Le vendredi 14 février 2025, des sources diverses affirment que la ville de Bukavu est sous le contrôle des rebelles du M23, soutenus et commandés par l’armée rwandaise, après la fuite des forces armées congolaises et des autorités provinciales du Sud-Kivu. Un journaliste de Radio Maendeleo à Bukavu a confirmé à la BBC que les combattants du M23 étaient entrés massivement dans plusieurs quartiers de Bukavu dès la soirée de vendredi. Les rebelles ont avancé depuis Kavumu, au nord de la ville, puis ont pris les quartiers de Kabare et Bagira avant d’atteindre Kadutu.
Selon Radio Okapi, la ville de Bukavu est tombée sans grande résistance, les forces armées congolaises ayant abandonné leurs positions. Corneille Nangaa, leader de l’AFC/M23, a déclaré à Reuters : « Nous sommes entrés dans Bukavu ce soir, et demain nous poursuivrons l’opération de nettoyage de la ville. »
La population de Bukavu, prise de panique, signale une recrudescence des pillages dans plusieurs quartiers. Des vidéos diffusées montrent des groupes de personnes s’introduisant dans les commerces et résidences abandonnées. Des habitants rapportent que des tirs sporadiques étaient encore audibles dans certains quartiers dans la nuit de vendredi à samedi.
Pendant ce temps, le président congolais, Félix Tshisekedi, participait à la Conférence sur la Sécurité à Munich. Il y a déclaré que l’attaque du M23 est une « agression rwandaise déguisée », réaffirmant son refus de négocier avec le groupe armé. Il a accusé son prédécesseur, Joseph Kabila, d’être le « véritable commanditaire » de l’opposition armée qui déstabilise le pays.
Lors de son passage à Munich, Tshisekedi a également rencontré Karim Khan, le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI). Cette rencontre avait pour but d’accélérer les enquêtes sur les crimes commis à Goma et Bukavu lors de l’occupation de ces villes par le M23. Le procureur adjoint de la CPI, Mame Mandiaye Niang, a confirmé que des appels à témoins ont été lancés pour faciliter la collecte de preuves et établir les responsabilités des parties impliquées.
Parallèlement, le Rwanda rejette ces accusations. Lors de la Conférence à Munich, le ministre rwandais de la Défense, Juvenal Marizamunda, a nié toute implication militaire, affirmant que Kigali se contente de « protéger ses frontières contre la menace des FDLR ». Cependant, des rapports des Nations Unies et des puissances occidentales confirment la présence de milliers de soldats rwandais en RDC aux côtés du M23.
La situation en RDC est aussi au centre des discussions au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Judith Tuluka Suminwa, Première ministre congolaise, a déclaré devant le Conseil de paix et de sécurité de l’UA : « L’occupation illégale des territoires congolais par l’armée rwandaise constitue un acte de guerre. Ce Conseil doit agir avec fermeté. »
Le président rwandais Paul Kagame, également présent à Addis-Abeba, a rencontré le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il a appelé à une solution politique à la crise congolaise et réitéré que le Rwanda a des « préoccupations légitimes de sécurité » qui doivent être prises en compte.
Le président angolais João Lourenço, qui a dirigé les tentatives de médiation entre Kinshasa et Kigali, a déclaré que « le soutien étranger substantiel au M23 a mené à une escalade qui menace la stabilité régionale ». Il a exhorté les parties à reprendre les négociations tout en appelant à des sanctions contre les responsables de l’agression.
Sur le terrain, la tension reste à son comble. Le gouvernement congolais a annoncé l’arrestation de huit individus suspectés de collaborer avec les rebelles du M23 à Kisangani. Le ministre provincial de l’Intérieur a appelé à une mobilisation générale pour renforcer l’armée et contrer l’expansion rebelle.
Dans ce contexte, plusieurs pays conseillent à leurs ressortissants d’éviter tout voyage en RDC. Le Canada et les États-Unis ont émis des alertes de sécurité, prévenant que la situation pourrait dégénérer davantage dans les prochains jours.
Alors que la communauté internationale intensifie ses appels au cessez-le-feu, la situation reste volatile. L’avenir de l’est du Congo semble plus incertain que jamais, avec un gouvernement congolais prêt à résister, une armée affaiblie, et une insurrection du M23 toujours plus soutenue par Kigali.


























































