L’administration Trump ouverte aux discussions pour un accord avec Kinshasa sur les minerais en échange d’une aide militaire

Par Marc Matabaro

La République Démocratique du Congo a proposé aux États-Unis un accord stratégique offrant un accès exclusif aux minerais critiques et aux projets d’infrastructure qui y sont liés, en échange d’une assistance militaire face à l’offensive du M23 soutenu par le Rwanda.

Dans une lettre adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio, Kinshasa demande une réunion urgente entre le président Félix Tshisekedi et Donald Trump, rapporte l’agence Bloomberg. Le président congolais souhaite discuter d’un pacte permettant aux entreprises américaines d’exploiter certains des minerais les plus convoités au monde, essentiels aux industries de la défense, des technologies avancées et de la transition énergétique.

La lettre, datée du 21 février 2025, met en avant le rôle stratégique de la RDC dans l’approvisionnement mondial en cobalt, lithium, tantale, cuivre et uranium, des ressources critiques pour la compétitivité industrielle et la sécurité nationale des États-Unis. Un groupe afro-américain représentant les intérêts congolais auprès des décideurs américains insiste sur l’urgence pour Washington de sécuriser une chaîne d’approvisionnement fiable et exclusive, loin de l’influence chinoise.

Cette proposition intervient alors que Kinshasa est sous pression face à l’avancée militaire du M23, un groupe rebelle largement soutenu par l’armée rwandaise, qui a lancé en janvier une offensive éclair dans l’est du pays, une région riche en métaux stratégiques. L’incapacité des Forces armées congolaises (FARDC) à contenir cette menace a conduit Félix Tshisekedi à rechercher un soutien militaire direct des États-Unis, alors que la présence chinoise dans le secteur minier congolais est de plus en plus contestée.

Selon Bloomberg, cette demande témoigne du désespoir croissant du président congolais face à une situation qui échappe à son contrôle. Le département d’État américain a déclaré, dans un échange avec l’agence de presse, que l’administration Trump est ouverte aux discussions sur d’éventuels partenariats, bien qu’aucun accord concret ne soit envisagé dans l’immédiat.

Cet appel du pied de la RDC à Washington marque une nouvelle étape dans la reconfiguration géopolitique du secteur minier africain, où les rivalités entre grandes puissances s’intensifient. Si les États-Unis acceptaient cette proposition, cela remettrait en cause l’influence chinoise sur les ressources stratégiques du Congo et redéfinirait les alliances militaires et économiques dans la région des Grands Lacs.