Washington : signature entre le Rwanda et la RDC sans poignée de main entre ministres

Par Marc Matabaro

À Washington D.C., sous l’égide du Département d’État américain, le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) ont signé une Déclaration de principes, marquant une étape diplomatique importante entre les deux pays. Cette initiative, facilitée par le secrétaire d’État américain Rubio, visait à consolider un engagement commun en faveur de la paix, malgré les tensions persistantes dans la région des Grands Lacs.

Cependant, un détail n’a pas échappé aux observateurs : l’absence de poignée de main entre Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères, et Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères de la RDC. Une situation immédiatement relevée sur les réseaux sociaux, suscitant diverses interprétations sur l’atmosphère réelle de la rencontre.

Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), Olivier Nduhungirehe a tenu à clarifier cet incident. Selon lui, l’absence de salut n’était pas le reflet d’une tension particulière lors des échanges à Washington. Il a précisé que l’ambiance des discussions avait été “beaucoup plus consensuelle” que celle observée lors des précédentes rencontres de Luanda. Il a expliqué que le refus de la poignée de main résultait d’une décision personnelle de la ministre congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, qui, depuis sa nomination, refuse systématiquement de serrer la main de tout représentant officiel rwandais.

Le chef de la diplomatie rwandaise a qualifié cet acte de “regrettable”, soulignant qu’il contrevient aux usages diplomatiques traditionnels. Toutefois, il a minimisé l’incident, affirmant que ce manquement protocolaire “n’est pas une affaire importante” à ses yeux.

Ce geste, ou plutôt cette absence de geste, rappelle la profonde méfiance persistante entre Kigali et Kinshasa, malgré les démarches de réconciliation formelles. Depuis plusieurs années, les relations entre les deux pays sont tendues, principalement en raison des accusations mutuelles concernant le soutien à divers groupes armés opérant dans l’est de la RDC.

La signature de la Déclaration de principes est perçue comme un pas diplomatique encourageant. Pourtant, l’attitude de la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner met en lumière la difficulté d’instaurer une véritable confiance, même dans un cadre diplomatique orchestré par une puissance tierce comme les États-Unis.

Reste à voir si cet accord pourra véritablement ouvrir la voie à une détente durable entre Kigali et Kinshasa, au-delà des gestes symboliques et des apparences officielles.