Rwanda : Un pays et un peuple brisés-Quel avenir ?

Par Freddy Usabuwera

Depuis la prise du pouvoir par le Front Patriotique Rwandais (FPR) en Juillet 1994, le peuple rwandais vit sous une dictature militaire avec à sa tête Paul kagame, chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir après le génocide de 1994. Le FPR, une rébellion composée majoritairement d’anciens réfugiés Rwandais Tutsi qui vivaient en Uganda avaient décidé d’attaquer leur pays avec l’aide de l’armée Ougandaise le 1er octobre 1990, une guerre longue de 4 ans qui a ravagé le pays et clamé la vie de plus d’un million de Rwandais Tutsi, hutu et Twa, les trois ethnies composant la population Rwandaise.

La propagande de division à des fins de prise de pouvoir par la force

Depuis le début de la guerre en 1990, le FPR a usé de ses contacts dans le monde occidentale et aussi son libre accès ressources gouvernementales ougandais, pour faire une propagande de division et de terreur a l’intérieur du Rwanda. Dans sa stratégie, le FPR a pu infiltré toutes les organes du pouvoir et aussi les partis d’opposition sur place, qui pourtant avaient accepté de collaborer pour trouver une solution à la guerre, au problème des réfugiés et leur intégration dans la gestion de l’état sans effusion de sang.

Cela n’empêchera pas à Kagame de continuer sa stratégie de guerre en éliminant un par un certains politiciens Hutu Rwandais influant comme Félicien Gatabazi et Emmanuel Gapyisi, et aussi en semant la terreur par la pose des bombes et grenades dans différents coins du pays, allant même jusqu’ à éliminer certaines communauté tutsi (comme les Bagogwe par exemple) et tout cela pour semer la haine et la discorde entre les hutu et les tutsi de l’intérieur du pays.

A chacun de ces incidents, le FPR portait la responsabilité sur le pouvoir en place l’accusant d’avoir commis ces actes de terreur dans un seul but de préparer le génocide des Tutsis. Ce plan diabolique du général kagame a atteint son point culminant le 6 Avril 1994, quand il a pris la décision de descendre l’avion qui transportait le président du Rwanda Juvénal Habyarimana avec son homologue Burundais Cyprien Ntaryamira avec eux leurs proches collaborateurs qui ont tous périe dans cet attentant.

Cet attentat terroriste sera l’élément déclencheur du génocide, la seule voie possible pour Le général Kagame de se hisser à la tête du pays en sacrifiant les vies des Tutsis du Rwanda qu’il disait venir sauver et protéger. 22 ans après, beaucoup de rapports d’experts internationaux et d’anciens collaborateurs et frères d’arme de kagame ont prouvé hors de tout doute que Kagame porte une lourde responsabilité dans le génocide Rwandais et dans tous les actes de terrorismes commis à l’intérieur du Rwanda avant et pendant le génocide.

4 ans de propagande de division d’un peuple, dont la polarisation atteignit son point de non-retour le 6 Avril 1994 la date du début du génocide. Depuis, la haine et la division ont été le moteur du pouvoir dictatorial de Kagame, qui ne cesse d’enfoncer le clou de la division et de la haine, le harcèlement de la population, l’emprisonnement arbitraire et des actes de massacre et tuerie pour se maintenir au pouvoir.

Ce qui fut une chasse aux hutu, est devenu aussi une chasse aux Tutsis car il ne se gêne plus d’afficher sa soif du sang en tuant froidement des tutsi qui l’ont soutenu et aider a prendre le pouvoir comme par exemple, le Dr Gasakure, son ancien médecin personnel ou Assinapole Rwigara un homme d’affaire et financier du FPR depuis ses débuts pour ne pas citer de nombreux autres cas de disparitions et meurtres qui n’ont jamais cessé depuis son accession au pouvoir.

La mise en place d’un cartel mafieux comme modèle de gestion du pays 

« Avez-vous connu ou entendu parlé d’un certain Pablo Escobar le chef d’un cartel de drogue colombien des année 80 ? Imaginez-vous l’avoir à la tête d’un pays. C’est ça le Rwanda. » M’a confié dernièrement une personne qui connait très bien le Rwanda et le FPR que j’ai croisé dans le Metro par coïncidence à Montréal.

