Le 9 avril 2025, trois citoyens américains précédemment condamnés à mort en République démocratique du Congo (RDC) pour leur implication présumée dans une tentative de coup d’État déjouée ont été renvoyés aux États-Unis. Cette décision intervient à la suite d’un allègement de leur peine par le président Félix Tshisekedi, qui a commué la condamnation à mort en emprisonnement à perpétuité.
Les trois hommes concernés sont Marcel Malanga Malu, Tyler Thompson et Benjamin Reuben Zalman-Polun. Leur peine de mort, prononcée en septembre 2024, avait été confirmée par la justice militaire congolaise le 27 janvier 2025 et rendue définitive le 9 mars 2025. Le mardi 2 avril, la présidence congolaise a publié un communiqué annonçant leur transfert aux États-Unis, où ils purgeront désormais leur peine de réclusion à perpétuité.
Ce transfert s’est fait à la demande du ministère public congolais, en collaboration avec les autorités militaires, judiciaires et migratoires de la RDC, ainsi que des représentants de l’ambassade des États-Unis à Kinshasa. Les trois détenus ont été escortés jusqu’à l’aéroport international de N’Djili, d’où ils ont été rapatriés vers les États-Unis.
La présidence congolaise a indiqué que cette décision s’inscrivait dans un cadre de coopération judiciaire internationale et visait à renforcer les relations diplomatiques et le respect des droits humains entre les deux pays.
Ce développement intervient peu après la visite à Kinshasa de Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour les affaires africaines. Lors de son séjour, il s’est entretenu avec le président Tshisekedi, abordant notamment des questions liées à l’exploitation minière et à l’investissement américain en RDC.
Les trois Américains faisaient partie d’un groupe de 37 personnes, dont un Britannique, un Belge et un Canadien, condamnées à mort en septembre 2024 pour avoir tenté de renverser le gouvernement congolais. En tout, 51 accusés avaient été jugés par un tribunal militaire, avec des audiences retransmises à la radio et à la télévision nationales.
Selon les autorités congolaises, l’attaque a eu lieu le 19 mai 2024 et visait le palais présidentiel ainsi que la résidence de Vital Kamerhe, alors proche d’accéder à la présidence de l’Assemblée nationale. Le cerveau présumé du complot, Christian Malanga – un Congolo-Américain – a été tué lors de l’attaque, tout comme cinq de ses compagnons.
Son fils, Marcel Malanga, a affirmé devant la cour que son père l’avait menacé de mort s’il refusait de participer à l’opération. Tyler Thompson, son ami d’enfance avec qui il jouait au football dans l’Utah, s’était également joint à lui. Tous deux sont âgés d’une vingtaine d’années. Quant à Benjamin Zalman-Polun, il était un associé commercial de Christian Malanga.
La peine de mort, bien qu’inscrite dans le droit congolais, n’a plus été appliquée depuis une vingtaine d’années. Toutefois, en mars 2024, le gouvernement avait levé le moratoire sur son application, invoquant la nécessité de lutter contre les « traîtres » au sein d’un appareil militaire jugé défaillant. Malgré cette annonce, aucun condamné n’avait encore été exécuté depuis.
Le rapatriement des trois Américains pourrait marquer un tournant dans la diplomatie judiciaire entre Kinshasa et Washington, à l’heure où les intérêts stratégiques et économiques des États-Unis en RDC, notamment dans le secteur minier, deviennent de plus en plus visibles.


























































