ENTRE LE PRESIDENT PAUL KAGAME ET SES ANCIENS MAITRES D’OCCIDENT C’EST « JE T’AIME MOI NON PLUS

Me Bernard Ntaganda

Ce vendredi 17 janvier 2025, Bernard Ntaganda, président du Parti Social Imberakuri, a publié un communiqué incisif depuis Kigali, dénonçant la posture actuelle du président Paul Kagame sur la scène internationale et les contradictions qui marquent sa gouvernance. Dans ce document, Bernard Ntaganda analyse avec précision le discours prononcé par Kagame le 16 janvier devant le corps diplomatique, où il s’est livré à une attaque en règle contre certains pays occidentaux, accusés d’agir en “gendarmes du monde”.

Selon Bernard Ntaganda, ce discours, qui se voulait une démonstration de souveraineté, est surtout révélateur d’un isolement diplomatique croissant. Autrefois soutenu sans réserve par l’Occident, Paul Kagame voit aujourd’hui ces relations s’effriter. Les accusations de la communauté internationale, notamment celles des Nations Unies, pointent la responsabilité du Rwanda dans le soutien apporté au groupe armé M23 à l’est de la République Démocratique du Congo. Bernard Ntaganda illustre cette situation par une métaphore cinglante : le Rwanda continue de nier son implication, “comme une fille engrossée niant sa grossesse de neuf mois”.

Pour Bernard Ntaganda, ce revirement dans les relations entre Kagame et ses anciens alliés occidentaux n’est pas une surprise. Il souligne que ces alliances, basées sur des intérêts fluctuants, n’étaient jamais destinées à durer éternellement. Il rappelle qu’à une époque, l’Occident louait sans réserve le régime de Kigali, présenté comme un modèle de reconstruction post-génocide. Cependant, aujourd’hui, il est clair que Kagame n’est plus en mesure de répondre aux attentes de ces puissances, et cette rupture marque une étape charnière dans son parcours politique.

Dans son communiqué, Bernard Ntaganda insiste sur les conséquences de cette fracture. Il souligne que la gouvernance de Kagame, marquée par une répression féroce de l’opposition et une concentration excessive du pouvoir, a atteint ses limites. L’image du Rwanda comme modèle de développement ne suffit plus à masquer les failles profondes d’un régime autoritaire. La marginalisation de l’opposition politique, dont le Parti Social Imberakuri est un acteur majeur, témoigne de l’incapacité de Kagame à envisager un véritable dialogue national, pourtant crucial pour l’avenir du pays.

Bernard Ntaganda appelle à un changement radical d’approche. Il exhorte Paul Kagame à reconnaître l’impasse actuelle et à prendre des mesures concrètes pour engager un dialogue sincère avec l’opposition rwandaise. Selon lui, c’est la seule voie pour restaurer la stabilité politique et regagner une crédibilité sur la scène internationale. Il met également en garde contre les dangers d’un isolement prolongé, rappelant que l’histoire est remplie de dirigeants ayant refusé de s’adapter, avec des conséquences désastreuses pour leurs pays.

Le communiqué de Bernard Ntaganda, publié à Kigali, résonne comme un avertissement, mais aussi comme une offre de coopération pour sortir le Rwanda de la crise. Il invite Paul Kagame à abandonner une gouvernance basée sur la confrontation, tant interne qu’externe, et à privilégier une approche axée sur le consensus et l’inclusion. Pour Bernard Ntaganda, la politique ne peut être réduite à une lutte pour le pouvoir, mais doit être un outil pour répondre aux aspirations profondes du peuple rwandais.

Paul Kagame, autrefois salué comme un stratège hors pair, semble aujourd’hui pris au piège de ses propres contradictions. Bernard Ntaganda insiste sur l’urgence d’une prise de conscience de la part du président rwandais, qui doit reconnaître que la stabilité d’un pays ne peut être garantie par la seule répression, mais par l’ouverture et la participation de tous les acteurs politiques.