r\u00e9gime du m\u00eame Pr\u00e9sident Habyarimana. Il dit que ceci est effectivement incompr\u00e9hensible, car m\u00eame lorsqu\u2019il \u00e9tait en prison, ce sont les autorit\u00e9s ou leurs proches qui lui rendaient visite, ou lui amenaient \u00e0 manger.<\/p>\n<p>A mon avis, ceci est une tentative d\u2019expliquer ce qu\u2019il a dit dans son premier livre, et qui ne pouvait pas se comprendre, quand il a dit qu\u2019il \u00e9tait re\u00e7u par toutes les autorit\u00e9s, y compris le Pr\u00e9sident Habyarimana, et que certaines parmi elles, le Pr\u00e9sident Habyarimana y compris, aimaient les analyses que Ngeze leur faisait. Il a compris que cela ne cadrait pas avec son statut d\u2019\u00e9ternel prisonnier, et il a \u00e9crit ces arguments pour justifier ses premi\u00e8res all\u00e9gations.<\/p>\n<p>Il est vrai que certaines autorit\u00e9s croyaient en Hassan Ngeze, car il les fascinait par sa t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 et son absence de peur de mentir. Mais Hassan Ngeze usait \u00e9galement de chantage contre certains, car il n\u2019avait pas peur de le faire. Il a fait du chantage contre beaucoup de gens, et il leur extorquait beaucoup d\u2019argent. Certains ont alors essay\u00e9 de l\u2019amadouer et de lui montrer qu\u2019ils \u00e9taient avec lui. Ce sont ceux-l\u00e0 qui faisaient semblant de le soutenir, et qui le recevaient. Ce sont \u00e9galement ceux-l\u00e0 qui le d\u00e9fendaient, et qui intervenaient quand ils le pouvaient, lorsque Hassan Ngeze venait \u00e0 \u00eatre arr\u00eat\u00e9 \u00e0 cause de ses nombreux actes r\u00e9pr\u00e9hensibles. Il y a quand m\u00eame certains autres qui l\u2019utilisaient pour r\u00e9gler certains comptes avec leurs adversaires. Il y en a enfin, qui croyaient que Ngeze faisait du bon travail. Ils se trompaient, car Hassan Ngeze \u00e9crivait des choses, sous pr\u00e9texte que c\u2019\u00e9tait pour la d\u00e9fense des Hutu, alors que c\u2019\u00e9tait pour donner au FPR et ses alli\u00e9s le pr\u00e9texte d\u2019attaquer et de condamner le r\u00e9gime Habyarimana. C\u2019est ce qui se passait souvent. Mais concernant le Pr\u00e9sident Habyarimana, Ngeze ne le fr\u00e9quentait aucunement, et je doute fort qu\u2019il soit all\u00e9 le voir \u00e0 la maison une fois dans sa vie. En tout cas, des membres de la famille Habyarimana auxquels j\u2019ai pos\u00e9 la question, m\u2019ont affirm\u00e9 que Ngeze n\u2019a jamais mis les pieds chez le Pr\u00e9sident Habyarimana.<\/p>\n<p><strong>De la page 53 \u00e0 la page 55, Ngeze explique<\/strong> comment il proc\u00e9dait pour avoir des informations de premi\u00e8re main. Il affirme qu\u2019il corrompait des agents dans les minist\u00e8res, dont surtout les secr\u00e9taires et les plantons, en leur donnant de l\u2019argent, contre des documents de l\u2019Etat. Il proc\u00e9dait de la m\u00eame mani\u00e8re dans le secteur priv\u00e9 et chez les militaires. Il corrompait aussi les op\u00e9rateurs radio, les diff\u00e9rents agents des r\u00e9seaux des transmissions, etc\u2026<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr il exag\u00e8re sur le caract\u00e8re syst\u00e9matique de ce genre de corruption, mais je confirme qu\u2019il corrompait effectivement certains agents, qui lui vendaient des documents. Il y a \u00e9galement l\u2019un ou l\u2019autre op\u00e9rateur radio qui lui vendait des messages radio. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas si syst\u00e9matique contrairement \u00e0 ce qu\u2019il affirme. Toujours est-il que ceci \u00e9tait tr\u00e8s pr\u00e9judiciable, car il s\u2019agissait souvent de violations de la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019Etat. Et tr\u00e8s souvent, Ngeze utilisait les informations ainsi glan\u00e9es \u00e0 gauche et \u00e0 droite, pour faire du chantage contre certains hauts fonctionnaires de l\u2019Etat, leur soutirer de l\u2019argent, ou acheter leur soutien pour intervenir chaque fois qu\u2019il avait des probl\u00e8mes. Mais aussi, et surtout, il vendait ces informations au FPR, via Monsieur Valens Kajeguhakwa, plus tard directement via des canaux que Hassan Ngeze conna\u00eet mieux.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas moi seul qui confirme que Monsieur Hassan Ngeze coop\u00e9rait avec le FPR. Il le reconna\u00eet lui-m\u00eame, et l\u2019a dit lors de sa d\u00e9position devant le TPIR. Il suffit de lire la \u00a0D\u00e9position de Hassan Ngeze devant le TPIR, dans l\u2019affaire ICTR-99-52-T (affaire dite des M\u00e9dias), transcriptions de l\u2019audience du 26 mars 2003, p.19, 28 mars 2003, pp.44-48, 31 mars 2003, pp-19-26, 01 avril 2003, pp.27-46, 08 avril 2003, pp.17-20. Ngeze reconna\u00eet qu\u2019il \u00e9changeait des informations avec LIZINDE, quand ce dernier avait d\u00e9j\u00e0 rejoint le FPR. Il allait m\u00eame le voir au CND, quand le bataillon du FPR y \u00e9tait, et il \u00e9changeait des informations avec Lizinde. Mais ceci est ce qu\u2019il reconna\u00eet. Il a fait trop de d\u00e9g\u00e2ts, non pas n\u00e9cessairement pour la volont\u00e9 de trahir, mais pour de l\u2019argent.<\/p>\n<p>Je sais \u00e9galement que, pour ce qui concerne les op\u00e9rateurs de l\u2019Arm\u00e9e qui auraient \u00e9t\u00e9 approch\u00e9s par Hassan Ngeze pour avoir des messages radio qu\u2019ils recevaient ou envoyaient, \u00a0l\u2019officier G2 \u00e0 l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e, alors le Colonel BEMSG Aloys NTIWIRAGABO, allait initier une enqu\u00eate, quand les \u00e9v\u00e9nements se sont pr\u00e9cipit\u00e9s, et que nous avons d\u00fb quitter le pays. Mais Hassan Ngeze a fait trop de d\u00e9g\u00e2ts, et il reconna\u00eet que ce qu\u2019il faisait \u00e9tait r\u00e9pr\u00e9hensible. Mais il en est tr\u00e8s fier. C\u2019est dommage qu\u2019il puisse s\u2019en vanter maintenant.<\/p>\n<p><strong>Lorsque Hassan Ngeze pr\u00e9tend<\/strong> qu\u2019il \u00e9coutait les communications radio du FPR, il ment et\/ou il exag\u00e8re. Si cela avait \u00e9t\u00e9 le cas, il n\u2019allait pas s\u2019emp\u00eacher de publier ne f\u00fbt-ce qu\u2019un seul message qu\u2019il aurait capt\u00e9. S\u2019il n\u2019allait pas le faire avant notre exil, il allait le faire une fois en exil. Ce ne fut pas le cas. Donc, il ment. S\u2019iI dit la v\u00e9rit\u00e9, qu\u2019il publie ne f\u00fbt-ce qu\u2019un seul message qu\u2019il aurait capt\u00e9 dans le r\u00e9seau du FPR.<\/p>\n<p>En fait, Hassan Ngeze a commenc\u00e9 \u00e0 voler les informations de l\u2019Etat en corrompant certains agents, lorsqu\u2019il travaillait encore directement sous Valens Kajeguhakwa. N\u2019est-ce pas que ce dernier reconna\u00eet avoir constitu\u00e9 des r\u00e9seaux pour recueillir des renseignements, afin de les utiliser pour faire tomber le r\u00e9gime Habyarimana, et ce au profit du FPR ? Et \u00e0 ce propos, Monsieur Valens Kajeguhakwa a dit qu\u2019\u00e0 partir de 1984, il disposait d\u2019un r\u00e9seau d\u2019informateurs militaires au niveau des Etats-majors notamment, ainsi que des civils dans les minist\u00e8res, les pr\u00e9fectures et les communes. Il affirme que ses informateurs \u00e9taient pay\u00e9s par le r\u00e9seau de ses stations-service, pour extorquer des informations de toute sorte dans diff\u00e9rents secteurs de la vie nationale, et apr\u00e8s faire pression et chantage, pour provoquer une d\u00e9saffection vis-\u00e0-vis du r\u00e9gime<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Hassan Ngeze \u00e9tait parmi les \u00e9l\u00e9ments au service de Monsieur Kajeguhakwa, et a longtemps travaill\u00e9 dans le cadre de ces r\u00e9seaux. Il n\u2019a jamais cess\u00e9 de le faire, m\u00eame quand il semblait avoir divorc\u00e9 d\u2019avec son ancien patron, Monsieur Valens Kajeguhakwa.<\/p>\n<p><strong>A la page 55, Ngeze pr\u00e9tend<\/strong> que deux Fran\u00e7ais et l\u2019\u00e9pouse de l\u2019un d\u2019eux ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s par le FPR tr\u00e8s t\u00f4t matin le 7 avril 1994, parce qu\u2019ils \u00e9coutaient les communications du FPR, et que le FPR savait bien que ces Fran\u00e7ais \u00e9taient venus au Rwanda pour \u00e9couter ses communications.<\/p>\n<p>Il veut parler des Adjudants-Chefs Ren\u00e9 MA\u00cfER et Alain DIDOT, ainsi que de Gilda DIDOT,\u00e9pouse de l\u2019Adjudant-Chef Alain DIDOT. Ils ont \u00e9t\u00e9 effectivement assassin\u00e9s par le FPR, non pas tr\u00e8s t\u00f4t matin le 7 avril 1994, mais plut\u00f4t le 8 avril 1994, \u00e0 la r\u00e9sidence de l\u2019Adjudant-Chef Didot, sise \u00e0 environ 200 m\u00e8tres du CND o\u00f9 \u00e9tait le bataillon du FPR. Ces deux sous-officiers fran\u00e7ais n\u2019\u00e9taient pas venus au Rwanda pour \u00e9couter les communications du FPR. L\u2019Adjudant-Chef Didot \u00e9tait l\u00e0 pour former nos militaires et gendarmes au m\u00e9tier de m\u00e9canicien radio, et pour l\u2019entretien des postes radio, et c\u2019est ce qu\u2019il faisait. L\u2019Adjudant-chef Ma\u00efer \u00e9tait conseiller \u00e0 la Gendarmerie nationale. Ils ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s tout simplement parce qu\u2019ils \u00e9taient des Fran\u00e7ais. Ce que dit Ngeze sur ce point, c\u2019est ce qu\u2019il a ramass\u00e9 \u00e0 gauche et \u00e0 droite, il ne ma\u00eetrise pas le dossier. Il est vrai que l\u2019Adjudant-Chef Alain Didot disposait d\u2019une \u00ab\u00a0radio-amateur\u00a0\u00bb pour suivre des informations diverses et non pour \u00e9couter les communications du FPR. Hassan Ngeze devrait donner des exemples des messages que l\u2019 Adjudant-Chef a intercept\u00e9s et dire \u00e0 qui il les a donn\u00e9s ou \u00e0 qui il a rapport\u00e9 leur contenu. En tout cas l\u2019Adjudant-Chef Alain Didot n\u2019a jamais signal\u00e9 aux services de s\u00e9curit\u00e9 qu\u2019il interceptait des communications du FPR.<\/p>\n<p><strong>A la page 57, Ngeze parle<\/strong> d\u2019une chance qu\u2019il aurait eue, en disant : <em>\u201cQuand j\u2019ai su que les Forces Arm\u00e9es Rwandaises viennent de perdre la guerre, apr\u00e8s qu\u2019elles aient fui au Congo, j\u2019ai eu la chance de tomber sur tous les messages que les Forces gouvernementales avaient utilis\u00e9s depuis 1990 jusqu\u2019en 1994 lors de leur d\u00e9faite. Je suis \u00e9galement tomb\u00e9 sur tous les t\u00e9l\u00e9grammes utilis\u00e9s par le FPR\u201d.<\/em><\/p>\n<p>J\u2019affirme que Hassan Ngeze est en train de mentir. Il n\u2019a jamais eu acc\u00e8s \u00e0 tous les t\u00e9l\u00e9grammes des FAR, qui \u00e9taient des milliers. Il en est de m\u00eame des t\u00e9l\u00e9grammes du FPR. Il les a eus o\u00f9 ? O\u00f9 sont-ils ? Il n\u2019est pas en mesure de montrer ces t\u00e9l\u00e9grammes, ou du moins dire o\u00f9 ils sont, ni d\u2019expliquer comment ils les auraient eus. Ce n\u2019est pas vrai. \u00c7a c\u2019est de la fabulation.<\/p>\n<p><strong>A la m\u00eame page, Ngeze affirme<\/strong> qu\u2019il a re\u00e7u toutes les cassettes des \u00e9missions de Radio Rwanda et de Radio Muhabura. Non, ce n\u2019est pas vrai. Nous avons tous eu quelques cassettes de Radio Rwanda, tr\u00e8s peu de transcriptions de Radio Muhabura, mais personne ne peut all\u00e9guer avoir eu toutes les cassettes des \u00e9missions de ces deux radios. Y compris Hassan Ngeze.<\/p>\n<p><strong>A la page 61, Hassan Ngeze revient<\/strong> encore une fois sur sa situation privil\u00e9gi\u00e9e et se dit l\u2019un des deux personnes les mieux renseign\u00e9es sur le Rwanda. Il le dit en ces termes: <em>\u201cEn peu de mots, je sens que je suis une des deux personnes qui sont les mieux renseign\u00e9es sur le Rwanda plus que tous les autres, je dis ceci parce que, outre tout ce que je vous ai dit sur toutes les situations que j\u2019ai v\u00e9cues, j\u2019ai \u00e9galement travaill\u00e9 pour les services de renseignement des pays puissants; ceci m\u2019a \u00e9galement permis d\u2019acc\u00e9der aux stocks de renseignements sur mon pays, voire des renseignements sur la r\u00e9gion dans laquelle se trouve mon pays\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Si r\u00e9ellement Hassan Ngeze a travaill\u00e9 pour les services de renseignements des pays puissants, et \u00e7a je ne le lui dispute pas, c\u2019est qu\u2019il n\u2019\u00e9tait qu\u2019un simple informateur. Ce type de personne ne peut absolument pas avoir acc\u00e8s aux renseignements en possession des pays puissants qui l\u2019utilisent. Ce n\u2019est pas possible. A moins qu\u2019il ne veuille dire autre chose, et qu\u2019il l\u2019exprime mal. Aussi, je me demande comment quelqu\u2019un qui \u00e9tait un agent de renseignement des services de pays puissants, peut se complaire \u00e0 \u00e9taler cela en public avec une si grande l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. C\u2019est incroyable ! Enfin, Ngeze ne r\u00e9v\u00e8le toujours pas qui \u00e9tait la deuxi\u00e8me personne qui \u00e9tait la mieux renseign\u00e9e sur le Rwanda, \u00e0 part lui-m\u00eame. Qui est cette autre personne ? Comment pouvait Ngeze savoir ce que les autres savaient, pour dire qu\u2019il \u00e9tait une des deux personnes les plus renseign\u00e9es du Rwanda ? Le lecteur pourra bien s\u00fbr appr\u00e9cier.<\/p>\n<p><strong>De la page 63 \u00e0 64, sous l\u2019alin\u00e9a 15.1., Hassan Ngeze revient<\/strong> sur la rangaine qui pr\u00e9tend que les tueries \u00e0 Gisenyi ont \u00e9t\u00e9 commises notamment par des militaires sous les ordres de leur Commandant, le Colonel Anatole Nsengiyumva, c\u2019est-\u00e0-dire moi-m\u00eame. Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu \u00e7a dans le premier livre, \u201cIgicumbi cy\u2019Ikinyoma\u201d, ainsi que dans plusieurs documents \u00e9crits par Hassan Ngeze. Mais cette fois-ci, il y met trop de virulence, et le mensonge devient de plus en plus fort.<\/p>\n<p>Ainsi, Ngeze affirme que directement apr\u00e8s l\u2019attentat contre l\u2019avion du Pr\u00e9sident Habyarimana, j\u2019aurais tenu une r\u00e9union avec des jeunes qui devaient perp\u00e9trer les tueries, comme demand\u00e9 par moi-m\u00eame. Il affirme que cette r\u00e9union a eu lieu entre 21h00 et 22h00, apr\u00e8s quoi les tueries contre les Tutsi ont commenc\u00e9 dans la ville de Gisenyi, pendant cette nuit. Des militaires se seraient \u00e9galement m\u00eal\u00e9s dans ces tueries.<\/p>\n<p>Nous avons vu plus haut, que Ngeze avait plut\u00f4t dit que directement apr\u00e8s l\u2019attentat contre l\u2019avion du Pr\u00e9sident, Anatole Nsengiyumva a tenu une r\u00e9union avec ses officiers, dont notamment le Capitaine Habimana et le Lieutenant Bizumuremyi, et la r\u00e9union a d\u00e9cid\u00e9 que la r\u00e9sidence de Ngeze devait \u00eatre attaqu\u00e9e, pour que Hassan Ngeze soit tu\u00e9 ainsi que tous ceux qui \u00e9taient chez-lui. Ngeze disait \u00e9galement que j\u2019ai envoy\u00e9 des militaires, ou des Interahamwe, selon le cas car il change chaque fois de version, pour l\u2019arr\u00eater et me l\u2019amener au camp, o\u00f9 il aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu pendant trois jours, ou plut\u00f4t lib\u00e9r\u00e9 directement apr\u00e8s interrogatoire, car l\u00e0 aussi, il change de version tout le temps.<\/p>\n<p>Non, tout ce que Hassan Ngeze dit ici est du pur mensonge, car sinon, il l\u2019aurait dit dans les multiples documents qu\u2019il a \u00e9crits, m\u00eame si ces documents sont \u00e9galement des ramassis de mensonges. Si l\u2019avion a \u00e9t\u00e9 abattu \u00e0 Kigali \u00e0 20h30, comment est-ce que, \u00e0 Gisenyi, je pouvais avoir d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 tenir des r\u00e9unions avec des jeunes, trente minutes apr\u00e8s ? Ce n\u2019est pas possible, et je pr\u00e9cise qu\u2019\u00e0 Gisenyi, il n\u2019y a pas eu de tueries la nuit du 6 au 7 avril 1994, et la nuit a \u00e9t\u00e9 calme. Les troubles ont commenc\u00e9 le lendemain 7 avril 1994, pendant la journ\u00e9e. Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9, et tous les t\u00e9moins l\u2019ont dit, y compris des t\u00e9moins de l\u2019accusation. Ceux que Ngeze avait pr\u00e9par\u00e9s pour dire ce qu\u2019il dit maintenant ont \u00e9t\u00e9 non cr\u00e9dibles.<\/p>\n<p><strong>De la page 64 \u00e0 67, alin\u00e9as 15.2. \u00e0 15.4., Ngeze parle<\/strong> des cas de Monseigneur KALIBUSHI et de Monsieur Alphonse KABILIGI. J\u2019aimerais reprendre tout ce que dit Ngeze dans ces alin\u00e9as, pour que le lecteur puisse comprendre combien le mensonge a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 trop loin, jusqu\u2019\u00e0 devenir assez absurde. Ainsi, Ngeze \u00e9crit ce qui suit:<\/p>\n<p><em>\u201c<strong>15.2. Qu\u2019est-il arriv\u00e9 \u00e0 Monseigneur Kalibushi ? <\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>M\u00eame si on laisse de c\u00f4t\u00e9 le g\u00e9nocide qui visait les Tutsi, il y a aussi la cupidit\u00e9 de ceux qui voulaient absolument s\u2019enrichir. Certaines autorit\u00e9s cupides ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9es dans le pillage. <\/em><\/p>\n<p><em>C\u2019est dans ce cadre qu\u2019Anatole Nsengiyumva a mis en place un groupe qui devait aller piller et lui ramener les biens pill\u00e9s. Il a pill\u00e9 les habitations des militaires belges qui venaient d\u2019\u00eatre \u00e9vacu\u00e9s, et il a pill\u00e9 \u00e0 Nyundo. C\u2019est au cours de ces pillages que les diff\u00e9rents propri\u00e9taires \u00e9taient tu\u00e9s, car lorsqu\u2019on vous pillait, on vous tuait \u00e9galement.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>15.3. Le jour de la mort et de la r\u00e9surrection de Monseigneur Kalibushi Wenceslas<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Les tueurs sont all\u00e9s piller \u00e0 Nyundo, ils ont pris Monseigneur Kalibushi, ils l\u2019ont d\u00e9shabill\u00e9 et il est rest\u00e9 compl\u00e8tement nu. Ils l\u2019ont enlev\u00e9 d\u2019un endroit appel\u00e9 Nyundo, et ils se sont empress\u00e9s de le montrer \u00e0 Anatole Nsengiyumva qui leur avait demand\u00e9 d\u2019aller le prendre. <\/em><em>Quand ils sont arriv\u00e9s au camp militaire, ils n\u2019ont pas trouv\u00e9 Anatole. Ils sont all\u00e9s le chercher \u00e0 l\u2019h\u00f4tel M\u00e9ridien, mais entre-temps ils avaient demand\u00e9 \u00e0 Monseigneur Kalibushi de s\u2019asseoir par terre, compl\u00e8tement nu, juste comme lorsqu\u2019il est n\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>Quand ils sont arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019H\u00f4tel M\u00e9ridien, ils y ont trouv\u00e9 certains Ministres du Gouvernement des Abatabazi qui n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord avec les tueries, et qui ont condamn\u00e9 cet acte. Les tueurs ont continu\u00e9 leur trajet et se sont dirig\u00e9s vers un endroit appel\u00e9 Commune rouge o\u00f9 Kalibushi devait \u00eatre tu\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em>Alors ces ministres ont directement cherch\u00e9 Nsengiyumva Anatole, lui ont demand\u00e9 de faire vite pour aller sauver Monseigneur Kalibushi qui avait \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 par les tueurs; les ministres n\u2019ont pas su que c\u2019est lui [Anatole] qui leur avait donn\u00e9 la mission.<\/em><\/p>\n<p><em>Alors le Colonel Nsengiyumva Anatole, honteux et confus, a ob\u00e9i aux ministres, et s\u2019est empress\u00e9 d\u2019aller \u00e0 la Commune rouge l\u00e0 o\u00f9 on tuait des innocents, il a trouv\u00e9 que Monseigneur n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 vivant, et a demand\u00e9 aux tueurs de le lib\u00e9rer.<\/em><\/p>\n<p><em>L\u2019\u00e9v\u00eaque a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 et emmen\u00e9 dans des maisons qui appartenaient \u00e0 l\u2019Eglise, o\u00f9 on appelait \u201cChez Monseigneur\u201d, il s\u2019est repos\u00e9 l\u00e0-bas, jusqu\u2019au moment o\u00f9 les \u00e9v\u00eaques congolais sont venus le prendre et l\u2019emmener \u00e0 Goma. <\/em><\/p>\n<p><em>Monseigneur Kalibushi, \u00e0 cause de la faiblesse humaine, n\u2019a pas su que celui-l\u00e0 qui l\u2019a enlev\u00e9 des mains des tueurs, est le m\u00eame qui leur avait demand\u00e9 d\u2019aller le tuer. Dans une interview que l\u2019\u00e9v\u00eaque a eu avec la Radio Canal Afrique d\u2019Afrique du Sud, il a dit qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 par le diable qui tuait les autres, que c\u2019est ce diable qui est venu l\u2019enlever de la tombe.<\/em><\/p>\n<p><em>Finalement les Inkotanyi ont gagn\u00e9 la guerre, l\u2019\u00e9v\u00eaque est rentr\u00e9, tandis que Nsengiyumva a fui, et plus tard il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par le Tribunal d\u2019Arusha. Il a \u00e9t\u00e9 par la suite lib\u00e9r\u00e9 parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mal accus\u00e9, on l\u2019a charg\u00e9 faussement, alors que les nombreux crimes qu\u2019il avait commis \u00e9taient bien connus par le monde entier. C\u2019est justement l\u00e0 o\u00f9 se trouve l\u2019ignorance de l\u2019association Ibuka qui se complait \u00e0 s\u2019immiscer dans les proc\u00e8s et \u00e0 fabriquer de faux t\u00e9moins qui s\u2019empressent d\u2019accuser mensong\u00e8rement des innocents, et ainsi ils sont incapables d\u2019accuser des criminels comme Nsengiyumva Anatole.<\/em><\/p>\n<p><em>C\u2019est cela qui est arriv\u00e9 \u00e0 Monseigneur Kalibushi. Il est important que la v\u00e9rit\u00e9 comme celle-ci soit connue, car l\u2019histoire c\u2019est l\u2019histoire.<\/em><\/p>\n<p><em>A Gisenyi, je veux dire au moins dans les communes de la ville, si le Colonel Nsengiyumva ne s\u2019\u00e9tait pas impliqu\u00e9 dans les tueries pour les diriger et inciter ceux qui tuaient \u00e0 le faire, les tueries n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 comme elles ont \u00e9t\u00e9, car c\u2019est lui qui recevait des rapports journaliers<\/em> <em>sur le d\u00e9roulement des tueries.<\/em><\/p>\n<p><em>Anatole Nsengiyumva a tu\u00e9 de fa\u00e7on atroce le nomm\u00e9 Alphonse Kabirigi qui travaillait \u00e0 la CEPGL, et qui \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 une femme russe. Ce Kabirigi \u00e9tait originaire de Nyaruhengeri, dans Butare. La raison de cet assassinat, alors que l\u2019autre \u00e9tait Hutu, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est jamais all\u00e9 chez-lui pour lui pr\u00eater all\u00e9geance, ou pour lui pr\u00e9senter des cadeaux. Il para\u00eet qu\u2019il se comportait comme les Tutsi. Nsengiyumva l\u2019a d\u2019abord pill\u00e9 avant de le tuer. Il avait une belle voiture de marque AUDI, et elle fut aussi une des causes de son assassinat.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>15.4. Tout ceci doit \u00eatre dit<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Si on parlait des gens qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par Anatole Nsengiyumva, ou ceux qu\u2019il a fait tuer, on \u00e9crirait des livres que l\u2019on ne pourrait pas trouver de place pour les conserver, mais il faut quand m\u00eame le dire.<\/em><\/p>\n<p><em>M\u00eame si le Colonel Nsengiyumva Anatole dit qu\u2019il est chr\u00e9tien, c\u2019est lui qui a tu\u00e9 le plus de pr\u00eatres, des religieuses et des religieux, sans oublier de nombreux chr\u00e9tiens qui priaient avec lui le dimanche, et qui recevaient des sacrements \u00e0 l\u2019\u00e9glise comme lui.