Dans une lettre adressée au président des États-Unis, Donald Trump, le 2 juillet 2025, les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) ont exprimé leur soutien à l’accord de paix signé le 27 juin à Washington entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Le mouvement armé rwandais, actif depuis plus de deux décennies dans l’est de la RDC, salue un « tournant historique » et appelle à un règlement politique inclusif pour une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Le général Victor Byiringiro, président intérimaire des FDLR, s’est félicité du rôle déterminant joué par le président Trump et les différents partenaires internationaux, parmi lesquels la SADC, la Communauté Sant’Egidio, l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’ONU et l’Église du Christ au Congo. Selon lui, cet accord marque la réussite là où « d’innombrables acteurs ont échoué pendant trois décennies ».
Mais le ton de la lettre se veut aussi critique. Les FDLR déplorent l’absence répétée du Rwanda aux tentatives de paix passées et accusent Kigali de saboter systématiquement les processus engagés. Elles rappellent leurs propres efforts, comme les désarmements organisés à Kamina en 2001 et à Kisangani en 2014, ou leur participation à des initiatives internationales à Rome, Goma, Nyabiondo et Ntoto.
Le mouvement réfute catégoriquement les accusations de nature terroriste ou génocidaire portées par Kigali et ses alliés. Il accuse le régime du président Paul Kagame d’avoir diffusé un « narratif mensonger » pour détourner l’attention des crimes graves imputés au Front Patriotique Rwandais (FPR) depuis 1990. « Nous ne sommes pas une menace pour le peuple rwandais, nous en sommes l’émanation », affirme la lettre.
Les FDLR dénoncent également les opérations militaires menées entre 2009 et 2015, conjointement par les FARDC, les forces rwandaises et la MONUSCO, qu’elles estiment responsables de centaines de milliers de morts et de déplacements de civils. Ils évoquent notamment les offensives Umoja Wetu, Kimia, Amani Leo, Amani Kamilifu et Sokola II. Ces campagnes militaires, selon le groupe, ont ciblé les réfugiés rwandais installés en RDC et n’ont fait qu’aggraver la crise humanitaire.
Le courrier revient également sur l’arrestation de plusieurs figures historiques du mouvement, comme Ignace Murwanashyaka, Straton Musoni, Callixte Mbarushimana et Sylvestre Mudacumura. Tous ont été arrêtés, poursuivis ou tués, souvent selon les FDLR, dans des conditions opaques ou arbitraires. L’ancien président Murwanashyaka est mort en détention en Allemagne en 2019.
En toile de fond de cette longue lettre, une conviction centrale : la neutralisation des FDLR, régulièrement demandée par Kigali et certains États partenaires, ne saurait résoudre la crise des Grands Lacs. Le véritable obstacle à la paix, affirment-ils, reste l’impunité des crimes du FPR et l’absence d’un espace politique ouvert au Rwanda. À ce titre, les FDLR réitèrent leur appel à un dialogue politique « franc, sincère et hautement inclusif ».
Enfin, elles déclarent maintenir leur mission de protection des réfugiés rwandais en RDC et affirment leur engagement à toutes les initiatives visant à restaurer la paix et la sécurité dans la région.
La lettre a été transmise en copie à plusieurs chefs d’État africains, ainsi qu’aux représentants de l’ONU, de l’Union Européenne, de la SADC et de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs.























































