PAUL KAGAME : CAMPAGNE OU DIFFAMATION ? 

La diffamation est une communication qui porte atteinte à la réputation d’un tiers et provoque un préjudice juridiquement réparable. La définition juridique précise de la diffamation varie d’un pays à l’autre. Cela ne se limite pas nécessairement à des affirmations falsifiables et peut s’étendre à des concepts plus abstraits que la réputation, comme la dignité et l’honneur. Dans le droit anglosaxon, le droit de la diffamation fait traditionnellement la distinction entre la diffamation (écrite, imprimée, mise en ligne, publiée dans les médias) et la calomnie (discours oral). Elle est traitée comme un délit civil, comme une infraction pénale, ou les deux. C’est ce qui prévaut dans les discours de campagne de Kagame Paul à travers le pays où il dénigre ses opposants et les dirigeants des anciens régimes.

I. Les faits

Lors des séances de campagne présidentielle qu’il diligente dans tous les pays, Kagame Paul qui s’est pratiquement imposé comme candidat unique car les opposants potentiels sont totalement exclus s’adonne à la diffamation de ses opposants et des présidents (y compris les rois ses ancêtres ?) qui l’ont précédé.

1)Insultes contre d’anciens dirigeants

Lors de sa campagne dans le district de Kirehe, province de l’Est, Kagame a insulté les chefs d’État qui l’ont précédé en les qualifiant d’« ibipumbafu » ou d’imbéciles pour signifier qu’ils n’ont rien fait en termes de progrès du pays. Comme si lors de la conquête du pouvoir à Kigali ils n’avaient rien trouvé en termes d’infrastructures alors que parmi tous les beaux édifices, il a choisi pour siège de la présidence « Urugwiro Village » érigé par Habyarimana Juvenal ! Outre le siège du ministère de la Défense, d’autres ministères ont leur siège dans des maisons à étages construites sous le régime de la IIe République. Les routes de la capitale et celles reliant les préfectures étaient presque toutes bitumées ; les nouveaux maîtres du pays ne firent que les renouveler. Mieux encore, le manoir appartenant à Habyarimana à Kanombe en tant que résidence personnelle a été aménagé en musée. Ne s’agit-il pas de signes de progrès ?

2)Insulte contre INGABIRE Victoire

Sur la VOA, le Président Rwandais a qualifié l’opposante politique nommée INGABIRE Victoire de petite femme qui est née de parents génocidaires et qu’elle ne peut pas gouverner le pays compte tenu de sa taille négligée. Il a par ailleurs fustigé la récente publication de Forbidden Stories intitulé Rwanda Classified, enquêtant sur le régime répressif de Kagame qui accuse son régime d’orchestrer des assassinats à l’intérieur et dans le monde, alléguant sans fondement que cette publication soutient les ennemis du pays.

II.Analyse

Une pluie de mensonges et de railleries pour blanchir son régime et justifier son maintien au pouvoir. De ces insultes proférées par le tyran rwandais, il y a lieu retenir les considérations suivantes.

1) Entre Kagame et Ingabire, qui descend de parents criminels ?

D’un côté, Dusabe Thérèse, la mère d’Ingabire Victoire, était sage-femme au centre de santé de Butamwa dans le district de Nyarugenge avant 1994. Elle était soupçonnée d’avoir tué des enfants tutsis pendant le génocide, mais ces faux soupçons ont été fabriqués lorsque sa fille est devenue présidente du parti d’opposition, FDU-Inkingi. C’était juste une sorte de fausses accusations que les institutions judiciaires rwandaises sans professionnalisme se livrent au quotidien. Nos amis travaillant alors à la CNLG nous ont informés que d’anciennes infirmières ayant travaillé avec cette mère étaient invitées à faire de faux témoignages à son encontre afin de ternir l’image de sa fille en émergence politique. Par ailleurs, légalement, elle reste présumée innocente tant qu’aucun jugement ne l’a encore inculpée et condamnée.

En revanche, Kagame est un descendant des Abakagara, un clan sanguinaire reconnu pour avoir fomenté le putsch de Runcunshu qui renversa le roi légitime Rutarindwa Mibambwe en 1896 pour le remplacer par le garçon de la reine-mère Kanjogera, sinistrement célèbre pour sa cruauté. En effet, Rwakagara était le beau-père du roi Rwabugiri qui avait épousé sa fille Kanjogera. Ainsi, comme à la fin de son règne le roi Rwabugiri avait nommé Rutarindwa dont la mère était déjà morte, il lui assigna sa belle-mère Kanjogera comme reine mère. Alors, les frères de cette dernière nommés Kabare et Ruhinankiko résolurent de le renverser et de le remplacer par leur neveu Musinga. De plus, le propre père de Kagame, Rutagambwa, figurait parmi les pages du roi de Kigeli qui massacrèrent de nombreux Hutu partisans de la révolution de 1959 ; il dut également fuir avec le roi par crainte de poursuites. Pire encore, Kagame est un grand criminel pour avoir ensanglanté la région des Grands Lacs avec entre 6 et 10 millions de victimes rwandaises et congolaises sur son compte.

2) Une femme de petite taille

Généralement, les Tutsis qualifient les Hutus de peuple de petite taille, ce qui est un signe de discrimination ethnique. Par cette insulte, Kagame Paul considère que seuls les Tutsis sont des citoyens rwandais et que les Hutus sont tous des génocidaires ce qui contredit les prétendues politiques d’équilibre entre les sexes, d’unité et de réconciliation qui deviennent alors théoriques. À propos, Kagame n’est pas si grand ni si gros ; c’est un gars chétif qui pèse une cinquantaine de kilos.

3)Un président sauvage et sans éducation 

C’est un guérillero sanguinaire qui n’a pas beaucoup étudié (4 ans du cycle secondaire) c’est pourquoi les valeurs éthiques lui sont inconnues car elles s’apprennent à l’école. Il a été élevé dans un climat d’extrémisme et de vengeance ; c’est aussi pourquoi, lorsqu’il dirigeait les services de renseignement ougandais, il était qualifié de Ponce Pilate en raison de la mort qu’il infligeait aux opposants politiques.

4) Avons-nous besoin d’un tel président ?

Il ne dirige pas par l’intelligence ni sagesse mais par la terreur. Soutenu par les grandes puissances et l’armée ougandaise, Kagame a pris le pouvoir et a dirigé d’une main de fer un pays dont la population est effrayée et l’opposition diabolisée au quotidien. Seul l’Occident devra nous débarrasser de lui le jour où il n’aura plus besoin de ses services.

Conclusion : un pouvoir sans bases solides

 En organisant une campagne vantant ce qu’il a pu faire en termes de progrès alors que la population meurt de faim, les jeunes diplômés croupissent sous le chômage du fait que le recrutement du personnel est dominé par le favoritisme et la corruption ; les prix des produits de base se sont envolés tandis que la population est privée de pouvoir d’achat. Sans légitimité palpable, il recourt simplement au dénigrement des opposants qu’il a exclus de la course présidentielle pour prouver à la communauté internationale qu’il est le seul capable de diriger le pays alors que tout le monde connaît les manigances qui se cachent derrière cette apparente démocratie d’urnes. Celui qui vivra verra.