<\/em><\/p>\n<p><em>Hassan Ngeze\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ce cas de Monseigneur Kalibushi est un exemple patent du mensonge grotesque de Hassan Ngeze, ainsi que sa volont\u00e9 tenace de nuire. En effet, il ne sait m\u00eame pas ce qui s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9, mais il pr\u00e9sente des sc\u00e9narios, juste pour faire condamner Anatole Nsengiyumva, qui a sauv\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00eaque. Ce cas est long \u00e0 expliquer, mais \u00e0 l\u2019intention des lecteurs, je vais essayer de le r\u00e9sumer.<\/p>\n<p>D\u2019abord, c\u2019est la premi\u00e8re fois que j\u2019entends quelqu\u2019un qui m\u2019implique dans le pillage. Personne d\u2019autre, m\u00eame \u00e0 travers de simples rumeurs, ne m\u2019avait accus\u00e9 de ce crime. Mes militaires n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s de cela non plus. Donc, quand Ngeze all\u00e8gue que j\u2019ai pill\u00e9, ou que j\u2019aurais cr\u00e9\u00e9 un groupe charg\u00e9 de piller pour moi, c\u2019est une fa\u00e7on de continuer \u00e0 me charger mensong\u00e8rement. Sinon, il l\u2019aurait d\u00e9j\u00e0 dit dans ses nombreux documents qu\u2019il a \u00e9crit avant. Mais surtout, d\u2019autres t\u00e9moins auraient dit la m\u00eame chose, ce qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 le cas. Par contre, tout le monde a entendu le cas de Hassan Ngeze qui aurait utilis\u00e9 ses \u00e9quipes de jeunes qu\u2019il appelait ses \u201cgarde-corps\u201d, pour piller un peu partout, y compris \u00e0 Kigali, notamment dans les locaux appel\u00e9s \u201cEtablissements Rwandais\u201d. Et ce fut la raison de ses multiples va-et-vient entre Kigali et Gisenyi pendant les malheureux \u00e9v\u00e9nements. Il devait \u00e9vacuer les biens pill\u00e9s de Kigali \u00e0 Gisenyi pour les vendre, notamment \u00e0 Goma. Je pr\u00e9cise que je ne l\u2019ai pas personnellement vu, mais cela se dit m\u00eame aujourd\u2019hui. Nous avons vu qu\u2019il est all\u00e9 piller \u00e0 MAGERWA \u2013 Magasins G\u00e9n\u00e9raux du Rwanda \u2013 \u00e0 Kigali, sauf qu\u2019il camoufle cela en des actions visant \u00e0 chercher de la nourriture pour ravitaller des Tutsi qu\u2019il aurait sauv\u00e9s. Ceci aussi, il ne l\u2019avait pas \u00e9crit dans les documents diffus\u00e9s avant, notamment les diff\u00e9rents num\u00e9ros de son journal Kangura, ou alors tous les autres documents que nous avons vus ci-dessus. Et j\u2019affirme qu\u2019il n\u2019allait pas manquer de se faire cette publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019enl\u00e8vement de Monseigneur Kalibushi de Nyundo, ceci s\u2019est pass\u00e9 dans la matin\u00e9e du 8 avril 1994. Ce sont ces voyous qu\u2019on traite aujourd\u2019hui d\u2019Interahamwe, qui ont commis ce forfait. Ils \u00e9taient conduits par un certain Damas KALIKUMUTIMA, mais j\u2019ai su cela plus tard quand nous \u00e9tions au camp des r\u00e9fugi\u00e9s de Mugunga pr\u00e8s de Goma. C\u2019est ce Damas Kalikumutima qui s\u2019en vantait, tout en se moquant de moi pour avoir sauv\u00e9 Monseigneur Kalibushi. Que s\u2019est-il donc pass\u00e9 ?<\/p>\n<p>Normalement, d\u00e8s le d\u00e9but des troubles, la Gendarmerie avait ses hommes qui gardaient les d\u00e9plac\u00e9s qui s\u2019\u00e9taient assembl\u00e9s \u00e0 la Cath\u00e9drale de Nyundo (\u00e0 12 Km de la ville de Gisenyi). Elle les a renforc\u00e9s. Nous croyions qu\u2019il n\u2019y avait plus de probl\u00e8me de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. Dans la matin\u00e9e de ce 8 avril 1994, alors que je descendais du camp militaire de Gisenyi pour me rendre au bureau pr\u00e9fectoral voir le Pr\u00e9fet, arriv\u00e9 devant l\u2019H\u00f4pital de Gisenyi, j\u2019ai vu une camionnette Toyota avec \u00e0 bord des gendarmes, et qui roulait \u00e0 tr\u00e8s grande vitesse en provenance de la direction de Ruhengeri. Je me suis arr\u00eat\u00e9 et j\u2019ai fait signe au v\u00e9hicule des gendarmes de s\u2019arr\u00eater. Je les ai grond\u00e9s en leur disant qu\u2019ils roulaient trop vite, et qu\u2019ils pourraient causer un b\u00eate accident.<\/p>\n<p>Le sous-officier gendarme qui \u00e9tait \u00e0 bord \u2013 je crois qu\u2019il s\u2019appelait BYAGO d\u2019apr\u00e8s ce que j\u2019ai su par la suite \u2013 est venu vers moi, affol\u00e9, et m\u2019a dit que \u201cMon colonel, on vient d\u2019enlever l\u2019\u00e9v\u00eaque\u201d. J\u2019ai demand\u00e9 de quel \u00e9v\u00eaque il s\u2019agissait et ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Il m\u2019a dit qu\u2019il s\u2019agissait de Monseigneur Kalibushi, que des gens arm\u00e9s sont venus et ont tiraill\u00e9, ont enlev\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00eaque et sont directement venus vers Gisenyi. Il a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019ils l\u2019ont emmen\u00e9 dans un minibus et il a indiqu\u00e9 la couleur. Je me suis renseign\u00e9 aupr\u00e8s de gens qui se trouvaient dans les parages, qui m\u2019ont indiqu\u00e9 qu\u2019ils venaient de voir ledit minibus passer, et qui roulait \u00e0 tombeau ouvert. Ils m\u2019ont indiqu\u00e9 la direction suivie par le v\u00e9hicule. Sans h\u00e9siter, j\u2019ai suivi la m\u00eame direction et j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 me renseigner. Finalement, arriv\u00e9 au quartier Majengo de Gisenyi, autrement appel\u00e9 \u201cGacuba II\u201d, j\u2019ai vu le minibus qui s\u2019\u00e9loignait en direction de Byahi. J\u2019ai roul\u00e9 vite, et j\u2019ai vu le v\u00e9hicule qui se dirigeait vers le cimeti\u00e8re. J\u2019ai acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 car ce que je voyais ne pr\u00e9sageait rien de bon.<\/p>\n<p>Quand je suis arriv\u00e9 au cimeti\u00e8re, le minibus venait de s\u2019immobiliser \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une tombe d\u00e9j\u00e0 creus\u00e9e.<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a> Il y avait beaucoup de personnes dans le minibus, tandis que l\u2019\u00e9v\u00eaque venait d\u2019\u00eatre d\u00e9barqu\u00e9, avec deux personnes qui le tenaient par le bras, mais que je ne connaissais pas. Quand je suis arriv\u00e9, j\u2019ai compris qu\u2019ils l\u2019amenaient pour le tuer. J\u2019ai imm\u00e9diatement r\u00e9agi en prenant un bras de l\u2019\u00e9v\u00eaque, et en le tirant vers moi, pour le mettre dans mon v\u00e9hicule. Les bandits ont maintenu leur prise sur l\u2019autre bras de l\u2019\u00e9v\u00eaque, qui \u00e9tait compl\u00e8tement apeur\u00e9. J\u2019ai tir\u00e9 de mon c\u00f4t\u00e9, ils ont tir\u00e9 de leur c\u00f4t\u00e9. Finalement, je ne me rappelle pas de ce que j\u2019ai dit en criant, et ils ont l\u00e2ch\u00e9. Je me suis d\u00e9p\u00each\u00e9 de mettre l\u2019\u00e9v\u00eaque dans mon v\u00e9hicule et j\u2019ai d\u00e9marr\u00e9 en trombe.<\/p>\n<p>En cours de route, je me suis demand\u00e9 o\u00f9 j\u2019allais mettre l\u2019\u00e9v\u00eaque. Je n\u2019allais pas l\u2019emmener \u00e0 Nyundo, car l\u00e0 il y avait de la menace, puisque c\u2019est de l\u00e0 qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9. Je n\u2019allais pas le mettre chez-moi, car il y avait plusieurs autres personnes qui y avait trouv\u00e9 refuge. La maison \u00e9tait pleine. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019emmener \u00e0 l\u2019H\u00f4tel M\u00e9ridien Izuba de Gisenyi. Arriv\u00e9 l\u00e0-bas, j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Monsieur Martin NKWAKUZI, le manager de l\u2019H\u00f4tel, de donner une chambre \u00e0 Monseigneur Kalibushi, ainsi que tout ce dont il aurait besoin, en mati\u00e8re de restauration. Martin Nkwakuzi m\u2019a demand\u00e9 qui allait payer, et je lui ai dit que le dioc\u00e8se de Nyundo allait payer, et qu\u2019il n\u2019y avait pas de probl\u00e8me. J\u2019ai directement fait garder l\u2019h\u00f4tel par des gendarmes fournis par le Major Biganiro \u00e0 qui j\u2019ai rapport\u00e9 l\u2019incident, et qui venait par ailleurs d\u2019\u00eatre inform\u00e9 par ses hommes.<\/p>\n<p>J\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 rendre visite \u00e0 Monseigneur Kalibushi, pour voir si tout allait bien. Le deuxi\u00e8me jour, une dizaine de pr\u00eatres, une religieuse et un civil nomm\u00e9 Isa\u00efe Sagahutu, ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 l\u2019H\u00f4tel M\u00e9ridien pour rejoindre Monseigneur Kalibushi. Quand je les ai vus, j\u2019ai demand\u00e9 au manager de l\u2019H\u00f4tel de leur donner \u00e9galement des chambres et de s\u2019occuper d\u2019eux, que le dioc\u00e8se allait payer. Quand je suis revenu les voir, j\u2019ai trouv\u00e9 qu\u2019ils avaient tous, y compris Monseigneur Kalibushi, d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 dans une villa qui se trouvait non loin de l\u00e0, et qui appartenait au dioc\u00e8se de Nyundo. J\u2019ai assur\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 de la villa \u00e9galement. Ils ont v\u00e9cu l\u00e0-bas, et la paroisse de Gisenyi a continu\u00e9 \u00e0 les aider au point de vue restauration, tandis que moi j\u2019assurai leur s\u00e9curit\u00e9 et leur rendais visite r\u00e9guli\u00e8rement. J\u2019ai bien entendu inform\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019Etat-Major de la situation.<\/p>\n<p>Un moment donn\u00e9, Monseigneur Kalibushi a exprim\u00e9 sa volont\u00e9 de se r\u00e9fugier au Za\u00efre (actuelle RDC). J\u2019en ai inform\u00e9 l\u2019Etat-Major. Peu de temps apr\u00e8s, j\u2019ai re\u00e7u la visite du responsible du renseignement aupr\u00e8s du Premier Ministre Kambanda, qui m\u2019a dit qu\u2019il venait au nom du Premier Ministre, qui me demandait de lui \u00e9crire une lettre expliquant pourquoi je me sentais incapable d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00eaque et de ceux qui \u00e9taient avec lui \u00e0 Gisenyi, jusqu\u2019\u00e0 demander de les \u00e9vacuer au Za\u00efre. J\u2019ai refus\u00e9 d\u2019\u00e9crire la lettre, et j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 ce responsible de dire au Premier Ministre que la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00eaque et de son \u00e9quipe \u00e9tait menac\u00e9e, mais que je ne peux pas \u00e9crire une lettre attestant que je suis \u201cincapable\u201d d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e9but juin 1994, quand le FPR a massacr\u00e9 les \u00e9v\u00eaques Hutu \u00e0 Gakurazo, les gens se sont agit\u00e9s \u00e0 Gisenyi, disant qu\u2019ils ne comprenaient pas comment je devais continuer \u00e0 garder Monseigneur Kalibushi et son \u00e9quipe \u00e0 Gisenyi, lorsque le FPR vient de massacrer les \u00e9v\u00eaques Hutu. J\u2019ai senti la menace grandir, et j\u2019ai envoy\u00e9 un message \u00e0 l\u2019Etat-Major demandant d\u2019intervenir aupr\u00e8s du Gouvernement pour m\u2019autoriser d\u2019\u00e9vacuer tout le monde vers Goma, et que si cela n\u2019\u00e9tait pas possible, que l\u2019on ne me tienne pas responsable de ce qui pourrait arriver.<\/p>\n<p>En r\u00e9action, le m\u00eame responsible des renseignements aupr\u00e8s du Premier Ministre est revenu. Cette fois-l\u00e0, il m\u2019a dit que le Gouvernement \u00e9tait d\u2019accord que je puisse \u00e9vacuer tout le monde vers le Za\u00efre. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9vacuer tout le monde dans la soir\u00e9e, pour \u00e9viter tout incident qui pourrait \u00eatre caus\u00e9 par ceux qui voudraient s\u2019y opposer. Le m\u00eame jour, un pr\u00eatre du nom de VY\u00c9CKOSLAV KURIC, qui repr\u00e9sentait le nonce apostolique pendant cette p\u00e9riode, est arriv\u00e9 \u00e0 Gisenyi, et je lui ai dit ce que je pr\u00e9voyais faire dans la soir\u00e9e. Il y a eu aussi le Ministre des Affaires sociales, Monsieur HABINEZA Jean de Dieu qui est venu me voir au nom du Gouvernement. Je lui ai dit ce que j\u2019avais l\u2019intention de faire. Tous \u00e9taient d\u2019accord avec moi.<\/p>\n<p>J\u2019ai contact\u00e9 le Commandant de la Gendarmerie, pour solliciter de lui une escorte arm\u00e9e. Dans la soir\u00e9e vers 19h00-19h30, tout \u00e9tait pr\u00eat. J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Monseigneur Kalibushi et \u00e0 son \u00e9quipe de prendre leurs bagages (ils n\u2019en avaient pas beaucoup) pour que je les \u00e9vacue vers Goma. Ce qu\u2019ils ont fait directement.<\/p>\n<p>Entre-temps, pendant la journ\u00e9e, j\u2019avais contact\u00e9 le Commandant de la r\u00e9gion militaire \u00e0 Goma, le G\u00e9n\u00e9ral TEMBELE, pour qu\u2019il m\u2019aide \u00e0 solliciter l\u2019autorisation des autorit\u00e9s za\u00efroises, y compris le Gouverneur du Nord Kivu, le responsable du SNIP, et les autorit\u00e9s en charge des douanes et de l\u2019immigration, pour que la fronti\u00e8re puisse \u00eatre ouverte \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 je vais \u00e9vacuer l\u2019\u00e9v\u00eaque et son \u00e9quipe, et que l\u2019on me permette de faire cette \u00e9vacuation.<\/p>\n<p>Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re avec Monseigneur Kalibushi et son \u00e9quipe, avec l\u2019escorte de la gendarmerie, accompagn\u00e9 du p\u00e8re VYEKOSLAV KURIC et du Ministre HABINEZA Jean de Dieu, j\u2019ai trouv\u00e9 que tout avait \u00e9t\u00e9 fait c\u00f4t\u00e9 za\u00efrois. Non seulement la fronti\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 ouverte, mais aussi, toutes les autorit\u00e9s concern\u00e9es, y compris les autorit\u00e9s religieuses de Goma, \u00e9taient l\u00e0 et attendaient. Elles ont accueilli l\u2019\u00e9v\u00eaque et son \u00e9quipe, j\u2019ai fait remise-reprise, et j\u2019ai remerci\u00e9. Monseigneur Kalibushi et son \u00e9quipe m\u2019ont remerci\u00e9, m\u2019ont dit au revoir, et ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 de Goma. J\u2019en profite pour remercier le G\u00e9n\u00e9ral TEMBELE, les autorit\u00e9s civiles, militaires et religieuses de Goma, et tous ceux qui m\u2019ont aid\u00e9 dans cette op\u00e9ration.<\/p>\n<p>Quelques temps apr\u00e8s, Monseigneur Kalibushi se serait rendu aux Pays-Bas avec quelques membres de son \u00e9quipe. Quand nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 en exil au Za\u00efre, au camp des r\u00e9fugi\u00e9s de Mugunga, des gens auraient entendu Monseigneur Kalibushi s\u2019exprimer sur les ondes d\u2019une radio (je crois que c\u2019est Radio Netherlands), en disant qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 in extremis par le chef de ceux qui commettaient les massacres. Je ne l\u2019ai pas entendu personnellement. Mais partout o\u00f9 je passais, j\u2019\u00e9tais la ris\u00e9e de ceux qui me reprochaient d\u2019avoir tout fait pour sauver Monseigneur Kalibushi et son \u00e9quipe, y compris lorsque le FPR continuait \u00e0 massacrer des gens, dont les \u00e9v\u00eaques Hutu \u00e0 Gakurazo. C\u2019est alors que le nomm\u00e9 Damas KALIKUMUTIMA a dit aux gens, en ma pr\u00e9sence, que c\u2019est lui qui dirigeait l\u2019\u00e9quipe qui avait enlev\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00eaque, et que je suis intervenu pour le sauver. Il se moquait de moi lui aussi, \u00e0 cause de ce que disait alors Monseigneur Kalibushi. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u par la d\u00e9claration de Monseigneur Kalibushi, mais je suis rest\u00e9 serein.<\/p>\n<p>Pourtant, le jour o\u00f9 j\u2019ai sauv\u00e9 Monseigneur Kalibushi d\u2019une mort certaine, il m\u2019a \u00e9crit une lettre pour me remercier. Quand j\u2019ai emmen\u00e9 tout le monde \u00e0 Goma, il m\u2019a \u00e9crit une autre lettre le lendemain pour me remercier \u00e9galement. Mais il y avait dans son entourage quelques extr\u00e9mistes, qui l\u2019ont certainement conseill\u00e9 de me charger plus tard, d\u2019o\u00f9 cette interview donn\u00e9e \u00e0 partir des Pays-Bas de me consid\u00e9r\u00e9r comme<em> \u00ab\u00a0le chef de ceux qui commettaient les massacres\u00a0\u00bb<\/em>. Je n\u2019ai commis aucun massacre, et je n\u2019ai ni encourag\u00e9, ni tol\u00e9r\u00e9 les massacres. Mon jugement est clair sur ce point. Je souligne que j\u2019ai prot\u00e9g\u00e9 Monseigneur Kalibushi et son \u00e9quipe pendant plus de deux mois.<\/p>\n<p>Voil\u00e0, c\u2019est, grosso modo, ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans l\u2019affaire Monseigneur Kalibushi. Ce que raconte Hassan Ngeze, ce sont de simples balivernes. Quand il dit que Monseigneur Kalibushi avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9shabill\u00e9 et \u00e9tait compl\u00e8tement nu, il ment, car l\u2019\u00e9v\u00eaque \u00e9tait habill\u00e9 d\u2019un bon costume civil, sans cravate, mais un costume de qualit\u00e9 d\u2019ailleurs. Quand Ngeze dit que ceux qui avaient enlev\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00eaque sont venus me le montrer au camp militaire et ne m\u2019y ont pas trouv\u00e9, il ment \u00e9galement, car je descendais du camp pour me rendre \u00e0 la pr\u00e9fectrure, quand j\u2019ai rencontr\u00e9 les gendarmes qui poursuivaient le v\u00e9hicule des kidnappeurs. Quand il dit que ces voyous sont all\u00e9s me chercher \u00e0 l\u2019H\u00f4tel M\u00e9ridien, il ment car c\u2019\u00e9tait t\u00f4t dans la matin\u00e9e, et je n\u2019habitais plus l\u2019h\u00f4tel M\u00e9ridien que j\u2019avais quitt\u00e9 fin 1993. Quand il dit que des ministres du Gouvernement des Abatabazi qui n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord avec l\u2019enl\u00e8vement de l\u2019\u00e9v\u00eaque m\u2019ont demand\u00e9 d\u2019aller le sauver, il ment, car c\u2019\u00e9tait le 8 avril 1994, et le nouveau gouvernement n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 mis en place. Le Gouvernement Kambanda a \u00e9t\u00e9 mis en place ce jour du 8 avril 1994 dans la soir\u00e9e \u00e0 Kigali, et il a pr\u00eat\u00e9 serment le 9 avril 1994. Quels autres ministres qui se seraient donc trouv\u00e9s \u00e0 Gisenyi, \u00e0 l\u2019H\u00f4tel M\u00e9ridien dans la matin\u00e9e du 08 avril 1994 ?<\/p>\n<p>Hassan Ngeze, dans sa volont\u00e9 in\u00e9branlable de me causer du tort, parle de ce qu\u2019il ne ma\u00eetrise pas, invente, fabrique, pour me vilipender tout simplement. Mais, juste comme les t\u00e9moins auxquels il avait demand\u00e9 de me charger mensong\u00e8rement, ses all\u00e9gations ne tiennent pas la route, et il n\u2019est plus cr\u00e9dible. Cet exemple de Monseigneur Kalibushi est plus parlant.<\/p>\n<p><strong>J\u2019en arrive au cas d\u2019Alphonse Kabiligi<\/strong>. Cette personne travaillait effectivement \u00e0 la CEPGL (Communaut\u00e9 Economique des Pays des Grands Lacs) \u00e0 Gisenyi. C\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un de bon caract\u00e8re. J\u2019ai su plus tard qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, mais quand je ne le voyais plus, je croyais qu\u2019il avait quitt\u00e9 Gisenyi comme beaucoup de personnes quittaient alors les villes et regagnaient leurs r\u00e9gions d\u2019origine, quand il y avait encore un semblant de s\u00e9curit\u00e9 dans leur r\u00e9gion. Quand j\u2019ai su qu\u2019il \u00e9tait mort, je n\u2019ai pas eu de d\u00e9tails sur sa mort. C\u2019est \u00e0 Arusha que j\u2019ai eu les d\u00e9tails sur ce qui s\u2019\u00e9tait alors pass\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Hassan Ngeze dit que c\u2019est moi qui l\u2019ai tu\u00e9<\/strong>, et qu\u2019avant de le faire, je l\u2019ai d\u2019abord pill\u00e9. Ceci est ridicule, car ce cas a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 devant le TPIR, et les d\u00e9tails se trouvent dans mon jugement qui est public, et qui peut \u00eatre consult\u00e9 pour \u00e7a. Je dois ajouter qu\u2019une personne tr\u00e8s proche de Kabiligi Alphonse est venue devant le TPIR dire ce qui s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9e. Je ne vais malheureusement pas r\u00e9v\u00e9ler son identit\u00e9, car il s\u2019agit d\u2019un t\u00e9moin prot\u00e9g\u00e9. Mais si on lit le jugement, on comprend bien ce qu\u2019elle a dit. Elle n\u2019a jamais dit que j\u2019ai tu\u00e9 Kabiligi, ni que j\u2019ai commis un pillage. Elle ne dit m\u00eame pas que je sois arriv\u00e9 chez Kabiligi. Les choses sont claires.<\/p>\n<p><strong>Ngeze pr\u00e9tend \u00e9galement<\/strong> que Kabiligi a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, parce qu\u2019il avait refus\u00e9 de venir chez-moi pr\u00eater all\u00e9geance, et me donner des cadeaux, ou qu\u2019il se comportait comme les Tutsi. Ceci est ridicule. Par contre, tout le monde sait que c\u2019est Hassan Ngeze qui traitait Kabiligi de complice de l\u2019ennemi. Nous voyons ceci dans le num\u00e9ro 9 du Journal KANGURA de Hassan Ngeze, o\u00f9 Alphonse Kabiligi figure sur une liste de complices de l\u2019ennemi. Sous le titre <strong>\u201c<em>KANGURA IRAKOMEZA GUTUNGIRA AGATOKI IBIRO<\/em><\/strong><em> <strong>BY\u2019IPEREREZA<\/strong><\/em><strong>\u201d<\/strong>, qui veut dire <strong>\u201c<em>KANGURA CONTINUE D\u2019INFORMER LE SERVICE CENTRAL DE RENSEIGNEMENT<\/em>\u201d, <\/strong>nous lisons notamment ce qui suit:<\/p>\n<p><em>\u201cPendant cette p\u00e9riode o\u00f9 nous sommes menac\u00e9s par les Inyenzi qui se sont donn\u00e9 le nom d\u2019Inkotanyi, Kangura informe le Service Central de Renseignements que les villes de Gisenyi et de Goma sont devenues un centre important de rencontre des Inkotanyi et de leurs complices. <\/em><em>Ceci a fait qu\u2019il y ait des soup\u00e7ons que c\u2019est l\u00e0 que transitent de nombreuses armes qui entrent dans notre pays, pour les raisons suivantes:<\/em><\/p>\n<ol>\n<li><em>Le consulat ougandais a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 \u00e0 Goma \u00e0 cause des mauvais desseins des Inkotanyi, ainsi, quand les armes en provenance de Kampala et ailleurs par Valises diplomatiques arrivent \u00e0 Goma et traversent la fronti\u00e8re par la voie de Rwandais qui travaillent \u00e0 la BDGL, MULPOC, CEPGL, la BRALIRWA, et nous pouvons citer principalement:<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li><em>NZAMBA Antoine, BDGL (Goma-Za\u00efre)<\/em><\/li>\n<li><em>TWAGIRAYEZU Ephrem, (Gisenyi-Rwanda) MULPOC<\/em><\/li>\n<li><strong><em>KABILIGI Alphonse, CEPGL , Gisenyi-Rwanda<\/em><\/strong><\/li>\n<li><em>MUNYESHYAKA Faustin (Bralirwa) Gisenyi-Rwanda<\/em><\/li>\n<li><em>RYEZEMBERE Fulgence (Bralirwa) Gisenyi-Rwanda<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Quand les armes des Inkotanyi arrivent \u00e0 Gisenyi, MUNYESHYAKA Faustin qu\u2019on surnomme RUHUTINYANYA et MBONIMPAYE Elie les emm\u00e8nent directement \u00e0 Kigali, et il est bien connu qu\u2019ils passaient tous leurs weekends dans la capitale, avant le 01\/10\/1990.