A la prise du pouvoir en Juillet 1994, kagame ne perdit pas son temps. Avec sa junte APR (Armée Patriotique Rwandaise) et son parti FPR, ils s’assurèrent de mettre en place un gouvernement qui ressemblerait à un gouvernement d’union nationale, dont l’objectif était de faire croire surtout à l’opinion internationale que le Rwanda allait devenir un pays démocratique et dont la gestion allait se baser sur les accords de partage de pouvoir signés à Arusha quelques mois auparavant.

Quelques temps plus tard, le monde découvrira que cela n’était qu’un jeu de façade permettant au nouveau maitre de s’acheter un peu de temps pour bien préparer la suite. Il procéda aux massacres et tueries de dizaine de milliers d’innocents Rwandais et étrangers sans s’en inquiéter des conséquences, se débarrassa de tout intellectuel rwandais Hutu surtout qu’il peut juger avoir un certain pouvoir d’influence, et jeta des centaines de milliers d’autres en prison sans dossier d’accusation, alléguant qu’ils ont commis le génocide. Le Rwanda devint une prison à ciel ouvert un mouroir pour tout citoyen osant critiquer le pouvoir. La communauté internationale ne daigna même lever un doigt face à ses abus des droits humains sans précèdent.

Jugeant ce silence comme un feu vert à sa brutalité, Kagame mit son plan à une vitesse supérieure en attaquant les camps des réfugiés hutus au Congo voisin ou ses militaire et milice massacra femmes, enfants, vieillards et la population locale avec la bénédiction de ses parrains et faiseurs d’opinion du monde occidental. Le rapport de l’ONU sur les massacres de cette période sortie en 2010 sous le nom « The Congo mapping report » a été on ne peut plus claire qualifiant ces actes d’actes de violation des droits humain pouvant être qualifiés de génocide devant les tribunaux.

Dans son exercice vers le pouvoir absolu, Kagame s’attaqua alors à ses collaborateurs Hutu au sein du gouvernement et du FPR et les poussa à la sortie. Ce gouvernement de façade dirigé par Faustin Twagiramungu sera forcé à la démission dont certains des membres seront arrêtés et les autres prendront le chemin d’exile et seront pourchassés comme des gibiers et tués. De ces anciens dignitaires du FPR nous citerons par exemple Seth Sendashonga et Theoneste Lizinde pourchassés et tués par balle à Nairobi au Kenya.

Il s’attaquera plus tard à ses anciens frères d’armes tombés en disgrâce comme André Kagwa Rwisereka, tué et égorgé en 2010 en pleine campagne présidentielle, Patrick Karegeya tué étranglé en Afrique du sud la nuit du 1er janvier 2014, Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major qui a subi 3 tentatives d’assassinat en Afrique du sud pour ne citer que ceux-là car la liste est très longue.

Au Rwanda, la mise en place et la construction de ce qu’ils ont appelé le nouveau Rwanda (Rwanda Rushya) s’accélère. On procède au changement des noms administratif des régions du Rwanda et à la réécriture de l’histoire Rwandaise dans le seul but de cacher la vérité sur les atrocités commis par le FPR et sa responsabilité dans ce drame qui a endeuillé le Rwanda.

Pour s’assurer d’avoir carte blanche, Kagame força à la sortie son prédécesseur Pasteur Bizimungu et d’autres qu’il pensait pouvoir gêner son plan diabolique. Kagame devint alors président de la République en 2000, pour aussi se cacher en arrière de l’immunité présidentielle comme chef d’état.

