Ce jeudi, le ministère public rwandais a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle à l’encontre d’Aimable Karasira, ancien professeur à l’Université du Rwanda, poursuivi pour plusieurs infractions, dont la négation de la génocide, l’incitation à la haine et la dissimulation d’avoirs d’origine illicite. Lors de la dernière audience, l’accusé a pris la parole pour présenter ses excuses à toute personne qui aurait été blessée par ses propos, tout en réaffirmant ne pas reconnaître les charges portées contre lui.
Karasira, personnalité connue sur les réseaux sociaux pour ses critiques acerbes contre les autorités, est détenu depuis 2021. Le procès, très suivi dans le pays, s’est ouvert dans le fond en début d’année 2025, l’accusé plaidant non coupable pour chacun des faits.
Le parquet lui reproche notamment d’avoir, à travers ses vidéos publiées sur YouTube, « donné une justification au génocide contre les Tutsi », « tenu des propos de division et de sédition », ainsi que de « ne pas avoir justifié la provenance légale » de sommes importantes retrouvées en sa possession. Il aurait été trouvé en possession de 14 millions de francs rwandais, 17 520 euros et 10 000 dollars américains, en espèces, ainsi que d’importantes sommes sur plusieurs comptes bancaires.
Selon l’accusation, ces fonds lui auraient été envoyés par des membres de la diaspora rwandaise opposés au régime de Kigali, en appui à ses discours. Le parquet a ainsi demandé que ces montants soient confisqués au profit de l’État rwandais. En plus de la peine d’emprisonnement, il a requis une amende de 52 millions de francs rwandais, 32 000 dollars et 17 000 euros, soit l’équivalent d’environ 130 millions de francs rwandais.
Les avocats de Karasira ont dénoncé la présentation tardive de nouveaux éléments à charge lors de cette dernière journée d’audience. Ils maintiennent que leur client est innocent et affirment avoir confiance dans le jugement à venir.
Avant la clôture du procès, Aimable Karasira s’est exprimé en ces termes : « À toute personne qui aurait été blessée par mes propos, et au peuple rwandais en général, je demande pardon. » Il a expliqué qu’il faisait cette démarche « pour retrouver la paix intérieure », précisant qu’il n’a jamais eu l’intention de diviser les Rwandais ni de nier le génocide.
« Je sais quelles conséquences le génocide a eues sur moi-même », a-t-il ajouté, soulignant qu’il accepterait la décision du tribunal, quelle qu’elle soit.
Le verdict sera rendu le 30 septembre 2025.
























