<\/em><\/p>\n<p><em>[\u2026]<\/em><\/p>\n<p><em>Demandez \u00e0 <strong>KABILIGI <\/strong>si son fr\u00e8re<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><strong>[19]<\/strong><\/a> n\u2019est pas au front des combats \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ceux qui nous attaquent en venant de l\u2019Ouganda, puis continuez en lui demandant ses astuces consistant \u00e0 changer souvent de v\u00e9hicules lui et KAYIHURA Charles, puis qu\u2019il vous dise ses objectifs lui et le nomm\u00e9 MUHAMYANKAKA Damien qui a \u00e9t\u00e9 un haut fonctionnaire d\u2019Air Rwanda, quand ils arrivent au bar de Monsieur MUGENZI de Goma [\u2026]\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Le num\u00e9ro 9 de Kangura qui contient cet article date de janvier 1991, et est sign\u00e9:<\/p>\n<p><em>La R\u00e9daction \u2013 Kangura<\/em><\/p>\n<p>GISENYI-INFO<\/p>\n<p>C\u2019est-\u00e0-dire que c\u2019est Hassan Ngeze lui-m\u00eame qui l\u2019a sign\u00e9. Donc, d\u2019apr\u00e8s Hassan Ngeze, Alphonse KABILIGI qui travaillait \u00e0 la CEPGL, participait dans l\u2019introduction dans le pays des armes au profit des Inkotanyi, en collaboration avec d\u2019autres complices des Inkotanyi. Et ce m\u00eame Alphonse KABILIGI avait un fr\u00e8re dans les rangs du FPR au front des combats. Ngeze l\u2019a rappel\u00e9. Et si moi je disais que c\u2019est peut-\u00eatre pour cela que KABILIGI aurait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Dans ce cas, qui, de Hassan Ngeze et d\u2019Anatole Nsengiyumva, pourrait \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019\u00eatre directement ou indirectement responsable de la mort de Monsieur Alphonse KABILIGI ? Ici aussi, le lecteur pourra appr\u00e9cier.<\/p>\n<p>Hassan Ngeze s\u2019\u00e9poumone \u00e0 dire qu\u2019Anatole Nsengiyumva a tu\u00e9 beaucoup de pr\u00eatres, de religieux et religieuses, et beaucoup de chr\u00e9tiens. Tout ceci est ridicule, car il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 devant la Cour que cela ne rime \u00e0 rien. Ngeze n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 content, car il avait pr\u00e9par\u00e9 des t\u00e9moins pour me faire condamner, mais ils ont \u00e9t\u00e9 non cr\u00e9dibles. Il essaie de mener un combat d\u2019arri\u00e8re-garde. Voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>De la page 67 \u00e0 69, Hassan Ngeze d\u00e9crit Anatole Nsengiyumva<\/strong>, et la fa\u00e7on dont je m\u2019acquittais de ma t\u00e2che \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e. Je laisse ici les anciens militaires des FAR me juger, et pas Hassan Ngeze qui ne pige rien au m\u00e9tier des armes, et au travail au sein d\u2019un Etat-Major d\u2019une arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Il s\u2019\u00e9tonne de comment j\u2019ai pu \u00eatre trouv\u00e9 non coupable pour certaines charges dont j\u2019\u00e9tais accus\u00e9. Pourtant les choses sont claires dans le jugement par des juges professionnels. Qui est Ngeze pour mettre cela en doute ?<\/p>\n<p><strong>De la page 70 \u00e0 73, Ngeze se targue<\/strong> d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 un expert en renseignement, \u00e0 qui le Gouvernement avait recours pour lui faire des analyses dans ce domaine. Il dit qu\u2019un moment donn\u00e9, il \u00e9tait plus fort que les services de renseignement officiels. Je trouve personnellement que ceci est une exag\u00e9ration, dans la mesure o\u00f9 Hassan Ngeze ne peut pas dire sur quels crit\u00e8res il basait ses analyses, ni comment il pouvait dire qu\u2019il \u00e9tait plus fort que les services de l\u2019Etat. Il parle du Major EPIPHANE, en disant que ce dernier pourrait t\u00e9moigner sur ce que dit Ngeze. Mais, \u00e0 ma connaissance, le Major Epiphane HANYURWIMANA n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un responsible d\u2019un service de renseignement, quel qu\u2019il soit. Je n\u2019ai jamais vu quelqu\u2019un qui se gonflait comme Hassan Ngeze, pour dire qu\u2019il \u00e9tait plus fort que tout le monde en ceci ou en cela. Normalement, ce sont les autres qui devraient le dire, et non pas l\u2019individu lui-m\u00eame. Je trouve donc cette approche assez grotesque.<\/p>\n<p><strong>De la page 78 \u00e0 79, Ngeze parle encore<\/strong> de la mort des politiciens dits \u201cde Gitarama\u201d. Mais il ment dans ce qu\u2019il dit, car il ne les a jamais vus. En effet, quand LIZINDE a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9tenu dans la prison de Ruhengeri, il n\u2019y avait plus de politiciens de Gitarama l\u00e0-bas, car ils sont morts entre 1973 et 1976. Je dis ceci parce que dans son livre, \u201c<em>Mon p\u00e8re, cette autre partie de moi qu\u2019on m\u2019a arrach\u00e9e\u201d, <\/em>Jeanne Habyarimana, la fille de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana, reprend ce que Monsieur Jean Marie Vianney NDAGIJIMANA, ancient ambassadeur, a \u00e9crit dans son livre <em>\u201cFrance-Rwanda: Ultime automne. Le jour o\u00f9 le Pr\u00e9sident Habyarimana a perdu son bouclier\u201d, <\/em>\u00e9voquant ses entretiens avec le Pr\u00e9sident Habyarimana, au sujet de la mort des politiciens de Gitarama. Nous lisons notamment, ce qui suit:<\/p>\n<p>\u201c<em>Lors de ce s\u00e9jour \u00e0 Paris, le Pr\u00e9sident Habyarimana a fait allusion \u00e0 la question de la mort des politiciens de la premi\u00e8re R\u00e9publique, notamment aux accusations port\u00e9es contre lui par Messieurs Dismas Nsengiyaremye et Faustin Twagiramungu, le pointant comme responsible de ces d\u00e9c\u00e8s tragiques.<\/em><\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s cette \u00e9vocation, l\u2019ambassadeur Ndagijimana voulut savoir si cette question ne risque pas un jour ou l\u2019autre de resurgir. La r\u00e9action du Pr\u00e9sident ne se fit pas attendre: \u201cL\u2019air assez contrari\u00e9, Habyarimana me coupa net dans mon \u00e9lan, mais n\u2019\u00e9luda pas la question. Tr\u00e8s calmement, il m\u2019indiqua qu\u2019il ne souhaitait pas revenir sur les d\u00e9tails de \u201ccette affaire\u201d. Il souligna qu\u2019un proc\u00e8s avait eu lieu, et que, jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire, les responsables de ces assassinats avaient \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s par la justice. Il pr\u00e9cisa qu\u2019en revanche, il assumait la responsabilit\u00e9 du coup d\u2019\u00e9tat mais pas des assassinats qui l\u2019ont suivi. <\/em><em>Le Pr\u00e9sident pr\u00e9cisa: Les \u201cMinistres et autres politiciens arr\u00eat\u00e9s en 1973 et ensuite assassin\u00e9s en prison, je ne l\u2019ai su qu\u2019en 1976. C\u2019est le Major Lizinde, mon directeur de s\u00fbret\u00e9, qui en est responsable; c\u2019est lui qui a pris la d\u00e9cision de les assassiner avec la complicit\u00e9 de quelques-uns de ses amis, \u00e0 savoir le directeur de la prison de Ruhengeri, l\u2019officier qui est avec lui \u00e0 pr\u00e9sent au FPR, et quelques autres officiers qui \u00e9taient l\u00e0 en ce moment-l\u00e0. [\u2026]\u201d<\/em><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\"><em><strong>[20]<\/strong><\/em><\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p>Je dis ceci \u00e9galement, parce qu\u2019en 1978, il y a eu l\u2019affaire des mercenaires belges qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus dans la prison de Ruhengeri, et qui ont pris la place qu\u2019occupaient ces prisonniers politiques qui n\u2019\u00e9taient plus l\u00e0.<\/p>\n<p>Quand LIZINDE a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 ainsi que ceux qui faisaient partie de son groupe, ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus dans la m\u00eame prison, et ont pris la place des mercenaires qui avaient \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s dans leur pays \u2013 la Belgique. Il n\u2019y avait aucun ancien politicien dans la prison de Ruhengeri. Et Hassan Ngeze ne peut donner aucun nom d\u2019un de ces prisonniers politiques qui aurait \u00e9t\u00e9 en prison en m\u00eame temps que LIZINDE. Il ne peut pas. Et LIZINDE a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en 1980. Dans tous les cas, si le Pr\u00e9sident Habyarimana a su en 1976 que les politiciens sont morts, Ngeze ne peut pas pr\u00e9tendre qu\u2019il a vu ces prisonniers politiques en 1980.<\/p>\n<p>Un autre grand mensonge de Hassan Ngeze, c\u2019est qu\u2019il pr\u00e9tend avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 dans l\u2019affaire LIZINDE. Ce n\u2019est pas vrai. Quand le proc\u00e8s Lizinde et consorts a \u00e9t\u00e9 ouvert en 1981, je commandais le Bataillon commando Ruhengeri, et ce sont les militaires de cette unit\u00e9 qui gardaient la prison pendant cette p\u00e9riode, et c\u2019est eux qui escortaient les prisonniers du groupe LIZINDE, quand ils allaient au tribunal ou en revenaient. J\u2019\u00e9tais pr\u00e9sent quand le proc\u00e8s se d\u00e9roulait. Eh bien, Hassan Ngeze ne figurait pas parmi les prisonniers du groupe Lizinde. Jamais.<\/p>\n<p>J\u2019ai pos\u00e9 la question \u00e0 Monsieur Justin MUGENZI, qui m\u2019a affirm\u00e9 qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 en prison de Ruhengeri en m\u00eame temps que Hassan Ngeze. Et Justin Mugenzi n\u2019a pas s\u00e9journ\u00e9 dans le quartier des prisonniers politiques de Ruhengeri. Effectivement, quand je suis pass\u00e9 par la prison de Ruhengeri lors de l\u2019affaire des mercenaires, le Lt-Colonel Uwihoreye (alors encore Capitaine), m\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 Monsieur Mugenzi Justin, qui \u00e9tait alors avec les autres prisonniers de droit commun dans la cour de la prison. Il m\u2019a dit que Monsieur Mugenzi faisait partie de l\u2019\u00e9quipe de direction du Coll\u00e8ge officiel de Mburabuturo, quand Uwihoreye y \u00e9tait encore \u00e9l\u00e8ve au secondaire. Mugenzi \u00e9tait alors avec les autres prisonniers ordinaires, dans la cour int\u00e9rieur de la prison, et non pas dans l\u2019aile que devaient occuper les prisonniers politiques.<\/p>\n<p>Je ne sais pas ce que disent Messieurs HATEGEKIMANA Gilbert alias SHITANI et celui que l\u2019on appelait \u201cProfesseur PACHA\u201d que Hassan Ngeze donne comme t\u00e9moins de ce qu\u2019il dit, mais Monsieur Justin MUGENZI d\u00e9ment cat\u00e9goriquement les all\u00e9gations de Ngeze, et Mugenzi a compl\u00e8tement raison sur ce point. Donc Hassan Ngeze ment \u00e0 ses lecteurs sur cette question des circonstances de la mort des politiciens de Gitarama. Oui, ils sont effectivement morts et tout le monde le sait et le d\u00e9plore, mais pas de la fa\u00e7on dont parle Hassan Ngeze. Je trouve personnellement ind\u00e9cent que de chercher \u00e0 jouer avec cet \u00e9v\u00e9nement tr\u00e8s p\u00e9nible et malheureux.<\/p>\n<p><strong>A la page 80, Ngeze affirme<\/strong> que Lizinde l\u2019avait choisi, parce qu\u2019il l\u2019aimait, pour qu\u2019il travaille pour lui dans le cadre du renseignement. Je ne peux pas lui disputer ceci, mais certainement qu\u2019il jouait l\u2019informateur, et n\u2019\u00e9tait en tout cas pas un agent officiel du service central des renseignements. Les titres qu\u2019il se donne dans ce domaine sont assez pompeux, mais incorrects.<\/p>\n<p><strong>A la page 90, alin\u00e9a 20.1., Ngeze affirme<\/strong> que le Colonel SERUBUGA a remplac\u00e9 le Pr\u00e9sident Habyarimana au poste de Chef d\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e, quand ce dernier est devenu Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Et il ajoute que Serubuga a maintenu ce poste jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nemnt du multipartisme. Ceci n\u2019est pas vrai. Le Colonel Serubuga \u00e9tait Chef d\u2019Etat-Major Adjoint, et le Chef d\u2019Etat-Major \u00e9tait toujours le Pr\u00e9sident Habyarimana. Le Colonel Serubuga n\u2019est devenu Chef d\u2019Etat-Major qu\u2019en janvier 1992, jusqu\u2019en juin de la m\u00eame ann\u00e9e, et ce \u00e0 titre provisoire, \u00e9tait-il pr\u00e9cis\u00e9. En juin 1992, il a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la pension pour limite d\u2019\u00e2ge, et remplac\u00e9 par le G\u00e9n\u00e9ral D\u00e9ogratias NSABIMANA (qui \u00e9tait alors, encore Colonel). Donc Monsieur Hassan Ngeze dit souvent n\u2019importe quoi, et veut faire croire aux gens qu\u2019il ma\u00eetrise tout, jusqu\u2019\u00e0 se faire passer pour un sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire du Rwanda depuis la p\u00e9riode des rois (la monarchie).<\/p>\n<p><strong>De la page 91 \u00e0 92, sous l\u2019alin\u00e9a 20.3., Ngeze dit<\/strong> que depuis 1988, les membres de la belle-famille du Pr\u00e9sident Habyarimana \u00e9taient les plus forts et avaient la parole dans le pays, ceci parce que leur famille \u00e9tait plus large que celle du Pr\u00e9sident Habyarimana. Mais, qui sont ces membres de la belle-famille qui avaient la force dans le pays plus que n\u2019importe qui d\u2019autre ? Ceci fait partie des rumeurs les plus folles qui ont circul\u00e9 dans le pays un moment donn\u00e9, surtout lors du multipartisme, dans le cadre de la diabolisation du Pr\u00e9sident Habyarimana et ses proches. Sinon, est-ce que Hassan Ngeze peut donner ne f\u00fbt-ce que quelques cinq noms de personnalit\u00e9s, membres de la belle-famille du Pr\u00e9sident Habyarimana, qui avaient la premi\u00e8re parole dans le pays ? Il ne suffit pas de raconter, il faut aussi donner la preuve de ce qu\u2019on \u00e9crit, ou alors pr\u00e9ciser qu\u2019il s\u2019agit de rumeurs qui circulaient. Ce serait plus honn\u00eate.<\/p>\n<p><strong>De la page 92 \u00e0 la page 95, Hassan Ngeze raconte<\/strong>, encore une fois, comment le Colonel Mayuya a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 et pourquoi. Il commence en all\u00e9guant que le Colonel Serubuga \u00e9tait tr\u00e8s proche de la belle-famille du Pr\u00e9sident Habyarimana, et que l\u2019\u00e9pouse du Pr\u00e9sident, ainsi que ses fr\u00e8res et autres membres de la belle-famille se sentaient forts, parce que le Colonel Serubuga, un proche ou un membre de cette famille, commandait l\u2019Arm\u00e9e. Mais, selon Hassan Ngeze, un moment donn\u00e9, le Pr\u00e9sident Habyarimana a voulu remplacer le Colonel Serubuga par le Colonel Mayuya qui ne faisait pas partie de la famille de Madame Habyarimana, ni de la famille Habyarimana, mais qui \u00e9tait lui aussi originaire du Bushiru. Mais, selon Ngeze toujours, le Pr\u00e9sident Habyarimana aurait oubli\u00e9 que son secr\u00e9taire particulier, le Colonel Elie Sagatwa, \u00e9tait lui aussi son beau-fr\u00e8re, donc fr\u00e8re de Madame Habyarimana. Donc le secret de remplacer le colonel Serubuga a transpir\u00e9, et la belle-famille a d\u00e9cid\u00e9 de tuer le Colonel Mayuya, pour qu\u2019il ne remplace pas le Colonel Serubuga.<\/p>\n<p>Comme toujours, Ngeze se souvient d\u2019Anatole Nsengiyumva, donc moi-m\u00eame. Il affirme que l\u2019assassin du colonel Mayuya a \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9 par moi-m\u00eame. Il s\u2019agit du Sergent Biroli, originaire de Gikongoro, et un militaire commando de Kanombe, selon Hassan Ngeze. Le sergent Biroli a donc tu\u00e9 le Colonel Mayuya, et a \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame tu\u00e9 par un poison qui lui aurait \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 par une dame originaire de la r\u00e9gion du colonel Anatole Nsengiyumva. Et la mort du colonel Mayuya signifiait, selon Ngeze, le d\u00e9but de la fin du r\u00e9gime Habyarimana. Voil\u00e0 grosso modo ce que dit Hassan Ngeze sur la mort du Colonel Mayuya.<\/p>\n<p>J\u2019ai parl\u00e9 de cette affaire dans les pages qui pr\u00e9c\u00e8dent. Et j\u2019ai promis que je donnerai plus de d\u00e9tails dans un autre document. Mais d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, je dois pr\u00e9ciser que le Colonel Serubuga et le Colonel Mayuya \u00e9taient originaires de la m\u00eame commune, et je crois du m\u00eame secteur ou de deux secteurs voisins. Et leurs familles \u00e9taient amies. \u00c7a je le savais. Le Colonel Serubuga n\u2019\u00e9tait pas du tout membre de la belle-famille du Pr\u00e9sident Habyarimana.<\/p>\n<p>Qui a dit \u00e0 Hassan Ngeze que le Pr\u00e9sident Habyarimana avait eu l\u2019intention de remplacer le Colonel Serubuga par le Colonel Mayuya ? Ceci fait plut\u00f4t partie des rumeurs qui ont circul\u00e9 bien avant l\u2019assassinat du Colonel Mayuya. En ce moment-l\u00e0, le Colonel Mayuya \u00e9tait all\u00e9 se faire soigner en Europe, et des rumeurs ont circul\u00e9, disant qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9 par le colonel Serubuga. Mais il n\u2019en \u00e9tait rien, car le Colonel Mayuya avait plut\u00f4t les \u201ccalculs biliaires\u201d. Il a \u00e9t\u00e9 soign\u00e9 et il a \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ri.<\/p>\n<p>Si le Pr\u00e9sident Habyarimana avait voulu remplacer le Colonel Serubuga avant l\u2019assassinat du Colonel Mayuya, il allait quand m\u00eame le remplacer aussi, apr\u00e8s la mort du colonel Mayuya, surtout s\u2019il \u00e9tait prouv\u00e9 que c\u2019est Serubuga qui avait complot\u00e9 contre le regrett\u00e9. Ngeze ne va quand m\u00eame pas nous dire qu\u2019il a su tout cela, et que le Pr\u00e9sident Habyarimana n\u2019en a rien su !<\/p>\n<p>Il est bizarre d\u2019affirmer que le Pr\u00e9sident Habyarimana a voulu remplacer le colonel Mayuya pour \u00e9loigner Serubuga pr\u00e9tendument plus proche de la belle-famille, et qu\u2019il a oubli\u00e9 que son secr\u00e9taire particulier, le colonel Sagatwa, \u00e9tait son beau-fr\u00e8re, ce qui a permis au secret d\u2019\u00eatre connu par la belle-famille, et qui aurait entra\u00een\u00e9 l\u2019assassinat du Colonel Mayuya. Comment est-ce que Ngeze a connu cela ? Ceci n\u2019est que simples sp\u00e9culations, comme Ngeze est pass\u00e9 ma\u00eetre dans l\u2019art de sp\u00e9culer. Vous aurez remarqu\u00e9 que nulle part dans ses livres, il ne donne ses sources ou ses r\u00e9f\u00e9rences. C\u2019est quand m\u00eame bizarre pour quelqu\u2019un qui se prend pour un chercheur et un analyste de premier plan !<\/p>\n<p>Quant au recrutement de l\u2019assassin, je suis l\u00e0 pour dire qu\u2019il s\u2019agit de simples fabulations de Hasssan Ngeze, qui ne manque aucune occasion de me charger de tous les maux, possibles et impossibles. Je ne connaissais pas le sergent Biroli, et je n\u2019avais jamais entendu parler de lui. Quand le colonel Serubuga est venu me dire que le colonel Mayuya venait d\u2019\u00eatre tu\u00e9, et que le Pr\u00e9sident Habyarimana venait de me d\u00e9signer pour remplacer le Colonel Mayuya, je lui ai demand\u00e9 qui avait tu\u00e9 Mayuya. Le Colonel Serubuga m\u2019a dit qu\u2019il para\u00eet que c\u2019est un sous-officier du camp Kanombe, mais non autrement identifi\u00e9 jusque-l\u00e0. Il n\u2019avait pas lui-m\u00eame assez d\u2019informations sur le sujet. Quand j\u2019ai couru \u00e0 Kanombe pour prendre le commandement du camp et du bataillon para-commando, pour ramener le calme et la s\u00e9curit\u00e9 au camp, je ne connaissais pas encore qui avait tu\u00e9 le colonel Mayuya. Je l\u2019ai su quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Kanombe. Et j\u2019ai appris que le sergent Biroli \u00e9tait un sous-officier de la base logistique de l\u2019Arm\u00e9e \u2013 BASE AR \u2013 dans la compagnie Quartier Ma\u00eetre \u2013 QM. Il n\u2019\u00e9tait pas du Bataillon para-commando, contrairement \u00e0 ce que veut nous faire croire Hassan Ngeze. Voil\u00e0 ce qui s\u2019est pass\u00e9, et j\u2019aurais l\u2019occasion\u00a0 de donner encore plus de d\u00e9tails. Mais Hassan Ngeze a menti sur toute la ligne, concernant l\u2019assassinat du colonel Mayuya.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la mort de l\u2019assassin Biroli, nous avons \u00e9t\u00e9 tous surpris et d\u00e9\u00e7us par ce qui est arriv\u00e9, car sa disparition nous a emp\u00each\u00e9s de savoir les d\u00e9tails sur les raisons qui l\u2019ont pouss\u00e9 \u00e0 assassiner le Colonel Mayuya, ou s\u2019il avait un quelconque commanditaire.<\/p>\n<p>Dans les pages qui pr\u00e9c\u00e8dent, j\u2019ai parl\u00e9 de l\u2019arrestation du colonel Ndibwami, du Major Havugwintore, du Colonel BEM Nkuliyekubona (que Ngeze ne mentionne pas) et de quelques autres civils, relativement \u00e0 ce dossier. J\u2019en donnerai encore plus de d\u00e9tails, dans l\u2019autre document que j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9. Mais toujours est-il que ces personnes n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es coupables de l\u2019assassinat du Colonel Mayuya.<\/p>\n<p><strong>A la page 118, alin\u00e9a 22.6., Hassan Ngeze revient<\/strong> encore sur les nombreuses fois qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mis en prison. Et il all\u00e8gue que cela a commenc\u00e9 lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mis en d\u00e9tention dans le dossier de tentative de coup d\u2019Etat de Lizinde. Je r\u00e9affirme que Hassan Ngeze n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 mis en prison dans l\u2019affaire Lizinde. Sauf s\u2019il a \u00e9t\u00e9 vite lib\u00e9r\u00e9 avant le jugement, car il ne figure pas parmi ceux qui ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s avec Lizinde. J\u2019ai bien dit que j\u2019\u00e9tais pr\u00e9sent quand ces gens \u00e9taient jug\u00e9s, et Hassan Ngeze ne figurait pas parmi eux, et n\u2019est pas sur la liste de ceux qui \u00e9taient dans le proc\u00e8s Lizinde et consorts. Ce qu\u2019il all\u00e8gue est donc faux.<\/p>\n<p><strong>De la page 147 \u00e0 la page 152, Hassan Ngeze s\u2019attaque<\/strong> encore \u00e0 moi, pr\u00e9tendant que j\u2019aurais mis un certain Jean Baptiste GACUKIRO dans un trou au camp Kigali, pendant cinq ans, et qu\u2019\u00e0 sa sortie sur intervention des organisations de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme, je l\u2019aurais expuls\u00e9 du Rwanda, pour le Congo (RDC), sans possibilit\u00e9 de revenir au Rwanda. Sa famile aurait \u00e9t\u00e9 interdite de quitter Gisenyi pour aller le voir \u00e0 Goma o\u00f9 il vivait. Apr\u00e8s l\u2019assassinat du Pr\u00e9sident Habyarimana, j\u2019aurais donn\u00e9 les ordres aux militaires d\u2019aller directement tuer les Tutsi habitant les environs du camp militaire, y comprise la famille de GACUKIRO. Ngeze continue en disant qu\u2019apr\u00e8s la sortie du pays pour l\u2019exil au Za\u00efre, Gacukiro aurait tent\u00e9 de me faire arr\u00eater, qu\u2019on m\u2019a cherch\u00e9, mais que je me suis cach\u00e9, avant de quitter le Za\u00efre pour d\u2019autres pays, dont le Cameroun o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et emmen\u00e9 \u00e0 Arusha.<\/p>\n<p>Tout ceci est une fabrication malveillante de Hassan Ngeze. Je sais que Monsieur Jean Baptiste Gacukiro aurait fui le pays en 1992 pour le Za\u00efre, o\u00f9 il habitait \u00e0 Goma. Sa famille vivait \u00e0 Gisenyi, \u00e0 part qu\u2019il avait pris une autre femme \u00e0 Goma. Si je l\u2019avais d\u00e9tenu pendant cinq ans, c\u2019est-\u00e0-dire que je l\u2019aurais arr\u00eat\u00e9 en 1987. Mais pourquoi l\u2019aurais-je arr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette p\u00e9riode ? Je pr\u00e9cise que je ne pouvais pas arr\u00eater des civils et les d\u00e9tenir au camp militaire de Kigali. Tous les militaires qui ont v\u00e9cu dans le camp Kigali savent bien qu\u2019il n\u2019y avait pas de trou dans lequel des gens \u00e9taient d\u00e9tenus. Le commandant du camp pendant la p\u00e9riode de guerre, le Lieutenant-colonel Denys NKIZINKIKO, vit au Rwanda, et peut m\u2019\u00eatre t\u00e9moin sur ce point. Je n\u2019ai jamais vu Gacukiro (que je connaissais tr\u00e8s bien) au camp Kigali en d\u00e9tention. Je ne connais aucun dossier dans lequel Gacukiro aurait \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9, pour lequel il devait r\u00e9pondre devant les militaires. Par ailleurs, je n\u2019avais aucun pouvoir d\u2019expulser quelqu\u2019un du pays, dans quelques circonstances que ce soit. Monsieur Hassan Ngeze veut confondre le service G2 de notre temps, avec le DMI actuel.