RWANDA : INTEGRATION DES HUTU, OU HUMILIATION DES HUTU ?!

Evode Uwizeyimana

Il y a une dizaine de jours, le Président français Emmanuel Macron a “bousculé” des portiers israéliens, déterminés à lui refuser l’entrée d’un lieu de culte à Jérusalem. Cet incident a rappelé un autre, il y a 20 ans et au même endroit, quand un de ses prédécesseurs Jacques Chirac avait fait pareil.

Dernièrement, cette fois-ci au Rwanda, le ministre Evode Uwizeyimana a aussi “bousculé” une vigile déterminée à lui infliger une fouille en règle, publique et humiliante, à l’entrée d’un bâtiment banal n’abritant que des bureaux, dans lequel il ne se passait rien de spécial ce jour-là, dans un pays qui, de surcroît, n’a jamais connu la moindre attaque terroriste connue!

À Jérusalem, les deux incidents s’étaient clôturés par des accolades “diplomatiques”, et les Chefs d’Etat français étaient à chaque fois applaudis par le monde pour avoir énergiquement fait respecter leur rang.

À Kigali, le président rwandais a d’abord forcé son ministre à présenter publiquement de plates excuses via le réseau social Twitter, l’a ensuite obligé à se déplacer jusqu’au siège de la société (privée) de gardiennage de la vigile en question, pour lécher littéralement les bottes de celle-ci devant caméras !

Enfin, fidèle à son principe selon lequel “un chien n’est pas mort tant que son cadavre n’a pas encore senti mauvais”, Paul Kagame a exigé la démission immédiate du malheureux, et ordonné dans la foulée au Ministère public d’ouvrir une instruction pénale contre lui, alors même que la vigile avait déjà “pardonné” !

LES SUICIDÉS !

La vigile “bousculée” ne pouvait ignorer qui est Evode Uwizeyimana, et pas seulement parce qu’au Rwanda d’aujourd’hui les ministres sont en permanence militairement escortés.

Cet homme fait partie des rares hutus ministres et hauts cadres “intégrés” dans le système FPR pour figurer l’ouverture du nouveau régime, de même qu’une hypothétique réconciliation nationale, ostensiblement feinte !

Ces cadres hutus sont tous ciblés, approchés et recrutés sur base de critères immuables, en rapport avec des faiblesses intrinsèques ou de conjoncture, intimes ou matérielles…

Ils sont ensuite utilisés, quand ils ne sont pas trop cons, comme des agents redoutables de propagande et de renseignements. Quand ils sont trop cons, ils officient comme des figurants, véritables produits exotiques amuseurs de galerie, et incarnation rêvée de “l’idiotie hutue”!

Avant de finir, tous sans exception, cons et moins cons, politiquement et humainement “suicidés”…

L’HUMILIATION, UN MODE DE GOUVERNEMENT.

L’ancien régime monarchique souverain, renversé en 1959 et restauré en 1994 sous la forme de ce qui s’apparente à une “monarchie républicaine”, avait érigé l’humiliation au rang de pilier majeur de la gouvernance étatique.

La pratique la plus connue dans ce domaine était la chicotte publique, laquelle touchait essentiellement les Hutu et les Twa, considérés alors (et encore aujourd’hui) comme des citoyens de seconde zone. L’humiliation concernait aussi quelques fois des tutsis, seulement quand ceux-ci étaient jugés coupables de crimes de lése-majesté.

Aujourd’hui aussi les rares tutsis publiquement humiliés sont d’illustres personnalités en rupture flagrante avec le régime, ou jetés en disgrâce par le “Palais”. Le cas le plus récent est celui de l’ancien super ministre de Paul Kagame, monsieur James Musoni, traîné publiquement dans la boue pour cause de présumé adultère…

L’humiliation des hutu par contre, surtout des élites et autres cadres, semble participer d’une stratégie globale de destruction des symboles d’un groupe éthnique dont le régime entend définitivement polluer l’imaginaire collectif…

LE MOT DE LA FIN.

Il y a peu, mon père (hutu) assassiné par le FPR en 1994, s’était retourné dans sa tombe quand Evode Uwizeyimana, alors ministre assis sur une seule fesse, avait espéré pouvoir poser confortablement l’autre fesse en traitant ses congénères Hutu d’idiots, provoquant alors un sourire amusé de la Première Dame rwandaise, présente dans l’assistance !

Aujourd’hui mon père s’est encore retourné quand le même Evode Uwizeyimana s’est fait humilier et jeté comme un torchon usé, par le simple fait qu’il est hutu.

Que voulez-vous, je n’ai que la bille de mon stylo pour verser un peu d’encre à chaque fois que mon père se retourne dans sa tombe ! Mes yeux, eux, n’ont plus de larmes à verser…et depuis longtemps !

Sylvestre Nsengiyumva.

1 COMMENT

  1. Comment: Mon Cher, moi c’est ma mère qui se retourne dans sa tombe quand elle voit ce que tu as écrit.
    Penses-tu vraiment que l’affaire Macron ressemble vraiment à celle d’Evode? Macron a-t-il déjà insulté quelqu’un de vive voix à une radio internationale?ou a-t-il déjà un jour refusé les services des agents de sécurité nationale ? Un peu de jugeote mon cher. Pourquoi n’as tu pas réagis quand ton frère de passage, Evode, a insulté un prêtre, lui aussi ton frère de passage, dans une conférence? Un peu de jugeote mon frère, de passage.

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