La reconnaissance du statut de victime se passe plus à l’intérieur de chacun plutôt que sur les champs de bataille politiques.

Dr Patrick Habamenshi

Par Um’Khonde Habamenshi

Bonjour les amis. Je suis intimement convaincu que le plus grand combat pour la reconnaissance de toutes les tragédies qui se sont produites dans l’histoire de notre pays et la reconnaissance du statut de victime à ceux qui y ont survécu, se passe plus à l’intérieur de chacun de nous plutôt que sur les champs de bataille politiques.

Pourquoi je dis ça?

C’est parce que je crois en notre humanité. Car je sais que ce qu’on voit de l’extérieur peut parfois masquer un désarroi intérieur profond.

Depuis des années, je lis et j’écoute les témoignages de victimes et à chaque fois je suis secoué, ébranlé par la cruauté de l’homme, dépassé par ce que les gens ont subi dans leurs jeunes vies, dévasté par tous ces souvenirs qui hantent ceux qui en ont trop vu.

Et je me demande: quelqu’un peut-il ne rien ressentir en les écoutant ? Ou ressentir de la haine envers quelqu’un qui ne cherche que compassion et égalité? Ou ces comportements cachent autre chose?

A moins qu’il n’y ait plus une once d’humanité en nous, je suis convaincu que tous ceux qui entendent les témoignages sont secoués, certains malgré eux, et au fond d’eux, une voix crie: tout ceci ne peut qu’être vrai!

Mais une autre voix crie: ne tombe pas dans ce piège! Ce sont des histoires, des fabrications. Ils veulent renier ce qui t’es arrivé!

La voix de l’humanité contre celle de l’épouvante et du populisme.

C’est ce combat là qui déterminera notre devenir en tant que peuple. Car c’est ce combat interne qui nous pousse à nous battre pour l’autre ou contre l’autre.

Je suis un éternel optimiste, je suis convaincu que l’acceptation de l’autre triomphera, que le ressentiment s’arrêtera quand on se rendra compte qu’il est orienté vers d’autres victimes comme nous.

Mais l’optimisme ne suffit pas. Nous devons tous y croire et le vouloir.

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