<\/p>\n<p>Je sais que Monsieur Gacukiro vivait \u00e0 Goma comme je viens de le dire, et quand je suis all\u00e9 commander le secteur op\u00e9rationnel de Gisenyi, je le rencontrais souvent \u00e0 Goma et on se saluait, car nous nous connaissions depuis tr\u00e8s longtemps. Il ne m\u2019a jamais parl\u00e9 d\u2019un \u00e9ventuel s\u00e9jour au camp Kigali, s\u00e9jour que j\u2019allais absolument savoir, si jamais cela s\u2019\u00e9tait r\u00e9ellement pass\u00e9.<\/p>\n<p>Quand l\u2019avion du Pr\u00e9sident Habyarimana a \u00e9t\u00e9 descendu, j\u2019ai plut\u00f4t recommand\u00e9 la vigilance et la discipline de la part de mes militaires, et quand les tueries ont commenc\u00e9 dans tout le pays, je les ai exhort\u00e9s \u00e0 se tenir en dehors des troubles, et d\u2019essayer plut\u00f4t d\u2019aider les personnes menac\u00e9es qu\u2019ils auraient \u00e0 rencontrer. Ils l\u2019ont fait. Je l\u2019ai expliqu\u00e9 devant le TPIR, et ce que j\u2019ai dit est v\u00e9rifiable. Mes hommes ne se sont donc jamais m\u00eal\u00e9s dans les tueries, et ceci a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par le TPIR, qui a par ailleurs men\u00e9 des enqu\u00eates sur ce sujet.<\/p>\n<p>Je sais pourtant, que Monsieur Jean Baptiste Gacukiro, apr\u00e8s son retour au Rwanda suite \u00e0 la prise du pouvoir par le FPR, a \u00e9t\u00e9 une des personnes virulentes, qui tenaient absolument \u00e0 ce que les autorit\u00e9s qui \u00e9taient en place au Rwanda puissent payer pour la mort des personnes qui leur \u00e9taient proches. Ceci peut se comprendre, dans la mesure o\u00f9 sa famille avait \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9e par les tueurs, mais je n\u2019avais m\u00eame jamais su ce qui s\u2019\u00e9tait alors pass\u00e9.avec sa famille. Il a fait trop de d\u00e9clarations, il a fabriqu\u00e9 des accusations, mais jamais il n\u2019a dit que je l\u2019avais gard\u00e9 dans un trou au Camp Kigali pendant cinq ans, il n\u2019a dit nulle par que je l\u2019aurais expuls\u00e9 du Rwanda pour ne plus y revenir, ni que j\u2019\u00e9tais responsible du massacre de sa famille. D\u2019o\u00f9 est-ce que Hassan Ngeze a ramass\u00e9 ses all\u00e9gations alors ? Toujours la volont\u00e9 de nuire, sans aucune preuve de ce qu\u2019il avance.<\/p>\n<p>En novembre 1999, Monsieur Jean Baptiste Gacukiro a fait une d\u00e9claration, o\u00f9 il a \u00e9voqu\u00e9 notamment son exil \u00e0 Goma. Apr\u00e8s avoir parl\u00e9 de certaines autres choses, il a dit ce qui suit:<\/p>\n<p><em>\u201cJe tiens toutes ces informations de mon ami Mathias NYAGASAZA qui me tenait r\u00e9guli\u00e8rement au courant des \u00e9v\u00e9nements de l\u2019\u00e9poque puisqu\u2019il assistait \u00e0 toutes les r\u00e9unions. Il se trouve actuellement \u00e0 Nairobi au Kenya. A titre d\u2019exemple, quand il a vu mon nom sur les listes des personnes \u00e0 \u00e9liminer dress\u00e9es par les planificateurs du g\u00e9nocide, il m\u2019a dit de quitter le pays sinon, je serai bient\u00f4t tu\u00e9. <u>C\u2019est ainsi que je me suis r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Goma avant le d\u00e9clenchement du g\u00e9nocide \u00e0 grande \u00e9chelle dans la Pr\u00e9fecture de Gisenyi<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><strong>[21]<\/strong><\/a><\/u>. De Goma, j\u2019ai adress\u00e9 des messages \u00e0 mes amis et mes proches pour les inviter \u00e0 quitter le Rwanda. Ceux qui m\u2019ont \u00e9cout\u00e9, ont \u00e9chapp\u00e9 aux massacres, d\u2019autres qui n\u2019ont pas pris au s\u00e9rieux mes conseils au motif qu\u2019ils \u00e9taient sous la bonne protection de la MINUAR ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Je recevais aussi ces informations de mon ami feu GAHUTU Saidi un Interahamwe qui est mort de maladie \u00e0 Gisenyi, pendant sa d\u00e9tention\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Je ne dis pas que ces d\u00e9clarations de Monsieur Jean Baptiste Gacukiro sont vraies. Ells font partie de ses nombreuses fabrications. Il a fait beaucoup d\u2019autres d\u00e9clarations mont\u00e9es de toutes pi\u00e8ces. Elles sont disponibles. Mais s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 du Rwanda par moi-m\u00eame, c\u2019est ce qu\u2019il allait dire, au lieu de dire qu\u2019il a fui suite aux informations lui fournies par les deux personnes, concernant la menace \u00e0 sa s\u00e9curit\u00e9. Donc, Hassan Ngeze a encore une fois menti sur toute la ligne.<\/p>\n<p>A Goma, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9 par qui que ce soit pour \u00eatre interrog\u00e9 sur quoi que ce soit. Je ne me suis jamais cach\u00e9 pour quelque motif que ce soit. J\u2019\u00e9tais souvent en compagnie du Commandant de la r\u00e9gion militaire, je voyais souvent le Commandant de la circonscription de gendarmerie, et je voyais le responsible du SNIP. Je les connaissais tous. Personne ne m\u2019a dit qu\u2019il y avait une quelconque accusation contre moi \u00e0 laquelle je devais r\u00e9pondre. J\u2019ai v\u00e9cu dans la ville de Goma, puis au camp des r\u00e9fugi\u00e9s de Mugunga, depuis notre sortie du pays jusque fin 1995.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 est-ce que Hassan Ngeze a eu ses affirmations, selon lesquelles j\u2019ai failli \u00eatre arr\u00eat\u00e9, et que j\u2019aurais fui ? Mensonge assez absurde et ridicule.<\/p>\n<p><strong>De la page 181, alin\u00e9a 27.1. jusqu\u2019\u00e0 la page 184, alin\u00e9a 27.3., Hassan Ngeze parle<\/strong> encore une fois de son arrestation directement apr\u00e8s la mort du Pr\u00e9sident Habyarimana, sa d\u00e9tention au camp militaire sur demande de l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e qui voulait qu\u2019il soit arr\u00eat\u00e9 et tu\u00e9. Il parle \u00e9galement de personnes Tutsi qui auraient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es cette m\u00eame nuit, une heure seulement apr\u00e8s avoir appris la nouvelle de la mort du Pr\u00e9sident, d\u00e9tenues au camp militaire avec lui, avant d\u2019\u00eatre tu\u00e9es par les militaires, \u00e0 l\u2019exception de Ngeze lui-m\u00eame, et d\u2019une femme qui vit actuellement au Canada, selon les d\u00e9clarations de Ngeze. Il ajoute qu\u2019au mois de juin 1994, il a encore \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, d\u00e9tenu au camp militaire de Gisenyi, que le Colonel Bagosora l\u2019y aurait vu quand il passait pour se rendre en Afrique du Sud, que Monsieur Joseph Nzirorera l\u2019y a vu \u00e9galement, qu\u2019il a demand\u00e9 \u00e0 Anatole Nsengiyumva \u2013 moi-m\u00eame \u2013 de le lib\u00e9rer, mais que j\u2019aurais refus\u00e9 en disant que Ngeze est un employ\u00e9 de la CIA am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 des all\u00e9gations \u00a0analogues et j\u2019en ai parl\u00e9. J\u2019ai montr\u00e9 que Hassan Ngeze n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 la nuit du 6 au 7 avril 1994, ni d\u00e9tenu au camp militaire jusqu\u2019au 9 avril 1994. J\u2019ai expliqu\u00e9 que cette nuit-l\u00e0, la situation a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s calme \u00e0 Gisenyi, qu\u2019aucune personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e, et que de toute fa\u00e7on, aucune personne civile n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue au camp militaire, \u00e0 part Hassan Ngeze au mois de mai 1994. Je le confirme.<\/p>\n<p>C\u2019est vrai, un moment donn\u00e9, Monsieur Nzirorera est pass\u00e9 au camp pour me demander du carburant, et je l\u2019ai orient\u00e9 vers une station d\u2019essence qui servait les autorit\u00e9s civiles et autres personnes non militaires. C\u2019\u00e9tait le 08 mai 1994, et il a vu effectivement Monsieur Ngeze au camp militaire, car il avait \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9 la veille. C\u2019est ce m\u00eame jour que Hassan Ngeze a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 dans les circonstances que j\u2019ai expliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Au mois de juin 1994, Hassan Ngeze n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par les militaires du camp militaire de Gisenyi, et n\u2019a par cons\u00e9quent pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu dans ce camp. Le Colonel Bagosora ne l\u2019y a donc pas vu. Je dois souligner que le Colonel Bagosora n\u2019est pas all\u00e9 en Afrique du Sud en juin 1994. \u00a0Il est parti le 23 mai 1994, pour se rendre en Afrique du Sud et aux Seychelles. Il est parti par le m\u00eame avion que Monsieur Nzirorera Joseph qui, lui, se rendait en Afrique du Sud seulement. Le Colonel Bagosora est rentr\u00e9 des Seychelles et arriv\u00e9 \u00e0 Gisenyi le 19 ou le 20 juin 1994. Ngeze n\u2019\u00e9tait pas au camp non plus. Donc, le colonel Bagosora n\u2019a jamais vu Hassan Ngeze en d\u00e9tention au camp militaire de Gisenyi. Monsieur Nzirorera l\u2019y a vu. Mais c\u2019\u00e9tait exactement le 08 mai 1994, et c\u2019est ce m\u00eame jour que Ngeze a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 une seule nuit en d\u00e9tention. Comme Ngeze a su, via les dossiers du TPIR, que le Colonel Bagosora s\u2019est rendu en Afrique du Sud un moment donn\u00e9, il en profite pour int\u00e9grer cet \u00e9l\u00e9ment dans ses all\u00e9gations, pour faire croire qu\u2019il dit la v\u00e9rit\u00e9. Et pourtant, il ment.<\/p>\n<p>En mai 1994, je n\u2019avais jamais entendu dire que Hassan Ngeze travaillait pour la CIA am\u00e9ricaine. Je ne pouvais donc pas dire qu\u2019il \u00e9tait un agent de la CIA, pour refuser de le lib\u00e9rer. C\u2019est lui-m\u00eame qui s\u2019en vantait, lorsqu\u2019il \u00e9tait en d\u00e9tention \u00e0 Arusha. Nous voyons m\u00eame dans ses livres, qu\u2019il affirme avoir travaill\u00e9 pour les services de renseignements des grandes puissances. Il en est fier quand il le dit. Je ne l\u2019ai donc pas maintenu en d\u00e9tention en disant qu\u2019il \u00e9tait un agent de la CIA, car je ne le savais pas. Et m\u00eame si je l\u2019avais su, ce n\u2019\u00e9tait pas le moment de m\u2019embarquer dans un tel dossier. Je n\u2019avais aucun probl\u00e8me avec la CIA. Nous avons par ailleurs vu que Ngeze pr\u00e9tend plut\u00f4t, qu\u2019il \u00e9tait arr\u00eat\u00e9 parce qu\u2019il \u00e9vacuait des Tutsi au Za\u00efre. D\u2019o\u00f9 vient donc cette histoire de la CIA ? De toute fa\u00e7on, il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu au camp militaire de Gisenyi en dehors de la seule fois du 7 au 8 mai 1994. Voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>On dirait que Hassan Ngeze est malade d\u2019Anatole Nsengiyumva. Ainsi, de la page 188, alin\u00e9a 27.9. \u00e0 la page 189, alin\u00e9a 27.10., il se r\u00e9volte<\/strong> presque, en avan\u00e7ant qu\u2019il ne comprend pas pourquoi Anatole Nsengiyumva n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 correctement, ce qui a fait que les juges l\u2019ont rel\u00e2ch\u00e9. Mais, je rappelle que Hassan Ngeze a tout fait, notamment en \u00e9crivant aux juges de ma Chambre en premi\u00e8re instance, aux juges de la Chambre d\u2019appel, ainsi qu\u2019aux autres autorit\u00e9s du TPIR, pour essayer d\u2019influencer le Jugement. Il croyait que ses mensonges allaient convaincre les Juges. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u. Maintenant, il essaie de voir ce qu\u2019il peut faire encore une fois, pour voir s\u2019il peut r\u00e9ussir \u00e0 me faire du mal. C\u2019est la raison de tout cet acharnement. On dirait que ce deuxi\u00e8me livre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pour atteindre ce but. Le mensonge ne paye pas tout le temps, m\u00eame si quelques fois, il peut faire des d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n<p><strong>De la page 192, alin\u00e9a 27.14. \u00e0 la page 193, alin\u00e9a 27.15., Hassan Ngeze se plaint<\/strong> du fait que les officiers des ex-FAR qui \u00e9taient avec lui en d\u00e9tention \u00e0 Arusha, moi y compris, ainsi que Monsieur Joseph Nzirorera, avons refus\u00e9 de t\u00e9moigner pour lui. Il essaie d\u2019expliquer les raisons qui nous ont pouss\u00e9s \u00e0 refuser, notamment que nous ne voulions pas que le Procureur sache que des crimes ont \u00e9t\u00e9 commis par certains d\u2019entre nous, et qu\u2019ils \u00e9taient rest\u00e9s inconnus de l\u2019Accusation, ou que d\u2019autres ne voulaient pas faire condamner Anatole Nsengiyumva.<\/p>\n<p>Oui, Ngeze a voulu nous forcer \u00e0 t\u00e9moigner pour lui, pour faire croire qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9tenu au camp militaire de Gisenyi de la nuit du 6 au 7 avril 1994 jusqu\u2019au 9 avril 1994, et qu\u2019il y a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu plusieurs autres fois apr\u00e8s \u00e7a, ceci pour qu\u2019il puisse \u00e9viter les accusations port\u00e9es contre lui pour des faits suppos\u00e9s avoir \u00e9t\u00e9 commis pendant cette p\u00e9riode. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas la v\u00e9rit\u00e9, et nous n\u2019avons pas voulu nous impliquer dans ses mensonges, surtout qu\u2019il le faisait quelquefois en usant de chantage et de menace, comme il avait eu l\u2019habitude de le faire, lorsque nous \u00e9tions encore au pays. Il est m\u00eame all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 soumettre une requ\u00eate disant qu\u2019il \u00e9tait psychologiquement affect\u00e9 par le fait que nous ne voulions pas t\u00e9moigner pour lui, et demandait d\u2019\u00eatre envoy\u00e9 chez le m\u00e9decin pour examen et traitement. La Chambre d\u2019Appel a rejet\u00e9 cette all\u00e9gation.<\/p>\n<p>Oui, il voulait nous impliquer dans ses mensonges. Vous verrez qu\u2019avant qu\u2019il ne sache les charges port\u00e9es contre lui et la p\u00e9riode \u00e0 laquelle elles se rapportaient, il n\u2019avait jamais dit qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9tenu au camp militaire de Gisenyi de la nuit du 6 au 7 avril 1994, jusqu\u2019au 9 avril 1994. Il disait qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, emmen\u00e9 au camp, interrog\u00e9, puis rel\u00e2ch\u00e9 imm\u00e9diatement. Nous avons vu cela dans certains de ses documents que j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9s ci-dessus.<\/p>\n<p><strong>De la page 217, alin\u00e9a 29., jusqu\u2019\u00e0 la page 224, alin\u00e9a 29.10., Hassan Ngeze se vante<\/strong> d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le chouchou de nombreuses autorit\u00e9s officielles de l\u2019Etat, et de certaines personnes priv\u00e9es, dont surtout Monsieur Valens Kajeguhakwa. Il affirme qu\u2019il a beaucoup utilis\u00e9 ces autorit\u00e9s, dont surtout beaucoup de ministres, pour obtenir des bourses d\u2019\u00e9tudes pour les Tutsi, surtout ceux qui vivaient \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du Rwanda. Qu\u2019il parvenait aussi \u00e0 obtenir des cartes d\u2019identit\u00e9 rwandaises pour ces Tutsi r\u00e9fugi\u00e9s, surtout ceux vivant au Za\u00efre, et des passeports rwandais. Puis il affirme que, passant par les Colonels SERUBUGA et RWAGAFILITA, ainsi que par le Pr\u00e9fet NSHUNGUYINKA, il obtenait des permis de conduire pour beaucoup de gens. Il pr\u00e9tend qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 la personne qui a pu obtenir le plus de bourses pour les Tutsi r\u00e9fugi\u00e9s et pour d\u2019autres personnes.<\/p>\n<p>Je ne peux pas lui disputer ce qu\u2019il dit ici, car je n\u2019ai aucun \u00e9l\u00e9ment pour le faire. Seulement, je me demande toujours comment il parvenait \u00e0 savoir qu\u2019il \u00e9tait la personne qui faisait ceci ou cela, plus que tout le monde au Rwanda. Comment pouvait-il savoir par exemple, qu\u2019aucune autre personne ne pouvait faire octroyer plus de bourses, plus de passeports, ou plus de permis de conduire que lui. D\u2019o\u00f9 avait-il ces donn\u00e9es ? Peut-il citer d\u2019autres personnes qui le faisaient, mais moins que lui ?<\/p>\n<p><strong>De la page 224, alin\u00e9a 29.11., jusqu\u2019\u00e0 la page 226, Hassan Ngeze se vante<\/strong>, en disant que depuis le d\u00e9but de la guerre en 1990, il avait plus de moyens de renseignement que les services de renseignement de l\u2019Etat rwandais et les services de renseignement du FPR. Il affirme que \u201cdes Blancs\u201d lui avaient donn\u00e9 beaucoup de moyens, de fa\u00e7on qu\u2019il \u00e9tait en mesure de conna\u00eetre les plans du Gouvernement et ceux du FPR, bien avant qu\u2019ils ne soient ex\u00e9cut\u00e9s, qu\u2019il savait bien ce que ces deux parties au conflit avaient fait, o\u00f9 ils avaient fait ceci ou cela, et les erreurs qu\u2019ils avaient commises.<\/p>\n<p>Je trouve personellement que ceci est une exag\u00e9ration, voire une fabulation, car Ngeze ne peut pas dire sinc\u00e8rement qu\u2019il connaissait toutes les possibilit\u00e9s du Gouvernement et celles du FPR. C\u2019est ce qu\u2019il affirme, mais je ne suis pas d\u2019accord avec \u00e7a.<\/p>\n<p><strong>A la page 226 toujours, alin\u00e9a 29.12., Ngeze affirme<\/strong> qu\u2019il a travaill\u00e9 pour des services de renseignements \u00e9trangers, et que ce n\u2019est pas lui qui leur a demand\u00e9 du travail, mais que c\u2019est plut\u00f4t ces services de renseignement \u00e9trangers qui, apr\u00e8s avoir appr\u00e9ci\u00e9 ses analyses sur la situation dans la r\u00e9gion, lui ont demand\u00e9 de travailler pour eux. Nous avons vu qu\u2019il revient souvent sur ce travail au profit des services de renseignement \u00e9trangers. Ailleurs, il a dit que c\u2019\u00e9tait des services de renseignements des pays puissants. C\u2019est lui qui le sait, mais si cela est r\u00e9ellement vrai, je crois qu\u2019il \u00e9tait plut\u00f4t un simple informateur, plut\u00f4t qu\u2019un analyste des situations qui pr\u00e9valaient dans notre pays, et dans notre r\u00e9gion. Les services des pays puissants avaient d\u2019autres moyens humains plus capables de mieux faire des analyses viables. C\u2019est ce que je crois.<\/p>\n<p><strong>A la page 281, alin\u00e9as 36.3., 36.4., et 36.5., nous lisons<\/strong> les all\u00e9gations suivantes de Hassan Ngeze:<\/p>\n<p><em>\u201c36.3. En date du 03.04.1994:<\/em><\/p>\n<p><em>Habyarimana est all\u00e9 \u00e0 Nairobi au Kenya inviter le Pr\u00e9sident Daniel Arap Moi et lui demander conseil. Le Pr\u00e9sident Kenyan a dit qu\u2019il n\u2019ira pas dans ce sommet, qu\u2019il y enverra son Vice-Pr\u00e9sident, George Saitoti.<\/em><\/p>\n<p><em>36.4. En date du 04.04.1994:<\/em><\/p>\n<p><em>Habyarimana est all\u00e9 \u00e0 Kampala chez Museveni pour s\u2019entretenir avec lui concernant ce sommet.<\/em><\/p>\n<p><em>36.5. En date du 05.04.1994:<\/em><\/p>\n<p><em>Le Pr\u00e9sident Habyarimana est all\u00e9 \u00e0 Gbadolite au Congo pour s\u2019entretenir avec Mobutu en ce qui concerne ce sommet. Alors Mobutu a dit \u00e0 Habyarimana qu\u2019il n\u2019ira pas dans ce sommet \u00e0 cause des raisons de sa s\u00e9curit\u00e9, et il lui a demand\u00e9 de ne pas y aller non plus, d\u2019y envoyer plut\u00f4t un de ses ministres, et si n\u00e9cessaire d\u2019y envoyer son Premier Ministre. Mobutu lui a promis de continuer \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur cela, et qu\u2019il allait lui dire sa d\u00e9cision d\u00e9finitive plus tard\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Eh bien, tout ceci est faux. En effet, en date du 03 avril 1994, le Pr\u00e9sident Habyarimana \u00e9tait \u00e0 Gisenyi chez-lui dans sa r\u00e9sidence priv\u00e9e au bord du Lac Kivu. Pendant la journ\u00e9e, en compagnie de Monsieur Jacques-Roger Booh-Booh et d\u2019autres personnes, il a d\u00e9je\u00fbn\u00e9 chez Monsieur Alphonse HIGANIRO \u00e0 Kigufi, et le soir, il a re\u00e7u chez-lui Monsieur Booh-Booh et d\u2019autres personnes. Moi-m\u00eame, j\u2019\u00e9tais par hasard pr\u00e9sent chez le Pr\u00e9sident Habyarimana. Je dis donc ce que je sais. Le Pr\u00e9sident Habyarimana n\u2019est donc pas all\u00e9 au Kenya ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<p>Le 04 avril 1994, le Pr\u00e9sident Habyarimana n\u2019est pas all\u00e9 \u00e0 Kampala voir le Pr\u00e9sident Museveni. Il est all\u00e9 plut\u00f4t \u00e0 Gbadolite chez le Pr\u00e9sident Mobutu.<\/p>\n<p>Le 05 avril 1994, le Pr\u00e9sident n\u2019est pas all\u00e9 \u00e0 Gbadolite, car il y avait \u00e9t\u00e9 la veille 04 avril 1994. Je le sais car il m\u2019a demand\u00e9 d\u2019appeler l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e pour lui envoyer un\u00a0 h\u00e9licopt\u00e8re tr\u00e8s t\u00f4t matin le 04 avril, pour qu\u2019il aille \u00e0 Kanombe prendre son avion et aller \u00e0 Gbadolite. Le soir du 04 avril 1994, Radio Rwanda a dit dans ses informations que le Pr\u00e9sident Habyarimana venait de rentrer de Gbadolite o\u00f9 il avait effectu\u00e9 une visite d\u2019une journ\u00e9e. Monsieur Honor\u00e9 NGBANDA, ancien conseiller du Pr\u00e9sident Mobutu pour les affaires de s\u00e9curit\u00e9 a \u00e9crit un livre, et a beaucoup parl\u00e9 de cette visite du Pr\u00e9sident Habyarimana \u00e0 Gbadolite le 04 avril 1994. Donc tout ce que raconte Hassan Ngeze sur tout \u00e7a est faux.<\/p>\n<p><strong>De la page 286 \u00e0 la page 287, alin\u00e9as 36.9. et 36.10., Hassan Ngeze \u00e9crit<\/strong> des choses ridicules et r\u00e9voltantes \u00e0 la fois, et que je tiens \u00e0 d\u00e9noncer avec force et amertume. Il \u00e9crit ce qui suit:<\/p>\n<p><em>\u201c<strong>36.9. Les querelles entre Habyarimana et son \u00e9pouse nous ont caus\u00e9 des probl\u00e8mes<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>En date du 5, Habyarimana s\u2019est querell\u00e9 avec son \u00e9pouse, \u00e0 cause de probl\u00e8mes ordinaires qui opposent habituellement mari et femme. Habyarimana avait courtis\u00e9 la femme d\u2019un autre homme dont je ne veux pas dire le nom. Il lui avait demand\u00e9 de venir le voir au Village Urugwiro o\u00f9 il y avait son bureau, juste l\u00e0 o\u00f9 travaille Kagame m\u00eame aujourd\u2019hui.<\/em><\/p>\n<p><em>Ce jour du 05.04.1994, Habyarimana est all\u00e9 chez Mobutu, mais en quittant chez-lui \u00e0 Kanombe, il s\u2019\u00e9tait querell\u00e9 avec sa femme, et ils ne se parlaient pas.<\/em><\/p>\n<p><em>Le soir, quand Habyarimana est rentr\u00e9, au lieu d\u2019aller chez-lui \u00e0 Kanombe, il s\u2019en est all\u00e9 au Village Urugwiro, retrouver sa concubine.<\/em><\/p>\n<p><em>Alors Habyarimana a pass\u00e9 la nuit au Village Urugwiro avec la femme d\u2019autrui, et le matin en date du 6, il est directement all\u00e9 \u00e0 Dar-es-Salaam en Tanzanie, sans passer chez-lui \u00e0 Kanombe.<\/em><\/p>\n<p><em>Au retour, le soir, l\u2019avion a \u00e9t\u00e9 abattu, mais \u00e0 cause d\u2019un miracle inexpliqu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce jour, l\u2019avion est tomb\u00e9 chez-lui dans la parcelle, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la piscine. Pourquoi dois-je revenir sur cette mort ?<\/em><\/p>\n<p><em>Quand Habyarimana \u00e9tait en compagnie de Mobutu dans la matin\u00e9e \u00e0 Gbadolite, Mobutu lui a promis qu\u2019il allait chercher des renseignements, qu\u2019il allait lui dire ce qu\u2019il en pensait.<\/em><\/p>\n<p><em>Selon les recherches de Mobutu, il a pu savoir qu\u2019il y avait un plan de tirer sur l\u2019avion ce jour-l\u00e0 ou le lendemain. Alors Mobutu a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 chez Habyarimana \u00e0 Kanombe en le cherchant, il ne l\u2019a pas trouv\u00e9, il a parl\u00e9 \u00e0 son \u00e9pouse, et lui a demand\u00e9 de dire \u00e0 Habyarimana quand il va rentrer \u00e0 n\u2019importe quelle heure, de t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 Mobutu pour qu\u2019ils se parlent.