La RDC demande à la communauté internationale de prendre des mesures strictes contre le Rwanda pour son soutien au M23

La République Démocratique du Congo (RDC) a exhorté la communauté internationale à imposer des mesures sévères au Rwanda après qu’un rapport d’experts des Nations Unies a de nouveau accusé ce pays de soutenir les rebelles du M23. Selon ce rapport, le Rwanda aurait déployé jusqu’à 4 000 soldats dans l’est de la RDC pour combattre aux côtés de ces rebelles. Les experts de l’ONU estiment que le nombre de soldats rwandais en RDC est comparable, voire supérieur, à celui des combattants du M23, dont le nombre était estimé à environ 3 000 en avril de cette année.

Le gouvernement de la RDC appelle tous les pays épris de paix et de justice, ainsi que la communauté internationale dans son ensemble, à adopter des mesures politiques, économiques et judiciaires strictes contre le Rwanda et ses dirigeants. À ce jour, le gouvernement rwandais n’a pas encore réagi à ces nouvelles accusations lancées par la RDC. En réponse à ce rapport, le Rwanda n’a pas nié les allégations, mais a déclaré à la BBC que le gouvernement congolais manquait de volonté politique pour résoudre les problèmes dans l’est de la RDC, riches en minerais précieux, et en proie à des conflits depuis plusieurs décennies. Le porte-parole du gouvernement rwandais a affirmé que la RDC avait tous les moyens nécessaires pour résoudre la situation si elle le souhaitait, mais que jusqu’à ce que cela soit fait, le Rwanda continuerait à se défendre.

Le ministère congolais de l’Information a publié un communiqué indiquant que la RDC avait pris connaissance de ce nouveau rapport des experts de l’ONU, remis au président du Conseil de sécurité des Nations Unies le 31 mai de cette année. Le gouvernement congolais affirme que le rapport fournit des « preuves solides et incontestables » de l’agression rwandaise, et montre clairement que les forces armées rwandaises (RDF) dirigent le groupe rebelle M23. La RDC accuse également le Rwanda de tirer profit de l’exploitation des ressources naturelles, telles que les minerais et les forêts, rendue possible par l’insécurité, et affirme que ce rapport renforce l’idée que cette guerre d’agression est motivée par des intérêts économiques.

On estime que trois millions de personnes ont été déplacées à cause des combats, et de nombreuses autres ont perdu la vie. Le communiqué de la RDC ne mentionne pas explicitement l’Ouganda, également cité dans le rapport des experts de l’ONU pour avoir peut-être fourni des armes et des vivres aux rebelles du M23, ainsi que permis le passage de nouveaux combattants sur son territoire, bien que certains responsables du M23 aient voyagé en Ouganda malgré des sanctions les en empêchant.

Toutefois, Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères, a exprimé ses préoccupations concernant les allégations de complicité entre les forces armées ougandaises, le M23 et les forces rwandaises. Elle a déclaré que cette question serait portée à un niveau supérieur dans le gouvernement ougandais, qui coopère déjà avec la RDC dans la lutte contre un autre groupe rebelle affilié à l’État islamique, les Forces Démocratiques Alliées (ADF), qui opèrent dans les deux pays. L’Ouganda a nié les accusations contenues dans le rapport de l’ONU.

L’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23 ont répondu au rapport avant sa publication officielle, affirmant que les experts de l’ONU avaient déformé les faits, ce qui pourrait entraver l’établissement d’une paix durable. Ils ont également nié toute implication du Rwanda dans le conflit de l’est de la RDC. Le Rwanda est depuis longtemps préoccupé par la présence de rebelles hutus, connus sous le nom de FDLR, opérant dans l’est de la RDC. Les efforts conjoints des armées rwandaise et congolaise pour les neutraliser ont échoué.