Le 7 avril 2025, Paul Kagame s’en est violemment pris aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et à l’Union européenne, leur lançant d’« aller en enfer » pour avoir sanctionné son régime, accusé de soutenir massivement le M23 dans la guerre en RDC. Mais dès le lendemain, il accueillait avec faste Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique.
Comme Antony Blinken avant lui, Boulos a évoqué non seulement les victimes Tutsi du génocide de 1994, mais aussi les Hutu et les Twa tués pendant cette période, une déclaration qui a fortement irrité Kigali. Car au Rwanda, le simple fait de mentionner les Hutu victimes de massacres met en cause, indirectement, le FPR de Kagame, dont plusieurs rapports onusiens accusent les troupes d’avoir commis de graves atrocités contre les civils hutu, notamment avant, durant et après le Génocide, au Rwanda comme en RDC.
Pendant sa visite, Boulos a salué la vision économique de Kagame, visité le mémorial de Gisozi et le centre de démobilisation de Mutobo, où il a rencontré d’ex-FDLR “recyclés” en vitrines de réconciliation. Aucune allusion aux violences actuelles à l’Est de la RDC, pourtant occupé en partie par le M23 et l’armée rwandaise (RDF), qui ont pris Goma, Bukavu, et d’autres localités stratégiques.
Alors qu’une trêve fragile est en cours sur la ligne de front, dans l’attente des négociations de Doha, Kigali continue de maîtriser l’agenda diplomatique. Un observateur congolais ironise : “Le Rwanda briefe ses invités sur le terrain. Nous, on les reçoit dans des bureaux climatisés.” Et le monde diplomatique, lui, continue de faire semblant de ne pas voir.

























