<\/em><\/p>\n<p><em>Parce que l\u2019\u00e9pouse de Habyarimana s\u2019\u00e9tait querell\u00e9e avec son mari, elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e9crire un bout de papier demandant \u00e0 son mari de t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 Mobutu de fa\u00e7on urgente, elle l\u2019a mis sur le lit pour que son mari le voit quand il va rentrer. <\/em><\/p>\n<p><em>Habyarimana n\u2019est pas rentr\u00e9 car il \u00e9tait avec la femme d\u2019autrui qu\u2019il avait d\u00e9tourn\u00e9e, et ils ont pass\u00e9 la nuit ensemble au Village Urugwiro. Il n\u2019est pas du tout arriv\u00e9 \u00e0 Kanombe, pour savoir que Mobutu l\u2019avait cherch\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>36.10. Le lendemain, Habyarimana est all\u00e9 en Tanzanie; quand il est rentr\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 abattu.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>S\u2019il avait parl\u00e9 avec Mobutu, il ne serait pas all\u00e9 dans ce sommet, parce que Mobutu allait lui dire comment \u00e9tait tout le plan de son assassinat, et ainsi l\u2019emp\u00eacher d\u2019aller en Tanzanie.<\/em><\/p>\n<p><em>Voil\u00e0 comment Habyarimana a d\u00e9couch\u00e9, passant la nuit avec la femme d\u2019autrui, ce qui l\u2019a emp\u00each\u00e9 d\u2019\u00eatre inform\u00e9 de la mort qui l\u2019attendait, et ainsi sa mort nous a amen\u00e9 des malheurs qui nous poursuivent m\u00eame maintenant\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Ceci n\u2019est rien d\u2019autre que du cynisme outrancier de la part de Hassan Ngeze, qui, personnellement, me r\u00e9volte. Je ne peux pas comprendre comment quelqu\u2019un de s\u00e9rieux peut aller jusqu\u2019\u00e0 inventer de telles balivernes assez insolentes, cavali\u00e8res et outrageantes. Mais \u00e7a c\u2019est typiquement Hassan Ngeze. En effet, je ne sais pas si quelqu\u2019un d\u2019autre aurait entendu parler de cette sornette, qui ne peut m\u00eame pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une simple rumeur. On dirait que Hassan Ngeze tient absolument \u00e0 salir la m\u00e9moire de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana, en racontant de telles inepties. L\u2019outrance de ses all\u00e9gations n\u2019a d\u2019\u00e9gal que sa volont\u00e9 tenace de nuire.<\/p>\n<p>Le 05 avril 1994, le Pr\u00e9sident Habyarimana n\u2019est pas all\u00e9 chez le Pr\u00e9sident Mobutu \u00e0 Gbadolite, car il y avait \u00e9t\u00e9 la veille 04 avril 1994. Je l\u2019ai expliqu\u00e9 ci-dessus; et d\u2019ailleurs, tout le monde le sait. Ceci montre donc que Hassan Ngeze a invent\u00e9 son anecdote malveillante, pour un but non avou\u00e9. Pour qui roule-t-il ? Habyarimana n\u2019\u00e9tait pas de la cat\u00e9gorie des hommes qui d\u00e9couchent. Et la situation ne pouvait aucunement permettre de telles absurdit\u00e9s. Hassan Ngeze est un grand menteur, et c\u2019est ancr\u00e9 dans sa nature. Le probl\u00e8me, c\u2019est qu\u2019il gave les gens de ses mensonges, et leur fait croire qu\u2019il raconte la v\u00e9rit\u00e9. Mais au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il continuera \u00e0 \u00e9crire ses br\u00fblots, les gens se rendront compte de leur caract\u00e8re frivole. Mais il aura fait beaucoup de d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n<p>Le 05 avril 1994, le Pr\u00e9sident Habyarimana \u00e9tait chez-lui \u00e0 Kanombe, et il y a re\u00e7u des gens dans la soir\u00e9e. Ecoutons par exemple ce que nous dit Madame HABIMANA NYIRASAFARI Gaudence, qui fut une des personnes \u00e0 avoir rencontr\u00e9 le Pr\u00e9sident Habyarimana ce jour-l\u00e0, en compagnie de son mari. Elle fait la d\u00e9claration suivante, dans le livre de Jeanne Habyarimana, sous le titre \u201c<em>L\u2019entretien ultime par Gaudentia Nyirasafari<\/em>\u201d:<\/p>\n<p>\u201cLe 5 avril 1994 vers 15h, le t\u00e9l\u00e9phone sonna \u00e0 mon domicile. Une connaissance, un Tutsi ami d\u2019enfance de mon \u00e9poux appela de Bujumbura avec une inqui\u00e9tude dans sa voix.<\/p>\n<p>Je lui ai pass\u00e9 mon mari, et sans d\u00e9tour, il dit \u00e0 mon \u00e9poux, \u201cle FPR estime qu\u2019il n\u2019y a pas moyen pour nous les Tutsi, de prendre le pouvoir au Rwanda tant que le Pr\u00e9sident Habyarimana est aux commandes du pays; il est toujours populaire; aucun Tutsi ne pourra le battre aux \u00e9lections. Il faut donc l\u2019\u00e9liminer physiquement. Cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 dans une r\u00e9union des chefs Inkotanyi au Burkina-Faso. Et comme le Pr\u00e9sident Habyarimana se rend demain \u00e0 Dar-es-Salaam, ce sera une bonne occasion\u2026 Arrange-toi pour le lui dire tout de suite. Je suis un Inkotanyi, mais j\u2019aime Habyarimana depuis que je le connais au coll\u00e8ge. C\u2019est un grand homme (Ni umugabo pe !)\u201d.<\/p>\n<p>\u201cNous avons pris tout de suite rendez-vous avec le Pr\u00e9sident \u00e0 sa r\u00e9sidence \u00e0 Kanombe pour cette question urgente, et il nous a re\u00e7u le m\u00eame jour vers 18h. D\u00e8s notre arriv\u00e9e, nous donnons l\u2019information que nous a transmise notre ami du Burundi. Nous le supplions de se faire repr\u00e9senter par son Ministre de confiance \u00e0 cette conf\u00e9rence \u00e0 Dar-es-Salaam en insistant sur la dangerosit\u00e9 de ce voyage. Il nous r\u00e9pondit: \u201c<em>D\u2019autres m\u2019en ont d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, en particulier mon fr\u00e8re le Pr\u00e9sident Mobutu, qui vient de m\u2019appeler encore \u00e0 ce propos pour la ni\u00e8me fois<\/em> <em>aujourd\u2019hui<\/em>\u201d. Il nous rappela qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une conf\u00e9rence sur la paix, qu\u2019 en aucun cas il ne peut se d\u00e9rober devant son devoir imp\u00e9rative, et que la paix est sa raison d\u2019\u00eatre. Il ajouta: \u201c<em>Si je dois mourir, ce sera mon jour et n\u2019oubliez que nul ne peut \u00e9chapper \u00e0 son destin, (ntawe urenga nyamusi)\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Il insista sur cette derni\u00e8re phrase.<\/p>\n<p>Nous disons au revoir \u00e0 la Premi\u00e8re dame, et le Pr\u00e9sident nous dit tour \u00e0 tour: \u201cAu revoir Phocas; merci pour votre honn\u00eatet\u00e9 et votre franchise. Je regrette seulement de ne pas avoir pu vous consulter plus souvent, mais on y rem\u00e9diera plus tard\u201d; \u201cau revoir Madame, rappelez-moi d\u00e8s mon retour de Tanzanie pour poursuivre l\u2019importante discussion sur la gouvernance\u201d. Je r\u00e9pondis au revoir Monsieur le Pr\u00e9sident, en faisant un effort \u00e9norme pour ne pas laisser \u00e9clater ma profonde tristesse et pour ne pas dire adieu. J\u2019ai pens\u00e9 alors aux paroles que ma m\u00e8re nous disait souvent \u201cquoi qu\u2019il arrive, garde le sourire et reste digne\u201d. C\u2019\u00e9tait le cas en ce moment pr\u00e9cis\u201d.<\/p>\n<p>Ce t\u00e9moignage de Madame Nyirasafari Gaudence est concis et clair. Qu\u2019en dit Hassan Ngeze alors ? Va-t-il continuer \u00e0 raconter ses futiles \u00e9normit\u00e9s ? Va-t-il au moins nous dire comment il aurait su que Madame Agathe Habyarimana avait \u00e9crit un bout de papier qu\u2019elle aurait d\u00e9pos\u00e9 sur le lit ? Non, le Pr\u00e9sident Habyarimana n\u2019est pas all\u00e9 \u00e0 Gbadolite le 5 avril 1994, il y est all\u00e9 le 4 avril 1994. Non, il n\u2019a pas d\u00e9couch\u00e9 ce jour-l\u00e0, et ce n\u2019\u00e9tait pas son genre. Il n\u2019est pas all\u00e9 \u00e0 Dar-es-Salaam \u00e0 partir du Village Urugwiro, mais bien \u00e0 partir de sa r\u00e9sidence de Kanombe. Voil\u00e0 le genre de bagatelles que Monsieur Hassan Ngeze veut continuer \u00e0 servir \u00e0 l\u2019opinion publique. Il devrait d\u00e9sormais s\u2019abstenir de raconter ces ragots. Mais je sais que \u00e7a fait partie de sa vie. \u00c7a fait partie de sa nature. Malheureusement.<\/p>\n<p>Je me souviens par exemple d\u2019une fois, \u00e0 l\u2019UNDF, alors que nous \u00e9tions en train de prier encore une fois, il est venu nous interrompre, pour nous apprendre que d\u2019apr\u00e8s ses investigations, il avait d\u00e9couvert que certains parmi nous \u00e9taient des agents du Procureur du TPIR, et qu\u2019ils nous trahissaient. Nous lui avons demand\u00e9 de nous dire qui sont ces gens, et comment il \u00e9tait parvenu \u00e0 les identifier. Il a \u00e9t\u00e9 incapable de le faire. Nous avons unanimement d\u00e9cid\u00e9 de le mettre en quarantaine. C\u2019est-\u00e0-dire que nous nous sommes abstenus de lui parler, et quand il voulait approcher quelqu\u2019un ou un groupe de gens, nous l\u2019\u00e9vitions. Nous avions trouv\u00e9 que c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t lui qui voulait cacher ses activit\u00e9s, en les attribuant \u00e0 d\u2019autres. Apr\u00e8s deux mois, nous avons trouv\u00e9 qu\u2019il souffrait de cet isolement, et nous avons lev\u00e9 la mesure. Ceci pour dire combien Hassan Ngeze est quelqu\u2019un qui aime inventer des histoires, et qui ment sans rire. Pour moi, quand il parle de ses \u201cinvestigations\u201d, de ses \u201canalyses\u201d, de ses \u201crecherches\u201d, \u00e7a ne veut pas dire grand-chose.<\/p>\n<p><strong>De la page 329 \u00e0 la page 330, alin\u00e9a 42.1., Ngeze pr\u00e9tend<\/strong> encore une fois qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 en prison avec Lizinde, dans la m\u00eame affaire de tentative de coup d\u2019Etat. Il affirme qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 parce qu\u2019il distribuait des tracts [\u00e9mis par Lizinde], mais qu\u2019il a finalement \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 cause de son jeune \u00e2ge, et a laiss\u00e9 Lizinde en prison.<\/p>\n<p>Hassan Ngeze s\u2019est rendu compte qu\u2019il ne pouvait pas continuer \u00e0 mentir qu\u2019il \u00e9tait avec Lizinde en prison pour la m\u00eame affaire, car ceux qui \u00e9taient impliqu\u00e9s dans cette affaire ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s, et Ngeze ne faisait pas partie de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s. Mais dans son premier livre \u2013 Igicumbi cy\u2019ikinyoma \u2013 page 82, Ngeze affirme que les politiciens de Gitarama qui \u00e9taient dans la prison de Ruhengeri sont morts entre 1974 et 1981. Et il all\u00e8gue qu\u2019il a vu comment les derniers sont morts, car il \u00e9tait en prison \u00e0 Ruhengeri avec Lizinde, dans la m\u00eame affaire. Or, en 1981, c\u2019est l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 le premier proc\u00e8s Lizinde a \u00e9t\u00e9 ouvert. Hassan Ngeze n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0, et on n\u2019a jamais parl\u00e9 de lui. Monsieur Justin Mugenzi qu\u2019il donne comme t\u00e9moin de sa pr\u00e9sence dans la prison de Ruhengeri, m\u2019a affirm\u00e9 n\u2019avoir jamais vu Hassan Ngeze dans la prison de Ruhengeri, lorsque Mugenzi y \u00e9tait. Je continue donc \u00e0 dire que Ngeze a menti sur ce point aussi, \u00e0 moins qu\u2019il ne dise qu\u2019il se serait tromp\u00e9 de dates. Et ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019il \u00e9vite le plus possible de parler des dates pour les diff\u00e9rents \u00e9v\u00e9nements et faits qu\u2019il raconte.<\/p>\n<p><strong>QUATRIEME PARTIE: CONCLUSION<\/strong><\/p>\n<p>Pour donner mes avis et consid\u00e9rations sur le contenu des livres de Monsieur Hassan Ngeze, j\u2019ai d\u2019abord expliqu\u00e9 comment je l\u2019ai connu, et quelles furent mes relations avec lui. Ceci m\u2019a servi \u00e0 montrer que je connais bien cette personne et que mes commentaires se fondent sur une connaissance plus ou moins pouss\u00e9e de Hassan Ngeze.<\/p>\n<p>J\u2019ai parl\u00e9, en long et en large, de quelques probl\u00e8mes qui l\u2019ont oppos\u00e9 \u00e0 moi tout au long d\u2019une certaine p\u00e9riode, depuis l\u2019ann\u00e9e 1994. J\u2019ai m\u00eame repris certains documents qu\u2019il a \u00e9crits, et j\u2019ai expliqu\u00e9 les circonstances. Ceci permettra une compr\u00e9hension de son comportement dans ses \u00e9crits, lorsqu\u2019il s\u2019acharne trop contre ma personne. En faisant ceci, je n\u2019avais pas l\u2019intention de me d\u00e9fendre par rapport aux nombreuses accusations qu\u2019il porte contre moi dans ses deux livres, car j\u2019ai eu assez de temps de me d\u00e9fendre, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dible. Ceci l\u2019a fortement \u00e9branl\u00e9, lui qui a toujours r\u00eav\u00e9 de me faire du mal. Tout ceci est repris dans ce document.<\/p>\n<p>Le contenu des livres de Hassan Ngeze, selon moi, est r\u00e9sum\u00e9 par le titre que j\u2019ai repris ci-dessus: \u201c<strong>Les livres de Hassan Ngeze: Un ramassis de mensonges, de fabulations et de rumeurs<\/strong>\u201d. En lisant ce document, le lecteur se rendra compte que je n\u2019ai pas exag\u00e9r\u00e9 dans mes explications, surtout que j\u2019ai souvent \u00e9tay\u00e9 mes dires par des documents \u00e9crits par Hassan Ngeze lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Tout au long de ses livres, Monsieur Hassan Ngeze se qualifie de personne intelligente, qui fr\u00e9quentait les hautes autorit\u00e9s, lesquelles autorit\u00e9s l\u2019aimaient bien, \u00e0 cause des analyses de situations qu\u2019il leur faisait, raison pour laquelle elles \u00e9taient heureuses de le recevoir dans leurs bureaux, ou chez-elles \u00e0 la maison. Il se targue d\u2019avoir dispos\u00e9 de plus de moyens que l\u2019Etat, ce qui lui permettait d\u2019\u00eatre l\u2019une des deux personnes les mieux renseign\u00e9es du pays. Il n\u2019oublie pas de dire qu\u2019il travaillait aussi pour les services de renseignements des grands pays, qui lui donnaient des moyens. Mais il se garde de dire qui est la deuxi\u00e8me personne qui \u00e9tait aussi renseign\u00e9e que lui.<\/p>\n<p>Ngeze r\u00e9serve beaucoup de place \u00e0 sa d\u00e9fense relativement aux \u00e9v\u00e9nements tr\u00e8s malheureux d\u2019avril-juillet 1994. Essayant de s\u2019en distancier, il les mets sur le dos des militaires \u201cde Habyarimana\u201d, et principalement du Colonel Anatole Nsengiyumva, c\u2019est-\u00e0-dire moi-m\u00eame. J\u2019ai expliqu\u00e9 d\u2019o\u00f9 vient tout \u00e7a. Et j\u2019ai montr\u00e9 toutes ses contradictions sur ce point, notamment lorsqu\u2019il s\u2019appesantit sur le fait qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par moi-m\u00eame la nuit du 6 au 7 avril 1994, et d\u00e9tenu au camp militaire de Gisenyi jusqu\u2019au 9 avril 1994. J\u2019ai montr\u00e9 que ceci \u00e9tait faux, et le lecteur verra que ce que je dis est tout-\u00e0-fait vrai. Il affirme m\u00eame, \u00e0 travers certains documents que j\u2019ai repris dans cette mise au point, qu\u2019en plus de cette premi\u00e8re arrestation, il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 huit autres fois, dans la seule p\u00e9riode d\u2019avril \u00e0 juillet 1994. J\u2019ai montr\u00e9 que c\u2019est faux. Et il ne disait pas \u00e7a dans les documents \u00e9crits avant de savoir qu\u2019il \u00e9tait accus\u00e9 devant le TPIR.<\/p>\n<p>Hassan Ngeze se d\u00e9crit comme un homme bon, aim\u00e9 par tout le monde, surtout par les hautes autorit\u00e9s. Mais ce qu\u2019il \u00e9crit montre qu\u2019il est plut\u00f4t rancunier, et est toujours anim\u00e9 par la volont\u00e9 de nuire. R\u00e9cemment, il a expliqu\u00e9 \u00e0 quelqu\u2019un qui lui demandait pourquoi il s\u2019acharne tant contre Anatole Nsengiyumva dans ses livres, et Ngeze a r\u00e9pondu: \u201c<em>Je hais ce type, et je dois tout<\/em> <em>faire pour lui faire perdre la t\u00eate<\/em>\u201d. J\u2019ai re\u00e7u ce message, mais je reste serein.<\/p>\n<p>Comme d\u00e9montr\u00e9 par ce qu\u2019il \u00e9crit dans ses deux livres et dans les autres documents que j\u2019ai repris ci-dessus, ainsi que d\u2019autres que je vais reprendre en annexe, Monsieur Hassan Ngeze \u00e9crit trop de choses, anim\u00e9 par un \u00e9gotisme sans mesure, tellement qu\u2019il se contredit souvent sans s\u2019en rendre compte.<\/p>\n<p>Monsieur Hassan Ngeze est \u00e9galement obnubil\u00e9 par la volont\u00e9 assez basse de salir la m\u00e9moire de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana, tellement qu\u2019il ne tient m\u00eame pas compte du fait que les donn\u00e9es disponibles contredisent ses all\u00e9gations. Je l\u2019ai montr\u00e9 ci-dessus. C\u2019est quand m\u00eame aberrant et r\u00e9voltant \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>Hassan Ngeze se fout du fait de dire la v\u00e9rit\u00e9. Ce qui compte pour lui, c\u2019est se mettre en valeur, et para\u00eetre important devant le monde. Il fait tout dans ce sens. Lui demander de dire la v\u00e9rit\u00e9, lui demander de faire montre de sinc\u00e9rit\u00e9, d\u2019honn\u00eatet\u00e9 ou d\u2019humilit\u00e9, c\u2019est trop lui demander. Et de toute fa\u00e7on, il s\u2019en fout. Ce n\u2019est pas dans sa nature.<\/p>\n<p>Je reprends en annexe, quelques autres documents \u00e9crits par Hassan Ngeze, qui permettront au lecteur de mieux comprendre que ce que j\u2019ai dit dans ce document, est vrai. Ngeze a promis d\u2019\u00e9crire prochainement d\u2019autres livres. Je pense qu\u2019il n\u2019apportera rien d\u2019int\u00e9ressant ou de nouveau, si ce n\u2019est d\u2019inventer d\u2019autres sornettes, et d\u2019enfoncer des personnes qu\u2019il ne porte pas dans son coeur, pour leur causer du tort. C\u2019est ce qui lui plait le plus.<\/p>\n<p>Puisse le lecteur mieux comprendre le contenu des livres de Monsieur Hassan Ngeze, et faire la part des choses. Et que les livres \u00e0 venir ne puissent plus induire le lecteur en erreur.<\/p>\n<p>Je reprends en annexe les documents suivants<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>:<\/p>\n<ul>\n<li>Lettre du 26 octobre 2001 de Monsieur Hassan Ngeze adress\u00e9e \u00e0 Monsieur Stephen Rapp du Bureau du Procureur du TPIR, demandant la traduction de lettres suppos\u00e9es avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crites par Hassan Ngeze au Lt Colonel Anatole Nsengiyumva.<\/li>\n<li>Lettre urgente du 04 janvier de Hassan Ngeze, adress\u00e9e \u00e0 l\u2019Officier Commandant du Centre de D\u00e9tention des Nations Unies \u00e0 Arusha, et \u00e0 d\u2019autres autorit\u00e9s du TPIR.<\/li>\n<li>Lettre de Hassan Ngeze \u00e0 Serushago Omar du 17 ao\u00fbt 2001.<\/li>\n<li>D\u00e9claration de Serushago Omar du 17 ao\u00fbt 2001, relative \u00e0 la lettre de Hassan Ngeze.<\/li>\n<li>Lettre du G\u00e9n\u00e9ral Gratien Kabiligi, Colonel Th\u00e9oneste Bagosora, Lt Colonel Anatole Nsengiyumva et Major Aloys Ntabakuze du 14 ao\u00fbt 2003, adress\u00e9e au Pr\u00e9sident du TPIR, et d\u00e9non\u00e7ant le comportement irr\u00e9gulier et pr\u00e9judiciable de Hassan Ngeze.<\/li>\n<li>Lettre du 13 juin 2006 de Hassan Ngeze, qui est une demande de pardon de Hassan Ngeze adress\u00e9e au Pr\u00e9sident Kagame, via le repr\u00e9sentant sp\u00e9cial du Gouvernement Rwandais aupr\u00e8s du TPIR, Monsieur Aloys Mutabingwa.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Anatole Nsengiyumva<\/p>\n<p>Lt Col BEMS<\/p>\n<p><strong><u>Annexe 1<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>Lettre du 26 octobre 2001 de Monsieur Hassan Ngeze adress\u00e9e \u00e0 Monsieur Stephen Rapp du Bureau du Procureur du TPIR, demandant la traduction de lettres suppos\u00e9es avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crites par Hassan Ngeze au Lt Colonel Anatole Nsengiyumva.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Ngeze Hassan<\/p>\n<p>Journaliste<\/p>\n<p>Presse et Libert\u00e9<\/p>\n<p>Affaire 97-27-I<\/p>\n<p>Vendredi 26 octobre 2001<\/p>\n<p>\u00c0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 : M. Stephen Rapp, Senior Trial Attorney<\/p>\n<p>Bureau du Procureur Affaire M\u00e9dias<\/p>\n<p>R\u00e9f.: Demande de traductions officielles, des lettres de Hassan Ngeze envoy\u00e9es au Colonel Nsengiyumva, dat\u00e9es du 16 mars 1994, 10 avril 1994, 10 mai 1994, 16 mai 1994, 8 juin 1994. En anglais et en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Cher Monsieur,<\/p>\n<p>J\u2019ai entendu en France et en Afrique du sud que le bureau du Procureur a encore l\u2019intention de d\u00e9poser une motion demandant \u00e0 la cour d\u2019amender sa liste actuelle de t\u00e9moins et ajouter deux autres t\u00e9moins. Dans l\u2019affaire M\u00e9dias. Apr\u00e8s que le pr\u00e9tendu t\u00e9moin X ait rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s, le Bureau du Procureur a trouv\u00e9 une autre voie d\u2019amender sa liste p\u00e9riodiquement.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a aucun doute que le Bureau du Procureur est en train de traverser une \u00e9tape cruciale dans son accusation, pour cela, je ne serai pas surpris, si ladite motion qui ajoute deux t\u00e9moins rwandais vivant en exil est d\u00e9pos\u00e9e au cours de la session prochaine.<\/p>\n<p>En tant qu\u2019accus\u00e9 devant ce tribunal, et conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 20 du statut, paragraphe 4(e), les mercenaires am\u00e9ricain John Floyd et canadien Martel, et leur Nathalie Leblanc, n\u2019ont aucun pouvoir pour repr\u00e9senter mes int\u00e9r\u00eats, \u201cje les hais\u201d ils sont l\u00e0 en tant que \u201cchercheurs d\u2019or\u201d, ils sont l\u00e0 contre ma volont\u00e9, ils sont l\u00e0 parce qu\u2019ils veulent de l\u2019argent. Ceci doit \u00eatre compris comme \u00e7a. Comme pr\u00e9vu, et conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article sus-cit\u00e9, j\u2019ai le droit de pr\u00e9parer ma d\u00e9fense et je suis en train de le faire. Si la motion que vous pr\u00e9voyez de d\u00e9poser est accept\u00e9e, j\u2019aimerais que votre bureau me donne les copies de chaque lettre traduites en anglais et en fran\u00e7ais. Ces lettres ont \u00e9t\u00e9 saisies \u00e0 ma r\u00e9sidence de Nairobi le 18 juillet 1997.<\/p>\n<p>Les lettres que je suis en train de vous demander, sont celles que j\u2019ai envoy\u00e9es au colonel Anatole Nsengiyumva, lors de mes arrestations (huit fois) de mars \u00e0 juillet 1994, elles sont dat\u00e9es du 16 mars 1994, 10 avril 1994, 10 mai 1994, 8 juin 1994, quelques-unes ont \u00e9t\u00e9 obtenues du Gouvernement de Kigali par le bureau du Procureur, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 saisies \u00e0 ma r\u00e9sidence de Nairobi avec des milliers d\u2019autres documents lors de mon arrestation, en 1997.<\/p>\n<ol start=\"1994\">\n<li>Meno, procureur dans l\u2019affaire M\u00e9dias m\u2019a envoy\u00e9 la moiti\u00e9 des traductions, quelques-unes d\u2019entre elles n\u2019\u00e9taient m\u00eame pas traduites dans les langues utilis\u00e9es au tribunal. L\u2019anglais et le fran\u00e7ais. Toutes ces lettres montrent combien j\u2019\u00e9tais pers\u00e9cut\u00e9 \u00e0 mort par l\u2019Arm\u00e9e rwandaise dirig\u00e9e par le colonel Nsengiyumva Anatole en 1994.<\/li>\n<\/ol>\n<p>D\u2019anciens officiers sup\u00e9rieurs de l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise y compris le Colonel Anatole qui sont d\u00e9tenus \u00e0 l\u2019UNDF veulent t\u00e9moigner pour dire comment j\u2019\u00e9tais en conflit avec l\u2019arm\u00e9e, si on leur demande de le faire, une motion a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e par l\u2019accus\u00e9 le 9 juin, la traduction de ces lettres serait utile \u00e0 toute personne concern\u00e9e.