
Le Rwanda exige 50 millions de livres sterling du Royaume-Uni après l’annulation de l’accord controversé sur la déportation des migrants, exacerbant les tensions diplomatiques entre les deux pays. Le gouvernement travailliste, après sa récente victoire électorale, a annoncé la fin du programme, mais sans mettre un terme formel au contrat. Kigali affirme donc que Londres est légalement tenu d’honorer le paiement.
Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, a déclaré sur X (anciennement Twitter) que le Royaume-Uni avait initialement demandé au Rwanda de renoncer discrètement au paiement, en s’appuyant sur la confiance mutuelle entre les deux nations. Cependant, elle accuse Londres d’avoir trahi cette confiance en imposant des sanctions punitives visant à forcer le Rwanda à compromettre sa sécurité nationale. Elle a également dénoncé les commentaires incendiaires de Lord Collins, ministre britannique de l’Afrique, affirmant que Kigali réclamerait désormais ces fonds auxquels il a droit.
Ce nouvel épisode s’ajoute à une relation déjà tendue entre les deux pays. Le Royaume-Uni a récemment suspendu une partie de son aide financière au Rwanda, en raison de son soutien présumé au groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo (RDC). Londres a annoncé qu’elle gèlerait l’aide bilatérale, à l’exception des fonds destinés aux populations vulnérables, réduirait la promotion des échanges commerciaux et limiterait les contacts diplomatiques avec Kigali tant que le Rwanda n’aura pas retiré ses forces de la RDC et cessé les hostilités.
L’accord initial sur les migrants, signé sous le gouvernement conservateur, prévoyait l’expulsion de certains demandeurs d’asile vers le Rwanda. Le Royaume-Uni avait déjà versé 240 millions de livres sterling dans le cadre du programme, mais aucune expulsion n’a eu lieu, en raison de recours judiciaires et de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains. L’arrivée au pouvoir des travaillistes a conduit à l’abandon du projet, mais Kigali affirme que l’accord reste juridiquement contraignant et exige un paiement supplémentaire de 50 millions de livres.
Le gouvernement britannique n’a pas encore officiellement réagi à cette demande, mais cette querelle risque d’aggraver les tensions diplomatiques et commerciales entre les deux pays.


























































