Rwanda : Deux officiers et vingt civils poursuivis devant la justice militaire pour détournement de fonds liés à APR FC

Par Marc Matabaro

Kigali, 5 août 2025 — Deux officiers des Forces de défense du Rwanda (RDF) et vingt civils sont désormais poursuivis par le Parquet militaire pour leur implication présumée dans des actes de malversation financière en lien avec le financement de l’équipe de football APR FC.

Dans un communiqué officiel daté du 5 août 2025, les RDF ont indiqué que ces individus sont suspectés de complicité dans la fabrication et l’usage de documents administratifs non autorisés, ainsi que dans l’utilisation abusive des fonds publics à des fins personnelles ou illégales. Les faits reprochés concernent notamment l’achat de billets d’avion payés depuis les comptes du ministère de la Défense, en violation des règles en vigueur.

Les fonds détournés auraient servi à financer un déplacement de l’équipe APR FC (Armée Patriotique Rwandaise Football Club) au Caire, en Égypte, en septembre 2024, à l’occasion d’un match retour contre Pyramids FC, dans le cadre du second tour préliminaire de la CAF Champions League 2024-2025.

Il convient de rappeler que APR FC appartient aux RDF, dont elle est l’émanation directe depuis la période rebelle où les forces actuelles étaient connues sous le nom d’Armée Patriotique Rwandaise. Aujourd’hui encore, le club est pleinement financé par le ministère rwandais de la Défense, et sa gestion relève de la hiérarchie militaire.

Parmi les personnes arrêtées figurent deux journalistes sportifs qui accompagnaient l’équipe lors de son déplacement en Égypte : Rugaju Reagan, journaliste au sein de la Rwanda Broadcasting Agency (RBA), et Ishimwe Ricard, de la radio SK FM. Le porte-parole des supporters d’APR FC, connu sous le surnom de Jangwani, fait également partie des personnes interpellées.

Le communiqué précise que, conformément à la loi rwandaise, lorsque des civils sont impliqués dans un délit en collaboration avec des militaires, ils relèvent de la compétence des juridictions militaires. Tous les suspects sont actuellement placés en détention provisoire en attendant les suites de la procédure judiciaire.