<\/p>\n<p>Moi-m\u00eame Hassan Ngeze, voudrais commencer \u00e0 utiliser ces traductions avec Omar Serushago, et le t\u00e9moin ABH qui sont attendus du 13 au 14 novembre 2001 et les 15, 20, 23, 26 et 27. Madame Charity Kagwi qui doit diriger le contre-interrogatoire d\u2019Omar Serushago pourrait aussi avoir besoin de ces documents.<\/p>\n<p>Voici certaines de ces letttres re\u00e7ues du Bureau du Procureur:<\/p>\n<ol>\n<li>Le 16 mars 1994, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 menac\u00e9 de mort par l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise, et j\u2019ai envoy\u00e9 deux lettres au Chef de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Gisenyi, le Colonel Anatole Nsengiyumva.<\/li>\n<li>Le 10 avril 1994, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 de la d\u00e9tention o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 trois jours, apr\u00e8s mon arrestation, qui a eu lieu le 6 avril 1994 tard dans la nuit.<\/li>\n<li>Le 21 avril 1994, l\u2019Arm\u00e9e Rwandaise a lanc\u00e9 une attaque contre ma r\u00e9sidence.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le 8 juin 1994 comme d\u2019habitude, l\u2019arm\u00e9e rwandaise a lanc\u00e9 une attaque contre ma r\u00e9sidence.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s tous ces \u00e9v\u00e9nements, des lettres \u00e9taient envoy\u00e9es au colonel Nsengiyumva Anatole.<\/p>\n<p>Meilleurs souvenirs<\/p>\n<p>(Signature de Hassan Ngeze)<\/p>\n<p><u>Copie pour information<\/u>:<\/p>\n<ol>\n<li>Pr\u00e9sident N. Pillay<\/li>\n<li>Juge Gunawardana<\/li>\n<li>Juge Mose<\/li>\n<li>Avocats dans l\u2019affaire M\u00e9dias<\/li>\n<li>Chef de la section des langues du TPIR<\/li>\n<li>Colonel Anatole Nsengiyumva<\/li>\n<li>G\u00e9n\u00e9ral Kabiligi<\/li>\n<li>G\u00e9n\u00e9ral Ndindiliyimana<\/li>\n<li>Colonel Bagosora<\/li>\n<li>Les d\u00e9tenus de l\u2019UNDF.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><u>Annexe 2<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>Lettre urgente du 04 janvier de Hassan Ngeze adress\u00e9e \u00e0 l\u2019Officier Commandant de l\u2019UNDF et \u00e0 d\u2019autres autorit\u00e9s du TPIR<\/strong><\/p>\n<p><strong><u>\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Hassan Ngeze \u2013 prisonnier purgeant la peine de prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9<\/p>\n<p>depuis le 3 d\u00e9cembre 2003<\/p>\n<p><strong>AU TPIR- UNDF <\/strong><\/p>\n<p><strong>Lettre urgente du 4 janvier 2005<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c0 : Saidou Guindo \u2013 Adjoint au Chef de la S\u00e9curit\u00e9 \u2013 Officier Commandant de l\u2019UNDF<\/strong><\/p>\n<p><strong>Copie pour information:<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li><strong>Le greffier du TPIR<\/strong><\/li>\n<li><strong>Le Chef de la S\u00e9curit\u00e9 du TPIR<\/strong><\/li>\n<li><strong> Claude Bouchard, adjoint au chef de la s\u00e9curit\u00e9<\/strong><\/li>\n<li><strong>Dr Okitapoy Michel, charg\u00e9 des affaires sociales<\/strong><\/li>\n<li><strong> Nyangezi Isidore, officier charg\u00e9 des op\u00e9rations.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9f.: Pr\u00e9occupations de Hassan Ngeze soumises \u00e0 l\u2019officier commandant et aux autorit\u00e9s du Tribunal<\/strong><\/p>\n<p>Je voudrais porter \u00e0 votre connaissance une information qui pourrait, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, avoir des connections avec la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019UNDF.<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a><\/p>\n<p><strong>La situation actuelle<\/strong><\/p>\n<p>La plupart des d\u00e9tenus qui sont ici sont d\u2019anciens dignitaires de la R\u00e9publique Rwandaise. Certains parmi eux \u00e9taient des officiers sup\u00e9rieurs, des ministres, des responsables de partis politiques et d\u2019autres \u00e9taient de hauts fonctionnaires civils du Gouvernement rwandais. Parmi lesdits d\u00e9tenus, inclus ceux qui ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s, ce ne sont pas n\u00e9cessairement des criminels ou des responsables de ce pour quoi ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus ou condamn\u00e9s, il y en a ceux qui n\u2019ont pas particip\u00e9 dans les tueries mais qui n\u2019\u00e9taient pas int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 sauver ou voir des vies des innocents \u00eatre sauv\u00e9es. Ce groupe bien pr\u00e9cis, malgr\u00e9 le pouvoir qui leur \u00e9tait conf\u00e9r\u00e9 par la constitution, ils consid\u00e9raient que sauver des citoyens innocents n\u2019\u00e9tait pas leur affaire.<\/p>\n<p><strong>Le cas de Hassan Ngeze<\/strong><\/p>\n<p>Depuis 1980, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 mis en prison 35 fois et j\u2019ai comparu devant une Cour militaire. Actuellement, je suis en train de purger une peine de prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 \u00e0 l\u2019UNDF en attendant le r\u00e9sultat de mon appel, et si je ne suis pas acquitt\u00e9, je serai envoy\u00e9 dans un pays \u00e0 determiner par le Tribunal pour y purger le restant de ma peine.<\/p>\n<p>Au Rwanda, j\u2019ai comparu devant une Cour militaire. Cette sorte de cour \u00e9tait une cour extraordinaire qu\u2019on trouvait dans tous les r\u00e9gimes dictatoriaux, le Rwanda inclus.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas croyable que la derni\u00e8re session de cette Cour \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9e par les Juges Bagosora Th\u00e9oneste et le colonel Efraim Setako, qui sont d\u00e9tenus avec moi \u00e0 l\u2019UNDF et font face \u00e0 des charges comme n\u2019importe quel accus\u00e9 de g\u00e9nocide.<\/p>\n<p><strong>Ev\u00e9nements avant et apr\u00e8s l\u2019assassinat de feu le Pr\u00e9sident<\/strong><\/p>\n<ol start=\"1994\">\n<li>En d\u00e9cembre 1993, j\u2019ai publi\u00e9 dans mon journal Kangura N<sup>o<\/sup> 53 que le Pr\u00e9sident Habyarimana serait tu\u00e9 au d\u00e9but avril 1994.<\/li>\n<li>Pour cela, j\u2019ai d\u00fb visiter et rencontrer feu le Pr\u00e9sident Habyarimana et je lui ai expliqu\u00e9 ce qui concerne son possible assassinat.<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Plus tard j\u2019ai discut\u00e9 de ce possible assassinat avec le G\u00e9n\u00e9ral Rom\u00e9o Dallaire qui \u00e9tait en ce moment-l\u00e0 le chef de la MISSION DES NATIONS UNIES AU RWANDA.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li>Malgr\u00e9 mes mises en garde r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, mon information a \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9e et rejet\u00e9e.<\/li>\n<li>Le 6 avril 1994, Habyarimana a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9.<\/li>\n<li>La nuit du 6 avril 1994, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par le Colonel Nsengiyumva Anatole et d\u00e9tenu au camp militaire pour trois jours du 6 avril au 9 avril 1994.<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Pendant la p\u00e9riode d\u2019avril 1994, l\u2019Etat-Major de l\u2019Arm\u00e9e a lanc\u00e9 dans tout le pays un message demandant que l\u2019on tire sur moi \u00e0 vue.<\/li>\n<li>Je garde avec moi 17 t\u00e9l\u00e9grammes militaires envoy\u00e9s par le Chef de l\u2019Arm\u00e9e et contenant des ordres pour m\u2019assassiner.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li>Ceux qui ont r\u00e9dig\u00e9 les ordres, ou ceux qui ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre dans la r\u00e9daction de ces ordres visant \u00e0 tirer sur moi \u00e0 vue, sont maintenant d\u00e9tenus avec moi \u00e0 l\u2019UNDF.<\/li>\n<li>Au cours de mon proc\u00e8s devant le TPIR, j\u2019ai dit \u00e0 ces militaires d\u00e9tenus que j\u2019aurais des difficult\u00e9s \u00e0 prouver mon alibi comme quoi j\u2019\u00e9tais d\u00e9tenu au camp militaire command\u00e9 par le colonel Anatole Nsengiyumva pendant la p\u00e9riode du 6 avril au 9 avril 1994. Je leur ai \u00e9galement rappel\u00e9 les messages qui avaient \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s partout dans le pays et concernant mon arrestation et mon assassinat.<\/li>\n<li>Le d\u00e9tenu Joseph Nzirorera \u2013 alors secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du MRND \u2013 quand il est venu au camp militaire, il m\u2019a vu en d\u00e9tention avec mes deux bras li\u00e9s derri\u00e8re le dos avec une corde<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, au camp militaire command\u00e9 par le Colonel Anatole Nsengiyumva.<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Un moment donn\u00e9 en mai 1994, l\u2019Arm\u00e9e a d\u00e9cid\u00e9 de me tuer. Apr\u00e8s, je fus envoy\u00e9 \u00e0 Kigali dans une jeep militaire, avec mes deux mains li\u00e9es derri\u00e8re le dos. A notre arriv\u00e9e \u00e0 Kigali, le g\u00e9n\u00e9ral Kabiligi a demand\u00e9 aux officiers qui m\u2019avaient amen\u00e9 pourquoi ils m\u2019avaient amen\u00e9 vivant, alors que les ordres disaient que je devais \u00eatre tu\u00e9. C\u2019est alors que le g\u00e9n\u00e9ral Bizimungu est intervenu et a dit que tous les ennemis doivent \u00eatre interrog\u00e9s avant d\u2019\u00eatre tu\u00e9s. C\u2019est ainsi que j\u2019ai eu la vie sauve.<\/li>\n<li>Lors d\u2019un autre incident, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 au camp militaire avec 10 Tutsi que j\u2019\u00e9tais en train d\u2019aider pour traverser la fronti\u00e8re et aller au Congo. L\u00e0-bas, j\u2019ai trouv\u00e9 un t\u00e9l\u00e9gramme qui donnait ordre de tuer Hassan Ngeze et ces Tutsi.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Ce qui s\u2019est pass\u00e9, quand j\u2019\u00e9tais en exil<\/strong><\/p>\n<p>Un jour, en exil, quand le G\u00e9n\u00e9ral Kabiligi a su que j\u2019allais rencontrer le Pape Jean Paul II, dans la Cit\u00e9 du Vatican, il a d\u00e9cid\u00e9 de me rencontrer \u00e0 Nairobi, et m\u2019a suppli\u00e9 de prendre avec moi les documents des r\u00e9fugi\u00e9s, qui, selon Kabiligi, voulaient que je les donne au Pape Jean Paul II. Comme les documents \u00e9taient \u00e0 Goma au Za\u00efre, j\u2019ai utilis\u00e9 mon argent et lou\u00e9 un petit avion pour visiter le Congo. A notre arriv\u00e9e au Congo, j\u2019ai laiss\u00e9 l\u2019avion \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Goma et je me suis rendu au camp des r\u00e9fugi\u00e9s de Mugunga. Au camp, Kabiligi m\u2019a dit que les documents n\u2019\u00e9taient pas encore pr\u00eats, et insista pour que je puisse aider. En cons\u00e9quence, je dus attendre le deuxi\u00e8me jour pour avoir les documents, j\u2019acceptai d\u2019attendre et je renvoyai l\u2019avion \u00e0 Nairobi. Aux environs de 18h00 ce jour-l\u00e0, un soldat vint me voir et me donna le message selon lequel un groupe de commandos conduits par le Major Ntabakuze avait pr\u00e9vu de me tuer cette nuit-m\u00eame. Il me conseilla de ne pas passer la nuit au camp des r\u00e9fugi\u00e9s pour sauver ma vie. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de quitter imm\u00e9diatement le camp des r\u00e9fugi\u00e9s et me suis rendu dans un h\u00f4tel des environs. Avant de partir, j\u2019ai dit \u00e0 ma famille que j\u2019avais une r\u00e9union \u00e0 Goma et que j\u2019allais les voir le lendemain. J\u2019avais un ordinateur portable et une t\u00e9l\u00e9vision. Ma famille demanda \u00e0 une personne appel\u00e9e Calcul de passer la nuit dans ma tente pour veiller sur mes biens. En fait, ma famille ne savait pas pourquoi je quittais le camp des r\u00e9fugi\u00e9s ce soir-l\u00e0. Ce jour-l\u00e0 vers minuit, un groupe de militaires envoy\u00e9s par Aloys Ntabakuze mena une op\u00e9ration commando et tira beaucoup de cartouches dans ma tente. M. Calcul qui \u00e9tait dans ma tente mourut sur le coup. Les tueurs conduits par Aloys Ntabakuze pens\u00e8rent que c\u2019est moi qu\u2019ils avaient tu\u00e9.<\/p>\n<p>Au camp des r\u00e9fugi\u00e9s, l\u2019arm\u00e9e vaincue a continu\u00e9 \u00e0 tuer des innocents. Ils se sont m\u00eame infiltr\u00e9s au Rwanda pour tuer les survivants.<\/p>\n<p><strong>La situation \u00e0 l\u2019UNDF<\/strong><\/p>\n<p>Quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 dans cette d\u00e9tention, je pensais que mon innocence serait facilement prouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Je ne m\u2019attendais pas \u00e0 voir le Tribunal agir au-del\u00e0 de sa comp\u00e9tence temporelle puisqu\u2019il a bas\u00e9 sa d\u00e9cision en grande partie sur les num\u00e9ros de Kangura publi\u00e9s pendant la p\u00e9riode de 1990, 1991, 1992, et 1993, qui tombe hors du mandat du Tribunal. En plus de cela, je ne pensais pas que le Tribunal ne prendrait pas en compte le fait qu\u2019il y avait plusieurs journaux publi\u00e9s au Rwanda, parmi lesquels un grand nombre de journaux qui publiaient les informations en faveur du FPR pendant cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Je ne croyais pas que le Tribunal n\u2019allait pas \u00e9valuer mon action de sauver 1000 Tutsi (ce que j\u2019ai fait au risque de perdre ma vie) \u00e0 sa juste valeur plut\u00f4t que de prendre un point de vue n\u00e9gatif et biais\u00e9 concernant mon audace pendant la p\u00e9riode du g\u00e9nocide dans mon pays.<\/p>\n<p>Je ne croyais pas non plus que j\u2019allais \u00eatre condamn\u00e9 pour des crimes apparemment commis par quelqu\u2019un d\u2019autre, tel qu\u2019il est clairement exprim\u00e9 dans les paragraphes 1068, 954 et 719 du jugement. Je ne croyais pas par ailleurs qu\u2019il ne me serait pas permis de pr\u00e9senter la preuve mat\u00e9rielle pour prouver ma d\u00e9fense d\u2019alibi pendant la p\u00e9riode du 6 au 9 avril, quand le tribunal a refus\u00e9 d\u2019appeler les t\u00e9moins de la d\u00e9fense, notamment le Colonel Bagosora Th\u00e9oneste, G\u00e9n\u00e9ral Bizimungu Augustin, G\u00e9n\u00e9ral Gratien Kabiligi; et le Colonel Nsengiyumva Anatole qui a donn\u00e9 ordre de m\u2019arr\u00eater avec comme r\u00e9sultat ma d\u00e9tention au camp militaire et lesdits officiers m\u2019ont fait arr\u00eater 8 fois pendant la p\u00e9riode entre avril 1994 et juillet 1994 pour avoir sauv\u00e9 la vie d\u2019environ 1000 Tutsi. Comme cons\u00e9quence de ce refus, je n\u2019ai pas pu appeler le Major Fran\u00e7ois Xavier Nzuwonemeye qui avait re\u00e7u les instructions de lancer dans tout le pays le message de me tuer sur le champ et Joseph Nzirorera qui a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de ma d\u00e9tention au camp militaire avec mes deux mains li\u00e9es avec une corde derri\u00e8re le dos pendant ces arrestations. Tous ces t\u00e9moins \u00e9taient et sont toujours pr\u00e9sents \u00e0 l\u2019UNDF.<\/p>\n<p>Comme je l\u2019ai dit ci-dessus, du 6 au 9 avril 1994, j\u2019\u00e9tais au camp militaire de Gisenyi, d\u00e9tenu par Anatole Nsengiyumva. Ma maison a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite et incendi\u00e9e par l\u2019Arm\u00e9e<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>, sous le pr\u00e9texte que j\u2019aidais les Tutsi \u00e0 traverser la fronti\u00e8re pour aller au Za\u00efre.<\/p>\n<p>D\u2019innocentes personnes \u00e9taient d\u00e9tenues avec moi, la plupart d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es par l\u2019arm\u00e9e, le Procureur ne sait pas \u00e7a, et c\u2019est la raison pour laquelle certains de ces officiers militaires ont refus\u00e9 de t\u00e9moigner pour ma d\u00e9fense avec comme raison qu\u2019ils avaient peur que d\u2019autres accusations seraient ajout\u00e9es dans leur acte d\u2019accusation si jamais elles sont connues.<\/p>\n<p>Le d\u00e9tenu Nzirorera qui m\u2019a vu en d\u00e9tention a refus\u00e9 de t\u00e9moigner pour moi sous pr\u00e9texte que t\u00e9moigner pour moi reviendrait \u00e0 accuser l\u2019arm\u00e9e de Habyarimana qui a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement impliqu\u00e9e dans les massacres.<\/p>\n<p>Serushago a mensong\u00e8rement t\u00e9moign\u00e9 contre moi, quand il a dit qu\u2019il m\u2019a vu le 7 avril 1994, alors que j\u2019\u00e9tais en train d\u2019\u00eatre tortur\u00e9 dans le camp militaire d\u2019Anatole.<\/p>\n<p>Enfin, mon co-appelant Ferdinand Nahimana, avec Kabiligi, Bagosora, Anatole Nsengiyumva et Aloys Ntabakuze ont ourdi un grand complot contre moi. Ferdinand Nahimana leur a dit qu\u2019ils devraient user de tous les moyens possibles pour me discr\u00e9diter et me faire condamner.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi ils ont requis une enqu\u00eate qui a \u00e9t\u00e9 conduite par Jean Pel\u00e9 Fom\u00e9t\u00e9, Chef de la section Gestion des Chambres. Nous savons tous le r\u00e9sultat du rapport. \u201cVoir le rapport Fom\u00e9t\u00e9 requis par les officiers sup\u00e9rieurs\u201d.<\/p>\n<p>Ferdinand Nahimana et ces militaires ont eu ce qu\u2019ils voulaient, \u00e0 savoir que je sois condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie. Ils avaient peur que si jamais je suis lib\u00e9r\u00e9 je pourrais devenir un t\u00e9moin du Procureur contre eux \u00e0 cause de ce que je sais en tant que journaliste concernant leur implication dans le g\u00e9nocide au Rwanda. Leur principal objectif \u00e9tait de me voir discr\u00e9dit\u00e9 devant les Juges du Tribunal.<\/p>\n<p>Cher commandant, l\u2019objet principal de cette lettre est de vous informer de la situation que j\u2019ai endur\u00e9e avant 1994, la p\u00e9riode apr\u00e8s 1994, et la situation actuelle.<\/p>\n<p>Le 6 avril 1994, dans tous les camps militaires du pays, les officiers sup\u00e9rieurs ont donn\u00e9 ordre d\u2019arr\u00eater des milliers de personnes dont des Tutsi et des Hutu des partis d\u2019opposition, et tous ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s durant la p\u00e9riode du 6 au 9 avril 1994, par les officiers sup\u00e9rieurs d\u00e9tenus \u00e0 l\u2019UNDF.<\/p>\n<p>Le Procureur n\u2019a pas accus\u00e9 ces militaires pour ces crimes odieux, c\u2019est pourquoi ils ont dit qu\u2019ils ne peuvent pas donner au Procureur l\u2019opportunit\u00e9 de conna\u00eetre ces crimes.<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour des crimes d\u00e9nonc\u00e9s par Serushago, qui \u00e9taient suppos\u00e9s avoir \u00e9t\u00e9 commis entre le 6 avril et le 9 avril 1994, alors que j\u2019\u00e9tais d\u00e9tenu par Anatole Nsengiyumva. Nzirorera a refus\u00e9 de t\u00e9moigner pour ce qu\u2019il a vu concernant ma d\u00e9tention, sous pr\u00e9texte que t\u00e9moigner pour moi reviendrait \u00e0 accuser ses amis officiers sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>En bref, c\u2019est \u00e7a que je voulais vous dire aujourd\u2019hui, pour que vous soyez au courant de ce que j\u2019ai endur\u00e9 et que j\u2019endure toujours.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais que vous informiez toutes les sections concern\u00e9es si n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Je vous demande \u00e9galement d\u2019envoyer la copie de cette lettre \u00e0 toutes les adresses reprises ci-dessus.<\/p>\n<p>Respectueusement soumis.<\/p>\n<p>(Signature de Hassan Ngeze)<\/p>\n<p><strong><u>Annexe 3<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>Lettre de Hassan Ngeze du 17 ao\u00fbt 2001 adress\u00e9e \u00e0 Serushago Omar<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Pour \u00a0\u00a0 : Mon fr\u00e8re Serushago Omar<\/p>\n<p>Cher fr\u00e8re, assalam aleykum warahamaturulaahi taala wa barakatuh<\/p>\n<p>Je t\u2019\u00e9cris cette lettre pour te rappeler que cette vie que nous vivons sur cette terre est tr\u00e8s courte. Je viens juste de lire ce qui est repris dans ton t\u00e9moignage que tu as donn\u00e9 au Procureur en date du 9 et du 11 juillet surtout concernant les mensonges que tu formules contre moi, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 comme foudroy\u00e9 et j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 pr\u00e9parer de longues pri\u00e8res pour que Dieu puisse t\u2019aider, et te fasse comprendre qu\u2019il ne te sert \u00e0 rien de dire des mensonges contre moi pour me faire couper la t\u00eate.<\/p>\n<p>M\u00eame si tu parviens \u00e0 tout inventer contre moi et que \u00e7a devient cr\u00e9dible, tu ne tarderais pas de r\u00e9aliser que cela ne t\u2019a servi aucunement. Rappelle-toi \u00e9galement que m\u00eame si nous pourrions ne pas nous rencontrer, nos enfants eux se rencontreront. Voici quelques points parmi ceux que je te rappelle.<\/p>\n<p>Dans ma vie, je n\u2019ai jamais eu de probl\u00e8me ni avec toi, ni avec ta famille.<\/p>\n<p>Quand ta femme est arriv\u00e9e au Kenya pour l\u2019exil, rappelle-toi que c\u2019est moi qui l\u2019ai aid\u00e9e en lui donnant deux cents dollars pour qu\u2019elle puisse se d\u00e9brouiller -200$.<\/p>\n<p>M\u00eame toi quand tu es venu me voir \u00e0 Nairobi, tu te rappelles que j\u2019ai enlev\u00e9 mon meilleur costume que j\u2019avais et que je te l\u2019ai donn\u00e9 et tu le portes jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, tout cela te montre qu\u2019il n\u2019y avait aucun probl\u00e8me entre nous, et que nous \u00e9tions des fr\u00e8res.<\/p>\n<p>Rappelle-toi que tu es un de ceux qui m\u2019ont fait arr\u00eater, m\u00eame si je t\u2019accueillais chez-moi comme un fr\u00e8re, cela ne t\u2019a pas emp\u00each\u00e9 de me faire arr\u00eater alors que tu sais bien que je suis ton fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Laissons \u00e7a de c\u00f4t\u00e9, et voyons ce qui s\u2019est pass\u00e9.<\/p>\n<p>Tu sais bien que depuis le 6 avril 1994, toi et moi ne nous sommes entretenus aucune fois. Et nous ne nous sommes rencontr\u00e9s nulle part, toi et moi. Je sais bien que tu sais toi-m\u00eame que durant les trois mois de la guerre, je n\u2019ai jamais eu la paix.<\/p>\n<p>Tu sais bien que la nuit du 6 avril 1994, directement apr\u00e8s la mort de Habyarimana, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 directement arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9tenu jusqu\u2019en date du 9 avril 1994 soir, parce que j\u2019avais \u00e9crit que Habyarimana sera tu\u00e9 et tout le monde sait \u00e7a.<\/p>\n<p>Tu sais bien que pendant les trois mois de la guerre d\u2019avril seulement, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu\u00a0 huit fois par le commandement de l\u2019Arm\u00e9e, et m\u00eame des t\u00e9l\u00e9grammes ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9s, disant que quiconque me verra devra tirer sur moi, parce qu\u2019on disait que je travaillais avec les Inyenzi. C\u2019est Dieu qui m\u2019a sauv\u00e9. Tu sais bien et tu peux t\u00e9moigner toi-m\u00eame que tous les Tutsi musulmans qui se sont r\u00e9fugi\u00e9s chez-moi, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 leur faire passer la fronti\u00e8re en utilisant des f\u00fbts, j\u2019ai pu les faire arriver tous au Za\u00efre, et m\u00eame arriv\u00e9s au Za\u00efre, j\u2019ai pu les loger dans mes maisons que j\u2019avais l\u00e0-bas au Za\u00efre.