En cette fin d’année 2025, marquée par les conséquences de la guerre que le Rwanda continue de mener dans l’est de la République démocratique du Congo, l’Institut Seth Sendashonga pour la citoyenneté démocratique (ISCID asbl) adresse le message suivant aux Rwandais et aux amis du Rwanda :
1) Les accords de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, signés à Washington le 27 juin 2025 et définitivement ratifiés le 4 décembre 2025, lorsque les présidents des deux pays, Paul Kagame et Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, y ont apposé leur signature en présence du président des États-Unis, Donald Trump, constituent une étape majeure sur le chemin du retour de la paix dans la région des Grands Lacs.
L’Institut Seth Sendashonga salue le rôle important joué par le président Donald Trump, ainsi que l’engagement exprimé par la nation puissante qu’il dirige de continuer à exercer des pressions afin que ces accords soient effectivement mis en œuvre.
2) Il convient de rappeler que cette guerre dure depuis près de trente ans. Elle a coûté la vie à environ dix millions de nos frères et sœurs congolais, déplacé de leurs terres des millions d’autres civils et été marquée par de graves atrocités. De nombreux Rwandais y ont également perdu la vie, notamment après le démantèlement des camps de réfugiés en 1996.
Le rapport des experts des Nations unies, connu sous le nom de Mapping Report, indique qu’environ 250 000 réfugiés hutu ont été massacrés dans les forêts du Congo. Ce rapport précise également que la mise en place d’un tribunal compétent pourrait conduire à la qualification de ces crimes en génocide. L’Institut Seth Sendashonga se félicite que les accords de Washington prévoient la création d’une telle juridiction.
Outre les populations civiles innocentes, cette guerre a aussi coûté la vie à de nombreux soldats des deux camps, ainsi qu’à des militaires étrangers intervenus dans le cadre de la MONUSCO, de l’EAC et de la SADC.
3) Le régime du président Paul Kagame a utilisé la guerre dans l’est du Congo comme un moyen de renforcer son pouvoir, notamment parce qu’elle facilitait le pillage des minerais stratégiques aujourd’hui très demandés. Le Rwanda est même parvenu à occuper une place de premier plan sur le marché mondial de ces ressources, suscitant l’étonnement de la communauté internationale face à la rapidité de sa croissance économique.
Paul Kagame a largement tiré profit de cette situation, au point d’être présenté par beaucoup comme un dirigeant modèle. C’est la principale raison pour laquelle il a tout mis en œuvre afin que la guerre dans l’est du Congo ne prenne jamais fin. Les différents groupes armés apparus sous des appellations diverses, AFDL, RCD-Goma, CNDP, M23 ou encore AFC/M23, ont tous été utilisés et soutenus par l’État rwandais.
4) Le fait que le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo ait placé au premier plan la défense de l’intégrité territoriale de son pays par la voie diplomatique, avec le soutien de la communauté internationale, a conduit le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter la résolution 2773 exigeant le retrait des troupes rwandaises du Congo. Les accords de paix de Washington ont confirmé cette exigence.
Il s’agit d’un tournant majeur, porteur d’espoir, démontrant que la force militaire à elle seule n’apporte pas de solution durable. Cette évolution a privé Paul Kagame du pouvoir qu’il s’arrogeait de violer la souveraineté d’un autre État et d’exploiter ses ressources. C’est pourquoi il apparaît aujourd’hui déstabilisé, déclarant ouvertement que le respect ou le non-respect des engagements qu’il a signés équivaut, pour lui, à une mort certaine.
5) L’Institut Seth Sendashonga estime que le retour d’une paix durable dans la région des Grands Lacs passe nécessairement par un changement de gouvernance au Rwanda. Il est indispensable qu’une nouvelle autorité prenne le relais, porteuse d’une vision fondée sur le respect des pays voisins, les principes démocratiques et les droits humains.
Cette orientation constituerait le socle de la libre circulation des populations dans la région, du développement des échanges commerciaux transfrontaliers et d’une solution durable à la question des réfugiés. À l’inverse, le président Paul Kagame et son entourage, qui depuis trente ans tuent, pillent et déstabilisent la région, n’ont aucun intérêt à appliquer des accords qui les obligent à mettre fin à une guerre devenue pour eux une source principale de profit.
6) L’Institut Seth Sendashonga exprime sa profonde compassion à toutes les personnes affectées par cette guerre au cours des trente dernières années. Nous pensons tout particulièrement à nos frères et sœurs de la République démocratique du Congo, ainsi qu’aux nombreux Rwandais meurtris, endeuillés ou rendus orphelins par ce conflit.
Nous rendons hommage aux soldats de différents pays tombés dans cette guerre honteuse. Nous pensons également aux populations touchées par les sanctions économiques imposées à l’État rwandais afin d’obtenir le retrait de ses troupes du Congo. De nombreux éléments permettent néanmoins d’espérer un retour prochain de la paix et une normalisation progressive de la situation.
L’Institut Seth Sendashonga saisit enfin cette opportunité pour souhaiter à toutes et à tous de bonnes fêtes de fin d’année.
Que l’année 2026 soit une année d’abondance et de paix.
Fait à Bruxelles, le 24 décembre 2025
Jean-Claude Kabagema
Président de l’ISCID asbl























































