Kigali, 8 avril 2025 — Alors que le Rwanda lançait les cérémonies de Kwibuka 31, commémorant le génocide de 1994, le gouvernement a dénoncé un “sabotage international” de la part de certains États. Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Kigali déplore le retrait de certains partenaires étrangers, accusés de se laisser influencer par des récits mettant en cause le Rwanda dans les conflits régionaux, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette déclaration intervient dans un contexte diplomatique tendu. Le président Paul Kagame, lors de l’ouverture des commémorations, a violemment critiqué les pays ayant imposé des sanctions à son gouvernement : « Si quelqu’un vient dire : “Nous allons vous sanctionner”, quoi ? Allez au diable », a-t-il lancé, sans nommer de pays. Les États-Unis, l’Union européenne, le Canada et l’Allemagne ont pris ces derniers mois des mesures punitives contre des responsables rwandais, accusant Kigali de soutenir militairement le M23, un groupe armé actif dans l’est de la RDC.
Depuis janvier, le M23 s’est emparé de Goma, Bukavu et brièvement de Walikale. Les efforts de médiation menés par le Qatar ont permis une rencontre entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Doha, mais sans résultat tangible. Une délégation congolaise a entamé des discussions avec le M23, mais le cessez-le-feu évoqué ne s’est pas matérialisé.
Dans le même temps, Kigali a officialisé la rupture diplomatique avec la Belgique. Par une lettre adressée à l’École belge de Kigali, le ministère rwandais de l’Éducation ordonne la fin du programme éducatif belge dès septembre 2025. Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de retrait des coopérations avec les entités liées au gouvernement belge, conformément à la ligne fixée par la Rwanda Governance Board.
Face aux critiques, le Rwanda affirme qu’il poursuivra sa marche selon ses propres termes, et que « Plus jamais ça » n’est pas un slogan, mais un engagement. Kigali entend préserver sa souveraineté, même au prix de l’isolement.

























































