RWANDA: UNE ÉLECTION TRUQUÉE POUR PÉRENNISER L’UNE DES PIRES DICTATURES

Le 15 juillet 2024, les rwandais étaient appelés aux urnes pour élire le président et les députés.Tout était de la mascarade . D’une part, Paul Kagame était candidat unique car les vrais opposants potentiels au régime avaient été savamment écartés de peur d’importuner un candidat peureux, lâche et uncertain de la vraie volonté du peuple si l’on organisait des élections transparentes. D’autre part, le peuple ne connaissait aucun candidat député car on élisait les insignes des partis politiques; un seul candidat indépendant avait exhibé sa photo et la majorité des électeurs l’on préféré aux emblèmes de poing fermé, d’aigle, trois étoiles, qui pratiquement ne signifient rien pour les rwandais. La présente analyse décrypte la légitimité s’il en est une d’un système qui ment à la population et leurre la communauté internationale depuis trois décennies.

1.Faits

Des élections générales ont eu lieu au Rwanda le 15 juillet 2024 pour élire le président et les membres de la Chambre des députés. Lors d’une élection qui a été critiquée comme étant injuste en raison de l’exclusion des candidats sérieux de l’opposition, le président sortant Paul Kagame, en poste depuis 2000, a été élu pour un quatrième mandat. Un référendum organisé en 2015 a approuvé des amendements constitutionnels qui permettraient au président sortant Paul Kagame de briguer un troisième mandat en 2017, ainsi que la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans, bien que ce dernier changement n’entre en vigueur qu’en 2024.En 2022, Kagame a déclaré à France 24 qu’il avait l’intention de se présenter à nouveau aux élections présidentielles de 2024, bien qu’il ait déjà accompli trois mandats. Le régime de Kagame dans le pays a été décrit comme autoritaire. Selon Freedom House, Kagame est un autocrate responsable de « la surveillance, de l’intimidation, de la torture et des restitutions ou assassinats présumés de dissidents en exil ». Human Rights Watch affirme que le gouvernement de Kagame a arrêté et menacé des opposants politiques. Freedom House a considéré que les élections au Rwanda n’étaient ni libres ni équitables, citant des informations faisant état de bourrage d’urnes, d’intimidation politique, de blocage des adversaires de l’opposition et d’autres pratiques antidémocratiques.

2.Analyse

1) Des tricheries à l’oeil nu

Dans les zones urbaines où il y a beaucoup d’intellectuels, on vous donnait des bulletins et vous ordonnait de cocher à la première case où était postée la photo de Kagame Paul; aux milieux ruraux, soit on a déjà voté pour vous et on colorie sur vos doigts l’encre indélébile soit on vous passe des bulletins déjà remplis vous indiquant l’urne dans laquelle les insérer. Mieux encore, pour se faciliter la tâche, la NEC s’était arrangée pour placer la photo de Kagame en première position pour les élections présidentielles et l’emblème du FPR pour les législatives. Mais les inquiétudes perduraient de leur part malgré que cette même commission appartient au régime du FPR

2)Un espace politique fermé

L’homme fort rwandais Paul Kagame est sur le point de prolonger son emprise au pouvoir depuis 24 ans, les résultats provisoires des élections de lundi montrant qu’il a obtenu un quatrième mandat avec 99 pour cent des voix.

Le résultat était largement attendu dans ce pays d’Afrique centrale après que le président se soit présenté pratiquement sans opposition lors d’élections largement critiquées comme étant injustes.

M. Kagame s’est présenté contre Frank Habineza du Parti vert démocratique du Rwanda et un indépendant nommé Philippe Mpayimana, les seuls autres candidats qui ont été autorisés à concourir par la commission électorale.

Au moins trois challengers ont été exclus, parmi lesquels d’éminentes leaders de l’opposition Diane Rwigara, Victoire Ingabire et Bernard Ntaganda.

