Le tribunal de première instance de Kicukiro a décidé, ce vendredi 18 juillet 2025, de placer Victoire Ingabire Umuhoza en détention provisoire pour une durée de 30 jours. Cette décision intervient alors que les enquêtes judiciaires se poursuivent sur les faits graves dont elle est accusée, parmi lesquels complot contre l’autorité de l’État, création d’un groupe armé et atteinte à la sécurité nationale. Elle sera transférée de la station de la RIB de Kicukiro vers la prison centrale de Nyarugenge, située à Mageragere.
D’après des sources concordantes au sein des services de sécurité rwandais, les investigations ne se limitent pas à Mme Ingabire. Plusieurs personnes seraient déjà visées par des convocations, des mandats de perquisition et même des avis de recherche dans le cadre du même dossier. Les noms de deux individus sont cités : un homme identifié comme Muhirwa et une femme nommée Agnès, qui seraient suspectés d’avoir joué un rôle dans les activités reprochées à Mme Ingabire, soit en tant que complices actifs, soit en tant que relais logistiques ou informatifs.
Toujours selon ces mêmes sources, les autorités chercheraient à constituer un dossier élargi contre l’opposante, en s’appuyant notamment sur de nouveaux témoignages. Certains observateurs redoutent cependant que, comme cela a déjà été observé dans des affaires précédentes, des témoignages soient obtenus sous pression, voire entièrement fabriqués, afin d’alimenter les poursuites. Des cas de délations instrumentalisées ou de témoins contraints ont été signalés dans des procès politiques antérieurs au Rwanda.
L’avocat de Victoire Ingabire ne s’est pas exprimé à la sortie du tribunal. Conformément à la loi, sa cliente a cinq jours pour contester la décision de détention provisoire.
Ancienne prisonnière politique, Victoire Ingabire avait déjà été condamnée en 2012 à 15 ans de réclusion avant d’être libérée en 2018 par grâce présidentielle après avoir purgé huit années. Son arrestation en juin 2025 et les circonstances actuelles relancent les débats sur l’instrumentalisation de la justice contre les opposants et sur la fermeture persistante de l’espace politique rwandais.
























