Depuis le jour un de sa prise de pouvoir total, Kagame prend le Rwanda comme étant sa propriété personnelle. Il fera voter des lois dépouillant l’état Rwandais de presque tous ses avoir qui permettaient au pays d’avoir des revenus. Il procéda à la privatisation des compagnies étatiques et parastatales dont la majorité sont acheté par lui-même sous le couvert de la compagnie Cristal Venture, un holding du FPR qui détient le control de plus de 75% de l’économie Rwandaise. Il procèdera au changement de la loi sur la propriété au Rwanda, ce qui lui permettra avec ses amis de s’acquérir de presque tous les terrains de construction et fermes dans le capital rwandaise et ailleurs dans le pays. En homme d’affaire, sans se soucier du bien-être du peuple, lui et ses amis mettront en avant une politique efficace et agressive de propagande et de promotion de l’image de kagame à l’étranger, et de faire sortir ses actions comme étant de bonnes méthodes de gouvernance auprès d’institutions et organisations internationale.

Il paiera même des millions pour l’écriture d’un livre en son nom et louange avec comme titre « Rwanda Inc. » et a des firmes internationales de relations publiques pour se construire un crédit sans faille au niveau international. Un mensonge étatique sans précèdent.

Rwandan government’s $50,000-a-month PR strategy revealed

Avec l’argent sale venu des minerais de sang pillés au le Congo voisin, ils mettent ensemble un nouveau plan cadastre de la ville de Kigali avec lequel ils blanchissent l’argent en construisant des nouveaux quartiers d’affaire dans la capitale, des maisons d’habitations valant des millions de dollars tout en expropriant le peuple de leur terre. Les personnes misent en prison dont la majorité sans dossier, deviendront alors des esclaves qui passent tout leur temps à construire des trottoirs et balayer la ville au beau soin des faiseurs d’opinion étranger qui font le va et vient entre kigali-Etats-Unis-Bruxelles-Londres… pour collecter les fonds et aller vendre les mensonges aux payeurs de taxes dans leurs pays. Si au moins ils faisaient l’effort de visiter les campagnes là où vivent 90% des Rwandais pour constater la misère qui y règne.

Dans son objectif d’humilier le peuple Rwandais et de rendre incompétent la majorité des intellectuels restés dans le pays, il décide de changer du jour au lendemain la langue d’enseignement et d’usage administratif du français a l’anglais, et ce sans préavis. Le changement est brusque et l’impact négatif est réel jusqu’aujourd’hui.

A la manière de Pablo Escobar qui semait la terreur dans les quartiers et par la suite faisait le tour de ces quartiers accompagné de ses subalternes pour distribuer des bonbons et argents aux habitants, kagame avec l’aide de ses subalternes va instaurer un system de terreur, de dépouillement des terres et bien des citoyens, pour ensuite aller leur rendre visite, et en faiseur de bien leur remettre ce qui leur a été enlever !! Il va même des fois humilier et destituer le dirigeant en question sur place !! Pas mal comme idée n’est-ce pas !?

Un nouveau système de rançon digne de celui d’un cartel mafieux est mise en place par décret présidentiel pour s’assurer de plaire à ses sujets faisant le travail d’opprimer le peuple, et de faire voter les lois en faveur de ses directives et de protéger ses acquis. Kagame signa plus d’une fois depuis 2000, des augmentations de salaire et avantages d’emploi du premier ministre, ministres, députés, dirigeants militaires… dont le dernier décret dans ce sens daté de 2014 prévoit une augmentation automatique de 10% de salaire à chaque 3 ans, alors que les salaires du commun des mortels ne bougent pas et que la majorité des rwandais ne peuvent même pas s’offrir plus qu’un repas par jour. Rappelons que 40% du budget du gouvernement rwandais provient de l’aide internationale, donc des taxes des population des pays occidentaux, le Canada inclus, et ce depuis 1994.

Pour couronner le tout, le président kagame organisa deux élections présidentielles comme prévue par la constitution Rwandaise. La première en 2003 et l’autre en 2010 qu’il remporte haut la main avec des scores staliniens de 93,08% et 95,1% des voix respectivement, et respectivement 96,2% et 95,05% de participation du corps électoral. Durant ces deux périodes électorales, il va s’assurer d’écraser les opposant en les mettant en prison ou en les éliminant physiquement. Parmi ceux-là, citons les cas du Dr Theoneste Niyitegeka, candidat malheureux en 2010, mis en prison sur base de fausses accusations, Victoire Ingabire Umuhoza présidente des Forces Démocratiques Unifiées (FDU) rentrée au Rwanda pour se présenter contre Kagame aux élections de 2010 et qui a été arrêtée injustement et emprisonnée sur base d’accusations fabriquées de toutes pièce, de négationnisme, idéologie génocidaire et actes de terrorisme. André kagwa Rwisereka, ancien membre du FPR devenu membre et président du parti vert retrouvé mort et décapité durant la période électorale de 2003. A ceux-là s’ajoutent Deo Mushayidi, ancien membre du FPR condamné à perpétuité et Bernard Ntaganda, président du parti PS Imberakuri actuellement en liberté après avoir purgé une peine de 4 ans de prison sur des accusations fabriquées de toute pièce.

