Rwanda : Le Général James Kabarebe Fustige les Sanctions Imposées à Kigali

Par Marc Matabaro

James Kabarebe

Ce mercredi, le Général James Kabarebe, ancien chef d’état-major des Forces de Défense du Rwanda (RDF) et ex-ministre de la Défense, aujourd’hui secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères, a pris la parole devant le Parlement pour dénoncer les sanctions internationales infligées au Rwanda. Il a affirmé que ces sanctions, prises en raison du soutien de Kigali au groupe rebelle M23 en République Démocratique du Congo (RDC), servent avant tout les intérêts économiques des puissances étrangères en RDC.

S’exprimant devant les deux chambres du Parlement lors d’une session de réflexion sur l’idéologie du génocide dans la région des Grands Lacs, Kabarebe a vivement critiqué la communauté internationale. Il a accusé les pays occidentaux d’ignorer les véritables dynamiques historiques et coloniales qui sous-tendent le conflit en RDC, tout en soutenant le groupe armé FDLR, que Kigali accuse d’avoir pris part au génocide de 1994.

Kabarebe a fermement rejeté toute implication du Rwanda dans le conflit opposant l’armée congolaise FARDC et le M23, tout en dénonçant la politique du président congolais Félix Tshisekedi, qu’il accuse d’avoir été manipulé par les FDLR. Il a également rappelé les raisons ayant conduit M23 à prendre le contrôle de Goma et Bukavu, soulignant que l’objectif de ce mouvement ne serait pas d’envahir la RDC, mais de défendre les populations congolaises d’origine tutsi.

Selon Kabarebe, les sanctions imposées au Rwanda par plusieurs puissances internationales sont motivées par la volonté de contrôler les richesses naturelles de la RDC, notamment ses minerais stratégiques. Il a soutenu que ces sanctions ne visent pas réellement à résoudre le conflit, mais plutôt à affaiblir Kigali et à préserver l’influence économique des grandes puissances en RDC.

Le général a également affirmé que les armes saisies par le M23 sur l’armée congolaise à Goma n’étaient pas destinées à combattre M23, mais plutôt à viser directement le Rwanda, ce qui aurait justifié, selon lui, les mesures défensives prises par son pays.

Dans son discours, il a accusé la communauté internationale de mener un vaste complot contre le Rwanda en soutenant le narratif congolais sur la guerre en cours.

À ce jour, plusieurs pays, notamment le Royaume-Uni, le Canada, la Belgique, l’Union européenne et l’Allemagne, ont imposé diverses sanctions économiques au Rwanda, l’accusant d’armer et de soutenir militairement le M23. De son côté, les États-Unis ont également sanctionné le général James Kabarebe lui-même. Kigali continue de rejeter catégoriquement ces accusations et maintient que son intervention en RDC vise à garantir la sécurité nationale face à la menace des FDLR.