<\/p>\n<p>Tu sais bien que m\u00eame d\u2019autres Hutu qui \u00e9taient pourchass\u00e9s et qui se sont cach\u00e9s chez-moi, j\u2019ai pu les \u00e9vacuer au Za\u00efre. Tu sais que c\u2019est cette action d\u2019\u00e9vacuer les gens au Za\u00efre qui a \u00e9t\u00e9 la cause qui a fait que les autorit\u00e9s civiles et militaires m\u2019ont pourchass\u00e9 et m\u2019ont condamn\u00e9 \u00e0 mort, tu sais bien comment les militaires ont lanc\u00e9 une attaque contre ma r\u00e9sidence pour la d\u00e9truire et tuer tous ceux qui \u00e9taient l\u00e0, et que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 par les militaires qui vivaient chez le nomm\u00e9 Kayonga, dont les nomm\u00e9s Jef et R\u00e9gis, et ces militaires habitaient dans le m\u00eame quartier que nous, et c\u2019est eux qui se sont battus toute la nuit avec les militaires qui avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s par le colonel Anatole Nsengiyumva pour me tuer et tuer tous ceux qui \u00e9taient chez-moi.<\/p>\n<p>Dans ton t\u00e9moignage tu dis que tu m\u2019as vu et que nous nous sommes parl\u00e9s, vraiment tu mens, car toi et moi nous ne nous sommes rencontr\u00e9s nulle part, et tu ne m\u2019as pas vu chez le nomm\u00e9 Hassan Gitoki.<\/p>\n<p>En bref je voudrais t\u2019informer que le Procureur veut te faire dire ce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 incapable de faire dire aux autres. Il y a deux femmes t\u00e9moins \u00e0 qui le Procureur a voulu faire dire ce qui n\u2019a jamais exist\u00e9, il vient de voir que \u00e7a ne marche pas et d\u2019ailleurs toi aussi tu sais tr\u00e8s bien qu\u2019il n\u2019est pas facile de dire ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9, surtout quand moi aussi je me suis tr\u00e8s suffisamment pr\u00e9par\u00e9 pour lui montrer que ce que dit ce t\u00e9moin sont des fabrications.<\/p>\n<p>Alors en peu de mots, je voulais te dire qu\u2019il serait mieux que tu dises la v\u00e9rit\u00e9 que tu connais et que tu as vu toi-m\u00eame, car il ne te servirait \u00e0 rien m\u00eame dans l\u2019avenir d\u2019entendre que tu m\u2019as fait tuer alors que tu sais bien que je suis innocent. Pendant les seuls trois mois de la guerre, tu sais tr\u00e8s bien que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 huit fois par le Commandant militaire dans la r\u00e9gion de Gisenyi Monsieur le Colonel Nsengiyumva Anatole. La plupart du temps lors de mes arrestations, j\u2019\u00e9tais envoy\u00e9 \u00e0 Kigali avec mes mains li\u00e9es, pour que je sois tu\u00e9 l\u00e0-bas, tu connais tout \u00e7a, tu sais qu\u2019\u00e0 aucune occasion pendant cette p\u00e9riode de guerre je n\u2019ai eu de conversation avec toi.<\/p>\n<p>Je te demande de r\u00e9fl\u00e9chir encore une fois comme mon fr\u00e8re, et dire ce que tu sais, car je ne vois pas l\u2019int\u00e9r\u00eat que tu aurais de mettre mon sang sur tes mains. N\u00e9anmoins pour ce qui me concerne, je me suis suffisamment pr\u00e9par\u00e9 par rapport \u00e0 tout cela, dans mes pri\u00e8res je prie pour toi, pour que le Bon Dieu te fasse comprendre qu\u2019il ne te sert \u00e0 rien de dire des mensonges contre moi.<\/p>\n<p>Assalam aleykuma warahamaturulaahi taala wabarakatuh<\/p>\n<p>N.B.: O\u00f9 est-ce que les choses se g\u00e2tent ?<\/p>\n<p>Le bureau du Procureur est plein de gens ignorants seulement, quand ils se rendent compte que leurs enqu\u00eates ne donnent rien et qu\u2019ils n\u2019ont rien pour accuser quelqu\u2019un , au lieu de lib\u00e9rer la personne, ils pr\u00e9f\u00e8rent inventer des choses qu\u2019elle n\u2019a pas faites, l\u2019exemple la plus simple est que m\u00eame toi on te demande de dire des choses alors que tu sais tr\u00e8s bien qu\u2019elles ne se sont jamais pass\u00e9es, tout en sachant que je n\u2019ai jamais parl\u00e9 avec toi pendant la guerre. Vraiment mon fr\u00e8re, responds-moi et dis-moi ce que tu penses de \u00e7a.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><u>Annexe 4<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u00e9claration de Monsieur Serushago Omar du 17 ao\u00fbt 2001, relative \u00e0 la lettre de Hassan Ngeze<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u00e9claration volontaire<\/strong><\/p>\n<p>Je soussign\u00e9, Omar Serushago, d\u00e9tenu au centre de d\u00e9tention du Tribunal P\u00e9nal International pour le Rwanda \u00e0 ARUSHA, d\u00e9clare avoir re\u00e7u une lettre \u00e9crite en Kinyarwanda en provenance de M. Hassan Ngeze, donn\u00e9e par l\u2019Imam MUSTAPHA KIHAGO lorsqu\u2019il venait faire la pri\u00e8re \u00e0 M. OMAR Ruggiu.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait juste apr\u00e8s trois minutes de son arriv\u00e9e \u00e0 15h00 \u00e0 l\u2019annexe de l\u2019UNDF. Il m\u2019a donn\u00e9 cette lettre en cachette et directement j\u2019ai appel\u00e9 l\u2019officier de s\u00e9curit\u00e9 JAIRO Joseph qui \u00e9tait sur place au bureau, en vue qu\u2019il appelle le commandant M. SA\u00cfDOU ou le commandant en second M. BOUCHARD de venir voir la lettre le plus t\u00f4t possible. Les deux chefs sont arriv\u00e9s dans la demi-heure et ont interrog\u00e9 l\u2019Imam.<\/p>\n<p>L\u2019Imam a accept\u00e9 pratiquement avoir amen\u00e9 cette lettre en provenance de Hassan Ngeze.<\/p>\n<p>A de nombreuses reprises Hassan Ngeze essaie de me joindre par l\u2019interm\u00e9diaire de l\u2019Imam, qui fait savoir qu\u2019il y a un cadeau en provenance de Ngeze.<\/p>\n<p>A vrai dire l\u2019objectif est de me corrompre, de ne pas t\u00e9moigner tout ce que je sais sur lui.<\/p>\n<p>Fait \u00e0 l\u2019annexe UNDF, le 17-Ao\u00fbt-2001<\/p>\n<p>Omar Serushago (s\u00e9)<\/p>\n<p>Quartier P\u00e9nitentiaire<\/p>\n<p>T\u00e9moin, M. Claude Bouchard, Commandant en second (s\u00e9)<\/p>\n<p><strong><u>Annexe 5<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>Lettre du G\u00e9n\u00e9ral Gratien Kabiligi, Colonel Th\u00e9oneste Bagosora, Lt Colonel Anatole Nsengiyumva et Major Aloys Ntabakuze du 14 ao\u00fbt 2003, adress\u00e9e au Pr\u00e9sident du TPIR et d\u00e9non\u00e7ant le comportement irr\u00e9gulier et pr\u00e9judiciable de Hassan Ngeze<\/strong><\/p>\n<p>Arusha, le 14\/08\/2003<\/p>\n<p>A Monsieur le Juge Pr\u00e9sident du Tribunal P\u00e9nal International pour le Rwanda<\/p>\n<p>Objet : D\u00e9noncer le comportement irr\u00e9gulier et pr\u00e9judiciable de Hassan Ngeze<\/p>\n<p>Monsieur le Juge Pr\u00e9sident,<\/p>\n<p>Nous, les Accus\u00e9s G\u00e9n\u00e9ral Gratien Kabiligi, Colonel Th\u00e9oneste Bagosora, Lt Colonel Anatole Nsengiyumva, et Major Aloys Ntabakuze, avons l\u2019honneur de nous adresser \u00e0 votre haute autorit\u00e9 pour porter \u00e0 votre connaissance les agissements irr\u00e9guliers et pr\u00e9judiciables de la part de Monsieur Hassan Ngeze, accus\u00e9 devant la Chambre I de premi\u00e8re instance du TPIR.<\/p>\n<p>En effet, dans sa lettre du 11 ao\u00fbt 2003, adress\u00e9e \u00e0 la Chambre I de premi\u00e8re instance, Monsieur Hassan Ngeze a communiqu\u00e9 en annexe, les identit\u00e9s des t\u00e9moins prot\u00e9g\u00e9s OAF et OAB qui ont d\u00e9pos\u00e9 dans notre affaire en juin dernier en faisant entendre qu\u2019il compte s\u2019appuyer sur leurs d\u00e9clarations dans notre affaire lors de sa pr\u00e9sentation qui aura lieu du 18 au 22 ao\u00fbt 2003. Monsieur Fardinand Nahimana, son coaccus\u00e9, qui a re\u00e7u une copie de cette lettre, a \u00e9t\u00e9 ahuri par cette divulgation et a voulu s\u2019informer aupr\u00e8s de nous si une demande officielle avait \u00e9t\u00e9 faite par la D\u00e9fense de Ngeze aux fins d\u2019obtenir de notre Chambre l\u2019autorisation de divulgation des identit\u00e9s de ces t\u00e9moins prot\u00e9g\u00e9s et si cette demande avait \u00e9t\u00e9 honor\u00e9e. A la r\u00e9ponse n\u00e9gative, Monsieur Ferdinand Nahimana nous a montr\u00e9 le document en annexe parce qu\u2019il trouvait que cette proc\u00e9dure n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p>Nous avons \u00e9t\u00e9 surpris de constater les faits et nous avons jug\u00e9 utile et urgent de d\u00e9noncer Monsieur Hassan Ngeze avec la plus grande \u00e9nergie. Nous ne voulons pas que l\u2019on puisse penser que nous aurions collabor\u00e9 avec lui dans ces manoeuvres irr\u00e9guli\u00e8res qui violent les d\u00e9cisions de la Chambre en mati\u00e8re de protection des t\u00e9moins. Nous nous dissocions totalement de lui et confirmons que nous n\u2019avons jamais c\u00e9d\u00e9 ou transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Hassan Ngeze des documents confidentiels dans notre affaire.<\/p>\n<p>Nous estimons que cet incident est tr\u00e8s grave. C\u2019est une situation tout \u00e0 fait anormale. En aucun cas, une telle divulgation ne devrait se produire. C\u2019est pourquoi nous demandons qu\u2019une enqu\u00eate soit ouverte pour d\u00e9terminer les sources d\u2019information et d\u2019alimentation de Monsieur Hassan Ngeze ainsi que la motivation qui se cache derri\u00e8re ses agissements frauduleux. Par ailleurs, ce n\u2019est pas pour la premi\u00e8re fois que Monsieur Hassan Ngeze soit impliqu\u00e9 dans de telles irr\u00e9gularit\u00e9s. De notre c\u00f4t\u00e9, nous nous engageons \u00e0 collaborer pleinement avec l\u2019\u00e9quipe que vous voudrez bien mettre en place pour mener cette enqu\u00eate.<\/p>\n<p>Pour assurer l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des proc\u00e9dures au sein du Tribunal, cette affaire devrait \u00eatre \u00e9lucid\u00e9e sans tarder. Mais nous demandons, qu\u2019entre-temps, les documents d\u00e9pos\u00e9s par Hassan Ngeze soient retir\u00e9s sans d\u00e9lai de son dossier et qu\u2019il lui soit \u00e9galement exig\u00e9 de remettre d\u2019autres copies qui seraient en sa possession. Au cas o\u00f9 cette mesure urgente ne serait pas prise, nous allons donner instructions \u00e0 nos avocats d\u2019entamer, d\u00e8s ce vendredi, les d\u00e9marches n\u00e9cessaires pour pouvoir participer aux audiences de la Chambre I dans l\u2019affaire Hassan Ngeze afin de d\u00e9fendre nos int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Veuillez agr\u00e9er, Honorable Juge Pr\u00e9sident, les assurances de notre haute consid\u00e9ration.<\/p>\n<p><u>Les signataires<\/u><\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9ral Gratien Kabiligi (s\u00e9)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Colonel Th\u00e9oneste Bagosora (s\u00e9)<\/p>\n<p>Lt Col Anatole Nsengiyumva (s\u00e9)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Major Aloys Ntabakuze (s\u00e9)<\/p>\n<p>Cc:<\/p>\n<p>Madame le Juge Navanethem Pillay, Pr\u00e9sident de la Chambre I (Affaire des M\u00e9dias)<\/p>\n<p>Monsieur le Juge Erik Mose, Pr\u00e9sident de la Chambre I (Affaire des Militaires I)<\/p>\n<p>Monsieur le Greffier du TPIR<\/p>\n<p>Madame le Procureur du TPIR<\/p>\n<p>Les Avocats de la D\u00e9fense (Affaire des Militaires I)<\/p>\n<p>Les Avocats de la D\u00e9fense (Affaire des M\u00e9dias)<\/p>\n<p>Monsieur Saidou Guindo, Commandant de l\u2019UNDF<\/p>\n<p><strong><u>Annexe 6<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>Lettre du 13 juin 2006 de Hassan Ngeze qui est une demande de pardon de Hassan Ngeze adress\u00e9e au Pr\u00e9sident Kagame, via le Repr\u00e9sentant Sp\u00e9cial du Gouvernement Rwandais aupr\u00e8s du TPIR, Monsieur Aloys Mutabingwa<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mardi \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 13 juin 2006<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>P\u00e9tition \u00e0: Son Excellence Paul Kagame<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sident du Rwanda, B.P. 15 Kigali<\/strong><\/p>\n<p><strong>Rwanda <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>De: Hassan Ngeze \u2013 Prisonnier condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 \u2013 Affaire en Appel<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 (Affaire: ICTR No 99-52-A)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Son Excellence Aloys Mutabingwa \u2013 Repr\u00e9sentant Sp\u00e9cial du Gouvernement rwandais aupr\u00e8s du Tribunal P\u00e9nal International pour le Rwanda \u2013 TPIR<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cc:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Les Juges de la Chambre d\u2019Appel<\/li>\n<li>Juge Eric Mose \u2013 PR\u00c9SIDENT DU TPIR<\/li>\n<li>Juges de la Chambre de Premi\u00e8re Instance du TPIR (Tous)<\/li>\n<li>Honorable Adama Dieng, Greffier du TPIR<\/li>\n<li>Le Procureur du TPIR<\/li>\n<li>Koffi Atta Annan Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU, New York<\/li>\n<li>Son Excellence Jakaya Mrisho Kikwete, Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Unie de Tanzanie<\/li>\n<li>Ministre de la Justice de Tanzanie<\/li>\n<li>Ministre des Affaires Etrang\u00e8res de Tanzanie<\/li>\n<li>Honorable John Chiligati, Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur de Tanzanie<\/li>\n<li>Madame Edda Mukabagwiza, Ministre Rwandais de la Justice, B.P. 160 Kigali-Rwanda<\/li>\n<li>Pr\u00e9sident d\u2019Ibuka au niveau national \u2013 Rwanda<\/li>\n<li>Robert M\u00e9nard \u2013 Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de Reporters Sans Fronti\u00e8res (RSF) Paris-France<\/li>\n<li>La D\u00e9fense et l\u2019Accusation \u2013 Affaire des M\u00e9dias<\/li>\n<li>Comit\u00e9 International pour la D\u00e9fense des Journalistes<\/li>\n<li>La Presse (Toute)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>R\u00e9f: Demande du Prisonnier Hassan Ngeze \u00e0 Son Excellence Pr\u00e9sident Kagame pour que sa p\u00e9tition soit examin\u00e9e en m\u00eame temps que la demande de l\u2019ancien Pr\u00e9sident Pasteur Bizimungu pour demander pardon pour la r\u00e9conciliation parmi les Rwandais.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Votre Excellence:<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Je vous \u00e9cris pour demander pardon \u00e0 votre fonction apr\u00e8s avoir pass\u00e9 plus de 9 ans en prison, condamn\u00e9 pour des crimes que je n\u2019ai pas commis. Je fais ceci tout en ayant \u00e0 l\u2019esprit que mon affaire est en appel devant la Chambre d\u2019Appel contre la d\u00e9cision de la Chambre de premi\u00e8re instance qui m\u2019a condamn\u00e9 \u00e0 la prison pour le reste de ma vie.<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Mandat du Tribunal<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Avant de continuer, je veux dire que ledit tribunal avait re\u00e7u mandat pour les crimes commis au cours de la p\u00e9riode du 1er janvier au 31 d\u00e9cembre 1994 sous le Statut du Tribunal International\u00a0 que je reproduis ci-dessous:<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u201cMis en place par le Conseil de S\u00e9curit\u00e9 agissant sous le Chapitre VII de la <em>\u201cCharte des Nations Unies, le Tribunal P\u00e9nal International pour le Rwanda charg\u00e9 de juger les personnes pr\u00e9sum\u00e9es responsables de g\u00e9nocide et d\u2019autres violations graves au droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d\u2019Etats voisins entre le 1er janvier et le 31 d\u00e9cembre 1994 (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9 \u201cTribunal International pour le Rwanda\u201d) fonctionnera conform\u00e9ment aux dispositions du pr\u00e9sent Statut\u201d.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Je sais que Pasteur Bizimungu est lui aussi en train de demander pardon, et comme lui je demande, ayant en esprit la r\u00e9conciliation, vous examinerez favorablement ma p\u00e9tition, sans vous embarrasser de mon affaire qui est pendant devant la Chambre d\u2019Appel, que vous envisagerez de me pardonner, tenant compte des raisons que je reprends ci-dessous.<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Votre Excellence \u2013 Le Pr\u00e9sident du Rwanda<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019aimerais dire ce qui suit:<\/p>\n<ol>\n<li>Je suis un journaliste qui a exerc\u00e9 comme tel pendant plusieurs ann\u00e9es au Rwanda. En tant que reporter d\u2019investigation, j\u2019ai essay\u00e9 de faire mon possible, malgr\u00e9 les faiblesses humaines, d\u2019\u00eatre t\u00e9moin et de m\u2019assurer que les \u00e9v\u00e9nements de cette ann\u00e9e-l\u00e0 soient enregistr\u00e9s pour toujours pour l\u2019Histoire. En tant que journaliste, j\u2019ai couru le risque d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9, et effectivement j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, d\u00e9tenu par le r\u00e9gime que vous avez chass\u00e9, \u00e0 diff\u00e9rentes occasions, et j\u2019ai comparu devant la Cour militaire. Colonel Ephraim Setako et Bagosora Th\u00e9oneste, actuellement d\u00e9tenus \u00e0 l\u2019UNDF, la pr\u00e9sidaient [la Cour militaire]. Ainsi, je suis maintenant d\u00e9tenu avec des personnes qui ont \u00e9t\u00e9 responsables de ma d\u00e9tention injuste au Rwanda.<\/li>\n<li>Mon intention en fondant ce Journal Kangura \u00e9tait de publier les informations. Ceci est le r\u00f4le de tout journaliste. En publiant les informations, un journaliste doit tenir compte de l\u2019environnement social, politique, culturel, traditionnel et \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019il\/elle veut informer \u00e0 travers un journal. Ainsi, les articles, les histoires, les nouvelles, etc, contenus dans ce journal refl\u00e8tent l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit et le temp\u00e9rament de la soci\u00e9t\u00e9 en question. En tant que journaliste au Rwanda, mon objectif en publiant les informations dans un journal \u00e9tait conditionn\u00e9 par l\u2019environnement de la soci\u00e9t\u00e9 que je tentais d\u2019informer, tel que, les articles sur avec qui Brad Pit sortait ou ne sortait pas n\u2019auraient pas eu de cons\u00e9quences sur la moyenne des Rwandais.<\/li>\n<li>Mon journal n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 pendant le g\u00e9nocide. Kangura \u00e9tait un journal qui reproduisait des articles qui \u00e9taient en circulation depuis plus de 40 ans, pourtant je suis en prison pour des articles qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits et publi\u00e9s m\u00eame avant ma naissance.<\/li>\n<li>Le but de publier les 10 commandements des Hutu dans Kangura num\u00e9ro 6 et les 19 commandements des Tutsi dans Kangura num\u00e9ro 4, tous les deux de l\u2019ann\u00e9e 1990, \u00e9tait d\u2019informer le grand public des cons\u00e9quences dangereuses de telles philosophies destructives et les inviter \u00e0 r\u00e9soudre leurs diff\u00e9rends autour d\u2019une table. Je ne suis pas l\u2019auteur des 10 commandements des Hutu et des 19 commandements des Tutsi.<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>La cr\u00e9ation et la publication de ces 10 commandements a \u00e9t\u00e9 faite en Belgique et r\u00e9\u00e9dit\u00e9s dans certains journaux rwandais avant qu\u2019ils soient reproduits dans Kangura. M\u00eame au moment de leur r\u00e9\u00e9dition, j\u2019\u00e9tais dans la prison de Kigali pour avoir pr\u00e9dit la guerre de 1990.<\/li>\n<li>L\u2019histoire des 10 commandements est d\u00e9taill\u00e9e dans un livre intitul\u00e9 \u201cLa Justice Belge face au g\u00e9nocide Rwandais\u201d publi\u00e9 par un certain Vincent Ntezimana. Il en a \u00e9galement fait une large diffusion au Rwanda.<\/li>\n<li>Selon mes informations et ce que je crois, la distribution de ces commandements au Rwanda a \u00e9t\u00e9 faite principalement par<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>:<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li>Nzabagerageza Charles, Pr\u00e9fet de Ruhengeri \u00e0 cette \u00e9poque,<\/li>\n<li>Mme Mukobwajana, \u00e9pouse de Nzabagerageza,<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Nyabusore, doyen \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Busogo,<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li>Rwabukumba, beau-fr\u00e8re de Habyarimana,<\/li>\n<li>Rwigema Pierre C\u00e9lestin qui travaillait pour Rwabukumba, et beaucoup d\u2019autres membres de l\u2019Akazu.\n<ul>\n<li>Les 19 commandements ont \u00e9t\u00e9 en circulation depuis 1959 dans la r\u00e9gion des Grands Lacs (Rwanda, Burundi, Za\u00efre, Uganda, Kenya, Tanzanie) et ailleurs et ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans diff\u00e9rentes brochures\/livres et journaux.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ol>\n<ol>\n<li><strong>Je condamne le g\u00e9nocide<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>J\u2019ai toujours condamn\u00e9 les actes cruels de l\u2019ancienne arm\u00e9e de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana qui tuaient sans piti\u00e9 leurs innocents fr\u00e8res et soeurs sans raison suite \u00e0 la chute de l\u2019avion transportant feu le Pr\u00e9sident Habyarimana. Leurs dits actes \u00e9taient injustes et inhumains. J\u2019ai toujours condamn\u00e9 cela, puisque feu le Pr\u00e9sident Habyarimana n\u2019\u00e9tait pas le seul Pr\u00e9sident africain qui mourait dans un crash d\u2019avion. \u00c7a s\u2019est pass\u00e9 au Mozambique, et pourtant les militaires et d\u2019autres officiels du Gouvernement n\u2019ont pas tu\u00e9 leur peuple pour cela. Dans le cas du Rwanda, l\u2019arm\u00e9e de Habyarimana que vous avez vaincue n\u2019avait aucune raison de diriger des massacres des populations innocentes dans tout le pays et de fournir des armes aux Interahamwe tout en sachant que cet acte allait conduire aux massacres massifs de Tutsi innocents.<\/li>\n<li>Il importe de souligner que lorsque feu le Pr\u00e9sident Habyarimana d\u00e9cida de tuer l\u2019ancien Pr\u00e9sident Kayibanda et tous ses nombreux ministres, la population n\u2019a pas utilis\u00e9 ce motif pour s\u2019entre-tuer.<\/li>\n<li>Ma th\u00e8se est que les responsables militaires et les autres leaders qui ont entra\u00een\u00e9 les Interahamwe, et leur ont fourni des armes avant les \u00e9v\u00e9nements du 6 avril 1994, devaient \u00eatre tenus responsables du G\u00e9nocide qui a eu lieu en 1994.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>Mon r\u00f4le pendant le G\u00e9nocide<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Emu par les atrocit\u00e9s commises par l\u2019arm\u00e9e de l\u2019ancien r\u00e9gime, j\u2019ai sauv\u00e9 la vie de 1000 Tutsi dans ma ville natale de Gisenyi et 500 Tutsi \u00e0 Kigali. Cet acte peut \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9 aupr\u00e8s de ces survivants du g\u00e9nocide. En les emmenant au Congo avec l\u2019utilisation de f\u00fbts vides et des centaines de Tutsi de Nyamirambo, ainsi que d\u2019autres endroits dans Kigali et aussi en les transportant vers l\u2019H\u00f4tel des Mille Collines, d\u2019autres \u00e0 l\u2019Eglise Saint Paul, en guidant les autres qui \u00e9taient recherch\u00e9s par les officiers de l\u2019Arm\u00e9e de Habyarimana qui les pourchassaient pour les tuer.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>Ma coop\u00e9ration avec la MINUAR, et l\u2019\u00e9chec de la MINUAR d\u2019agir \u00e0 temps<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Apr\u00e8s la signature des Accords d\u2019Arusha en ao\u00fbt 1993, je travaillais avec les Nations Unies au Rwanda, et j\u2019\u00e9tais leur principal informateur.<\/li>\n<li>Gr\u00e2ce \u00e0 moi, la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR) \u00e9tait au courant de tout ce qui \u00e9tait planifi\u00e9 par les Interahamwe et leurs leaders. Pourtant, ils n\u2019ont pas emp\u00each\u00e9 les Interahamwe de recevoir l\u2019entra\u00eenement et les armes.<\/li>\n<li>Pendant le g\u00e9nocide, les Nations Unies avaient des informations pr\u00e9alables de ce qui \u00e9tait en train d\u2019\u00eatre planifi\u00e9 par les Interahamwe et par l\u2019arm\u00e9e de Habyarimana.