La signature, le 25 avril 2025 à Washington, de la Déclaration de principes pour la paix et le développement entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda a été saluée par la Plateforme de l’Opposition Rwandaise P4. Son coordinateur, le Dr Emmanuel Hakizimana, y voit une étape positive rendue possible grâce à l’implication déterminante des États-Unis. Mais derrière cette avancée diplomatique, une vérité plus profonde subsiste : aucun accord, fût-il signé dans les meilleures conditions, ne saurait garantir la paix durable tant que le régime autoritaire de Kigali restera intact.
Pour le Dr Hakizimana, la crise persistante dans la région des Grands Lacs ne trouve pas seulement ses origines dans un conflit interétatique, mais dans la nature même du régime rwandais. Sous Paul Kagame, le Rwanda est devenu un État où toutes les sphères de la vie politique, sociale et économique sont verrouillées, sans espace pour l’opposition, sans institutions indépendantes, et sans respect des droits fondamentaux. C’est cette centralisation autoritaire du pouvoir qui, selon la Plateforme P4, a permis les multiples agressions contre la RDC et l’exploitation systématique de ses ressources depuis près de trois décennies.
Les conséquences humaines sont connues : des millions de morts, des déplacements massifs de population, des atrocités perpétrées contre civils et militaires, et même des attaques contre les Casques bleus. Selon Dr Hakizimana, tant que cette matrice politique ne changera pas au Rwanda, tout processus de paix restera vulnérable. Il est illusoire de penser qu’une déclaration de principes, aussi ambitieuse soit-elle, suffira à désamorcer une machine de guerre bien rôdée.
Le coordinateur de P4 souligne également une autre priorité ignorée : la situation des réfugiés rwandais. Nombre d’entre eux, notamment en RDC, vivent dans la peur et dans l’impossibilité d’un retour libre et sécurisé. Pour P4, une paix réelle ne pourra exister que si ces réfugiés peuvent rentrer chez eux avec la garantie de retrouver leurs droits. Or, ces conditions sont incompatibles avec le régime actuel. La résolution de la crise dans les Grands Lacs passe donc, selon Dr Hakizimana, par une transition démocratique au Rwanda.
L’appel lancé par la Plateforme P4 est clair : les acteurs internationaux doivent cesser de contourner la question du régime rwandais s’ils veulent véritablement œuvrer à la paix. La stabilité de la RDC et de l’ensemble de la région dépendra inévitablement d’un changement en profondeur à Kigali.























































