Après les élections générales du 17 avril 1971, Banda est réélu président de la République par l’Assemblée nationale et s’autoproclame président à vie. En 1975, Habib Bourguiba de la Tunisie fait de même.Houphouet Boigny meurt au pouvoir après 33 ans de règne; Gnansingbe Eyadema aussi après 38 ans. Robert Mugabe,38 ans de règne sans partage; Mobutu, 32 ans; Kadafi 42 ans; Omar Bongo, 41 ans, Hosni Mubarak, 29 ans, la liste n’est pas exhaustive.
Depuis la Baule, le pluralisme est rétabli et la démocratie progresse partout en Afrique tant bien que mal. Pourtant, de vieilles habitudes persistent dans plusieurs pays : dans l’indifférence internationale, des chefs d’Etat manipulent sans vergogne la Constitution pour prolonger leur règne. Ces dictateurs sortis des urnes ou des putschs se trouvent surtout en Afrique subsaharienne, en raison d’une infernale accumulation de handicaps.
Enième mandat ou énième putsch? Le sujet relève du brigandage politique, comme le montre les référendums constitutionnels qui s’organisent pour permettre à ces rois de régner à vie sans limite d’âge ni du nombre de mandats sous prétexte qu’ils honorent la volonté du peuple; toutes contestations étant durement réprimées.
1. Les exemples sont légion
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Président de la Guinée équatoriale depuis 45 ans. Arrivé au pouvoir en 1979, il détient désormais le record mondial de longévité au pouvoir pour un chef d’État encore vivant, sans prendre en compte les monarchies.
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse son prédécesseur en 1979, Masie Nguema Biyogo Ñegue Ndong par un coup d’État. Il devient d’abord président du Conseil militaire suprême (1979-1982) puis Président de la République (depuis 1982). Il a été réélu en 2022 avec près de 95% des voix.
Paul Biya
91 ans, en poste depuis novembre 1982 au Cameroun, affiche 42 années d’expérience. Il fait grimper l’inquiétude sur ce que sera son héritage et les turbulences prévisibles qu’occasionnera sa succession. Paul Biya gouverne le Cameroun depuis 1982. Il détient la deuxième plus longue présence au pouvoir au monde. Depuis 2008, un amendement constitutionnel initié par Biya permet au Président de renouveler son mandat un nombre illimité de fois. Il a été réélu en 2018 avec près de 71% des voix.
Denis Sassou-Nguesso
80 ans, souvent oublié dans les palmarès des chefs d’Etat ayant le plus longtemps exercé le pouvoir, arrive en troisième position en Afrique et dans le monde, avec 39 ans de magistrature suprême au compteur. Soit plus que les 35 ans de pouvoir du Guide de la Révolution Ali Khamenei, qui occupe depuis 1989 le plus haut poste de l’Etat iranien.
Denis Sassou-Nguesso a certes connu un intermède de cinq ans en exil à Paris entre 1992 et 1997, pour cause de démocratisation après le fameux discours de La Baule de François Mitterrand en 1990. Evincé en 1992 par le candidat élu Pascal Lissouba, il est revenu en force voilà vingt six ans, en 1997. Prêt à en découdre avec son rival par milices interposées, il occupe depuis le palais présidentiel sans partage. Il a fait modifier la Constitution pour se faire réélire dans des conditions contestées en 2016.
2. Pas le monopole de la longévité
Yoweri Museveni
En Ouganda, 38 ans à la tête du pays, Yoweri Museveni verrouille lui aussi son emprise, qu’il exerce depuis qu’il a fait chuter le régime de Milton Obote en 1986. Ce faisant, il donne l’exemple à d’autres dans sa région, au Rwanda ou au Burundi, dont les chefs d’Etat semblent vouloir eux aussi l’être à durée indéterminée.
Paul Kagame(1994-2034)
Il accède au pouvoir en 2000, d’abord en tant que Président par intérim suite à la démission forcée de son prédécesseur. Paul Kagame a fait modifier la Constitution et a été réélu en août dernier avec plus de 98 % des voix. Il est président depuis l’an 2000 et peut le rester jusqu’en 2034.
Isaias Afwerki, Président de l’Érythrée depuis 33 ans
Issaias Afeworki, dictateur en Erythrée depuis 1991, Il est Président de cet État depuis son indépendance. Depuis, il n’y a pas eu d’élections dans le pays.
Ismaïl Omar Gelleh,Djibouti ,25 ans au pouvoir
Après le retrait d’Hassan Gouled, Ismaïl Omar Gelleh est investi par le RPP, puis élu président de la République le 9 avril 1999, avec officiellement plus de 74 % des suffrages. En avril 2010, le Parlement vote une réforme constitutionnelle permettant à Ismaïl Omar Guelleh de briguer un troisième mandat. Le 9 avril 2021, Ismaïl Omar Guelleh est réélu à la tête de l’État dès le premier tour avec 98,58 % des voix. le 15 mai 2021, Ismaïl Omar Guelleh (IOG), a organisé la cérémonie d’investiture qui inaugure officiellement le cinquième mandat pour lequel il a été élu
Faure Gnassingbé
Faure Essozimna Gnassingbé est né le 6 juin 1966 à Afagnan, au Togo, et depuis 2005, il est à la tête de l’État. Cette année-là,il succède à son père, Gnassingbé Eyadema, mort au pouvoir qu’il occupait depuis 1967. D’abord président par intérim du 7 au 25 février 2005, Faure Gnassingbé sera ensuite élu à quatre reprises, dans des conditions contestées.