<\/li>\n<li>A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 ils \u00e9taient au Rwanda, ils ont laiss\u00e9 des Tutsi innocents entre les mains des tueurs, tout en sachant que ces Tutsi innocents \u00e9taient sous leur protection.<\/li>\n<li>Les Nations Unies \u00e9taient au Rwanda quand le g\u00e9nocide a commenc\u00e9, elles ont vu le d\u00e9but du g\u00e9nocide d\u2019avril \u00e0 juillet 1994.<\/li>\n<li>Et, tout en sachant ce que je leur avais dit avant les \u00e9v\u00e9nements, elles ont d\u00e9cid\u00e9 de quitter le pays et ont refus\u00e9 de prot\u00e9ger des populations innocentes.<\/li>\n<li>Le Colonel Isoa Ticoka, adjoint du commandant de la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR) est t\u00e9moin de ce qui concerne ma contribution relativement aux informations de premi\u00e8re main que je leur donnais depuis ao\u00fbt 1993 jusqu\u2019\u00e0 la fin de leur s\u00e9jour au Rwanda.<\/li>\n<li>Le tribunal des Nations Unies \u2013 TPIR \u2013 ne doit pas m\u2019utiliser comme bouc \u00e9missaire \u00e0 cause de l\u2019\u00e9chec de la MINUAR de sauver la population. J\u2019ai travaill\u00e9 avec les Nations Unies en tant que leur principal informateur au Rwanda<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. Elles savaient tout des atrocit\u00e9s avant qu\u2019elles ne se produisent, et pourtant, elles ont refus\u00e9 de sauver des civils innocents pourchass\u00e9s par l\u2019Arm\u00e9e de Habyarimana et les Interahamwe.<\/li>\n<li>Il est \u00e0 noter que ce ne sont pas tous les officiers de l\u2019arm\u00e9e ni tous les politiciens qui ont particip\u00e9 au G\u00e9nocide puisqu\u2019ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 d\u2019accord avec les actes injustes commis par l\u2019arm\u00e9e de Habyarimana pendant le g\u00e9nocide.<\/li>\n<li>Il y a aussi des politiciens et les soi-disant intellectuels, qui n\u2019ont pas directement particip\u00e9 dans le g\u00e9nocide, mais qui ont failli \u00e0 s\u2019opposer publiquement aux atrocit\u00e9s commis pendant la p\u00e9riode d\u2019Avril-Juillet 1994. (Ils se consid\u00e8rent maintenant comme des l\u00e2ches).<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>R\u00e9compense des Officiers de l\u2019ancienne Arm\u00e9e pour avoir aid\u00e9 les Tutsi<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Pendant la p\u00e9riode du 6 au 9 avril 1994, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 mis en d\u00e9tention militaire par Anatole Nsengiyumva, pendant laquelle pendant les trois mois qu\u2019a dur\u00e9 la guerre, ma maison a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e huit fois par l\u2019Arm\u00e9e de feu le Pr\u00e9sident Habyarimana pour mon audace montr\u00e9e en sauvant les Tutsi pendant la p\u00e9riode qui va d\u2019avril \u00e0 juillet 1994.<\/li>\n<li>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et jug\u00e9 devant le TPIR puis condamn\u00e9 pour le reste de ma vie sur base de preuves fabriqu\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>Je suis innocent.<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Mon innocence peut \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e en mettant en place une \u00e9quipe d\u2019enqu\u00eate qui devrait v\u00e9rifier le registre de ma d\u00e9tention pendant la p\u00e9riode entre le 6 avril 1994 et le 9 avril 1994 au camp militaire de Gisenyi sous les ordres du terrible Anatole Nsengiyumva. Ladite enqu\u00eate, je suis s\u00fbr, d\u00e9couvrira la v\u00e9rit\u00e9, que en fait, j\u2019\u00e9tais en d\u00e9tention militaire durant la p\u00e9riode du 6 au 9 avril 1994, que je ne pouvais en aucune mani\u00e8re commettre ou participer dans la commission de crimes all\u00e9gu\u00e9s d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 commis par moi pendant ladite p\u00e9riode du 6 au 9 avril 1994. Je souhaite que cette \u00e9quipe puisse rencontrer les Tutsi qui ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s par Hassan Ngeze, en les \u00e9vacuant au Congo en utilisant des f\u00fbts vides et des centaines de Tutsi \u00e9vacu\u00e9s de Nyamirambo et d\u2019autres endroits dans Kigali, en les transportant \u00e0 l\u2019H\u00f4tel des Mille Collines, les autres \u00e0 l\u2019Eglise Saint Paul, guidant d\u2019autres qui \u00e9taient recherch\u00e9s par l\u2019Arm\u00e9e de Habyarimana qui les pourchassait pour les tuer.<\/li>\n<li>Je crois aussi que ladite enqu\u00eate pourra montrer que ma maison a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e 8 fois par la m\u00eame arm\u00e9e durant la p\u00e9riode d\u2019avril \u00e0 juillet 1994 pour avoir aid\u00e9 les Tutsi, elle serait capable de se renseigner sur le fait que les fr\u00e9quentes attaques militaires contre ma r\u00e9sidence durant les mois du g\u00e9nocide \u00e9taient ordonn\u00e9es par le terrible Anatole Nsengiyumva.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>Les vrais coupables<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li><strong>Les politiciens<\/strong> qui ont accept\u00e9 d\u2019envoyer les miliciens suivre l\u2019entra\u00eenement pour commettre les atrocit\u00e9s, devraient \u00eatre tenus responsables du g\u00e9nocide rwandais.<\/li>\n<li><strong>Les responsables militaires<\/strong>, qui ont fourni des armes aux miliciens, ainsi que ces officiels du Gouvernement qui ont refus\u00e9 d\u2019arr\u00eater les civils qui poss\u00e9daient des armes sans autorisation, tous ceux-l\u00e0 devraient \u00eatre tenus responsables.<\/li>\n<li><strong>Les soi-disant intellectuels, <\/strong>qui ont refus\u00e9 de cacher ou d\u2019h\u00e9berger leurs voisins Tutsi qui \u00e9taient pourchass\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e de Habyarimana travaillant avec les Interahamwe, tous ceux-l\u00e0 devraient \u00eatre tenus responsables du g\u00e9nocide. Il y a aussi des politiciens et quelques soi-disant intellectuels qui n\u2019ont pas particip\u00e9 directement dans le g\u00e9nocide, mais qui ne se sont pas oppos\u00e9s publiquement contre son ex\u00e9cution pendant la p\u00e9riode d\u2019avril-juillet 1994 (maintenant ils se consid\u00e8rent comme des l\u00e2ches).<\/li>\n<li><strong>Les tueurs Interahamwe, <\/strong>[pas la majorit\u00e9 des Rwandais], mais ils \u00e9taient puissants, \u00e0 cause de leur alliance avec des officiers sup\u00e9rieurs de l\u2019arm\u00e9e et une clique de politiciens puissants, qui ont planifi\u00e9, mis en ex\u00e9cution et supervis\u00e9 la trag\u00e9die rwandaise.<\/li>\n<li><strong>Ces petits groupes de tueurs, <\/strong>appuy\u00e9s par l\u2019Arm\u00e9e et les politiciens, qui les ont appuy\u00e9s, ont r\u00e9ussi \u00e0 effrayer et terroriser tout le monde qui n\u2019appuyait pas leurs actes. C\u2019est ainsi que certaines personnes sont devenues l\u00e2ches parce qu\u2019elles avaient peur des Interahamwe.<\/li>\n<li><strong>La grande partie de l\u2019Histoire incorrectement enseign\u00e9e <\/strong>aux Rwandais par nos anciens colonisateurs a \u00e9galement jou\u00e9 un grand r\u00f4le. Ceux qui ont colonis\u00e9 les Rwandais ont cr\u00e9\u00e9 des divisions entre les Rwandais en apprenant aux uns qu\u2019ils \u00e9taient sup\u00e9rieurs aux autres, tout en leur disant qu\u2019il y a un groupe de ceux qui doivent rester toujours esclaves des autres. Ils ont appris aux gens qu\u2019un groupe ethnique a d\u00e9barqu\u00e9 au Rwanda avant tous les autres et que ce groupe \u00e9tait venu des pays d\u2019Afrique centrale, y compris le Cameroun. C\u2019est pourquoi apr\u00e8s, l\u2019Arm\u00e9e de Habyarimana ainsi que ses alli\u00e9s politiciens en avril-juillet 1994, ont abandonn\u00e9 les paysans mourant de chol\u00e9ra dans les camps des r\u00e9fugi\u00e9s en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo et sont all\u00e9s au Cameroun, d\u2019o\u00f9 ils avaient appris qu\u2019ils \u00e9taient originaires. Certains de ces anciens dignitaires, Militaires, ministres, leaders politiques, sont arriv\u00e9s au Cameroun avec des biens pill\u00e9s qui appartenaient au Gouvernement rwandais, y compris des v\u00e9hicules de luxe, et divers mat\u00e9riels pill\u00e9s au Rwanda. La soi-disant \u00e9lite Hutu qui est all\u00e9e au Cameroun faisait partie de cette mauvaise histoire qui a enseign\u00e9 aux Hutu qu\u2019ils \u00e9taient venus du Cameroun. Le discours fait par L\u00e9on Mugesera (\u00e0 Ngororero) le fr\u00e8re de Christophe Mfizi, peut \u00eatre comprise dans le cadre de la m\u00eame philosophie de ces Hutu de l\u2019\u00e9lite qui ont fui vers le Cameroun, (heureusement, il fut facile pour le TPIR de les arr\u00eater l\u00e0 o\u00f9 ils croyaient na\u00efvement et erron\u00e9ment qu\u2019ils seraient en lieu s\u00fbr).<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>Conclusion <\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En conclusion, je pense tr\u00e8s humblement que je pourrais \u00eatre acquitt\u00e9 par la Chambre d\u2019Appel mais cela seul ne va pas cr\u00e9er un bon sentiment parmi mes concitoyens rwandais. A mon point de vue, pour prouver que je suis et que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 innocent, je dois \u00e9claircir ma position en racontant la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9elle concernant mon r\u00f4le pendant le g\u00e9nocide dans ma ch\u00e8re Patrie o\u00f9 mes fr\u00e8res et soeurs innocents ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s sans piti\u00e9 par l\u2019Arm\u00e9e de Habyarimana. Le drame qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 aux yeux du monde en 1994 \u00e9tait vraiment \u00e9pouvantable. Pour ceux d\u2019entre nous qui \u00e9tions l\u00e0-bas en ce moment-l\u00e0, les spectacles et les sons ont fusionn\u00e9 dans nos esprits jusqu\u2019\u00e0 notre mort. Je suis l\u2019un des nombreux Rwandais qui ont \u00e9t\u00e9 pris dans la violence.<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Promesse de promouvoir la r\u00e9conciliation si je suis pardonn\u00e9<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>Si je suis pardonn\u00e9, je vais travailler \u00e0 promouvoir la r\u00e9conciliation dans mon Pays.<\/li>\n<li>J\u2019aimerais insister que je vis avec l\u2019injustice chaque jour. En prison depuis plus de 9 ans pour des crimes que je n\u2019ai pas commis, je suis un \u00eatre humain civilis\u00e9 et injustement condamn\u00e9 par le Tribunal. En faisant cela, le Tribunal a injustement \u00e9largi sa comp\u00e9tence temporelle en prenant en consid\u00e9ration les publications de Kangura qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 pendant la p\u00e9riode du g\u00e9nocide. Ce n\u2019est pas seulement \u00e7a, le Tribunal n\u2019a jamais men\u00e9 une enqu\u00eate pour v\u00e9rifier le fait que j\u2019\u00e9tais en d\u00e9tention militaire pendant la p\u00e9riode du 6 avril 1994 \u2013 9 avril 1994, durant laquelle les crimes all\u00e9gu\u00e9s sont cens\u00e9s avoir \u00e9t\u00e9 commis par moi, et en plus le Tribunal s\u2019est bas\u00e9 sur de la preuve fabriqu\u00e9e.<\/li>\n<li>En plus de tout ceci, malheureusement, le Tribunal a \u00e9chou\u00e9 dans son devoir en ne donnant pas cr\u00e9dit \u00e0 mes actes de sauver 1500 Tutsi \u00e0 mes risques et p\u00e9rils, en me donnant une peine s\u00e9v\u00e8re de prison pour le reste de ma vie.<\/li>\n<li>Au cours de mon t\u00e9moignage devant le tribunal, je n\u2019\u00e9tais assist\u00e9 par quelque conseil de la d\u00e9fense que ce soit \u00e0 un moment crucial du proc\u00e8s et le Tribunal a refus\u00e9 de me donner un conseil en qui j\u2019avais confiance qui pouvait conduire mon proc\u00e8s \u00e0 ce stade et m\u2019aider \u00e0 d\u00e9voiler ce que je savais en tant que journaliste d\u2019investigation, et ceci m\u2019a caus\u00e9 un pr\u00e9judice et je n\u2019ai pas pu donner les d\u00e9tails aux Rwandais et au monde sur ce que j\u2019avais dans ma m\u00e9moire concernant les officiers sup\u00e9rieurs de l\u2019Arm\u00e9e, les grands leaders politiques et les \u00e9trangers qui, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, ont rendu le g\u00e9nocide possible.<\/li>\n<li>Pendant mon t\u00e9moignage devant le TPIR, les Juges tout en sachant que je n\u2019\u00e9tais pas un avocat, m\u2019ont permis de conduire mon proc\u00e8s sans avocat ou sans \u00eatre assist\u00e9 par des conseils professionnels. Pour cette raison, je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 capable de dire au Tribunal ce que les Rwandais et le monde attendaient de ma formidable m\u00e9moire de ce que je savais en tant que journaliste d\u2019investigation.<\/li>\n<li>Je voudrais aussi dire humblement qu\u2019aucune section du Gouvernement ne corrigera cette injustice.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>Demande de prise en consid\u00e9ration de ces autres facteurs qui suivent lors de l\u2019examen de la pr\u00e9sente p\u00e9tition:<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li><strong>POLITIQUE D\u2019EMPRISONNEMENT DU TPIR<\/strong><\/li>\n<li>Conform\u00e9ment \u00e0 la directive pratique du TPIR sur la proc\u00e9dure de d\u00e9signation de l\u2019\u00e9tat dans lequel une personne condamn\u00e9e doit purger sa peine de prison, il est dit que:<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>\u201cLe Pr\u00e9sident du Tribunal International, sur la base des renseignements lui fournis et de toutes autres enqu\u00eates qu\u2019il d\u00e9cide de faire, d\u00e9signe l\u2019Etat o\u00f9 la peine sera purg\u00e9e. <\/em><em>Il sera particuli\u00e8rement tenu compte de la proximit\u00e9 de la famille du condamn\u00e9. <\/em><em>Avant de d\u00e9cider sur l\u2019affaire, le pr\u00e9sident peut consulter la Chambre qui a prononc\u00e9 la peine ou le Juge qui a pr\u00e9sid\u00e9 et\/ou le Greffier. Le Pr\u00e9sident peut \u00e9galement demander l\u2019avis de la personne condamn\u00e9e et\/ou le Bureau du Procureur\u201d.<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Toute ma famille, Enfants, M\u00e8re, Soeurs, Fr\u00e8res, qui sont enregistr\u00e9s comme r\u00e9fugi\u00e9s en Europe, ont demand\u00e9 aux pays europ\u00e9ens o\u00f9 ils sont enregistr\u00e9s comme r\u00e9fugi\u00e9s de m\u2019accepter comme prisonnier purgeant le reste de peine l\u00e0-bas, pour qu\u2019il leur soit plus facile de me rendre visite.<\/li>\n<li>J\u2019ai une fianc\u00e9e qui a la nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine et britannique, elle est actuellement en train de discuter avec les gouvernements am\u00e9ricain et britannique, si je peux purger le reste de ma peine dans l\u2019un ou l\u2019autre de ces pays, pour rendre possible les visites.<\/li>\n<li>En tant que Pr\u00e9sident qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu par les Rwandais, pour la R\u00e9conciliation entre les Rwandais, vous avec le pouvoir d\u2019accorder le pardon \u00e0 tout prisonnier rwandais n\u2019importe quand et n\u2019importe o\u00f9 il\/elle peut \u00eatre en train de servir sa peine durant votre mandat.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li><strong>Mon souhait<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Excellence, vous avez les moyens et le pouvoir d\u2019ordonner une enqu\u00eate sur ce qui s\u2019est pass\u00e9 concernant ma d\u00e9tention et mes efforts pour sauver les Tutsi. En faisant cela, j\u2019esp\u00e8re que vous comprendrez que je ne demande pas pardon parce que je suis coupable, mais plut\u00f4t parce que je crois que ma condamnation s\u2019est bas\u00e9e sur des consid\u00e9rations politiques plut\u00f4t que l\u00e9gales. En m\u2019accordant le pardon, vous pouvez montrer au monde que la justice peut pr\u00e9valoir sur la politique.<\/p>\n<p>Je sais que vous aurez la pr\u00e9voyance de bien comprendre cela puisque le Rwanda a besoin de justice, de r\u00e9conciliation et de paix. La justice devant le TPIR n\u2019est qu\u2019une fa\u00e7on de ressusciter notre nation. En tant que nation, nous devons \u00e9galement trouver un moyen \u00e0 travers lequel nous devons nous r\u00e9concilier avec le pass\u00e9. J\u2019esp\u00e8re que, avec votre sagesse et votre prudence, vous reconna\u00eetrez que les journalistes endurent la pers\u00e9cution partout dans le monde, et qu\u2019il y en a toujours beaucoup qui ont peur et qui sont circonspects, toutefois, les journalistes sont l\u00e0 pour la soci\u00e9t\u00e9 et peuvent \u00eatre des interm\u00e9diaires pour le changement. Ainsi, je vous demande instamment d\u2019examiner favorablement mon cas.<\/p>\n<p><strong>Pour les raisons susmentionn\u00e9es, je crois sinc\u00e8rement que j\u2019ai droit au Pardon Pr\u00e9sidentiel en m\u00eame temps que l\u2019Ancien Pr\u00e9sident Pasteur Bizimungu.<\/strong><\/p>\n<p>Votre Humble P\u00e9titionnaire<\/p>\n<p>Hassan Ngeze<\/p>\n<p>UNDF \u2013 ARUSHA<\/p>\n<p>(Signature)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Je suis le seul survivant, mes deux autres officiers ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s par le FPR.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> NYIRIMANZI, alias MANZI, qui a assassin\u00e9 les \u00e9v\u00eaques \u00e0 Kabgayi, et qui, pour le moment, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 en le nommant pour repr\u00e9senter le Rwanda au Kenya, o\u00f9 il a re\u00e7u comme mission d\u2019assassiner les Hutu qui y ont trouv\u00e9 refuge, seulement le Kenya le conna\u00eet tr\u00e8s bien, il conna\u00eet sa m\u00e9chancet\u00e9 lui inculqu\u00e9e par Museveni, et ceci demande que les Rwandais qui vivent au Kenya (les Hutu) doivent en permanence rester conscients du fait que ce Manzi a re\u00e7u la mission de les faire assassiner, les faire expulser [du Kenya], et les emp\u00eacher de vivre en paix.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Une fois par jour \u00e0 cette \u00e9poque, tous les d\u00e9tenus priaient ensemble, sauf Hassan NGEZE qui est musulman.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Soulign\u00e9 dans le texte.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Biganiro \u00e9tait Major, et non pas Capitaine.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> C\u2019est plut\u00f4t Ngeze qui est venu nous voir au bar TAM-TAM pr\u00e8s du Lac, car nous ne l\u2019avions pas trouv\u00e9 \u00e0 Gisenyi-Information, et nous avions laiss\u00e9 un message. Et Ngeze n\u2019avait pas encore \u00e9crit le premier num\u00e9ro de son journal Kangura. Kangura \u00e9tait donc jusque-l\u00e0, inconnu. Il a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 peu apr\u00e8s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> La lettre est en annexe, de m\u00eame que la d\u00e9claration\u00a0 de Omar Serushago d\u00e9non\u00e7ant cette tentative de Hassan Ngeze.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Les probl\u00e8mes du prisonnier Hassan Ngeze soumis \u00e0 l\u2019Officier Commandant [du Centre de d\u00e9tention de l\u2019ONU] et aux autorit\u00e9s du Tribunal.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> La lettre est en annexe.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> C\u2019est lui-m\u00eame qui le dit, je ne sais pas si c\u2019est vrai. Toujours est-il qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 plusieurs fois effectivement. Quant au nombre de fois, je ne peux pas le confirmer.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> D\u00e9claration des juges de la Chambre de premi\u00e8re instance dans le proc\u00e8s dit \u201cdes M\u00e9dias\u201d, au paragraphe 878 du Jugement Nahimana et consorts, du 03 d\u00e9cembre 2003.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Quand il entre dans un bureau, Hassan Ngeze prend tout ce qui lui tombe sous la main, le subtilise, et v\u00e9rifie plus tard si cela est utile.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Il ne savait bien s\u00fbr pas que les camps allaient \u00eatre attaqu\u00e9s le lendemain.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Magasins G\u00e9n\u00e9raux du Rwanda qui se trouvaient \u00e0 Gikondo.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Monsieur Ephrem Setako \u00e9tait plut\u00f4t sous-chef.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Bien s\u00fbr, comme Ngeze, DO pr\u00e9tend que ces militaires venaient attaquer le domicile de Ngeze.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Valens Kajeguhakwa, 2001, Rwanda, De la terre de paix \u00e0 la terre de sang et apr\u00e8s ?, pp.202-204.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Depuis longtemps, c\u2019\u00e9tait la pratique pour la ville de Gisenyi de garder un certain nombre de tombes d\u00e9j\u00e0 pr\u00eates, pour aider ceux qui venaient enterrer leurs morts. Ce n\u2019\u00e9tait donc pas une pratique de circonstances.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Le fr\u00e8re de Kabiligi Alphonse, un ancien adjudant-chef de l\u2019arm\u00e9e rwandaise nomm\u00e9 Bayingana Pierre, avait effectivement rejoint le FPR. A ne pas confondre avec Major Peter Bayingana, officier du FPR.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Jeanne Habyarimana, <em>Mon p\u00e8re, cette autre partie de moi qu\u2019on m\u2019a arrach\u00e9e<\/em>, Editions Scribe, pp.198-199. Elle se r\u00e9f\u00e8re au livre de Jean Marie Vianney Ndagijimana mentionn\u00e9 ci-dessus, Editions La Pagaie, pp.65-67.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> C\u2019est moi qui souligne.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Je n\u2019ai pas repris les nombreuses requ\u00eates de Hassan Ngeze devant le TPIR, visant \u00e0 se distancier des \u00e9v\u00e9nements de Gisenyi, et les mettre sur le dos des militaires, et d\u2019Anatole Nsengiyumva plus particuli\u00e8rement. Beaucoup de documents \u00e9taient en Anglais ou en Kinyarwanda, et je les ai traduits en Fran\u00e7ais. Quelques-uns \u00e9taient en Fran\u00e7ais et je les ai repris comme tel. Les notes de bas de page sont de moi.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> UNDF veut dire \u201cUnited Nations Detention Facilities\u201d, ce qui veut dire en fran\u00e7ais \u201cCentre de D\u00e9tention des Nations Unies\u201d.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Les bras de Hassan Ngeze n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 lies derri\u00e8re le dos. Ceci est un autre mensonge.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Sa maison n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 ni d\u00e9truite, ni incendi\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a>\u00a0 Une lettre entre fr\u00e8res en Islam qui demande que l\u2019on ne se dise que la v\u00e9rit\u00e9. (Cette note de bas de page est de Hassan Ngeze).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Il ne donne pas ses sources d\u2019information, ni ce qui fonde sa conviction (..ce que je crois..), et pourtant il affirme que des gens ont fait ceci ou cela, et publie leurs noms.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Comment a-t-il su qu\u2019il \u00e9tait le principal informateur ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par le colonel BEMS Anatole Nsengiyumva \u201cLe Mensonge a beau construire mille cases, la V\u00e9rit\u00e9 les habitera toutes\u201d (Proverbe africain). Monsieur Hassan NGEZE a r\u00e9cemment publi\u00e9 deux livres qui ont pour titres \u201cIgicumbi cy\u2019ikinyoma\u201d pour l\u2019un, et \u201cUkuli kwahishuwe\u201d pour l\u2019autre. 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