Le 24 février 2025, Dr. Théogène Rudasingwa, co-fondateur de la Commission Vérité Rwanda et du Rwanda Freedom Movement-ISHAKWE, a publié une analyse incisive de la situation politique et militaire actuelle du Rwanda sous le régime du président Paul Kagame, en particulier en ce qui concerne les répercussions de la guerre menée par le Rwanda en République Démocratique du Congo (RDC). Dans son texte, il dénonce la politique de guerre d’agression de Kagame et la menace que représente la milice M23, un groupe paramilitaire soutenu par Kigali, qui sert en réalité d’instrument d’expansion territoriale et d’exploitation économique pour le régime rwandais.
Dr. Rudasingwa commence par rappeler les récentes sanctions imposées par le gouvernement américain, via le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), à James Kabarebe, l’un des proches collaborateurs de Kagame. Kabarebe, un général de l’armée rwandaise, est décrit comme étant responsable de nombreuses atrocités, notamment des meurtres politiques, des actes de génocide et des crimes de guerre en RDC. Son implication dans la guerre de déstabilisation de la RDC et ses liens avec Kagame soulignent, selon Rudasingwa, la nature brutale du régime rwandais.
Le texte évoque ensuite la condamnation unanime du Rwanda par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a exhorté Kigali à retirer ses troupes de la RDC et à cesser son soutien aux miliciens du M23. Le M23, qui se présente comme une milice luttant pour les droits des Tutsis congolais, est en réalité un instrument de Kigali, menant une guerre qui profite avant tout aux intérêts économiques et territoriaux de la classe dirigeante rwandaise. Ce groupe milicien, selon Rudasingwa, n’a pas pour objectif de défendre les populations locales, mais d’étendre l’influence du Rwanda sur l’Est de la RDC, une région riche en ressources naturelles.
L’auteur souligne l’ambiguïté du discours de Kagame, qui prétend mener ces guerres sous le prétexte de défendre les Tutsis de la région, alors que la réalité est bien différente. La capture des villes stratégiques comme Goma et Bukavu, en 2012 et récemment en 2025, a permis à Kagame de contrôler des zones cruciales pour l’exploitation des ressources minérales du pays voisin, telles que les minerais de coltan et de cobalt. Rudasingwa dénonce ainsi l’opportunisme économique et les ambitions territoriales du régime rwandais, qui, à travers cette guerre, cherche à établir un « Grand Rwanda » en annexant des parties de la RDC.
Il critique également l’attitude du président Kagame, qui, malgré les sanctions et la pression internationale, continue de mener une politique de guerre en toute impunité. La réaction de Kagame, qui a suspendu la coopération avec la Belgique en raison de son soutien aux sanctions européennes, témoigne de son arrogance face aux critiques internationales. Cette réponse montre que le régime rwandais considère la pression internationale comme un simple obstacle à surmonter, plutôt qu’une remise en question de sa politique belliqueuse.
Les tentatives de dialogue, notamment au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Communauté est-africaine (EAC) et de l’Union africaine (UA), n’ont pas donné de résultats tangibles, ce qui a renforcé la position de Kigali et alimenté la perception d’impunité. Selon Rudasingwa, cela a permis à Kagame de poursuivre ses guerres de manière stratégique, sans crainte de conséquences immédiates.
Le Dr. Rudasingwa attire aussi l’attention sur les conséquences internes de ces politiques. En effet, bien que le Rwanda semble connaître une certaine stabilité économique, cette prospérité apparente repose sur une accumulation de dettes extérieures et sur l’exploitation des ressources naturelles de la RDC. Le pays est devenu un acteur majeur dans le pillage des minéraux congolais, un fait qui alimente la guerre depuis plusieurs décennies. Cette dynamique profite à un petit cercle de dirigeants, principalement des militaires Tutsis, tandis que la majorité de la population rwandaise supporte les conséquences d’une économie de guerre.
Dans ce contexte, les investissements étrangers, souvent vus comme un signe de succès économique, ne suffisent pas à masquer les failles profondes du régime de Kagame. En effet, la stabilité politique imposée par une répression systématique et l’absence de véritables libertés démocratiques minent les fondations mêmes du Rwanda. Le pays est de plus en plus endetté, et la politique extérieure agressive, combinée à une gestion autoritaire interne, pourrait à terme conduire à un effondrement économique et politique.
Rudasingwa fait également référence à un proverbe rwandais qui semble illustrer la situation actuelle : « Ukubise imbwa aba ashaka shebuja. » Cette expression, qui pourrait se traduire par « Lorsque vous battez un chien, vous touchez son maître », renvoie à l’idée que les conséquences des actes de violence menés par Kabarebe et Kagame finiront par leur revenir. Pour le Dr. Rudasingwa, cette « journée du jugement » est proche, et l’histoire enseignera que la guerre injuste, fondée sur l’exploitation et l’agression, mène inévitablement à la chute.
En somme, l’article de Dr. Théogène Rudasingwa dresse un portrait sans concession du régime de Kagame et de sa guerre en RDC, tout en rappelant que les succès militaires à court terme ne suffiront pas à empêcher un déclin stratégique à long terme. Le coût humain, économique et social des politiques actuelles sera inévitablement payé par les générations futures, que ce soit en RDC ou au Rwanda.






















