3. Le hazard comme la coincidence n’existent pas
Dans une tendance monarchiste, Kabila Joseph succède à son père; Ali Bongo; Faure Gnansingbe; Mahamat Idris Deby; Karim Wade l’a tenté en vain mais ne se résigne pas; le général Muhozi chef de l’armée ougandaise y est déjà préparé de par sa présente position;le capitaine Ian Kagame devant qui se courbent les généraux est déjà dans cette perspective et enjambera des grades pour parvenir au sommet de l’armée afin de relayer à son père fatigué d’accumuler des mandats
4. Fraudes électorales
De nombreuses élections sont également entachées de fraudes importantes de nature à remettre en cause leur crédibilité. Des savoir-faire multiples, de plus en plus sophistiqués, sont développés par les opérateurs politiques et leurs « petites mains » pour « orienter » les résultats des scrutins : disposer peu de bureaux de vote dans les zones acquises à l’opposition, comme le Frelimo au pouvoir a si bien su le faire au Mozambique dans les provinces du Nord favorables à la Renamo, distribuer des cartes électorales et faire voter les morts, falsifier les comptes rendus des bureaux de vote, ou tout simplement réécrire quelques chiffres sur le système informatique, etc. Les missions internationales d’observation des élections, ainsi que les partis d’opposition et les organisations de la société civile, développent progressivement des parades qui permettent de limiter la fraude. Mais les résultats de certaines élections sont toujours sujets à caution: on peut ainsi penser aux dernières élections présidentielles au Togo, où la victoire de Faure Eyadéma n’a été reconnue que du bout des lèvres par une Union européenne (UE) finalement peu désireuse de remettre ouvertement en cause les résultats d’un scrutin qu’elle avait largement financé et organisé. Idem au Cameroun, où la récente réélection de Paul Biya en octobre 2011 a été émaillée de truquages divers commis par le pouvoir.
5. Scrutin ou simulacre
Les élections sont devenues une banalité en Afrique subsaharienne. Depuis la vague de libéralisation politique des années 1990, 43 des 48 pays d’Afrique subsaharienne ont connu des élections pluralistes. Les processus électoraux se sont largement « routinisés » .Cependant, cela masque des réalités politiques très contrastées. Depuis 1990, les élections ne sont pas plus synonymes de démocratie qu’auparavant. Hermet parle d’« élections sans choix » des régimes autoritaires entre les années 1960 et les années 1990. L’élection devient même une technique très valide de relégitimation d’autocraties se mettant en conformité avec les attentes de la communauté internationale en matière de démocratisation et habillant de légitimité électorale la nature autoritaire de leur régime.
6. Exclusion des opposants
Les opposants de taille qui représentent l’espoir de la population sont sournoisement écartés. En effet, les commissions électorales n’étant point independantes veillent à ce que le chef de l’Etat sortant qui se présente pour la énième fois ne subisse aucun revers. A cette fin,elles imposent des conditions d’éligibilité qu’elles contrôlent elles-mêmes en toute partialité et rejètent les candidatures des opposants potentiels sans possibilité de recours pour ces derniers. C’est le cas du Rwanda où les opposants farouches comme Ingabire Victoire et Ntaganda Bernard sont frappés d’inéligibilité car déjà emprisonnés pour des raisons aussi politiques sans possible rehabilitation vu le manqué d’indépendence des juges de ce pays; les candidats contestataires comme Diane Rwigara et le Prof.Jean Mbanda ont vu leur dossiers rejetés sans fondement palpable et Kagame risquant de se retrouver candidat unique s’est fait accompagner d’un député et d’un directeur général déjà acquis au régime.
7. Absence d’opposition
La présidence d’un parti politique est un ticket pour être ministrable. Pour se maintenir dans la fonction, il vaut mieux de faire profil bas. C’est dans ce cadre que, à l’exception du green party, tous les partis apparemment d’opposition au Rwanda ont cédé les voix de leurs partisans au FPR devenant ipso facto ses satellites sans autre forme de procès.
Conclusion:un cercle vicieux
Le temps des pères de l’indépendence qui mourraient au pouvoir et des presidents militaires issus de coup d’Etat qui se gouvernaient sans partage est certes révolu.Mais comme la triche est viscérale chez les dirigeants africains,pour garder leur pain,ils s’imaginent des stratagèmes de toutes sortes notamment modifiant les constitutions pour mandats illimités,bannissant toute opposition au moyen d’assassinats ciblés ou emprisonnements;etc et comme ca ils regneront jusqu’a la mort ou se feront remplacer par leur enfants qu’ils deja affecté au fonctions clés; l’exemple de Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice president de la Guinée Equatoriale et de Muhoozi, chef d’état major de l’armée ougandaise est plus eloquent. Qui nous sauvera de ces monarques déguisés en présidents dictatorialement élus?






















































