Dans une lettre soumise à la commission électorale nationale le 13 août 2024, Franck Habineza, le président du Parti des Verts a notifié le remplacement urgent d’un candidat suppléant, De même, le secrétaire général du FPR a officié le remplacement du député numéro 37 par le candidat numéro 39 sur l’ensemble de la liste des députés élus du FPR. Nous avons souligné dans de précédentes publications que les élections rwandaises n’étaient qu’une pure mascarade pour attirer la communauté internationale et les pratiques du régime confirment progressivement ce constat regrettable. Tout analyste politique peut s’interroger sur l’importance des élections législatives au Rwanda si un député élu peut être victime d’un remplacement urgent sans aucune justification ou être contraint de démissionner pour des délits mineurs dont il est ensuite acquitté. Qu’importe si un tel vote peut facilement être compromis? La présente analyse scrute les tenants et aboutissants d’un tel paradoxe qui trahit ouvertement la politique du mensonge que le FPR a toujours joué pour tromper le public le moins averti.
Analyse
Ces remplacements inattendus sont des indices qu’aucun député n’a été élu au Rwanda, mais qu’ils ont été carrément nommés sur base de paramètres subjectifs établis de manière informelle par le régime.
1) Quatre candidats injustement écartés
Sur la liste provisoire du FPR, une certaine Dr Turamwishimiye Marie Rose, maître de conférences à l’université du Rwanda, faculté de droit, qui occupait la 26e place, a été retirée de la liste finale et Musonera Germain, qui était à la 38e, a automatiquement obtenu la 37e place. Malheureusement, avec la lettre du président de la Commission électorale nationale, Musonera Germain a perdu le poste et a été remplacé par Mazimpaka Jean Claude qui n’était pas le 38e mais le 39e ! Mme Ayinkamiye Marie Louise qui était la 38ème a également été sautée alors que c’est elle qui meraitait le poste dans la logique des choses. En un mot, le FPR a limogé trois députés, à savoir le Dr. Turamwishimiye Marie Rose, Musonera Germain et Ayinkamiye Marie Louise qui méritait normalement et légalement d’obtenir le poste étant donné qu’elle était la prochaine sur la liste après Musonera.
2) Des récits convergents à la limite de la corruption et du favoritisme
Le président du parti des Verts a informé les partisans de sa formation politique que le changement brusque de la liste finale des candidats élus était dû aux appels de la Commission électorale nationale et de l’Office Rwandais d’Investigation qui l’ont exhorté à destituer Mme Maombi Carine et à la remplacer par Mme Masozera Icyizanye. Cependant, dans la lettre qu’il a soumise à la Commission électorale nationale, il indiquait que c’était leur décision discrétionnaire de procéder à une résolution aussi inattendue,pire encore contre la vice-présidente du parti. Dans une lettre du 14 août 2024 adressée au secrétaire général du parlement, le président de la Commission électorale nationale rapporte que le FPR et les Verts ont opéré quelques modifications sur les listes de députés censés prêter serment. À partir de ces versions contradictoires, on peut se demander qui a enjoint qui au sujet de ces faits corrompus et du rôle joué par l’office Rwandais d’investigation contre des personnes dont le casier judiciaire est vierge. Ont-ils commis des crimes au cours du mois qui sépare la publication des résultats provisoires et la cérémonie de prestation de serment ? Ce qui est certain, c’est qu’aucun d’entre eux ne sera poursuivi car ce qui était visé n’était qu’un prétexte pour les écarter et insérer des candidats qui ont de fortes recommandations au sein du régime ; N’est-ce pas là un signe de favoritisme que Kagame condamne hypocritement tout en sachant que tous ces candidats ont été nommés dans des circonstances douteuses où aucun critère objectif n’est suivi, seulement des arrangements basés sur le montant de la corruption payée pour certains candidats masculins sans parents proches dans le régime ; des liens familiaux avec les responsables du régime ; l’origine du candidat ou de sa famille lors de la prise du pouvoir par le FPR (Ouganda) ; la corruption basée sur le sexe pour les candidats féminins, autant de bassesses dignes d’une république bananière.
3) Une fourberie tardive
Les députés qui ont été révoqués sont juridiquement et politiquement purs ; ils sont supplantés par de personnes qui ont de fortes recommandations dans le régime mais qui se sont retrouvés derrière sur la liste et ont décidé de bacler le processus en exerçant une certaine pression sur les autorités du FPR pour les nommer de force au détriment de candidats qui n’avaient pas de soutiens forts dans le régime et étonnamment ils ont réussi même si cela ternit l’image du pays en ce qui concerne les élections législatives qui se sont avérées être de pures mascarades et les candidats à peine désignés.
Conclusion
Des élections législatives ont eu lieu au Rwanda le 15 juillet 2024 pour élire le président et les membres de la Chambre des députés. Lors d’une élection qui a été critiquée comme injuste pour avoir exclu des candidats sérieux de l’opposition, le président sortant Paul Kagame, en poste depuis 2000, a été élu pour un quatrième mandat (avec plus de 99 % des voix et un taux de participation de 98,2 %) et a été investi le 11 août, tandis que les 80 députés ont prêté serment le 14 août 2024. Freedom House a considéré que les élections au Rwanda n’étaient ni libres ni équitables, citant des rapports faisant état de bourrage d’urnes, d’intimidation politique, de blocage des adversaires de l’opposition et d’autres pratiques antidémocratiques et ces remplacements brutaux en font partie et constituent une preuve indubitable que ce qui est recherché n’est pas l’intérêt général de la nation mais les avantages que le candidat retire de ce poste.






















































