Les guerres de Kagame ont conduit à de lourdes sanctions contre le Rwanda

Par Marc Matabaro

L’Institut Seth Sendashonga pour la Citoyenneté Démocratique (ISCID asbl) représenté par son Président, Jean-Claude Kabagema, salue les sanctions sévères imposées contre le Rwanda par la communauté internationale en raison de son implication dans la guerre à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Après près de trente ans de conflits meurtriers, l’institut estime que cette décision marque une avancée majeure dans la reconnaissance du rôle de Kigali dans la déstabilisation de la région des Grands Lacs.

D’après l’ISCID, ces sanctions, qui portent notamment sur la suspension de l’aide internationale, sont une réaction nécessaire aux politiques prédatrices du régime de Paul Kagame. Depuis juillet 1994, le gouvernement rwandais s’est maintenu grâce à des financements étrangers tout en poursuivant une politique expansionniste en RDC. L’ISCID souligne que cette rupture avec l’impunité est essentielle pour mettre fin à l’arrogance d’un régime qui s’est enrichi au détriment de la stabilité régionale.

Le 21 février 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité la Résolution 2773, exigeant le retrait immédiat et sans condition des troupes rwandaises de la RDC et l’arrêt de tout soutien au groupe rebelle M23. Pour l’ISCID, l’adoption de cette résolution par 15 votes sur 15 est une preuve claire que la communauté internationale rejette définitivement les justifications de Kigali. Le gouvernement rwandais a longtemps prétendu intervenir pour se protéger des FDLR et défendre les Tutsis congolais contre une prétendue discrimination. L’ISCID dénonce ces arguments comme de simples prétextes visant à masquer le véritable objectif du Rwanda : l’exploitation illégale des ressources minières du Congo.

L’Institut rappelle que le Rwanda s’est positionné parmi les plus grands exportateurs mondiaux de minerais stratégiques, alors qu’il ne dispose pas de ces ressources sur son propre territoire. Ce paradoxe illustre le pillage organisé des richesses congolaises, orchestré par Kigali à travers des groupes rebelles servant de relais militaires et économiques.

L’ISCID condamne également les atrocités commises par l’armée rwandaise à l’est de la RDC, notamment les violations de la souveraineté congolaise, les massacres de civils, les violences sexuelles et d’autres crimes de guerre. L’Institut insiste sur l’urgence d’engager des poursuites judiciaires contre les responsables, affirmant que l’impunité alimente ces guerres récurrentes. L’organisation souligne que le Front patriotique rwandais (RPF-Inkotanyi), qui contrôle le pouvoir depuis trente ans, a pu se maintenir grâce à la complaisance de nombreux acteurs internationaux, qui ont longtemps évité de confronter Kigali à ses responsabilités.

Concernant la question des FDLR, souvent mise en avant par Kigali pour justifier ses interventions en RDC, l’ISCID estime qu’elle est une conséquence directe du régime autoritaire rwandais. De nombreux Rwandais, tant Hutus que Tutsis, ont fui leur pays en raison de la répression politique et sont aujourd’hui réfugiés dans plusieurs régions du monde. L’ISCID insiste sur la nécessité d’une véritable réconciliation nationale au Rwanda, impliquant une ouverture politique et le respect des droits fondamentaux des citoyens.

Le Président de l’ISCID, Jean-Claude Kabagema, affirme que tant que le Rwanda ne réglera pas ses crises politiques internes, la région des Grands Lacs restera instable. Pour l’Institut, les sanctions imposées par la communauté internationale constituent une avancée significative, mais elles ne suffiront pas à elles seules. Il est impératif que les efforts se poursuivent pour instaurer une gouvernance démocratique à Kigali, seule voie possible vers une paix durable dans la région.

L’ISCID exhorte la communauté internationale à maintenir la pression sur le régime de Kagame et à exiger des comptes pour les crimes commis. La fin de l’impunité et l’émergence d’un nouveau gouvernement capable de restaurer la confiance et de réconcilier les Rwandais sont des conditions essentielles pour garantir la stabilité régionale.