Les représentants du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC) se sont à nouveau accusés mutuellement lundi lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’insécurité persistante dans l’est de la RDC. Cette session a été marquée par la présentation du rapport de Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU et chef de la MONUSCO, sur les défis auxquels fait face cette région instable.
Les discussions ont mis en évidence des désaccords persistants entre les deux pays malgré la signature récente d’un document décrivant les actions nécessaires pour résoudre la crise. Une rencontre entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame pourrait se tenir ce dimanche à Luanda pour poursuivre les efforts de médiation.
Lors de cette réunion, Linda Thomas-Greenfield, représentante des États-Unis, a exhorté toutes les parties à respecter le cessez-le-feu et à cesser tout soutien aux groupes armés. Elle a exprimé l’inquiétude de son pays face à l’implication présumée des forces rwandaises avec le M23 et du soutien présumé de la RDC au groupe rebelle FDLR, tout en saluant les progrès récents des négociations.
Thérèse Kayikwamba, ministre des Affaires étrangères de la RDC, a accusé le M23 d’installer des structures civiles et culturelles dans les territoires sous son contrôle, affirmant qu’il s’agissait d’une tentative de reconfigurer ces zones. Elle a également dénoncé les actions militaires du Rwanda en RDC, qu’elle qualifie d’agressions et de pillages, tout en réitérant l’engagement de son gouvernement à démanteler le FDLR.
De son côté, Ernest Rwamucyo, représentant du Rwanda à l’ONU, a rejeté ces accusations, affirmant que le conflit dans l’est de la RDC résulte de dynamiques internes complexes, notamment la marginalisation des communautés congolaises d’origine tutsie. Il a critiqué le rapport de Bintou Keita, l’accusant de parti pris en faveur du gouvernement congolais et de minimiser les attaques contre les populations rwandophones. Il a souligné que la préoccupation principale du Rwanda reste l’alliance présumée entre les forces congolaises FARDC et les groupes armés tels que le FDLR, qu’il accuse d’atrocités commises contre les civils et de menaces transfrontalières.
Les débats au Conseil de sécurité ont une fois de plus illustré les tensions profondes entre Kigali et Kinshasa, laissant entrevoir un chemin difficile vers une résolution durable de la crise.

























































