Lors d’un entretien exclusif avec Le Figaro, le président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réaffirmé sa position ferme face à l’implication du Rwanda dans la guerre à l’Est de son pays. Revenant sur sa récente rencontre avec Paul Kagame à Doha, sous la médiation de l’émir du Qatar, Tshisekedi a insisté sur l’urgence d’un cessez-le-feu immédiat et d’un retrait total des forces rwandaises du territoire congolais.
La réunion au Qatar, selon lui, s’est déroulée dans une atmosphère cordiale, mais reste conditionnée à des engagements concrets de la part du Rwanda. Il a souligné que la crise ne pourra être résolue que par l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exige non seulement le retrait des troupes rwandaises mais aussi la fin du soutien militaire au M23.
Le blocage des négociations directes avec le M23 à Luanda a renforcé, selon Tshisekedi, la preuve que ce mouvement rebelle n’agit pas de manière indépendante. Il l’a qualifié de “pantin” exécutant les ordres de Kigali, accusant ses dirigeants de piller les ressources congolaises au lieu de chercher la paix. “Il valait donc mieux discuter avec leur mentor”, a-t-il déclaré en référence à Paul Kagame.
Le président congolais a également salué les sanctions européennes récemment prises contre des responsables militaires rwandais et des cadres du M23, les qualifiant d’étape majeure dans la reconnaissance du rôle du Rwanda dans l’agression contre la RDC. Il a dénoncé l’hypocrisie de la communauté internationale, rappelant que des crimes documentés dans le Rapport Mapping de l’ONU (1993-2003) n’ont jamais été suivis d’actions concrètes.
Sur la question du désarmement des FDLR, souvent brandie par Kigali pour justifier son intervention, Tshisekedi a minimisé leur menace, expliquant que ce groupe ne compte plus que 750 combattants et peu d’anciens génocidaires. Il a réitéré l’engagement de son gouvernement à éradiquer toutes les milices opérant en RDC dans le cadre du processus de Nairobi.
Enfin, il a reconnu la nécessité de réformer l’armée congolaise (FARDC), qu’il a décrite comme “hétéroclite” après des années d’intégration de groupes armés disparates. Il a défendu ses réformes, notamment l’augmentation des soldes des militaires déployés en première ligne. “Notre armée doit être unie et forte pour garantir la paix”, a-t-il conclu.


























