Bien qu’il soit le leader de facto du pays depuis la fin de la guerre civile, M. Kagame a accédé à la présidence en 2000 et a remporté trois mandats largement contestés, sur fond d’allégations selon lesquelles les élections ne se seraient pas déroulées de manière libre et équitable. Il a été accusé par des groupes internationaux de défense des droits de l’homme de violations des droits de l’homme, de museler les médias, d’éliminer des opposants et de soutenir des groupes rebelles au Congo voisin. Dans une déclaration récente, Amnesty International a fait part de ses inquiétudes concernant « les menaces, les détentions arbitraires, les poursuites sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, les meurtres et les disparitions forcées » visant l’opposition politique du pays.

3) Une campagne ou soutien populaire au forceps 

La population affamée était obligée par les dirigeants locaux de passer la nuit aux sites de campagne pour prouver qu’elle est nombreuse à soutenir le président sortant si non des sanctions les attendaient; les intellectuels réticents qui ont rejeté cette mascarade étaient sauvagement réprimés en termes de détentions extra-judiciaires dans des prisons secrètes des services de renseignement où la torture et les assassinats sont permis. Ni M. Habineza ni M. Mpayimana n’ont bénéficié d’ aucun soutien financier de l’Etat. Ils ont mené des campagnes médiocres et ont remporté ensemble moins d’un pour cent des voix, selon les résultats publiés après le dépouillement de tous les bulletins de vote.

4) Des magouilles qui se démasquent au quotidien 

La surveillance internationale de M. Kagame s’est intensifiée après que le Rwanda ait conclu un accord en 2022 pour accueillir des milliers de demandeurs d’asile en provenance de Grande-Bretagne. L’accord s’est heurté à des difficultés juridiques et politiques après que la Cour suprême du Royaume-Uni a considéré le Rwanda comme un pays dangereux pour les demandeurs d’asile. Le Premier ministre travailliste nouvellement élu, Keir Starmer, a confirmé qu’il annulait l’accord.

Alors que M. Kagame se prépare à son mandat, il est confronté à une escalade des tensions avec le Congo voisin, qui a accusé Kigali de parrainer le groupe rebelle M23 qui mène une guerre dans la région orientale du pays, riche en minerais. En outre, malgré que le Rwanda a toujours nié sa participation dans l’invasion de la RDC -même si au niveau interne, le Président Kagame confirme que ses forces sont au front, la présence de milliers de soldats de l’armée rwandaise est indéniable vu qu’elle est rapportée par les experts de l’ONU. En effet, un jour avant les élections de lundi, un rapport de l’ONU indiquait que le Rwanda avait envoyé environ 4 000 soldats au Congo.

5) Un criminel désigné député

Un certain Nkuranga Egide figure sur la liste définitive des 37 députés du FPR. Or, ce dernier est l’un des quatre criminels à savoir Me Ngarambe Raphael ; Sakindi Eugène et Kamuronsi Yves qui ont assassiné le Docteur Twagiramungu Fabien dans un accident de la route simulé en date du 01/04/2022. En effet, les trois cerveaux de ce crime ont comploté les faits et ont chargé le bourreau nommé Kamuronsi Yves de le percuter avec sa voiture. Ce qu’il a fait le tuant sur le coup, lorsqu’il a sciemment quitté la route pour l’attaquer sur le trottoir où il passait lors d’une course matinale. Comme son épouse est Procureure en Chef auprès du Tribunal de Grande Instance de Gasabo qui a jugé l’affaire, elle a étouffé l’affaire et les criminels qui l’ont avoué officieusement restent dans une parfaite impunité.

Conclusion

Le sort en est jeté ; le retour des présidences à vie bat son plein avec ces mandats interminables et la tyrannie où le pays est une prison à ciel ouvert. Le courant des manifestations anti-régime qui a commencé au Kenya arrive maintenant en Ouganda ; continuera-t-il chez nous aussi ? que nous réserve l’Occident face à un tyran qui le berne au quotidien ? Qui survivra verra !