À l’occasion du 64e anniversaire du référendum Kamarampaka, qui avait permis au Rwanda de tourner la page de la monarchie pour instaurer la République en 1961, le parti d’opposition FDU-Inkingi a lancé un message d’alerte sur la situation actuelle du pays. Dans une déclaration publiée le 25 septembre 2025, le parti affirme que « l’idéal démocratique de Kamarampaka a été trahi » et que le Rwanda vit aujourd’hui sous un « régime totalitaire, terroriste et antidémocratique ».
Un contraste entre image extérieure et réalité intérieure
Alors que le Rwanda continue de jouir d’une image flatteuse sur la scène internationale — pays propre, sécurisé et à la croissance économique soutenue — les FDU-Inkingi dénoncent une façade soigneusement entretenue. Selon le message signé par Pierre Célestin Rwalinda, Secrétaire Général du parti, ces performances seraient le fruit de statistiques économiques « truquées » et d’un verrouillage systématique de l’espace politique.
Le parti évoque un climat de terreur : opposition muselée, arrestations arbitraires, disparitions forcées, justice aux ordres. Le régime de Paul Kagame, réélu en 2024 avec plus de 99 % des voix, est accusé de gouverner sans consultation populaire et de prendre des décisions contraires aux intérêts fondamentaux des citoyens, notamment dans les domaines de l’alimentation, du logement, de l’éducation ou encore de la fiscalité.
Des accusations de répression à grande échelle
Dans leur message, les FDU-Inkingi affirment que l’État rwandais « considère sa propre population comme une ennemie » et la traite comme une « vache à lait à traire sans nourrir ». La répression ne se limiterait pas aux frontières du pays : la formation politique dénonce la surveillance des opposants à l’étranger via le logiciel espion Pegasus, l’intimidation de militants exilés, et l’existence d’escadrons de la mort ciblant des réfugiés politiques.
Le cas de Victoire Ingabire Umuhoza, présidente du parti emprisonnée à nouveau depuis juin 2025, est mis en avant comme un exemple de la persécution politique. Les journalistes indépendants, comme Théoneste Nsengimana ou Niyonsenga Dieudonné, sont eux aussi cités comme victimes d’un système judiciaire instrumentalisé pour faire taire toute voix dissidente.
Appel à un sursaut collectif
Face à cette situation, les FDU-Inkingi lancent un appel à la résistance et à l’engagement. « Aucun développement économique ne justifie la négation des libertés fondamentales », écrivent-ils, soulignant que le peuple rwandais mérite mieux qu’un régime fondé sur la peur et le mensonge. Le communiqué invite les Rwandais et les « amis du Rwanda » à dénoncer les injustices, soutenir les voix critiques, et réclamer l’ouverture d’un « Dialogue Inter Rwandais Hautement Inclusif (DIRHI) ».
Selon le parti, seul un tel dialogue pourrait permettre une paix durable, une réconciliation authentique et la refondation d’un État démocratique.
Une date symbolique, une République en question
Kamarampaka, ce référendum fondateur de 1961, devait incarner la victoire du peuple sur les divisions historiques. Mais pour les FDU-Inkingi, la République née de cet acte démocratique a été dévoyée par le Front Patriotique Rwandais (FPR), au pouvoir depuis la fin du génocide de 1994. Le message se conclut par une déclaration d’espoir : « Vive le Rwanda pacifique et pacifié. Vive le peuple rwandais réconcilié. »
En cette date hautement symbolique, l’opposition rwandaise rappelle que l’histoire ne peut être célébrée sans vérité, ni la démocratie défendue sans courage.























































