RDC : les civils au cœur des alertes d’All For Rwanda

All For Rwanda appelle à mieux intégrer la protection des civils et des réfugiés dans le processus de paix

La publication du rapport de mi-mandat 2025–2026 du Groupe d’experts des Nations Unies sur la République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de la société civile régionale et de la diaspora. Dans un communiqué daté du 7 janvier 2026, All For Rwanda, un mouvement international œuvrant pour la protection des réfugiés rwandais et la recherche de solutions durables pour un retour digne, estime que ce document confirme plusieurs alertes qu’il porte depuis des années concernant la situation humanitaire dans l’est de la RDC.

Selon l’organisation, le rapport des experts met en lumière une réalité souvent reléguée au second plan dans les approches sécuritaires dominantes : des civils, en particulier des réfugiés rwandais hutu et des communautés congolaises hutu, sont exposés de manière répétée à des violences, à des déplacements forcés et à la destruction de leurs moyens de subsistance, sans lien direct avec les groupes armés actifs dans la région. All For Rwanda souligne notamment l’absence de distinction claire, sur le terrain, entre enjeux militaires et populations civiles, une confusion qui contribue à une vulnérabilité extrême de communautés installées de longue date en RDC  .

Le communiqué insiste sur un point sensible du rapport onusien : le ciblage de populations civiles associées, de manière réelle ou supposée, à des problématiques sécuritaires pourrait, dans certaines circonstances, relever de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité au regard du droit international humanitaire. Pour All For Rwanda, ces constats appellent une réponse plus rigoureuse fondée sur le droit, la responsabilité des acteurs impliqués et la priorité accordée à la protection des civils.

Dans le même temps, le mouvement reconnaît les avancées diplomatiques récentes, en particulier la signature de l’Accord de Washington, présentée comme une étape importante pour contenir l’escalade militaire entre la RDC et le Rwanda. Le rôle des États-Unis est salué comme déterminant pour rouvrir un espace politique et relancer le dialogue. All For Rwanda estime toutefois que ce cadre demeure incomplet s’il ne prend pas davantage en compte la situation spécifique des réfugiés rwandais civils et des communautés congolaises affectées par le conflit.

L’organisation plaide ainsi pour une réévaluation pragmatique des mécanismes existants, en soulignant les limites d’une approche exclusivement axée sur la neutralisation militaire des FDLR et des groupes armés associés. À ses yeux, aucune stabilisation durable ne peut être atteinte sans un traitement distinct et structuré de la question des réfugiés rwandais civils, fondé sur le droit international des réfugiés, le respect strict du principe de non-refoulement et des garanties crédibles de retour volontaire, sûr et digne.

Dans ses recommandations, All For Rwanda appelle notamment à une intégration plus explicite de la dimension humanitaire dans le suivi de l’Accord de Washington, à l’application effective du régime de sanctions des Nations Unies lorsque les faits établis le justifient, ainsi qu’à la mise en place d’un dialogue structuré avec des représentants des réfugiés eux-mêmes. Le mouvement se dit disponible pour contribuer, de manière constructive, aux efforts en cours.

Reste à savoir dans quelle mesure ces préoccupations seront pleinement prises en compte par les acteurs étatiques et internationaux engagés dans la mise en œuvre de l’accord. Le rapport du Groupe d’experts fournit désormais une base factuelle solide. La question centrale demeure celle de la traduction de ces constats en décisions politiques concrètes, capables d’articuler sécurité, justice et protection des populations civiles dans une région marquée par des décennies de conflit.