Depuis que Kagame est apparu sur la scène politico-militaire Rwandais, les populations de la région des grands lacs n’ont connu rien d’autre que l’agonie. La population rwandaise est contrôlée d’une main de fer, et le pouvoir en place a instauré un système de contrôle et de peur servant à continuer de les diviser ethniquement sur base du génocide de 94. 22 ans après, il n’y a pas de politique de réconciliation et il n’y a même pas eu de justice pour les populations Hutu qui ont perdu les leurs tués par le FPR. D’un autre côté kagame n’hésite aucunement de frapper fort contre un tutsi qui ose prêcher l’égalité, la réconciliation et la compassion envers tous. C’est pour cette raison qu’il a mis en prison Kizito Mihigo, un chanteur Rwandais Tutsi rescapé du génocide pour avoir osé produire une chanson dans ce sens.

Alors que son deuxième mandat présidentiel prend fin en 2017, Kagame vient, dans des manœuvres digne d’un film hollywoodien, faire changer la constitution lui permettant de briguer pour un mandat présidentiel de 7 ans, renouvelable 2 fois pour deux autres mandat de 5 ans chaque. Cela portera encore Kagame au pourvoir pour un autre 17 ans, ce qui est inacceptable vu la situation critique du pays sur le plan politique, économique et social.

Au Congo et au Burundi voisin, kagame ne cesse de s’ingérer dans leur politique interne, en sabotant les institutions, et soutenant des actes de terrorisme perpétrer sur leur territoire et en soutenant militairement et financièrement des groupes armés causant la mort des citoyens de ces pays. Et pourtant, la communauté internationale continue de soutenir son gouvernement et fermer les yeux sur ses actions, toute en lui déroulant des tapis rouges partout où il passe.

Quel avenir ?

« Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil » Abraham Lincoln

Dans l’état actuel des chose, le Rwanda arrive dans un moment très critique de son histoire qui impose rien d’autre que le changement, et ce pour une réelle réconciliation du peuple Rwandais, pour une démocratie réelle et une paix durable au Rwanda et dans la région. Sinon, nul ne peut ignorer une autre catastrophe humaine qui pourrait surgir de ce chaos créer par kagame pour se maintenir au pouvoir.

Je lance un appel solennel aux Rwandais Tutsi, Hutu, Twa épris de paix et voulant un Rwanda et un peuple réconcilié pour un avenir meilleur, d’unir nos forces et dire à Kagamé et ses amis au pouvoir que le Rwanda n’est pas leur propriété privée, que le Rwanda et son avenir appartiens aux Rwandais, seuls décideurs de leur destin’. Kagame étant au centre de tous les maux vécus par les peuples de notre région, il est aussi important de faire l’union avec toute les force vives du Rwanda, du Congo, du Burundi et de l’Ouganda pour réclamer le changement dans la région, car le départ de Kagame et le FPR signifie la fin de la souffrance et le désarroi, le retour de l’harmonie entre nos peuple seul source d’une paix durable dans notre région.

Unir nos forces nous aidera à bâtir un Rwanda que mérite notre peuple, Un Rwanda sans guerre, sans division ni injustice, un Rwanda régis par un système démocratique et le respect des lois.

Ensemble nous pouvons vaincre et conquérir ceux que nous croyons être plus fort, car se dissocier et se mettre dans son coin ne renforce que la peur, cette peur qui finira par détruire notre esprit et nos aspirations à un avenir meilleur et finira par la destruction entière de notre vie.

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