Rwanda : Le FPR Inkotanyi à la croisée des chemins comme l’UNAR, le MDR-Parmehutu et le MRND?

Par Ben Barugahare

Bernard Ntaganda

Un récent communiqué du PS Imberakuri, signé par son président fondateur Bernard Ntaganda, soulève des préoccupations quant à l’avenir du FPR-Inkotanyi, le parti au pouvoir au Rwanda. Il compare la situation actuelle du régime à celle des partis politiques rwandais qui se sont effondrés par le passé, notamment l’UNAR, le MDR-Parmehutu et le MRND.

Le communiqué établit des parallèles historiques, rappelant comment la monarchie sous le roi Kigeli V Ndahindurwa a refusé d’entreprendre des réformes politiques, ce qui a conduit à sa chute en 1959. De même, le MDR-Parmehutu, après avoir accédé au pouvoir, a éliminé les dissidences internes, ce qui a contribué à sa fragmentation et à son effondrement. Le même schéma s’est répété avec le MRND, qui, après avoir consolidé son pouvoir sous la présidence de Juvénal Habyarimana, a fini par tomber sous la pression de l’opposition interne et des facteurs extérieurs, notamment après l’invasion du Front Patriotique Rwandais (FPR-Inkotanyi) en 1990.

Selon le PS Imberakuri, le FPR-Inkotanyi se trouve aujourd’hui dans une situation fragile, semblable à celle de ses prédécesseurs, face à une croissante contestation nationale et internationale. Le communiqué met en avant le conflit à l’est de la RDC, qui a pris une nouvelle tournure en 2021 avec la résurgence du groupe rebelle M23. Le Rwanda est accusé par plusieurs acteurs internationaux de soutenir ce groupe armé, une allégation que Kigali continue de nier, malgré les rapports des Nations Unies et de plusieurs gouvernements occidentaux.

Le PS Imberakuri souligne que les démentis du Rwanda rappellent des moments similaires de son histoire, où le gouvernement avait d’abord nié son implication, avant de l’admettre partiellement par la suite. L’exemple du début des années 2000 est cité, lorsque l’ancien ministre des Affaires étrangères Charles Murigande avait publiquement nié la présence de soldats rwandais en RDC, avant que le gouvernement ne finisse par reconnaître leur déploiement.

Le PS Imberakuri attribue la dégradation de la situation diplomatique du Rwanda à son mode de gouvernance, qu’il décrit comme rigide et fermé à la critique constructive venant des opposants politiques. Le parti avertit que, comme l’UNAR, le MDR-Parmehutu et le MRND avant lui, le FPR-Inkotanyi risque de chuter s’il continue à ignorer les voix dissidentes et à s’appuyer sur la coercition comme unique réponse.

Le PS Imberakuri insiste sur le fait que la crise actuelle du Rwanda exige un véritable dialogue politique, en particulier entre le gouvernement et les partis d’opposition. Le communiqué fait référence à une proposition conjointe, intitulée « Urwandiko rw’Inzira Rugamije Kugeza ku Rwanda kuri Ejo Hazaza Heza » (Feuille de route pour un avenir meilleur pour le Rwanda), publiée par le PS Imberakuri et DALFA-Umurinzi, dirigé par Victoire Ingabire, le 1er juillet 2021. Ce document, soumis au président Paul Kagame, détaillait des réformes clés visant à éviter l’instabilité qui a conduit à la chute des régimes précédents.

Dans son communiqué, Bernard Ntaganda exhorte Kagame à écouter les voix de l’opposition, plutôt que de se fier uniquement à des figures politiques opportunistes. Le PS Imberakuri avertit que rejeter une opposition légitime ne fera qu’accentuer l’isolement du Rwanda et aggraver ses difficultés actuelles.