La Campagne Électorale de Paul Kagame à Ngororero : Un Discours Rempli de Promesses et de Controverses

Ngororero, Rwanda – 24 Juin 2024: Pour le troisième jour consécutif, le Président Paul Kagame a poursuivi sa campagne électorale, s’arrêtant ce lundi à la Stade de Ngororero. Ce meeting fait suite à ses apparitions à Musanze le samedi et à Rubavu le dimanche. À Ngororero, un grand nombre de citoyens, dont beaucoup étaient présents dès l’aube, se sont rassemblés pour entendre son discours.

Divers artistes ont animé l’événement, contribuant à l’ambiance de la campagne électorale du Front Patriotique Rwandais (FPR Inkotanyi). Dr Vincent Biruta, président du Parti Social Démocrate (PSD), a ouvert le bal en louant le leadership de Paul Kagame. Il a décrit Kagame comme un héros ayant toujours été fidèle au Rwanda et à ses habitants, même durant ses années en exil. Dr Biruta a insisté sur le fait que les accomplissements du Rwanda sous la direction de Kagame auraient été impossibles sans son leadership exceptionnel.

Dans son discours, Paul Kagame a d’abord exprimé sa gratitude envers les membres des partis politiques alliés au FPR Inkotanyi, soulignant l’importance de la collaboration. « Travailler ensemble n’est pas un signe de faiblesse, mais de grande détermination, » a-t-il déclaré. Il a critiqué ceux qui perçoivent l’alliance politique comme un aveu d’échec, affirmant que l’union permet de réaliser bien plus que des efforts individuels.

Kagame a expliqué que son objectif en visitant Ngororero et les autres régions était de rappeler à la population l’importance de soutenir les candidats du FPR aux élections présidentielles et législatives prévues pour le 15 juillet 2024. Il a évoqué les précédentes campagnes en 2017 et avant, décrivant le processus démocratique et le développement comme des objectifs continus. Il a appelé à une participation massive pour choisir les députés et le futur président du Rwanda.

Le Président Kagame a abordé un point controversé en répondant aux critiques sur la démocratie rwandaise. Il a affirmé que bien que certains doutent de cette démocratie, elle est supérieure à celle de nombreux autres pays car les Rwandais choisissent leurs dirigeants avec une unanimité de 100%, contrairement à d’autres nations où les dirigeants sont élus avec seulement 15% de soutien. « Certains pensent que 100% ce n’est pas de la démocratie, mais ils comprendront que la démocratie, le chemin que nous suivons, ce que nous ferons le 15 juillet, concerne le Rwanda. Cela ne les concerne pas vraiment, c’est notre affaire, » a-t-il déclaré. « Comment est-il possible d’obtenir 100%? Ils disent qu’il n’y a pas de démocratie. Récemment, j’ai demandé à quelqu’un : ‘Être dirigé par quelqu’un élu par 15%, est-ce cela la démocratie?’ Parfois, seuls 30% de ceux qui devraient voter le font. Est-ce cela la démocratie? Ne vous laissez pas intimider par tout cela, certains de ces arguments viennent de l’ignorance. »

Cependant, Kagame semble ignorer que, avant les élections, le FPR élimine systématiquement les candidats forts et utilise des méthodes coercitives, y compris l’intimidation et la contrainte, pour s’assurer que les citoyens assistent aux meetings du FPR afin de démontrer le soutien inconditionnel à Kagame.

Kagame a également insisté sur l’autosuffisance du Rwanda, affirmant que le pays a tous les moyens nécessaires pour se développer sans dépendre des aides étrangères, à condition d’avoir une bonne gouvernance et des citoyens engagés. « Les Rwandais, comme d’autres en Afrique, doivent dépasser la mentalité de la pauvreté et des divisions internes, » a-t-il déclaré.

Il a rassuré les habitants de Ngororero que les troubles sécuritaires, comme ceux causés par les insurgés après le génocide, ne se reproduiraient pas, soulignant les efforts du gouvernement pour maintenir la paix et la sécurité.

Cette étape de la campagne de Paul Kagame à Ngororero a été marquée par des promesses de continuité dans le développement et la sécurité, tout en soulevant des questions sur la véritable nature de la démocratie et de la liberté politique au Rwanda. Les critiques et les controverses autour de son régime restent un sujet brûlant, même si elles sont souvent étouffées dans le discours officiel.